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interviewEmmanuel Macron· 24 septembre 2023 35 min

Mon interview au 20h de TF1 et de France 2.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Nous avons reçu le roi Charles III, nous avons reçu le pape à Marseille, le pape qui a interpellé nos démocraties européennes, y compris le dirigeant que vous êtes, sur le drame des migrants. Quand il parle, quand il met en garde contre le fanatisme de l'indifférence, que lui répondez-vous ?

0:16
Emmanuel Macron

D'abord, vous venez de le dire, je voudrais commencer cet entretien en félicitant les Français. Parce qu'il y a peu de pays, aujourd'hui dans le monde, qui peuvent relever des défis concomitants de cette nature. Nous accueillons la Coupe du monde du rugby. Lille, Marseille, Paris, Saint-Etienne, Nice, cette semaine ont accueilli des matchs. On a reçu le roi et la reine d'Angleterre à Paris, puis Bordeaux, et le pape est venu à Marseille. Et donc je veux remercier nos élus, nos bénévoles, les services de l'Etat et des collectivités qui ont rendu cela possible. On a mobilisé, en particulier ce samedi, près de 100 000 policiers et gendarmes.

Sur les 166 unités de force mobile que nous avons dans le pays, toutes ont été mobilisées. On a remis les vacances, etc. Donc tout ça arrive parce qu'il y a aussi une capacité à accueillir, à assurer la sécurité, à être exemplaire dans l'accueil. Donc je le dis à tous nos compatriotes, grâce à cet effort collectif, vous pouvez être fiers. Et cette France qui était au rendez-vous, cette France qui sait accueillir le monde, qui sait donner cette formidable image, c'est aussi celle que nous saurons être dans 300 jours quand il faudra accueillir les Jeux olympiques et paralympiques.

1:27
Invité

Alors il y a le discours du pape sur les migrants, et puis il y a la réalité politique française européenne.

1:33
Présentateur

Est-ce que vous pouvez répondre au pape ?

1:34
Emmanuel Macron

Non, le pape a raison d'appeler à ce sursaut contre l'indifférence. Parce qu'à chaque fois qu'on parle du sujet de l'immigration, on parle de femmes et d'hommes, il ne faut jamais l'oublier. Puis après... 28 000 morts en 10 ans. Et je l'ai eu l'occasion moi-même de le dire, mais l'Europe est le continent qui fait le plus. Et donc ce qu'il faut voir aujourd'hui, c'est que d'abord, nous, Français, nous faisons notre part. Il y a en moyenne environ 100 000 demandeurs d'asile chaque année dans notre pays. On accueille de plus en plus d'enfants, nos départements le savent, et l'État est à leur soutien et continuera de l'être, je veux ici leur dire.

Nous investissons, et on l'a augmenté très fortement ces dernières années, 2 milliards d'euros par an sur ce qu'on appelle l'hébergement d'urgence. Ce qui permet de loger les sans-abri de notre pays. Mais pour près de 60%, ce sont des femmes et des hommes qui attendent un titre ou sont en situation irrégulière que nous logeons. Donc la France fait sa part. Mais il faut ce message d'universalisme. Moi, je ne suis pas indifférent et nous devons être humains, accueillir en particulier ceux qui fuient des conflits. Mais on doit aussi être rigoureux parce qu'on a un modèle social qui est généreux. Et on ne peut pas accueillir toute la misère du monde, comme disait un ancien Premier ministre.

2:44
Invité

Concrètement, pour les migrants de Lampedusa, combien on va en accueillir ? Et Gérald Darmanin a parlé de ceux qui auraient et obtiendraient l'asile politique. Combien de migrants de Lampedusa vont arriver et rester en France ?

2:53
Emmanuel Macron

Le ministre de l'Intérieur a eu raison de distinguer la situation de migrants qui arrivent et qui iraient à travers l'Europe avec des femmes et des hommes à qui on donnera un titre et qui sont en attente de l'asile, qui sont à ce moment-là des réfugiés, des gens dont on instruit la situation. Qu'est-ce qui se passe d'abord à Lampedusa ? Ce que vous avez montré ces dernières semaines, c'est la réalité du phénomène migratoire. Il est européen. Et donc le cœur de la réponse n'existe pas en franco-français.

Et moi, c'est aussi pour ça que je veux qu'on travaille avec la présidente du Conseil italien, parce qu'elle a fait un choix fort qui n'avait pas été celui il y a quelques mois suivi par l'Italie. C'est cette crise migratoire qui l'a amenée aussi au pouvoir. Oui, mais je note que là où il y a dans sa majorité des gens qui sont sur une réponse simpliste et nationaliste, là où il y a pu avoir à certains moments une Italie qui a dit on ne prend plus les bateaux, on les renvoie chez les autres, l'Italie prend sa responsabilité. Et elle joue son rôle de ce qu'on appelle le premier port sûr. Nous, nous devons jouer notre rôle en Européen et aider les Italiens.

On ne peut pas laisser les Italiens seuls. Et donc la réponse, elle est d'ensemble, elle est européenne. Première chose, on doit, nous Européens, avoir une approche cohérente avec les pays d'origine.

4:10
Invité

Et donc... C'est-à-dire que ce n'est pas qu'une question européenne, c'est-à-dire que c'est une question qui relève aussi des États africains.

4:15
Emmanuel Macron

En l'espace, c'est une question où l'Europe doit jouer grouper, ce qu'elle n'a pas fait jusqu'alors, et où on doit jouer avec les pays d'origine et ce qu'on appelle les pays de transit. Laissez-moi vous le dire juste de manière très simple. La plupart des migrants qui sont arrivés à Lampedusa venaient d'Afrique subsaharienne. Avec beaucoup de pays auxquels nous envoyons beaucoup d'aides publiques en développement, et la France a augmenté cette aide. Nous sommes au rendez-vous de nos engagements. Et beaucoup de pays dans lesquels nous avons des ambassades qui délivrent des visas. Donc, nous devons, en Européen, mieux conditionner notre aide à une politique responsable en matière migratoire.

