Marine Le Pen
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:03OuverteRéponse directe
Vous avez des solutions, vous, pour sortir de la crise ?
- 3:08OuverteRéponse directe
Vous avez des exemples de gaspillage, Marine Le Pen ?
- 3:19OuverteRéponse partielle
Il faudrait couper dans les aides sociales, par exemple ?
- 4:45RelanceRéponse directe
Il faut donc réduire les dépenses publiques, selon vous, Marine Le Pen.
- 4:53OuverteRéponse partielle
Est-ce que ça passe par des réductions dans la fonction publique, par exemple ?
- 5:11RelanceRéponse partielle
Donc il faut restaurer des effectifs dans la fonction publique d'État ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:53Invité politiqueFait
« Cette perte du AAA qui est évoquée et qui est quasiment inscrite est un enjeu essentiel de la politique économique à court terme. »
- 1:06Invité politiqueFait
« la perte du AAA va entraîner l'augmentation des taux d'intérêt auxquels nous empruntons et donc va aggraver, évidemment, notre déficit. »
- 1:30Invité politiqueFait
« Je pense, par exemple, à la niche Copé. »
- 1:35PrésentateurChiffre
« 3 ou 4 milliards d'euros d'après l'évaluation de la Cour des comptes. »
- 1:56Invité politiqueFait
« Ils versaient 0 euro d'impôt. »
- 1:58Invité politiqueChiffre
« Total a fait 10 milliards d'euros de bénéfices en 2010. »
- 2:23Invité politiqueChiffre
« En 2010, 200 millions ont été versés de taxes. »
- 4:04Invité politiqueChiffre
« Nous avons déjà versé près de 10 milliards à la Grèce et nous sommes engagés pour 32 milliards, rien que pour la Grèce. »
- 4:14Invité politiqueChiffre
« Pour tous les plans de renflouement de garantie qui ont été votés, c'est déjà 60 milliards. »
- 4:41Invité politiqueChiffre
« sachant qu'en fait, ce sont des chômeurs, puisqu'il y a 5 millions déjà de chômeurs dans notre pays. »
- 7:27Invité politiqueFait
« j'ai dit que j'avais une certaine admiration pour quelqu'un qui a réussi à mettre au pas l'oligarchie russe »
- 8:10Invité politiqueFait
« Scorsini, Wörth, Bettencourt, Guérini, le casino, l'affaire du Carlton, de Lille, etc. »
Temps de parole
- Marine Le Pen82 %
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L'invité de France Inter ce matin, la présidente du Front National. Bonjour Marine Le Pen.
Bonjour.
Vous venez d'entendre Bernard Guetta. Vous avez des solutions, vous, pour sortir de la crise ?
Oui, bien sûr que j'ai des solutions qui sortent effectivement des solutions, des non-solutions qui sont aujourd'hui mises sur le tapis. Ce que je voudrais dire d'abord, c'est que je suis frappé, moi, par la perpétuation du mensonge à l'égard du peuple français. Quel mensonge ? Le mensonge qui consiste à faire des sommets tous les mois et tous les mois sortir des sommets européens en disant on a sauvé la Grèce, ça y est, c'est fini. On a sauvé l'euro, ça y est, c'est fini. Et puis, quelques jours plus tard, on nous explique qu'en fait la situation est plus grave qu'elle ne l'était avant le sommet précédent. Je crois que les français ont le droit à la vérité.
La vérité, c'est qu'ils ont raison, et je sais qu'ils le sont, d'être extrêmement préoccupés par ce qui apparaît aujourd'hui, évidemment, comme une crise systémique. Cette perte du AAA qui est évoquée et qui est quasiment inscrite est un enjeu essentiel de la politique économique à court terme. Pourquoi ? Parce que la France dépend des marchés financiers pour se financer et que la perte du AAA va entraîner l'augmentation des taux d'intérêt auxquels nous empruntons et donc va aggraver, évidemment, notre déficit. Alors, comment on fait ? Alors, je crois, d'abord, il y a le court terme et le moyen terme. Bon, je crois que tout de suite, il faut de nouvelles recettes.
Ça veut dire qu'il va falloir revenir sur des niches qui ont été accordées et qui bénéficient, par exemple, aux grands groupes. Je pense, par exemple, à la niche Copé. Ce sont des milliards qui sont accordés.
3 ou 4 milliards d'euros d'après l'évaluation de la Cour des comptes.
