Les Républicains, présidentielle... L'interview en intégralité de Michel Barnier
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Les Républicains, présidentielle... L'interview en intégralité de Michel Barnier
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C'est la droite dispersée façon puze, là ?
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Donc je comprends une certaine exaspération. Moi, j'aime bien Michel Barnier.
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Michel Barnier, le départ de David Lysnard, vous le regrettez ?
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Vous êtes d'accord avec le mode de désignation du candidat à LR ?
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Les Français sont 25e en PIB par habitant. Que propose la droite pour redresser le pays ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« J'ai observé qu'au bureau politique des Républicains hier, les participants qui étaient là étaient déjà là il y a 20 ans. »
- 2:45Michel BarnierChiffre
« Nous sommes le parti le plus nombreux, plus de 100 000 militants aujourd'hui. »
- 5:30Michel BarnierChiffre
« Il y a près de la moitié des villes de plus de 9 000 habitants qui sont gérées ainsi par des gens, des Républicains, des élus. »
- 7:30Michel BarnierChiffre
« Les Français sont 25e, 25e en termes de PIB par habitant. On est aujourd'hui moins riches, les Français sont moins riches que 24 autres peuples sur cette planète. »
- 9:30Michel BarnierFait
« L'industrie allemande de la machine-outils aura disparu dans trois ans ou quatre ans. »
- 13:30Michel BarnierFait
« On aurait d'ailleurs bien fait de ne pas reporter un certain nombre de mesures comme les retraites. »
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— Bonsoir, Charles Consigny. — Les tontons flingueurs, pour la référence. — Bien sûr.
Bonsoir, M. le Premier ministre Michel Barnier. C'est la droite dispersée façon puze, là ?
Et c'est David Lysnard qui vient d'ouvrir le feu ? — Écoutez, je comprends la position de Lysnard. J'ai observé qu'au bureau politique des Républicains hier, les participants qui étaient là étaient déjà là il y a 20 ans. — Pécresse, Christian Jacob, Michel Tabarro, Nadine Morano, Roger Carucci, Laurent Wauquiez, etc.
Laurent Wauquiez. Donc je comprends une certaine exaspération. Moi, j'aime bien Michel Barnier.
Il le sait. J'aime bien sa manière de faire de la politique de façon positive. Je pense que ça change un peu de beaucoup de gens qui sont très négatifs.
Mais j'observe que LR, c'est quand même poussif avant de faire émerger des nouvelles idées, de faire monter des nouveaux profils. — Ça ne bouge pas. — Il y a un côté politburo sous Bresnev. — Donc David Lysnard, il a raison de dire, écoutez, vous me fatiguiez, je m'en revivre, quoi. — Je pense qu'il a raison de mettre un coup de pied dans la fourmilière.
Et je pense que ce parti dont les idées, pourtant, on l'a vu au municipal, sont majoritaires dans le pays, je pense, cale sur le fait que ça reste un parti très fermé. Et d'ailleurs, je termine par là, ce qui a été décidé sur la modalité de désignation du candidat avec une espèce de truc où... — Très verrouillé. — En gros, on comprend que ça va rester extrêmement verrouillé. — Pour Bruno Retailleau ? — Sans doute pour Retailleau.
Moi, je pense que ce qui ferait du bien à ce parti, ce serait de faire la primaire la plus ouverte possible, aussi bien pour les candidats que pour les votants. Et j'ai l'impression que ce n'est pas ce vers quoi il se dirige. — Michel Barnier, le départ de David Lysnard, vous le regrettez ? — Bien sûr que je le regrette, parce que David Lysnard, avec une personnalité, le président des maires de France, importante, il vient d'être élu à Cannes.
Et donc tout départ. Et vous vous disiez, M. Consigny, les gens étaient là il y a 20 ans.
Ça prouve qu'ils n'ont pas trahi. Ça prouve que... — Ça, c'est vrai. — Oui, mais ça prouve qu'il y a une certaine continuité, une certaine loyauté.
Il y en a d'autres qui sont partis ici ou là. Et nous restons un parti dont les convictions, les valeurs, les idées correspondent au centre de gravité de ce que souhaitent les Français aujourd'hui. Vous l'avez très bien dit.
