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interviewJordan Bardella· 12 novembre 2024 31 min

Retrouvez le discours de Jordan Bardella lors du meeting de Tonneins !

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Jordan Bardella

Mes chers amis, il fait très chaud par contre. J'en ai à peu près pour une heure et demie, mais je vais essayer de faire vite. Merci à tous de votre présence, mes chers amis, ici à Tonins, où nous nous sommes donnés rendez-vous pour parler de la France. Merci à toi, ma chère Hélène, de nous recevoir chez toi, dans cette terre du Lot-et-Garonne qui, par deux reprises, t'a propulsé sur les bancs de l'Assemblée nationale. J'y vois la reconnaissance de ton talent, de ton courage et de ton travail pour défendre nos concitoyens de manière acharnée.

Merci à toi, ma chère Edwige Diaz, de m'accueillir ici, en Nouvelle-Aquitaine, où tu as porté nos espoirs avec talent lors des dernières élections régionales, dans cette terre porteuse d'espoir qui a offert, en 2024, dix parlementaires au combat national. Merci enfin à vous, mes chers amis, d'avoir, malgré la chaleur, accepté cette invitation. Et j'aimerais vous dire ma fierté, ma joie et ma reconnaissance d'être aujourd'hui une nouvelle fois à vos côtés. Je salue également Sébastien Chenu, vice-président, l'ensemble de nos députés. Je ne vais pas commencer à les citer parce que dès que vous en oubliez un, c'est le meilleur moyen pour vous faire des ennemis.

Donc, salutations à vous tous, le premier rang, et je m'arrêterai là. Avant de démarrer, mes amis, je me dois de vous faire part de cette remarque préalable, puisque nous avons rencontré quelques légers problèmes pour l'organisation de ce meeting. Ce problème s'appelle le sectarisme de gauche. Nous avions initialement prévu de nous retrouver à quelques kilomètres d'ici, à Marmande. Gardez de la voix parce que, vous l'avez vu, le maire socialiste en a décidé autrement, puisqu'il a fièrement annoncé qu'il refusait de nous accorder une salle pour nous réunir en violation de toutes les règles républicaines communément admises.

Pour cette gauche portée à l'Assemblée nationale par les forces du nouveau Front populaire, la liberté d'expression et la démocratie existent, tant que vous êtes d'accord avec eux. Cette gauche déteste la démocratie, elle déteste l'état de droit et la pluralité des opinions, mais elle déteste aussi la chape de plomb, elle impose, pardonnez-moi, une chape de plomb sur notre société chaque jour davantage, qui nuit au bon fonctionnement du débat public. Parce que nous ne voulons rien laisser passer, nous avons décidé de porter plainte. Et nous obtiendrons évidemment gain de cause.

En faisant respecter nos droits, mes amis, non seulement nous défendons la liberté d'expression de chaque Française et de chaque Français, mais j'irai plus loin, nous défendons aussi une haute conception de la République française, qui suppose le respect du pluralisme, le respect de toutes les opinions, le respect de chaque Française et de chaque Français, quel que soit son vote. Il y a ceux qui parlent de la République, de ses valeurs, et qui se comportent à l'exact inverse. C'est la gauche, avec son hypocrisie habituelle, son intolérance.

Et il y a ceux qui font réellement respecter au quotidien ses valeurs républicaines et la liberté d'expression dans notre pays, et il s'appelle le Rassemblement National. Mais au fond, mes amis, que l'on soit à Marmande ou à Tonin, ce qui compte, c'est d'être tous ici rassemblés. Alors une nouvelle fois, merci d'être là. Parlons désormais, mes amis, un peu de fond. Vous le savez, au moment même où nous nous parlons, le débat budgétaire est en cours à l'Assemblée nationale. Il n'est plus que vital pour votre quotidien et pour l'avenir du pays dans un contexte que tout le monde aura compris, périlleux pour la nation.

Notre pays cumule plus de 3 000 milliards d'euros de dettes, un déficit jamais vu en temps de paix. Je me souviens, il n'y a pas si longtemps, vous vous en souvenez, pendant la campagne des élections législatives, tous les experts nous réétonnaient parce que nous voulions organiser un audit des finances publiques pour permettre à chaque Française et à chaque Français d'y voir clair dans les comptes de la nation. Ma réflexion était simple. Chaque contribuable a le droit de savoir ce que l'on fait de son argent. On ne va pas refaire le film, mais vous vous en souvenez, on me disait que c'était inutile, sans intérêt, que toutes les données étaient connues des Français.

