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interviewLa France insoumise (sur YouTube)· 8 septembre 2025 104 minAutoproduit

« Drill, baby drill » : l’extractivisme au cœur des conflits | #Amfis2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Alors, bonjour à toutes et tous. quelques minutes de retard nous excuser. Euh merci d'être présent et présente euh à cette conférence qui va porter sur les questions d'extractivisme au cœur des conflits.

Euh évidemment, il y a des éléments d'actualité géopolitique que vous connaissez d'autres moins. Et nous avons aujourd'hui des experts de ces sujets en tout cas qui vont nous éclairer sur tout simplement les dimensions économiques des conflits actuellement avec évidemment tout le volet de de des modalités de développement économique et quel type de développement économique évidemment un développement économique ultra capitalistique et écoscide. Euh donc je vais vous présenter nos intervenants aujourd'hui.

Donc Mika Lujoured, il est là. Il est chercheur en sciences de la transition énergétique, spécialiste de la géopolitique des pôles, de l'hydrogène et des terres rares, auteur de Les mondes parallèles parus en 2000. Mondes polaires.

Polaires, pardon, les mondes parallèles pardon. Autant pour moi, les mondes polaires c'est moi qui étais dans un petit monde parallèle quelques secondes paru en 2019. Euh Fabien Lebrin qui est à ma gauche qui est sociologue, auteur de Barbarie Numérique, une autre histoire du monde connecté par 2021 et qui m'a dit précédemment qu'il l'achevait euh pardon oui 2024 en plus.

Oui. Euh euh qui a qui a achevé très récemment une une tournée autour de son livre qui porte sur la République démocratique du Congo. Il me semblait important de l'inviter euh dans le moment où à la fois les combats reprennent mais à la fois des soi-disants accords de paix sous fond d'intérêt économique et financier se joue en même temps. et Sylvia Izoard, journaliste et philosophe qui est spécialiste des impacts sociaux et écologiques du numérique et des enjeux miniers, autrice de la ruée minière au 21e siècle et donc on a vraiment on a vraiment des spécialistes, on a des gens très très pointus.

J'en profite pour remercier vraiment les les camarades de l'Institut Labo aussi euh et du mouvement de la France insoumise qui vraiment font en sorte qu'on ait bah des personnes ressources d'une qualité très rare avec lesquelles on peut en plus échanger très facilement. J'en ai fait l'expérience précédemment, ils sont très accessibles et pour répondre y compris à l'issue de la conférence euh à toutes à toutes ces questions. Alors, d'abord euh il y a il y a quand même un surtitre à la conférence, on l'a appelé Drill Baby Drill euh qui est qui signifie en français fort, chéri, fort.

C'est un slogan du parti les républicains, du parti désormais trumpiste qui est sorti la première fois en 2008 dans la campagne présidentielle qui était finalement très très directement un appel à intensifier le forage pétrolier dans l'ensemble du territoire américain et ça correspond aussi au moment où a émergé la question du gaz de chiste. Je sais pas si vous avez vu aussi ce film de de ce réalisateur. Voilà, ça sur bah sur les conséquences les conséquences de tout ça.

Ça fait quand même très longtemps que cette question se pose à partir aussi des États-Unis. Ce slogan a été depuis repris par Donald Trump notamment à directement au moment de son investiture en janvier 2025. Voilà, on assume que l'extractivisme, que l'exploitation massive est un élément déterminant de sa politique nationale et internationale.

Et on le voit, on va le voir transformer très rapidement dans sa relation au à la tentative de règlement du conflit en Ukraine et la tentative de règlement du conflit en République démocratique du Congo. Et il se trouve qu'au moment de ce discours d'investiture était présent un certain nombre de grands de grands en fait grands par l'ampleur mais pas grand par les objectifs politiques des capitaines d'industrie qui sont Elon Musk PDG de Tesla Marc Zuckerberg PDG de métal de méta Facebook Jeff Bezos fondateur d'Amazop Tim Cook PDG d'Apple Globalement le point commun de tous ces gens-là c'est qu'ils sont le gratin du capitalisme numérique. C'est également ce même jour que Donald Trump sortait des accords de Paris sur le climat.

Souvenez-vous mec mec FR again enfin je sais pas enfin Macron essayant de de cacher ce ce fiasco et donc en fait toutes les régulations environnementales qui vont avec ont été annulées et particulièrement à destination de l'Alaska et de ses ressources fossiles. L'Alaska évidemment on va en en reparler. Presque quelques semaines plus tard, Donald Trump recevait Vlodomir Zelenski pour la signature d'un accord sur les ressources minérales.

Donc vous voyez que dès le début en fait de la présidence de la deuxème présidence Trump, il y a quelque chose de très assumé de ce point de vue-là. Euh et avant même son investiture dans une conférence de presse du 8 janvier, Donald Trump déclarait être prêt euh à recourir à la force pour que les États-Unis obtiennent le Gruenland. Il y a vraiment euh un objectif politique très clair, pas pas du tout caché.

Euh et en juin 2025, fin juin 2025, on aura parlera avec Fabien Lin le Brun pardon, la République, excusez-moi parce que comme il sara le grain à chaque fois je la République démocratique du Congo et le Rwanda qui sont en guerre depuis euh maintenant quasiment 30 ans hein, depuis 80 96 euh pour le contrôle de l'est de la République démocratique du Congo et bien c'est un endroit riche en minerai et c'est là qu'on a vu enfin qu'a éclaté au grand jour l'intérêt de Donald Trump pour la République démocratique du Congo. Alors que dans le même temps à son arrivée, il coupait les budgets pour les public au développement. Euh ces coupes font des ravages évidemment en République démocratique du Congo.

Donc on a là deux zones de guerre et un pays menacé d'invasion qui ont en commun des grandes richesses en minerais et d'autres ressources naturelles qui sont ouvertement convoitées par les États-Unis. Ce qu'on constate c'est qu'avant c'était un peu caché. euh la question des minerais était un peu sous les radars et que maintenant avec Trump, c'est clairement c'est clairement mis au goût du jour et sans réelle contradiction, sans réelle opposition, sans réelle mobilisation euh dans notamment dans dans le mouvement politique et écologiste sur ce sujet.

Et euh c'est peut-être aussi parce que c'est un peu loin de nous, sauf qu'il y a des choses qui sont très près de nous aussi comme pourra peut-être le dire nos intervenants. Il y a aussi l'Union européenne qui est impliquée là-dedans puisque le 18 février 2024, un accord minier avec le Rwanda a été signé alors qu'en février 2024 euh l'offensive euh à l'est de la République du Congo euh battait son plein. que finalement euh euh le business continue y compris euh euh dans ces moments-là, selon l'agence EOFINE et l'ONG Global Witness, 90 % des minerais exportés et taxés par le Rwanda proviendraient de mines situées en République démocratique du Congo.

J'ai utilisé le conditionnel, mais quand on est à ce niveau-là, même si c'est un peu moins, ça dit quand même énormément de choses sur bah sur le laisser faire, le laisser aller et qui donc inclut des conséquences mortifères, dramatiques pour pour la RDC. Et en 2021, juste avant l'invasion de l'Ukraine par la Russie, il y avait aussi un accord qui avait été conclu par l'Union européenne sur les métaux stratégiques euh en Ukraine pour soutenir, disait-on, le développement durable. Euh donc on le voit donc l'extractivisme est au cœur de près de 150 conflits en cours dans le monde.

Il y en a 150 actuellement et en fait parmi beaucoup d'entre eux cette question est centrale. Donc l'extractivisme et la guerre s'alimentent l'un l'autre. C'est le thème de notre de notre conférence.

Il y a un exemple qui a qui est particulièrement marquant pour un pays qu'on a un peu oublié. Je parle de la Birmanie qui est en guerre civile depuis 2021. Euh près de 100000 morts, ça c'est encore un un conflit oublié.

Euh 3 millions de déplacés et 3 millions de personnes dans un insécurité alimentaire. La Birmanie est devenue dans cette période-là le 2e producteur mondial en terre rare voyant sa production doublée. Donc en dépit euh des événements euh des événements qui créent des drames humains, en fait, c'est des événements meurtriers et bien euh la production continue, elle double et elle est c'est financée par la Chine.

Voilà qui en a profité. Et c'est dans cette période évidemment que vous avez vu le développement incroyable de la Chine sur ces thématiques, sur ces secteurs économiques. Donc l'objectif de cette conférence, c'est donc de mieux comprendre cette reconfiguration des dynamiques impériales, de voir aussi comment est-ce que dans nos orientations internationales diplomatiques, on prend en compte ces enjeuxl avec des vraies données sans tabou en expliquant vraiment qu'il y a à la fois un système d'exploitation humaine, d'exploitation de la terre et finalement le modèle économique actuel alimente la guerre et Donc c'est c'est le sujet de de notre conférence.

Je vous propose d'abord de laisser la parole à Celia Zoard pour une quinzaine de minutes, une quinzaine de minutes chacun pour pour te demander quel regard tu portes aujourd'hui sur cette nouvelle ruée minière. Tu vas aussi peut-être pouvoir nous parler de la voilà de de ce que fait Trump en fait, de ses de ses ambitions et de comment éventuellement on peut le stopper, comment on peut réagir euh puisque il y a quand même une demande euh en ressources minières qui est en croissance. Euh et donc il y a réellement une nouvelle géostratégie des métaux et donc je voulais savoir ce que tu pouvais nous dire sur l'impact en terme industriel et comment et comment faire pour se dire que finalement il y a quand même des priorités euh par rapport à à l'argument qu'on nous sert souvent mais vousz ça crée de l'emploi.

Oui. Bonjour. Alors euh oui, on m'a on m'a on m'a donné cette mission de faire un un grand cadrage.

Donc on va prendre un petit peu de recul. Alors cette nouvelle ruée minière, revenons sur les termes. Euh je vais expliquer pourquoi on est en train de vivre une ruée minière.

Mais la première chose qu'il faut dire, c'est que c'est pas nouveau dans la mesure où s'il y a bien quelque chose qui caractérise nettement le système capitaliste et le capitalisme industriel, c'est son rapport au sous-sol. C'est le fait que c'est un régime économique qui est branché directement sur le minéral. C'est sa spécificité. que ce soit dans la forme de l'accumulation, le premier capitalisme ou que ce soit dans la forme de l'industrie qui est vraiment les combustibles fossiles, la maîtrise des très hautes températures et des propriétés des métaux, c'est vraiment une dimension fondamentale du monde dans lequel on vit.

Et euh bah de ça, il découle assez simplement que euh l'expansion du capitalisme s'est traduit par un accroissement euh sans fin, continu de l'expansion minière dans le monde avec des frontières extractives qui n'ont cessé d'avancer et qui avancent toujours aujourd'hui au confin euh du monde capitaliste, donc euh dans ces fronts pionniers. euh dont tu as cité quelques exemples. Euh mais c'est important de voir ça pour prendre du recul parce que on a vécu quand même 40 ans d'all appelé ça une illusion impériale.

On a parlé de société dématérialisée, on a parlé d'économie matérielle, de société de l'information. C'est-à-dire que en fait l'Occident était tellement assuré d'avoir accès à ces métaux pour accroître l'intensité métallique de notre monde quotidien. que on avait absolument pas besoin de parler de mine dans les espaces, disons dans l'imaginaire collectif, ça n'était pas présent.

Euh ce qui donc évidemment la production minière n'a jamais cessé d'augmenter pendant cette période. Euh elle augmente de façon exponentielle. par exemple au cours des dernières 20 années, elle a été multipliée par deux dans le monde.

La production minière global, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que si on divisait par deux la production, on arriverait au niveau d'il y a 20 ans. C'est on arriverait pas du tout à l'âge de pierre, on arriverait pas à la bougie, on arriverait au niveau d'il y a 20 ans, c'est 2005.

Euh donc ça euh c'est très important de de de l'avoir en tête parce que c'est une première chose qui est totalement fausse euh autour du monde minier. Et finalement cette proposition complètement fausse selon laquelle la mine n'existait plus, que c'était un peu du passé, a été remplacé aujourd'hui par une proposition sur le monde minier qui est tout aussi fausse que la précédente, qui serait que aujourd'hui on aurait besoin des mines pour lutter contre le réchauffement climatique. Et c'est un peu la même famille de proposition, c'est-à-dire l'idéologie occidentale qui justifie son rapport au monde, son rapport à la production.

