Jean-Pascal Zadi et Benjamin Tranié réunis dans la série "Surveillant !" - À la régulière
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 90 %Attaque 5 %Défensif 5 %
Temps de parole
- Invité51 %
- Invité 223 %
- Invité 317 %
- ?9 %
≈ 49,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Une seconde avec Benjamin Traigné et Jean-Pascal Zaddy pour donc la sortie de Surveillants. Il y a quelque chose, messieurs, j'ai entendu que vous avez un truc en commun, c'est que vous aimez bien jouer des personnages
qui
n'ont pas toujours le beau rôle. Et souvent les comédiens racontent ça, que c'est parfois un peu jouissif de jouer soit un méchant ou soit pas forcément un méchant, mais en tout cas quelqu'un de compliqué. Et c'est le cas pour vous dans cette série, mais même dans des choses que vous avez déjà fait dans le passé.
Je
pense à Benjamin,
à
toi notamment dans les films de Mourad Winter, notamment dans L'Amour, c'est surcoté, toi JB, c'est souvent le cas, souvent
on
se dit,
il
est attachant, mais est-ce que j'ai vraiment le droit de l'aimer
? Est-ce qu'il
y a un truc qui est particulièrement kiffant de jouer ces mecs-là justement ? Oui, parce qu'en fait, le côté négatif des êtres humains, on en a tous en nous. Après, je trouve que la France est quand même un pays d'anti-héros. Les
États-Unis, c'est des gens,
ils savent mettre les gens en valeur, Michael B. Jordan, tu vois quand il fait un film et tout, hyper beau gosse, machin, tout ça, nous notre culture, en vrai de vrai, c'est quand même Louis de Funès, c'est quand même Fernandez,
Belmondo. Belmondo, c'est le
seul vraiment vrai héros qu
'on
avait, mais la France est un pays d'anti-héros et donc nous, on préfère mettre en valeur les défauts de ça, naturellement même quand j'ai écrit un truc, j'aime bien que le gars soit un peu déviant, un peu teubé… artisté,
même
par français.
Exactement. Il y a
toujours ça
dans tes personnages. Mais je crois que c'est la
culture française, en fait. On est plus habitué à ça que… après, moi aussi, ça m'a joué des tours parce que, comme physiquement, je suis extrêmement beau, je pense que le cinéma, ils n'ont pas l'habitude d'avoir des belles gueules comme moi et Benjamin,
tu
vois, donc du coup, ils veulent nous cantonner dans des…
Dans
des rôles de beaux mecs.
Ouais, c'est vrai. C'est vrai, c'est vrai. Vous
avez souvent ce problème ?
Ouais, ouais,
c'est de faire des rôles de beaux gosses. C'est un peu Georges Clooney et Brad Pitt, quoi, que tu reçois aujourd
'hui, quoi.
Mais
j
'en ai bien confiance. Bah ouais, mais il
faut
que tu le dises aux auditeurs parce que les gens ne peuvent pas voir, tu vois,
mais quand ils
vont voir… Mais ça veut dire que c'est intéressant parce que sur le côté anti-héros, on est à peu près la même génération, globalement, tous les trois et je suis d'accord avec toi sur le fait que moi aussi j'ai grandi avec ces films-là, films français et de je suis une assez grande comédie qui passait beaucoup à la télévision. Et en même temps, il y avait quand même le cinéma américain, notamment d'action des années
80, 90, qui passait
beaucoup aussi à la télévision, les vidéoclubs. Et donc, on pouvait aussi s'identifier à ces personnes-là qui étaient très loin de nous. Vous vous identifiez plus à qui vous ? Est-ce que vous étiez plus justement de Funès ou plus Bruce Willis ? Alors déjà, il y en a un qui fait du sport et pas l'autre, donc je vais quand même aller vers celui qui
fait… Il avait
pas l'air plutôt
bien, Bruce Willis. Ah oui, oui, oui, oui,
bon, peut-être un peu de cholestérol quand même. Mais non, ouais, moi, je sais que les films d'action m'ont toujours passionné. Enfin, je crois que c
'est les films
genre Speed, j'ai dû le voir 70 fois, je pense.
C
'est ton film d'action préféré
? C'est mon film d'action préféré. C'est mon film d
'action préféré. Speed,
c
'est mon film d'action préféré.
Tu
le mets devant Dyer, devant Piège de Cristal ? Oui. C'est un avis que je respecte. Petite anecdote, fun fact, dans Speed,
il
y a un des gars dans le bus. C'est un des mecs qui jouent dans Succession, tu sais, le frère rejeté
de
Succession. Tu
vois ? C
'est un des pré-preneurs, enfin des prix en otage dans le bus.
Bref.
Ça,
c
'est une anecdote d'un mec qui
a vu 50 fois et qui l'a vu il n'y a pas longtemps. Oui, bien sûr. Ah, je n'avais pas vu
ça comme ça la première fois.
Exactement. Je
vois, je vois là. Mais j'ai toujours adoré les films d'action, mais je ne sais pas, je ne me vois pas dedans. Je trouve qu
'il
y aurait un truc de physiquement ou alors il faudrait que je change du tout au tout, tu vois, mais ça ne marcherait pas quoi. Ou alors le
side
kick, le mec un peu, le côté comique des
films d
'action quoi.
Et
toi, Petit, c'était beaucoup plus les personnages français aussi, parce qu'on retrouve vraiment chez vous, souvent les personnages que vous interprétez, que ce soit sur scène, Benjamin ou dans tes films, un truc justement très français. Il
n'y
a pas tant la fascination pour les Etats-Unis qui peut exister quand même.