Qu'a fait Michel Barnier en arrivant à Matignon et en découvrant l'ampleur de la catastrophe, exiger un audit des comptes de l'État ? A la vérité, les macronistes, messieurs, Lemaire, Attal et Macron en tête, ont menti sur la gestion des finances de l'État et tout le monde le voit bien aujourd'hui. Ils ont menti sur la réalité du déficit, menti sur la manière dont ils ont dépensé l'argent des contribuables français. Pendant sept ans, c'est le mensonge qui a gouverné la France et qui a plongé notre pays dans une situation difficile, parmi les plus difficiles de son histoire récente.

Quant à Michel Barnier et son équipe, je ne les crois pas capables de rompre avec ses pratiques et avec les orientations du macronisme. Ce gouvernement, nous l'avons dit, n'est pas un gouvernement de rupture. C'est un gouvernement de recyclage et de continuité. Le débat budgétaire que nous sommes en train de traverser l'a clairement mis en lumière. Ce débat a permis de voir qui était du côté des contribuables et des travailleurs français et qui ne l'étaient pas. Ce débat a permis de voir qui est pour l'accumulation sans fin d'impôts et de taxes et qui défend la baisse des dépenses publiques.

Le Rassemblement national, sous la présidence de Marine Le Pen à l'Assemblée nationale, n'aura pas cessé tout au long du débat budgétaire de défendre les familles françaises, nos compatriotes qui ne comptent que sur leurs efforts pour s'en sortir et qui ne sont plus suffisamment rémunérés pour leur travail et leurs efforts. Face au sadisme fiscal de la gauche, nous avons défendu la baisse des dépenses publiques et une gestion assainie de l'État. Alors les députés de gauche prétendent que leur proposition vise à cibler les ultra-riches.

Mais ce qu'ils ne vous disent pas, mes amis, c'est que leur furie fiscale menace de s'abattre sur tout un chacun, sur les locataires avec le retour de la taxe d'habitation qu'ils appellent de leur vœu, sur les petites et moyennes entreprises avec l'alourdissement des impôts de production, sur les familles françaises avec l'augmentation de la TVA sur les chaudières à gaz ou encore l'alourdissement des taxes sur l'eau en bouteille, voilà pour eux les ultra-riches. Quand vous irez tout à l'heure ou demain matin au Leclerc ou à l'Inter acheter votre pack d'eau, pensez-y, vous êtes désormais un ultra-rich aux yeux de la gauche et vous êtes redevable d'une taxe.

Face à cette gauche, mes amis, qui a perdu toute raison, il y a aussi de l'autre côté de l'hémicycle l'injustice fiscale du gouvernement qui souhaite taxer encore davantage l'électricité, alourdir le travail, ce qui serait pour nous, et je le dis solennellement, une ligne rouge infranchissable. Tout au long de la discussion parlementaire, nous avons défendu au contraire la baisse des taxes sur les produits alimentaires ou sur l'électricité pour rendre du pouvoir d'achat à nos compatriotes le tout financé par des économies dans les mauvaises dépenses de l'État. Le budget de la nation, je le dis, c'est d'abord un cap, une cohérence et une vision. Notre vision à nous, mes amis, est claire.

Rendre les fruits de leur travail aux Français. Nous sommes les seuls à évoquer ce qu'ils ont tous oublié, la France du travail, c'est-à-dire le fait de permettre aux Français qui bossent de vivre décemment, non pas d'aide publique, mais simplement de leurs efforts et de leur travail. Nous sommes les seuls, mes amis, à parler de la croissance et du soutien à l'activité économique. Nous sommes les seuls à dire que la France doit retrouver un prix français de l'électricité conforme au prix de production et à notre avantage comparatif permis par la filière nucléaire. Il faut oser rompre avec les règles européennes qui privent les familles et les entreprises de cet avantage historique.