Et la preuve, permettez-moi de le dire au lendemain des municipales, c'est que partout en France, au-delà de quelques échecs, des villes qu'on n'a pas gagnées, de quelques villes qu'on a perdues, Nîmes, dans la quasi-totalité des départements, on a des communes moyennes, ou plus ou moins importantes, qui sont maintenant gérées par des unions de la droite républicaine, notre parti, et du centre droit. Je crois qu'il y a près de la moitié des villes de plus de 9 000 habitants qui sont gérées ainsi par des gens, des Républicains, des élus, auxquels moi, je veux rendre hommage. Et tous ces élus qui vont gérer leurs communes de manière compétente, qui les ont déjà gérées, nous donnent une leçon, si je puis me permettre.
Puisque vous parliez de ce qui s'est passé au bureau politique, où je me trouvais, je garde le calme des vieilles troupes en ce qui me concerne, parce que je pense qu'il faut garder son sang-froid. Tous ces élus nous donnent une leçon. Une leçon d'unité, une leçon de proximité.
Et moi j'aimerais bien que les cuirassiers, ceux qui sont sur le terrain, qui se sont battus, soient entendus et écoutés par les États-majors. Vous êtes d'accord avec le mode de désignation du candidat à LR ? Non, les statuts de notre parti politique, qui ont été rénovés, et que Bruno Rotaillot prévoient un vote des militants.
C'est la démocratie des militants, auquel d'ailleurs je rends hommage. Il y a combien de militants chez la LR ? Nous sommes le parti le plus nombreux, plus de 100 000 militants aujourd'hui.
Donc ce sont eux qui choisiront le représentant aimé. Comme l'a dit M. Consigny, où est-ce qu'on fait une primaire entre les militants seulement qui votent ?
Est-ce qu'on ouvre pendant deux mois à des adhésions nouvelles ? Ou est-ce que c'est le président du parti ? Moi je souhaite un vote le plus ouvert possible.
Une primaire entre tous ceux qui seront candidats, la plus ouverte possible. Mais ce n'est pas le moment, si je puis dire. Le moment il est à tirer les leçons des municipales.
Nous venons de le faire avec un bon résultat qui nous oblige. Il est à l'unité entre la droite républicaine que nous représentons. Là où nos élus ont été clairs, droit dans leurs bottes, fiers d'être eux-mêmes.
Ils ont gagné en sachant tendre la main et travailler avec des élus du centre droit et parfois au-delà. Et puis la priorité, elle est au projet. La leçon que nous recevons, c'est que ces élus ont travaillé sur la proximité, sur les problèmes des Français, la sécurité, la mobilité.
Et j'aimerais bien qu'on donne une priorité aujourd'hui en ce qui nous concerne. J'allais y venir. Aux problèmes des Français.
Aux idées. Oui, j'allais y venir. Parce qu'il y a les problèmes des Français.
Ça c'est...
Oui, c'est ce sur quoi vont d'ailleurs...
Les Français votent aux municipales pour quelque chose qui prennent en charge vraiment leur quotidien. On voit bien, c'est un vote vers lequel on va, vers ceux auxquels on fait le plus confiance. Mais moi je pense que la France, elle est aujourd'hui dans une situation telle que ce n'est pas seulement les problèmes des Français au sens des problèmes quotidiens des Français.
C'est les problèmes de la France auxquels les partis doivent apporter une réponse. Et pour l'instant, que ce soit à droite ou ailleurs, parce que pour le coup les Républicains ne sont pas les seuls, le travail programmatique, il est quand même très court partout dans le monde politique par rapport aux grands enjeux. Je veux dire, on voit bien que la Chine est lancée dans une conquête incroyable de la planète entière pour dominer cette planète.
Les États-Unis mettent les bouchées doubles, triples, quadruples pour essayer de rester dans la course. Et nous en Europe, on a tendance quand même à regarder tout ça, à commenter beaucoup tout ça. Je suis consigné.
Et on n'est pas en train de s'armer pour faire le nécessaire. Je suis très heureux pour les auditeurs de BFM qui viennent d'écouter un débat très intéressant sur ce qui se passe en Iran et au Liban et au Proche-Orient et Moyen-Orient. Je suis très heureux que vous abordiez la question des prochaines échéances françaises sous cet angle-là, parce que c'est ça la question.
On doit relever la ligne d'horizon. On ne peut pas parler de nos problèmes nationaux, strictes censures entre nous, comme si ce qui se passe en Europe ou dans le monde, on ne nous concernait pas. On voit bien que ce conflit terrible en Iran a des conséquences sur la vie quotidienne.
Vous parliez de la Chine. L'autre jour, j'étais à Laval pour rencontrer une entreprise de machine-outils dont le patron me disait « Si ça continue comme ça, et que les importations chinoises à tout va, nous serons les derniers en Europe. » L'industrie allemande de la machine-outils aura disparu dans trois ans ou quatre ans.
