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interviewEurope 1 (sur YouTube)· 7 juillet 2025 7 min

"La guerre n’est pas que sur des bombes, c’est aussi la guerre sur l’information" (Loic Kervran)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Et on passe à ce sujet, cette colère de 66 députés. Une entreprise canadienne va surveiller les réseaux sociaux du gouvernement. Depuis 2017, cette charge revenait logiquement à une société française qui s'appelle Visibrin.

Visibrain peut-être à l'anglaise avant qu'elle ne perde le marché. Ces députés dénoncent une atteinte à la souveraineté française. Ils interpellent Matignon à l'origine de la lettre envoyée au premier ministre, le député Horizon Loï Kervant.

Il est notre invité sur Europain et vous. Bonjour Loï Kervan. Bonjour.

Alors tout d'abord, expliquez-nous ce que contient la lettre que vous avez envoyé avec cette soixantaine de députés. Alors c'est important de préciser que c'est toute sensibilité confondu. Ça fait l'unanimité sur cette attribution de marché.

Oui, tout à fait. Il y a des députés du RN à LFI qui ont signé cette lettre et elle dit notre colère finalement puisque on vient de parler du désarmement de la police municipale mais nous on on dit que aussi on est en train de désarmer la France pour surveiller des opérations de déstabilisation parce que aujourd'hui la guerre c'est pas que des bombes, c'est aussi de la guerre sur l'information, sur la réputation et cetera et jusqu'à maintenant on avait une boîte française qui nous aidait dans cette guerre-là et là le gouvernement vient de passer le contrat à une entreprise prise canadienne comme vous l'avez dit mais en plus contrôlée par des capitaux nord-américains. Ouais.

Des fonds américains. Exactement. Donc on demande au premier ministre de revoir cette décision.

Alors Loï Carvant pour bien qu'on comprenne Visren c'est était chargé quoi de de mesurer les tendances et les sujets qui montent sur les les réseaux sociaux. C'est bien ça ? Oui, en fait, ce qu'il faut imaginer, c'est que dans le monde d'aujourd'hui, il y a beaucoup d'acteurs euh qui essayent de porter préjudice, de nuire à la France en passant par des attaques sur notre réputation, euh en cherchant à nous déstabiliser, à déstabiliser aussi les élections, à faire des opérations d'influence et tout ça ça se passe sur les réseaux sociaux. souvent des États étrangers, des pays étrangers euh et tout ça, ils utilisent les réseaux sociaux pour faire ça.

Et donc le gouvernement, les ministères, ministère des armées, le ministère de l'intérieur, ils avaient depuis 2017 un outil, l'outil de visibra pour surveiller ça, pour surveiller la multiplication des comptes, des informations qui commencent à attaquer l'État français et cetera, forme de lanceur d'alerte. Oui, voilà. Et puis il s'agit vraiment de voir ce qui ce qui est en train d'arriver.

Et pour ça, on est obligé de dire un peu ce qu'on cherche. On du coup on dit ce qui préoccupe la France. Et c'est ça qui est grave aussi parce qu'on donne à l'outil les sujets de préoccupation de la France, ce qu'on pense qu'il pourrait nous nous déstabiliser, nos failles, nos peurs.

Et c'est là que c'est dingue de se dire que on va donner ces informations là à une entreprise qui est sous contrôle nord-américain. Alors euh on vous répond de l'autre côté hein que il y a pas de problème de confidentialité en gros circuler, il y a rien à voir. On a eu deux types de réponses.

On a une une réponse administrative qui est exactement celle-là, mais il y a une vraie erreur parce que la question c'est pas les données qui sont surveillées mais c'est ce que la France dit, ce qui la préoccupe, nos failles comme vous l'avez excellemment dit. Et puis on a quand même eu commencé à avoir une réponse de la ministre qui est en charge du numérique et de toutes ces choses qui a dit quand même que la décision, elle était inadmissible. Madame Chapas, exactement.

Madame Chaz ou Ouais. En gros, de quoi vous avez peur concrètement ? Clairement, c'est un enjeu majeur de souveraineté.

Ça veut dire quoi ? Que que cela expose nos institutions dangereusement ? Oui, tout à fait.