Oui,
bien sûr. Non, mais il y a cette fascination là pour les Etats-Unis. Moi, tu ne m'as pas posé la question parce que tu t'en fous, mais je vais te dire mon film d'action préféré. Franchement, on
peut
parler de film d'action pendant
une heure, c'est un de mes sujets. Moi,
en fait, je ne
parle
même pas de film d'action. Mon film préféré de toute la vie ever, c'est Rocky IV. Ah oui. Pour moi, Rocky IV, c'est ce qui se fait de mieux au cinéma. Il aurait dû avoir un prix d'interprétation à Cannes, un Oscar, je n'en sais rien.
Mais
Rocky IV, j'adore tout dans Rocky IV. Mais là,
c
'est vraiment l'Amérique pour le coup, effectivement.
Oui, c'est
vrai. Contre la Russie
en plus. Il n'y a pas de
plus cliché.
Oui, mais
c'est mon film préféré ever de la vie. Mais ma culture, intrinsèquement, dans mon sang, dans mes veines, c'est la culture au film français. C'est Pierre Richard, c'est Patrick Devers, c'est Jean Dujardin dans OSS.
C
'est vraiment
la culture. Les bons
dialogues.
Exactement. C'est vraiment
trop
bien. C
'est ma culture. Notre culture, à nous, vraiment, c'est les anti-héros. Nous, j'ai l'impression qu'en France, c'est… En fait, je pense que c'est culturel aussi. Il n
'y
a pas un culte à la réussite. C
'est vrai. C'est plus
tête basse,
on
n'a pas trop d'argent, on n'a pas trop de trucs et tout.
Et
du coup, moi, j'ai ça aussi en moi. Et franchement, ma culture, c'est le cinéma français, même si j'ai adoré des films américains. Benjamin,
est-ce
que c'est aussi ça ? Je pense que tu as ça aussi en commun avec JP.
C
'est aussi pour ça que dans tes spectacles, même dans tes chroniques quand tu en faisais, tu as bien aussi parlé des personnages justement, des personnes dont on ne
parle
pas trop. Typiquement, ton premier spectacle que j'avais, j'allais voir deux fois à
l
'époque.
Oui, bien
sûr. C'est littéralement des personnes dont on ne parle pas ou qu'on ne voit pas. Oui, oui. Il y a aussi cette volonté de…
C
'est presque des anti-héros par définition, en fait.
Oui,
mais c'est souvent… Oui, c'est vraiment le plus jouissif à jouer et c'est le plus marrant parce qu'on ne les voit pas aussi. Et de leur donner la parole, c'est toujours du coup un peu bancal. Parce qu'on se dit, ouais, est
-ce
qu'on donne la parole ? Pourquoi on les voit pas
?
On les invisibilise. C
'est aussi parce
qu'ils ont toujours des phrases un peu… Du coup,
je
trouve ça trop marrant dans les spectacles de les mettre en avant parce que tu sais que ça va être que des phrases où tu te dis,
ouais,
ça va être un peu limite quoi. Mais du coup, toi, tu joues des personnages et toi, JP, il y a toujours
une
frontière très fine.
En
fait, c'est souvent des personnages, ils s'appellent comme
toi. Là, John
Wax l'a fait un peu
exprès. Exactement. Mais
tu vois, est-ce que tu t
'es
pas dit à un moment, mais peut-être que les personnes vont penser que je suis vraiment comme ça ? Ça fait plaisir que tu me dis ça parce que c'est un vrai problème dans ma vie. C'est un vrai… Surtout quand Tout Simplement Noir est sorti et que je m'appelle JP dans Tout Simplement Noir, les gens dans la rue, ils pensaient qu'en fait, c'était moi le film.
Ils
m'appelaient JP. Ouais, quand t'as fait ça et tout ? Il
y a
même des gens qui m'ont demandé si la scène avec Claudia Tagbo, c'était de la
fiction ou si
c'était vrai et tout. Et donc du coup, non mais ce qui est bien, ce que j'aime bien faire moi en tout cas,
quand
je joue, c'est toujours mettre un peu de ma personnalité et aller chercher dans mes défauts et on extrapole.
Bien
sûr. Et c'est ce qu'il a fait John Wax. Mais oui,
mais
c'est, pardon, Pierre Richard, le pauvre, ça lui a collé à la peau toute sa vie et en même temps, quelle légende et c'est extraordinaire quoi. C'est aussi
bien aussi
quand t'as ça.
Et
il y avait aussi cet enfoiré de John Wax qui me disait et tout, parfois, pendant qu'on jouait et tout, je lui disais, t'es-moi frère, j'ai fait des films, j'ai fait des trucs et tout, donc des fois je suis là, je joue et tout. C'est pas ce fumier,
il
me dit arrête de jouer, arrête de jouer, vas-y, j'ai envie de le taper. Mais non,
mais
ça, est-ce que c'est un enjeu pour ton monde d'avoir,
tu
sais, c'est ce qu
'on
raconte toujours, c'est le tchao pantin. C'est-à-dire, le film où tu casses ton image, où tu fais quelque
chose de complètement différent, parce
que globalement, jusqu'à présent, on t'a souvent vu dans un registre un peu, je sais
pas,
c'est pas les mêmes films, toi,
tu es dans
le personnage. Est
-ce
qu'il y
a
cet enjeu-là, même pour toi, de prouver ça ?
Non,
moi, déjà, je trouve que, non, moi, j'ai rien à prouver, moi, je suis comme R.O.H. de guerre,
t
'as capté ? Le seul à qui je dois prouver des trucs, c'est moi devant le
miroir, t'as capté ? Non, ce que je veux dire, c'est que j'ai pas d'enjeu là-dessus.
