Colère agricole : "Le meilleur moyen de lever les barrages est d'écouter les agriculteurs", affirme Laurent Jacobelli
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France Inter.
Toutes et à tous, bienvenue dans Questions politiques. C'est notre dernier rendez-vous de 2025. L'année va prendre fin, oui, mais les grands chantiers, eux, restent en cours. L'esquisse d'un chemin vers une sortie de conflit en Ukraine, bien sûr, de nouvelles négociations sont à l'œuvre. Aux Etats-Unis, qui tiendra la plume ? Emmanuel Macron s'est dit prêt vendredi à reparler à Vladimir Poutine. Cette nuit, le président russe a fait savoir que lui aussi serait prêt au dialogue. Et d'autres dossiers brûlants sont en suspens. La signature de l'accord Mercosur, par exemple, elle a été repoussée par Bruxelles en janvier.
Et en France, les discussions sur le projet de loi de finances, elles reprendront aussi très vite. Loi spéciale, ordonnance 49.3, comment donner un budget à la France ? On en parle ce midi avec notre invité, c'est le porte-parole du Rassemblement national et député de Moselle, Laurent Jacobelli. Il est en direct sur France Inter, France Info, le canal 16 de la télé. L'émission est en partenariat avec le journal Le Monde. Et nous sommes tous ensemble jusqu'à 13h.
France Inter. Question politique, Alexandra Bensey.
Bonjour et bienvenue à vous, Laurent Jacobelli.
Bonjour.
Merci d'avoir accepté notre invitation. Merci à vous. A mes côtés, pour vous interviewer, je les salue, Alex Bouillaguet de France Télévisions. Bonjour, Alex. Bonjour, Alexandra. Bonjour à tous. Avec vous, tout à l'heure, on fera le portrait, comme d'habitude, de notre invité.
Oui, on verra que vous, Laurent Jacobelli, vous avez eu deux vies, la télé et la politique. On verra aussi que vous avez deux facettes.
Abel Mestre du journal Le Monde est également en plateau, Laurent Jacobelli, pour vous interviewer. Bonjour, Abel.
Bonjour, Alexandra. Bonjour à toutes et à tous.
Et tout à l'heure, on se projettera avec vous sur une grande question pour le débat des présidentielles 2027.
Aujourd'hui, ce sera le narcotrafic, ce tsunami blanc qui touche ensemble du territoire et qui a encore fait un mort hier à Marseille.
Mais d'abord, Laurent Jacobelli, cinq questions, si vous voulez bien, sur la colère agricole. Le contexte a changé en une semaine, n'est-ce pas ? Pour le Mercosur, la signature de l'accord a été reportée à janvier. Concernant la dermatose nodulaire et l'abattage des troupeaux, les syndicats agricoles ont finalement été reçus. C'était vendredi par Sébastien Lecornu. Le Premier ministre a annoncé un fonds de soutien de 11 millions d'euros. 93 actions de protestation ont été recensées vendredi, mais ça diminue. 50 hier, ce dimanche quand même, il y a encore des barrages qui subsistent, en particulier dans le sud-ouest, sur l'A64, l'A63, en Ariège également.
Alors, que dites-vous au Rassemblement National, aux agriculteurs ? Est-ce que vous leur dites que c'est la trêve de Noël ? Rentrez chez vous.
Nous leur disons d'abord bon courage. Bon courage, on vous comprend et on vous soutient. La situation de nos agriculteurs et de nos éleveurs, puisque c'est d'eux dont on parle le plus en ce moment, est devenue très difficile, voire ingérable. Ils croulent sous les normes, ils croulent sous les contrôles, ils croulent sous les traités de libre-échange qui font qu'il y a une concurrence déloyale de certains produits de moins bonne qualité et qui ne respectent pas les mêmes normes et qui viennent les concurrencer. Ils croulent sous les dictates d'une écologie devenue punitive qui leur interdit certains engrais, par exemple, ou certains fertilisants qui pourraient les aider.
Ils sont dans une situation extrêmement difficile, avec dans tout cela une politique en France et dans l'Union européenne qui n'est pas là pour les soutenir. Parce que la PAC va diminuer entre 20 et 25% sur ces montants et puis surtout, il y a une logique de décroissance. On nous explique aujourd'hui que l'élevage bosse-vin pollue, en tout cas, n'aide pas à la décarbonation et donc qu'il faudrait produire moins.
Mais là, Laurent Jacobelli, oui, vous le dites, on les comprend, ils ont des raisons d'être en colère, mais là, ça fait une semaine, il y a des barrages, on est à quelques jours des fêtes, à De Noël. Est-ce que vous leur dites, c'est la trêve de Noël, rentrez chez vous ? C'est ça ma question.
D'abord, je crois que ça se fait naturellement. Je pense qu'effectivement, il faut aujourd'hui rendre cette trêve à peu près acceptable par tout le monde. Mais enfin, je ne crois pas qu'aujourd'hui, ils dérangent les gens dans leur transport. Pour être très honnête, ce sont des mouvements très calmes. Et d'ailleurs, moi, j'ai été très choqué, très choqué que la politique sanitaire sur la DNC d'abattage d'élevage ait été accompagnée par une présence de gendarmes dans l'Ariage aussi massive, aussi présente, avec des engins bladés, avec des hélicoptères. La méthode brutale du gouvernement, brutale parce qu'elle n'a pas fait de négociations.
Elle le fait maintenant, mais c'est un peu trop tard pour les mesures sanitaires. Brutale dans les faits. Moi, j'aimerais bien que de tels moyens soient mis en place lorsqu'il y a des émeutes dans les cités ou lorsqu'il y a des manifestations de la DZMafia sur certains territoires. Et je crois qu'on parlera tout à l'heure du narcotrafic.
Dans le JDD, Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, il est plutôt sur un message de, disons, de souplesse et de discussion avant toute chose. Mais il ajoute, nous ne tolérons plus de nouveaux blocages d'axes structurants. Le mot clé, c'est structurant. C'est les petites routes, peut-être. Mais les blocages d'axes structurants, non. Est-ce qu'il a raison ?
Non. Je crois que ce que nous ne tolérons plus... On t'en est laissé ? Ce que nous ne tolérons plus aujourd'hui, c'est que ceux qui nous nourrissent soient mis en danger par une politique européenne devenue folle. Nous ne tolérons plus que leur métier soit décrié par des écologistes politiques. Pas des vrais écologistes, mais qui font de l'agriculture un ennemi et de l'agriculteur un pollueur.
Donc vous, vous laisseriez les barrages, par exemple, sur l'A64, l'A63, ce sont des autoroutes.
Le meilleur moyen de lever les barrages, c'est d'écouter nos agriculteurs et d'arrêter de s'en prendre à eux comme s'ils étaient nocifs à la société. Nous avons besoin d'eux. Il faut ramener la souveraineté alimentaire dans notre pays. Est-ce que vous savez que dans les cantines scolaires et d'entreprises, deux tiers du poulet ou d'un certain nombre de viande bovine vient de l'étranger, alors que nous sommes tout à fait capables de le produire. Pour la première fois, la France va être importatrice nette de produits agricoles. Oui, tout ça part en cas pilotable et il faut sauver nos agriculteurs et notre agriculture.
Encore une question avant de passer en effet aux accords de libre-échange. Sur la dermatose nodulaire, sur le fond, le désaccord entre les agriculteurs et le gouvernement, il porte sur la stratégie sanitaire. C'est-à-dire qu'est-ce qu'on fait quand il y a un cas de maladie dans un troupeau ? Est-ce qu'on abat l'ensemble des bêtes ou pas ? Il va y avoir, il y a déjà une cellule de dialogue entre des scientifiques et des agriculteurs. Est-ce que vous vous dites, ok, cette cellule-là, elle va avoir des conclusions, ces conclusions s'imposeront à tous ?
Mais moi je suis ravi et le Rassemblement National est ravi qu'il y ait enfin une concertation. Ce que nous avons critiqué depuis le début, c'est la méthode brutale. C'est de dire, vous allez abattre votre cheptel et c'est comme ça. Alors que le gouvernement devrait se remettre en cause sur la politique...
La FNSEA, le premier syndicat agricole, a validé ce processus. Il y a une division entre syndicats, vous le savez.
Probablement, mais c'est très mal vécu de la part des éleveurs qui voient leur cheptel abattu. Attention, ce n'est pas un cheptel, ce n'est pas simplement des produits qui arrivent, qui sortent, qui sont vendus. C'est sur plusieurs décennies parfois de la sélection génétique. C'est un rapport particulier entre l'agriculteur et sa bête. Oui, mais un travail de toute une vie, avec 10-15 heures de travail par jour, avec des salaires qui ne sont pas à la hauteur de l'effort. Mais là, il y a une maladie, qu'est-ce qu'on fait ? Le sujet, c'est la stratégie sanitaire.
Les conclusions de la cellule.
