RISQUE DE GÉNOCIDE : LA FRANCE ET L'EUROPE COMPLICES D’ISRAËL ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:00OuverteRéponse partielle
Bertrand, ce communiqué traduit-il une désapprobation vis-à-vis de l'arrêt de la CIJ ?
- 5:00RelanceÉludée
La France et l'Europe peuvent-elles ignorer l'arrêt de la CIJ dans leurs relations avec Israël ?
- 7:00OuverteRéponse directe
Pourquoi la suspension des financements à l'UNRWA est-elle critiquée ?
- 9:00OuverteRéponse directe
L'Europe comprend-elle la mondialisation et ses enjeux agricoles ?
- 11:00OuverteRéponse directe
Comment expliquer la montée du nationalisme en Europe ?
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
dans un monde plus que jamais troublé en proie au ravage de la violence politique et du fait accompli militaire dans un monde dont les instances de régulation sont quasiment toutes délégitimées ouvrant la voie à la raison du plus fort ou du plus susceptible de troubler la quiiétude des prétendus forts quelle peut être la partition de la France et de l'Europe en 2019 Paris et Berlin mettaient en place l'Alliance pour le multilatéralisme or qui dit multilatéralisme dit respect des instances judiciaires internationales par exemple la Cour internationale de justice la Cour pénale internationale ou la Cour de justice de l'Union européenne mais voilà que ce cadre théorique est mis à rue desépreuves avec les avancées de la plainte lancée contre l'État d'Israël pour génocide devant la Cour internationale de justice de ce sujet et d'autres notamment de la capacité de l'Union européenne à rassurer ses agriculteurs et de manière générale ses citoyens face à la mondialisation néolibérale c'est parti [Musique] c'est un arrêt rendu par la Cour internationale de justice à titre conservatoire mais c'est un arrêt dont les fait symboliqu est immense notamment parce qu'il légitime en quelque sorte les alertes sur les potentialités génocidaires de l'offensive armée israélienne en cours à Gaza depuis maintenant plusieurs mois le verdict était très attendu après la plainte déposée par l'Afrique du Sud pour génocide contre Israël ce vendredi la Cour internationale de Justice plus haute juridiction des Nations Unies a déclaré que l'État hébreu doit prévenir et punir l'incitation au génocide à Gaza et y permettre l'accès de l'aide humanitaire cependant cette juridiction basée à la haie n'a pas ordonné un cesser le feu bien entendu l'État d'Israël a rejeté cet arrêt et n'a par exemple pas pris de mesures immédiates et efficaces pour permettre la fourniture de l'aide humanitaire à la population civile de Gaza comme préconisée mais les observateurs attendaient la réaction de nombreux pays notamment de la France chantre du multilatéralisme et historiquement attaché à ce qu'on appelait sa politique arabe alors disons que la France avait déjà annoncé les couleurs avant l'arrêt de la Cour internationale de justice par la voix de Stéphane séjourné le tout nouveau ministre des Affaires étrangères nous disons fermement aux Israéliens le respect du droit s'impose à tous les frappes systématiques à Gaza doivent cesser mais les mots madame auono ont un sens les mots ont un sens et accuser l'État juif de génocide s franchir un seuil moral le 26 janvier dernier juste après l'annonce de l'arrêt de la Cour internationale de justice le qu d'orset réagissait dans un communiqué la France est profondément attachée au respect du droit international et réaffirme sa confiance et son soutien à la Cour internationale de justice la France relève que dans son ordonnance de ce jour la Cour indique des mesures conservatoires sur le fondement de l'article 41 de son statut dans l'attente d'un jugement sur sa compétenence et sur le fond dans ce cadre la Cour va prochainement informer les partis à la Convention génocide de la faculté qui leur est ouverte de présenter des observation sur l'interprétation de la convention la France envisage de se prévaloir de cette faculté et de déposer des observations sur l'interprétation qu'elle fait de la convention comme elle l'a fait dans les affaires ukraine-russie et Gambie