Mort d'Elias, délinquance… l'interview en intégralité de Laurent Nuñez, préfet de police de Paris
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L'invité du jour qui est sur le point de s'installer autour de ce plateau, le préfet de police de Paris, Laurent Nunez, bonsoir. Merci d'être avec nous ce soir. Laurent Nunez, je voudrais bien sûr commencer par ce qui est arrivé au jeune Elias, 14 ans, poignardé à mort à la sortie de son entraînement de foot, alors que deux jeunes tentaient de lui voler son téléphone portable. Les deux suspects sont des mineurs, 16 et 17 ans. L'un des deux a avoué avoir porté ce coup de couteau. La France est un coupe-gorge, Laurent Nunez ?
Non, pas du tout. D'abord, permettez-moi d'avoir une pensée pour la famille d'Elias, pour ses proches. C'est évidemment un drame. Ça ne devrait pas arriver. Ça ne doit pas arriver. Vous savez, les vols avec violence, c'était un fléau il y a encore quelques années. Ils sont en chute libre. Donc nous, côté des services de police, on continue à travailler. Évidemment, vous savez, 2024, les vols violents baissent à Paris, y compris dans le 14e, de plus de 20%. Évidemment, ces chiffres ne pèsent rien à côté du drame et de la mort d'un enfant, d'un adolescent de 14 ans. Ne pèsent rien. Mais nous, on va continuer, évidemment, ce travail de police qui consiste à éradiquer la délinquance.
C'est ce que me demande le ministre de l'Intérieur. C'est ce que je fais. Mais voilà, on va continuer. Mais ce qu'on remarque, au-delà, baisse de la délinquance, évidemment...
Oui, vous comprenez que ce soit assez difficile à entendre, non seulement pour la famille du jeune Elias, mais pour tous ses parents qui s'inquiètent pour leurs enfants.
C'est très difficile. Évidemment, c'est très difficile à entendre. Et puis, je vais vous dire, encore une fois, ces chiffres ne pèsent rien. Mais ils montrent quand même que le travail de la police, des forces de sécurité intérieure, il est là. Mais ce qu'on est obligé de relever, c'est que la violence chez les mineurs est en augmentation. Et ça, c'est une réalité. Dans certains items de la délinquance, même si ces items baissent, la part des mineurs est très importante. Les vols violents dont je parlais à l'instant, un tiers des mises en cause pour les vols violents sont des mineurs. 40% pour les cambriolages. Voilà. Un vol à main armée sur quatre est commis par un mineur.
Donc, on a une augmentation des phénomènes de violents chez les jeunes. Le phénomène de homejacking, dont vous parlez souvent, qui est aussi un phénomène qui est en baisse. On voit de plus en plus de mineurs s'engager dans ce type de délinquance. Et c'est évidemment extrêmement inquiétant.
Et on va parler de tout ça dans le détail, également des solutions qui sont envisagées, notamment sur le plan de la justice des mineurs. Mais juste avant, Laurent Nunez, par rapport à l'enquête, je le disais, un des deux suspects a avoué avoir porté ce coup de couteau. Est-ce que vous avez des informations sur la suite de l'enquête, sur le moment où ces deux suspects vont être mis en examen ?
Écoutez, ils ont été défaits hier soir. Voilà. Moi, j'ai pas d'informations. J'ai ces informations, mais je ne vous les donnerai pas à Benjamin Duhamay. C'est vraiment... Ça relève de la justice. Voilà. Je sais qu'il y a eu un travail d'enquête qui a été fait par la direction de la police judiciaire de la préfecture de police, précédé d'un travail, d'une interpellation des auteurs. Vous n'avez pas échappé très rapidement. Ce sont les fonctionnaires de la BAC du 14e qui les ont interpellés. Voilà. Donc, je ne veux pas faire de commentaire sur l'enquête et les suites de l'enquête. Vous le comprendrez facilement.
Et donc, ils ont été déférés hier soir ?
Oui. Oui. Oui. Ils ont été déférés. Voilà. Donc, je crois que les informations qui sont sorties dans la presse, on peut dire, sont les bonnes. Voilà. Ce sont des informations... Et donc, pour dire les choses, ils sont en détention provisoire ? Ils sont... Écoutez, je ne sais pas ce que sera la décision des magistrats, mais je ne vois pas bien comment ils pourraient échapper, évidemment, à la détention provisoire. Évidemment.