Voilà la réalité. Quant à en parler de M. Trump, qui nous agresse tous les jours et qui essaie de détruire par tous les moyens le projet européen.
Moi, je ne me suis pas engagé en politique et je ne suis pas réengagé en politique comme député de Paris aujourd'hui pour que mon pays devienne sous-traitant et sous-influence de la Chine et des États-Unis. C'est ça qui nous menace. Voilà pourquoi il faudra que le prochain président de la République ait de la compétence, de la ténacité et du courage, y compris le courage d'être un populaire.
Mais on pèse encore, par exemple, sur la scène internationale. Il y a une guerre en Iran. On est spectateur de cette guerre.
Non, on n'est pas franchement spectateur. M. Trump ne nous a pas donné notre avis.
Ce qui se passe au prochain Érient, c'est notre problème et c'est sa guerre. C'est la guerre des États-Unis et d'Israël. En revanche, nous avons des moyens d'agir.
On a un moyen d'agir, peut-être sur le détroit d'Hormuz, lorsque le calme sera un peu plus présent. On a un moyen d'agir pour soutenir le Liban, les Libanais, l'armée libanaise pour démilitariser le Hezbollah. On a un moyen d'agir...
Pardon, Michel Barnier, mais le président Macron en a fait sa priorité depuis bientôt 10 ans. Et on voit dans quel état est le Liban aujourd'hui. On n'a pas des moyens colossaux non plus.
Ce n'est pas le président Macron qui est responsable de ce qui se passe au Liban. Nous sommes solidaires. Et là, la situation est extrêmement grave et nouvelle, avec des déplacements de population par centaines de milliers.
Devoir de solidarité humanitaire, devoir de soutien militaire et d'accompagnement de l'armée libanaise. Et puis, soutien et solidarité avec les pays avec lesquels nous avons des accords de coopération militaire. Oui, mais ça, on le fait avec les pays du Golfe, etc.
Non, je dis ça pour dire que nous ne sommes pas spectateurs. Michel Barnier, je pense que les Français, sous Macron, ont pris conscience de leur déclassement. On s'est rendu compte qu'on était devenus pauvres, beaucoup plus pauvres qu'avant.
Les Français sont 25e, 25e en termes de PIB par habitant. On est aujourd'hui moins riches, les Français sont moins riches que 24 autres peuples sur cette planète. Mais M.
Consigneur, ne me parlez pas comme si j'étais le porte-parole de M. Macron. Vous avez été son Premier ministre.
Oui, j'ai été sévère, mais Premier ministre. Moi, je me demande ce que va proposer la droite pour redresser ce pays. Vous prenez l'exemple de ces machines-outils.
Moi, je prends un autre exemple. J'étais récemment, je le dis en une minute, dans la ville de Dole dans le Jura. Un dimanche à 17h, j'essaye de visiter cette ville.
Tout était fermé. Tout. Il n'y avait pas le moindre café, le moindre magasin, le moindre restaurant ouvert.
Pourquoi ? Parce qu'en France, aujourd'hui, on est devenu un pays où travailler est devenu optionnel, tellement l'État-providence est gargantueuse, quand vous ne payez pas votre santé, votre école, votre logement, etc. Il y a plein de gens qui n'ont plus vraiment besoin de travailler.
Et un pays où il est devenu impossible de faire travailler quelqu'un, tellement ça coûte cher. Quel est le discours de la droite là-dessus ? Est-ce que la droite va défendre une ligne dure sur ce sujet, en disant aux gens, maintenant, si on ne veut pas se faire bouffer par la Chine, il faut peut-être qu'on se retrousse les manches ?
Ou est-ce qu'on va rester dans un truc, non, quand même ? Je vous ai dit moi-même...
Vous comprenez la droite sociale, etc. Je vous ai dit un peu plus d'une minute pour vous répondre. Je vous ai dit moi-même que le prochain président devrait être courageux, y compris avoir le courage d'être impopulaire pour ne pas être irresponsable.
Ça veut dire qu'il va falloir redresser ce pays. J'ai eu, pendant les quelques mois, à Matignon, l'occasion de dire l'importance de réduire le déficit. On parle de politique pour la jeunesse, pour les nouvelles générations.