Myanmar elle indiquera notamment l'importance qu'elle attache à ce que la Cour tienne compte de la gravité exceptionnelle du crime de génocide qui nécessite l'établissement d'une intention comme le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères a eu l'occasion de le noter les mots doivent conserver leur sens Bertrand est-ce qu'on peut dire que ce communiqué traduit une forme de désapprobation vis-à-vis de l'arrêt de la Cour internationale de justice elle traduit d'abord un embarras et je dirais que c'est un petit peu l'une des dimensions fondamentales de ce conflit auquel nous assistons depuis octobre dernier c'est-à-dire l'incapacité de la plupart des diplomaties de se situer face à un conflit et face notamment à son aspect terriblement meurtrier et terriblement destructeur hein il faut pas oublier que Gaza aujourd'hui au-delà des plus de 30000 morts c'est aussi plus de 50 % des logements qui sont détruits et donc une zone qui devient totalement inhabitable menacée par des fléaux écologiques terribl lié à toutes ces destructions face à cela euh la communauté internationale est incapable non seulement de réagir clairement a-t-on vu un autre conflit que l'on a laissé se dérouler sans réagir mais on est incapable de se situer par rapport au droit euh il y a un droit humanitaire il y a un droit international l'un et l'autre ont été violés euh l'Afrique du Sud a eu le courage de porter cette question devant la Cour internationale de Justice celle-ci a rendu un arrêt euh compliqué mais un arrêt comme tu viens de le dire qui euh mettait en euh orbite cette notion euh de euh d'atteinte génocidaire cette notion de menace génocidaire et face à cela on s'aperçoit que la plupart des diplomaties sont incapables d'assumer cette réalité juridique on ne peut pas totalement la rejeter la France dit qu'elle soutient le multilatéralisme elle en est même l'un des promoteurs mais on ne peut pas non plus totalement l'accepter donc on se trouve dans une situation absurde ambigu contradict oire où le droit devient un instrument politique manipulé au gré des choix timorés des diplomaties qu'elle soit d'ailleurs européenne nord-américaine ou même de la Russie qui est étrangement silencieuse dans cette affaire et on sait que cela est lié en partie au lien qu'il y a entre Moscou était à vive mais par exemple à Paris on semble dire que la manipulation vient plutôt de l'Afrique du Sud voire de la Cour internationale de justice qui pas une manipulation des concepts juridiques mais des concepts tout simplement notamment le concept de de génocide qui serait inadmissible d'évoquer même en terme de potentialité oui mais euh en fait aucune des diplomaties ne veut franchir le pas n'ose franchir le pas de la censure de l'État d'Israël et de ce fait on va jouer des ambiguités non le terme de génocide est un terme excessif on ne s'est pas gêner pour parler des autres génocides on ne veut pas imputer à l'État d'Israël un génocide pour plusieurs raisons d'abord pour des raisons mémorielles c'est absolument évident il y a toujours ce sentiment cette culture de la culpabilité à l'égard du peuple juif moyen en quoi on accepte non pas des Juifs n'entrons pas dans cette logique mais de l'État d'Israël n'importe quel comportement ça c'est une dimension il y a une deuxième dimension c'est que on a très tôt et c'est pas seulement du 7 octobre que cela provient présenter l'état d'Israël comme la pote avancé de la civilisation occidentale dans le monde du Sud une sorte d'entrée dans ce Sud que représente le proche orient de la civilisation occidentale donc c'est un aveu aussi d'un projet colonial quelque part quelque part ça y ressemble ça y ressemble et ça veut dire effectivement de plus en plus Israël est annexé au camp occidental et on ne veut pas condamner un acteur de ce camp auquel on s'identifie c'est toujours le problème en relation internationale de identification je suis extérieur un conflit à qui vais-je m'identifier et là il y a un refus très fort de s'identifier à la cause palestinienne pour mil et une raisons et il y a en même temps une pression très forte