Moi, je trouve que, déjà, faire rire les gens, c'est extrêmement dur, et c'est noble, et tant que je continue à faire rire, je continuerai. Après, s'il y
a
un bon scénario qui arrive, il y en a, en plus, là, qui arrive, un bon scénario dans lequel je suis plus dans le drame, machin et tout, je le ferai. Mais c'est pas ma quête absolue de me dire, ah ouais, là, aujourd'hui,
il
faut que je sois dans le drame, oh, frère, vas-y, salam. Déjà, on a de la chance, on est là, on est acteur, on joue dans
des
séries, on joue dans des trucs. Et puis, moi, je suis content. Je
crois que, dans
le rêve américain, tu joues un truc un peu plus différent.
Oui, c'est vrai. Dans le rêve
américain, je joue un truc un peu différent, mais moi, je suis trop content quand les gens dans la rue,
ils
me disent, ah ouais, trop marrant, ça, ça, ça, ça. Je trouve que c'est un honneur. Et je trouve qu'en fait, non, je veux pas dénigrer le drame.
Mais
c
'est plus facile. En tout cas, il n'y a pas d
'hierarchie.
Il n'y a pas d'hierarchie,
mais en tout cas, c'est quand même plus facile de faire pleurer les gens que de les faire rire. Donc, j'accepte tout à fait, voilà, mon domaine, et j'essaye de le faire bien. Mais tu parles justement qu'on avait une culture de l'anti-héros en France. Est-ce qu
'il
n
'y
a pas aussi parfois, je ne sais pas si c'est propre à la France,
d
'ailleurs, mais tu sais, presque
parfois
un mépris pour des grands films populaires et parfois des grandes comédies
populaires qui sont
typiquement moins récompensées au César, par exemple. Toi,
tu
as été un contre-exemple. Je pense aux trois frères aussi à l'époque qui avaient énormément de César, mais c'est rare. Et je crois que tu cites un film comme Camping, dans un de tes films préférés, qui est
«
Réli Parfum et Rotteniente », qui est un ami de l'émission qu'on a beaucoup reçu, c'était pendant la Coupe du Monde. Mais typiquement,
qui
n'est pas un film qui a été bien vu par les critiques à l'époque.
Oui,
mais ça, ce n
'est
pas grave, ça.
Oui, non, non. Les bronzés, les bronzés. Mais ça
témoigne parfois d'un petit
mépris
qu'on peut avoir
vis-à-vis de ces
comédies-là. Oui, mais ça, c'est des trucs, franchement, on s'en fout un petit peu. Ce qui compte, c'est est-ce que tu fais des films ? Est-ce que les films sont vus ? Point barre. Après, c'est toujours bien d'avoir le respect de ses pères et tout,
tu
vois. Mais je ne pense pas que Fabien Rotteniente, quand il marche dans la rue, on lui crache à la gueule, tu vois.
Je
ne crois pas. Donc, moi, je pense que le plus important, c'est de faire des films, des films dont on est fier et que ça marche ou que ça ne marche pas. Mais au moins, faire un film où tu as été au bout de ton délire et que tu as dit ce que tu avais à dire et tout. Et après, que la profession méprise ou ne méprise pas, ça, franchement, pour moi, c'est secondaire. Frère, la vie, ça passe tellement vite. Aujourd'hui, on est à la quarantaine. Dans deux semaines, on aura 60 ans. On n'a pas le temps de... Ouais, la profession, elle a dit que machin et tout. Vas-y, salam.
C'est pas pour ça que tu te lèves le matin. Pas
du tout. Moi, je me lève le matin pour m'éclater, pour rigoler, pour être avec des gens que j'aime bien et faire des projets qui tiennent la route un peu avec des gars que j'aime bien. Après, la profession, vas-y, salam, frère. C'est un peu le moins, je sais qu
'il faut choisir. C'est un peu le moins, je
peux le dire.
Oui, c'est
facile, c'est facile,
c'est pas
facile.
Mais
oui, à choisir, j'avoue, je préfère faire un film qui cartonne,
que
récupérer tous les prix, quoi. Bien sûr. Là, sur la série Surveillant, vous jouez comme dans un vrai univers carcéral. Vous avez tourné là-bas. Évidemment, c'est pour une série marrante, etc. Mais
est
-ce que ça peut,
je
ne
sais
pas, dans l'état d'esprit, on est quand on rentre là-dedans pour jouer la comédie. Est-ce que ça change quelque chose d'être non pas dans un décor, mais réellement un univers
carcéral
? Et
puis,
surtout, on nous avait bien expliqué que c'était une prison des longues peines et qu'ils ont tous déménagé en Alsace. Donc, c'était Carlos le terroriste,
Émiloui,
Fourniray, enfin, tous, ils étaient
tous là. Ils
étaient vraiment tous là. Donc, déjà,
on
nous annonce ça à peine arrivé. On fait, waouh, waouh, waouh, l'ambiance. Et en fait, j'avoue, il y avait tellement de blagues et tellement de gens drôles. J'avoue, on a un peu vite oublié
tout ce qui a dû se passer
là. Voilà, mais en tout cas, c
'est
ça que j'aime bien quand même de John, ce qu'il a fait dans la série, avec son co-auteur Gauthier Planckert.
C
'est Planckert, c'est qu'il n'a pas oublié de parler de sujets importants.
C
'est-à
-dire
qu'on se marre beaucoup. Mais c
'est
ça que j'aime bien dans son écriture, c'est que, tu vois, ils sont quand même beaucoup trop dans des cellules. Enfin, tu vois,
il
n
'y
a pas...
C'est pas juste léger, on va parler... Oui, c'est
clair, la condition de travail des surveillants,
la
réinsertion dans la société. Mais John, il ne le fait pas quand il écrit. Je connais, c'est mon gars. Il ne le dit pas en disant... Il faut parler
de ça.