Un mot sur le profil de ces suspects. Vous avez expliqué ce matin chez nos confrères de RTL que quand vos équipes sont intervenues, elles ont tout de suite fait le rapprochement entre les faits et les deux suspects tellement ils étaient connus. Quand on entend ça, Laurent Nunez, on se dit qu'il y avait donc visiblement deux individus qui étaient connus comme étant des dangers, qui, par ailleurs, étaient connus des services de police, des services de justice, et pourtant, ils étaient en liberté. Est-ce qu'à minima, le responsable public que vous êtes doit admettre que quelque chose s'est mal passé ? Qu'il y a eu un échec ?
Quand vous avez un enfant de 14 ans qui reçoit un coup de couteau parce qu'on veut lui piquer son portable et qu'il décède, forcément, il y a eu un échec, forcément, il y a eu un dysfonctionnement. Je ne vais pas vous dire autre chose. Ce que j'ai expliqué ce matin chez vos confrères d'RTL, c'est que ces individus étaient déjà connus. Ce n'est pas une révélation. La presse s'en est fait l'écho dès ce week-end.
Ils étaient sous contrôle judiciaire. Ils n'avaient d'ailleurs pas le droit de se voir. Et visiblement, ce contrôle judiciaire n'était pas accepté.
Je ne peux pas vous dire autre chose. Ils étaient connus à partir des descriptions qui ont été faites des auteurs de l'agression. Oui, mes services ont fait des rapprochements. On a pu les interpeller très vite. Il n'y a pas d'interpellation préventive dans notre pays. Au bout d'un moment, il faut remettre l'église au centre du village. Donc, il n'y a pas d'interpellation préventive. Je vois que les sites de la fasosphère s'excitent sur le thème. Oui, ils étaient connus. On ne peut pas interpeller les gens de manière préventive. Ce n'est pas possible. Ces personnes avaient été connues de la justice. Ils étaient, je comprends, sous contrôle judiciaire.
Et devaient comparaître dans quelques mois.
Je n'ai pas trop montré à faire l'église. Laurent Nunez, bien évidemment, il n'y a pas d'interpellation ni de condamnation préventive. Simplement, la société est faite de telle manière que si des individus représentent un danger pour la société, c'est le rôle des pouvoirs publics d'empêcher qu'ils puissent nuire. Le fait est que, de ce point de vue-là, cet objectif-là n'a pas été tenu.
Encore une fois, évidemment, il y a un enfant qui est mort. C'est un drame, je tiens à le dire. Mais les policiers, ils luttent. Ils interpellent des délinquants. Et ces personnes avaient été interpellées plusieurs fois et étaient sous main de justice. Elles étaient sous contrôle judiciaire. Elles devaient comparaître. Je ne peux pas vous dire les choses différemment. C'est comme ça. C'est malheureux. Il y a des délais, peut-être, qui sont trop longs. Je sais qu'il y a une réflexion qui est engagée sur la justice des mineurs, sur le fait qu'ils puissent comparaître beaucoup plus vite, qu'ils puissent avoir des sanctions plus rapides.
Évidemment que, moi, le patron des services de police que je suis, ne peut que vous dire qu'il est très favorable à cela. Évidemment. Évidemment que des jeunes qui commettent des vols violents, c'était leur cas. C'était connu pour ces faits-là. Évidemment que si la sanction est immédiate, si on n'attend pas plusieurs mois, ça sera sans doute une très bonne chose. Et ce sont des mesures qu'on appelle évidemment de nos voeux.
Oui, parce que c'est important. Et abordons effectivement le volet des propositions qui sont soumises au débat public, notamment par les responsables politiques qui se sont emparés de ce drame. Vous, vous dites clairement à la place qui est la vôtre. Je rappelle que vous avez été ministre quand Christophe Castaner était ministre de l'Intérieur. Vous êtes désormais préfet de police. Il y a un problème avec la façon dont la justice traite ce genre d'affaires, la violence des mineurs en termes de délai, en termes de sévérité aussi ?
Il y a un double problème. Je crois qu'il ne faut pas pointer du doigt la justice. Les magistrats, et je travaille tous les jours avec la procureure de la République de Paris, sa main ne tremble jamais. Sa main ne tremble jamais. Après, vous avez des textes, vous avez des lois qui sont ce qu'elles sont et qui s'appliquent à droit constant. Il est peut-être temps. Et encore une fois, je sais que des réflexions sont en cours et c'est une bonne chose qu'on commence à réfléchir à ce qu'est la justice des mineurs, ce qu'est l'excuse de minorité, ce qu'est la possibilité d'avoir des comparutions immédiates pour les jeunes et les mineurs.
