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Discours / meetingClémentine Autain· 1 juin 2024 12 minAutoproduitActualité / polémiqueTravail & emploiSolidarités & familleÉconomie & entreprises

Chômage : comment Macron persécute les pauvres

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 90 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:40Invité politiqueChiffre
    « la moitié des salariés se trouve un jour ou l'autre au chômage autour au cours de leur carrière »
  • 4:06Invité politiqueFait
    « ce décret qui sera édicté normalement en en début juillet et qui sera effectif à partir du 1er décembre 2024 »
  • 6:08Invité politiqueFait
    « la durée maximale d'indemnisation qui elle va encore diminuer »
  • 6:49Invité politiqueFait
    « elle n'aura aucun droit au chômage aucun droit au RSA puisqu'elle a moins de 25 ans »

Temps de parole

  • Clémentine Autain100 %

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

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Clémentine Autain

bienvenue dans mon bureau je veux aujourd'hui vous parler d'un sujet qui a très vite été écrasé par l'actualité je veux parler de l'assurance chômage de la situation des chômeurs puisque le Premier ministre dans la tribune du dimanche la semaine dernière a annoncé qu'il allait par décret durcir encore les conditions d'indemnisation des chômeurs c'est un sujet très grave et c'est un sujet qui nous concerne toutes et tous pour plusieurs raisons d'abord parce que la moitié des salariés se trouve un jour ou l'autre au chômage autour au cours de leur carrière et que par ailleurs la situation d'indemnisation du chômage joue dans l'emploi puisque c'est évidemment une source de pression pour le patronat avec cette peur qui empêche aussi la mobilité des salariés donc c'est quelque chose qui concerne l'ensemble du monde du travail mais aussi les retraités et aussi les plus jeunes qui sont par ailleurs exclus du du RSA là on entre dans un une période où après la loi de 2021 et la loi de 2023 on va avoir encore un coup très très dur qui va être porté contre contre les chômeurs puisque il y a eu en 2021 déjà une première une première poussée de cette volonté de durcir les conditions de vie des chômeurs 2021 c'était sous Macron sa première sa première loi et celle-ci a été particulièrement dure puisqu'elle a diminué le nombre de mois de travail pour avoir accès à à la location au chômage donc vous comprenez tout de suite que ça diminue dans le de personnes qui peuvent y accéder mais aussi un système de calcul qui fait que les indemnités elles-mêmes ont baissé en 2023 le raccourcissement de 25 % de la durée maximum d'indemnisation a aussi porté un coup dur aux chômeurs donc entre cette loi de 2023 et cette loi de 2021 la situation s'est dégradé elle s'est dégradée alors que je tiens à le dire en France on a un système d'indem isation qui est pas aussi favorable qu'on nous le dit il est même pas très compétitif si j'ose dire par rapport aux autres systèmes d'indemnisation à l'échelle européenne et par ailleurs on a un système de gestion lunedic hein le cadre de de gestion de ces allocations au chômage qui est l'Unedic qui est excédentaire et en fait ce que veut faire le gouvernement c'est piquer dans les caisses de l'Unedic pour rembourser la dette qu'il a contracté par ailleurs hein c'est-à-dire s'asseoir sur les droits des chômeurs prendre dans ce qui relève de nos cotisations en tant que travailleuses et travailleurs pour combler les trous que l'État a lui-même fait et comme vous le savez sans doute ou si vous le savez pas je vous le dis c'est trous dans les caisses elles sont faites pour donner plus d'argent aux hyper riches par le biais de la réforme de l'ISF par le biais de la flat taxe qui a été là aussi modifié favorablement pour ceux qui ont plein deessous ou alors je dirais même et surtout pour donner beaucoup d'argent aux grandes entre entreprise sans aucune contrepartie c'était il y a longtemps ce ce qu'on appelait le cice mais il y a plein d'autres formes qui permettent de reverser de l'argent aux grands groupes aux grandes entreprises au détriment et bien de la vie commune des services publics mais aussi de de prestation très importantes donc là il piqueent dans les caisses de l'unédiic euh pour combler les dettes et pendant ce temps-là les chômeurs vont aller plus mal et si vous croyez qu'avec tout ça ça améliore la situation de l'emploi et bien pas du tout euh aucune étude ne vient démontrer que quand on casse