Et en disant, on vous aide sur des projets pour donner des opportunités économiques à la population, mais vous devez nous aider à démanteler chez vous les réseaux qui conduisent ces gens à quitter leur pays. Mais jusqu'ici, ça ne fonctionne pas. Et surtout, beaucoup mieux coopérer au retour. Ça ne fonctionne pas parce qu'on ne l'a jamais fait en vrai, en Européen. Et vous dites quoi, la Tunisie, au Maroc, à l'Algérie ? Alors, ça, ce sont les pays de transit. Moi, je le dis, première bataille avec les pays d'origine. Et c'est coopératif. Mais on doit les réengager. Et ça doit faire partie de la relation partenariale entre l'Europe et l'Afrique.

La deuxième chose, ce sont les pays, en effet, de transit. Là, on a eu en quelques heures, en tout cas en quelques jours, plusieurs milliers de migrants qui arrivent à Lampedusa et qui partent tous du port de Sfax. Je souhaite qu'on engage avec la Tunisie en Européen. Et là aussi, une politique responsable. On vous aide budgétairement. Et là-dessus, l'Italie et la France sont d'accord ensemble. Et je souhaite qu'on obtienne un accord européen.

5:44
Présentateur

Il se trouve, on va beaucoup parler d'immigration.

5:45
Emmanuel Macron

Attendez, mais je vais au bout, c'est essentiel. Et deuxième chose, moi, je veux qu'on leur propose d'embarquer des experts, des matériels, etc., sur leur côte pour démanteler ces passeurs. Et c'est un partenariat respectueux. Il se trouve que c'est ce qu'on fait, nous, avec les Britanniques. On accepte d'avoir des experts britanniques à Calais pour nous aider à démanteler ces réseaux de passeurs. Et on a de très bons résultats. On va proposer la même chose aux États de transit dans la rive sud de la Méditerranée. Parce que la clé, c'est qu'on doit mieux protéger nos frontières.

6:17
Présentateur

La Libye, par exemple, est-ce que vous serez en mesure d'envoyer des équipes ?

6:19
Emmanuel Macron

Exactement, et aussi, et nous l'avons fait par le passé. Il y a quelques années, nous avons su le faire en formant des gardes-côtes libyens en équipe pour mieux. Et donc, je veux proposer à la présidente du Conseil italien et convaincre les autres Européens et la Commission de mettre plus de moyens dans ces pays de transit, de leur proposer des partenariats pour éviter les départs. Parce que c'est là que les gens prennent tous les risques. En Méditerranée, vous l'avez dit, c'est ce que dénonçait le pape.

6:42
Présentateur

On va parler par exemple.

6:43
Emmanuel Macron

Mais il faut aller, c'est un tout. Ensuite, quand on arrive, on doit avoir une politique européenne. Et c'est là aussi où on va aider l'Italie. Quand les migrants arrivent à Lampedusa, il faut que l'Europe aide à enregistrer les situations. Et donc ça, c'est un investissement de l'Europe tout entière. Et puis après, il va peut-être y venir, mais il y a nos réformes nationales. On ne saura pas combien de migrants vont être accueillis. Non, on en a accueilli plusieurs dizaines de milliers ces dernières années. Mais on va continuer à le faire.

7:07
Présentateur

Pas en relocalisation de l'Italie.

7:09
Emmanuel Macron

En relocalisation et aussi de l'Italie. Mais la clé de tout ça, c'est qu'on ait cette politique que j'évoque. L'efficacité est européenne. Et l'efficacité est par le changement de notre organisation. Et puis à côté de ça, en effet, on doit changer des choses chez nous en France.

7:25
Présentateur

Alors justement, le Sénat va étudier une loi sur l'immigration, dont la mesure principale, et qui fait débat en tout cas, c'est la régularisation des travailleurs clandestins qui sont déjà en France sur des métiers en tension. Le bâtiment, la restauration et même les hôpitaux, les professions médicales. La droite n'en veut absolument pas. Est-ce que vous maintenez cette mesure, au risque de ne pas pouvoir faire voter votre loi ?

7:45
Emmanuel Macron

D'abord, je ne vais pas faire ici le travail du gouvernement et du Parlement. Il faut faire une loi pour quoi ? Pour compléter ce qu'on a fait ces dernières années. Mais au fond, on a besoin de mettre le système français à peu près au diapason des autres Européens. On ne peut pas avoir un modèle qui est plus généreux et qui est trop lent en termes d'instruction. Donc il y a plusieurs réformes très techniques qui sont dans ce texte de loi, préparées par le gouvernement et portées par le ministre de l'Intérieur.

8:08
Présentateur

Pour la régularisation des travailleurs.

8:09
Emmanuel Macron

Mais le cœur de ce texte, c'est surtout d'accélérer nos procédures et d'avoir une politique plus efficace pour mieux instruire les situations et renvoyer plus efficacement dans leur pays les femmes et les hommes qui n'ont pas vocation à rester et en même temps mieux protéger les autres. Aujourd'hui, 7% d'entre eux. Bien sûr, parce que vous savez pourquoi ? Comme on a beaucoup de demandes, notre système explose. Malgré les moyens qu'on a remis. Malgré toutes les réformes qu'on a faites parce qu'on a changé plein de fois la loi déjà. Donc on doit aller beaucoup plus vite, réduire, comprimer nos délais et avoir un modèle qui est aussi au diapason de ce que font les pays voisins.