Ce sont des bonnes pistes pour vous ?
Bien sûr, ce sont des bonnes pistes. L'immédiateté d'une sanction, la perception d'une sanction. On a un problème quand même d'autorité dans ce pays. Ce n'est pas un gros mot que de parler d'autorité, c'est un devoir. On a quand même un problème d'autorité. Je vous disais que la violence monte chez les jeunes. Je vous prenais l'exemple des home jacking. J'aurais pu parler du phénomène des bandes. Le phénomène des bandes est en augmentation l'année dernière. 77% des personnes impliquées dans les rixes entre bandes, que ce soit d'ailleurs dans l'agglomération parisienne, et c'est vrai sur tout le territoire national, 77% sont des mineurs.
À Paris, l'âge moyen des personnes impliquées dans les bandes, il était de 17 ans l'année dernière. En 2023, pardon, en 2024, il est passé à 15 ans, 9 mois. Donc on a quand même un problème. Il faut qu'il y ait un choc d'autorité. – Choc d'autorité, donc plus grande sévérité de la justice dans les textes,
mais aussi dans la façon dont les magistrats l'appliquent.
– Vous m'interpelliez tout à l'heure sur le thème « vous êtes un haut responsable public ». C'est vrai, moi je suis un haut responsable de police sous l'autorité du ministre d'État, ministre de l'Intérieur, et nous gérons nos domaines d'activité. Mais le choc, l'autorité, on va dire, l'autorité qu'il faut rappeler à tous les niveaux, elle ne concerne pas que les fonctionnaires de police. Elle ne concerne pas que la police nationale. C'est vrai que quand il y a un drame, on se tombe toujours vers la police nationale. Mais encore une fois, on fait un travail qui produit des résultats. La délinquance baisse, on fait baisser les items de la délinquance.
Le ministre d'État, ministre de l'Intérieur, nous a demandé de mettre en place des plans de restauration de la sécurité du quotidien. Moi j'ai produit ma copie il y a quelques jours. On va encore accentuer la visibilité des forces de l'ordre. On va embarquer avec nous beaucoup plus d'acteurs, beaucoup plus d'acteurs. Mais on attend évidemment d'autres acteurs qui soient aussi présents pour faire face à la violence des mineurs. Et regardez le problème de la responsabilité parentale, ça devient quelque chose vraiment maintenant d'extrêmement important qu'il faut traiter. On a des rixes de bande.
Vous avez des jeunes dans l'agglomération parisienne qui se battent à coups de béquilles, de machettes, d'armes blanches. Ils ont 14-15 ans.
C'est de la faute des... Il faut que les parents se ressaisissent, c'est ça ?
Je ne sais pas, moi, 14-15 ans que font des gamins en pleine nuit à se battre. Et heureusement, les forces de la préfecture de police interviennent souvent, déjouent des affrontements. Mais malheureusement, on n'évite pas qu'il y ait des blessés. Et ce sont des jeunes qui sont très jeunes. Et on se demande ce qu'ils font dans la rue. Voilà, au bout d'un moment...
Donc il faut envisager des couvre-feux, des...
Des couvre-feux, pas forcément. Mais enfin, il y a un certain nombre de mesures qui pourraient engager la responsabilité parentale sur ce type d'action.
Un mot, vous évoquez il y a un instant, Laurent Nunez, le rôle des acteurs pour lutter contre la délinquance qui aboutit à ce genre de drame. Est-ce que, par exemple, vous travaillez bien avec la maire du 14e arrondissement, maire écologiste Karine Petit, qui, sur les réseaux sociaux, a été parfois raillée sur les propos qu'elle a pu tenir, sur des mesures qui avaient été prises, précisément pour éviter l'insécurité devant ce stade où le jeune Elias a été poignardé ? Bon, visiblement, tous les efforts réalisés n'ont pas tout à fait produit leurs effets.
Nous travaillons très bien avec la ville de Paris en matière de prévention de la délinquance. La prévention de la délinquance, c'est important. D'ailleurs, il y a des actions qui sont engagées actuellement, notamment avec le parquet de Paris, avec le rectorat, sur l'usage des armes blanches. Mais ce sont des actions de prévention. Moi, je m'inscris sur le volet répressif. Le volet répressif, je ne peux pas, je ne dirai jamais que la société a loupé quelque chose avec les auteurs de l'homicide du jeune Elias. Jamais. Donc voilà, il y a deux auteurs, il y a deux auteurs qui ont commis un acte délictueux.
