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interviewSud Radio· 20 mai 2026 13 min

La loi d’urgence agricole enflamme les débats à l’Assemblée nationale

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

du jour. Au cœur de l'actualité, cette loi d'urgence agricole qui avait pour but de calmer la colère agricole qu'on a beaucoup exprimé à l'antenne. Hier, il y a eu des débats très houleux à l'Assemblée nationale, mais que pensent réellement les syndicats de cette loi d'urgence agricole ?

Nous sommes avec Bertrand Ventau, président de la coordination rurale. Bonjour Bertrand Vtau. Bonjour.

Bonjour Bertrando. Merci d'être ici en direct en studio sur sur Sud Radio pour parler. On vous a je vous ai très très souvent eu depuis l'année dernière puisque l'actualité agricole estoureuse et revient souvent sur le devant de la scène.

Là, nous avons une loi d'urgence agricole. Oui, on aurait bien voulu que l'urgence soit prise en considération différemment qu'avec les critères que madame Andy Genevar a retenu. Euh, il faut parler en voyant cette loi, il faut parler de recul historique en matière d'environnement notamment.

Alors bon, certains de certains agriculteurs me disent "Attention, tout n'est pas à jeté dans cette loi, ce qui est en général le cas dans une loi tout n'est pas à jeté." En revanche, euh les aspects négatifs et inacceptables de cette loi d'urgence sont tout à fait sont tout à fait scandaleux. Comment comment se fait-il que le gouvernement puisse faire preuve d'autant de cynisme en j'allais dire en obéissant strictement au consigne de la FNSEA ?

Là c'est clair et net. Alors il faut être honnête aussi la loi d'urgence elle est alors c'est une loi qui qu'a prené la FNSEA. Il y a quand même des volets qui peuvent être positifs dedans euh pour les producteurs en particulier en les rendant une certaine liberté en particulier sur l'eau, sur la prédation et sur les moyens de production.

Parce que si aujourd'hui on veut retrouver de l'autonomie, l'autosuffisance alimentaire, il y a un gros travail à faire parce que malgré tout l'écologie punitive et décroissante nous a enfermé dans un carcan français. Donc pour détricoter 30 ou 40 ans de déproduction et de choses qui nous ont entravés, il y a quelques points dans cette loi qui sont quand même assez intéressants sur le volet haut euh sur le alors il manque quelque chose dedans. C'est le le recours au aux produits phytosanitaires qui ont été complè interdits.

Parce que la vraie question qu'il y a derrière, c'est comment on nourrit la classe moyenne française ? Parce qu'aujourd'hui, c'est très bien la montée en gamme, il en faut, il y a pas de sujet. J'ai vu la tribune euh des 50 euh restaurateurs de haut niveau qui défendent ça, mais sauf que tout le monde aujourd'hui ne peut pas se payer, le label, le bio et ainsi de suite.

Si on produit pas aujourd'hui, si on ne reproduit pas aujourd'hui du porc, du lait, de la viande et aussi certaines productions végétales spécialisé pour que la classe moyenne puisse la la consommer, ça veut dire qu'elle viendra d'ailleurs avec des produits qui sont bien plus dangereux que ceux que peuvent utiliser aujourd'hui ou qui peuvent plus utiliser d'ailleurs les agriculteurs français. Pour autant, [raclement de gorge] cette loi d'urgence n'encourage pas la production de qualité. Et qui dit production de qualité ne veut pas dire production élitiste réservée à des gens qui ont les moyens. production de qualité, c'est une production française qui est protégée contre les importations d'aliments dont l'élaboration ne respecte pas les codes européen.

Et donc la réponse du gouvernement, on a l'air en lisant cette loi de dire et ben on va faire du productivisme comme ça, on va s'aligner sur les autres sur les autres pays. Là, de ce côté-là, c'est c'est dommage quand même d'avoir cette vision là. au lieu de protéger l'agriculture française par des taxes ou des mesures de de restriction d'importation, on dit non, élargissons le productivisme, revenons au consigne de la FNSEA, faisons de l'industrie agricole, on sera comme ça compétitif sur le marché international.