Euh mais il est vrai et comme tu l'as dit, la ruée minière aujourd'hui a un caractère explosif parce que euh l'intensification s'est faite sur plusieurs plans. C'est-à-dire que d'un côté l'hégémonie occidentale, elle est terminée. Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que les bricks, le Brésil, la Russie, la Chine, l'Inde construisent leurs propres empires miniers. On construit ces empires et s'affirme comme puissance impériale face à l'Occident. Donc on est dans cette situation évidemment explosive où l'Europe met en place sa stratégie pour accéder au aux minéraux en général.

Les États-Unis, la leure, ils sont plus ou moins partenaires et puis face à eux, une multitude d'État, eux aussi plus ou moins partenaires, qui veulent les mêmes minéraux pour produire peu ou pro les mêmes objets, des satellites, des véhicules électriques, des armes, des panneaux photovoltaïques, des écrans, des data center, tout ce que vous voulez, des avions. Et cette fin de l'hégémonie occidentale en matière minérale, elle se double d'une intensification de ce que j'ai appelé tout à l'heure intensification de l'usage des métaux puisque chaque étape d'accroissement de la société de consommation augmente la quantité de production minérale à laquelle notre quotidien fait appel. Et si vous regardez ne serait-ce que des films des années 90, vous voyez comment une famille de la classe moyenne américaine vivait en 1992, euh ben c'est assez net en fait, c'est une démultiplication du recours aux métaux pour les écrans, pour la taille des véhicules, pour la quantité d'avions qui sont produits euh et alors juste Justement, ce qui est souvent mis en avant, c'est l'impératif de la transition écologique pour cette production minérale.

Ce qui paraît ce qui est d'une certaine manière totalement hypocrite, c'est-à-dire que ce serait la bonne raison de l'Occident pour mener toutes ces politiques pour avoir accès au métau. Euh ce qui a le bon goût de dissimuler finalement ce mode de vie euh fondé sur une surconsommation de métaux. Et en même temps, il est vrai que depuis 2015, en fait la stratégie des grands groupes d'affaires, ça a été de lancer cette dite transition qui est une promesse de substitution énergétique fondée soi-disant sur un remplacement des fossiles par les métaux. une chose qui n'a aucune chance d'arriver, qui ne peut pas arriver puisque ce sont des symbioses techniques, des choses qu'on ne peut pas séparer.

Mais alors là, j'ai pas du tout le temps de de détailler ça. En tout cas, ce qui est important de voir, c'est que il y a absolument pas la possibilité de produire les objets qui seraient nécessaires pour la décarbonation, si on la prenait vraiment au sérieux, avec les ressources actuelles, l'eau actuelle, même en dévastant tout, en menant des conquêtes sanguinaires, ça n'est absolument pas possible. Ça nécessiterait de d'augmenter la production de lithium par 200, la production de nickel par 20, la production de cobalt par plus de 40.

Euh donc ce sont des chiffres hallucinants. Euh si la France juste opère son passage au véhicules électriques entièrement et remplace totalement son parc de véhicule, ça excède en besoin en lithium et en cobalt la production actuelle mondiale alors que c'est un pays donc ça ne peut pas marcher. Le problème c'est que ces quantités de métaux qu'il est prévu d'extraire et pour lesquels les États sont en concurrence c'est pas juste des métaux qui seraient nécessaires pour cette dite décarbonation qui n'a aucune chance d'advenir c'est les métaux pour tous les secteurs.

Or il y a la croissance exponentielle par exemple de l'industrie du numérique. Alors, si vous vous imaginez ce qu'est un data center, vous comprenez assez vite que ça nécessite beaucoup de matières premières minérales hautement raffiné et beaucoup d'énergie pour faire fonctionner ces data centers. Euh si vous imaginez Airbus produisant comme il le fait actuellement 700 avions par an et que dans chaque Airbus A380, on a 80 tonnes d'aliage aluminium lithium et 18 tonnes de titane à minima.

Ça veut dire une production voilà qui n'est absolument pas soutenable puisque en fait la demande est exponentielle dans chaque secteur industriel. Euh ce qui ne signifie pas qu'il n'y a pas de surproduction parce qu'en fait il y a énormément d'ouverture de mines dans certains domaine et donc il peut y avoir surproduction de cobalt, surproduction de lithium, baisse des prix et cetera. Moi, je vous parle d'une tendance, disons plus générale.

Et par rapport à ça, la stratégie occidentale, bah vous avez parlé, tu as parlé un peu de de celle de Trump, mais moi je voudrais quand même mettre l'accent sur la stratégie de l'Europe parce que nous sommes en Europe et que disons que les menées européennes en Ukraine avec le Rwanda pour avoir les minerais du Congo et cetera, elle précède largement l'arrivée de Trump. Euh la stratégie européenne, c'est dire qu'on va relocaliser dire qu'on va relocaliser les mines pour que tout le monde ait mauvaise conscience et se dise mais bien sûr, il faudrait qu'il a une mine dans le massif central, sinon on va continuer à ruiner le Congo et en même temps mener une stratégie impérialiste tout à fait classique pour avoir accès aux matières premières critiques. Le but de la stratégie européenne, c'est que 10 % à terme 10 % des métaux utilisés en Europe soient extrait en Europe.

Donc le but, c'est toujours que 90 % viennent d'ailleurs. Ce qui est au fond complètement logique puisque moi je vous parle d'écran, je vous parle de véhicules énormes, je vous parle de data center, en fait je vous parle d'un mode de vie impérial tel qu'il a été défini par Brown Tison il y a quelques années, le chercheur allemand. C'est tout à fait juste en fait.

On peut absolument pas imaginer une consommation telle de métaux sans avoir une politique impériale avec tout ce que ça suppose comme coût politique, comme coût moral, comme coût économique. Donc il y a vraiment une stratégie de dérivation, une sorte de contrefeu européen qui consiste à dire "On va faire une mine responsable et relocalisée" alors qu'en réalité c'est vraiment l'arbre qui cache la forêt, c'est-à-dire une dimension très très anecdotique. Vous comprenez ?

Je viens d'énoncer le type de volume qui serait nécessaire pour les perspectives économiques. Ça veut dire que ouvrir des mines partout en Europe ne remplace absolument pas les mines ouvertes partout ailleurs dans le monde et que tout ça est purement cumulatif et que par ailleurs pour faire fonctionner cette industrie minière, il faut énormément d'énergie fossile. Alors ça, je vais l'expliquer un tout petit peu mieux s'il me reste quelques minutes, mais juste pour reprendre un petit peu au début euh qu'est-ce que c'est finalement le modèle minier actuel ?

Il est fondé sur la mine à ciel ouvert. Il est fondé sur moi ce que j'appelle finalement l'histoire d'une longue désinhibition de notre rapport au sous-sol. C'est-à-dire qu'on a tendance à voir les phénomènes technologiques avec les lentilles du progrès.

On nous rabâche que l'époque n'est plus celle de germinal, que les choses se sont beaucoup améliorées. Mais quand on regarde notamment grâce aux travaux de 6 textes, le fonctionnement réel de l'industrie minière et la manière dont elle traite le sous-sol, on est au contraire dans une dynamique de libération, de désinhibition. C'est-à-dire que de plus en plus de choses sont jugées possibles et sont faites.

Ben, c'est lié au fait que la teneur minérale dans les gisements est de plus en plus basse. Par exemple, on va exploiter des mines de cuivre non plus à 2 % comme au 19e siècle mais bien plutôt à 0,4 %. Qu'est-ce que ça veut dire ça ?

Ça veut dire tout simplement que plus de 99 % de tout ce qui est extrait, c'est du déchet. Dans le modèle de la mine à ciel ouvert, la mine produit avant tout du déchet. Et le problème, c'est que ces déchets, ce sont des déchets dangereux.

Donc euh la désinhib une des formes de désinhibition les plus folles du modèle minier actuel, c'est le stockage de millions de mètres cubes de résidu miniers toxiques dans des barrages qui ne demandent qu'à céder et qui de manière statistique au cours de leur durée de vie céderont un jour ou l'autre. Or ces barrages qui contiennent les résidus huminiers et toxiques sont parmi les ouvrages les plus grands que les humains aient construits sur la surface de la Terre. Donc c'est particulièrement préoccupant.

Euh l'autre chose que fait la mine industrielle, c'est qu'elle consomme de plus en plus d'énergie pour exploiter des teneurs de plus en plus basse, c'est logique, et de plus en plus d'eau. Il faut se figurer que ce qu'on aurait appelé au 19e siècle un véritable empire minier, par exemple Rio Tinto en Andalousie, les grandes mines de cuivre au sud de l'Espagne, aujourd'hui c'est une petite mine. Aujourd'hui, on ouvre des fausses de 3 km² en quelques années. 3 km², c'est comme un arrondissement de Paris, comme une commune et que ça a des conséquences.

Euh et la consommation d'eau qui est probablement le l'un des aspects les plus préoccupants de cette désinhibition minière. Euh, il paraît fou de s'imaginer que pourtant c'est les chiffres très officiels de l'Agence internationale de l'énergie qu'au cours entre 2018 et 2021 la consommation d'eau mondiale des mines a doublé 2018 et 2021 et voilà ça laisse songeur et moins quand on comprend le principe. C'est-à-dire qu'en fait dans le modèle de la mine à ciel ouvert, le broyage demande énormément d'eau.

Une mine peut consommer autant d'eau qu'une ville de 70000 habitants en France qui serait une ville de 300000 au Chili. Euh donc c'est disons la garantie de conflits qui ont lieu et qui sont très très violents. Et quand je vous parle de ce modèle de la mine industriel, on parle que de la production de concentré métallique.

On parle disons que de la première phase de la fabrication de ce qui deviendra ensuite des métaux. C'est-à-dire qu'il y a pas juste la mine et la concentration du minerai, il y a ensuite la métallurgie, euh le raffinage et que ça ce sont encore des productions qui nécessitent des quantités d'énergie très importantes et de très hautees températures et qui sont parfois situées sur d'autres continents. Donc on j'ai j'ai 14 minutes, j'ai envie de vous parler de beaucoup de choses, mais j'ai l'impression d'avoir un peu épuisé les 14 minutes.

OK. Euh ce qu'il faut rappeler, même si c'est très évident, c'est que aujourd'hui euh les mines industrielles sont disons euh ce qui l'un des domaines qui réchauffe le plus activement le climat et qui en plus amplifie les effets du réchauffement climatique à commencer par la désertification et la pénurie d'eau et que la mine est aujourd'hui l'une des principales responsables du franchissement des limites planétaires, que ce soit la déforestation, l'érosion des sols, la pénurie d'eau douce et toutes les autres en fait. Et conclure sur quelque chose d'un peu plus politique, sur l'idée que il faut pas se leurer.

Quand on voit ce modèle minier, on comprend que la mine fonctionne nécessairement en s'appuyant sur un état d'exception. On peut pas faire fonctionner un système comme je l'ai très brièvement décrit de façon démocratique avec l'assentiment des populations. Ça ne fonctionne pas.

C'est beaucoup trop violent pour les habitats terrestres, pour les sociétés humaines. Donc la mine est au cœur aujourd'hui d'un processus de dévastation d'hnocide voire de génocide. au cœur des conflits.

Et évidemment, au début, j'ai parlé des conflits entre les empires, mais les premiers conflits, c'est des conflits locaux. C'est des conflits avec les populations qui sont exposées à la mine et qui sont d'autant plus violents qu'aujourd'hui les grandes puissances et les anciens les anciennes puissances coloniales en fait s'appuent sur les anciennes colonies. pour poursuivre ce processus de déracinement des populations, ce processus d'ethnocide.

Euh pour vous donner un exemple, bah le Brésil, voilà, le Brésil pour satisfaire les besoins mondiaux en métaux dévaste l'Amazonnie et achève la destruction des peuples amazoniens. La France s'appuie sur l'entreprise managem au Maroc pour déraciner les Amazirs qui gênent l'exploitation minière au sud du pays. Le monde profite des métaux qui sont extraits en Inde au détriment des peuples divivazi qui peuplent ces forêts et qui sont en train d'être détruit.

Euh aujourd'hui, disons plus de la moitié des gisements de métau critique en fait sont situés sur des terres qui sont soit des terres autochtones, soit des terres à usage paysan. Et c'est peut-être l'une des principales choses à retenir quand on réfléchit à toutes ces questions. C'estàd que pitié ne posait pas le problème en terme de il y aura-t-il assez de ressources minérales pour que tout le monde ait un véhicule électrique parce que ça n'est pas du tout la question.

