"La candidate du Macronisme vert" : la vérité de frustration sur Marine Tondelier
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La bataille de la présidentielle a bel et bien commencé et la gauche commence déjà à se tirer dans les pattes, la NUPS, le NFP, tout ça déjà oublié. Une autre marine est possible, la patronne d'Evers, Marine Tondelier, a annoncé sa candidature au JT de TF1.
Oui, je vous le dis très clairement, je suis candidate à l'élection présidentielle et cette candidature c'est un geste d'amour, un acte fort d'amour pour la France parce qu'on ne peut pas aimer son pays et le laisser s'abîmer ainsi. Vous savez, moi ça fait des années maintenant que je sillonne à longueur de semaine ce territoire. Je vais même des fois dans des villages où on me remercie en me disant mais aucune personnalité nationale n'avait jamais pris le temps de venir nous parler et j'ai vu trop de Français marcher la tête baisser. J'ai entendu trop de Français m'expliquer à quel point ils se sentaient humiliés, méprisés. Le mépris ça revient tout le temps et ça je ne le supporte plus.
Alors je veux aider ce pays à relever la tête, je veux aider à réparer ce qui a été cassé, à réconcilier, à apaiser, à protéger et je le dis aussi parce que je suis une écologiste mais aussi une maman. Je me battrai pour chacun d'entre vous, j'y mettrai toutes mes forces mais je le fais aussi pour nos enfants et pour vos petits-enfants.
Présidentielle ou à une primaire de la gauche, c'est encore bien flou. Cette annonce fait grincer des dents jusque dans les grands dévers eux-mêmes, plutôt pro-union de base. Et tout cela sans parler de l'état du NFP. Frustration Magazine dépeint Maréton de lire comme une candidate Macron-compatible. Pour en parler, on reçoit Rob Grams, rédacteur en chef adjoint de Frustration Magazine qui a livré son analyse sur l'énième coup de com' de l'écologiste, c'est l'entretien d'actu. Bonsoir Rob Grams. Bonsoir. Merci d'être avec nous. Je rappelle que vous êtes rédacteur en chef adjoint de Frustration Magazine. Vous avez justement écrit un article très critique.
Il présente Maréton de lire comme une candidate Macron-compatible, une incarnation d'une écologie bourgeoise, libérale et dépolitisée. Vous la présentez comme incapable de remettre en cause le capitalisme ou de défendre une écologie de rupture. Justement, est-ce que vous pouvez nous en dire plus ? Parce qu'elle serait selon vous aussi la continuité du macronisme repeint en vert. Et juste avant, on va écouter notre journaliste et consœur Marion Lopez.
Marine Tondelier a fait du trait d'union entre les gauches réformistes et radicales, pour ne pas dire entre l'EFI et l'EPS, sa marque de fabrique. Pour y parvenir, elle n'a d'autre choix que de se contorsionner en permanence afin de garder une certaine souplesse technique maximale pour que ces candidats puissent négocier des alliances au gré des contextes locaux, notamment en vue des élections municipales. Résultat, les écologistes deviennent des faiseurs de rois au sein de la gauche, convoités par tous, mais oscillant parfois au prix de leur crédibilité et au détriment de leur propre ligne idéologique.
Est-ce que vous aussi, vous pensez justement que les écologistes sont trop peu lisibles idéologiquement pour espérer quoi que ce soit à la prochaine présidentielle ? Je pense qu'en fait, ils sont relativement lisibles idéologiquement. Simplement, je pense que c'est une idéologie libérale qui se cache derrière des mots d'ordre assez flous. Et c'est pour ça qu'il faut essayer de décrypter un peu derrière les anecdotes, les bons mots, quel est le parcours politique de Marine Tondelier, quelles sont ses déclarations et quelle est sa stratégie. Et c'est ça qui nous a fait dire que c'était un macronisme repas en verre, avec quand même des nuances, bien sûr.
On n'est pas au même niveau de dérive raciste, au même niveau de dérive autoritaire. Ce n'est pas quelqu'un qui soutient le génocide en Palestine, etc. Donc il y a quand même des fortes, fortes nuances. Quand on dit macronisme repas en verre, c'est vraiment sur le plan d'une écologie de marché. Et pour ça, on se base sur son parcours, parce que Marine Tondelier, c'était la porte-parole de la campagne de Yannick Jadot, Yannick Jadot qui déclarait « Tout le monde est pour l'économie de marché ». Or, dans la sphère écologiste, non, tout le monde n'est pas pour l'écologie de marché.