pour s'identifier à la cause israélienne dès lors que cette identification vient se concrétiser évidemment l'accusation de génocide devient une accusation insupportable donc on va la contourner beaucoup plus que la combattre car effectivement on aimet des réserves sur la notion de génocide mais on ne démontre pas les fondements de cette réserve et c'est ça qui est intéressant c'est que finalement on cherche plutôt à échapper au débat plutôt que d'y participer de manière active parce que là les arguments sont difficiles de d'expliquer en quoi cette opération incroyable sur Gaza et longue ça dure est long comment on laisse faire et comment on peut imaginer que non seulement c la destruction humaine mais la la destruction matérielle la destruction écologique de toute une zone ne puisse pas porter sinon un génocide du moins comme le disent les juristes sud-africains un risque génocidaire l'argument est incontournable de ce point de vue là donc on esquive le débat et c'est ce qui est en en train de se passer sachant que de toute manière une fois que cet arrêt est rendu le temps sera long le temps judiciaire et juridique sera long et on mise sur l'oubli pour effectivement masqué occulé ce qui est quand même une des crises cette crise de Gaza ce conflit Gazaoui cette destruction de Gaza c'est quand même l'un des événements les plus meurtriers que l'on a connu depuis 945 est-ce que pour revenir à cet arrêt de la Cour internationale de Justice Bertrand est-ce que la France est-ce que l'Europe peuvent l'ignorer dans les faits notamment dans leur rapport avec l'état d'Israël qui est dans les faits placés sur sous surveillance est-ce qu'il y a pas un risque justement d'être accusé de complicité si on continue la vie comme si de rien n était malgré que un tribunal spécialisé est pointé des risques que tout le monde sur parmi toutes les nations devraient prendre en compte mais alors tu mets le doigt sur ce qui est l'essentiel et qui moi personnellement m'intéresse le plus c'est la dimension subjective des choses c'est-à-dire que ce deux poids de mesure comme on dit cette cet engagement sourd mais réel du côté d'Israël il est très profondément perçu non seulement chez les Palestiniens non seulement dans l'opinion publique arabe mais d'une façon générale au sud c'est-à-dire cette espèce de mutisme de malaise ce que nous décrivions à un instant du monde occidental vient renforcer cette perception négative que le sud global à du monde occidental et ça c'est probablement l'un des dangers les plus réels qu'encourt le monde occidental à l'occasion de cette crise c'est-à-dire cette crise a amplement confirm l'engagement de l'Occident du côté d'Israël et surtout le mépris à l'égard des populations du Sud ça c'est très profondément ressenti il y a quand même dans les relations internationales aujourd'hui un fondement raciste c'est-à-dire cette manière de juger les morts sur un mode inégalitaire il y a des morts plus graves que d'autres il y a des destructions plus graves que d'autres il y a des risques et des périls écologique plus grave que d'autres et ça c'est amplement perçu et je dirais même peut-être aggravé dans les pays du Sud ce qui nous annonce des années prochaines des décennies peut-être de tension et cette incapacité finalement qui est la p ie numéro 1 des sociétés européennes cette incapacité de se situer dans le monde cette incapacité de comprendre que l'on est plus seul au monde qu'il y a un Sud qui devient majoritaire majoritaire démographiquement majoritaire économiquement majoritaire peut-être politiquement on en reparlera cette ignorance du Sud et du ressentiment qui qui qui soude ensemble les pays du Sud va en s'aggravant et en s'aggravant crée les conditions de tension à venir que je redoute personnellement c'est dans ce contexte particulier d'arrêt de la CIJ de préconisation pas très écouté que de nombreux pays ont annoncé la suspension de leur aide à l'unrwaa l'office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le proche orient un petit Magnetto pour comprendre pourquoi les déplacés Palestiniens viennent s'approvisionner en