Je vais vous répondre, mais l'humain est essentiel. Quand ces gens produisent ce que nous mangeons dans un univers hostile, qu'ils se battent du matin au soir et qu'ils voient qu'on va leur abattre le fruit de leur travail, est-ce que vous pouvez comprendre leur colère et leur tristesse ? Et donc, on ne décrète pas depuis un ministère à Paris ce qui va se passer. On dialogue. Le dialogue arrive trop tard, mais il arrive tant mieux, mais après, quel dommage. Et puis, il faut remettre en cause la politique de vaccination. Une fois encore, il y a eu un retard à l'allumage. Une fois encore, nous ne sommes plus capables de produire les vaccins que nous importons d'Afrique du Sud.
Il y a toutes les souverainetés qui sont en cause. Vous savez qu'il y a un problème économique derrière les vaccins. Et la souveraineté, j'allais dire, industrielle, derrière laquelle il y a les vaccins.
Il faudrait vacciner toutes les bêtes au risque de bloquer toutes nos exportations.
Alors là encore, c'est une anomalie de cette affaire. Il faut que les auditeurs et les téléspectateurs comprennent. Lorsque l'on vaccine une bête, on ne peut plus, dans les mois qui viennent, l'exporter. Or, beaucoup...
Elle est moins appétissante pour les acheteurs.
Alors que, finalement, je crois qu'il n'y a pas de lien avec la consommation par l'être humain. Mais là aussi, il faudrait assouplir les règles parce qu'elles paraissent incompréhensibles. Donc, vous voyez, tout cela aurait dû être fait en amont. Ça n'a pas été fait. Ça a créé la colère. Mais je crois que ça a été la goutte d'eau qui a fait déborder le verre. Alors, le Mercosur. À cause du Mercosur. Allons-y. À cause des normes, à cause des taxes et à cause de l'écologie punitive.
Le Mercosur. La signature a été reportée in extremis au 12 janvier. Paris n'en voulait pas. Emmanuel Macron, à Bruxelles, a dit « Personne n'accepte un chèque en blanc ». Est-ce que c'est une victoire pour la France, ce report de la signature ?
Non, c'est simplement, excusez-moi de le dire, mais une exécution retardée pour notre agriculture. Ce qu'il faut, c'est ne jamais signer cet accord du Mercosur. Parce que l'accord du Mercosur, là encore, pour que tout le monde comprenne bien, c'est qu'au moment où on impose des normes toujours plus contraignantes à nos agriculteurs, on va accepter l'importation d'Amérique du Sud de produits qui ne respectent pas les mêmes normes, notamment sociales et sanitaires, et donc qui sont produits beaucoup moins chers. Et donc, au final, c'est de la concurrence déloyale. Qu'est-ce qu'on veut ? Une France sans agriculture ?
Une Europe qui importe tous ses éléments de consommation alimentaire, comme elle importe aujourd'hui l'essentiel de ses produits industriels, tout cela n'est plus tenable.
La filière laitière, les producteurs de vin et les spirituels sont moins vocaux, mais ils sont plutôt en faveur du texte, parce qu'ils ont très envie du marché brésilien. Question plus globale, Laurent Jacobelli, est-ce que quand le marché chinois se ferme, quand le marché américain se barricade, on peut dire non au traité de libre-échange ?
Oui, bien sûr. Vous voyez bien que les autres se protègent face à une concurrence effrénée, face à une mondialisation sans règles. Il faut se protéger. Parce que ne pas se protéger, c'est ce qui a fait qu'on a aujourd'hui plus d'industrie textile. On n'a pratiquement plus de sidérurgie. On va demain ne plus avoir d'industrie automobile à ce rythme-là et plus d'agriculture. Il y a un moment où il faut se protéger. Et pour se protéger...
Mais le cognac, on le vend à qui, par exemple ?
Pardon ?
Le cognac, on le vend à qui ? On ne vend pas aux Chinois, on ne vend pas aux Américains, on ne vend pas aux Brésiliens.
Je vous rassure, on n'en vend déjà, on n'a pas de concurrents et on peut très bien continuer à en vendre. Une fois encore, l'idée n'est pas de dire non au commerce international. Il est de dire qu'il faut un commerce international régulé. Quand on ne produit pas des produits de la même qualité ou des mêmes normes que ce que nous produisons en France, eh bien, on ne peut pas importer ou alors on est taxé. C'est assez logique, finalement. Ça s'appelle la libre concurrence, mais la concurrence loyale. Or, nous sommes entrés dans le monde de la concurrence des loyales.
Laurent Jacobelli, encore une question. C'est grâce au soutien de la présidente du Conseil italien, finalement, que l'avion de Ursula von der Leyen a été bloqué au sol. Elle s'apprêtait à s'envoler pour le Brésil. Georgia Meloni, c'est la nouvelle femme forte de l'Europe ?
Il y a beaucoup de femmes et d'hommes forts en Europe. Lesquels pour vous ? Monsieur Orban, par exemple, beaucoup de pays de l'Est qui disent que l'Union Européenne ne peut pas décider à leur place. Il faut bien comprendre que Mme von der Leyen, que personne n'a élu, qui a été nommée, qui défend avec beaucoup, beaucoup de hargne le...
Non, mais là, je vous parlais de Georgia Meloni.
Oui, mais moi, je vais vous répondre. C'est un peu complexe, vous savez, parfois, de répondre. Ah, mais je comprends. Et vous avez une grande habitude de l'exercice.
Mais je veux vous entendre sur Georgia Meloni.
Mais Georgia Meloni, elle fait le travail pour les Italiens. Elle défend les Italiens. J'ai l'impression que la croissance repart en Italie, que la sécurité repart. Elle défend les Italiens. Le problème de la France, c'est qu'on a un président de la République, Emmanuel Macron, qui ne défend pas les Français. On a l'impression que quand il défend la France contre l'ogre européen, on a l'impression d'être infidèle à l'Europe et que donc c'est mal. C'est un modèle, Georgia Meloni ? Non, c'est pas mal. Pardon ?
C'est un modèle, Georgia Meloni ?
Non, c'est pas un modèle, mais c'est...
Pour l'RN ?
Non, parce qu'elle est différente. C'est quelqu'un qui, avec le groupe duquel nous votons un certain nombre de choses au Parlement européen, parce qu'il y a aujourd'hui des majorités de faits qui arrivent entre les différents groupes souverainistes et patriotes, parfois même la droite, avec le PPE, pour essayer de calmer une Europe devenue folle. Folle de l'impôt, folle de la norme, folle de la surveillance et folle du contrôle.
Laurent Jacobelli, on ouvre la discussion à Abel Mestre et Alix Bouyaguet. Un autre dossier international, c'est l'Ukraine. Des discussions sont en cours ce week-end à Miami, en Floride. Il y a des émissaires de Donald Trump qui mènent une série de pourparlers séparés. Avec Moscou d'une part, les Ukrainiens et les Européens d'autre part. Question d'Alix Bouyaguet.
Cette nuit, le porte-parole du Kremlin a affirmé que Vladimir Poutine était prêt à engager le dialogue avec Macron. Réponse à Emmanuel Macron qui disait vendredi, je le cite, je pense qu'il va redevenir utile de parler à Vladimir Poutine. Est-ce qu'il faut à nouveau parler avec le président russe ?
Oui, il faut parler avec tout le monde. Nous voulons la paix. Je pense que ça, c'est le point commun de beaucoup de décideurs dans ce monde. Pour la paix, il faut que l'Ukraine et la Russie arrivent à un accord acceptable pour les deux parties. Et pour que cet accord soit acceptable pour les deux parties, il faut parler à tout le monde. Emmanuel Macron, un peu tard, revient à une logique de discussion, de négociation.
Et c'est dommage parce qu'il a cassé une tradition française qui était, notamment sous le général de Gaulle, une tradition d'équidistance, de dialogue avec tous, même avec des gens qu'on n'approuve pas, pour essayer d'arriver à des solutions qui étaient bonnes pour le droit international.
Dites un peu tard, je tiens quand même à signaler que la seule rencontre entre Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine, ça s'est passé en décembre 2019 et c'était grâce à Emmanuel Macron.
Alors depuis la nouvelle crise, ou même la guerre en Ukraine, Emmanuel Macron a eu trois attitudes. La première au début qui était une volonté affichée de dialogue. Cette volonté affichée de dialogue s'est interrompue, clairement. Et puis il y a eu une période où on a laissé faire les autres, et notamment les Etats-Unis, puisqu'on était dans une position où on refusait de dialoguer avec un des deux belligérants. Or aujourd'hui, apparemment, en tout cas dans le verbe, il se dit prêt à une troisième phase, qui serait finalement un retour à la première, de dialogue avec tout le monde. Tant mieux.
Moi ce que je vois aujourd'hui, c'est que malheureusement la France a été effacée de la diplomatie mondiale, que les Etats-Unis, comme traditionnellement d'ailleurs, ont repris le dessus, et que le jeu de l'Union Européenne est pour le moins trouble dans cette affaire. Et parfois malheureusement plus un frein qu'un accélérateur.