Oui, il faut parler de ça, tout ça. Il le fait de manière naturelle, de manière crédible et tout. Et avec toutes les blagues qu'il faut. Et finalement, en regardant, en rigolant, tu apprends des choses. Mais là, je me rends
compte
qu'il y
a
un truc qui m'énerve. C'est que Benjamin, il parle beaucoup de John Wax comme si c'était son pote. Alors qu'il ne le connaît pas vraiment. Le vrai pote de John Wax, c'est moi, en fait.
C
'est vrai. Tu as tenté son pote ou son père ? J'essaie de comprendre
votre relation. C'est
une relation père-fils mais amicale.
Et du coup, là,
ça m'énerve quand il dit, ouais, John Wax, John Wax.
Mais
ce n
'est
pas ton pote, en fait. Calme-toi, en fait. Casse les couilles sous Benjamin Entranié. John
Wax, toi,
tu le connais depuis très longtemps. Mais je le connais depuis. Il n'était même pas réalisateur, John
Wax.
Je me rappelle, je l'ai connu. Ça date de 2011, comme ça. C'était un pote d'un pote. Et au début, on ne pouvait pas se calmer. On ne pouvait pas se plairer au début. Ça commence souvent comme ça.
Mais lui, il me regardait
mal un peu. Moi, je le regardais mal. Je dis, il est fou, lui. Et après, on passait des soirées ensemble. Après, j'ai vu, il était trop marrant, frère. Après, j'ai passé des soirées avec lui, Fabrice Ebué. Tout ça, c'était des soirées légendaires. En fait, John Wax, il est bon comme réalisateur. Parce qu'il est marrant. Ouais, ouais.
C'est vrai parce qu'il est marrant. Il est marrant
à
mort
et tout le monde, en fait, il fait marrer tout le monde sur le plateau. Et tout le monde a envie de bien faire pour lui. C
'est assez
ouf. Puisqu'on parle un peu des débuts, notamment, toi, en
tant
que réalisateur aussi de JP. Moi, je me souviens que dans les années 2000, tu avais sorti des films de cramé.
Oui, tout à fait.
Je me
souviens
que c'est des DVD, enfin, qu
'on
trouvait, mais qui étaient notamment beaucoup distribués. Moi, en tout cas, j'en avais entendu parler, il
y
avait une presse rap, parce que c'était des rappeurs.
C
'est comme ça que je t'avais découvert à l'époque. Et évidemment, du chemin a été parcouru.
Mais
quand tu repenses, tu sais, à ça, même, à ses premiers
films,
je sais, et même, je pense, l'envie juste de faire quelque chose
que tu
avais, est-ce que tu trouves une cohérence avec même ce que tu fais aujourd'hui ? Parce qu'en fait, moi, je ne les ai pas vus depuis longtemps, mais je pense que dans l'humour, etc., il y avait déjà la base
de beaucoup de choses. Bien sûr,
bien sûr, bien sûr. Non, non, alors, j'ai commencé en faisant trois films autoproduits, cramés, africains, gangsters, sans pudeur ni morale. Et en fait, déjà, allez-vous...
Mais
cramés, cramés, c 'était exceptionnel. C'était
absurde, mais c'était exceptionnel. C'est gentil, c'est gentil. C'est
déjà un truc que les gens se passaient sous le manteau,
quoi.
Exactement,
non, c'était vendu à Clignanfou, à Carapha, à Carapha, à Carapha, tu vois, ouais, ouais, ouais. On
autoprod et tout. On autoprod et tout. Non, mais après, je me suis associé avec un gars à moi qui s'appelle Granit, qui avait le label Neochrome, qui
produisait
7 geckos, Al Capote,
tout ça.
Donc, c'est pour ça que je connais bien Al Capote, le milieu du rap n'a aucun secret pour moi. Et en fait, dès mes débuts, j'avais envie d'être moi-même et de faire ce que j'avais envie de faire. Et donc, je pense que la cohérence avec ce que je fais aujourd'hui, c'est ça. C'est qu'avant, je n'avais pas envie de travailler dans un bureau, je n'avais pas envie de travailler pour quelqu'un. Je voulais faire mes trucs moi-même. Et pourquoi dans le cinéma ? J'en ai aucune idée jusqu'à aujourd'hui. J
'aurais pu faire autre
chose. Et donc, j'avais envie d'être moi-même. Et du coup, la cohérence, c'est que j'ai fait mes films en étant moi-même, en ayant ma personnalité, en parlant des choses que j'avais envie de parler. Après, je suis passé à la comédie en ayant mes thèmes à moi. C'était tout simplement noir. Après, je suis devenu acteur à ma manière à moi, sans faire des colles et tout. Et donc, je pense que la cohérence dans tout ça, c'est juste l'envie d'être soi-même et de ne pas se renier, de ne pas se prendre pour quelqu'un d'autre. Et je pense que ça, c'est quand même un peu la clé pour arriver à faire un petit truc. Tu as dit que le milieu du rap n'avait pas de secret pour toi ?
Je rappelais un peu, il y avait, comment il s'appelle ? Médine, je faisais des scènes avec Médine,
je
faisais
des scènes
avec Soprano. Il y avait aussi le producteur de Nécessité. Salsa ! Salsa,
voilà. Qui est maintenant
un très grand producteur
qui travaille chez
WoW. Voilà, Ayana Kamoura, tout ça et tout. Et pourquoi tu n
'es
pas allé vers le rap ? Parce qu'en fait, à un moment donné, ce n'était pas cohérent. Dans le rap des années 2000, il fallait être un peu la rue, un peu teub et tout. Et toi, tu n'étais pas... Je n
'étais
pas dans
ça, je n'étais
pas cohérent avec
mon
setup. Alors, j'ai laissé Roff et tout faire leur truc, tu as capté.