farine dans ce centre de distribution àfa ils sont plusieurs centaines à attendre leur ration ici les familles dépendent toutes de l'aide humanitaire de l'unroi les stocks se réduisent à vue d'œil et les annonces successives d'une suspension du financement de l'agence onusienne inquiète la population de l'enclave déjà meurtrie par près de 4 mois de guerre après l'annonce du licenciement de certains employés de l'unra soupçonnés d'avoir participé à l'attaque du 7 octobre perpétrée par le Hamas plusieurs pays ont décidé de suspendre leur aide financière à cette agence onusienne la France indique qu'elle se joint également au gel des fonds réuni au CER dimanche les représentants de la Ligue arabe condamne cette réduction de fonds Bertrand avec cette suspension des financements de l'UNRWA ce sont de nombreux pays qui font exactement l'inverse de ce que la Cour internationale de Justice demandait à Israël et donc de manière indirecte à tous les pays c'est-à-dire de prendre des mesures pour permettre la fourniture de l'aide humanitaire à la population civile de Gaza c'est c'est un pied de né à la CJ ça c'est un pied de né à la CJ c'est un pied né au multilatéralisme et au système onusien car parpe la France c'est bien exactement et c'est bien ce qui est dénoncé aux Nations unies par le secrétaire général gouttiè et par les responsables de luneeri comme les responsables des droits de l'homme aux nations- Unies et là on est face à une contradiction majeure parce que l'unroi c'est je dirais la seule bouée de sauvetage c'est le seul petit masque à oxygène dont dispose la population Gazaoui qui en a aujourd'hui évidemment encore plus besoin qu'hier où déjà sa situation de précarité nécessitait cette aide qui existe depuis le début du conflit israëlo-palestinien enlever au peuple Gazaoui dans l'état où il est cette dernier Bouet de sauvetage c'est l'aider à couler et c'est bien ça le problème et quand je disais tout à l'heure que l'image des vieilles puissances se trouvent à nouveau détérioré dans les pays du Sud voilà un nouveau facteur de détérioration alors en plus de ça effectivement c'est allé à l'encontre de ce qu' dit la Cour internationale de justice c'est allé à l'encontre de la résolution pourtant très pauvre et très timide du Conseil de sécurité du 22 décembre dernier qui réclamait justement une amélioration des conditions humanitaire pour Gaza et puis c'est une décision qui n'est pas juste parce que dès que la direction de luneri a été informée qu'il y avait des infiltrations ou des potentielles infiltrations du Hamas à l'intérie de lun roi elle a immédiatement réagi et c'est quand elle a réagi que on lui a tapé dessus et voilà et c'est ça l'autre paradoxe et puis il faut quand même pour nos amis qui nous suivent rappeler ce qu'est l'une roi c'est une agence onusienne qui est installée en territoire occupé là en l'occurrence à Gaza et qui recrute pour fonctionner pour assurer je dirais la quotidienneté de son action d'aide une population locale et cette population locale chacun sait sa proximité par rapport à différentes organisations palestiniennes et parmi ces organisations palestiniennes has c'est-à-dire que il n'est pas surprenant de découvrir qu'il y a des liens entre les une poignée en fait de une poignée une poignée bon et immédiatement la direction monsieur lazarinil qui est le patron de luneroi sur place à Gaza a réagi en disant qu'une enquête allait être menée et que les personnes qui aurait collaboré de près ou de loin avec le Hamas serait évidemment exclu ce qui est tout à fait normal de l'agence onusienne et à ce moment-là on nous annonce une sanction c'est-à-dire arrêter le financement de nun roi ce que Trump avait fait en son temps lorsqu'il était président des États-Unis qui avait été euh dénoncé par à peu près tout le monde en plus c'est la poursuite de la logique de la punition collective absolument absolument et à un moment et et franchement je je m'étonne qu'on ne prenne pas tous les risques encourus aujourd'hui à Gaza au sérieux c'est-à-dire des risques sanitaires des risques de liés au bombardement de