À vrai dire, la plupart des gens sont contre l'économie de marché, que ce soit dans la sphère intellectuelle ou que ce soit dans la sphère militante. Si on va à Notre-Dame-des-Landes, si on va à Sainte-Solines, si on va à Sylvain à l'époque, il y a beaucoup de gens qui sont très critiques de l'économie de marché. Et donc, elle était porte-parole de Yannick Jadot. Donc, c'est déjà un petit indice. Et ensuite, on a fait un petit peu d'histoire. C'est-à-dire que l'Europe Écologie des Verts, c'était une des béquilles du hollandisme. Le macronisme est issu du hollandisme. Ensuite, on a vu tout un certain nombre de figures très importantes d'Europe Écologie des Verts rejoindre la macronie.
On pense à Daniel Cohn-Bendit, à Nicolas Hulot, à François de Rugy, à Jean-Vincent Placé. Ce n'est pas anecdotique. Si vous préférez, ce ne sont pas des mouvements qu'on voit dans d'autres parties. On n'a vu personne du NPA rejoindre la macronie. Donc, tout ça, c'est un petit peu des indices. Elle avait aussi nommé, en tant que déléguée générale du parti en 2022, Augustin Augier, quelqu'un qui venait du Modem et qui est reparti au Modem, en quelque sorte, puisqu'en juin 2025, sous Bayrou, il a rejoint le secrétaire général à la planification écologique.
Et ensuite, il y a aussi pas mal de certains nombres d'indices qui sont plus de l'ordre stratégique, c'est-à-dire au moment des divers questionnements sur qui pourrait être le candidat premier ministre du NFP en 2024, pendant que Macron riait à pleines dents de ses délibérations, en fait, il y avait eu le nom de Laurence Tubiana. Et elle, elle pensait, elle disait qu'il fallait dépasser le NFP, qu'il fallait composer avec les macronistes et la droite, qu'il fallait renoncer au programme du NFP. Donc, cette candidate avait été rejetée par une partie des composantes du NFP, notamment la France Insoumise.
Et à ce moment-là, par exemple, Marine Tondelier avait dit que c'était une forme de sexisme contre les femmes engagées. Et elle-même tenait des propos très ambiguës sur cette question de la grande coalition. Plus récemment, avec les diverses tergiversations avec le cornu, en plein milieu d'un mouvement social, Europe Écologie des Verts, comme d'autres parties de gauche, ont participé à cette fable, comme quoi il y aurait quelque chose à attendre de ces gouvernements, comme quoi il y aurait encore quelque chose à attendre de Macron, ce qui a participé, avec plein d'autres choses, mais à la dévitalisation de ce mouvement social. C'est en ce sens-là qu'on dit ça.
Et justement, que révèle en fait cette candidature de Marine Tondelier sur l'état actuel de la gauche écologiste ? Alors, tout dépend ce qu'on appelle la gauche écologiste. Si on parle vraiment du parti Les Écologistes, ça témoigne d'une grande division interne, parce qu'il y a beaucoup de critiques internes au sein du parti Les Écologistes sur la gestion démocratique de Marine Tondelier. Donc, c'est des critiques qui viennent à la fois de la droite du parti comme de la gauche du parti. Il y avait Karim Adéli, Florentin Léthissier, le maire de Grenoble, Éric Piolle.
Et la plus éminente, je pense, la figure la plus célèbre, c'est Sandrine Rousseau, qui là, maintenant, va vraiment sur les plateaux télé mener la fronde, et qui parle d'un timing catastrophique. Sandrine Rousseau, elle dit que l'heure à la mobilisation générale, je pense qu'elle est aussi dans une perspective électoraliste, parce que je pense qu'elle parle des municipales. Mais on peut le prendre dans un autre sens et dire, oui, en fait, la priorité ne devrait pas être les élections.