les droits des chômeurs on a une santé économique plus performante et que d'un seul coup les entreprises se mettent à mieux recruter ou à garder plus longtemps leurs salariés c'est pas du tout quelque chose quelque chose qu'on l'observe qu'est-ce qui va se passer avec ce nouveau décret d'ailleurs à chaque fois que je dis le mot décret il faut entendre derrière ma colère que encore une fois ces coups de canif ne sont pas donnés suite à un débat parlementaire qui permet voilà au moins de de respecter le législa mais comme toujours comme trop souvent par le fait du prince qu' a va changer les normes à partir de ce décret qui sera édicté normalement en en début juillet et qui sera effectif à partir du 1er décembre 2024 donc c'est-à-dire demain hein c'est pourquoi il va falloir se bouger alors très concrètement voici les trois points sur lesquels le gouvernement a décidé d'attaquer d'abord la question du nombre de mois où vous allez devoir travailler pour pouvoir avoir droit au chômage avant 2019 donc avant l'ère Macron c'était 4 mois sur les 28 derniers mois puis c'est passé à 6 mois et là il propose carrément d'aller à 8 mois dans les 20 derniers mois donc ça veut dire que ça va être beaucoup plus difficile d'accéder au chômage deème question c'est pour les seniors hein pour les seniors dont on sait que avec la réforme des retraites ils vont être de plus en plus nombreux à rester en fait dans le marché de l'emploi et comme on sait qu'après 50 ans c'est très difficile hein de rester en poste ou de trouver un nouvel emploi et bien quand ils arrivent au chômage ils ont toute chance malheureusement d'être euh de devoir rester plus longtemps le gouvernement avec sa loi qui repousse l'âge de départ à la retraite bah augmente le nombre de personnes qui vont être qui vont être au chômage et en même temps qu'il fait ça il propose dans ce décret où il risque d'imposer dans ce décret que l'âge d'accès à la durée d'indemnisation rallongée hein spécificité pour pour les seniors et bien elle sera reportée à 57 ans quand avant c'était 53 et 55 ans donc vous voyez ça va être encore plus dur pour les chômeurs donc c'est comme si après avoir cassé nos retraites hein ce droit ce droit à la retraite de l'avoir en tout cas repoussé et bien pour combler le problème que ça pose pour le chômage des des plus de 50 ans et bien il trouve la solution c'est-à-dire diminuer la possibilité d'être d'être indemnisé conclusion beaucoup beaucoup plus de pauvres autour de 60 ans c'est ça que ça va faire très concrètement et puis troisème élément c'est la durée maximale d'indemnisation qui elle va encore diminuer donc les bornes sont sans réduites pour payer moins les chômeurs pour leur rendre la vie plus difficile alors là c'est les trois points que je vous ai dit de façon concrète mais je voulais dire de manière encore plus concrète c'est-à-dire humanisée avec trois cas je prends un premier cas sarah 20 ans elle a eu un premier CDD de 6 mois de juin 2024 à novembre 2024 avant la réforme elle aurait eu droit à une durée d'indemnisation de 6 mois avec les réformes de 2021 et 2023 elle restait encore à 6 mois et là avec le projet de réforme du gouvernement et bien elle n'aura aucun droit au chômage aucun droit au RSA puisqu'elle a moins de 25 ans donc elle elle va se retrouver dans un total Nans land en terme de protection sociale et de filet de sécurité je prends un 2ième exemple Nadia 55 ans donc là on est sur le 2uxè élément qui concerne les seniors le report de la filière des seniors sa situation à Nadia dans l'emploi elle a été licenciée pour inaptitude après 25 ans dans la même entreprise avant les réformes de 20212 elle pouvait avoir une durée d'indemnisation maximum de 3 ans à la situation actuelle c'est-à-dire après les réformes Macron c'est 2 ans et 3 mois et demain si le décret passe c'est 1 an et 3IS mois donc vous voyez très vite le basculement possible dans une extrême précarité et pauvreté trème exemple qui correspond à mon trème point enfin c'est pas le mien celui de Gabriel Atal c'est Ines Ines 35 ans elle elle a perdu son emploi alors qu'elle l'est perdu par une rupture conventionnelle par un un licenciement ou par une fin de contrat tout simplement une fin de CDD et bien avant la réforme elle avait droit à 2 ans après les réformes Macron c'est un an et demi et après potentiellement le décret c'est 1 an et 3 mois voilà c'est extrêmement extrêmement concret terrifiant même j'ai envie de dire parce que ce sont des millions de Français qui