destruction de mort de catastroph écologique donc dans un moment où tout le monde vous explique que à Gaza la situation devient plus qu'infernale on arrête l'aide internationale au lieu effectivement d'exiger ce qui serait totalement légitime que cette organisation soit impécable dans son recrutement et dans la mobilisation de son personnel la France a historiquement une tradition de politique arabe mais ce qu'on peut considérer comme une radicalité dans son soutien à l'État d'Israël va-t-il achever de tuer cette politique arabe et en plus on parle beaucoup du risque d'exportation du conflit israëlo-palestinien en France mais le problème à moyen terme n'est-il pas la perception tu en parlais de la valeur de la vie des vies arabes avec le potentiel explosif d'identification là aussi qui va avec alors d'abord il faut être honnête la politique arabe de la France dont on parlait beaucoup du temps du général de Gaulle et de ses successeurs elle est enterrée depuis au moins la présidence shirac shirac incarnait dans son premier mandat cette politique que arabe on se rappelle de son fameux voyage à à Jérusalem on se rappelle de la position prise au moment du déclenchement de la guerre d'Irak de l'intervention américaine en Irak en mars 2020 2003 mais après et y compris à la fin de la présidence Shirak cette politique a été complètement mise de côté comme pour se faire pardonner de ce geste d'indépendance shirac avait à l'époque rompu pu avec ses fondamentaux avait accueilli en grande pompe Ariel Charon Premier ministre israélien c'était rallé à la politique américaine au Proche Orient et puis ensuite Nicolas Sarkozi François Hollande Emmanuel Macron ont poursuivi cette logique donc elle est entérée elle n'est plus crédible la France n'est plus crédible au MoyenOrient et ça depuis déjà une vingtaine d'années ce qui est effectivement un échec de la diplomatie française mais je dirais qu'il y a plus dans cette affaire c'est que je je ne parlerai pas d'exportation du conflit israëlou palestinien en France je parlerai d'identification à la cause palestinienne ou à la cause israélienne et effectivement on voit une contradiction la cause palestinienne attire de plus en plus d'empathie au sein de la population française c'est-à-dire que de plus en plus la population l'opinion publique se trouve a été profondément heurté brisé par les attaques meurtrières du 7 octobre mais a ensuite été extrêmement marqué par la violence de la répression et de la punition collective infligée par Israël à Gaza et donc cette opinion publique française comme européenne comme occidentale nord-américaine également évolue de plus en plus en s'identifiant à cette cause palestinienne alors que du côté gouvernemental on ne voit pas de d'expression clair et il en reste au contraire le sentiment que le gouvernement la politique la diplomatie française sont de plus en plus attachés à la défense à tout prix du gouvernement israélien et de l'État d'Israël ce qui est effectivement un échec dans la CAP ité de la France et la diplomatie française de peser dans les pays du Sud et tout ceci se ramène à quelque chose qui est extrêmement important c'est la manière dont de plus en plus on marginalise ce conflit dans les médias en France je regardais le journal télévisé de 20h sur France 2 hier alors que il se passe des choses terribles à ranunes pas un mot pas une phrase sur le conflit Gazaoui pas une phrase dans le journal de 20H d'hier soir c'est-à-dire de jeudi 1er février en revanche deux longs reportages sur la réparation des téléphones portables et sur les flamants roses mais pas un mot sur Gaza ce qui en dit long parce que l'opinion publique est tenue hors de ce débat et ce débat semble limité à une classe politique elle-même restreinte d'ailleurs il n'y a pas une participation égale et unanime de toute la classe politique à ce débat et il en ressort ce dont on parlait il y a un instant c'estd cette volonté de ne pas contredire cette politique israélienne telle qu'elle est menée par le gouvernement natanahou ce qui est une forme de blancin donné à un état pourquoi ça s'interromprait-il