Merci. Merci CIA. Merci Celia pour ce cadrage général, mais quand même tu asas tu as tu as évidemment bien lié à la question de la conflictualité et dans tes derniers mots lorsque tu dis que en fait ça ne peut pas fonctionner sur ça fonctionne que souvent dans des modalités d'état d'exception sans l'assortiment des population évidemment en période de conflit en période préconflictuelle on est évidemment dans cette situation et c'est la raison pour laquelle comme j'expliquais tout à l'heure c'est au moment où la birmanie connaît voilà des conflicts très durs que c'est c'est le moment où où ces productions minières explose.

J'ai passé la parole à à Mika maintenant. Euh je vais te demander de nous parler un peu de de l'offensive de Trump contre le Groenland. Euh c'est à la fois dans l'actualité, c'est à la fois très significatif pour pour le débat qui nous concerne et puis aussi euh euh de nous parler de de des des menaces euh sur les mondes polaires euh et donc les mondes polaires qui sont vraiment au cœur aussi des coopérations internationales puisque ce sont des zones assez spécifiques.

Tu pourras nous en parler et nous expliquer du coup quelles sont les conséquences dans les relationsques. Merci beaucoup Nadje. Merci à toute l'équipe de l'Ilb de m'avoir invité.

Merci à tout le monde d'être là. Alors effectivement, je vous parlais du Groenland avec quelques inses sur l'Antarctique, histoire de vous parler d'une terre peut-être même encore plus critique que celle que peut être le Groenland et puis je vais essayer d'élargir d'élargir tout ça pour compléter ce que ce que Celia vous a déjà raconté sur le secteur mini. Alors, je pense que l'élément le plus important euh pour compléter les chiffres que Celia vous a donné, c'est de vous donner les perspectives à horizon 2040, donc de l'Agence internationale de l'énergie dans des scénarios de transition énergétique.

Alors, si vous ne lisez pas les rapports de l'Agence internationale de l'énergie, on vous en veut pas. Euh maintenant le sujet c'est qu'il y a grosso modo deux scénarios à retenir. Le scénario qui s'appelle Steps et le scénario qui s'appelle SDS.

Le scénario qui s'appelle Steps, c'est en fait un scénario qui part des politiques qui ont été émises par les États, donc c'est-à-dire leurs engagements actuels de transition potentielle dans l'optique où ils évidemment leurs engagements, ce qui comme vous le savez est évidemment pas une gageur. Et le scénario SDS va un petit peu plus loin. C'est le scénario où on a un développement un peu plus soutenable, mais c'est un scénario un peu plus soutenable sans pour autant être non plus un changement de monde ni un changement de mode de consommation.

Donc dans ce scénario steps, il faudrait juste pour les véhicules électriques et pour le stockage batterie une demande minérale 10 fois supérieure à ce qu'on a aujourd'hui sur la période 2020-2040. Et dans le scénario où on va vers une logique donc de soutenabilité, là c'est plus 10 fois la pression minérale de 2020 qu'il y aura en 2040, c'est 30 fois. Parce que comme Celia vous l'a dit, plus on ne change pas de mode de consommation et on a besoin de décarboner, plus dans ce mondeel, oui, il faut aller chercher plus de minerais.

Et après le sujet, c'est effectivement comment vous faites pour changer de monde ? Ça on va reparler peut-être après. Il y a cinq métaux clés dans cette transition énergétique.

Métal clé numéro 1, on entend beaucoup parler, c'est déjà vous en a parler, c'est le lithium. Sur cette période 2020-2040, la demande minérale en lithium dans un scénario moyen serait multipliée par 42. pour le graphite multiplié par 25 pour le cobalt dont on va reparler avec la RDC évidemment multiplié par 21 pour le nickel pour ceux qui ont regardé les enjeux en Kan Nouvelle-Calédonie x 19 et pour les terres rares qui m'occupent particulièrement notamment au Groenland ou en Russie là c'est x 7 alors vous allez vous dire pour les terrars ah il y a moins besoin d'augmentation de la demande minière que pour le reste.

Le sujet qu'on a sur les terrars, c'est que parmi tous ces métaux que je viens de citer à l'instant indispensable en l'état actuel des choses sur la base de nos modèles de consommation et nos modèles technologiques pour la transition énergétique, les terres rares, c'est ce qui va polluer le plus au niveau de la mine, c'est ce qui va générer le plus de déchets durables. Alors, pour vous donner un ordre de grandeur sur ce qui se passe aujourd'hui, le secteur minier, c'est la première industrie au monde en matière de génération de déchets solides, gazeux et liquides. Et dans ce contexte-là, pourquoi on va aller au Groenland ?

Pourquoi même on parle de l'Antarctique ? Pourquoi pas ? Ben tout simplement parce que comme Celia vous l'a dit, plus on avance dans le marché minier, moins il y a une teneur d'exploitation importante dans les mines.

Donc c'est-à-dire les mines sont en réalité de plus en de moins en moins dotées en minerais qu'on recherche. Donc il faut aller toujours plus loin pour essayer de chercher des minerais. Mais le deuxième point c'est que il y a moins de gisement facilement accessible également.

On est allé évidemment les sociétés capitalistiques sont allés chercher les gisements les plus accessibles, les plus rentables, les plus faciles. Donc maintenant bah il faut aller au Groenland, il faut aller en Alaska, il faut aller il faut aller ailleurs. Et le troisème sujet, c'est que les minerais sont de plus en plus complexes parce que comme on va dans des gisements qui sont en fait des gisements de seconde zone, 3e zone ou dans des gisements peut-être de première zone mais dans des zones de plus en plus fragiles, bah de fait, on va avoir besoin de beaucoup plus d'énergie, d'eau, d'adjuvent chimiques et cetera pour séparer les métaux, pour les broyer, pour créer les les concentrer d'oxyde et cetera et cetera.

Donc on a cette logique où on va être dans des mines où on va avoir des métaux de plus en plus imbriqués entre eux qui vont demander de plus en plus d'efforts énergétiques en eau et en adjvent chimique. Donc dans tout ce contexte-là, je pense qu'on a posé un cadre assez assez clair où se positionne Trump et le Groenland. Alors cette table ronde est intitulée Drill Baby Drill.

Drill baby drill. Effectivement, c'était un vieux slogan des publicitaires américains des années 20 30 du siècle dernier bien sûr parce que en fait aux États-Unis quand vous achetez un terrain, le code minier est fait comme ça, le sous-sol vous appartient. Genre j'ai une maison, j'achète au Texas, il se trouve qu'il y a du pétrole dans ma mais sous ma maison.

Bon ben c'est très bien, je drill donc c'estd je fort. Pas Olivier mais je fort. Et de fait s'il y a du pétrole, je trouve du pétrole, j'ai mon pétrole.

C'est génial. En France, c'est pas comme ça que ça se passe. Il y a le bureau des ressources et de la géologie minière qui va cadrer ça avec la direction générale d'énergie climat.

On va retrouver la même chose au Groenland. On va retrouver ça dans plein de juridictions. Le sous-sol n'appartient pas forcément à la personne ou à l'entreprise qui a acheté le terrain en surface.

Mais aux États-Unis, c'est le cas. Et donc le slogan drill baby drill, c'était simplement bah voilà, on a une ruée pétrolière avec plein de développements dans les années 20, 30 et cetera. Bon bah, il y a qu'à forer.

Celle qui a politisé dans la sphère contemporaine ce sujet et ce slogan de drill baby drill, c'était donc en 2008. Effectivement, quelqu'un que certains ici peut-être s'en souviennent, c'était Sarah Sarah Payin. Sarah Payin, l'inénarable ex-gouverneur d'Alaska qui était à l'époque candidate à la vice-présidente sur le ticket qu'elle formait avec John McCain en 2008.

Et donc pourquoi elle est importante Sarah Payen ? Parce qu'en tant que c'est en tant que gouverneur de l'Alaska, elle incarne précisément un état dont toute la richesse est basé sur une logique extractiviste. Que ce soit l'exploitation du bois, que ce soit l'exploitation des ressources aliotiques, que ce soit l'exploitation du pétrole, du gaz, que ce soit évidemment l'exploitation des minerais, tout en Alaska malheureusement n'est qu'extractivisme.

Et ça date pas d'hier, ça date depuis le milieu du 19e siècle. Souvent, on me demande "Mais est-ce qu'il y a vraiment des gisements de pétrole qui sont exploités en Arctique ?" Bah ouais, en Alaska 4 depuis les années 50, pas de problème.

Mais ça coûte cher. Bah ça coûtait cher et puis à un moment on a eu un pétrole cher qui nous a permis de financer ça. Et puis aujourd'hui le pétrole certes est resté à des niveaux assez élevés, autour 70 dollars le baril, mais en Alaska, on a tout à fait des gisements de pétrole qui sont exploitables à 38 dollars le baril ou à 40 ou à 50.

Donc c'est rentable. Bref, l'exploitation de l'Arctique, c'est pas un sujet de demain ni d'après-demain. C'est un sujet d'aujourd'hui et même pour l'Alaska d'hier.

On retrouve la même chose en Russie. J'ai pas le temps de tout traiter mais vous voyez que l'Arctique n'est pas aujourd'hui une zone protégée comme on peut en avoir l'image d'épinale. Même chose sur le minerai, même chose sur le gaz.

Et évidemment, c'est important de parler de Sarah Payen en en 2025 après le l'exemple que nous avons eu de Donald Trump et de Vladimir Poutine en Alaska justement pour leur sommet la semaine dernière où très clairement l'enjeu pour ces deux puissances en Arctique, c'est d'essayer de maximiser les activités extractives queles qu'ell soi encore une fois, on a beaucoup parlé du minerais, des minerais mais pétrole, bois, gaz, aliotique, tout ça est dans une même logique. Et puis bon, en tant que français, nous aussi vis-à-vis de l'article, on a une certaine approche extractiviste. C'est-à-dire que qui a essayé de développer les principaux gisements d'uranium dans l'article canadien ? des grandes sociétés françaises qui a considéré à un moment exploité de l'uranium au Groenland des sociétés françaises qui a développé les premiers grands massifes usines de gaz naturel liquéfié en Arctique d'abord en Russie puis maintenant aussi dans le sud de la Terre de Feu côté argentin.

Bah c'est aussi une grande entreprise française. Je cite pas de nom mais je suis sûr que vous avez tous dans le radar les gens dont on parle. Donc les Français sont là depuis longtemps.

Typiquement quand Henri 4 Ah ouais ouais, on remonte de ouf là. Quand Henri 4 en 1609 donne son blancin pour que on crée une compagnie maritime française qui gère le passage du nord-est, c'est-à-dire un passage maritime à l'époque encore hypothétique, il y avait les glaces, c'est normal, entre l'océan Atlantique et le reste du monde de l'autre côté. Ben très clairement, l'enjeu c'était de dire voilà, on va positionner le drapeau français là-bas, on va mettre des bureaux dans lesquel on va imposer les armateurs qui passeront là-bas à environ 4 % de taxe sur leur marchandises et on va se faire de l'argent grâce à ça, grâce à cette extractivité, on va dire, ou cette cet extractivisme primaire dans cette zone arctique il y a donc plus de 400 ans.

On a imaginé aussi, ça vous fera peut-être marrer, développer la France Arctique bien avant la France-Afrique, bien avant la France Arctique, c'était le nom d'un village qui aurait dû être en fait une un village de colonisation sur l'archipel norvégien aujourd'hui en tout cas administré par la Norvège du Svalbard, archipel Arctique localisé donc à 3h au nord de la Norvège qui de fait est aujourd'hui un territoire particulièrement stratégique vis-à-vis de tout ce qui peut se passer avec la Russie. Bref, j'ai pas le temps de rentrer dans le détail mais mon point ici c'est qu'à l'époque là sur la France Arctique, l'enjeu c'était d'exploiter les ressources aliotiques. Bref, tout ça n'a rien de nouveau.

Mais pour qu'on parle du Groenland, il me reste 5 minutes, donc je vais faire en condensé et puis si vous avez des questions, on peut rentrer dans le détail plus tard. Pourquoi Donald Trump va en 2025 au Groenland ? Bon déjà, il va au Groenland parce qu'il a tenté en 2019 déjà de racheter le Groenland.