Est-ce que vous considérez que dire cela serait une façon de tenter de les excuser ?
Il n'y a pas d'excuses sur ce type d'acte. Il ne peut pas y avoir d'excuses. Il n'y a pas de déterminisme social. Ce sont des actes trop graves. Je crois que la seule réponse, c'est l'autorité. Et c'est ce que nous faisons au ministère de l'Intérieur, sous l'autorité évidemment du ministre d'État, ministre de l'Intérieur. Et c'est ce que nous faisons sur l'agglomération parisienne. La réponse, c'est l'autorité. Il faut continuer à sévir, il faut continuer à lutter contre la délinquance. Et nous allons le faire. C'est ce que nous devons évidemment aux parents du jeune Elias.
Un mot encore sur l'arsenal des mesures évoquées, proposées dans le débat, sur cette question de l'excuse de minorité. Pour rappeler à ceux qui nous regardent l'État du droit, cette excuse de minorité peut être levée si elle est motivée par les magistrats qui prennent la décision. La proposition qui est dans le débat est d'inverser la logique, de dire pour les faits les plus graves, il n'y aurait pas d'excuse de minorité, à moins qu'un magistrat souhaite la rétablir. Est-ce que ça vous dit ? Oui. Au fond, il y a la question quasiment philosophique qui se pose derrière. Il y a ceux qui disent on ne peut pas juger les mineurs comme s'ils étaient majeurs.
Et il y a en face d'autres qui disent quand on a 16 ans, 17 ans et qu'on commet ce genre d'actes, il n'y a pas de différence par rapport à si l'on avait 18 ou 19 ans.
À titre personnel, je partage ce que vous venez de dire, évidemment.
C'est-à-dire qu'il n'y a pas de différence ?
Bien sûr. Et puis c'est ce qu'a dit aussi le garde des Sceaux. C'est une réflexion qui est lancée. Enfin, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin. Enfin, moi, je vous apporte mon témoignage de préfet de police, de responsable des services de police. Les mineurs de 16, 17 ans commettent des actes à l'identique des jeunes majeurs.
Et donc, il n'y a pas à les juger différemment ?
De mon point de vue, il n'y a pas à les juger différemment. Vous avez dans des home-checkings, je le disais tout à l'heure, de plus en plus, on a des équipes de 3-4 individus, souvent d'ailleurs avec des commanditaires derrière. Régulièrement, on a 3-4 personnes. Vous pouvez avoir jusqu'à 2 mineurs qui ont toujours entre 16 et 17 ans. En dessous, c'est beaucoup plus rare, évidemment. Mais 16-17 ans, c'est très fréquent et on les retrouve très régulièrement dans les actes délictueux les plus violents. Et je ne parle même pas du narcotrafic. où ce sont évidemment des petites mains des narcotrafiquants.
Et sur la responsabilité des parents, puisque c'est ce qui est inscrit en bas de cet écran, aux phrases que vous venez de prononcer, est-ce qu'il faut aller jusqu'à engager la responsabilité pénale des parents ? C'est-à-dire les poursuivre en justice en quelque sorte pour manquement aux nécessités éducatives, voire prendre des décisions également sur des prestations sociales qui pourraient être perçues ? Au fond, est-ce que le levier des parents est un bon levier à actionner pour précisément tenter d'avoir ce choc d'autorité que vous évoquez ?
Alors d'abord, évidemment, cette réponse relève éminemment du pouvoir politique. Ça ne m'empêche pas d'avoir un avis personnel. La responsabilité pénale, c'est plus compliqué. Il faut toujours qu'il y ait un comportement qui soit à l'origine d'une faute. Donc on faudra considérer que ce soit fautif. Je crois un peu plus aux possibilités de remettre en cause peut-être un certain nombre de prestations qui sont d'ailleurs très corrélées à l'éducation des enfants. Donc ça, ça a du sens pour vous ? Après, la responsabilité parentale, ce n'est pas le seul levier, Benjamin Duhamel. Ce que je vous dis, c'est qu'on ne peut pas tout mettre sur le dos et tout attendre de la police nationale.
Elle fait un travail remarquable et la gendarmerie, d'ailleurs, dans sa zone de compétence, qui fait un travail remarquable. Mais les leviers pour endiguer la violence chez les mineurs, ils sont nombreux. Ils sont évidemment chez les élus en matière de prévention de la délinquance. Ils sont dans les associations. Ils sont aussi du côté de l'éducation nationale et aussi, évidemment, des parents.