Vraiment là, on est on est au cœur du système, on est sur un marché qui est très très sensible. Les clients, c'est vraiment tous les ministères et des ministères très sensibles. Le ministère des armées, le ministère des affaires étrangères, le ministère de l'intérieur.

On a aussi l'accadémie du renseignement, une entité qui s'appelle le secrétariat général à la défense et à la sécurité nationale. C'est insensé. C'est proprement insensé.

Et c'est pour ça queil y a des députés de tous les bords qui me soutiennent pour demander au gouvernement de revoir cette cette décision qui est dingue. Alors cette décision euh c'est quoi ? C'est un problème de compétence mais plutôt de de prix.

C'est bien ça ? On a du mal à savoir exactement. Il y a sans doute un peu d'application bête et méchantes du code des marchés publics sans penser à la souveraineté de notre pays.

Mais alors, attendez, attendez parce que les marchés publics, ça veut dire qu'ils auditionnent des des entreprises étrangères et pas exclusivement françaises. Enfin, pardon. Exactement.

Et là, il y a deux il y a plusieurs choses. Il y a ce qu'on appelle une offre technique, c'est-à-dire qu'est-ce que vous proposez comme service ? Et puis il y a une offre financière, c'est le prix.

Et finalement quand comme l'autre entreprise nord-américaine a proposé des prix extrêmement bas, il a été décidé de donner à cette à cette entreprise nord-américaine ce marché extrêmement sensible. Donc moi, je pense qu'il y a une naïveté vraiment coupable de la part des gens qui ont pris cette décision et puis les circonstances budgétaires, elles aident pas. Mais moi, je peux pas accepter qu'on commence à vendre notre souveraineté nationale à la découpe parce que on a des soucis de budget.

Loïvent évidemment, bien sûr, je suis d'accord avec vous. Est-ce que on pourrait imaginer, alors je veux pas être complétiste ou voir le mal partout, mais enfin que ces sociétés qui sont détenues par des fonds américains puissent finalement être armé de de mauvaises intentions. On ne sait pas, enfin il y a des voilà, il a des renseignements parfois d'autres pays et elles auraient peut-être pu baisser les prix pour avoir accès à ce genre d'information.

Est-ce que c'est possible ou c'est extravagant ce que ce que je vous raconte ? Non, c'est possible évidemment impossible de dire si c'est le cas là, mais c'est tout à fait des manœuvres qui sont pratiquées par des des pays étrangers qui utilisent des entreprises privées et là c'est vrai que le prix est extrêmement surprenant. Il est très très faible.

On dit qu'il est cinq fois plus faible que celui de l'entreprise française. L'offre technique, la capacité technique de l'entreprise nord-américaine est est moins bonne, mais le prix est tellement bas que c'est parti chez eux. Et oui, et c'est pas une première Loï Kervant.

D'ailleurs, vous avez vous êtes déjà monté au créneau place euh c'est le nom de la plateforme du marché public de l'État justement qui avait déjà échu à un canadien avant que Bercy rétropédale parce que vous êtes monté au créneau avec d'autres députés. Exactement. Un peu le le même principe.

Là on est sur une plateforme qui gère tous les appels d'offre de l'État. Il faut imaginer que voilà tous les appels d'offre de l'État sont mis sur cette plateforme mais aussi les réponses techniques et financières des entreprises. Et là qu'est-ce que le gouvernement décide il y a quelques mois de faire ?

Ben de donner cette plateforme qui était là aussi gérée par une PME française à un grand groupe nord-américain canadien toujours les Canadiens canadien encore cette fois-ci. Et donc effectivement, on s'est mobilisé à plusieurs. Moi, j'ai j'ai contacté plusieurs députés autour de moi et on a réussi à obtenir qu'Améline Monchalin, la ministre relance un appel d'offre au mois de septembre.

Vous êtes optimiste pour que il rit trop là encore. Moi je suis je crois que la la situation elle est insensée, elle est insupportable et la mobilisation, elle est vraiment forte de tous les de tous les bords. Et oui et oui toute sensibilité confondue.

Merci Loï Cvent député Horizon. Merci d'être passé par le studio d'Européen aujourd'hui.

"La guerre n’est pas que sur des bombes, c’est aussi la guerre sur l’information" (Loic Kervran) — Loïc Kervran · Pourquijevote