Nous avons aussi entendu l'avertissement de l'entreprise Michelin qui s'apprête à licencier 1 254 personnes en France. Que dit Michelin ? La France et l'Europe souffrent de prix de l'énergie trop cher, de la concurrence déloyale chinoise, de la réglementation excessive, que de temps perdu. Si l'on veut éviter une saignée industrielle, si l'on veut rester une terre de production, il faut prendre des décisions fortes, en rupture avec les orientations imposées par Bruxelles. Il faut oser protéger nos entreprises face à la prédation étrangère, reprendre le contrôle de notre politique énergétique, baisser les impôts de production qui frappent les petites et moyennes entreprises.

Nos dirigeants ont oublié à quel point la France avait des atouts et des talents, et on ne peut pas continuer à les gâcher, à regarder les autres grandes puissances économiques s'enrichir ou défendre leurs intérêts d'abord, comme le fera Donald Trump aux Etats-Unis. Nous sommes, mes amis, et nous avons été dans ce débat budgétaire les seuls à pointer du doigt les gaspillages de votre argent, les gaspillages d'argent public et les tabous auxquels personne ne souhaite s'attaquer. Ces tabous et ces gaspillages, nous les connaissons. Le premier, bien sûr, c'est celui de l'immigration de guichet social, qui coûte un minima 10 milliards d'euros par an à notre pays.

Notre pays est devenu un distributeur d'aide pour la planète entière, l'hôpital où tout le monde souhaite venir se faire soigner, y compris se faire recoller les oreilles aux frais de la princesse. Alors, avec beaucoup de bon sens, et alors que notre situation budgétaire est fortement dégradée, il faut s'attaquer à cette mauvaise dépense de l'Etat et couper les pompes aspirantes de l'immigration. Depuis toujours, nous proposons de supprimer l'aide médicale d'Etat, qui offre la gratuité des soins aux étrangers en situation irrégulière.

C'était jusqu'à présent une question de justice, car il est insensé de mieux traiter des migrants en situation irrégulière, c'est-à-dire ceux qui se maintiennent en violation de nos lois sur notre sol, plutôt que nos propres compatriotes. Quand un retraité sur trois renonce à se soigner, un retraité sur trois qui renonce à se soigner, car le reste à charge est trop important, quand on annonce de nouveaux déremboursements de médicaments, il est inacceptable d'offrir la gratuité des soins à des étrangers en situation irrégulière qui se maintiennent contre la volonté du peuple français. C'était une question, je le disais, de justice. Avec le temps, c'est devenu une question budgétaire.

Le coût de ce dispositif dépasse désormais largement le milliard d'euros, et je le dis, nous n'avons plus les moyens de cette générosité qui s'effectue toujours avec l'argent de la France du travail. Depuis toujours, nous demandons aussi que les allocations familiales financent uniquement la natalité française et qu'elles soient par définition réservées aux familles de nationalité française. C'est une question de justice, c'était une question de justice, et c'est désormais aussi une question budgétaire. Elle protège cette politique de fermeté migratoire que nous entendons mettre en œuvre, elle protège l'identité de la France.

Mais elle permet aussi de rendre notre système social moins généreux pour l'immigration, et donc de réaliser des économies substantielles. Elle permet, cette politique de fermeté migratoire, de préserver l'équilibre de nos comptes publics, sans demander plus d'efforts à nos concitoyens. La politique de fermeté migratoire que nous prenons permettrait aussi, sur un tout autre volet, de lutter contre la barbarie quotidienne qui s'abat sur la France. Je ne peux m'exprimer devant vous, ici, aujourd'hui, sans évoquer l'actualité sécuritaire des dernières semaines et des derniers mois, puisque celle-ci nous préoccupe tous.

Pas un jour ne passe sans une agression gratuite, sans une fusillade, sans un braquage. Les noms des villes que l'on croyait préserver sont désormais intimement liés au trafic de drogue. Rennes, Poitiers, Clermont-Ferrand, dans la Drôme, tout récemment, l'histoire du jeune Nicolas a bouleversé la France. Nicolas Rugbyman, de 22 ans, faisait la queue pour rentrer en boîte de nuit. Il a été la victime d'une fusillade qui visait l'établissement et dans le cadre d'un règlement de compte. Il n'avait rien à voir avec cette affaire. Il était juste là, au mauvais endroit, au mauvais moment.