A côté de ça, il ne faut pas être hypocrite. Il y a en effet des métiers en tension qui embauchent beaucoup de femmes et d'hommes qui viennent de l'immigration et qui sont souvent en situation précaire. Et depuis plusieurs années. Et depuis plusieurs années, parfois plusieurs décennies. Là-dessus, moi je souhaite qu'un compromis soit trouvé. Je pense qu'il y a un compromis intelligent. Mais je vais être simple. Un, les métiers en tension. Il faut d'abord quand même essayer de faire que ce soit nos compatriotes qui y aillent. On a encore 7% de chômage et c'est le cœur de la réforme France Travail.

On ne peut pas accepter un discours qui consisterait à dire que ce sont des gens qui sont étrangers en situation irrégulière qui vont occuper les métiers dans le BTP, la restauration ou autre. Non. Il y a des Françaises et des Français qui sont au RSA, qui parfois ont la possibilité d'occuper ces emplois. Il faut les former, les aider parfois au déplacement ou au relogement, mais enfin plutôt les accompagner sur ces métiers. Justement. Ensuite, il n'y a pas de droit inconditionnel à la régularisation. Il n'y en aura jamais. Il faut continuer à lutter contre les réseaux d'immigration clandestine, pénaliser les employeurs qui utilisent ces réseaux.

Et après, il y a des situations très humaines. Quand vous avez des femmes et des hommes qui sont là pour travailler, qui travaillent bien, qui sont de fait intégrés, il ne faut pas les laisser dans la précarité administrative. Et donc c'est ça ce que doit trouver ce texte.

9:53
Invité

C'est du bon sens. On a beaucoup de questions ce soir. Le pouvoir d'achat qui est devenu une urgence pour beaucoup de Français. Le 15 du mois, beaucoup d'entre eux finalement ont beaucoup de mal à finir ces fins de mois, demandent à leur patron parfois justement un salaire anticipé. Face à l'inflation, comment vous allez vous débrouiller pour faire baisser ces prix auprès des distributeurs, auprès effectivement des grandes surfaces et des industriels ? Vous allez les remettre à la table pour que finalement on arrive à baisser les prix de l'alimentaire ? C'est ce que les Français attendent. ils ne voient que les prix augmenter depuis des mois. Vous avez raison.

Alors d'abord, vous avez commencé votre question.

10:27
Emmanuel Macron

Moi, je trouve par l'approche que je partage. C'est-à-dire que le pouvoir d'achat, c'est la rencontre d'un salaire et des prix de la vie. La première chose sur laquelle on se concentre, on va continuer de le faire, c'est créer des emplois et d'avoir des emplois qui sont de mieux en mieux payés. Depuis 2017, on a créé 2 millions d'emplois. Donc on a beaucoup de gens qu'on a sortis d'une plus grande précarité encore. Ensuite...

10:49
Invité

Avec des salaires parfois très faibles.

10:50
Emmanuel Macron

Non, mais pardon, mais avec beaucoup de contrats contrairement à ce qui est dit. Ça veut dire qu'il faut indexer les salaires ? Ensuite, non. On a un système qui fait que le SMIC, il est plus qu'indexé. Donc depuis le début de la crise énergétique, depuis le début de l'année dernière, notre SMIC en France, il a augmenté de 11%. C'est très peu dans... Il y a très peu de pays européens où d'abord, il y a un tel salaire minimum et il a autant augmenté. Ensuite, la dynamique salariale, elle a à peu près suivi l'inflation quand on regarde les choses. Donc on va continuer le travail pour créer des emplois et aller vers le plein emploi. C'est essentiel.

On va ensuite continuer d'accompagner l'augmentation salariale. C'est pour ça qu'il y a une conférence sociale qui va s'organiser début octobre.

11:30
Invité

Ou qu'est-ce qu'on va faire ?

11:30
Emmanuel Macron

Donc ça veut dire

11:30
Invité

que les Français, ce qu'ils entendent ce soir, c'est qu'il y a une possibilité pour eux...

11:33
Emmanuel Macron

En fait, on va travailler avec toutes les branches qui ont encore un salaire minimum qui est sous le SMIC légal. Et il faut en effet que dans certaines branches, les employeurs embauchent mieux, accompagnent mieux. On a aujourd'hui beaucoup de femmes et d'hommes qui sont dans des métiers par exemple de l'aide à domicile. Ils ont une indemnité kilométrique qui ne correspond plus au vrai coût de la vie. Ils ont des taux horaires qui ne sont plus satisfaisants. C'est d'ailleurs pour ça qu'ils ont de plus en plus de mal à embaucher. Donc ça, c'est des négociations sociales. Et puis il y a la question des salaires. Ça, c'est au niveau de l'entreprise qu'il faut le faire.

Je ne suis pas pour qu'on indexe tous les salaires sur les prix parce qu'à ce moment-là, on crée complètement une boucle inflectionniste. Je crois au dialogue social, au niveau des branches, là, on a les problèmes identifiés, et au niveau des entreprises pour la question de la carrière.

12:15
Présentateur

Vous parliez d'indemnité kilométrique. Attendez, je vais répondre à la question

12:19
Emmanuel Macron

sur l'alimentation. Ça, c'est ce qu'on a fait sur les salaires, c'est très important. On les met plus régulièrement à la table de négociation. À côté de ça, je veux ici redire que la nation française, elle a investi des dizaines de milliards d'euros pour bloquer les prix sur l'électricité, le gaz et les aides, les chèques successifs. Mais mal reste là, les prix ont du mal. Aujourd'hui, les gens ont du mal. Et ils ont du mal, pourquoi ? Parce qu'ils sont obligés de choisir dans le caddie, parce qu'ils ont vu le prix du dentifrice, du paquet de pâtes, du lait pour bébé, la poudre de lait infantile qui a augmenté.