Laurent Nunez, je voudrais qu'on dise un mot de la circulaire Retailleau qui a remplacé la circulaire Vals sur les régularisations. Une nouvelle circulaire sur l'immigration pour durcir les critères de régularisation. Il faut désormais 7 ans plutôt que 5 ans de résidence sur le territoire. Donc vous, comme préfet de police, en quelque sorte, la mission qui vous est fixée par le ministre de l'Intérieur, qui est votre chef, si je veux dire, c'est de moins régulariser.
Oui, moins régulariser à titre exceptionnel. Ce sont la circulaire, l'ancienne circulaire de Manuel Vals de novembre 2012, donc remplacée par la circulaire du ministre d'État. C'est une circulaire qui concerne l'admission exceptionnelle au séjour. Il faut que nos compatriotes comprennent bien que ce sont des gens qui ne rentrent dans aucune case de la régularisation. Effectivement, il y a une restriction qui porte sur la durée, mais il n'y a pas que ça. Il y a aussi la vérification des conditions d'intégration. Donc je crois que voilà, ce sont des mesures qui étaient attendues. Les préfets conservent un pouvoir à la précession.
C'était à peu près 30 000 par an ?
Oui, c'est ça.
Vous, à votre échelle, à l'échelle de la zone qui est votre zone de compétence, l'idée, c'est de baisser de quoi ? De 15 %, 20 % ? Sur ces 30 000,
je affinerai évidemment le chiffre, mais on représente à peu près 4 à 5 000. D'accord. À peu près. Donc on ne va pas se fixer d'objectifs quantitatifs. Le ministre nous a fixé des objectifs qui sont des objectifs qui visent à s'assurer que les personnes soient mieux intégrées, mieux insérées. Et puis il y a aussi, encore une fois, j'insiste beaucoup dans l'intégration, la vérification du respect des principes de l'engagement républicain, de la maîtrise du français. En tout cas, ce sera le cas systématique. Mais ce n'était pas déjà le cas ? Ce sera le cas systématiquement.
Vous savez, en matière d'admission exceptionnelle au séjour, nous recevons beaucoup de lettres d'élus de la République qui nous demandent de déroger.
Et qui sont les mêmes parfois qui considèrent qu'ils n'ont aucune régularisation.
Je ne ferai pas d'autres commentaires, simplement, pour ce qui est de ma zone de compétence, pour la régularisation, je ne suis compétent qu'à Paris. J'ai une compétence en matière de droit public qui dépasse la carte parisienne, mais je ne suis compétent qu'à Paris. À Paris, nous appliquerons évidemment strictement la circulaire du ministre de l'Intérieur. Et donc, oui, pour répondre clairement à votre question, il y aura moins de régularisation au titre de l'admission exceptionnelle au séjour.
Un tout dernier mot, Laurent Nunez, sur l'incendie de la mairie du 12e. Vous évoquiez ce matin un risque d'effondrement de la flèche de cette mairie. On a vu les images impressionnantes. C'était cette nuit de cet incendie, la mairie du 12e. Qu'en est-il ce soir du risque d'effondrement de cette flèche ? Est-ce que vous êtes rassuré ?
Alors, d'abord, Benjamin Nuhamel, permettez-moi de saluer l'engagement qui a été celui des sapeurs-pompiers de la préfecture de police qui a maîtrisé le sinistre très rapidement. Je me suis rendu avec la maire de Paris, Madame Hidalgo, avec le procureur adjoint. L'incendie a été très rapidement maîtrisé. La situation de la flèche n'est absolument pas stabilisée au moment où on se parle. Et la décision qui a été prise est de la retirer, en fait, parce qu'elle menace de s'effondrer, soit côté rue, soit côté mairie, ce qui provoquait des dégâts importants.
Et donc, là, nous discutons actuellement, j'étais encore en ligne dans la voiture en venant avec mes collaborateurs, nous discutons avec la ville de Paris et les architectes de sécurité de la préfecture de police pour retirer cette flèche et essayer de le faire dès demain pour éviter un sinistre plus grave, d'autant qu'on traverse comme vous venez d'en parler des épisodes venteux.
Bien évidemment. Donc, retirer cette flèche et sur l'origine de l'incendie criminel, accidentel.
On n'a pas d'élément l'enquête est en cours, mais voilà, à ce stade, je n'ai pas d'élément qui laisse à penser que ce soit autre chose qu'une cause accidentelle, mais il faut toujours rester prudent.
Merci Laurent Nunez, préfet de police, d'être venu nous voir dans Tout le monde veut savoir. voir.
Laurent Nuñez