Nicolas faisait partie, vous le savez, du même club de rugby dans la Drôme, que le jeune Thomas, ce rugbyman décédé à Crépole, il y a quelques mois, dans des circonstances tragiques. Voici le dernier SMS que Nicolas a adressé à sa mère. Je sors ce soir, ne ferme pas la porte, à demain, je t'aime, bisous maman. Je refuse que la jeunesse de France soit fauchée dans ses plus belles années. Je refuse que des mères de famille voient partir leurs enfants le soir et ne le voient pas revenir le lendemain. J'entends le ministre de l'Intérieur faire des constats qui bien souvent se rapprochent des nôtres. Cette lucidité est nécessaire, mais elle est bien tardive.

Je dis au ministre de l'Intérieur que le temps n'est plus au constat. Constat que les Français font depuis tant et tant d'années. Le temps est aux actes forts. Depuis les émeutes qui ont secoué la France à l'été 2023, le sentiment d'impunité s'est décuplé. La réponse pénale n'a pas été à la hauteur. L'immigration a continué à déferler sans contrôle. Notre pays, mes amis, n'a plus le temps de faire des bons mots à la télévision en surjouant la fermeté verbale. Il faut désormais agir, agir et agir. Malheureusement, et en dépit de la lucidité du ministre de l'Intérieur, je ne crois pas à ce gouvernement capable d'agir. Et laissez-moi vous donner quelques exemples tristes, récents.

À l'Assemblée nationale, lorsque notre groupe a récemment proposé de rétablir des peines planchées pour rompre avec le laxisme judiciaire. Lorsqu'il a, sous la coordination d'Edwige, proposé l'expulsion systématique des délinquants et criminels étrangers, ils ont tous voté contre. Du nouveau front populaire jusqu'au macroniste, ils nous ont tous expliqué que c'était contraire aux valeurs humanistes. Que la France était une terre d'accueil et qu'elle devait le rester de façon presque caricaturale. Depuis quand la France, mes amis, doit-elle être une terre d'accueil pour les délinquants et les criminels étrangers ?

Depuis quand la France doit-elle être la terre d'accueil de ceux qui la haïssent, qui agressent son peuple et qui violent notre loi et notre hospitalité ? Quel genre de prétendu humanisme tolère que des innocents soient la victime de prédateurs qui n'ont rien à faire sur notre sol ? En refusant les propositions de bon sens du Rassemblement national, pour rétablir l'ordre, nos adversaires, le parti unique, tous ont prouvé une seule chose, le vote Rassemblement national est le seul et unique vote pour reprendre le contrôle de la politique d'immigration, le seul vote pour lutter contre l'insécurité, le seul vote pour en finir avec le laxisme de la justice. Merci de cet aveu.

Enfin, mes amis, ici, dans le Lot-et-Garonne, je suis obligé d'évoquer une autre grande urgence, une urgence tout aussi profonde. Il y a quelques mois, lors des... Vous aviez mon discours avant ? Il y a quelques mois, lors des élections européennes, nous avons été les premiers à évoquer cette colère qui couvait dans notre ruralité. Votre département, mes amis, a été l'un des foyers de la crise agricole. C'est ici, depuis le Lot-et-Garonne et les départements voisins, que la mobilisation a été lancée il y a maintenant plusieurs mois. Tous nos compatriotes ont vu ces cortèges de tracteurs. Tous nos compatriotes ont vu avec empathie et émotion ces agriculteurs en colère.

Tous nos compatriotes ont entendu les promesses du gouvernement de Gabriel Attal face à la mobilisation. Nous voici quelques mois plus tard et rien n'a changé pour les agriculteurs. Tout d'abord, mes amis, je voudrais rendre un hommage appuyé à ces femmes et à ces hommes qui travaillent sans compter pour nourrir notre pays, qui ont façonné nos territoires, qui ont œuvré à la grandeur agricole de la nation française. Rien, strictement rien, n'a été fait pour enrayer la détresse de nos agriculteurs. Nous étions la deuxième puissance exportatrice mondiale il y a encore quelques années et nous ne sommes plus que la sixième. La France était autosuffisante.