Et oui, en août 2019, Donald Trump au cœur de l'été, moi ça m'a fait un buzz Twitter absolument fantastique. J'ai essayé d'expliquer pourquoi il y allait, mais les journalistes pensaiit qu'il était juste débile. Non, il était pas débile.

Il a proposé de racheter le Groenland parce que pour les États-Unis d'Amérique, le Groenland est un trésor en l'occurrence minéral absolument considérable. pour vous donner un ordre de grandeur sur les 50 métaux critiques qui ont été identifiés par le département américain, donc le ministère américain de l'énergie en 2022. Donc pour vous dire que c'est pas un sujet que de Trump he sous l' Biden, il y a aussi eu cette réflexion et cette dynamique sur ces 50 métacritiques, le Groenland regorerait en conséquence de 44 d'entre eux.

Si je prends la liste des métacritiques européens sur les 35, c'est 24 qui sont présents en quantité assez importante au Groenland. Et on parle pas évidemment que de des terres rares. On peut parle parle pas non plus que de l'uranium.

Est-ce que vous avez déjà entendu parler levez la main ceux qui ont déjà entendu parler par exemple du molibden et franchement je suis content. On a à peu près les 1/5e de la salle. Merci.

Ouais, franchement c'est cool parce que du coup si vous avez entendu parler de molibden, vous savez qu'en Europe on consomme beaucoup de molibden, notamment pour les alliages spéciaux dans la défense ou pour l'aviation mais qu'en fait on produit 0 tonnes de molibden en Europe. Zéro. Donc on importe tout.

Il y a un territoire outreem danois dans cet arctique qui s'appelle le Groenland dans lequel il y a des ressources très importantes de Molibden. Et donc au mois de février 2025, encore une fois c'est très récent mais personne n'en a véritablement parlé, on a eu l'annonce du premier de la du premier problème du premier programme minier d'importance dans la zone est du Groenland, une zone extrêmement peu à habiter tout simplement d'extraction de molipden. cette seule mine, cette mine à elle sous seule pourrait permettre à l'Europe de tout simplement assouvir 25 % de ses besoins en molibden sur la base des besoins en 2025.

Donc l'Europe s'intéresse au Groenland. Le Groenland étant un pays qui encore appartient au Danemark, même si c'est un pays qui a de fait une autonomie gouvernementale poussée, on peut rentrer dans le détail plus tard, bah de fait il y a un lien avec l'Europe. Mais de l'autre côté, le Grenland est très proche géographiquement bien sûr du continent américain pour ne pas dire est sur le continent américain.

Et Donald Trump va vous dire "Ben oui, mais attendez, la capitale du Groenland, no géographiquement, c'est plus proche de New York que ça n'est proche de Copenhag." Et puis de l'autre côté, au Groenlande, on a un consensus dans la société pour essayer d'accéder à l'indépendance. Alors, comment le Groenland peut déclarer son indépendance du du Danemark ?

En gros, il peut le faire à n'importe quel moment depuis 2009, mais il y a un sujet, c'est remplacer la subvention annuel donné par le gouvernement danois au gouvernement autonome groenlandais qui est d'un ordre de grandeur d'environ 600 millions de dollars, un peu plus de 500 millions d'euros. Pour générer un tel argent, quand vous avez un PIB à peine de 2 milliards et demi d'euros par an, bah il va falloir développer des activités nouvelles et si possible des activités qui peuvent être massivement génératrices de taxes, augmenter la recette, un sujet qui nous rassemble avec le Groenland peut-être en ce moment. Et donc dans l'augmentation de cette recette, il y a pas 15000 solutions.

Les Groenlandais ont tenté l'extraction du pétrole. Ça n'a pas fonctionné début des années 2010. Ils n'ont même pas essayé l'extraction du gaz naturel ou gaz fossile plutôt comme il faudrait l'appeler, c'estàdire du méthane en réalité parce que tout simplement le pétrole n'avait déjà pas marché.

Donc le méthane n'a pas généré des investissements suffisants. Ils se sont tournés vers les minerais. Et pour les minerais, bah oui, il y a les rubis, il y a le zinc, il y a du cuivre potentiellement, mais il y a surtout donc des terres rares et de l'uranium.

Et là, il y a deux projets qui sont extrêmement importants. Les projets de Cagne et Fielt ou en en grenlandais Quanner Suite et le projet TB. Ces deux projets sont situés au sud du Groenland sur la pointe sud.

Donc, c'est-à-dire à une latitude qui est similaire à celle de de Oslo ou du Danemark si vous voulez. Le sud du Groenland, c'est pas l'image dépinale des ourses blancs qu'on a dans le nord du Groenland. L'Arctique est divers.

Et donc dans ce contexte là, dans le sud du Groenland, vous avez une société minière australienne, une junior classique, he donc une petite société minière qui est arrivée en 2007. qui a senti le coup. Évidemment, on savait que le Groenland allait à partir de 2009 avait de bonnes chances en tout cas de pouvoir capter la compétence de politique publique de gestion des ressources de son sous-sol qui avant appartenait évidemment était contrôlé par Copenhag.

Et donc cette junior australienne a demandé une licence. Ils ont eu la licence. Ils ont fait les premières explorations, ils ont fait la première quantification des ressources en terre rare.

Et ils ont trouvé également de l'uranium, de la fluorite et cetera. Mais bon, c'est les terrares là qui vont nous intéresser. De fait, ils ont augmenté évidemment la valorisation de l'entreprise grâce à cette grâce à cette ressource estimée.

Et là, ben ils ont cherché des investisseurs pour coinvestir avec eux sur 7000. Les Européens pas intéressés à l'époque Groenland trop sensible, trop compliqué, sale. Les Américains, ils regardaient pas le Groenland à l'époque, que ce soit les Canadiens ou les États-Unis.

Ils ont trouvé où les investisseurs en Chine. Parce que comme en Birmanie, la Chine aujourd'hui qui est le premier producteur mondial de terre rar tout métau confondu dans la famille des 17. La Chine contrôle 60 % de l'extraction des terres rares dans le monde aujourd'hui et elle contrôle plus de 88 % du raffinage de cette terre rare.

Donc c'est-à-dire comment on transforme ces métaux en marchandises valorisables sur les marchés. en 2024. Et donc dans ce contexte, la Chine ne veut pas voir de des de de pays concurrents émerger de manière importante, que ce soit les États-Unis, l'Australie, le Groenland, le Brésil, la Birmanie, partout où il y a des terres rares en abondance, la Chine doit prendre position pour ne pas elle-même se faire manger ses parts de marché et maintenir sa compétence et sa main mise géopolitique.

Bien donc la Chine a investi au Groenland et donc comme j'ai déjà dépassé mon temps en 30 secondes, ce qui s'est passé entre 2014 2018-29, c'est qu'il y a eu une prise de conscience dans les écosystèmes de défense, minerais, de de d'énergie également et également aussi de technologie, d'IA et cetera aux États-Unis. une prise de conscience qui s'est continuée de l'Air Obama à l'ERT Trump 1 à l'Air Biden et maintenant à l'air Trump 2 qui consiste à dire là où les Chinois vont pour les terres rares, les terres rares sont tellement importantes pour nous américains que on doit y aller avant eux leur damer le pion, faire tout ce qu'il faut pour ne pas perdre cette position et ne pas être dépendant de la Chine. Et ça a donné quoi ?

Ben ça a donné et si on rachetait le Grenland. Merci beaucoup. Merci beaucoup.

Plus évidemment plus on avance malheureusement plus l'optimisme n'est pas vraiment présent mais on va essayer quand même de conclure tout à l'heure par des perspectives. Je vous donnerai à chacun tout à l'heure un petit mot de conclusion après les prises de parole. Donc je vais passer maintenant la parole à Fabien Lebrin qui va nous parler de la République démocratique du Congo qu'on commence un petit peu à connaître euh en dépit du fait que ça fait quasiment maintenant 30 ans qu'une guerre ferrage en fait en Afrique, on l'appelle la guerre mondiale africaine hein parce que ce conflit a impliqué entre 7 et 8 états euh à différents types de degrés hein par même y compris on peut même citer les États qui n'étaient pas des bell gérants sur le terrain.

Euh donc en fait voilà donc ça c'est la RDC c'est important pour nous à la France insoumise. Je rappelle que on a on a avec Jean-Luc Mélenchon fait un déplacement là-bas avec Arnaud Legal et Carlos Martin Zbilongo. Carlos et et Arnaud avait produit une proposition de résolution invitant le rleis des Nations Unies à peser tout son poids pour pour un règlement du conflit et appeler aussi la France à à agir à son niveau par exemple en soutien au à à la RDC dans le cadre de la de la formation de ces équipes sur le terrain.

Alors, c'est toujours évidemment un peu compliqué, même y compris quand on appelle d'autres pays à agir en République démocratique du Congo et y compris la France, compte tenu de sa responsabilité dans le génocide au Rwanda. Mais euh toujours est-il euh qu'aujourd'hui euh la RDC, c'est tout de même un des conflits les plus meurtriers euh de ces dernières années euh qui a eu du mal à émerger dans le débat public, sans doute par ce qu'il se passe en Afrique euh et que en Afrique, on a un peu tendance à qualifier les conflits de conflits ethniques et de rater les enjeux principaux. Donc Fabien, tu vas tu vas nous éclairer sur le sujet.

Euh je rappelle que dans ton bouquin, tu euh tu mets tout ça en perspective du point de vue historique pour rappeler euh qu'entre la période coloniale euh et puis notamment la période coloniale euh h personnelle notamment du roi Léopol I. Je rappelle que la RDC appartenait un roi avant de qu'il le recède à la Belgique. Et bien finalement la RDC a toujours été au cœur des transformations euh des besoins du capitalisme et qu'aujourd'hui la question des miner en RDC est centrale.

C'est une économie de guerre euh que tu vas nous que tu vas nous décrire. Oui, ben merci pour l'invitation. et tu as déjà dit beaucoup de choses.

Alors pour l'optimisme, je sais pas si c'est euh si c'est à moi qu' faut donner la parole. Euh toujours est-il que effectivement je vais vous je vais vous évoquer un peu le Congo. Euh alors c'est d'actualité puisque comme le disen Nadj, on est dans une guerre qui qui dure depuis longtemps, je vais y revenir.

On a des accords de paix qui traînent depuis quelques mois et surtout on a une reprise des combats depuis de deux ou trois semaines là depuis début entre les FRDC, l'armée congolaise qui travaille si je peux dire aussi avec des groupes armés qu'on appelle les Wazelo, des supplétifs qui sont tous malheureusement bien souvent un responsable de de de crime contre donc un un groupe armé qui s'appelle le M23 et qui est appuyé, financé, équipé militairement par le Randa voisin. Donc ça c'est la phase, on va dire qui considère les qui qui qui a lieu depuis depuis 2021. Mais permettez-moi peut-être un effectivement un petit regard recul historique pour comprendre comment le le Congo donc le le Congo Kinshasain République démocratique du Congo bien finalement euh dit beaucoup sur sur le capitalisme sur son histoire et ce qui va avec à savoir l'extractivisme et le colonialisme.

Et c'est vrai qu'on se penche un petit peu sur l'histoire de ce pays. Alors peut-être rappeler rapidement, c'est un un pays continent qui fait 2,3 million de kmè carr qui est immense, qui correspond à quatre ou cin fois le territoire français qui dispose à peu près de d'une population de 100 millions d'habitants qui parle français, qui est francophone. Donc c'est quand même l'endroit dans le monde où on parle plus français.

Ça devrait être un élément supplémentaire pour qu'on s'y intéresse un petit peu plus. Et puis effectivement, c'est un pays qualifié depuis la fin du 10e siècle par un un un géologue belge qui s'appelle Jules Cornet de scandale géologique tant son sol et son sous-sol regorge de minera et dispose effectivement d'une d'une exceptionnalité minéralogique d'une diversité d'une qualité de quantité de métaux qui malheureusement si je puis dire correspond à chaque fois à une transformation du mode de production capitaliste ou en tout cas à au nouveau stade techno technologique qui apparaît au fil du temps. Alors rapidement puisque effectivement on n pas beaucoup de temps, si on remonte on a un petit peu de temps quand même.