Faute d'accord sur les avoirs russes gelés, l'Europe va émettre une dette commune pour soutenir l'Ukraine à hauteur de 90 milliards. Est-ce que vous soutenez ce compromis ?
Mais ça dépend pour quoi faire, ça dépend quelles sont les conditions, ça dépend quels seront les retours après. Le problème de l'Union Européenne, c'est qu'elle a inventé l'argent magique, qu'elle a dette commune, donc elle prend des dettes. Il faut conditionner les aides.
Donc on laisse tomber les Ukrainiens ?
Non, non, mais écoutez, votre raccourci est faux et un peu trop rapide. Ce que je dis, c'est que l'Union Européenne, ça droge des droits qu'elle n'a pas, notamment faire des emprunts au nom de tout le monde. Voilà, parce que si elle fait ça, on ne contrôle même plus notre budget. En revanche, l'aide à l'Ukraine doit continuer, notamment sur les populations, notamment sur la défense de l'Ukraine. Donc nous sommes évidemment du côté des Ukrainiens. Évidemment, il faut que la paix ne se fasse pas au détriment de l'Ukraine et que ça ne soit pas une capitulation demandée à l'Ukraine. Mais croyez-moi, il y a plusieurs moyens d'y arriver. L'aide des États est importante et la France joue son rôle.
En revanche, que l'Union Européenne se substitue en matière d'endettement à la France, c'est rajouter de la dette à la dette. Et ça ne me paraît pas être la meilleure solution.
Alors il y a aussi l'aide à l'échelle des régions. Laurent Jacobelli, je vous propose cet extrait qui date du 19 novembre dernier. Nous sommes au Conseil Régional d'Ile-de-France, en Assemblée plénière. Les représentants de groupe se succèdent au micro pour dire s'ils vont voter l'aide à l'Ukraine décidée par la région. Face à la présidente Valérie Pécresse, c'est François Paradolle du Rassemblement National qui prend la parole.
Malgré la guerre, l'Ukraine demeure par ailleurs un géant agricole considérable. Les agriculteurs français sont extrêmement inquiets de la perspective d'une intégration de l'Ukraine à l'UE qui entraînerait un effondrement des budgets PAC, un déferlement de produits ne respectant pas nos standards et une concurrence déloyale qui finirait de les ruiner. Est-ce vraiment le rôle de notre région que de renforcer les concurrents de ses propres agriculteurs ? Depuis février 2022... Madame la Présidente, est-ce que je peux terminer ?
Vous pouvez terminer, M. Paradolle. Nous sommes tous atterrés par votre discours.
Merci.
Il s'agit de nourrir un peuple, franchement.
Avec toute l'amitié et toute la solidarité que nous éprouvons pour les habitants de ces oblastes, mais sans réponse claire de votre part sur ces questions essentielles, nous nous abstiendrons sur cette délibération. Je vous remercie.
Une question d'Abel Mestre.
Est-ce qu'il faut comprendre, en écoutant François Paradolle, qui n'est pas n'importe qui, qui est un proche de Jordan Bardella, qui est en directeur de cabinet, que le choix, c'est aider l'Ukraine ou aider les agriculteurs ? On ne peut pas faire les deux ? Il y a plusieurs moyens d'aider l'Ukraine. On en a parlé en matière d'armement, on en a parlé en matière d'entraînement, notamment des soldats. Je crois que la France fait son travail. Mais si aider l'Ukraine, c'est par exemple abattre les droits de douane des produits céréaliers et des produits d'élevage de volaille, pour mettre en danger nos propres agriculteurs, ça ne paraît pas être une voie raisonnable.
Une fois encore, vous parliez du Conseil Régional, notre groupe vote les aides pour l'Ukraine, qui sont des aides directes... Pas celles-ci, pas celles-ci. Non, mais là, qui sont des aides directes, qui servent à la société, qui ne passent pas par des associations troubles, parce qu'on sait malheureusement que l'Ukraine est un pays en voie à la corruption. Là, Laurent Jacobelli,
c'était pour des tablettes, pour des aides au soutien psychologique des enfants, notamment celle-ci.
Mais là, il a bien parlé. Alors, moi, je ne connais pas ce qui se passe au Conseil Régional de l'Union de France. Mais j'ai regardé l'extrait que vous m'avez montré, il ne parle que des éléments agricoles. Or, nous, nous avons bien demandé aussi dans notre Conseil Régional que ce soit séparé. Et d'ailleurs, c'est séparé, et donc il n'y a aucun problème. Ce matin, Edwige Diaz, sur l'antenne de France Info, déplorait le fait qu'à la Cité du Vin à Bordeaux aient été mis en avant les vins ukrainiens parce que c'était une manière de concurrencer les producteurs français.
Est-ce qu'à chaque fois, c'est ça l'argument du Rassemblement National, qui est de dire on aide l'Ukraine, mais pas trop, parce qu'au final, ça peut nous prendre en revers. On aide l'Ukraine, mais pas au détriment de nos armées et pas au détriment de nos agriculteurs. Nous, nous sommes des élus français. Donc, on doit protéger ceux qui nous ont élus. Et donc, croyez-moi, les producteurs ukrainiens, aujourd'hui, pour que tous ceux qui nous entendent comprennent bien, il n'y a pas de famine en Ukraine et on n'empêche pas les produits français d'arriver en Ukraine pour nourrir la population. Ce n'est pas ça du tout. Vous voudriez vendre
des produits français aux Ukrainiens ?
Non, ce n'est pas ça du tout. Nous, on dit qu'aujourd'hui, les céréales et les volailles ukrainiennes sont vendues dans des conditions complètement dérogatoires et que donc, c'est en train de saper notre marché national. Et évidemment, il y a un curseur qu'il faut placer pour protéger, évidemment, l'Ukraine. On le dit tous les jours. Mais aussi, excusez-nous, protéger nos agriculteurs. Je pense que ce discours, il est audible, mais l'Union européenne veut accélérer l'entrée de l'Ukraine dans l'Union européenne. C'est un des moyens qu'elle a trouvé. Je vous le rappelle, nous nous y opposons parce que nous ne voulons pas tuer l'agriculture française.
Alors, vous dites non à l'empreinte 90 milliards à l'échelle européenne. Vous vous abstenez en région sur cette aide à l'Ukraine. On a l'impression que la menace pour la France aujourd'hui, aux yeux du RN, c'est peut-être plus les agriculteurs ukrainiens que Vladimir Poutine.
Non, mais je pense qu'on n'est pas obligé d'aller dans la caricature qu'on nous impose. C'est-à-dire que ce n'est pas malheureux. Ce n'est pas binaire. Vous savez, si régler la paix dans le monde était binaire, je crois qu'on en serait trop heureux parce que ce serait très facile. Il suffirait de dire oui ou non. C'est beaucoup plus complexe que cela. Je répète, nous voulons que l'Ukraine retrouve sa souveraineté. Nous sommes souverainistes. Donc, évidemment, que quand un pays voit ses frontières agressées, voit son territoire diminuer, eh bien, ça nous choque. Ça nous choque parce que c'est un pays ami et ça nous choque parce que nous sommes souverainistes.
En revanche, il ne faut pas, à cause de cela, instrumentaliser ce qui se passe en Ukraine pour accélérer un agenda. Et on voit bien que l'Union européenne accélère un agenda. On voit qu'elle a des réticences parfois au plan de paix du président américain. Pourquoi ? Parce qu'ils veulent, par exemple, accélérer une défense européenne, des achats d'armements groupés. Or, on voit bien que l'Union européenne veut s'immiscer dans un domaine qui est un domaine réalien, souverain, dans lequel elle n'a aucun droit selon les traités. Et à chaque fois, elle se sert d'une crise pour infiltrer un nouveau domaine. Eh bien, nous, nous ne sommes pas dupes. Permettez-nous d'être vigilants.
Concernant justement cette menace russe, Vladimir Poutine a beau qualifier de non-sens une attaque contre l'Europe, les services de renseignement américain affirment que Poutine veut non seulement s'emparer de toute l'Ukraine, mais aussi des anciennes républiques soviétiques. On pense notamment aux Pays baltes. Ces conclusions rejoignent celles formulées par les services secrets aussi britanniques et européens. Est-ce que vous les prenez au sérieux, ces conclusions ?
Mais bien sûr, oui, il y a un danger russe aujourd'hui qu'on ne peut pas ignorer. D'ailleurs, en France, il y a des cyberattaques dont il a été prouvé. Non, là, on est plutôt
sur un choc militaire.