Quand on voit les prix, c'est très nettement au-dessus de l'augmentation des matières premières. Donc, qu'est-ce qu'on fait ? Ce mercredi, au Conseil de ministre, un texte arrive qui va nous permettre de réouvrir ce qu'on appelle les négociations commerciales. Et avec les... Entre les grandes enseignes et les industriels. Entre les... Avec les grands industriels. Parce qu'aujourd'hui, il faut être clair, est-ce que nos agriculteurs, ils profitent de la crise ? Non. Non. Donc, nos agriculteurs, il faut... C'est tout ce qu'on a fait ces dernières années avec ce qu'on appelle égalime 1 et égalime 2.

Il faut préserver le pouvoir d'achat de nos agriculteurs et il ne faut pas casser les prix de l'alimentation. L'alimentation, elle a un coût quand c'est justifié. Est-ce que les petits industriels de l'agroalimentaire aujourd'hui bénéficient ? Non. On a des grands groupes qui, en effet, ont fait flamber les prix de certaines de leurs marques.

13:30
Présentateur

Ils ne jouent pas toujours le jeu.

13:31
Emmanuel Macron

Et donc, eux, on veut les remettre autour de la table et passer plus vite la baisse des prix. Parce que parfois, ils ont augmenté les prix en prenant le haut de la courbe de leurs matières premières qui remontait il y a quelques mois. Donc, le gouvernement va prendre ce texte qui passe au Conseil des ministres dès mercredi. On va remettre les 60 plus gros industriels de l'agroalimentaire On va suivre ces négociations. Derrière. Et surtout, on va mettre en place et je vais y veiller personnellement un accord sur la modération des marges dans tout le secteur.

13:57
Présentateur

On parle... C'est-à-dire qu'aujourd'hui,

13:59
Emmanuel Macron

au fond, on a une crise. Sur l'alimentaire, ça pèse sur la vie de nos compatriotes. Moi, j'en ai... C'est insupportable de voir tant de nos compatriotes qui sont dans cette situation de devoir choisir des biens essentiels pour eux, pour leurs enfants, pour leur famille. Donc, on doit... Personne ne doit profiter

14:16
Invité

les marges, pardon ? Modérer les marges, ça veut dire quoi ? Blocage des prix ? Ça veut dire quoi ? Non, on n'est pas dans des prix administrés. Ça veut dire que tous ceux qui font des excès... De l'opposition souhaitent un blocage des prix pour qu'il soit une baisse de la TVA.

14:24
Emmanuel Macron

Ça, je vais vous dire, ça ne marche pas, le blocage des prix. Pourquoi ça ne marche pas ? Parce que les prix sont plus administrés dans notre pays.

Ce qui marche, c'est de remettre tout le monde autour de la table et de vérifier, en y mettant des contrôleurs, et de faire un accord sur la modération des marges parce qu'au fond, là où vous avez votre agriculteur qui vend et qui a une toute petite marge, il ne peut pas faire vivre sa famille sinon, où vous avez votre PME de province qui va vendre ses biscuits et qui fait à peine tourner son commerce, et à côté de ça, vous avez des grands groupes qui vous ont mis une belle augmentation sur le solde dentifrice et qui, elles, se la met dans la poche.

14:53
Présentateur

Vous interpellez les industriels, mais sur le carburant, 60% du prix du carburant, ce sont des taxes de l'État. Moins de 60%, mais c'est à peu près moitié-moitié. Est-ce que vous comptez faire quelque chose sachant que le prix du carburant a augmenté de 15 centimes par litre depuis le début juillet pour le sans-plomb ? Et cette semaine, la Première ministre a proposé la vente à perte, aucune enseigne ne s'en est emparée. Qu'est-ce que vous comptez faire ?

15:13
Emmanuel Macron

Écoutez, là-dessus, d'abord, je regarde le sujet et puis on apporte des réponses concrètes, pragmatiques et pas des magots. Pourquoi l'essence augmente ? Parce que le brut de pétrole augmente. On paye notre dépendance. C'est ça, la réalité. Et je le dis, on va venir, j'espère, à la planification écologique et à l'écologie. Nous ne sommes pas producteurs de pétrole. Depuis le début de l'année 2023, le prix du baril, il a augmenté d'un tiers environ. Pourquoi vous ne baissez pas les taxes ? Et ça va durer. Et ça va durer. Ça veut dire qu'il faut continuer à accompagner avec une indemnité carburante ? Ça veut dire qu'il faut responsabiliser tout le monde et accompagner.

Mais ce que je veux dire par là, c'est que la raison de l'augmentation, ce ne sont pas les taxes. C'est la géopolitique internationale. C'est-à-dire... Non, mais vous pourriez jouer sur ça. C'est la décision de l'Arabie saoudite, d'une part, qui est un gros producteur, l'accord un peu tacite avec la Russie et toutes les tensions que nous connaissons. Donc la France va continuer de jouer, mais je veux le dire ici, il n'y a pas de solution miracle. Les Français, ils veulent savoir s'ils vont être encore accompagnés. Ensuite, notre taxe, elle serve à quoi ? Il y a environ 50% de taxes sur le prix de l'essence. À quoi servent ces taxes ? Pour moitié, à financer la transition écologique.

C'est-à-dire à financer la rénovation des bâtiments parce qu'on a besoin d'argent public. Nous dépensons aujourd'hui dans notre budget 33 milliards d'euros pour la transition écologique. L'année prochaine, on dépensera 40 milliards d'euros. Donc, est-ce qu'on peut réduire les taxes qui permettent de le financer ? Non. Pour un quart, c'est la sécurité sociale. Est-ce qu'on peut baisser ce qu'on met dans nos hôpitaux ou autres ? Non. Et pour un quart, ce sont les régions. Quand j'entends des présidents de régions dire qu'il faut baisser les taxes sur le carburant, faites-moi une proposition pour baisser vos budgets. Alors, M.

le Président, je n'ai pas le sentiment qu'il me fasse une proposition là-dessus. Est-ce que la solution,

16:50
Invité

c'est encore d'apporter une indemnisation, d'accompagner les travailleurs ? Alors, la solution, elle est double.