Alors si on remonte loin et puis on va comprendre la la filiation et finalement on peut aussi comprendre les origines, les caractéristiques du capitalisme, d'où il vient et peut-être vers quoi il va notamment à partir de cet endroit du monde. Alors même si ça fait bataille chez les historiens, si on situe le les origines ou le début du capitalisme, al d'autres l'appellent la mondialisation, c'est un petit peu plus neutre et plus sympathique, mais je préfère parler de capitalisme. Si on part du donc si on prend une une période longue du 16e à la moitié du 10e siècle, ça convoque ce que Marc appelait l'accumulation primitive du capital et ça passe notamment, c'est une des caractéristiques, c'est pas la seule mais par le commerce triangulaire qui convoque notamment la traite négrière, la traite transatlantique à savoir que on va déplacer des populations africaines et notamment majoritairement de de d'Afrique centrale pour alimenter l'économie de plantation mais aussi l'économie extractive. naissente puisque parmi les métaux pillés déjà par les conquistadors à l'époque notamment l'or et le et l'argent et bien des populations déportées du continent africain étaient servé pour travailler dans les mines évidemment été exploité pour l'économie de plantation qui a permis à travers le café, le thé, le tabac, coton différents différents produits comme ça qui ont été exportés sur le continent européen et qui ont participé à la formation pour le direct Marx des premiers capitaux en tout cas des premières richesses et qui ont largement participé à à enrichir les États européens donc France, Royaume-Uni, Hollande, Allemagne et évidemment les Conquistador, Espagne et Portugal.

Et donc pourquoi cette cette ce rapide rappel historique ? et bien c'est que si donc on se pen sur la la la millation massive de population africaine et bien d'après plusieurs historiens notamment congolais comme Isedorine Dawell et bien une majorité de cette population provenait de l'embouchure du fleuve Congo et donc de ce qu'on appelait à l'époque le royaume Congo. Et donc homme, femme et êtres humain à à homme, femme, enfant pardon, être humain à hauteur entre 10 et 13 millions sur de siècles et demi vont être déplacés pour finalement on pourrait dire que c'est quasiment une une force de travail qui est extraite pour alimenter l'économie naissente qui va faire connexion entre l'Afrique, le le l'Amérique et l'Europe et donc donner naissance ou participer en tout cas à la naissance du du capitalisme et à mettre en branle des marchés internationaux pour faire vite.

Donc ça c'est la première salve. Si on passe à la deuxème salle, effectivement, tu l'as évoqué 19e siècle en pleine révolution industrielle. Et bien après avoir exploité, si je puis dire, les êtres humains en Afrique, on s'intéresse aux matières premières, aux ressources naturelles et donc on a l'époque des puissances coloniales qui sont à l'affu de nouveaux marchés internationaux et de ressources naturelles pour les alimenter.

Et il s'avère qu'à l'époque, en pleine révolution industrielle, il y a euh pardon, je vais la faire autrement. Il y a il y a il y a il y a donc le continent africain évidemment est est est identifié pour exploiter plusieurs ressources naturelles et déjà à l'époque de ce qu'on appelle la conférence de Berlin où en 1885 14 puissances coloniale d'une vanité certaine se ce se partage comme lui dirait effectivement le roi belge Leéopold I le gâteau africain et également pour cette conférence de Berlin le Congo était central notamment puisque à travers le fleuve Congo C'était une c'est une possibilité de transport maritime de faire acheminer les matières premières vers des comptoirs et de les exporter vers les métropoles. Et donc Leéopold 2 enfin diplomate va s'octroyer effectivement plus de 2 millions de kilomètres carr donc ce qui correspond plus ou moins au frontière actuelle de de la RDC et notamment avec comme enjeu central de piller les ressources agricoles, les ressources forestières avant les ressources minières et il y a notamment des ressources qui sont ciblées.

Alors on peut penser au bois, on peut penser à l'ivoire mais surtout au caoutchou. Et pourquoi le caoutchou ? puisque 2è par 2è moitié du 8e siècle et bien c'est le la naissance de l'industrie du pneu qui elle-même va donner naissance à l'industrie du vélo et surtout à l'industrie de l'automobile.

Donc finalement, on se rend compte que à nouveau va se mettre en place un un un un système cruel barbare par Léopol 2 qui effectivement, tu l'as rappelé, c'est quand même assez unique dans l'histoire coloniale sera propriétaire. Donc le le Congo sera une propriété privée, personnelle, c'est non pas la propriété d'un État, d'un gouvernement ou d'un pays, mais d'un seul homme. et donc a évidemment identifier à travers les forts équatoriales des des des des ressources énormes en caoutchou et donc va participer en tout cas le Congo de l'époque entre 185 et 1906, époque où où Léopol I sera obligé de rendre le le le Congo à la Belgique et bien va mettre en place un système d'exploitation système basé sur du travail forcé.

Certains historiens diront que ce serait quasiment même pire que pendant la période négrière et avec une armée aussi d'une cruauté inouie pour ben, on peut dire littéralement faire produire le Congo, faire produire les forêts congolaises et donc alimenter l'industrie d'automobile naissante. Et donc finalement, on se rend compte que à nouveau le Congo par au sein de cette révolution industrielle a un rôle très important. Alors, je vais peut-être un peu plus vite pour arriver à aujourd'hui, mais en fait, on se rend compte que de nombreux événements mondiaux, y compris par exemple les guerres mondiales, et bien le Congo joue souvent une rôle une place et un rôle important.

Je pense notamment au conflits meurtriers, aux guerres mondiales et d'ailleurs ça peut faire écho avec aujourd'hui puisque des guerres, il faut les financer mais il faut aussi les produire. Et donc là encore, on retrouve de nombreux métaux euh et des métaux essentiels en temps de guerre qu'on peut retrouver au Congo. Je pense par exemple au auxin au plombanaise au cuivre et qui d'ailleurs sera cette production minière sera largement augmentée lors de la Première Guerre mondiale pour les les puissances impérialistes entre 14 18 et à nouveau pendant 40 45 et quand même fait important.

Vous le savez sans doute, la bombe atomique qui sera déversée en 45 sur Hiroshima et Nagzaki sera produite à partir de l'uranium du Katanga, donc riche province minière du Congo. Donc finalement, quand on avance comme ça dans le temps, on se rend compte que le sol et le sous-sol congolais participent à chaque fois de de de de l'histoire mondiale. Alors, je vous passe le début, on va dire, de la deuxème moitié du 20e siècle.

Bien que si je parlais de guerre, on est sur la période de la guerre froide de la course à l'armement, époque encore où le Congo est un premier producteur d'uranium, mais aussi d'autres métaux de guerre comme le cobalt ou le Coletan, je vais y revenir et c'est une des raisons principales évidemment pour laquelle Patrice Lumumba est assassiné en 1960 puisque il voulait tout simplement faire en sorte que les ressources naturelles profitent enfin si je puis dire aux populations congolaises et soi socialisé. Et donc évidemment, c'était inadmissible pour les puissances mondiales de l'époque euh États-Unis, euh Belgique et France en tête. Et donc Lumumumba sera assassiné, il fera pas 6 mois au pouvoir suite à un complot, un vrai complot si je puis dire cette fois-ci puisqu'on en parle beaucoup en ce moment, un complot un complot international justement concocté par les États-Unis, la Belgique, la CIA et et dans une moindre mesure l'ONU.

Donc bref, le Mumumba est assassiné. On met on place Mobuto au pouvoir pour toujours gérer finalement ce capital minier financier par les par les par les puissances capitalistes. Et donc on arrive années 90 nouvelle révolution industrielle si je puis dire en tout cas transformation technologique avec cette dite révolution numérique ou informatisation du monde.

Et à nouveau, le Congo, le sous-sol congolais correspond à cette nouvelle révolution qui est évidemment basé sur des ressources naturelles, des matières premières et en premier lieu des métaux. Et donc en 96 97 se déclenche ce qu'on appelle la première guerre du Congo. Alors ce que j'ai tendance à faire c'est d'essayer de mettre en perspective à la fois le contexte international et le contexte local ou régional à à c'est-à-dire africain.

Donc comme je vous disais, le contexte international, il est plutôt sur le fait progressivement d'une d'une transformation technologique profonde. différents secteurs économiqu industriels ont identifié l'Afrique à nouveau comme étant le continent qui pourrait permettre d'alimenter de nombreux métaux indispensables à cette révolution. Et donc on a le secteur de la finance, on a aussi le secteur extractif mondial qui a bien ciblé que cette nouvelle rue minière, si je puis dire en tout cas nouveau Far West, c'est au Congo que ça se passe puisque sont disponibles de nombreux métaux qui vont entrer tout simplement dans la composition de la téléphonie mobile qui apparaît et aussi des réseaux internet sur la deuxième moitié des années 90.

Alors pour être bien clair et pour bien comprendre ce lien entre ces guerres déclenchées au Congo et et le le sous-sol riche euh et qui correspond à cette révolution industrielle, alors je vous parle pas, je je pas le temps, on va pas détailler puisque aujourd'hui un un un smartphone, c'est à peu près une soixantaine de matières premières dont 50 métaux, hein. qui ont fait rapidement un rapide historique. C'est intéressant aussi de voir et ça permet de démonter ce ce concept ou ce faux mot mensonger de dématérialisation qui a été rapidement évoqué qui est vraiment qui fait partie de de l'idologie du capitalisme contemporain.

On pourra aussi ajouter le terme transition. Si on prend un un une courte histoire du téléphone, et bien on se rend compte comment finalement plus on technologise, plus on rend les appareils efficace euh pratique euh puissant et bien plus on a besoin d'exercer une pression terrestre géologique et physique sur le sol. Si vous vous rappelez pour les plus âgés dans la salle, les premiers téléphones fixes dans les années 50, c'était à peu près 50 60 une dizaine de métaux.

Euh quand on passe dans les années 1990, on passe à une trentaine de métaux pour fabriquer les premiers téléphones portables, ce qu'on appellera aujourd'hui les téléphones à claper ou les téléphones à touche. Et aujourd'hui, dans les années 2020, un smartphone he je crois que le dernier iPhone 16, c'est 64 matières premières dont une cinquantaine de métau. Donc vous voyez que finalement une cinquantaine de métau, qu'est-ce que ça veut dire ? potentiellement c'est une cinquantaine de territoires qu'il va falloir convoiter voir sacaraît voir exproprier les populations pour pouvoir en tirer des bénéfices des minerais.

Et donc parmi ces métaux, je vous en citerai tout simplement quatre qu'on appelle des minerais de sang ou des minerais de conflit depuis déjà le début des années 2000 euh puisque des ONG a fait des campagnes contre ce qu'on appelait euh les les les téléphones de sang. C'était pas de sang dans mon téléphone ou pas de GSM. euh dans mon portable.

Et donc quels sont ces ces quatre minerais qu'on trouve abondamment euh au au Congo ? Euh ce sont bah par exemple peut-être que ça vous parlait le Coletant. Alors ça a été dit un minerai une fois transformé ça donne un un métal.

Le coltant une fois transformé ça donne le tental. Le Tental, c'est indispensable pour fabriquer les condensateurs. C'est tout tout petits composants qui ont notamment permis de miniaturiser nos nos téléphones qu'il faut plutôt appeler aujourd'hui hordiphone et qui donc métal disratégique qui est notamment prisé pour sa forte résistance à la chaleur et à la corrosion pour donner une image sans sans ce métal dans votre téléphone dans votre smartphone dans votre smartphone pardon il vous exploserez en quelques minutes dans la main.

Il s'avère que 80 % de la production mondiale de Tental est destinée au secteur électronique et il s'avère dans le même temps que dans l'est du Congo, une région qu'on appelle le Kivou, bien que ça a été séparé en trois provinces, Nord Kivou, Sid Kivou et Uturi, on a à peu près 2/ tiers des réserves mondiales et même si les chiffres sont souvent difficiles à à à à dire précisément puisqueil y a une exploit il y a il y a un pillage des des des pays voisins au Rwanda en tête mais aussi au ganda, mais il s'avère que au moins la moitié de la production mondiale de total est issue du Congo et sans doute plus si on ramène les pourcentages que le Rwanda défend. Donc rien qu'avec ce métal, il est fondamental dans l'électronique et on le retrouve dans tous nos gadgets technologiques du quotidien. Deuxième métal, deuxème minerai pardon, c'est la cassité qui une fois transformée donne l'état.

L'État, on en trouve aussi beaucoup dans l'est du Congo, on en trouve ailleurs en Indonésie ou dans d'autres endroits du monde. Euh l'ét, ça sert notamment à pour toutes les soudures des circuits euh électroniques et euh par exemple associé à l'indium, ça permet aux écrans de les rendre tactiles. Donc on voit bien qu'on est toujours dans ces gadgets du quotidien.