Je sais bien, mais ça veut bien dire que la Russie n'est pas bienveillante aujourd'hui à l'égard de l'Europe et des pays qui la constituent. Donc, bien évidemment, l'effort de réarmement d'un certain nombre de pays et notamment de la France, il faut le soutenir. Bien évidemment, il faut se préparer à cela. Je précise quand même aussi que nous avons la chance d'avoir la dissuasion nucléaire qui fait de nous un pays largement protégé parce que la peur de la réaction nucléaire affaiblit toujours les tentatives de l'adversaire. Il faut être extrêmement vigilant.
Il ne faut pas non plus d'aller dans un discours de vat en guerre mais il ne faut pas non plus avoir un discours d'oie blanche qui croit que la paix sur le monde règne. Non, il faut être vigilant. Il faut être à la commission de la défense, si je ne m'abuse. Oui, tout à fait. Qu'est-ce que la France doit faire en cas de drones qui survolent des sites stratégiques de drones russes qui survolent des sites stratégiques français ? Est-ce qu'il faut riposter ? Aucun drone étranger non autorisé ne doit survoler notre territoire. C'est inadmissible, bien évidemment. Donc, il doit y avoir une réponse. D'abord, des Russes de comprendre...
Et s'il y a une intrusion dans l'espace de l'OTAN, vous soutiendrez la mise en place, enfin, le déclenchement de l'article 5 et de la réponse... Nous faisons partie de l'OTAN. Une fois encore... Et la réponse militaire. Une fois encore, la menace russe existe. Il ne faut pas la surestimer, caricaturer. J'entends certains dire dans deux ans les chars, etc. Non, je pense qu'il ne faut pas exagérer. Ah, attendez, ça c'est intéressant. En revanche, il ne faut pas la sous-estimer. Laurent Jacobi, il faut se préparer à toute éventualité en sachant qu'il y a aujourd'hui plein de menaces. Laurent Jacobi... J'arrive. Mais c'est un domaine de la défense qui me passionne, vous l'aurez compris.
Oui, mais alors là, vous nous avez dit quelque chose
de particulièrement intéressant.
Il y a aussi la menace chinoise dans un certain nombre de territoires ultramarins, la menace islamiste. La menace, elle est multidirectionnelle et on doit donc être très vigilant et donner les moyens à nos armées. Excusez-moi.
Je vous en prie, vous êtes à la commission de la défense. Donc, vous avez entendu le chef d'état-major des armées, Fabien Mandon. Et justement, lui, il dit qu'il faut que l'armée française se prépare à un choc dans 3-4 ans face à la Russie. Il y a aussi le ministre allemand de la défense, Oscar Pistorius, qui dit que certains historiens militaires pensent qu'on a peut-être vécu notre dernier été de paix. Et là, vous venez de dire que vous n'êtes pas tout à fait certain de les croire.
Non, je pense qu'il y a une forme de catastrophisme, de jeu avec les peurs qui est dû à plusieurs choses. Peut-être d'abord pour défendre le budget de l'armée dans une période où le budget est incertain, et deuxièmement, budget de l'armée que nous soutenons d'ailleurs.
Et les Allemands aussi voudraient soutenir leur budget de l'armée.
Deuxièmement, le même chef d'état-major des armées parle de défense européenne, d'armée européenne, comme si la France était devenue un département d'un pays beaucoup plus grand qui s'appellerait l'Union européenne. Et donc, ce n'est pas notre vision des choses. Nous pensons, nous, qu'une armée européenne est vouée à l'échec, qu'elle serait un affaiblissement de notre industrie de la défense et de la puissance de nos armées, que chaque pays doit être solidaire de l'autre, attention, disons-le bien, mais que la coopération forcée ne marche pas. Et on le voit d'ailleurs, il y a eu coopération forcée sur les drones, sur les chars et sur l'avion pour fabriquer des nouveaux matériels.
Eh bien, les trois sont en train d'échouer, à la fois pour le char du futur, pour l'avion du futur et le projet Eurodrone est abandonné. Vous savez, les mariages forcés, en général, ne fonctionnent pas. Il vaut mieux des mariages d'amour, voire des mariages d'intérêt. Mais l'Union européenne à 27 en marge forcée pour l'armée, ce serait une catastrophe.
Allez, l'autre rebondissement de la fin de semaine, c'est le clap de faim, Alix Bouillaguet, pour le budget de l'État. Oui,
il n'y a pas eu de miracle le vendredi pour le budget, notamment avec cette commission, cette fameuse CMP, Commission Mixe Paritaire, 7 députés, 7 sénateurs pour trouver un compromis. Donc, elle a été non conclusive. On s'achemine donc vers la loi spéciale. Or, cette loi spéciale empêchait par exemple l'augmentation du budget de la défense que vous soutenez, vous venez de nous le rappeler, ne pas avoir trouvé de compromis, ce n'est pas du gâchis, ce n'est pas du temps perdu, notamment pour les Français.
Mais bien sûr que c'est du temps perdu et ce temps l'a perdu entre les deux tours des dernières législatives quand une union improbable de LFI au LR a voulu faire, comme ils disent, barrage au premier parti de France, le seul qui était capable d'avoir la majorité. Non mais là, très concrètement. C'est très concret, on se retrouve avec une assemblée éclatée où personne n'est d'accord. La commission mixte paritaire, j'explique, c'est 7 députés, 7 sénateurs qui se retrouvent dans une salle entre eux et qui doivent négocier le budget que le Sénat et l'Assemblée n'ont pas pu élaborer.
Mais c'est la faute de qui ? Je veux juste comprendre. Le Rassemblement National n'a pas de responsabilité dans l'échec de cette CMP ?
Nous ne sommes pas au gouvernement et je crois que nous avons...
Non mais au CMP, vous l'avez rappelé, c'est au sein des parlementaires. Je vais vous dire ce qui s'est passé dans cette commission
mixte paritaire. La droite a décidé qu'il n'y aurait pas d'impôt supplémentaire mais pas de baisse de dépense. La gauche voulait des impôts supplémentaires mais pas de baisse de dépense. Donc au final, on disait aux Français soit par l'impôt soit par la dette, vous allez payer presque jusqu'à 20 milliards de plus. Eh bien nous nous disons il faut baisser les dépenses avant de demander aux entreprises ou avant de demander à nos concitoyens le moindre effort. Personne ne veut toiletter les dépenses de la France. Personne ne veut faire le grand audit.
Personne ne veut supprimer un certain nombre de coûts comme par exemple dans l'immigration, comme par exemple dans le budget européen, comme par exemple certaines des 1200 agences qui ne servent à rien. Eh bien tant qu'on n'a pas fait ce travail, on n'arrivera pas à une fonction. Avec l'action du 49.3, on n'a pas l'impression que le RN ait joué pleinement son rôle d'opposition responsable comme vous aimez à vous présenter depuis 2022. Le gouvernement en tout cas le voit comme ça. Il trouve que vous êtes un agent du chaos un peu comme la France insoumise. Est-ce que vous trouvez que vous avez un peu raté cette séquence ?
Quand je dis vous, c'est pas vous personnellement évidemment, c'est au nom de votre groupe que vous n'avez pas saisi l'occasion d'avancer des pions un peu comme le Parti Socialiste a pu le faire avec Sébastien Lecornu ? Mais vous voulez dire prendre en otage le gouvernement, faire du chantage, mettre un pistolet sur la tente du Premier ministre comme l'a fait le Parti Socialiste qui représente moins de deux pions. Ça s'appelle avec Michel Barnier, un compromis. Mais M. Lecornu a choisi ses alliés. Il a choisi le Parti Socialiste. Donc, libre à lui. Nous d'abord, nous ne faisons pas confiance au Parti Socialiste.
Mitterrand, Hollande, on a vu dans quelle situation il y a une crise mais nous avons fait des amendements. Nous avons fait des propositions. Mais le Premier ministre était englué dans une coalition improbable. Donc, vous êtes hors-jeu. Donc, nous, ce que nous disons, c'est très simple. Tant qu'il n'y aura pas de nouvelles élections, tant qu'il n'y aura pas de majorité, il n'y aura pas de budget. Le RN était hors-jeu. Non, le RN était au cœur du jeu. Au cœur du jeu. D'ailleurs, on n'a parlé que de nous pendant cette séquence.
Il se trouve qu'il y a des alliances contre nature avec un Parti Socialiste accro à la taxe, des Républicains dans le vaisseau qui se sauve et un ministre Lecornu qui veut juste garder son siège. On n'a pas les mêmes intérêts à l'on pense. Eux, ils pensent indemnité.
Garder son siège. Est-ce que vous demandez deux choses ? Aujourd'hui, est-ce que vous demandez la démission de Sébastien Lecornu suite à cet échec de la CMP ? Et est-ce que vous demandez toujours la dissolution à trois mois des municipales, même si cela priverait Marine Le Pen de son mandat de député ?
Mais Marine Le Pen, vous la connaissez probablement. En tout cas, moi, j'ai l'honneur de la côtoyer. Marine Le Pen, elle ne pense pas à elle, elle pense à la France. Et donc, si la meilleure solution pour que notre pays retrouve une voie sereine avec une politique économique digne de ce nom, et qu'il faut dissoudre, alors elle dira qu'il faut dissoudre et c'est exactement ce que nous disons pour qu'il y ait une majorité.