dès lors qu'il perçoit que partout dans le monde en tous les cas dans le monde du Nord on laisse faire j'aimerais qu'on évoque maintenant un sujet l'Europe cette année il y aura des élections européennes et les agriculteurs de nombreux pays dont la France font entendre un malaise qu'il est difficile de dissocié de l'Europe de l'Union européenne et de sa politique agricole commune ainsi que des traités de libre échange dans lesquels elle s'enrôle ou pas d'ailleurs Bertrand tu vois plutôt généralement la mondialisation dans son côté le vert à moitié plein mais là on a l'impression que l' européenne telle qu'elle est conçue est un catalyseur du sentiment d'insécurité économique je crois que l'Europe comme la France mais bon la France fait partie de l'Europe l'Europe n'a toujours pas compris ce quiétait la mondialisation et c'est normal d'un certain point de vue l'Europe a inventé le premier système international qui est le système international officielle d'aujourd'hui et donc l'Europe continue à vivre dans le système international comme si on était au 19e siècle ou avant ou même je dirais dans la première moitié du 20e siècle c'est-à-dire comme si on était seul au monde et de ce fait on n'arrive pas à comprendre ces crises nouvelles qui se développent notamment dans le monde agricole mais pas seulement dans le monde agricole on pourrait parler de la migration le thème est voisin un certain point de vue c'estàd ne pas comprendre que il faut totalement repenser nos sociétés nos économie notre politique parce que désormais nous vivons avec le monde nous vivons dans le monde alors qu'autrefois on vivait sur le monde en quelque sorte et euh si on prend maintenant la question agricole bien entendu euh les agriculteurs sont légitimement scandalisés de constater qu'on importe des produits qui ne correspondent pas aux normes écologiques qu'on impose à ces mêmes agriculteurs français et on comprend fort bien cette révolte et cette incompréhension mais il faut savoir qu'il y a deux choses qui se cachent derrière cela et deux choses dont il faudra bien débattre un jour de manière claire première chose c'est que les pays du Sud font valoir qu'ils ont beaucoup plus de mal à respecter les normes nouvelles euh que les pays qui qui sont installés depuis un bon bout de temps dans une situation de développement économique et également d'innovation sur le plan technologique et donc effectivement la pression des pays du Sud c'est de dire mais soyez plus accommodant avec nous car nous avons plus de difficultés à respecter ces normes comme vous lorsque vous assuriez votre développement économique au 19e siècle ben vous étiez totalement affranch du respect de ces normes ça c'est un vrai problème et même s'il faut garder cette pression pour normer le monde en matière écologique il faut bien admettre cette remarque mais de toute façon et c'est mon deuxème point mais de toute façon nous ne sommes plus dans le monde d'hier c'estàd que de toute façon il faudra désormais compter avec les autres agricultures comme il faudra compter avec les autres industries mais là en fait c'est plutôt l'agriculture pas des pays du Sud mais d'autres pays euh suivant le chemin des pays du Nord peut-être plus rapidement des pays du Nouveau Monde on va dire qui euh le Brésil la Nouvelle-Zélande qui ont disons des exploitations plus grandes des technologies peut-être plus radicales des cultures des traditions culturales moins paysanes qui font la concurrence aux agricult européen oui Nouvelle-Zélande et et et Brésil je mettrai pas dans la même catégorie hein Nouvelle-Zélande appartient au nord h euh avec effectivement un contexte géographique différent ça aussi c'est un paramètre dont il faut tenir le Brésil appartient au sud euh et mais l'agriculteur brésilien il est plus riche que l'agriculteur français de base il pourrait il peut des fois euh oui ça dépend ça dépend de quelle agriculture où elle se situe mais ce que je veux dire c'est que euh de toute manière euh l'agriculteur français est amené à se situer non plus seulement dans un contexte européen comme ça a été le cas