Oui, si tu les avais, c'est bien sûr. Oui, c'est non. Et là, il n'a pas fait un qu'un
free, tout ça, c'est tout méga, t'inquiète pas. Mais c'est juste que ce n'était pas cohérent avec moi. Donc, je me suis dirigé vers un peu les films, quoi. Sur... Comme toi, Benjamin,
en
fait, de ce qu'on a...
Ah, il rappait avant, Benjamin ? M. Citranier ? M.
Citranier ? Je parle
de diriger vers les films. Parce que moi,
je t'ai découvert en tant que chroniqueur. C
'est Radio
Nova,
et
puis ensuite sur scène, bien sûr. Et aujourd'hui, tu continues à aller sur scène, ça reste, je crois, ta base. Mais moi, ce que j'avais beaucoup aimé aussi dans le premier spectacle, c'est qu
'à
l'ère
du
stand-up roi, en fait,
où
maintenant, c'est quand même essentiellement ça, et c'est cool. Toi,
il
y avait un truc presque, qui semble presque qu
'à
l'ancienne. Aujourd'hui, c'est interpréter des
personnages. Parce
que
moi, quand j
'ai commencé à regarder des spectacles d'humour, en fait, c'était des inconnus, c'était Elikaku ou Gad Elmaleh,
même sur son
premier... C'était vraiment des personnages. Donc, tu avais déjà, je pense,
ça,
cet amour-là. Est-ce que
c
'était, dans ta tête, peut-être même inconsciemment, un moyen aussi d'aller vers la comédie, vers le cinéma ? Je ne dis pas que tu l
'as
fait de manière stratégique, mais en tout cas, ce qu'il y avait quelque chose... Si, un peu...
Presque, en gros,
avec mon code...
Il
vient juste de dire que tu es ringard. Il a dit,
oui, les nouveaux gars, c'est stand-up, c'est à l'ancienne, machin. Moi, ça m'a fait beaucoup de bien. Les personnages,
tous ceux qui en faisaient, c'était vite ringard.
Et
nous, avec Zahid, on s'est dit, gardons notre écriture à nous. Au lieu de faire du stand-up comme tout le monde, on va le faire sur des persos. Et voilà, du coup, c'est des persos qu'on beau avoir, je ne
sais
pas,
70
ans ou 80 ans, ils parlent vraiment d'une manière où ça fait marrer les gens de mon âge. Et tu ne fais pas le vieux pour faire le vieux et faire marrer les vieux. Non, mais toi, tu réponds bon cœur parce que
tu
es quelqu'un de bien. Moi, je le connais, Louis.
Tu ne me connais pas. En fait,
là, il est en train de t'attaquer, en fait.
Tu vois ce que je veux dire
? Non, pas du temps, vraiment pas.
Il
sait que
toi...
Et avec Zahid, donc, mon co-auteur, on s'était dit, l'objectif, c'était ça, c'était écrire nos films, faire des trucs ensemble, ce qu'on est en train de faire, on développe une série ensemble et tout. Et c'était un peu un impact de comment accéder à ce truc-là en passant par aucun réseau et juste ce qu'on peut faire, quoi. Donc, les chroniques, le spectacle et là...
L
'envie,
c
'était vraiment de faire de la comédie depuis le début, c'était ça que
tu
avais envie
de faire.
Exactement, oui. Même, je crois, quand tu étais petit, d'ailleurs, tu y pensais avec
ton frère. On
tournait, on a fait beaucoup de courts-métrages avec mon frère.
Ah,
oui ? Oui, mais des courts-métrages qu'on n'a jamais... Enfin, qu'on n'a montré qu'à notre famille, quoi.
J'ai
fait le court-métrage de Titanic. On a refait Titanic avec mon frère. J'ai inondé ma maison,
en vrai, de vrai. Ah, mais
tu as inondé la
maison ?
Oui, et mes parents l'ont découvert en voyant la cassette. Ça,
ils
ont fait...
Mais
c'est les escaliers, là, qui sont pleins d'eau. Ouais, mais on a tout nettoyé, ils avaient vu et tout. On avait même peint la façade de la maison en faisant un
bateau.
Et ma mère, là, elle avait un peu pété un cap. Mais là,
vous
avez quel âge quand tu as fait ça ? Je pense, on devait avoir 10, 12 ans, je pense. Mais en y repensant, ils n'ont jamais voulu qu'on fasse ce métier-là. Mais quand on a peint la façade ou jeter de l'eau, la façade, on s'est un peu fait enluler, mais ça a été. Et je me suis rendu compte avec mon frère qu'il nous laissait faire ça alors qu'ils n'ont jamais dit « faites ce métier-là ». C'était assez étrange.
Ouais, c'était
fou. Bref, mais voilà. Du coup, j'ai toujours eu envie de faire ça. Et mon frère, maintenant, bosse dans la production.
Lui aussi avait envie de faire ça. Ah, son
frère, il travaille dans la production
?
De pub, de pub. T'es un épo baby, oui.
Non, c
'est pas le fils
de son frère. T'es un épo broseur. T'es un épo broseur. Oui,
si tu veux, oui. JP, il s'est passé quelque chose d'important dans ta vie. Je pense qu'on t'en parle souvent, mais
on
va en reparler un peu. C'était ça.
Et le César du meilleur espoir masculin est attribué à
Jean
-Pascal Zadine. Bravo !