Et la démission de Sébastien Lecornu, vous la demandez ce matin ?
Écoutez, nous verrons bien s'il y a une censure puisqu'il y aura probablement ce qu'on appelle une loi spéciale pour permettre, évidemment, qu'on continue à payer les fonctionnaires, qu'on continue à récolter l'impôt parce que tout ne va pas s'arrêter du jour au lendemain et donc il va y avoir l'élaboration d'un nouveau budget. Eh bien, évidemment qu'il y aura probablement un jour ou l'autre une censure, évidemment qu'il est probable que nous la reprions. Alors, comment est-ce qu'on déposait une motion de censure ? Nous verrons bien ce qui nous est proposé à partir de janvier.
Mais vous imaginez ce qui vous est proposé, vous dites que ce sera le même budget.
Mais j'en sais rien, j'espère que M. Lecornu va avoir compris le signal. Si demain, il y a l'opportunité d'un budget où on diminue la dépense, nous on a vu que dès la première année on pouvait diminuer au moins 40 milliards la dépense qui ne touche pas aux avantages sociaux des Français qui n'augmentent pas les impôts, alors on travaillera dans ce sens. Si ce n'est pas le cas, oui, évidemment, la censure est envisageable qu'elle vienne de chez nous ou pas et que nous la voterons, oui.
Lundi, le Premier ministre reçoit les forces politiques. Marine Le Pen y va, Jordan Bardella y va, c'est ça qu'ils vont lui dire ?
S'ils sont invités, ils iront. Ils continueront à lui dire ce qu'ils lui disent depuis le début. Le problème de ce pays est qu'ils dépensent trop, n'importe comment, qu'aujourd'hui on a encore atteint un record avec 3 500 milliards de dettes. C'est pour le seul Emmanuel Macron plus de 1 200 milliards de dettes supplémentaires. Il a fait en lui seul plus que pendant les 57 années d'après-guerre. Donc on a aux manettes des gens qui ne savent pas gérer le pays. Il ferait mieux d'écouter leur opposition. Pour l'instant, ils s'y refusent.
Laurent Jacobelli, on avance vers les prochaines échéances électorales. L'ERN est-il en ordre de bataille ? C'est la question. Et notamment
celle d'Alix Bouillaguet. Lors des dernières législatives, on a vu des mots même de Jordan Bardella, beaucoup de brebis galeuses parmi vos candidats accusés d'antisémitisme, de racisme. Comment pouvoir être sûr que vous serez irréprochable aux municipales ?
D'abord, on n'est pas dans la tête des gens. Les gens qui brillent, malheureusement, c'est toujours difficile à imaginer. Nous, ce que je sais, c'est qu'aujourd'hui, à la fois...
Parfois, c'était des choses qui étaient traçables sur leur compte Facebook.
Je vous explique ce qu'on fait aujourd'hui pour les législatives et les municipales. Chaque candidat dépose un dossier. Nous regardons effectivement les réseaux sociaux de chaque candidat. Il passe un entretien et donc on met de notre côté tous les moyens pour éviter tout débord, toute personne qui pourrait ne pas être en ligne en phase avec notre ligne politique ou avoir eu des propos condamnables ou même avoir eu des condamnations sévères. Donc, nous faisons très attention à ça et si demain, quelqu'un vrille ou quelqu'un est passé à travers les mailles du filet, eh bien, nous lui retirerons le soutien du Rassemblement national comme nous l'avons fait.
Moi, j'aurais tellement aimé que ce process puisse avoir lieu ailleurs et qu'à la France insoumise, par exemple, on n'est pas... Là, on est sur le reste. On n'est pas un dealer, on n'est pas des antisémites, on n'est pas des racistes anti-blancs. Or, malheureusement, il y en a et ils sont à l'Assemblée nationale. Vous voyez la différence ? Chez nous, ils sont virés, ailleurs, ils sont promus.
Alors, justement, ont-ils déjà été virés, déjà pointés du doigt en 2024, mais de nouveau désignés pour une municipale... Vous allez nous faire le coup
à chaque élection ?
En 2026. Allez-y. Non, mais on a retrouvé des noms. Alors, vous allez nous dire ce que vous en pensez. Virginie Dorsan à Fougères, en Ile-et-Vilaine, pour qui l'avortement est une régression sociale. En 2016, Madame Dorsan, ça s'est tracé, elle qualifie une campagne de prévention du sida à destination des homosexuels de propagande idéologique abominable. Il y a aussi Virginie Joron à Strasbourg qui s'est distinguée à Bruxelles pour son activisme contre la politique vaccinale, notamment pendant le Covid.
Ça, c'est un débit d'opinion que vous êtes en train de me dire. Attendez, excusez-moi, tout n'est pas pareil. Elle a le droit de dire que la politique vaccinale était critiquable quand même.
Vous allez nous le dire mais est-ce que c'est en ligne avec la ligne du Rassemblement National ? Donc, voilà, là, vous avez des articles de presse qui sont en train de monter. Oui, de médias part et de libération. En octobre dernier, le Parisien pointait encore ces noms que je viens de citer et puis cinq autres. Est-ce que c'est un problème ? Est-ce qu'il y a encore quelques noms qui posent problème et pourtant on les retrouve sur les listes ? Ou bien non, tous ces gens et tous ceux qui sont cités ailleurs que vous avez en tête encore mieux que moi ne vous posent pas problème.
Alors, on a relu la liste Mediapart parce qu'on est toujours curieux de lire ce qui se lit dans la presse même quand elle est d'opinion et même quand elle ressemble de plus en plus à un tract et les filles comme Mediapart. On a lu ce qui était écrit parmi les candidats qui étaient évoqués. Certains n'étaient même pas soutenus par le Rassemblement National. C'est-à-dire que c'est n'importe quoi. Ils ont présenté leur candidature à la candidature mais on leur a dit non. Alors, plutôt que de dire ce candidat, le RN a bien vu les choses, il a dit non, non, ils disent l'inverse. C'est quand même improbable.
C'était Virginie Dorson et c'est bien elle qui est sur votre liste à Fougères.
Mais je ne sais pas. Honnêtement, j'ai pas toutes les... Excusez-moi, je peux pas. Il y a 36 000 communes en France. C'est compliqué pour moi de connaître toutes les communes. Je vais vous faire une réponse générale mais qui s'applique probablement au cas que vous venez de me dire. Vous avez cité Virginie Joron. Elle a émis des critiques sur la politique vaccinale en France. C'est la moindre des choses quand même. Ça n'a pas été un grand succès. Donc ça, c'est un délit d'opinion. Certains sont mis en cause par Mediapart parce qu'ils critiquent la politique migratoire appliquée aujourd'hui. Bah oui, c'est notre programme.
Donc une fois encore, il ne faut pas confondre des gens qui ont eu un comportement qui n'est pas celui que prône le Rassemblement National avec des propos, vous l'avez dit tout à l'heure, antisémites ou racistes. Pas de ça chez nous, dehors. C'est très clair. Et d'autres qui ont des positions politiques qui ne plaisent pas à une presse de gauche. Eh bien, s'il ne s'appelait pas à la presse de gauche, c'est probablement bon signe. Et sur l'avortement ? Mais notre groupe est très clair. Nous avons voté pour la quasi-totalité des députés du Rassemblement National pour l'inscription dans la constitution du droit à l'avortement. Nous n'avons jamais remis en cause cette loi en France.
Une fois encore, il n'y a aucun doute.
Le 17 décembre, Jordan Bardella s'est pourtant abstenu sur un texte à Bruxelles visant à faciliter l'accès à des avortements sûrs à toutes les femmes européennes. Pourquoi ?
Parce que nous, nous l'avons fait pour la France. Et nous nous occupons de la France. La gestion sociale et sociétale des autres pays ne doit pas être l'affaire de l'Union européenne. Comment vous réagiriez si demain, il y a au Parlement européen une majorité, et je ne l'espère pas, qui est contre le droit à l'avortement, qui est contre le droit à l'homosexualité, qui est contre ce que vous voulez ? Et que cette nouvelle majorité de l'Union européenne décide qu'on doit l'appliquer partout en Union européenne. Eh bien, nous, nous nous battrons pour qu'en France, on continue à avoir le droit de vivre la vie privée que l'on veut et avoir le droit d'avorter.
Donc, une fois encore, ce n'est pas à l'Union européenne de décider ce qui se passe dans les pays et c'est pour ça qu'il y a eu l'abstention. Vous auriez soutenu une loi française ?
Si ça avait été effectivement une loi nationale ?