Euh il s'avère que il y a une mine très importante, je crois que c'est la 3e mine mondiale euh à Bisy, donc dans le dans le Nord Kivou, qui a été euh qui a été euh conquise si je puis dire et contrôlé depuis 1 an par le groupe armé M23. euh j'y reviendrai peut-être si j'ai le temps. Ensuite, 3è minerai, peut-être le moins connu, c'est le Volfram qui une fois transformé donne le Tungsten.

Et bien le Tungsten très concrètement, on peut le retrouver euh dans les haut-parleurs ou dans les micros de nos de nos de nos téléphones portables. Et puis 4e métal dont on pense peut-être un peu moins, c'est l'or, donc le métal jaune qui sert aussi ou qu'on retrouve en tout cas dans les cartes mères et les circus imprimés et qu'on trouve aussi de façon abondante dans l'est et le nord-est du Congo. Donc bref, c'est à partir de ces quatre minerais, quatre minerais, quatre métaux que se met en place depuis 1996, ce qu'on peut amener ce qu'on peut appeler une économie de guerre, une économie militarisée où finalement l'exploitation de ces ressources minières et sa commercialisation vont être faites à la fois par des armées voisines.

Donc là, je vous parle de l'est du Congo, de la partie orientale qui est la partie qui est aussi le Congo minier euh et qui va être convoité, exploité aussi par les armées voisines à savoir l'Oua, le Rwanda et le Burundi. et donc qui avec des opposants à l'époque constitueront une coalition qu'on appellera FDL et qui avait aussi pour but de chasser Mobutu, qui avait aussi pour but d'assurer la sécurité dans l'est du Congo notamment suite au génocide des Touti qui a été évoqué et où des groupes anciens génocidaires restaient et préparaient limite des attaques contre le Rwanda. Donc bref, on a plusieurs groupes armées, des armées gouvernementales, mais des des groupes armés aussi non gouvernementaux qui vont euh s'enrichir, se financer à partir de cette exploitation et de cette commercialisation des des ressources minières.

Et donc on a, je vous disais 80, j'essaie de faire vite he parce que le temps, je sais pas, ça va ça va, je essayie de parler plus vite que ce que je peux. Donc 96 97 première guerre 2e guerre du Congo 982003 qui a été effectivement identifiée comme la première guerre mondiale africaine he qui a mis en jeu euh hou neuf états euh des multinationales euh des groupes armés congolais et étrangers et puis donc on parle de d' enfin il y a des réels accords de paix en 2003 mais finalement de 2004 à 2024 2025 aujourd'hui donc période aussi sur laquelle je me suis pensé dans mon ouvrage et bien finalement alors On parle pas de guerre mais on parle ou de guerre de kivou ou de reprise de conflit et finalement si on observe et si on se penche sur les innovations technologique au sein de cette courte période de révolution numérique et bien on voit que les les les innovations technologiques sont souvent liées à des tensions dans dans cette partie du monde. J'en on peut on peut en évoquer deux.

Par exemple, si on évoque l'invention, l'apparition du smartphone en 20072008, bien qu'est-ce qu'on observe au Kivou ? et bien une militarisation croissante et une augmentation de la production minière. Si on regarde la période de 2010 à 2012, donc l'avénement de la tablette, idem, répétition de nouveaux groupes armés, travail d'enfants, violence sexuelle et cetera et production minière qui augmentent.

Donc finalement, on on se rend compte que voilà toutes ces innovations et bien alimentent une cette économie de guerre, la renouvelle, la reconfigure mais finalement la la fait perdurer. Et puis pour revenir sur le l'aspect un peu plus contemporain, plus actuel, et bien effectivement novembre 2021, un groupe armé qui s'appelle le M23 comme je disais tout à l'heure donc qui est largement appuyé financé par le Rwanda et bien a envahi le le le Congo euh en donc en fin 2021. un quelques mois d'ailleurs avant le l'invasion russe en Ukraine et c'est vrai que d'un point de vue médiatique, on parle quand même beaucoup moins du Congo et pourtant il y a une réelle guerre, il y a une il y a une violation de l'intégrité territoriale d'un pays par un autre, même si cette guerre a plusieurs dimensions et et bon ça ça mériterait de développer un petit peu.

On y reviendra peut-être après. Toujours est-il que si on essaie de se pencher cette fois-ci sur quelle est la l'innovation, la transformation technologique, je ne sais pas si innovation en tout cas, il y a sans doute des projets industriels et technologiques qui sont réaffirmés. Et si vous croisez plusieurs rapports, par exemple, je me suis amusé à lire les rapports du BRGM qui a été cité, le bureau des recherches géologiques minières et bien d'autres de spécialistes des métaux.

Et bien qu'est-ce qu'on voit sur 2019, 2020 que pour la 5G, pour la voiture électrique, pour la transition dit transition numérique énergétique et désormais pour l'intelligence artificielle et bien il faut du Tental, il faut du Coletant mais il faut aussi du lithium, du cobalt et d'autres minerais que je n'ai pas cité. puisqu'on parle de quatre miner de sang, mais on pourrait largement ajouter à cette liste le cobalt qui est très présent, même énormément présent au Congo. Alors cette fois-ci qui ne participe pas directement à la guerre qu'on appelle la guerre à l'est, mais finalement c'est bien pour ça que c'est une guerre économique et une guerre des ressources plus que puisqueon on on a on fait face aussi à des logiques de prédation, à des logiques d'exploitation de de de ces terres.

Il faut savoir tout de même que le cobalt donc avec le lithium sert à fabriquer des batteries pour les téléphones et ordinateurs portable mais aussi et peut-être surtout pour les voitures électriques et bien 80 % des réserves mondiales se trouvent au Congo donc dans cette région au Katanga. Donc là on est plutôt au sud-est frontalier à la Zambie et 75 % de la production est assurée par le Congo et large avec une main mise large de la Chine. Ce qui génère d'ailleurs une nouvelle géopolitique des matières premières et des conflits ou en tout cas des initiatives ou des accords des partenariats soit avec l'Union européenne soit avec les États-Unis ou en tout cas les gros pôles qu'on pourrait appeler impériaux ou impérialistes.

Donc le lithium a été évoqué et aussi je pourrais ajouter par exemple le germanium où le Congo est aussi un grand exportateur mondial et le germanium ça sert par exemple à la technologie wifi ou à la fibre optique et on peut aussi ajouter par exemple le cuivre puisque le Congo est le premier producteur africain de cuivre et le trisème producteur mondial et le cuivre ça sert parmi tant d'autres choses à fabriquer des câbles sous-marins et souterrains. Donc vous voyez que si on discute à la fois les terminaux et les infrastructures dites digitales, et bien finalement on accumule on accumule toujours plus de métaux en en qualité, en diversité et en quantité. Alors peut-être juste pour finir si j'ai une minute tout de même puisque bien que ça soit un petit peu médiatisé, je trouve que ça l'est pas assez et je pense qu'il faut toujours rappeler le coût écologique et humain qui est quand même terrifiant.

Euh je ne suis pas un spécialiste de tous les conflits armés sur terre, mais je pense quand même qu'on affaire à l'une des plus graves des plus grandes tragédies contemporaine humaine de de ces 20 30 dernières années puisque euh alors bon les impacts écologiques environnementaux ont été évoqués évidemment c'est les mêmes partout. On retrouve une eau polluée contaminée des cours d'eau, des lacs, des rivières, des naps fréatiques qui sont complètement contaminés par différents métaux ou par des euh produits chimiques et toxiques qui sont utilisés pour l'extraction minière. Euh si si on se penche par exemple sur des épidémiologistes avec qui j'ai pu m'entretenir à Lubumbach à Colzi toute cette partie où en fait sur des kilomètres et des dizaines de kilomètres de cours d'eau où il y a tout simplement plus de vie aquatique, plus de plus de faunl poisson sans compter que ça peut aussi terminer dans la chaîne alimentaire et que ça peut provoquer donc ce désastre écologique et souvent un désastre sanitaire bien des problèmes de cancer, des problèmes de peau, voire des malformations congénitales.

Donc on est vraiment sur des choses très graves. On est on a aussi évidemment la question de la pollution de l'air, on a la destruction de de la forêt congolaise puisqu'on trouve aussi bien que ça soit principalement des hydrocarbures mais aussi des des terrains et des sites miniers notamment du Coltan qui participe à déforestation au Congo. He je crois que c'est à peu près 500000 hectares qui disparaissent par an au Congo.

Il y a aussi évidemment la question des terres puisque comme ça a été évoqué, chaque terre qui est exploitée d'un point de vue minier va être n'est plus cultivable. Sont considérés comme des terres mortes et c'est là aussi sans doute le drame et ça peut faire la transition avec le le le drame humain à savoir que notamment dans l'est du Congo, on a faire à des terres très riches qui sont très nourrissières, qui pourraient être très fertiles et qui euh pour alimenter une production agricole et une subsistance alimentaire. Et au lieu de ça, qu'est-ce qu'on observe ?

Ce sont des des collines déboisées, des terres qui pourraient produire beaucoup et qui sont tout simplement tout simplement mortes. Et donc pour faire la transition sur le sur le sur le comment dire sur le sur le drame humain, sur cette tragédie humaine, bien depuis 30 ans, on parle tout de même plusieurs millions de morts même si les chiffres sont discutés et même si parfois on affaire à des chiffres farfelus. En tout cas, d'après la plupart des analystes, des observateurs, c'est le conflit le plus sanglant et le plus meurtrier depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

On a 4 millions de réfugiés, 7 millions euh de déplacés et apparemment auquel il faut ajouter 2 millions depuis le début de l'année. On quand je vous parlais de de comment dire de de de production agricole et de substance alimentaire sur 100 millions d'habitants, l'ONU évoque 28 millions de personnes qui sont en situation de malnutrition aigue, donc pour ne pas dire de quasi famine. Et puis à travers les différentes violences, violations, exaction, il y a évidemment qui a été un petit peu plus médiatisé et connu la question des violences sexuelles, des mutilations génitales et des viols notamment par le médecin gynécologue congolais qui s'appelle Den Muk peut-être qui est le prix Nobel de la paix en 2018 et bien d'autres prix et qui depuis 1999, date à laquelle il a créé un hôpital à Bouavou qui s'appelle l'hôpital de Penzi, et bien il prend en charge ses victimes de violence sexuelle, elles sont chiffrées.

C'est complètement fou. À plusieurs centaines de milliers, on évoque 500000 femmes fillettes euh qui sont qui sont qui sont viol ou ou victimes de violence sexuelle depuis 30 ans. Et à ce titre, j'aime bien finir si je puis dire par un tout tout petit extrait de Moukwegé lors de son j'ai y arrivé discours en en en 2018 puisque il comment dire il cible bien les les les le enfin le la la le nerf de la guerre si je puis dire.

Je arrê de parler, c'est plus simple. Donc, permettez-moi de vous lire ce petit extrait de de son discours lors de sa de de de la réception de son prix Nobel de la paix qui je pense résume bien le malheureusement le ce qui se passe depuis 30 ans. L'abondance de nos ressources naturelles or, Coltan, cobalt et autres minerais stratégiques alimente la guerre source de la violence extrême et de la pauvreté abjecte. au Congo.

J'ai moi-même un smartphone. Ces objets contiennent des minerais qu'on trouve chez nous, souvent extrait dans des conditions inhumaines par de jeunes enfants victimes d'intimidation et de violence sexuelle. En conduisant votre voiture électrique, en utilisant votre smartphone, réfléchissez un instant au coût humain de la fabrication de ces objets.

En tant que consommateur, le moins que l'on puisse faire est d'insister pour que ces produits soient fabriqués dans leur respect de la dignité humaine. Bébés, filles, jeune femmes, mère, grand-mère et aussi les hommes et les garçons sont violés de façon cruelle, souvent en public et en collectif, en insérant du plastique brûlant ou en introduisant des objets contendants dans leur partie génitale. Le peuple congolais est humilié, maltraité et massacré depuis plus de deux décennies au vu et au su de la communauté internationale.

Aujourd'hui, avec les nouvelles technologies de l'information, de la communication, plus personne ne peut dire "Je ne savais pas". Fin de citation. Donc merci, merci à tous les trois.