Oh, la vache. Alors, moi, ce que j'ai envie de dire, ça va être très intelligent. J'ai envie de dire, comme mon ami Danila Ferrière, il faut faire confiance au temps et il faut voir le temps en temps long. Et donc, pour ça, je remercie tous ceux qui ont ouvert la Bresse avant moi. J'ai envie de remercier Eusanne Palsy, Isaac de Bancolet, Omar Sy, Maïmouna Dukouré, Débora Lokumouena, Alice Diop, Zita Hanraud, le bon vieux colonel Lajli et Fatiha Yousouf.
Alors,
ça, c'était ton discours, mais...
Et pas une seule
fois, il remercie John Wax. C'est qu'il est venu voler de César chez moi, après. Il a bien raison.
Il a pris le César chez moi. C'est tout le monde,
sauf les gens du film, quoi. Oui, mais c'était, je pense, aussi important de
parrainer les gens qui ont ouvert. Bien sûr, j'entends bien,
j'entends bien. Mais est-ce que, tu sais, parce que
tu
parlais justement du
chemin
que tu as fait, etc., qui est assez atypique, au final.
Tu
vois, quand on voit d'où tu es parti et où tu es arrivé, est-ce que ça, ça, légitime, en tout cas ? Est-ce que tu t'es senti plus légitime après César ou ça n'a pas d'impact sur toi ? Tu savais déjà que c'était ta place. Non, c'est à partir du César que j'ai commencé à dire que, ouais, je suis réalisateur, acteur et tout. Mais jusqu'à aujourd'hui, je ne me sens pas légitime. Je pense qu'il va y avoir quand même beaucoup, beaucoup de films et de séries avant que je dise que c'est légitime, quoi. C'est difficile de se sentir légitime quand, tu vois,
tu
n'es pas du sérail,
il
n
'y a
pas de diplôme, il n'y avait pas trop de gens non plus qui me ressemblaient, que je voyais, qui bossaient là-dedans. Donc, la légitimité, je pense que c'est quelque chose qu'il faut gagner toute sa vie, quoi. Je ne me sens pas genre, ah ouais, j'ai un César, je suis acteur, jamais de la vie. Tu sais que jusqu'à très, très, très longtemps, je disais je bosse dans l'audiovisuel.
Je te
jure,
je disais, ouais, je travaille dans l'audiovisuel et tout. Et là, j'ai commencé à rencontrer des gens un peu acteurs et tout, qui m'ont dit, oh frérot, vas-y, tu travailles dans le cinéma, machin. Non, cette histoire de légitimité là, ce n
'est
pas facile. Mais en tout cas, j'essaye de transmettre un peu cette envie d'ailleurs et tout, aux amis de mes enfants et tout, que j'amène sur mes tournages, je leur parle, je les amène dans des avant-premières et tout. J'essaye de transmettre, en tout cas à la prochaine génération, le fait que, voilà, être un acteur et puis avoir un César, ça peut être n'importe qui. Parce que moi, je suis là tous les jours avec eux, j'habite encore en banlieue, tout ça, je les croise tous les jours,
j'en
parle avec eux. Donc, j'essaye plus de transmettre, tu vois. Tu disais qu
'il
n
'y
avait pas beaucoup de personnes qui te ressemblaient dans le milieu quand tu étais plus
jeune.
Et pas beaucoup de beaux gosses. C'est bien sûr,
j
'ai compris. Est-ce qu'il y
avait
des personnes quand même, notamment dans le paysage français, à qui tu pouvais t'identifier, en tout cas,
tu
peux, parce que c
'est
des personnes qui t'ont ouvert la voie, mais est-ce que petit,
tu
les connaissais ?
Non, je ne les
connaissais pas.
Moi,
mon modèle, je vais parler vrai là, mon modèle à moi, c'était Stomy Bugsy, frère.
Stomy
Bugsy, Stomy Bugsy, pour moi, il a ouvert tellement de choses en France. Déjà, quand j'étais petit, j'allais en vacances à Sarcelles chez mon cousin. Et quand sa mère, elle me disait d'aller faire des courses au Flanade et tout, et je voyais le bâtiment Sector A, là, tu vois, au Flanade
et tout.
Déjà, là, j'étais traumatisé de ça.
C
'était des throats.
C'était génial. Mais
déjà, je voyais un immeuble avec écrit Sector A. Je me disais, mais attends, donc, des Noirs peuvent avoir un immeuble de production, machin de ça. Pour moi, c'était un truc de fou. Et après, quand Stomy est arrivé, c'était un des premiers rappeurs, machin, qui commençait à avoir du succès, commercial et tout. Et après,
il
jouait dans des films,
il
jouait dans 3-0, Les Jolies Choses
et tout. Exactement, Les Jolies Choses. Il a
tourné avec Marion Cotillard et tout. Gomes et Tavares.
Gomes et Tavares.
En fait, quand je voyais Stomy Bugsy à la télé, en fait, je me disais, dans ma tête, il a ouvert plein de trucs. Ouais. Parce qu'en plus, c'était pas un comique, c'était un acteur.
Tout à
fait. Souvent, quand il y avait des Renois qui étaient dans des films et tout, souvent, c'était un peu des comiques qu'on mettait, tu vois, dans des films pour faire les marrons et tout, tu vois.
Mais
Stomy Bugsy et le secteur A, donc à travers le secteur A,
je
peux te dire, Doc Gineco, Passy, Arsenic, P.A. Son A, Macalbo. Bien sûr. Tout ça, les Nègues Marrons, tout ça, pour moi, c'était vraiment, vraiment les modèles et ils ont explosé tout dans ma tête. Parce que quand t'es Renois, t'es pauvre, moi j'habitais à Caen, Renois, pauvre, famille nombreuse, ton objectif, c'est quoi, footballeur ? Après, t'arrives au foot, tu vois, c'est compliqué, ils caillent, les gens, ils courent vite. T'es là, en galère. Et puis après, tu t'écoutes Skyrock à la radio, tu vois, Stomy Bugsy, disque d'or, disque de machin, Stomy Bugsy au cinéma. Non,
c
'est lui, franchement, pour moi, lui, c'est un pionnier du game,
c
'est Stomy. Et je trouve qu'on lui rend pas assez hommage. D'accord, et son premier album, Quelques balles de plus pour Calipule de Faux, c
'était
exceptionnel.