Donc, ce que ça montre du mouvement du parti écologiste comme d'autres partis de gauche, c'est une obsession électorale à un moment de forte mobilisation sociale, qui est en train d'être dévitalisée, mais on est toujours quand même dans la continuité du 10 septembre. Et ces partis-là ne pensent qu'aux élections, ne pensent qu'à la présidentielle. Après, pour ce qui est du mouvement écologiste en général, fort heureusement, ils ne se limitent pas aux écologistes. Et là, par contre, il y a plein de luttes intéressantes qui se sont déroulées ces derniers mois et qui sont, je pense, un peu dans une logique très différente. On reviendra justement un peu plus tard sur la déclaration de...
enfin, une des déclarations de Sandrine Rousseau. Juste avant, on a aussi l'impression que Marine Tondelier a travaillé un peu son image ces derniers mois, voire dernières années, pour préparer cette annonce. Donc, on écoute Marion Loupès, notre journaliste et consoeur sur le sujet.
Elle a soigné son image en l'humanisant, n'hésitant pas à jouer sur la corde émotionnelle. On se souvient de ses larmes en direct sur France Inter au lendemain du premier tour des législatives, par exemple. Marine Tondelier assume une forme d'authenticité, un naturel maîtrisé qui crée une vraie proximité avec ceux qui l'écoutent. Elle a aussi habilement ajusté son registre de langage pour rendre son discours plus accessible, maniant la punchline avec tout autant d'habileté. En façade, l'authenticité, mais en coulisses, une maîtrise chirurgicale de son image. Marine Tondelier a compris que dans la politique, la forme est aussi une arme.
Là où un Jean-Luc Mélenchon est un tribun redoutable, mais parfois vu comme trop colérique, où fort s'applique à incarner la respectabilité de la gauche, de gouvernement, quitte à devenir complètement transparent, Marine Tondelier préfère, elle, jouer la corde du lien. Un ton complice, une image décontractée, un peu la bonne copine de tout le monde. Mais cette période de grâce pourrait bien avoir touché à sa fin. Le personnage de Marine Tondelier ne résiste pas très bien à l'épreuve du temps et surtout à l'érosion du NFP. Le trait d'union commence à s'étirer un peu trop entre les deux polarités qui s'éloignent et les écologistes sont contraints d'exister par eux-mêmes.
Et en plus de ça, Marine Tondelier a parlé aussi d'organiser une élection primaire à gauche et en même temps, elle prépare une candidature aux élections présidentielles. Est-ce que selon vous, ça ne donne pas aussi l'impression que la candidate est en préparation, finalement, des élections depuis le début ? Moi, personnellement, ça me donne clairement cette impression. Après, je pense qu'ils sont tous en train de préparer cette élection. Je pense d'ailleurs que ce qui fâche aussi au sein du Parti des écologistes, c'est qu'elle les prend un peu de cours. Et c'est ça aussi qui a l'air de créer de la dissension.
En fait, tous ces partis de gauche doivent jouer une sorte de double langage entre à la fois chercher l'union tout en sachant très bien qu'elle n'aura pas lieu. Et ça, c'est vrai que Marine Tondelier, c'est un petit peu une experte dans le sujet. C'est-à-dire que du coup, comme on l'a dit, elle était les porte-parole de la campagne de Jadot, qui était quelqu'un qui n'était absolument pas dans une démarche du monde de la gauche. Il a consacré l'essentiel de sa campagne à la diriger contre la France insoumise. Et justement, excusez-moi, vu que vous y faites référence, est-ce que selon vous, sa stratégie diffère de celle de Yannick Jadot en 2022 ? Je n'ai pas l'impression.
Je pense que ce que tout le monde appelle l'union, c'est l'idée d'être candidat et que tout le monde se range derrière soi. Maintenant, il y a des espaces où ça fait sens et d'autres où ça ne fait pas sens. L'idée qu'un candidat qui est autour de 22% se rangerait vers quelqu'un dont le potentiel électoral, du fait de sa base sociologique, du fait des dernières élections, est autour, situé entre 2,5 et 6%, ça n'a pas de sens. Elle le sait très bien. Donc je ne vois pas pourquoi des causes différentes produiraient des effets différents. Mais oui, je pense qu'elle préparait déjà sa campagne.