Notre production pouvait nourrir tous les Français et ses excédents pouvaient nourrir le monde. Désormais, des filières entières sont fragiles, fragilisées, et nous dépendons de l'extérieur pour de nombreux produits, à commencer par nos fruits et légumes. Malgré la crise agricole et la mobilisation paysanne en début de cette année 2024, nos agriculteurs subissent toujours la même concurrence déloyale, la même avalanche de normes absurdes. Ils subissent les mêmes pressions sur les prix pratiqués par les géants de l'industrie et par la grande distribution.

Sous la pression du Rassemblement national, et nous devons nous en féliciter, le gouvernement a certes renoncé à sa propre taxe sur le gasoil non routier, mais qu'a-t-il fait d'autre pour protéger nos agriculteurs et redresser l'agriculture ? Ce qui se profile à l'horizon, mes amis, dans quelques jours, si nous n'agissons pas, et pire encore, avec l'une des plus grandes menaces qui n'est jamais pesée sur l'agriculture française. Je veux bien sûr parler de la signature de cet accord de libre-échange avec le Mercosur, que nous combattons chaque jour au Parlement européen. Le Mercosur est une zone commerciale qui inclut le Brésil, l'Argentine, le Paraguay et l'Uruguay.

L'Union européenne s'apprête à conclure dans quelques jours un accord de libre-échange avec cette zone commerciale. Concrètement, si cet accord aboutit, il permettra l'importation sur notre sol de plusieurs centaines de milliers de tonnes de sucre, de volaille, d'éthanol, de viande bovine, de maïs, tous issus d'une agriculture qui utilise des produits beaucoup moins sains que les nôtres, des normes beaucoup moins exigeantes que les nôtres et qui payent une main-d'oeuvre beaucoup moins que nous ne la payons.

Les conséquences, tous les Français l'ont compris, seraient dramatiques pour l'emploi, pour la santé des consommateurs, pour l'indépendance alimentaire de la France, tout autant que pour l'écologie. Je vous le dis avec beaucoup de gravité, mais aussi avec un sentiment d'urgence, le pronostic vital de l'agriculture française est engagé. En quelques secondes, avec une simple signature, des commissaires non-élus à Bruxelles, dans les couloirs de la Commission et du Parlement européen totalement méconnus du grand public, peuvent décider de la vie ou de la mort de milliers d'agriculteurs en France et en Europe. Alors, nous le disons très simplement, la France n'a pas le droit de laisser faire.

Face au danger de cet accord de libre-échange, le seul devoir du gouvernement français, la seule mission du président de la République est de défendre nos intérêts et de savoir dire non, comme le fit le général de Gaulle avec la chaise vide de 1965 à 1966. A l'époque, il s'agissait déjà de protéger l'agriculture française face à des décisions absurdes venues de l'Union européenne de l'époque. C'est avec cet état d'esprit, cette grandeur et cette puissance, cette conscience de ses propres intérêts que la France doit renouer.

Nous sommes le deuxième contributeur net au budget de l'Union européenne grâce à vos impôts, la deuxième puissance économique du continent grâce au travail de millions de nos compatriotes. Nous sommes encore et toujours un grand pays capable de se faire respecter à Bruxelles et sur la scène européenne. Je le dis là encore très simplement au Premier ministre. La France ne doit pas négocier. La France ne doit pas discuter. La France doit refuser l'application de cet accord de libre-échange et défendre l'intérêt de l'agriculture française d'abord. L'agriculture, mes amis, n'est pas une marchandise comme une autre.

Une agriculture forte est la garantie de notre indépendance, de notre souveraineté alimentaire, de notre grandeur, de la santé des consommateurs et des équilibres écologiques du pays. Dans une lettre ouverte que j'ai adressée au Premier ministre avant-hier, je le conjure d'agir en lui rappelant ses propositions de bon sens pour les agriculteurs français confrontés à l'urgence.

La simplification des normes, la protection face à la concurrence internationale déloyale, la garantie de prix garantie face à la grande distribution, le refus de tout nouvel accord de libre-échange, le patriotisme économique avec une grande loi « Mangeons français » dans nos cantines pour donner un avantage clair à nos agriculteurs dans les cantines et dans la restauration collective. Toutes ces propositions de bon sens sont sur la table et peuvent être engagées et votées dès demain à l'Assemblée nationale avec le soutien de notre groupe si le gouvernement choisit de les mettre en œuvre.