Mais nous l'avons fait à chaque fois. Et nous l'aurions fait, bien sûr. Le choix de la France est celui-ci. Et ça tombe bien, parce que c'est le droit qui correspond à l'intime conviction de Marine Le Pen, de Jordan Bardella, de nos députés. Donc, personne ne remet en cause le droit d'avortement dans notre pays. Sur les municipales, un cas précis, celui de Fréjus. David Racheline, ancien vice-président du Rassemblement National, a quitté ses fonctions et n'a pas été investi par le Rassemblement National. Il va être jugé pour favoritisme en septembre. Est-ce que le Rassemblement National va investir un candidat ou une candidate face à lui ? Non. Donc, vous allez le laisser gagner ?
Écoutez, ce n'est pas nous qui allons le laisser gagner. Je crois que ce sont les habitants de Fréjus. Donc, c'est une fausse sanction. Non, mais ce n'est pas une question de sanction. Aujourd'hui, David Racheline, que je sache, je n'ai pas regardé ce matin la chronique judiciaire, mais n'a été condamné à rien du tout. Il est donc présumé innocent comme nous tous. Mais il n'a pas été investi alors. Pourquoi vous n'avez pas investi ? Autour de cette table, le parti et David Racheline ont décidé de se protéger mutuellement. C'est-à-dire que les affaires qui concernent David Racheline, le maire de Fréjus, auraient pu ternir l'image du Rassemblement National et donc, il a fait un pas de côté.
De même que l'étiquette Rassemblement National aurait pu rendre certains juges encore plus féroces contre David Racheline. Donc, aujourd'hui, il a fait un pas de côté sur ses fonctions dans le mouvement. Il reste candidat à sa mairie. Il n'est pas soutenu comme la dernière fois, d'ailleurs, je crois. Il n'avait pas demandé le soutien parce qu'il n'en a pas besoin pour être très honnête. Il est très soutenu par sa population et c'est ça qui compte. Donc, il y a fort à parier qu'il sera à nouveau maire de Fréjus. Il y a fort à parier que la population de la ville lui fasse à nouveau confiance. Pour le reste, moi, je ne suis pas juge, vous non plus, attendons d'avoir les résultats.
Mais je crois qu'on ne va pas lyncher un homme simplement parce qu'il a une affaire. On verra bien demain. En revanche, il y a un principe de précaution qu'à la fois David Rachline et le Parti politique Rassemblement National ont appliqué l'un envers l'autre en bonne intelligence.
L'association Assez Anticorruption a déposé le 5 décembre 2025 une plainte contre X auprès du parquet national financier contre Jordan Bardella pour favoritisme et détournement de fonds publics. Des frais de médiatraining auraient été payés par le Parlement européen via l'enveloppe budgétaire mise à la disposition des députés européens du RN. Selon la plainte, ces formations de communication auraient été utilisées à partir de septembre 2021 pour préparer Jordan Bardella à la présidentielle. Est-ce que cette plainte vous inquiète ?
2021 pour la présidentielle ? Ça me paraît un peu loufoque, non ?
Non, mais enfin, on n'est pas sans savoir que c'est le plan B pour en tout cas 2027. Est-ce qu'il n'y avait pas une arrière-pensée de rôder un candidat ?
Excusez-moi, en 2021, ce n'était pas du tout d'actualité. Donc, vous voyez bien que ça ne tient pas. Oui, il y a eu des frais de médiatraining, pas seulement pour Jordan Bardella, mais pour l'ensemble de nos députés européens, comme il y en a d'ailleurs dans beaucoup de parties. Vous savez, quand vous êtes agriculteur, chef d'entreprise, fonctionnaire, et que vous vous retrouvez député européen, c'est-à-dire à devoir parler à des médias, vous n'avez pas forcément les codes, et c'est donc tout à fait normal qu'on vous les enseigne. Donc, vous dites que
Jordan Bardella a fait du médiatraining dans le cadre du Parlement européen et qu'en aucune façon il n'a fait du médiatraining dans le cadre d'une éventuelle présidentielle.
Bien sûr que non, et d'ailleurs, je vais vous dire, beaucoup de femmes et d'hommes politiques aujourd'hui sont moins bons sur le plateau que ne l'est Jordan Bardella, même qu'il ne l'était avant qu'un quelconque médiatraining.
Est-ce que cette plainte vous inquiète néanmoins ?
Non, parce qu'on sait très bien dans quoi on va rentrer chaque jour. Jordan Bardella, comme on évoque son nom pour la présidentielle au cas où Marine Le Pen serait empêchée par la justice, eh bien il y aura soit une fatwa judiciaire, soit des calomnies dans la presse, il est trop jeune, il est trop grand, il est trop bien habillé, il parle trop bien... Il y a un petit bruit
sur la fragilité éventuelle ces derniers jours.
Écoutez, oui, on entend ça, ça fait 15 ans que Jordan fait de la politique et je vais vous dire, je crois qu'il est costaud. Donc, que tous ceux qui croient qu'ils vont affaiblir sa volonté, qu'ils vont affaiblir son moral, qu'ils vont affaiblir sa pugnacité s'arrêtent immédiatement, il sera plus fort qu'eux.
Donc il a autant les épaules que Marine Le Pen pour devenir président de la République ?
Ils ont tous les deux les épaules, toutes ces attaques ne les touchent pas ou ne les touchent plus. De même que, je vais vous dire, quand on est député au cadre du Rassemblement National, c'est tous les jours, tous les jours, qu'il y a des articles contre nous. Donc, on a l'habitude d'être forts et tant mieux d'ailleurs parce qu'à partir de la présidentielle et que nous aurons à gérer ce pays, il faudra être costaud par rapport à tous les problèmes de dettes, d'impôts, d'insécurité, d'immigration que nous aurons à affronter. Mais vous voyez, tous nos opposants nous auront rendus encore plus forts. J'ai presque envie de leur dire merci.
Après, il y a des affaires en justice et des faits précis qui seront... Il y aura des jugements, il y aura des faits posés.
Soyez patient.
Laurent Jacobelli, vous êtes l'invité de Questions politiques. C'est le moment du portrait.
France Inter. Alexandra Ben Saïd. Questions politiques.
Alors, Alix Bouillaguet a choisi cette interview de vous. C'était en avril 2025. On écoute le son et puis, question d'Alix.
Marine Le Pen est quelqu'un de résistant, de combattant. C'est une femme motivée, une femme très courageuse. Très courageuse. Et ce n'est pas parce qu'on lui dit maintenant il faut arrêter qu'elle arrêtera. Donc, je crois que tout ça mis ensemble fait que la candidate naturelle du Rassemblement national, c'est Marine Le Pen et qu'on va se battre pour que ce soit effectivement elle qui vienne face aux Français en 2027.
On vous entend, c'était le 7 avril dernier, très laudateur sur Marine Le Pen. Vous êtes une des figures en vue de la génération dédiabolisée du Rassemblement national. Politiquement, votre parcours est un peu sinueux. Vous êtes d'abord derrière Chirac en 2002, puis vous vous rangez derrière Nicolas Dupont-Aignan en 2014 avant de rallier Marine Le Pen en 2017. Le RN, ce n'était pas forcément une évidence pour vous. D'ailleurs, vous n'avez pas voté pour Jean-Marie Le Pen en 2002. Pourquoi ?
Alors, je n'étais pas encarté auprès de Jacques Chirac, mais je n'ai pas voté pour Jean-Marie Le Pen en effet. Les deux seules cartes politiques que j'ai eues, c'est Debout la France avec Nicolas Dupont-Aignan et depuis 2017, le Rassemblement National avec Marine Le Pen et Jordan Bardella. Eh bien, Jean-Marie Le Pen, c'était une autre génération. Je crois qu'il avait eu l'intelligence de voir un certain nombre de problèmes qui traversaient la société française. J'étais, à titre personnel, en désaccord avec certaines des phrases qu'il a pu prononcer et qui, pour moi, faisaient en sorte que je ne pouvais pas voter pour lui pour être président de la République. Vous avez parlé
de ces condamnations pour antisémitisme, notamment. Donc, vous êtes aussi toujours tirée à quatre épingles, vous êtes courtois, policée.
C'est un compliment, ça.
Oui, mais attendez, Yael Brunpivet, la patronne de l'Assemblée Nationale, vous a rappelé alors le 13 novembre dernier, suite à vos propos tenus envers Sandrine Rousseau lors de la séance du 30 octobre, des propos qui ont été jugés sexistes. Idem récemment à l'encontre de Valérie Débord, la vice-présidente du Conseil Régional Grand Est. Et dernier point, vous avez été aussi condamné en septembre pour diffamation et outrage après avoir dit Joupa Tarakaï aux députés qui étaient à l'époque macronistes, Belkir Belhadad, en marge d'un déplacement en octobre 2023. Est-ce que vous regrettez ces propos ?
Est-ce que ça n'écorne pas l'image finalement de respectabilité souhaitée par le Rassemblement National ?