J'ai bien
aimé Gangster d'amour, j'ai bien aimé Quatrième Round. Ok, toi, j'ai compris. Toi, t
'aimes
le Stomy qui mettait les bandanas comme Tupac. Oui,
voilà, voilà, voilà,
qui voulait
ressembler
à Tupac. Non, et puis pour moi,
Stomy, c'est vraiment un concept. C'était le concept du Renoir qui est du noir africain, qui s'est débrouillé, qui est devenu acteur, qui a fait son label, qui
rave, qui a du succès, que les femmes aimaient, tout
ça, voilà. Pour moi, Stomy, c'était plus un concept, quoi. C'était quelque chose d'inatteignable. Et quand je l'ai rencontré après, j'ai vu qu'il était vraiment aussi gentil que dans mes rêves, quoi. Donc, j'étais trop content. Est-ce que c'était la plus grande star ? Enfin, pas la personne qui t'a le plus intimidé ? Non, je ne
suis
pas intimidé par beaucoup de gens.
Même
Stomy,
même ton héros d'enfance ? Non, mais
je dois dire quand même qu'il m
'a
un peu intimidé, c'est vrai. Il m'a quand même un peu intimidé quand je l'ai vu et tout. Et il est très simple, il est très gentil, c'est un bon gars. Et je n'étais vraiment pas déçu de le rencontrer. Benjamin, toi aussi, on parlait de cette légitimité avec JB, même si tu disais que
tu
avais envie de faire de la comédie. Et là, tu commences à avoir
une
carrière solide aussi au cinéma. Je veux dire à la télévision. Est-ce qu'on parlait de télévision avec les plateformes,
en
tout
cas
aussi en série ? Est-ce qu'aujourd'hui, tu te sens comédien, toi
?
Quand on me demande ce que tu fais dans la vie, tu te dis quoi ? Oui, quand même. Quand même, mais c'est marrant. Encore, je reviens au daron, mais c'est un peu les darons qui m'ont donné la légitimité. En gros, j'avais fait un an où j'avais réussi à faire mes heures et j'étais assez content de café-théâtre, d'être comme ça, des pièces de boulevard, des choses comme ça. Et en gros, je dis à ma mère, bon, j'ai un an pour essayer de faire un truc solo et on verra parce que j'ai mes heures. Et puis, si je n'y arrive pas, je retournerai en tant que community manager. Et ma mère au téléphone, qui n'était pas trop pour choix ce métier-là, m'engueuille. Elle me dit, maintenant, stop, t'arrêtes.
Tu ne
vas
pas retourner comme community manager. Tu restes comédien. C'est ton métier, en fait.
Et là, j'ai
fait, putain, OK, c'est mon métier. Et
j'avoue, je me fais engueuler
pour me dire que
c
'est ton métier. J'avoue, ça m'a... Depuis, je me suis dit, elle a raison. À partir du mot où ta mère te
valider, te donne le pass,
tu
t'enlèves en stress. Exactement.
Qui était un peu mon seul stress, c'était les darons, quoi.
J'avoue qu'il ne soit pas...
Ouais,
voilà.
C'est à ce moment-là. Donc, ça date, je sais que je dis que je suis comédien. Ouais. Plutôt accès humour,
à
chaque fois,
je
dis,
tu
as comédien, accès humour.
Tu ne t'es pas obligé de le préciser. Tu n'es
pas obligé de le préciser. Mais là,
il faut que tu
arrêtes de dire accès
humour.
Déjà, moi, j'ai beaucoup en moi, je ne sais pas pourquoi, mais l'envie de transmettre des choses. Et quand on s'est mis sur ce documentaire-là, pour France Télé, je savais qu'on allait le faire avec mon fils. Donc, du coup, je me suis dit, ah, pour mon fils, c'est bien parce qu'il aura quelque chose à raconter. Donc, le documentaire Une histoire française, ça raconte mon père, mon fils et moi qui allons en Côte d'Ivoire pour savoir de quoi mon grand-père est mort. Parce que mon grand-père, il est mort pendant la colonisation et on ne sait pas exactement de quoi il est mort parce que mon père était tout petit. Et donc, on va sur ces traces là-bas, au village, en Côte d'Ivoire.
Et dedans, on parle de la colonisation, des travaux forcés. Après, on parle aussi du parcours de mon père qui décide de venir en France dans les années 70. Pourquoi il est venu en France ? Comment ça s'est passé quand il est arrivé là-bas ? Donc, ça s'appelle Une histoire française parce que ça raconte l'histoire de la Côte d'Ivoire et l'histoire de la France à travers ma famille. Et oui, moi, je l'ai fait. Au début, je n'avais pas du tout envie. Mais je l'ai fait pour mon fils et aussi pour les enfants, les jeunes. Pourquoi tu n'avais pas envie parce que tu te dis que
ça
va être trop
sérieux
ou
trop content ? Non, ce n
'est pas ça. C'est que tu connais. On est des Africains. Moi, je suis fatigué, frère. Je tourne dans des films. Je suis fatigué. L'été, j'ai envie de me reposer.
Et là, je me suis dit, c'est l
'été
en plus, il faut
partir avec mon fils, avec mon père.