Et on voit que son discours séduit certains médias, alors que ses résultats électoraux restent aussi faibles. Et d'un autre côté, on a, comme vous l'avez dit tout à l'heure, d'autres voix qui s'élèvent, celle de Sandrine Rousseau, députée écologiste et sociale de Paris, qui n'a pas justement mâché ses mots. Elle était sur le plateau de France Info. On l'écoute.
Je trouve que ce calendrier est le pire qu'il puisse être. Voilà, je me suis battue en interne pour que ça ne soit pas ce calendrier. Je continuerai à me battre pour que, là, dans un moment où on est en train de voir le budget et encore avec tous les aspects dont on vient de parler, dans un moment où on risque la censure, la dissolution, dans un moment où il y a aussi les municipales où les sondages ne sont pas forcément excellents, ce moment-là est un moment, au contraire, de mobilisation générale et de ne pas être dans une bataille qui me semble être à contretemps.
C'est-à-dire qu'aujourd'hui, le temps, là, est à sauver le parlementarisme, la démocratie et derrière les municipales, qui est un échelon extrêmement important pour bien des gens. Et qu'en fait, c'est ça. Et toutes nos forces, toute notre énergie, toute notre puissance militante, qui n'est pas énorme, mais qui devrait être retournée vers ça, je suis absolument d'accord avec ça et je regrette absolument. Mais voilà, je n'ai pas été informée du calendrier.
Et on se voit dans ces cas-là, parce que moi, je ne connais pas. La désignation du candidat, ça se fait quand ? Parce que je vois plein de trucs bizarres. Elle est candidate à la primaire de la gauche, elle n'est pas candidate à l'élection. C'est tout le flou.
C'est une question que... Non, mais normalement, on a un processus interne dans lequel moi, je refuse d'aller parce que c'est un processus qui n'a aucun sens. Et après, il y a la supposément primaire de la gauche, mais dont on ne sait même pas si elle va exister. Et ce n'est pas qu'on manque de candidats à gauche par ailleurs. Donc en fait, je ne sais pas je ne sais pas comment tout cela va se passer.
Alors, quand on écoute tout ça, on se pose des questions. Est-ce que sa candidature ne risque-t-elle pas de fracturer davantage le camp écologiste et entre Marine Tondelier et l'aile gauche de son parti ? Il se semble... Je pense quand même... Il y a clairement des différences au sein d'Europe Écologie Les Verts. Après, ça reste un espace politique où il y a à peu près une entente. Je crois que c'est aussi vraiment des... Comme le dit Sandrine Rousseau, des questions de méthode. C'est là où c'est très critiqué au sein d'Europe Écologie Les Verts. C'est vrai que Sandrine Rousseau est un petit peu l'aile gauche, mais je ne pense pas qu'il y ait des différences énormes. Mais bon, voilà.
Comme à chaque fois, en fait, à Europe Écologie Les Verts ou les écologistes, il y a plusieurs grandes figures et à chaque fois, ça finit dans des espèces d'affrontements. Ce n'est pas très nouveau. On a vu ça déjà à l'époque de Nicolas Hulot, etc. Non, mais ce que ça acte, c'est la fin, pour moi en tout cas, c'est la fin de la fable de l'union de la gauche. Or, justement, Marine Tondelet, c'est quelqu'un qui incarnait ça parce qu'elle était présentée comme telle, elle se présentait comme telle. Mais en fait, ce qui est très clair quand on regarde, c'est que cette tendance à l'union est variable en fonction du rapport de force et de la situation.
Quand les partis des écologistes sont très minoritaires du fait du faible score de Yannick Jadot, il y a tout intérêt à faire la nupe et à s'allier avec les insoumis. Quand c'est les européennes, le rapport de force est plus favorable aux écologistes du fait de la sociologie électorale des élections européennes. Et donc, là, ils préfèrent partir tout seuls. Ce qui n'a pas été un très bon choix parce que le score de Marie Toussaint n'a pas été très élevé. Ils ont fait 5,5. Mais je pense que le plan, c'était de refaire ce qu'avait fait Yannick Jadot aux élections européennes précédentes.