16:54
Emmanuel Macron

Elle est... Il y a une chose sur laquelle on peut agir, c'est d'essayer, là aussi, qu'il y ait des marges abusives qui se fassent sur le raffinage. Et donc, la menace de baisser le seuil de revente à perte a été brandie. Elle ne sera pas dans le texte de mercredi. On la garde comme menace. La Première ministre va rassembler tous les acteurs de la filière cette semaine et on va leur demander de faire un prix coûtant. C'est-à-dire que personne ne fasse de marge et en particulier qu'on ait un système de transparence, on l'a sur l'alimentaire, on ne l'a pas assez sur le carburant. On a déjà obtenu d'un grand acteur français, Total Énergie Nouvelle, de jamais dépasser 1,99 €.

On a quand même 3 500 stations-service qui sont du coup concernées par cette mesure. Les autres distributeurs, ils ne sont pas raffineurs comme les Total. Et donc, pour tous les autres, on va demander aux raffineurs de nous donner la transparence, de voir là aussi où il y en a qui profitent et d'aller rechercher leur marge. Donc ça, c'est la première chose. Donc pas d'indemnité supplémentaire pour les Français, pour les travailleurs ? Prix coûtant, mécanisme de transparence, pression. Et puis à côté de ça, j'ai demandé au gouvernement pour le budget qui arrive de continuer à accompagner les Françaises et les Français qui travaillent et qui ont besoin de rouler pour travailler.

Donc c'est quoi qu'il en coûte ? Effectivement. Non, pas du tout. On est sorti de cette logique.

18:03
Invité

Ce n'est pas un chèque de plus ? Non, c'est un mécanisme

18:05
Emmanuel Macron

qui doit être limité. Pour qui ? Pour les travailleurs ? Ça dépend de comment évolue le prix. Vous dites les travailleurs. Qui sera limité aux travailleurs, qui ne dépassera pas ce qu'on appelle les cinq premiers décides, c'est-à-dire la 50% des travailleurs les plus modestes. Et avec un montant ? Et qui sera au maximum de 100 euros. Quand on regarde, ce qui est moyen, on connaît les mécanismes qu'on a déjà pu avoir, c'est 100 euros par voiture et par an. Mais c'est très limité, mais c'est beaucoup plus pertinent, si je puis dire. C'est-à-dire qu'on n'aide pas les ménages qui n'en ont pas besoin et on n'aide pas les déplacements, si je puis dire, de confort.

On aide ceux qui en ont besoin pour travailler. Pour travailler, parce qu'au-delà de la pression qu'on met, on ne peut pas laisser certains de nos compatriotes qui ont besoin de rouler pour travailler face à des prix qui sont durablement élevés. Par contre, je vais être clair, on sort du quoi qu'il en coûte. C'est pour ça qu'on revient sur des prix du gaz et sur des prix de l'électricité. Il y a des hausses qui vont se passer en 2024. Mais c'est pour ça qu'en parallèle, j'ai aussi été très clair avec le gouvernement, il ne doit pas y avoir d'augmentation d'impôts. On va continuer les baisses d'impôts depuis 5 ans.

Et ça, je vais ici aussi dire parce que j'ai beaucoup entendu dans les titres de ces dernières semaines. Quand vous avez votre taxe foncière qui augmente, ce n'est pas le gouvernement. Ce n'est pas le gouvernement. C'est votre commune qui le décide. Et c'est un scandale quand j'entends des élus qui osent dire que c'est la faute du gouvernement. Ces 6 dernières années, on a baissé les impôts de plus de 60 milliards d'euros pour nos compatriotes. On a supprimé la taxe d'habitation et la redevance télé pour nos compatriotes. C'est plusieurs centaines d'euros de gains de pouvoir d'achat. Et je le dis parce qu'on a beaucoup de maires qui ont décidé de ne pas augmenter la taxe foncière.

Et c'est dur, parfois, pour leurs finances. Et à côté de ça, nous n'avons pas baissé les dotations des collectivités territoriales. Et donc, quand je vois des communes comme Tourcoing, comme Angers, comme d'autres, qui n'ont pas augmenté d'un centime leur taxe foncière, et que Paris l'a augmenté de plus de 60%, c'est la responsabilité des élus. Il faut que nous passions à l'écologie qui est un des enjeux majeurs de baisser les impôts.

20:03
Présentateur

Qui est un des enjeux majeurs des années.

20:04
Emmanuel Macron

C'est ça aussi, le pouvoir d'achat, parce que j'entends beaucoup de gens qui sont dans la démagogie qui disent, on est pour le pouvoir d'achat et qui augmentent les impôts la clame à gauche.

20:10
Présentateur

Vous savez le problème que nous avons avec l'écologie en France, c'est-à-dire que pour les Français, l'écologie et la transition énergétique, ça veut dire aussi payer plus cher sa voiture, parce qu'une voiture électrique, c'est plus cher qu'une voiture thermique, ça veut dire changer sa chaudière au gaz par quelque chose qui va coûter plus cher. Votre objectif, il est gigantesque. C'est réduire de 50% les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030. 2030, c'est demain. Comment on fait ? Sur quel levier vous pouvez jouer sans pénaliser et aggraver encore les inégalités sociales ?

20:40
Emmanuel Macron

Vous avez raison que c'est le défi. C'est le défi de l'ambition juste. Moi, je pense, je ne pense pas, je suis convaincu que nous avons un chemin qui est celui de l'écologie à la française, qui n'est ni le déni, parce qu'on voit beaucoup de formations politiques et surtout de voisins qui disent on abandonne, qui rouvrent des centrales à charbon, qui disent on abandonne nos objectifs, ni la cure qui consiste à dire ça va être un massacre, nos agriculteurs vont arrêter leur activité, on va fermer des sites industriels. Il y a un chemin d'écologie à la française qui est une écologie de progrès. D'abord, je veux dire aux Françaises et aux Français. On a fait la moitié du chemin.