Après, il faut pas se mentir non plus, on a besoin d'un tissu industriel pour pouvoir produire et que ce soit accessible pour les classes moyennes. Donc, je le répète, il faut Oui, mais qualitative. qualitative.

Mais aujourd'hui, il y a pas de sujet à voir là-dessus parce que euh tout ce qui va être produit, je pars par exemple, prenons de la volaille qui serait produit dans un bâtiment qu'on peut qualifier d'industriel, il n'aura elle n'aura jamais rien à voir en terme de qualité avec du poulet ukrainien ou brésilien. Oui, mais comment se protège-ton du poulet ukrainien pour Alors, après, il y a une autre réflection à voir. Le vrai sujet, c'est que la politique agricole commune, elle est défaillante parce qu'elle nous protège plus.

Elle nous protège plus parce qu'on a plus produit et parce qu'aujourd'hui il faut inciter les producteurs par une politique de soutien des prix et de l'acte de production à reproduire en Europe et en France. Sauf qu'aujourd'hui la France est encore plus mauvais élève que les pays européens parce que on on le voit bien sur la la balance commerciale agricole, on est déficitaire. Il faut remettre une pâque comme elle était avant 92 qui nous garantit l'autosuffisance alimentaire mais aussi bien en Europe qu'en France et qui nous sert à nous protéger.

Le protectionnisme c'est pas un gros mot, pas du tout. Aujourd'hui, on le voit sur l'armement, des choses se font. Sur l'énergie, des choses se font.

Et la souveraineté doit être également, il y a cette pro vololée. Il faut être armé, il faut avoir de l'énergie et il faut avoir de l'alimentation pour que les peuples ne soient pas vulnérables. Et aujourd'hui, il y a un vrai sujet.

Alors effectivement, il y a la place pour de la qualité mais la classe aussi pour revenir à un acte de production. La PAC est défaillante depuis bientôt plus de 30 ans parce qu'elle nous a enfermé et on doit revenir à des fondamentaux. La souveraineté alimentaire de l'Europe et de la France doivent primer.

Et je dois même dire que si l'Europe veut pas aller là-dedans, la France devrait faire preuve de dire on va renationaliser la Pâque et cette PAC là va nous servir à produire. Mais si jamais on n' pas un cadre européen qui nous dit aujourd'hui on va soutenir le producteur de céréales, le producteur de lait, le producteur de viande et l'OMC aujourd'hui c'est fini, on s'en fout, on s'assoit dessus comme font les autres, l'agriculture française va mourir et l'agriculture européenne va mourir. Mais Bertrand Ventau, quand j'entends le mot loi d'urgence, c'est à ce genre de mesure que je m'attends bien entendu de protéger nos agriculteurs en priorité.

Le mot quantité n'est absolument pas incompatible avec qualité. Ça ce sont des des lubis. Voilà, on peut avoir à grande échelle et la France l'a prouvé, elle est peut-être celle qui d'ailleurs a le plus prouvé qu'on pouvait avoir une culture extensive sans que ça soit du productivisme intègre et produire à grande quantité en respectant des normes environnementales et qualitatives.

On l'a vu dans la volaille, je pense tout simplement au poulet de Loué qui est une référence. Voilà et c'est du bon poulet de ferme en liberté et c'est pourtant produit à grande échelle mais avec une éthique avec des codes. Je pensais que la loi d'urgence et je pensais moi tous les agriculteurs concernés pensaient que cette loi d'urgence privilégierait une forme de protection tout simplement et Bertrand Ventau vous l'avez souligné il y avait en Europe la préférence communautaire on se servait d'abord à l'intérieur du marché commun si on trouvait pas cette qualité à ce prix-là éventuellement on pouvait se fournir ailleurs.

Mais priorité au marché européen. Et là, on l'a totalement oublié, l'acte unique de 86 a ouvert à jeté en patio l'agriculture française à la concurrence mondiale des loyal et faussé. Et effectivement, cette loi d'urgence ne répare rien.