pendant très longtemps mais dans un contexte mondial et ce contexte mondial il révise automatiquement nécessairement toutes les catégories et ce qui m'étonne c'est qu'on réponde à cela de manière assez démagogique on va rétablir la souveraineté on parle notamment depuis hier beaucoup de souveraineté alimentaire mais attendez on sait très bien que rien de ce qui contribue à notre alimentation ne dépend exclusivement d'une production française tant du point de vue des produits eux-mêmes que du point de vue des instruments destinés à assurer cette production notamment les engrais chimiques et et quantité d'autres éléments donc la l'adaptation qu'il faut réaliser c'est de s'adapter à un contexte qui n'est plus un contexte régional mais qui est un contexte mondial ce contexte mondial il y a des organisation pour le réguler bien entendu je pense notamment à l'OMC qui fonctionne de manière qui est loin d'être satisfaisante mais mais aussi la FAO par exemple qui est pour l'agriculture paysane et non pas pour le développement des échanges sur des dizaines de milliers de kilomètres sur des produits agricoles mais bien entendu de toute façon l'agriculture de proximité est un Bien absolu pour tout le monde c'est-à-dire pour les pays du Nord qui effectivement permettent ainsi à leur population rurale de vivre et qui diminue les coûts que représente le transport de produits qui viennent de loin comme pour les pays du Sud où on a démelé la le se la fameuse souveraineté alimentaire a été perdue depuis par le SU mais oui et et et surtout l'une des bases de la crise sociale qui affecte les pays du Sud c'est la disparition de leur paysannerie traditionnelle et donc le remplacement par une paysannerie industrielle par une agriculture pardon industrielle qui vient complètement saperer les bases de cette payisannerie locale mais euh même si l'on admet cela euh on ne peut pas entrer dans une logique de totale souveraineté alimentaire on peut imaginer justement un multilatéralisme alimentaire parce que on on peut penser que la comment dire la l'agriculture paysane obtiendrait les faveurs des peuples du Nord et du Sud ça pourrait être l'objet d'un consensus justement euh la le rapprochement de des aliments et des alimentés si on peut dire oui mais euh tout ceci est vrai mais ne peut en aucun cas faire disparaître deux paramètres qu'il faut avoir en tête d'abord le référent comme je disais tout à l'heure n'est plus régional mais il est mondial c'est-à-dire que au 19e siècle au début du 20e siècle l'agriculture française n'avait pas à se préoccuper de ce qui se faisait en Afrique ou en Asie ou même en Amérique latine aujourd'hui de toute façon on n'échappera plus à ce décor à ce contexte mondialisé ça c'est un premier élément et le deuxième élément c'est que les choses étant ce qu'elles sont on ne parviendra plus jamais à la totale souveraineté alimentaire et d'ailleurs à tel point que ceux qui parlent de souveraineté alimentaire de manière autorisée le font avec beaucoup de prudence souveraineté alimentaire telle qu'elle est définie par la FAO ce n'est pas l'autarciie alimentaire c'est le droit des peuples de consommer conformément à leurs traditions et à leurs besoins ce qui est déjà une une notion bien différente penser que l'on peut réaliser une souveraineté alimentaire sous forme d'une autarciie ça c'est quelque chose qui est complètement dépassé par le contexte actuel j'aimerais qu'on regarde avant de poursuivre et de clore cette discussion un petit Magnetto il faut vaincre ces préjugés ce que je vous demande là est presque impossible car il faut vaincre notre histoire et pourtant si on ne la vain pas il faut savoir qu'une règle s'imposera Mesdames et Messieurs le nationalisme c'est la guerre le nationalisme c'est la guerre disait François mitteran et la construction européenne c'était censé être l'antidote contre le nationalisme mais c'est dans ce cadre que les partis d'extrême droite progressent un peu partout et qu'une nouvelle forme de nationalisme surgit cert n'est plus le français contre l'Allemand mais une forme de nationalisme européen