On a fait la moitié du chemin qu'on avait à faire. Et on l'a fait parce que ces cinq dernières années, on a réduit nos émissions de CO2 deux fois plus qu'on l'avait fait les cinq années d'avant. Et donc, vous le voyez, d'ici à 2030, il nous faut faire l'autre moitié du chemin, simplement, il faut aller deux fois plus vite. Et donc, j'avais pris des engagements en campagne. J'avais dit la première ministre va être en charge de la planification écologique, vous aurez deux ministres en charge l'un de la transition écologique et de sa déclinaison avec les territoires et l'autre de la transition énergétique. C'est fait.

Demain, je validerai ici même à l'Elysée dans un conseil présidentiel de l'écologie la planification qui est le fruit d'un énorme travail qui a été fait, qui touche tous les secteurs, qui a été concerté avec tous les acteurs et que nous allons ensuite décliner avec tous nos élus. Et donc, les centrales à charbon, par exemple. D'abord, ce qu'on va faire, c'est qu'on va investir massivement. Donc, on va investir l'année prochaine 40 milliards d'euros sur cette transition. Et en effet, on va toucher tous les secteurs. La première chose, c'est le combat qu'on doit mener pour le pays et à l'international, on doit sortir du charbon.

C'est ce qu'on appelle une énergie fossile, c'est la plus polluante et c'est la clé. Les scientifiques nous disent, il faut qu'au fond, l'humanité sorte du charbon d'ici à 2030. Donc, on va faire l'inverse que l'Allemagne, nous, et donc, nous, d'ici à 2027, eh bien, qu'est-ce qu'on va faire ? Et d'ailleurs, notre régulateur RTE l'a dit par un rapport récent, on a encore deux centrales à charbon qui tournent, à Cordemay et Saint-Avold. On va complètement les convertir à la biomasse. C'est-à-dire qu'au fond, là où on mettait du charbon, on va mettre le travail et le recyclage de notre agriculture et les forêts.

22:56
Présentateur

Pour les Français dans leur quotidien, qu'est-ce qu'on va faire ? Et donc,

22:57
Emmanuel Macron

ça, c'est très clair. Donc, la France sera parmi les premiers d'Europe à sortir du charbon. Et donc, on va pouvoir continuer à produire notre énergie de manière indépendante et souveraine, mais en sortant du charbon. Première mesure très concrète de cette planification. La deuxième chose, vous l'avez évoquée, c'est qu'il faut continuer ce qu'on appelle l'électrification de nos véhicules. C'est le grand défi qui est le nôtre. Et donc, on doit accompagner.

Et ça, on doit le faire de manière intelligente, c'est-à-dire qu'on doit pousser nos ménages à céder les vieux diesels et les vieux véhicules thermiques, comme on dit, pour aller plus vers ou de l'hybride et de l'électrique et progressivement de plus en plus de l'électrique. Mais on doit le faire en étant intelligent, c'est-à-dire en les produisant chez nous, les véhicules et les batteries. Ça veut dire qu'il faut avoir les moyens pour le faire aussi, parfois. Oui, mais je vais vous dire, changer de voiture. Ce qui est très important pour nos Français, c'est qu'on est attaché à la bagnole. On aime la bagnole. Et moi, je l'adore.

Mais la voiture, dans notre pays, il faut le dire, ça a été de la restructuration industrielle ces 20 dernières années. On a perdu beaucoup d'emplois. entre un million et un million et demi de véhicules sur notre sol. Ce que nous avons fait ces dernières années, c'est qu'on a relocalisé grâce à l'écologie. Et donc, nous sommes en train de reproduire des véhicules électriques sur le sol français. Parce que ces petits véhicules électriques, avant, ils étaient chinois.

24:15
Invité

Non, parce qu'en fait, avant, on les produisait beaucoup moins. Ceux qui étaient achetés, ils étaient chinois.

24:19
Emmanuel Macron

Ils sont encore chinois beaucoup trop. Mais d'abord, on ne les produisait pas du tout chez nous. Donc, comme ils sont à plus haute valeur ajoutée, on peut les produire en France. Donc, d'ici à la fin du quinquennat, on aura au moins un million de véhicules électriques qu'on produit. Ça veut dire qu'on réindustrialise par l'écologie. Ensuite, il y a 5 ans, quand je parlais au constructeur, il me disait, ah là là, malheureux, allez pas trop vite sur l'électrique. On ne produit pas une seule batterie. On ouvre 4 très grandes usines de batteries électriques en France, en ce moment même.

Et toute cette vallée électrique qui ira de Douai à Dunkerque, c'est des dizaines de milliers d'emplois industriels qui vont être créés dans les prochaines années grâce à ça. Une question internationale. Ensuite, il faut accompagner les ménages. Qu'est-ce qu'on fait ? Notre fameux bonus-malus. Donc, on encourage et on allège le coût du véhicule électrique. Et d'ici à la fin de l'année, on va mieux accompagner encore nos ménages. On va finaliser ce leasing que j'avais promis.

C'est-à-dire qu'on va, à la fin d'année, mettre en place un système où, au fond, à horizon d'environ 100 euros par mois, on va permettre à des ménages d'acheter des véhicules produits en Europe, électriques, qui vont pouvoir amortir. Mais ça marche. Et si vous voulez, par rapport au débat sur le pouvoir d'achat qu'on vient d'avoir, l'écologie est la réponse. Ici même, vous savez, à l'Elysée, il y a 5 ans, quand j'ai été élu, on avait 2 centrales. Je vous parle très concrètement parce que l'Etat doit être exemplaire. On avait 2 chaudières au fioul. On les a passées toutes les 2 d'abord au gaz. C'est la bonne transition. Ensuite, on a mis en place un système de géothermie.