Oui, oui, bien sûr. Et il faut que les grands groupes financiers et économiques soient imposés aujourd'hui. Et vous le savez, hier, en tout cas, avec le bénéfice consolidé mondial...
Qui vient d'être aboli.
Voilà. Ils versaient 0 euro d'impôt. Par exemple, Total a fait 10 milliards d'euros de bénéfices en 2010.
Pour ses activités à l'étranger ?
Oui, pour les activités qui sont soutenues.
En France, elles sont déficitaires.
Oui, pour ceux qui sont soutenues grâce à l'État français. Parce que ne croyez pas que Total obtient des contrats à l'étranger sans l'aide de l'État français. Donc, ça ne peut pas aller toujours dans le même sens.
C'est l'impôt sur les sociétés qui n'est pas payé. Les autres impôts sont payés. Les taxes locales...
Oui, 200 millions. C'est grotesque. C'est ridicule. Enfin, 200 millions. En 2010, 200 millions ont été versés de taxes. Il faut faire baisser les dépenses de l'État. Ah oui, comment ? Oui, alors attendez. Pas de la manière dont le fait le gouvernement, c'est-à-dire en créant des taxes nouvelles qui portent sur les classes populaires et les classes moyennes. Notre pays a somme toute une chance dans son malheur. C'est qu'il gaspille. Et ça, c'est la politique de Nicolas Sarkozy, qui a suivi celle de M. Chirac, qui a suivi celle de M. Vittan. On gaspille des sommes qui sont spectaculaires dans notre pays.
On joue les généreux et on dépense l'argent des contribuables parce qu'évidemment, ceux qui les dépensent considèrent que comme ce n'est pas leur, ils peuvent en faire ce qu'ils veulent.
Vous avez des exemples de gaspillage, Marine Le Pen ?
Par exemple, les collectivités territoriales. C'est insensé. Avec cette clôture générale de compétences, les collectivités territoriales se mêlent de tout ce qui, normalement, revient à l'État.
Il faudrait couper dans les aides sociales, par exemple ? Mais pas dans les aides sociales. C'est beaucoup du budget des collectivités territoriales.
Je vais vous dire dans quelles aides sociales il faut couper. En l'occurrence, c'est celles qui touchent les étrangers, mais je vais y revenir. Mais premièrement, les collectivités territoriales doivent faire un effort. Parce que les milliards qui sont versés à des associations qui n'ont pas d'adhérents, les palais que se sont fait construire les présidents de conseils généraux, les aides multiples qui sont distribuées dans le monde entier, on aide 80 ou 100 pays dans le monde, comme ça, juste pour avoir une stature internationale et pouvoir aller faire des voyages en chemise à fleurs. Ça, déjà, c'est une urgence. La deuxième chose, c'est le coût de l'Union européenne.
Il faut arrêter tout de suite les plans de renflouement. On sait très bien que cet argent, il est versé à fonds perdus. Nous avons déjà versé près de 10 milliards à la Grèce et nous sommes engagés pour 32 milliards, rien que pour la Grèce. Pour tous les plans de renflouement de garantie qui ont été votés, c'est déjà 60 milliards.
C'est pris pour sauver la zone euro.
Et avec le fonds... Oui, mais vous voyez bien que ça ne fonctionne pas. On sait qu'on donne... En essence, c'est prêter de l'argent dont on sait d'ores et déjà qu'on ne le reverra jamais. Et puis, effectivement, il y a les budgets sociaux. Les budgets sociaux, type AME, c'est-à-dire les budgets sociaux sont aujourd'hui en très grave déficit et on continue à faire entrer dans notre pays des étrangers en situation légale, sachant qu'en fait, ce sont des chômeurs, puisqu'il y a 5 millions déjà de chômeurs dans notre pays.
Il faut donc réduire les dépenses publiques, selon vous, Marine Le Pen. Est-ce que ça passe par des réductions dans la fonction publique, par exemple ? En février dernier, vous aviez lancé un appel aux fonctionnaires, en leur écrivant qu'au contraire, il fallait arrêter la RGPP...
On ne peut pas dire d'un côté, on diminue le nombre de fonctionnaires d'État avec le coût social que ça entraîne, parce que quand il y a un policier en moins, il y a un coût social. Quand il y a un médecin en moins, il y a un coût social.
Donc il faut restaurer des effectifs dans la fonction publique d'État ?
Parce que là, aujourd'hui, on...