vont subir ces attaques qui sont des attaques de violence sociale assez assez inoui mais àal nous rabache que ben c'est pas très grave parce que l'argument économique va dominer et qu'ensuite comme ça va être florissant sur le marché du travail tous ces gens-là vont retrouver de l'emploi mais ça partle surtout de de ce qui est faux totalement faux mais ça part toujours de l'idée que au fond si les chômeurs sont au chômage et s'ils le sont durablement c'est que ils sont pas capable d'aller trouver un emploi or on le sait on l'a dit on ne cesse de le dire il n'y a pas suffisamment d'emploi disponible au regard de nombre de personnes qui cherchent un emploi et donc quand on sait que déjà aujourd'hui on a j'ai plus chiffrre mais c'est 40 % il doit être quelque part par là mais c'est autour de 40 % des personnes qui sont de fait au chômage mais qui n'ont pas d' nité là vous allez augmenter cela et donc faire basculer des gens dans la très grande précarité et la pauvreté c'est tout ce que ça amène ça amène plus de pauvreté plus de précarité mais ça ne permet pas du tout de régler le problème le problème du chômage et Atal va encore plus loin dans son attaque puisque il a annoncé sa volonté de supprimer l'ASS hein qui est la location solidarité spécifique qui s'élève à 570 € par mois et qui est une forme de filet de sécurité une fois qu'on est à la fin à la fin de ses droits et il veut même carrément s'attaquer à ça donc c'est un holdup gigantesque qui est fait par l'État sur le budget de la Sécurité sociale sur le budget de l'Unedic pour régler les trous que le gouvernement a construit lui-même c'est une attaque contre les chômeurs contre toute la société et tous les travailleurs et les travailleuses parce que je l'ai dit au début mais j'y insiste c'est vous savez le chômage c'est c'est c'est vraiment ce qui crée la pression dans l'emploi c'est ce qui fait que parfois vous êtes malheureux dans un emploi mais vous y restez parce que vous voulez pas vous retrouver au chômage et bien là on dit vous y êtes c'est de votre faute et d'ailleurs on va pas tellement vous aider et si vous tombez dans la précarité et bien tant pis pour vous or on sait très bien que quand les gens basculent dans la pauvreté et la précarité c'est souvent encore plus difficile de les faire retrouver un emploi de les réinsérer et ce cheminlà aucun moyen n'est mis déjà aujourd'hui pour ceux qui ont basculé hein dans cette très grande précarité et difficulté à se réinsérer et bien de plus en plus de personnes vont s'y retrouver et je pense que là on avance vers une société qui est une société inhumaine injuste et qui ne permet pas de faire vivre non seulement le partage nécessaire de l'emploi des richesses mais aussi la dignité humaine tout simplement qui est attendu pour chacune et pour chacun d'entre nous sachant que faisons très inention cette affaire là ne concerne pas que les chômeur aujourd'hui ça nous concerne toutes et tous parce qu'on peut toutes et tous se retrouver dans ce toboggan dans cette situation ation sociale et d'ailleurs on ferait bien de changer de regard sur les chômeurs et de se dire que parfois ces temps sans emploi sont des temps indispensable pour pour que la société puisse bouger que les gens souvent qui sont au chômage ils travaillent ils font aussi des choses qui peuvent être tout à fait pertinente pour la société et au lieu de le voir comme quelque chose qui serait euh à faire porter contre les chômeurs c'est en disant c'est eux c'est nul ils savent pas faire on devrait se dire que c'est d'abord sur les employeurs qu'il faut mettre le paquet pour qu'il ait moins de dividendes moins de de d'obsession de rentabilité du capital et davantage d'investissement dans l'humain dans les salaires ça c'est la première chose mais la deuxième c'est qu' aussi que d'accepter que ce temps euh hors emploi ces moments hors emploi sont des moments qui nous permettent de nous enrichir individuellement et collectivement voilà soit un sens complètement opposé à ce que propose Atal et ce gouvernement dont la violence sociale n'a d'égal que l'autoritarisme puisque comme comme je l'ai dit et je le redis pour l'instant cette affaire s'annonce par un décret donc je pense que nous avons besoin d'être mobilisé sur ce sujet de ne pas de ne pas nous lasser de ne pas faire comme si à là c'est encore une anè noix mais d'avoir la capacité de nous réveiller là-dessus et de collectivement faire en sorte que ce décret ne puisse pas passer comme une lettre à la poste