Je vais vous rassurer, je pense et j'espère que ma vie le montre et que tous les engagements que j'ai pu avoir professionnels dans le privé, dans le public et politique montrent que je suis quelqu'un de respectueux et je l'espère de respectable. Ça fait partie de ce que je disais tout à l'heure, c'est-à-dire que...
On dit qu'il y a beaucoup de petites phrases, beaucoup d'investis, d'investis en séance, de propos sexistes. Surtout avec les femmes.
Alors, est-ce que je peux continuer ? Si vous avez pris, par exemple, le Conseil Régional en... C'est ridicule,
ma pauvre femme. C'est ce que vous avez dit à Véleri de Bois. Comme on peut dire
mon pauvre monsieur. Mais vous voyez, on m'aurait dit à moi mon pauvre monsieur, personne n'aurait imaginé que c'est sexiste. Moi, vous voyez, je suis un fervent militant de l'égalité homme-femme.
Sandrine Rousseau, c'était arrête de manger des graines,
c'est des choses comme ça. Oui, alors c'est pas parce qu'elle était femme. Voilà. Ah, vous la qualifiez parce que ces propos sont... Excusez-moi, elles venaient de faire à la tribune une allocution que personne ne comprenait, que tout le monde trouvait objectivement complètement divagante. Il y avait des invectives dans tout l'hémicycle. On a noté... Sauf que c'est vous
qui avez été sanctionnée par Yael Broun-Pivet.
Parce que Mediapart a repris mes propos parce que je suis du Rassemblement National. Madame Yael Broun-Pivet, d'abord, j'ai pas eu de sanction.
Non, pas sanctionnée, mais elle a relevé.
Elle l'a relevé. Moi, j'ai parlé à madame Rousseau, non pas parce que c'est une femme, mais parce que c'est une députée de la nation et que, pour moi, elle n'est que députée de la nation. Elle est écolo et que ce qu'elle dit... Marie-Jupéne vous a déjà remonté les bretelles sur cette question ? Non, parce qu'elle me connaît et qu'elle sait très bien que je ne suis pas sexiste. Moi, je me bats matin, midi et soir du lundi au dimanche pour qu'une femme devienne présidente de la République en matière de sexisme et que, frisez-moi, j'ai connu pire.
Vous êtes aussi un enfant de la télé après avoir fait l'ESSEC puis un master à l'ESCP. Vous avez été contrôleur de gestion à TF1 puis directeur administratif et financier dans des boîtes de prod. Vous côtoyez Christophe de Chavanne, Jean-Pierre Foucault notamment. En 2005, vous remplacez même Frédéric Mitterrand à la tête des programmes de TV5 Monde. Vous dites c'est la plus belle expérience de ma carrière. Pourquoi basculer en politique ?
Vous savez, quand j'ai fait de la télévision, je permettais aux téléspectateurs de voir notamment un certain nombre d'émissions d'information comme la vôtre ou de documentaires qui décrivaient l'état de la France et qui décrivaient l'état du monde. J'en ai eu marre d'être spectateur. J'en ai eu marre d'être celui qui contemple les malheurs du monde. J'ai voulu agir. Et donc, quand j'ai eu l'impression d'avoir fait le tour de plein de choses dans l'audiovisuel, j'ai fait de la gestion, j'ai fait de la production, j'étais dans le public, j'étais dans le privé, j'ai vécu un certain nombre de rêves, j'ai travaillé avec des animateurs qui, pour moi, étaient admirables.
J'ai décidé d'entamer une deuxième vie et de me mettre au service de la population et d'essayer de changer les choses plutôt que de simplement les décrire.
Aujourd'hui, le Rassemblement National veut privatiser l'audiovisuel public. Or, les Français y sont très attachés. Près de 70% d'entre eux déclarent avoir une bonne image de l'audiovisuel public. Vous leur répondez quoi aux Français ?
Ne soyez pas inquiets. Ils sont attachés. Vous savez, vous êtes attachés à France 2. France 2 ne va pas fermer. Vous êtes attachés à France Inter. France Inter ne va pas fermer. C'est simplement l'actionnaire qui changera.
Mais le marché publicitaire, il peut absorber tout ça. Il est déjà extrêmement tendu pour les chaînes privées.
Il est tendu, mais il est tendu aussi parce que nous sommes face à une concurrence étrangère à travers notamment Netflix, Amazon qui arrivent sur les boîtes Internet des Français et qu'il n'y a pas de géants français. Nous, nous aimerions qu'il y ait un géant français et pour ça, il faut privatiser. Et puis aussi, nous sommes tenants de la démocratie, du pluralisme. Je sais que ça ne va pas vous faire plaisir, mais nous pensons que le pluralisme à Radio France n'est pas forcément la qualité la mieux exploitée et nous pensons et j'en suis ravi.
Mais c'est vrai que quand on regarde le traitement, notamment d'un certain nombre d'humoristes sur France Inter, des matinales sur France Culture ou des émissions publiques, on voit bien qu'il est le Rassemblement national par exemple qui n'est pas privilégié et même un peu maltraité. Le Rassemblement national
a été le parti le plus invité récemment sur France Inter. Bravo. Et vous êtes là avec nous. Et je suis heureux de l'être. Est-ce qu'on veut passer votre carte blanche ? Mais un certain nombre de chiffres montre autre chose. Non, justement, sur les chiffres.
Eh bien justement que par exemple, un certain nombre d'auditeurs, notamment 70 de France Inter, votent à gauche et ce n'est pas au hasard. Pour nous, l'audiovisuel public doit être à tout le monde. Tous les Français le payent à travers l'impôt, même les électeurs du Rassemblement national et de la droite et qu'ils doivent eux aussi être justement écoutés la privatisation.
Allez, on passe à votre carte blanche, votre gros plan ArcelorMittal. Vous avez un message, Laurent Jacobelli. Si vous le permettez, comme l'heure tourne, on vous écoute. Une question,
on avance. Très, très bien. Je vais parler à tous les sidérurgistes en France, ceux qui ont le courage de continuer cette activité et je pense particulièrement à ce Florens dans ma circonscription. L'État vient de signer le plan, de permettre le plan social de 600 emplois en moins d'ArcelorMittal. Pourquoi on en arrivait là ? On parlait tout à l'heure de l'agriculture. C'est un peu la même chose. Des normes abusives, notamment la norme de décarbonation qui fait que l'acier français va être beaucoup plus cher que l'acier chinois qui coûte à peu près la moitié de ce que coûte l'acier français.
Un coût de l'électricité trop cher par rapport à nos concurrents, là encore à cause de la tarification européenne, des années d'abandon, la perte de souveraineté. C'est ce qui nous a livré à la concurrence chinoise qui aujourd'hui est une concurrence sans foi ni loi parce que les Chinois produisent plus que ce dont ils ont besoin donc ils exportent. Et ils exportent un acier qui est deux fois moins cher que l'acier français. Donc je pense qu'il faut se poser des mesures protectionnistes. Il faut une priorité nationale à l'achat d'acier.
Et puis il faut aussi protéger nos industries automobiles parce que là encore la folie écologiste et la folie de l'électrification des voitures fait la part belle aux Chinois et on voit qu'il y a 200 000 emplois en France qui sont menacés et donc ça veut dire moins de consommation d'acier français. Folie écologique, folie des normes, folie de la tarification électrique, folie de la mondialisation nous ont amenés dans une situation très difficile. 80% des emplois depuis 1980 ont été perdus. 95% des hauts fourneaux. Il faut sauver la sidérurgie française et pas seulement avec des paroles. Pourquoi le groupe Rassemblement National n'a pas voté la nationalisation d'ArcelorMittal ?
Parce que tout simplement ce n'est pas une bonne mesure. L'État ne peut pas gérer le menu de la cantine. L'État ne peut pas gérer l'heure d'arrivée, l'heure de départ des salariés. L'État gère déjà très mal la France.