Euh comme prévu, comme je l'avais dit tout à l'heure, je je crois que dans la salle il y a un certain nombre de de collègues, de camarades qui s'intéressent au sujet vu la le sondage que tu as fait tout à l'heure. Je vais donc passer la parole pour une série de questions. On va se donner euh une quinzaine de minutes.

Donc si c'est possible de faire des questions courtes, on va les prendre par série de trois et à la fin je vous donnerai la parole à à chacun d'entre vous pour faire une petite conclusion. pour nous expliquer comment on arrive, est-ce qu'on peut arriver un jour à une sobriété métale, est-ce qu'une sobriété métale est possible ? Euh pour aussi évoquer la question du rôle de la France et de l'Union européenne dans ce qui est finalement potentiellement un conflit en Europe, un conflit économique et commercial euh voilà au Groenlande avec la Chine, les États-Unis et cetera.

Et puis enfin peut-être comment est-ce qu'on arrive ? Est-ce qu'il est possible d'arriver à une réappropriation des ressources par les populations ? Puisque le voit lorsqu'on interroge les populations sur le devenir de leurs ressources et bien elles sont capables de se prononcer.

Il y a eu un grand mouvement par exemple au Panama euh pour déjouer des projets. Enfin évidemment qui a pas été qui a pas été au bout, qui a été d'une certaine manière un peu réprimée mais en tout cas quand on interroge les populations, elles sont capables de dire aussi ce qu'elles veulent euh pour elles-mêmes. Donc je voulais passer la parole au public. s'il vous plaît, très court, on essaie d'alterner homme-femme.

Euh merci pour tous ces témoignages. Moi, je suis un peu troublé par tout ce qui a été dit. Je pensais connaître en fait je connais pas euh que c'est pas si bien que ça.

Euh est-ce que politiquement en fait il faut pas penser euh une utilisation des usages sur les les produits et les services qui impliquent tous ces malheurs sur le numérique mais pas seulement aussi sur le transport notamment la voiture. Voilà. Est-ce qu'il y a une femme ?

Oui, merci à vous. Euh la question que je me pose, c'est euh je peux comprendre les besoins des des de ces métaux. Je peux espérer que les gens travaillent dans des meilleures conditions, mais je me demande pourquoi ça rajoute tant de violence dans de viol et de pourquoi ça se rajoute en plus de tout ça ?

Voilà ça. Euh qu'est-ce que vous avez à dire là-dessus ? Oui, mais merci de ce paysage un peu apocalyptique.

De question, c'est euh pourquoi le silence relatif dans les médias sur ce qui se passe au Congo ? Et 2è question, c'est euh le recyclage euh est-il une illusion dans ce paysage euh des terres rares et des minéraux critiques ? Alors euh alors Mika et Fabien peuvent répondre mais je vais donner la parole à Fabien qui doit nous quitter pour prendre le train en premier.

Oui. Alors bah peut-être alors bon c'est des hypothèses à répondre. C'est difficile notamment sur cette sur cette violence.

Euh alors si on revient quand même pour être un peu plus précis sur cette question des des des viols et Mukogé mieux quiconque le le décrit. Euh il montre bien que le le mais c'est ça c'est ça a aussi été vrai dans d'autres conflits que le viol est vraiment utilisé si je puis dire comme comme une arme de guerre et il montrait bien que de nombreux viols sont notamment établis autour de site de carém minier et que c'est vraiment conçu réfléchis si je puis dire comme une violence politique euh comme un moyen de de de de s'accaparer de de de des territoires qui sont riches en minerai puisqueà travers ces processus et les et les les les criminels le savent Très bien. On on détruit les communautés, on s'aime la terreur, on on casse le tissu social et finalement les populations fuient et c'est vraiment comme c'est vraiment un moyen de de voilà de de pouvoir acquérir des des des donc là, on est vraiment sur une violence terrifiante qui peut être considérée aussi comme une violence politique et une stratégie vraiment à à des fins minières.

Euh sans doute ça n'explique pas tout puisque là il faudrait sans doute rentrer dans des considérations historiques, anthropologiques, je ne sais quoi. Mais ce qui est intéressant, c'est de montrer qu'en tout cas euh cette économie euh qui est une économie numérique mais plus génement une économie technologique en tout cas capitaliste, enfin repose et fondé et si on on prend le prisme du Congo depuis 5 siècles par vraiment des des une violation permanente de la dignité humaine, des droits humains et et et faite de multiples massacra exact. Donc on on touche là quand même, je pense, un point central à savoir que ce capitalisme mondialisé, y compris que son nouveau stade technologique et numérique et bien vraiment répond sur une violence structurelle qui qui se décline en différentes façons.

Et bon, voilà, c'est c'est une une des façons pour pour répondre. Et peut-être rapidement sur le silence médiatique, j'ai envie de dire souvent, j'aimerais bien qu'on y réponde collectivement. Je ne sais pas quoi répondre à cette à cette réponse.

Bien sûr, j'ai des éléments de de réponse ou des hypothèses. C'est évident que les enjeux financiers, économiques sont monstrueux. C'est évident que des acteurs par exemple comme les big tech n'ont pas intérêt à ce que ça sache beaucoup plus.

Donc ils vont pas inciter à travers leurs empiresou, leurs groupes médiatiques à faire en sorte que le Congo ne soit pas traité seulement de façon épisodique par des petits reportages ou des choses comme ça ou des entretiens ou mais vraiment comme quelque chose qui fasse l'actualité où on devrait en parler trois quatre fois 5 cinq fois par jour dans toutes les dans toutes les presses, dans toutes les radios, dans enfin comme on le fait pour d'autres guerres ce qui se passe par exemple à Gaza ou en Ukraine bien que ça peut être mal discuté ou mal médiatisé, ça c'est un autre débat mais c'est vrai que le que le le et puis je pense ça a été dit aussi que les guerres malheureusement en Afrique sont souvent aussi considérées comme des guerres ethniques communautaires foncières on va convoquer d'autres facteurs d'autres origines et finalement souvent on dépolitise on déséconomise et aujourd'hui il faudrait presque dire on détechnologise ces guerres et et bon voilà c'est sans doute quelques quelques éléments de réponse par rapport au à la situation de la RDC et du Rwanda. Il y a aussi une spécificité française qui est liée à l'héritage colonial puis à l'héritage du génocide des touts. C'est en fait quelque chose qui s'est traduit en France par, on pourrait dire un conflit de classe.

C'est-à-dire que finalement euh il y a il y a il y a une diaspora rwandaise qui défend très très fortement l'histoire récente et et qui a raison d'attaquer la France, la responsabilité de la France. Mais euh culturellement, elle occupe pas la même position que la diaspora congolaise en France. C'est pas du tout le même univers, c'est pas les mêmes intérêts.

Et euh il y a une gêne, moi j'ai j'ai travaillé récemment sur le Congo, j'ai publié plusieurs articles et j'ai vraiment ressenti euh cette gêne dans les milieux culturels, dans les milieux politisés, donc par exemple dans les espaces politiques comme celui-ci, à prendre position sur cette question et à clairement dire les choses. C'est-à-dire le Rwanda est en train de mener une guerre impériale. En fait, c'est un proxy des guerres impériales occidentales en RDC, une guerre de conquête dans toute son horreur.

Et il y a une difficulté à dire ça en France à cause de la responsabilité de la France dans le le génocide. Euh voilà. En plus, en plus c'est enfin il y a il y a clairement un appui là-dessus, un appel sur les ressort de culpabilité de de de la France par rapport au génocide des touch.

À toi la parole Mika. Merci. Je vais essayer de faire court, je vous promets.

Donc politiquement, est-ce qu'il faut penser une mutualisation des usages ? Bah oui, on peut parler mutualisation collectivisation comme Jean-Luc Mélenchon hier soir. Effectivement oui, il y a pas d'autres choix.

Donc ça c'est le premier point. 2è point, quit du recyclage des terres rares. Le sujet du recyclage des terres rares, il est clé parce que d'un côté, on a la Commission européenne qui nous dit "C'est bon, on va régler une partie de notre problème grâce au recyclage." Sauf qu'en fait, il y a tellement peu de grammes de et encore gram parfois je suis gentil euh de terre rare.

Et Terrar, encore une fois, c'est une famille de 17 métaux, hein. Donc il y a quelques grammes à peine par-ci par là dans telle ou telle machine qui font que Infin pour pouvoir développer une filière du recyclage, il faudrait qu'il y ait des moyens mises en œuvre pour la collecte des des des machines et cetera qui soient tel que en fait ça demande des investissements qu'aujourd'hui le gouvernement n'est clairement pas mettre prêt à mettre en œuvre ni les les organismes de de écogestion des déchets et puis c'est eux-mêmes pour ce recyclage très très cher d'apo point de vue adjuvant chimique et évidemment derrière c'est un véritable problème écologique que le recyclage des terrars eux-mêmes. Dernier point rapidement sur la question du silence relatif des médias.

Alors je vais pas parler du cas RDC sur lequel je suis pas interrogé. En revanche sur le cas du Groenland par exemple, je voudrais vous partager une anecdote pour illustrer mon propos en 10 secondes. J'étais sur une chaîne info en continu que je citerai pas au mois de février.

On m'invite à distance pour parler du Groenland. C'est très bien. C'éit la première fois que je que j'avais la chance d'arriver chez eux pour parler de ça.

On m'a donné 2 minutes 30 en cumulé à distance alors qu'il y avait cinq autres personnes en plateau qui connaissaient rien au sujet qui eux en ont eu plus de 10 minutes. Et on m'a coupé la chic au bout de ma troisème intervention pour passer la parole à Louis SarkoZi. Vous êtes spécialiste Louis Sarkozi, vous êtes spécialiste des États-Unis.

Vous connaissez très bien ce pays. Vous avez écrit une biographie de Napoléon. Qu'est-ce que Donald Trump fait au Groenland ?

Évidemment Louis SarkoZi raconte n'importe quoi ensuite. Et j'ai pas les moyens de venir corriger quoi que ce soit. Si vous voulez, il y a une vraie problématique qui est liée au fait que les journalistes qui connaissent quelque chose ou qui veulent parler du sujet n'ont pas la possibilité de pouvoir le faire autant qu'il se devrai et de l'autre côté bah tout simplement c'est une prime à l'audience, une prime au bon client.

Et de fait bah si vous êtes pas disponible, si vous avez un boulot, si vous voilà vous pouvez pas aller sur le plateau, bah de fait on va inviter un bon client qui peut-être n'y connaîtra rien, c'est pas le sujet. Et dernier point, madame, vous vous évoquiez cette question de pourquoi se rajoute tant de violence ? Parce qu'on est dans un monde pétroasculiniste qui est également un monde métallo-masculiniste.

Alors, qu'est-ce que je veux dire par là ? Je veux dire que la violence structurelle qu'évoquaient mes collègues à l'instant, elle s'exprime à la fois en terme d'idéaux de consommation basé sur des logiques de puissance énergétique. Typiquement, ce que les partisans de Trump vont mettre en avant en terme de idéal de consommation, ce ne sont quasiment que des activités très énergivores et évidemment basé sur du fossile, donc très polluante.

Pensez au barbecue, pensez à la guerre, pensez à tout ce que vous voulez de ce genre-là. mais aussi une expression de la puissance systémique d'un point de vue diplomatique. Et là, j'en reviens avec au Groenland en quelques secondes.

Donald Trump disait au début de l'année à propos des Danois et puis son vice-président l'a dit aussi, il est encore pire que lui, les les Danois sont vraiment pas des bons alliés concernant le Groenland. Alors que les Danois ont fait la les guerres États-uniennes partout, toujours depuis 25 ans. C'est l'allié militaire le plus fidèle des États-Unis.

Mais non, c'est pas un bon allié. Pourquoi c'est pas un bon allié ? Parce que selon Donald Trump, JD V et toute l'équipe administration, les Danois ont laissé les Groenlandais obtenir la compétence souveraine de gestion de leurs ressources naturelles.

Ils n'ont pas fait comme d'autres pays avec leurs outreemères, bah tout simplement une logique de contrôle. Depuis 2009, je vous l'ai dit, le gouvernement autonome de Nou décide comme il l'entend et aujourd'hui c'est une femme qui est ministre Naya Nathanelsen de la politique d'extraction quelle qu'elle soit en terme de de de ressources aliotiques comme de ressources minérales. Et donc dans ce contexte, Donald Trump nous dit "Mais attendez, moi je suis les États-Unis d'Amérique.