Une fois que le NFP arrive, c'est-à-dire aux élections législatives 2024, quelques semaines, enfin quelques mois à peine après l'élection européenne, là, d'un coup, elle est de nouveau unioniste. Et quand c'est la présidentielle, là, ils considèrent qu'ils n'ont pas intérêt à s'allier et du coup, qu'il faut mieux partir tout seul. Mais ça, après, ce n'est pas que Marine Tondelier. Je pense que cet unionisme à géométrie variable en fonction des intérêts de la boutique, malheureusement, c'est le cas de beaucoup de partis de gauche. Et donc, pour vous, elle va rassembler au-delà, on va dire, des écologistes institutionnels ?
J'ai du mal à y croire parce qu'en fait, il y avait cette émission très instructive où elle était allée à l'humanité. Elle a été interviewée par plusieurs journalistes, dont la journaliste Lumi, qui l'avait mis un peu face à ses contradictions sur des questions de fond, qui sont le rapport à la lutte des classes, le rapport au capitalisme. Elle avait été incapable de répondre. Elle avait dit que se poser ses questions, c'était, et je cite, désolé pour la vulgarité, se branler la nouille. Alors moi, je ne pense pas ça du tout. Je pense que c'est des questions structurantes, c'est-à-dire que, et c'est des questions très concrètes, ce n'est pas des questions théoriques.
La question de comment on produit les choses, comment on les échange, comment on les consomme, parce que c'est ça le capitalisme, c'est très, très concret. Et pas savoir se positionner sur ça, ça veut dire qu'on ne sait pas à quel niveau de confrontation avec le capital, elle est prête. En fait, on le sait, ça veut dire à peu près nul. Et de la même manière, la lutte des classes, ce n'est pas une question abstraite. Ça détermine, par exemple, comment on se positionne sur un mouvement comme les Gilets jaunes, sur la taxe carbone. Donc ça, c'est des questions très concrètes.
Et je pense qu'en se positionnant pas sur ces sujets, en pensant qu'ils sont minoritaires, alors que c'est cette gauche-là qui est aujourd'hui minoritaire, elle se coupe, en fait, de toute possibilité d'une base populaire plus large. Donc non, je ne vois pas par quel miracle elle pourrait élargir sa base sociale de cette manière-là, en sachant que son espace politique, qui est donc, on va dire, le centre-gauche, est très éclaté aujourd'hui. On a donc Gabriel Attal, on a Glucksmann. Ça commence à faire beaucoup de candidats pour cet espace.
D'ailleurs, la primaire de la gauche, bon, qui n'aura pas lieu, mais normalement, elle a plutôt vocation à choisir le candidat de cette petite sphère politique-là. Et pour finir, est-ce que, selon vous, c'est une candidature d'ambition personnelle ou plutôt un projet collectif pour l'écologie politique ? C'est un peu toujours comme question. Je pense que c'est... Bon, moi, ça m'a l'air d'être... C'est un peu toujours les deux, j'imagine. J'imagine que c'est toujours une ambition personnelle. Elle le dit, d'ailleurs. Elle a des discours assez bons, mais moi, je n'ai pas trop envie de m'attaquer à la personne, plutôt à son projet.
Mais il se trouve qu'elle a des discours qui sont assez égotiques, comme on a quand même tendance à le souligner pour d'autres candidats. Pourquoi ne pas le faire aussi pour elle ? Elle dit qu'elle est acclamée, que l'applauditomètre à l'humain était le plus vive pour elle. Donc oui, il y a clairement une dimension personnelle. Le projet, comme souvent avec les gens de cet espace politique, il est très peu clair, très flou. ce qu'on peut en déduire, c'est que c'est une écologie d'ajustement. C'est quelqu'un qui, effectivement, je pense à des convictions écologiques, mais c'est une écologie de composer avec les entreprises, de composer avec le capital.
Bref, c'est une écologie qui ne se donne pas les moyens d'avoir une politique écologique réelle. Parce que quand on a une politique écologique réelle, on n'en reste pas, en fait, à l'écologie. On le lit avec les luttes décoloniales et on le lit avec les luttes sociales. Merci beaucoup, Rob Graham. Je rappelle que vous êtes rédacteur en chef adjoint chez Frustration Magazine. Merci beaucoup pour ces éléments.
Marine Tondelier