Il faudrait embaucher des fonctionnaires d'État.
Attendez, attendez. Aujourd'hui, lorsqu'on supprime un poste de fonctionnaire d'État, on en crée deux dans la fonction publique territoriale pour permettre aux Roitlais, dont je parlais tout à l'heure, de se constituer une cour, parce que plus ils ont d'employés, et plus ils sont puissants.
Il faut arrêter la décentralisation ?
Oui, il y a des dérives terribles. Et d'ailleurs, M. Seguin, le président de la Cour des comptes, aujourd'hui décédé, a tiré plusieurs fois la sonnette d'alarme sur les dérives financières terrifiantes de la décentralisation.
Vous, vous pensez qu'il faut recentraliser ?
Je pense qu'il existe des dérives qu'il faut stopper, parce qu'elles sont très coûteuses. Et puis, il faut supprimer, par exemple, encore une fois, les budgets sociaux, tel l'AME, l'aide médicale d'État, qui est accordée exclusivement aux clandestins. Eh bien, on ne peut plus se permettre d'apporter, d'être généreux à ce point à l'égard des étrangers, alors même que notre propre peuple n'arrive plus à terminer les fins de mois et parfois même à les commencer.
Puisqu'on parle de dépenses publiques, vous êtes toujours pour la nationalisation des banques, de l'énergie, des transports ?
Je pense qu'effectivement, notre indépendance dépend de cela. Et je remarque tout de même que lorsque ça a été privatisé, ça a entraîné un coût, une augmentation assez spectaculaire des coûts pour les Français. Je pense de surcroît que pour le nucléaire, il y a en plus un problème de sécurité.
Vous avez chiffré ce que coûterait une nationalisation de toutes ces entreprises ?
Oui, mais ça se fait sur un mandat, monsieur. Or, moi, je vous dis aujourd'hui que la politique que je veux mettre en œuvre est une politique qui va nous faire retrouver la croissance et va nous faire retrouver la voie de l'emploi. Et ça, c'est la politique à long terme, dont je ne vous ai pas encore parlé.
Mais on va y revenir, dans la deuxième partie, forcément. Ne vous inquiétez pas, on continuera de parler de sujets économiques. On a d'autres questions à vous poser. Simplement, vous commencez demain une tournée à l'étranger, en Italie, où vous devez débattre avec une ministre du gouvernement, Berlusconi, puis aux Etats-Unis. Mais récemment, c'est pour Vladimir Poutine que vous avez exprimé votre admiration. Poutine, c'est un modèle pour vous ?
Non, écoutez, soyons mesurés, modérés, et même dans l'analyse...
Le mot « admiration » figure dans l'interview que vous avez accordé à ce quotidien russe.
Oui, j'ai dit que j'avais une certaine admiration pour quelqu'un qui a réussi à mettre au pas l'oligarchie russe, c'est-à-dire ces grandes, justement, puissances qui étaient en train de spolier les richesses des Russes. Je crois que cette mise au pas d'un certain nombre d'oligarques a été quelque chose de positif.
Il a mis au pas les oligarques, mais pas la corruption au sein de la Paris d'État.
Ah oui, mais vous savez, il y a beaucoup de choses à faire. Et en matière de corruption, je ne suis pas sûr que la France n'a plus des leçons à donner.
Elle est mieux classée que les Russes.
Oui, elle est mieux classée que les Russes, mais enfin, elle n'est pas très bien classée pour la patrie des droits de l'homme, de l'éthique, etc. Permettez-moi. Et toutes les affaires que nous voyons chaque jour le démontrent. Un coup à droite, un coup à gauche. Scorsini, Wörth, Bettencourt, Guérini, le casino, l'affaire du Carlton, de Lille, etc. Il n'y a pas un jour où il n'y a pas des affaires de corruption, de détournement de fonds, de prise illégale d'intérêt, etc. qui frappent notre classe politique.
Bon, vous ne voulez pas qu'on reste une seconde sur la Russie de Poutine ?
Non, non, mais pas du tout. Ce que je dis, c'est que la Russie est sortie exsangue de la période Gorbatchev et Eltsine et que ça redevient une grande nation et que ce n'est pas tout à fait évident dans les circonstances économiques mondiales.
D'autres sujets internationaux, économiques ou autres, avec les auditeurs de France Inter, Marine Le Pen, 01, 45, 24, 7000, dans un instant, la revue de presse.
Marine Le Pen