Et moi, j'aimerais bien qu'on s'occupe davantage de la prochaine génération que de la prochaine élection. La meilleure politique pour la jeunesse, c'est de réduire le déficit, d'éviter ces dettes qui s'accumulent et qu'on met sur les épaules des plus jeunes en France. Revaloriser le travail, remonter le niveau de vie et le pouvoir d'achat en diminuant les charges qui pèsent sur le travail, aussi bien sur le plan social que sur le plan patronal.
Donc il y a plein de choses qui exigeront du courage, de la continuité. Qui sera le courageux ? Vous ?
Nous verrons bien qu'il sera le courageux. Mais Michel Barnier, vous ? Non, non, mais c'est une question...
Moi, je n'ai pas l'intention de mettre mon nom comme ça sur la table. Vous ne trouvez pas qu'il y a suffisamment de candidats ? Justement, il va peut-être falloir qu'il y en a un qui sorte du lot.
Le moment n'est pas venu. Ah bon ? Savoir qui portera cette unité de la droite et du centre.
Mais vous y pensez ? Ça sera quand ? En vous coiffant ?
En vous rasant ? Non, non. Je veux tenir qu'on donne la priorité pour respecter les Français au projet.
D'accord, mais quand ça sera le bon moment, alors ? Ça sera le bon moment, je pense, après l'été, lorsqu'on aura vu décanter les choses et qu'on aura travaillé sur le fond. Est-ce qu'il y a trop d'ambitieux ?
Je suis sûr d'une chose. Oui, il y a des ambitions qui sont légitimes. J'aimerais bien que toutes les ambitions ou tous les ambitieux fassent d'abord passer l'intérêt national, l'intérêt du pays avant leurs propres ambitions.
Il y a une chose dont je suis sûr. Le risque, c'est que la droite ne soit pas qualifiée pour le deuxième tour. Oui, c'est exactement le risque.
Ce risque est sérieux. Comment l'empêcher, ce risque ? Il y a une chose individuelle entre les deux extrêmes, Mme Le Pen ou M.
Bardella. Comment l'empêcher, cela, alors ? En ayant un seul candidat de la droite et du centre, du centre droit.
C'est ça, l'objectif. Et donc, ce à quoi nous devons travailler maintenant, c'est… Oui, mais là, moi, c'est un autre sujet de désaccord que j'ai avec vous. C'est que je pense que si la droite et le centre se mettent d'accord, c'est-à-dire y compris les sortants, y compris cette Macronie que les Français, il faut lire les sondages, ne peuvent plus voir en peinture, il faut dire les choses comme elles sont.
Il y a un certain nombre de profils aujourd'hui. Mais non, mais moi, ce que je me dis, c'est que ce candidat unique, en réalité, si c'est juste une espèce d'aggloméré de tous les gens qui vont essayer de se sauver et que ça devienne une espèce de radeau de la méduse où tout le monde se colle pour se dire « On se met tous derrière Édouard Philippe parce qu'il faut qu'il y ait un seul candidat et c'est comme ça qu'on gagnera contre Bardella au Mélenchon. » Moi, je trouve qu'il faut recréer de l'adhésion, si vous voulez.
Ne faisons pas de caricature. Il faut donner envie aux Français. Ne faisons pas de caricature.
Moi, j'ai travaillé comme Premier ministre et j'ai bien travaillé avec des partis politiques, Renaissance, Horizon, le Modem, les LR. Et on a, dans cet esprit commun, je vais parler de socle commun, tenté de corriger et de redresser ce pays. Je pense qu'il faudra une rupture.
Je pense qu'il faudra une rupture. Et il faudra avoir du courage pour transnoncer cette rupture dans la manière de gouverner, de réduire le déficit, de redresser ce pays. Donc forcément avec ceux qui n'ont pas incarné pendant 10 ans le pouvoir.
Quand j'entends Mme Pannier-Runacher dire « Mon spectre va de Xavier Bertrand à Gabriel Attal », Excusez-moi, moi, mon spectre, au contraire, il va sans les uns ni les autres. Vous voyez ce que je veux dire ? Je me dis qu'on ne peut pas repartir avec les mêmes pendant encore 5 ans.
Il faut faire aussi un travail. LR, par exemple, je trouve, va peu vers la société civile. Il faut s'ouvrir à la société civile, aux patrons, aux artisans, à tous ces...
Non, mais non, là, tous ces types qui ont des idées et qui ont de l'expérience. Je comprends votre véhémence, j'entends vos conseils, je suis encouragé. Tous les élus locaux qui viennent d'être élus par dizaines de milliers, les maires dans toutes les villes que j'évoquais, ils ont travaillé avec la société civile, dans beaucoup de communes, y compris des gens comme M.