béliqueux et disons les mots racistes comment expliquer cette évolution du fameux projet européen quand on voit que la FD en Allemagne fait des bons incroyable le RN et cetera partout ça monte le nationalisme dans sa version 3e millénaire 21e siècle d'abord n'a plus rien à voir avec le nationalisme dans sa version 19e siècle au 19e siècle et au 20e siècle notamment pour le pays du Sud le nationalisme était synonyme d'émancipation aujourd'hui lui le nationalisme est devenu synonyme de repli et ce repli est animé par un sentiment qui a toujours jouer un rôle essentiel dans les relations internationales qui est la peur le nationalisme c'est le porte voie de la peur de la peur de quoi de la peur du changement parce que effectivement les changements sont peut-être trop rapides oui enfin le changement il est ce qu'il est c'est pas le changement qui est trop rapide c'est au contraire la perception du changement qui est trop lente et ce cette pathologie grave qui nous affecte vient du fait qu'un certain nombre d'entrepreneurs politiques vendent la peur renforce la peur cultive la peur pour pouvoir en faire une marchandise électorale et effectivement que ce soit la peur de l'extérieur la peur de la mondialisation la peur de l'immigration la peur de l'étranger la peur de l'autre cette espèce d'altérophobie qui devient effectivement le langage de tous ceux qui se sentent déstabilisés par ce ch il on ils ont quand même des raisons Bertrand on va te dire ben toi tu es un universitaire parisien finalement l'altérophobie tu n as enfin tu n'as rien à perdre l'altérité puisque tu évolues d'un monde qui est une sorte de monde précurseur la mondialisation que tu as enseigné dans un un institut d'étud politique qui est mondialisée et cetera et que par exemple l'agriculteur du Cantal bah en fait lui il est déjà d'un monde où au quotidien il appréhende moins cette altérité et les richesses qu'elle peut produire mais aussi il ne voit que les aspects négatifs entre guillemets de du rétrécissement du monde mais Théophile lorsque cet agriculteur du Cantal ou de la loosè ou je ne sais quoi entend à longueur de journée des discours qui lui expliquent que si il est malheureux économiquement que s'il est en situation d'insécurité que si sa belle-mère se fait arracher son sac dans la rue que si il ne peut pas vendre ses produits tout ça c'est la faute de l'étranger comment va-t-il à la longue réagir et bien en adhérant à des formules de repli à des formules nationalistes mais sans se rendre compte que le remède est pire que le mal ou que le remède va aggraver le mal parce que dans un monde globalisé plus on choisit la stratégie du repli plus on perd et plus on perd plus on se sent marginalisé exclus malheureux donc au contraire c'est cet esprit d'ouverture et de disponibilité qui permet de s'adapter à ce monde nouveau la grande difficulté elle vient du fait qu'en réalité les grandes idéologies ont disparu qu'au lieu de se structurer autour d'une analyse lucide du monde les comportements sont de plus en plus forgés sur l'affect sur l'émotion sur la réaction instinctive que des entrepreneurs politiques viennent cultiver mais quand ces entrepreneurs politiques sont au pouvoir euh qu'est-ce qu'ils font bah la plupart du temps ils abandonnent leur postulat d'hier c'est ce qu'on a vu d'ailleurs en Italie mais qu'on voit aussi ailleurs et on se retrouve dans la même situation qu'auparavant donc ce qui manque à nos sociétés ce qui manque à nos démocraties c'est justement euh d'ouvrir ce débat sur ce nouveau monde de l'accepter de s'y adapter d'en tirer profit l'immigration c'est la même chose si on a une vision positive de l'immigration on gagne énormément on gagne d'abord de nouvelles solidarités de nouvelles fraternité mais on gagne économiquement parce qu'on a besoin justement de ce 109 pour faire fonctionner nos sociétés merci Bertrand Badi merci à vous d'avoir regardé cette émission le monde n'a pas de s merci de rester fidèle aux médias et si vous le pouvez de participer au financement du média en allant sur leeméiatv.fr/ soutien restez connecté aux médiia [Musique]