Le Groenland, c'est un pays de 2,2 millions de kmè carr donc équivalent à l'Algérie, équivalent à la RDC, mais ils sont que 57000 habitants. Pourquoi moi Donald Trump je vais me soumettre alors que j'ai l'armée la plus puissante du monde, l'économie la plus puissante du monde à 57000 bonhommes. Et donc c'est dans ce contexte là d'assymétrie de la puissance qu'en réalité à Washington s'exprimait depuis plusieurs années et s'exprime maintenant sur la scène internationale cette question de la captation du Groenland.

La violence pour moi, de mon point de vue, elle vient de cette asymétrie de puissance. Et je vous ai pas parlé de l'Antarctique, mais en Antarctique, on retrouve la même chose. Qui va défendre l'Antarctique ? de quand les Russes viennent en 2020 relancer les explorations pour le pétrole en Antarctique, quand les Japonais viennent exploiter les baleines, quand les Chinois et les Norvégiens, histoire de parler d'un acteur européen, viennent exploiter le kill, donc les petites crevettes super protéinées qui nous servent pour faire nos bonnes géules d'oméga 3 qu'on retrouve en pharmacie ou qu'on retrouve dans l'aquaculture notamment l'aquaculture semonière en Norvège évidemment ou en Chine.

Bah de fait, on retrouve encore une fois des asymétries de puissance et dè ces de ces asymétries de puissance naissent en tout cas de mon point de vue les violences qui s'ajoute à toutes les logiques qu'on a évoqué. Il nous reste trois questions parce qu'ensuite on doit on doit libérer l'espace. Alors là, il va falloir arbitrer.

Je te laisse faire. Alors pour une femme. Merci.

Merci beaucoup. C'est extrêmement intéressant le débat et moi j'ai une question sur comment on peut construire des véritables solidarités internationales sur ces questions parce que quand je me parle avec des militantes ou des personnes même concernées, je vais faire un voyage au Pérou justement pour creuser les questions liées à l'exploitation minière. et ben ils me disent "Bah c'est bien gentil le discours de la de la décroissance euh en Europe et c'est extrêmement important euh enfin réfléchir à cette question." Mais il est aussi en problème de justice euh parce que d'où moment qu'on a construit des dépendances structurelles telles qui fait que ben comme vous l'avez bien dit, il y a énormément d'économies paysanes, des subsistences qui ont été complètement commodifiées par au monarisation totale de la société en dépendance structurelle de l'extraction qui fait que bah aujourd'hui ils sont absolument obligés à entrer dans cette dynamique extractiviste pour leur subsistance même parce que justement bah les ressources agricoles, l'eau et tout le reste était complètement pollu. louer et rendu inutilisable.

Euh il y a quand même voilà une question de justice qui s'est pos et voilà enfin nous on doit je pense réfléchir au-delà de dél des croissances ici aussi de comment construire on poste extractivisme aussi que qui soit voilà possible dans les pays concernés. Je vais prendre des gens du fond un peu parce que je suis toujours devant. OK. al une question très très rapide et très simple, c'est de savoir un petit peu qu'est-ce que après le tableau que vous avez décrit, qu'est-ce qu'on peut faire politiquement ?

Et pour la spécifier aussi un petit peu, moi j'ai été journaliste en Colombie, un pays qui est connu pour l'extractivisme sauvage illégal et en fait c'est une notorité publique. Il y a des traces, il y a des leaders communautaires qui sont assassinés, des élus locaux, il y a de la pollution dans la rivière. On peut retrouver des des poissons qui meurent par dizaine quand ils commencent à mettre du mercure tout ça.

Et surtout, il y a des zones où il y a des routes, il y a des machines qui rentrent mais les autres personnes ne peuvent pas rentrer et les gens savent que c'est de l'extraction qui va ensuite être envoyée à l'international pour des compagnies multinationales. Et donc est-ce qu'il y a des choses qu'on peut faire ? Est-ce que on peut saisir des mécanismes judiciaires qui soient ici ou qui soient là-bas ?

Est-ce qu'il y a des institutions internationales qui peuvent être saisies aussi avec la justice ? Enfin, des fois, il y a des pays qui sont poursuivis ou condamnés par des compagnies, je crois que c'est le cas du Congo aussi par exemple, par des compagnies minières. Est-ce que ça peut être l'inverse des fois ?

Est-ce que ça peut être les citoyens qui peuvent faire condamner les compagnies et surtout une fois que nous on sera au pouvoir, est-ce qu'on pourra faire de la collaboration avec certains gouvernements progressistes ? Je pense par exemple à celui de Gustavo Petro, à Loulade da Silva. Et est-ce qu'on arrivera aussi à résoudre ce problème là avec cette collaboration entre partis progressistes ?

Est-ce qu'il y a une femme qui veut poser une question ? Dernière question. Ah ouais, merci beaucoup.

Je voulais juste demander, vous n'avez pas parlé du label fair trade, à quel point c'est naïf de penser que ça peut être un début de solution ou est-ce que finalement de toute façon tout métal extrait est quand même enfin comme l'énergie quoi. La meilleure est celle qu'on consomme pas. Merci. beaucoup de questions, pas assez de temps.

Mais la première chose que moi j'ai envie de dire à la fois par rapport au recyclage, cette question du recyclage et à la fois par rapport à qu'est-ce qu'on peut faire, c'est que en fait je vous ai parlé au début de la demande minérale et par exemple, j'ai donné des chiffres sur la décarbonation théorique et les volumes qui sont exigés, ne serait-ce que pour construire des parcs de véhicules électriques. Mais les chiffres qui sont donnés là, 42 fois plus de cobalt et cetera et cetera, c'est des chiffres pour construire la première génération de véhicules, c'est-à-dire avant qu'on puisse recycler. Et notre problème aujourd'hui, c'est que les grands projets industriels de la décennie, que ce soit l'IA, que ce soit les projets dans bâtiment, que ce soit les projets dans l'armement ou euh ou ou ou ou cela, il repose toujours sur des nouvelles quantités de métaux à extraire et à produire.

Donc le débat du recyclage si vous voulez, il est pas pertinent dans la mesure où la première chose qu'il faut faire et ça c'est une vraie réponse politique, c'est peser pour changer ces politiques industrielles pour qu'on cesse de nous imposer toujours la production d'objets dont on a absolument aucune utilité qui sont à 90 % nuisibles. et par l'IA offrant probablement le meilleur exemple en fait des objets à forte intensité minérale dont la le déploiement repose directement sur la concentration de richesse du néolibéralisme. On peut pas concevoir quelque chose d'ussi fou que l' si on n pas toutes les exemptions fiscales et toute l'oligarchie de la tech qui s'est constituée pendant 40 ans.

Et ça c'est une vraie réponse politique, c'est-à-dire arrêter d'imaginer qu'il va y avoir une mine responsable, mais surtout faire baisser la demande. Alors, je suis d'accord qu'en terme de solidarité internationale, ça suffit pas. Et moi, ce que je repère, c'est qu'il y a un vrai manque au niveau de la connaissance du capitalisme minier français.

C'est-à-dire que on connaît pas suffisamment ce que fait le groupe Iméris, l'héritier de la Penaroya, donc de toutes les mines coloniales françaises, du groupe Rotchield. Et on connaît pas, on ne parle pas suffisamment de ces activités internationales au Brésil mais partout ailleurs dans le monde. On connaît très mal le groupe Eramet qui est l'un des géants miniers européens qui est un groupe français qui est la société le nickel et puis le manganèise du Gabon et le nickel de de l'Indonésie où un peuple premier, un peuple qui n'avait eu jamais aucun contact avec la civilisation occidentale est en train d'être maintenant dérangé par l'activité nickel des ramètes.

Donc l'impunité, elle est proportionnelle à l'ignorance. En fait, on connaît beaucoup mieux les activités des grands groupes fossiles, même si on reste assez impuissant face à eux, mais quand même, on connait mieux total et c'est pas forcément logique d'un point de vue capitaliste, économique, sans parler même d'Orano dont les activités restent quand même très très discrètement documenté alors qu'orano est présent sur toute la planète, que c'est plus grands extracteurs de d'uranium au monde. monde.

Donc ça c'est une manière de faire jouer la solidarité internationale, de nous intéresser à nos empires capitalistes. Et l'autre chose qui pourrait constituer une piste pour prendre en compte ce que vous dites, c'est-à-dire oui, il y a une dépendance économique qui a été créée. Ben moi la première réponse que je donnerai c'est quand même que aujourd'hui on peut plus dire que les mines vont permettre la subsistance parce que ne serait-ce que les besoins en eau et les conflits d'usage qui sont créés créent une situation qui est une véritable impasse à très très court terme pour les communautés.

Euh au Chili maintenant les entreprises minières distribuent de l'eau par citerne. Iméris a dû faire distribuer de l'eau par citerne en Amazonnie là où ils ont pollué l'eau définitivement. Donc c'est des tels conflits liés à la pollution que la mine et la subsistance restent enfin sont de plus en plus difficiles à entendre quoi.

Et en même temps, il faut quand même pouvoir s'imaginer euh des une entraide commerciale euh qui pourrait s'appuyer sur les mines artisanales ou les petites coopératives de mineurs. Il y a aucune raison qu'il y ait pas une entraide internationale à ce niveau-là comme il y a bah justement pour le café zapatiste et d'autres choses comme ça. parce que pour l'instant bah ce point d'appui, il a été utilisé assez cyniquement par des grandes entreprises capitalistes qui font l'alliance pour le cobalt équitable et qui vont financer des familles de mineurs de cobalt en RDC, mais ça sert vraiment de green washing.

Alors que cette idée-là pourrait être déclinée de manière très très différente dans un esprit internationaliste. Alors du coup, vu les questions solidarité internationale, que faire ? Euh et que faire en fait c'est les c'est finalement ça donne l'occasion de faire une conclusion.

Donc du coup belle conclusion. Donc en j'ai mis une minute. Ouais vas-y.

Bah challenge accepté. Allez on tente. Merci beaucoup.

En une minute que peut-on faire politiquement ? moins de métal, plus de molécules, mais pas les molécules évidemment fossiles, de molécules renouvelables le plus possible. Attention au piège de l'électrification, attention à tout le discours France 2030 qui consistait à dire on va faire 8 PR, on va tout électrifier, on n' pas les métaux pour ça.

C'est simple, c'est clair, c'est net à nous de le dire et de le faire savoir. Donc les molécules renouvelables sont indispensables. Et pour ce qui est de la solidarité internationale, je vais prendre un exemple pour les 30 dernières secondes qui me restent.

Macron au Groenland. Emmanuel Macron se rend en Groenlande. Première fois qu'un chef d'état français se rend en Groenlande.

C'était le 15 juin dernier euh on the Way sur sur la route du G20 qui était au Canada. Et la question que les Groenlandais disent à la suite de cette visite du Groenland de d'Emmanuel Macron en 4 heures, c'était est-ce que Emmanuel Macron, le président français est venu affirmer une forme de solidarité avec les Groenlandais ou est-ce qu'il est venu essayer finalement de dire "On est mieux nous européens pour exploiter vos ressources que les Américains ne le sont ?" Parce qu'on est quand même moins violent queeux.

Et il y a eu aussi cette logique qui n'a pas dite, il le dit pas comme ça mais qui a été comprise comme ça. Nous on a colonisé, on a décoloniser, on va pas refaire la même chose. Voilà.

Bon donc si vous voulez, il y a un élément très très clair là-dessus. Et qu'est-ce qu'on peut faire ? Laisser donc mes 10 dernières secondes aider nos amis Groenlandais du sud de Narsar Swark en là en l'occurrence à avoir une autre économie beaucoup plus durable basée sur de l'agriculture locale basé sur un tourisme plus responsable plus haut de gamme avec moins de gens qui y vont plutôt que d'aller chercher évidemment des minerais de terre rar d'uranium et cetera à flan de montagne qui casse complètement l'écosystème local mais tout ça on n pas le temps d'aller plus loin donc Nadge pour la conclusion ah je veux pas conclure je vais vous remercier tous les trois pour la qualité de vos interventions et aussi la qualité des questions qui ont été posées qui montrent que les Camarades ont bien compris les enjeux et et ont envie en tout cas de porter ces sujets et de porter des solutions politiques à leur niveau et au niveau de notre mouvement la France insoumise.

Merci à toutes et tous. Bra.