Elle va pas réparer rien mais fait partie d'un arsenal qui sont loi du plan 1, loi du plomb 2 et loi d'urgence qui peuvent permettre de libérer quelques carcans où on avait été enfermé par l'écologie décroissante et la partie effectivement réglementaire et législative franco-française. Mais c'est un combat de longue haleine effectivement. elle répond pas à une sorte de protectionnisme intelligent.

Euh bon, la FNS a dit la FNSE a dit "Cette loi une fois de plus va nous sauver et compagnie." En fait, on voit bien vu les débats parlementaires ce qui s'est passé, c'est que vous avez deux blocs. Un bloc qui veut quelque part essayer de libérer ce qui a été fait depuis 30 ans, vous avez un autre qui s'y oppose.

Donc c'est une foire d' poigne. Et voilà. Et en tout cas, moi ce que je dois dire, c'est que par rapport à toutes ces lois-là, on va scuter avec attention le vote des députés.

Le sénateur sera peut-être notre sujet. Oui et je vous promets que la CR appellera à faire battre ceux les députés qui sont qui auront voté contre la loi d'urgence agricole même si elle est un peu un peu il faut être honnête mais vous la prenez vous la prenez pas en totalité vous ne retenez que ce qui est positif il y a des aspects possibles dans cette loi bien sûr il y a plusieurs volet il y a plusieurs choses mais si vous voulez déjà il y avait trois volets à l'origine qui étaient l'eau, les moyens de production et la prédation la FNSEA a voulu y mettre un fourtout dedans qu'il s'agit du foncier des contrats d'avenir qui sont voilà donc déjà à vouloir suramender, mettre plein de choses dans une loi, mais au bout d'un moment, on perd le corps de la loi. Donc c'est un sujet.

Mais mais malgré tout, je vous je le dis et je le répète, on va regarder avec attention le vote des députés et on appellera aux législatives prochaines tous ceux qui ont voté contre cette loi à les faire battre en zone rurale. Il est clair qu'en zone urbaine, on vair du mal mobiliser l'électorat, mais en zone rurale, on a quand même encore un peu de poids. Il vous reste encore un petit peu de d'influence.

Euh, on sait aujourd'hui que la PAC est notamment attribuée à la superficie, c'est-à-dire que plus on a de superficie, plus on a de surface agricole en activité, plus on touche. Est-ce queon pens est-ce qu'on pourrait repenser ce code qui est totalement abérrant et qui va il faut il faut revenir à la PACE d'avant 92 d'urgence n'en dit rien. Vous êtes d'accord sur Oui oui.

Bah sur du franco-français mais malgré tout, il y a une problématique. Mais il faut revenir à une PAC qui soutient la production et le revenu agriculteur par un prix. Et quand on aura fait ça, on aura réglé tous les problèmes qui sont liés à ça.

Si vous soutenez si vous soutenez les gens qui produisent, vous allez soutenir les paysans qui soient petit, gros ou moyen et vous allez pas aller sauver euh le je sais pas que euh des des des détenteurs de fonciers qui peuvent mettre jusqu'à être des intérêts étrangers. Il y a eu deux trois lois égalimes. La première dans le premier texte était non seulement acceptable mais elle était prometteuse.

Elle a été retouchée d'une façon un peu sournoise. On a eu quelque chose qui n'aboutit à rien. Julien de Normandie fait une loi égalime de aujourd'hui la loi d'urgence agricole c'est après d'autres lois après la loi du plomb.

Qu'est-ce qui se passe dans ce pays ? Est-ce qu'on veut crever que nos paysans crèvent ? parce que l'important c'est que vous viviez de votre travail, que vous ayez une une rétribution conforme aux efforts que vous faites et que ceux qui vous achètent, c'est-à-dire les industriels et les distributeurs, respectent votre prix de revient.

C'est c'est la base du libéralisme d'économie. Qu'est-ce qui se passe dans ce pays ? On est gouverné par des tarés pour qu'on n'arrive pas à mettre en place un système qui est définitif et puis point.

Le paysan vit sa vie et puis ensuite on voit le reste. Non, mais on peut on peut très bien se se dire on est très content des lois galim. Il y avait il y a un sujet ça résume toute la loi égalime.