En revanche, ce que nous proposions nous c'est que l'État soit présent au Conseil d'administration avec ce qu'on appelle excusez-moi l'anglicisme une golden share c'est-à-dire qu'il a un droit de veto à la fois sur la stratégie sur l'emploi sur les imports et les exports et ce qui permettait d'éviter le pire à notre industrie chirurgique mais vous savez tant que l'Union Européenne ouvrira les portes à l'acier chinois tant qu'on continuera à dire à nos industriels français vous devez changer votre équipement pour un milliard par site pour produire moins de carbone alors que les Chinois n'ont à peu près rien à faire et bien on tirera une balle d'empli notre souveraineté industrielle et qu'il faut sauver ce qui reste de notre sidérurgie c'est-à-dire une toute petite part nous étions dans les 10 premiers de la sidérurgie dans les années 80 nous ne sommes plus dans le placement
Laurent Jacobelli comme chaque semaine on va aussi interroger une question qui fera le débat en 2027 à Belmestre c'est la question du narcotrafic
oui Alexandra donc ce matin dans un entretien au Parisien Gérald Darmanin affirme que la France peut vaincre le narcotrafic la loi qui a été adoptée en avril va avoir ses premiers effets dès janvier avec la mise en place du parquet national anticrime organisé sur le modèle du parquet national antiterroriste il y a d'autres mesures le Premier ministre a promis de nouvelles mesures en 2026 notamment sur les réductions de peine est-ce que tout cela est suffisant à vos yeux pour lutter contre le narcotrafic ? ça va dans le bon sens pardon mais c'est pas suffisant le narcotrafic il faut lutter du début jusqu'à la fin d'abord le début c'est quoi ?
c'est la production il faut aller voir les pays partenaires utiliser la diplomatie leur dire voilà on produit de la drogue dans votre pays cette drogue elle arrive en France il faut contrôler tout ça sinon on va pas être content premier point deuxièmement il faut contrôler nos frontières pour pas que la drogue arrive en France alors vous le savez très bien aujourd'hui on ne contrôle plus nos frontières troisièmement il faut empêcher la vente pour empêcher la vente il faut arrêter les dealers il faut donc des peines planchées il faut qu'il y ait une peine minimale il faut rétablir une justice des mineurs parce que beaucoup de mineurs malheureusement sont soit des mineurs beaucoup de dealers pardon malheureusement sont des mineurs parfois des mineurs isolés et donc il faut que même à 13 ans quand on deal on est une peine évidemment pas la même qu'un gros narcotrafiquant et pas dans les mêmes prisons mais il faut marquer les choses et puis les dealers étrangers doivent retourner dans leur pays ensuite il faut que les peines soient appliquées pas de dérogation pas de peines plus courtes il faut que les dealers restent en prison sans les moyens de continuer leur deal depuis la prison et puis à la fin il faut éviter la consommation en taxant lourdement les consommateurs mais il faut aller de A à Z que la prison puisse aussi offrir de nouveaux contacts de nouveaux savoir-faire à ces jeunes mineurs isolés les mineurs doivent aller dans des centres spécialisés pas les prisons c'est ce que je disais tout à l'heure pas à côté des terroristes ou des dealers évidemment vous avez bien raison de le préciser mais dans des centres d'éducation spécialisée ou pendant des peines courtes on leur apprend la différence entre le bien et le mal il faut les sauver ces gamins voilà il ne faut pas que pour eux le seul avenir ce soit de monter les échelons du narcotrafic il faut que l'avenir soit à l'école et je l'espère dans un boulot légal vous pensez que quand Gérald Darmanin dit axer son action contre le blanchiment de l'argent il se trompe ce n'est pas que cet aspect là qu'il faut viser il faut tirer tous azimuts il faut aller tous azimuts il faut arrêter avec le laxisme aussi moi j'entends beaucoup notamment à gauche il faut libéraliser la vente de la drogue certains même à l'extrême gauche disent ça va rapporter un peu d'argent il faut arrêter avec ça c'est une très mauvaise idée pourquoi ?
parce que écoutez si vous croyez que les dealers vont se mettre à payer la TVA demain matin vous vous mettez le doigt dans l'oeil ils iront vers d'autres trafics ils iront vers des dosages beaucoup plus forts pour continuer à garder illégalement de l'argent il faut agir vite et fort si on n'agit pas vite et fort dans 10 ans la France sera soit une république islamique soit un narco-état est-ce que vous êtes d'accord avec Edouard Philippe qui demande un état d'urgence la création d'un état d'urgence narco oui mais bien sûr ça veut dire quoi derrière ?
mais vous aussi vous l'aviez évoqué sur le marché je viens de vous le dire ça veut dire que moi j'ai vu les moyens que l'état a mis en oeuvre contre les agriculteurs bon bah non c'est pas la même chose vous avez raison de le dire il y a des braves gens qui essayent de nous nourrir et puis il y en a d'autres qui sont moins braves et qui nous vendent des choses qui vont nous tuer c'est pas la même force utilisée et bien les gendarmes la gendarmerie doit pouvoir utiliser c'est du maintien de l'ordre les agriculteurs c'est pas du tout le même travail il faut y aller avec les hélicoptères avec tout il faut fermer ses quartiers il faut y aller et puis il faut aussi s'en prendre aux familles qui laissent les gamins dealer quand vous touchez des aides sociales et que votre gamin est dans la rue à dealer vous ne touchez plus d'aides sociales donc il faut maintenant passer la cinquième il faut inciter les gens à essayer de gagner d'autant plus d'argent et donc à dealer d'autant plus c'est un peu contre-productif comme idée non non c'est très productif vous savez la sanction ça a déjà montré ses mérites le laisser aller on voit ce que ça donne on a essayé depuis des années on a dit aux policiers allez leur apprendre le foot ça va les calmer on a dit à un certain nombre de préfets fermez les yeux dans certains quartiers parce que cette économie souterraine permet de ne pas voir qu'il y a du chômage je pense que maintenant il faut arrêter voilà parce que sinon demain les narcotrafiquants seront dans les conseils municipaux demain les narcotrafiquants enlèveront la famille de Docker et ça a déjà commencé malheureusement ou de ministre ou de juge pour faire pression donc là il faut sonner le signal d'alarme les lois grosso modo elles existent il faut les durcir mais surtout il faut les durcir Si le RN gagnait la élection présidentielle et législative en 2027 partons de ce postulat quelles seraient les trois premières mesures d'urgence que vous prendriez pour lutter contre le narcotrafique ?
Peine planchée très clairement pour les dealers deuxièmement justice des mineurs et troisièmement retour systématique au pays pour les dealers étrangers Mercredi l'Assemblée nationale votait très majoritairement la déclaration du gouvernement sur la lutte la lutte pardon contre le narcotrafique il y a un quasi consensus sur la question pourquoi ça n'avance pas plus vite ?
Vous avez raison c'est évidemment la question parce que la France elle est engluée dans un laxisme judiciaire c'est-à-dire qu'aujourd'hui même si des peines existent même si elles sont prononcées elles sont souvent pas appliquées ou alors peu appliquées mal appliquées c'est pas la même chose d'avoir 10 ans quelqu'un d'enfermé dans une prison sans téléphone et sans ordinateur que d'avoir quelqu'un qui est chez lui avec un bracelet voilà ou quelqu'un qui est dans une cellule avec deux ordinateurs les narcotrafiquants sont rarement soumis aux deux ordinateurs ou trois téléphones je l'ai vu personnellement vous savez que les députés ont le droit de visiter des prisons j'ai visité des prisons j'ai vu quelqu'un avec au vu et au su de tout le monde en prison oui oui des appareils électroniques avec qui il pouvait avoir le contrôle le contact avec son réseau de drogue donc il faut que tout ça ça s'arrête parce que les paroles c'est très bien vous savez mais aujourd'hui il y a des meurtres de personnes impliquées dans le narcotrafic vous l'avez dit il y en a eu hier on suppose que c'est lié à ça il y a même des gens qui dénoncent le narcotrafic et qui sont tués on l'a vu ça malheureusement il y a deux semaines à Marseille il y a des enlèvements liés au narcotrafic pour que des dockers laissent passer la drogue écoutez qui fait la loi en France est-ce que c'est la république les députés la police et la justice ou est-ce que c'est les narcotraficants le rassemblement national a choisi ce sera l'état de droit
allez les deux dernières minutes de l'émission Laurent Jacobéli on va se quitter avec un vrai-faux je vous propose des affirmations vous nous dites vrai ou faux on essaye d'aller vite Marine Le Pen serait une meilleure candidate à la présidentielle que Jordan Bardella vrai ou faux ?
ni l'un ni l'autre les deux sont très bons candidats vous voyez parfois la réponse c'est pas si simple
vous avez déjà commandé sur le site de Chiine vrai ou faux ? Jordan Bardella confie cette semaine qu'il se sent écrasé par le poids des responsabilités un candidat à l'Elysée ne devrait pas dire ça vrai ou faux ?
j'ai pas lu du tout de cette déclaration
alors c'était chez Darius Rochebin sur LCI et face à Léa Salamé dans quelle époque ? sur France 2 le rassemblement national a refusé les offres de services de Marion Maréchal qui aurait voulu être sa candidate à Paris vrai ou faux ?
alors je ne suis pas au courant
il faut ouvrir les maisons closes en France vrai ou faux ?
alors il faut les rouvrir les maisons closes vrai ou faux ? je vais vous répondre juste deux mots on ne parle pas de maisons closes on parle de centres autogérés par les prostituées elles-mêmes qui dit maisons closes dit un tenancier ou une tenancière dit proxénitisme
proposition de Jean-Philippe Tanguy vous utilisez régulièrement une intelligence artificielle vrai ou faux ?
ça m'arrive oui
vous ne savez vraiment pas où Jordan Bardella trouve toute son énergie vrai ou faux ?
ah si je le sais faux je sais où il la trouve
merci d'avoir été l'invité
de questions politiques ce dimanche bon dimanche joyeux Noël à tous à tous bonne fête
Laurent Jacobelli