Grâce à ça, on est en train de se passer d'une de ces 2 chaudières. Et d'ici à 2024, on va pouvoir faire et le froid et le chaud grâce à la géothermie. Bilan des courses. On aura réduit de 80% les émissions. On aura divisé par 3 la facture. Et en moins de 5 ans, on aura fait un investissement rentable. C'est ce qu'on doit faire partout. Simplement, qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut accompagner les ménages les plus modernes. Parce que pour les Français,

26:08
Invité

changer une chaudière,

26:09
Emmanuel Macron

parfois c'est 15 000 euros et c'est compliqué. C'est plus compliqué que pour les élus et 100 000. Je veux là-dessus rassembler. Non, non, mais il faut le faire pour tout le monde parce que c'est rentable. Mais il faut que ce chemin-là, on l'écrase. Mais pour les entreprises, c'est ce qu'il faut faire. Pour les ménages, je vais être très clair, on est sortis des chaudières au fioul nouvelles. On n'en installe plus. On a tenu ça. Sur les chaudières au gaz, je me suis beaucoup posé la question.

26:30
Présentateur

D'interdire ?

26:31
Emmanuel Macron

On n'interdira pas. Parce qu'on ne peut pas justement laisser nos compatriotes, en particulier dans les zones les plus rurales, sans solution. Par contre, qu'est-ce qu'on va faire ? On va développer les pompes à chaleur et accompagner les ménages pour s'équiper de pompes à chaleur. Parce que les pompes à chaleur, c'est intelligent, ça fait des économies d'énergie, ça réduit très fortement les émissions. Et on va produire en France ces pompes à chaleur, on va en produire, on va tripler la production. Donc c'est tout ça la planification écologique. 8h30, oui.

26:58
Présentateur

Le Niger, la France depuis deux mois est dans une situation quasiment intenable. Notre ambassadeur ne peut plus sortir de l'ambassade. Nos 1 500 militaires ne peuvent plus sortir de leur base. Combien de temps ça peut durer ?

27:09
Emmanuel Macron

Écoutez, d'abord nous sommes au Niger parce qu'à la demande des pays de la région, nous avons été lutter contre le terrorisme. Et quand je vous parle aujourd'hui de cette question, je pense à tous nos soldats qui sont morts au Sahel pour la paix de cette région et pour lutter contre le terrorisme. Nous avons été à la demande du Burkina Faso, du Mali, du Niger sur leur sol pour mener cette guerre. Et Barkhane, cette opération militaire, est un succès. Parce que sans celle-ci, la plupart de ces pays auraient déjà été pris par des califas territoriaux et des djihadistes.

27:43
Présentateur

Ils nous ont demandé de partir depuis. Non, mais ces pays

27:45
Emmanuel Macron

ont été frappés par des coups d'État. Est-ce que c'est la faute de nos militaires ou de la France ? Non. Il n'y a plus de France-Afrique. Donc quand il y a des coups d'État, nous, on n'interfère pas dans la vie politique des pays. Ça veut dire qu'on ne reste pas là-bas. Contrairement à ce qui dit.

27:56
Invité

Qu'on ne peut plus rester là-bas.

27:56
Emmanuel Macron

Mais j'ai eu cet après-midi le président Bazoum. Parce que la seule autorité légitime du Niger, c'est le président Bazoum qui a été élu par son peuple. Et qui est détenu. Et qui, aujourd'hui, est détenu en otage et est l'objet de ce coup d'État parce qu'il menait des réformes courageuses et parce qu'il y a, au fond, des règlements de comptes largement ethniques et beaucoup de lâchetés politiques. Je l'ai dit au président Bazoum. Et donc, la France a décidé de ramener son ambassadeur. Et donc, dans les prochaines heures, notre ambassadeur, avec plusieurs diplomates, rentreront en France.

Et nous mettons fin à notre coopération militaire avec les autorités de fête du Niger car elles ne veulent plus lutter contre le terrorisme. C'est donc la fin de la présence française militaire au Niger. Elle sera organisée dans le temps, dans les semaines à venir. Mais c'est la fin de cette coopération. Parce que nous ne sommes pas là pour participer à la vie politique, pour être les otages, en quelque sorte, de poutchistes. Mais je vais être très clair. On le voit déjà aujourd'hui. Au Mali, ils vont rentrer de manière ordonnée dans les semaines et les mois qui viennent. Et là, nous concerterons avec les poutchistes parce que nous voulons que ça se fasse dans le calme.

28:59
Présentateur

Mais d'ici la fin de l'année.

29:00
Emmanuel Macron

Mais d'ici la fin de l'année. Nous continuerons d'accompagner le continent africain pour lutter contre le terrorisme.

29:06
Invité

Cela veut dire que si on part, cela ne veut pas dire qu'on ne reviendra pas.

29:09
Emmanuel Macron

Mais nous ne le faisons que si c'est à la demande des pouvoirs démocratiquement élus et des autorités régionales. en 2023, il n'y aura plus de militaires français au Niger. Au Niger. Tout à fait. Par contre, nous continuerons d'être engagés partout où les États africains nous demandent de la coopération. Avec un agenda clair. Nous, on n'est pas là pour participer à des coups d'État ou interférer. On est là pour lutter contre le terrorisme. Et je vous le dis, les poutchistes sont les amis du désordre. Regardez aujourd'hui, le Mali, chaque jour, a des dizaines de morts.

Au moment où je vous parle, il y a plus de morts liées au terrorisme islamiste au Niger depuis le début de ce coup d'État qu'il n'y en a eu dans les 18 mois précédents. Et donc, moi, je suis très inquiet par cette région. Je pense que la France, parfois seule, a pris toutes ses responsabilités grâce à nos militaires. Et je suis fier d'eux. Et nous devons être fiers d'eux car cette opération a été un succès. Monsieur le Président...