Vous avez le seuil de revente à perte qui était des provisions qui étaient fait par la grande distribution pour soi-disant mieux rémunérer le produit pas au 10 %. Voilà, c'est voilà. Donc effectivement, ils ont provisionné mais la redistribution n'a pas eu lieu.

C'est étonnant quand même quand on connaî la grande distribution. C'est vraiment extrêmement étonnant. Monsieur le clair ça nous étonne.

Oui. Oui. Mais vous avez des gens qui sont derrière les producteurs et qui sont très organisés entre eux.

La grande distribution en fait partie. La coopération agricole des fois peut être aussi euh dans le pas défendre les producteurs et vous avez aussi le le la Fédération des commerçants qui est quand même une puissance assez costaud. Donc le rapport de force était pas bon et on est euh au 18e volet euh de la de la loi égale.

Donc faut en faire les conclusions. La loi égalime, elle ne fonctionnera jamais en France. Et ce qui pourrait être intéressant et ce qui se fait par moment, c'est des contrats très partiques.

Ceux-là, ils sont bien. Et puis a un autre sujet, c'est les relations commerciales. Vous savez qu'aujourd'hui, il est interdit entre des producteurs jusqu'à la revente de s'entendre sur un prix.

Ben c'est une aberration parce que vous avez des filières qui se sont tendues avec les producteurs de façon illégale, j'ai pas de honte à le dire ici et où tout le monde était heureux, le producteur, le distributeur et tout. Donc on a des lois françaises qui se retournent, il faut laisser faire des fois l'économie et s'entendre les gens entre eux. Et aujourd'hui et ben le fait de pas s'entendre sur un prix entre toutes les maillons de la filière etth ben c'est un sujet qui peut nous poser beaucoup de problèmes qui empêche la machine de tourner en rond qui empêche les avancées et les préis quand ça va se mettre en place à un moment donné ça capote.

Ça sert les intérêts de qui que les que les agriculteurs continuent à ne pas vivre de leur travail. Ça peut être des intérêts qui peuvent être étrangers. Ça peut être des intérêts de puissance politique qui c'est c'est [grognement] plus complexe ce qu'on croit.

Mais en tout cas euh la grande puissance agricole qu'on était s'est effondrée et aujourd'hui le vrai sujet c'est comment on la relance et comment on arrive à relancer l'agriculture et en particulier l'agriculture est un des piliers de l'économie rurale. Si vous n'avez plus d'économie rurale c'est le vide, c'est le vide fédéral et vous avez une population qui s'installe et qui est pas une population qui veut travailler. Si cette si cette loi d'urgence là apporte une partie des solutions, je pense qu'on en attend une autre définitive qui donnera aux agriculteurs oui aux agricistes français les moyens de vivre de leur travail, d'être reconnu et d'avoir un revenu décent.

Oui, mais on a aussi un autre sujet, c'est que le patriotisme français en particulier de manière agricole, on l'a oublié. J'ai écouté, on dit il faut s'approvisionner européen, non, il faut s'approvisionner français et même et ben bien sûr en priorité éventuellement européen, si on n pas en France, mais d'abord en France. D'abord en France, notamment notamment les marchés publics, on est d'accord.

Oui. Oui. Oui.

Mais même si c'est une règle qui est européenne qui dit que voilà, on doit s'appassoit dessus. Je regardez les Italiens, ils ont aucune honte à s'approvisionner. D'abord en Italie, il y a pas de sujet.

Il faut qu'on retrouve un patriotisme et un protectionnisme français. C'est pas une onde, c'est pas un gros mot. C'est normal.

C'est ce qui doit se passer. Et la commission n'a pas envoyé de char d'assaut contre l'Italie pour pour l'empêcher de défendre ses paysanes et ses paysans. Merci Bertrin Vento d'avoir été en direct.

On aura évidemment l'occasion de se reparler parce que je pense que ce sujet n'est pas clos et que des lois agricoles, on va encore en avoir d'autres enrédiant une définitive qui nous permet de de sauver cette agriculture française. bientôt sur cel suud.