Un agriculteur que j'ai rencontré ce matin et qui je crois être parmi nous m'a confié que je repartirais du Lot-et-Garonne n'avait quelques centimètres en moins. Écrasé par le poids de la confiance et de l'espoir que nous accordent tant et tant d'agriculteurs, nous mesurons la gravité de cette charge et de ce combat. Je lance un avertissement solennel à ce gouvernement. Ne laissez pas mourir nos agriculteurs car si nos agriculteurs meurent, c'est la ruralité qui s'en va et c'est définitivement une part de notre pays qui s'éteindra. Mes amis, le sujet de l'agriculture nous pose une question fondamentale, existentielle. Quand la France va-t-elle enfin se soucier d'elle-même et de son peuple ?

Quand va-t-elle enfin défendre bec et ongle ses intérêts d'abord ? Une nation, ce sont des frontières, une identité, une agriculture, une économie forte. C'est aussi une souveraineté, c'est-à-dire la capacité à choisir nous-mêmes et pour nous-mêmes notre destin. Cette souveraineté, ses frontières, cette identité, cette prospérité agricole et économique, c'est tout cela que nous avons, nous, patriotes, le devoir de reconquérir. Avant de conclure, mes amis, je voudrais vous parler d'un ultime sujet qui me tient lui aussi particulièrement à cœur. il s'agit, une fois n'est pas coutume d'une sortie littéraire. Hier 9 novembre, mon livre est sorti. Ah oui.

Faites attention que le patron de la SNCF se cache pas dans le coin parce que... C'est le livre, mes amis, que les syndicats d'extrême-gauche ne veulent pas que vous lisiez. C'est le livre qu'ils ont voulu censurer et qu'ils sont parvenus partiellement à censurer ceux qui ont dit très long sur la lâcheté généralisée qui règne en France et sur les atteintes à la liberté d'expression. Sans prendre à la liberté d'expression, chercher à censurer des livres au motif qu'ils ne vous plaisent pas, ce n'est pas uniquement une attaque contre la démocratie. C'est une atteinte à l'esprit français. Alors, honte.

Honte à ces censeurs qui ne supportent aucun point de vue différent du leur et qui aimeraient réduire au silence, au fond, des millions et des millions de patriotes français. Ce livre, mes très chers amis, c'est l'aboutissement d'un long travail. Ce livre, je l'ai voulu comme un tête-à-tête et un échange direct avec vous et avec les Français. J'évoque le parcours d'un Français ordinaire qui a décidé de s'engager très tôt en politique pour défendre son pays. Je suis convaincu que des millions de Français se reconnaîtront dans ce parcours comparable à celui de milliers et de milliers de familles françaises. Dans ce livre, j'évoque aussi les grands défis qui seront ceux du XXIe siècle.

J'évoque ce que nous sommes et ce que nous voulons rester comme peuple français et comme nation dans le temps qui vient. Avec ce livre, j'ai aussi voulu que vous soyez avec moi, à côté, dans le cockpit de la vie politique française. J'ai la certitude, mes amis, au-delà de ce livre que nous allons écrire ensemble, les pages d'un plus grand livre, celui du roman national. Cette année, vous le savez, n'a pas été simple. C'est une année de campagne et l'année qui vient ne sera pas facile non plus. Il va falloir se serrer les coudes face à nos adversaires et rester solidaires.

Malheureusement, je crois profondément qu'il en aura été autrement si avec Marine Le Pen nous avions remporté les élections législatives. Mais nous n'allons pas être vitam aeternam refaire l'histoire ou réécrire le passé. Nous devons penser à l'avenir. Nous avons désormais, mes amis, le pouvoir d'agir, le pouvoir du changement et le pouvoir du commencement. Dans la longue marche vers le pouvoir, j'ai besoin de vous. Le Rassemblement national et Marine Le Pen ont besoin de vous plus que jamais. Alors je vous demande une seule chose, mes amis, une seule. Restez forts, restez mobilisés parce que les épreuves électorales vont très certainement venir plus tôt qu'on ne le pense.

Nous avons bâti ensemble, tous ensemble, un mouvement qui ne fait que commencer. Alors, haut les cœurs, vive la République et vive la France !

Retrouvez le discours de Jordan Bardella lors du meeting de Tonneins ! — Jordan Bardella · Pourquijevote