Incendies : Jean-Pierre Salles-Mazou insiste sur le rôle clé de la «prévention»
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Les deux sont liés, parce qu'effectivement, liés aux dérèglements climatiques, on constate, oui, une avance sur les départs de feu, on constate des feux plus significatifs et beaucoup plus importants, mais c'est vrai que plus on se comporte bien par rapport aux feux, plus on est anticipatoire sur les bons comportements par le fait de prendre des précautions, de savoir que les conditions liées à l'information de la météo vont nous permettre d'identifier une criticité du risque, et que ça va permettre d'ailleurs aux moyens de se positionner sur le terrain, on va diminuer l'occurrence.
On vient de l'entendre pour la Haute-Garonne, mais c'est vrai pour un grand nombre de départements, malheureusement, qui sont en vigilance maximale. On sait aussi que cette saison, si j'ose dire, des incendies a commencé plus tôt. Est-ce qu'on a les moyens humains et matériels de faire face à cet été qui s'annonce véritablement compliqué pour les pompiers ?
Alors c'est toujours un même débat, mais les feux de forêt, c'est comme bien des choses. Il faut avoir les moyens qu'il faut, où il faut quand il faut, et c'est une équation qui n'est jamais réalisable à 100%. Oui, on a des moyens, on a plus de 250 000 sapeurs-pompiers en France. La sécurité civile française a un plan qu'elle a d'ailleurs présenté en début juin avec le ministère de l'Environnement et avec la commissaire européenne, puisque plus de 50 colonnes de sapeurs-pompiers sont préconstituées en cas de besoin. Il y a des moyens conséquents en termes d'avions, d'hélicoptères bombardiers d'eau, autant par la sécurité civile que par les moyens sur le terrain.
Mais c'est vrai que tous ces moyens, même s'ils sont appuyés ultérieurement ou de manière préventive par les moyens européens, qui sont soit prépositionnés à l'avance. Nous, par exemple, dans les Pyrénées-Orientales, on a des sapeurs-pompiers roumains qui viennent nous aider tous les ans depuis trois ans. Eh bien, malgré ça, lorsqu'on a des conditions extrêmes comme on les a, avec de la sécheresse cumulée, des températures, des périodes de canicule telles qu'on vient de les vivre, des végétations qui effectivement souffrent, on a des feux qui démarrent très vite, qui sont très rapides. Et donc, effectivement, à un moment, l'adéquation des moyens au départage d'un feu, ce n'est pas possible.
Ensuite, lorsqu'il y a des dizaines de feux simultanés dans un département, il faut savoir que 9 feux sur 10 sont d'origine humaine et que deux tiers de ces feux sont d'origine imprudentielle ou accidentelle, et un tiers reste d'origine volontaire, eh bien, lorsqu'on a de multiples départs, à un moment, la balance des moyens, qu'elles soient aériennes et au sol, est toujours difficile à avoir en instant T. Donc, la coopération interdépartementale, la coopération nationale, la coopération européenne fonctionnent très bien, mais à un instant T, on ne peut pas avoir tous les moyens sur place, d'où l'importance de la prévention, d'où l'importance des bons comportements.
Et c'est pour ça aussi qu'avec les collègues partenaires de l'ONF, avec les réserves de sécurité civile, avec les communautés feux de forêt, on est un certain nombre de bénévoles ou fonctionnaires ou institutionnels à être prépositionnés sur le terrain, de manière à sensibiliser la population, à prévenir les feux, empêcher qu'ils puissent survenir, à réduire ce nombre de départs d'incendies, parce que justement, on sensibilise bien les gens, mais également à signaler tout départ de feu, puisqu'on est intégré dans les dispositifs de sapeurs-pompiers, voire même intervenir sur un début de feu avec les moyens dont on dispose, et mettre en sécurité les populations, ou conseiller ou guider les sapeurs-pompiers sur les différentes pistes qui sont dans les secteurs dans lesquels on patrouille.
Donc oui, la prévention et les moyens sont des moyens complémentaires, et il faut lier les deux, tout en se préparant, bien évidemment, pourquoi est-ce que vous citiez qu'il y avait plus de départs de feu ? Parce qu'en fait, on est en avance sur la saison, et qu'il y a de plus en plus de départements qui sont concernés, puisqu'il y a des projections en 2050 et plus, qui montrent que, et on le voit bien aujourd'hui malheureusement, ce qui était cantonné au bassin méditerranéen, au sud-ouest dans le temps, et aujourd'hui concerne toute la France et même toute l'Europe.
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