C
'était éprouvant, même émotionnellement et tout. Vous avez tourné cet été ? Non, on a tourné à l'époque qu'on a tourné Surveillant. Donc, c'était il y a un an. On a tourné l'année dernière. Et là, on a fini le doc. Il va passer à la fin de l'année sur France 2. Mais je suis trop content parce que du coup, à travers l'histoire de ma famille, ça raconte aussi l'histoire de tous ceux qui ont une double culture, mais aussi tous ceux qui veulent savoir des choses sur leurs grands-parents. Tout le monde a des grands-parents. Moi, je ne connaissais rien sur mon grand-père parce que mon père, il ne le connaissait pas. Mon père, il ne connaît même rien sur son père. Donc, on est parti là-bas.
On a interrogé des gens dans le village, des historiens, tout ça. Il nous a raconté un peu son histoire et je trouve ça hyper intéressant pour ma part, en tout cas. Si je reviens parce que tu viens de dire que tu as fait ça, il y
a
un an, un moment de Surveillant
à peu près.
Dans Surveillant, évidemment, il y a des vannes, évidemment, et il y a des vannes,
je ne sais
pas comment, parfois,
en tout cas, non, ça, là, je ne sais pas, mais en tout cas, c
'est
bon, d'ailleurs, comme ils disent, bon, d'ailleurs, c
'est la question que j'allais poser parce que tous les deux, votre métier,
c
'est entre autres de faire rire les gens. Et est-ce que, aujourd'hui, non pas pour dire qu'aujourd'hui, on ne
peut plus rien dire, c'est vrai, on ne peut plus rien dire, c'est vrai, on
ne peut
plus
rien dire. Ce
qui est
sûr,
c'est
que ce qu'on dit, en tout cas, aujourd'hui, est forcément plus regardé ou plus, il y a les réseaux, etc.,
il
y a quelque chose,
en
tout cas, typiquement, je pense qu'avant, un humoriste, il avait un peu la scène, c'était un truc un peu sacré, donc, en fait, ce qui se passait dedans, il y a presque un pacte de confiance entre l'humoriste et le public.
Aujourd
'hui, tout sort, etc., c'est forcément des choses, quand on fait une série comme Surveillant ou un spectacle ou un film, des questions qu'on se pose sur... Là, il y a des choses que je ne peux pas faire, que je peux moins faire, parce que, fatalement, tu vas blesser des gens, mais c'est peut-être le jeu, en fait, de se dire qu
'on va blesser des gens. Il y a toujours le
risque de ce soit sorti du contexte, ça, aussi bien sur scène que dans une série, si tu n
'as
pas l'ensemble de la blague et que tu as juste un extrait qui est posté sur les réseaux, bon, ben oui, tu peux te manger un seau de merde complètement dingue. Mais, ce qu'on disait avec JP en interview il n
'y a
pas si longtemps,
on
disait, en fait, tant que c'est drôle, tu peux tout dire.
C
'est subjectif, le fait que ce soit drôle.
Non, il
y
a
des vannes. En fait, pour moi, la limite, c'est quand c'est marrant. En vrai, quand c'est marrant, même si tu n
'es
pas d'accord avec le gars,
tu ne peux rien faire
contre l'humour. Tu peux être un mec normal, pas misogyne, pas raciste et tout, et dans l'action, comment c'est présenté avec le personnage et la situation, c'est drôle, frère.
C
'est drôle. Moi, je pense que la seule limite,
c
'est est-ce que c'est drôle ou est
-ce
que ce n
'est
pas drôle ? Et après, pour moi, je me dis, aujourd'hui, en humour, il y a tellement de choses sur Instagram, sur scène et dans les stand-up que je pense que les gens, en fait, ils sont éduqués à l'humour. Et ils savent percevoir quand un truc est humoristique ou un truc est premier degré. Et aussi, comme on a la chance et l'avantage, je pense, dans notre équipe, avec John Wax, Benjamin Tranier, Audrey, Eva Yotou, de ni être raciste, ni misogyne, ni antisémite ou tout ce que tu veux. Du coup, je trouve que quand tu fais une blague,
que
le point de départ, il est neutre, du coup, les gens, ils arrivent à voir. En fait, le problème, il arrive quand un raciste fait une blague raciste, quand
un misogyne fait... Bien sûr, bien sûr.
Ce n'est pas qu'il le pense,
c
'est qu'en fait, l'angle est toujours mal trouvé, parce que c'est ce qu'il pense. Alors que quand tu es sain, tu sais très bien que cette phrase-là, il faut la dire comme ça, parce que si tu ne dis pas comme ça, ça va être mal interprété. Et puis surtout, quand tu n
'es
pas un con, voilà, quand tu n
'es
pas con, du coup, tu sais que si tu dis cette phrase-là, ça ne va pas faire rire les gens, puisque toi aussi, tu t'identifies. Tu comprends ce que
je veux dire
? Donc moi, pour moi, les limites,
c
'est déjà, il faut que ce soit drôle. Si ce n
'est
pas drôle, ça ne sert à rien de le faire. Et puis, si tu es sain, en vrai, tu trouveras toujours le bon angle. Dans En Place, j'ai dit des trucs, frère. C
'est ma série
que j'avais faite sur Netflix, j'ai dit, même dans tout simplement le
noir, il y
a
des vannes, il y a des
trucs et tout, ça
passe parce qu'on voit,
dans Surveillant aussi, ça passe parce que le fond, il est sain. Et en fait, je pense qu'à chaque fois qu'il y a un truc qui ne passe pas, c'est quand le fond, il est bizarre, frère. Quand le fond, il n'est pas sain, il est...
C
'est chelou, on sent que c'est chelou, tu vois ce que je veux dire ? Mais quand c'est drôle, c'est drôle, man. Voilà. Je suis tout à fait d'accord.