30:00
Invité

Maintenant, nous ne sommes pas responsables de la vie politique de ces pays et on doit en tirer les conséquences. Une question sur un autre conflit au cœur de l'Europe qui oppose l'Arménie aux Azeris. Est-ce que vous confirmez le soutien de la France au peuple arménien ? Il s'inquiète et s'interroge. Si vous apportez votre soutien, il ne sera que verbal. Sous quelle forme on peut soutenir les Arméniens ?

30:21
Emmanuel Macron

Il est inconditionnel. Il est entier. Il est constant depuis le début et ils le savent. Ces derniers jours, nous avons vécu des crimes inacceptables et des opérations de guerre au Nagorno-Karabakh. C'est-à-dire dans cette région qui a été reprise par l'Azerbaïdjan à l'automne-hiver 2020 dans des conditions terribles et où le droit des minorités et en particulier de plusieurs chrétiens qui vivent là-bas, de populations d'origine arménienne qui vivent sur ce sol ont été complètement bafouées.

30:53
Invité

Comment faire pour empêcher que ça se continue ? Premièrement,

30:55
Emmanuel Macron

nous allons et nous continuerons de nous mobiliser sur le plan humanitaire pour venir en secours des populations qui sont au Nagorno-Karabakh et venir les aider sur la question alimentaire et les secours. La deuxième chose, nous apportons un soutien politique pour que dans la seule paix durable qui peut être négociée, vous avez passé des heures de discussion entre le président de l'Azerbaïdjan et le Premier ministre d'Arménie, le droit des minorités, en particulier au Nagorno-Karabakh, soit respecté. Et la troisième chose, la France est aujourd'hui très vigilante à l'intégrité territoriale de l'Arménie car c'est ça ce qui se joue. Il faut être très clair.

On a aujourd'hui une Russie qui est complice de l'Azerbaïdjan, une Turquie qui a toujours été en soutien de ses manœuvres et un pouvoir qui est désinhibé et qui menace la frontière de l'Arménie. C'est ça aujourd'hui qui est en risque. La France se tiendra aux côtés du peuple arménien de manière claire et aux côtés du droit international à chaque fois.

31:53
Présentateur

Une question politique pour finir. Vous avez été réélu il y a un an, pourtant ils sont nombreux à penser déjà à vous remplacer. Que pensez-vous de ce bal des prétendants ? Quel regard vous portez ?

32:03
Emmanuel Macron

Écoutez, moi je pense à tout le travail que nous avons devant nous et à nos compatriotes qui parfois ne savent pas comment ils finiront la semaine. Et on en a beaucoup parlé et je vous en remercie. Et au fond, on a fait le grand écart ce soir dans les temporalités. On est au milieu d'immenses bouleversements. Mais la France est au rendez-vous. Elle est au rendez-vous des grands moments de son histoire. On l'a encore vu cette semaine. On sera au rendez-vous de la bataille pour le pouvoir d'achat, de la bataille pour le plein emploi, la réindustrialisation, de la bataille pour l'écologie et la biodiversité.

La France, elle sera au rendez-vous de la géopolitique et du rôle qui est le sien, de la réindustrialisation, de l'école et de la santé. On n'a pas parlé d'école, on aurait pu parler aussi de la bataille pour nos enfants et les protéger parce que l'école, c'est aujourd'hui du régalien. C'est un sanctuaire qu'il faut retrouver. La lutte contre le harcèlement est absolument essentielle. Et je vous le dis, moi je suis concentré à la tâche. Avec le gouvernement, avec tous les élus, avec nos maires sur le terrain qui jouent un rôle essentiel avec toutes les formations politiques à l'Assemblée et au Sénat, au moment où je vous parle, on a un tiers de nos sénateurs qui sont renouvelés.

Et je veux avoir aussi un mot de respect et d'amitié démocratique et républicaine à l'égard de toutes les sénatrices et sénateurs élus ou réélus et puis de tous les grands électeurs qui aujourd'hui ont accompli leurs devoirs. Et donc on est une démocratie stable qui avance. Moi je suis garant de cela. Et au fond, au milieu de tous ces changements, la France est au rendez-vous et la France sera au rendez-vous. Et que veulent nos compatriotes ? Ils veulent qu'on reprenne le contrôle de notre destin, le contrôle du pouvoir d'achat, le contrôle de nos finances. Et c'est ça ce que je veux continuer de faire. C'est ça mon travail.

33:42
Invité

Une minute. Nos compatriotes aimeraient que la vie politique soit beaucoup plus apaisée. Moi aussi. Qu'elles en finissent avec les outrances. Cette semaine encore, Femme Roussel, comparée aux collaborateurs d'Oriot. Qu'est-ce qui arrive à la classe politique et à qui profite tout cela ? Il nous reste juste quelques secondes.

33:57
Emmanuel Macron

Aux démagogues et aux extrêmes. Et donc je pense que, j'ai essayé de le montrer lors de ces rencontres de Saint-Denis, l'ensemble des responsables politiques de groupes représentés à l'Assemblée et au Sénat étaient avec moi. On a parlé 12 heures dans le respect. Moi j'appelle au respect, à l'humilité, à la concorde. Ça ne veut pas dire qu'on est d'accord sur tout. Mais dans une démocratie, si on veut justement avancer de manière efficace, permet à la France au fond de défendre son modèle et d'être au rendez-vous, on doit lutter contre tous les excès, toutes les démagogies et toutes les violences. Elles commencent en étant verbales, elles finissent dans la rue. Je suis leur ennemi.

34:32
Invité

Merci M. le Président. Merci Anne-Claire.

34:34
Présentateur

Merci beaucoup.

34:35
Invité

Merci à vous. Et merci à vous qui nous avez suivi ce soir. A très bientôt. Merci beaucoup. Sous-titrage Société Radio-Canada