Foulk-Chombard à Nantes, qui n'a pas gagné. Mais ces gens-là, ils ont donné un exemple. C'est pourtant pas quelqu'un qui est proche du centre, mais il a travaillé avec tout le monde, y compris avec beaucoup de gens de la société civile.
La même chose pour Jean-Luc Mouding à Toulouse, qui a gagné. Donc j'observe un peu partout, y compris à Paris, dans les arrondissements dont je suis le député, qu'on s'être avec la société civile. Simplement, vous n'allez pas effacer tout le monde.
Vous êtes le seul député LR de Paris. Oui, je suis le seul député et j'espère que ça va changer, qu'il y en aura d'autres dans l'avenir. La question, c'est d'écouter tout le monde.
On ne va pas faire un table rase du passé. Il faut tirer le son du passé. Et effectivement, prononcer une rupture...
Chez les LR, c'est un parti qui est plutôt caporaliste. Quand il y avait un grand chef, Jacques Chirac, il est allé à la présidence. Quand il y a eu Nicolas Sarkozy, il était allé à la présidence.
Finalement, est-ce que ce ne serait pas plutôt Retailleau pour aller à la présidence ? Vous êtes gentil d'oublier toutes les querelles, les bagarres. Mais justement, il est temps de taper du poing sur la table.
Donc il y a eu toujours des dégouillés. Moi, je ne me plains pas qu'il y ait des ambitions, qu'il y ait des compétences. Mais les ambitions, c'est le foutoir, M.
Barnier. Non, c'est le foutoir si on ne trouve pas une méthode pour discuter entre nous. Et pour se respecter, il faudra que toutes ces ambitions s'expriment et que ceux qui les portent sachent faire passer l'intérêt du pays avant leur propre intérêt.
Voilà ce qui est en cause aujourd'hui. Le moment est de travailler sur le fond et sur le projet politique. C'est une manière de respecter les citoyens.
Et moi, je veux, dans le temps qui vient, appeler à ce qu'on travaille sur le fond. Et Charles régulièrement porte ici l'idée qu'il faut à la droite une droite qui soit ambitieuse et qui soit un peu sur un modèle milleille argentin, c'est-à-dire à la tronçonneuse. Il faut y aller fort sur les impôts.
Il faut les laisser. Il faut réformer l'État à la tronçonneuse. Parce que je pense que c'est ce que les Français demandent, moi.
Je ne crois pas du tout à cette idée selon laquelle serait...
C'est la droite qui bouscule, alors. Moi, je ne crois pas que les Français soient réfractaires au changement. Je pense qu'au contraire, ils attendent le changement.
Et c'est la classe politique qui, parfois, fait tampon entre l'envie de changement des Français et le changement. C'est la classe politique qui fait qu'on ne supprime pas un certain nombre de choses, un certain nombre de dépenses. Regardez la commission d'enquête sur France Télévisions, par exemple.
Il y a quand même des exemples édifiants. Le Conseil économique et social est toujours debout. Il y a un certain nombre de dépenses comme ça qui restent indéfiniment enquistées dans notre pays. alors que les Français, eux, ils attendent ce changement-là.
Je sais que les Français attendent le changement. Je vous ai parlé moi-même à trois reprises d'avoir du courage pour gouverner ce pays. Il en faudra.
Et du temps aussi. Pourquoi il faudra une majorité absolue pour accompagner le président et aller vite. Maintenant, j'aime bien et je vous écoute avec toujours beaucoup d'attention, M.
Gossini. Il faut éviter le populisme et les slogans. Je ne suis pas d'accord.
Ce pays est fragile. Non, non. Ce pays est fragile.
Il y a beaucoup d'inquiétudes, beaucoup de sentiments d'injustice dans ce pays. Je pense qu'il faut y faire attention. On ne peut pas le bousculer ?
On peut bousculer le pays. Le président doit donner l'orientation et devra, je vous le répète, avoir un discours de rupture, de redressement et de rassemblement. Javier Milley, qui a supprimé un tiers des postes de hauts fonctionnaires, par exemple en Argentine, quand il est arrivé.
J'aimerais bien que vous ne compariez pas l'Argentine et la France. Il y a quelques points de comparaison. Il était seul contre tous, contre un système qui était très coalisé, entre plein de gens dépendants de l'État d'une manière ou d'une autre, qui refusaient toute réforme depuis des années.
Les propositions qu'il a faites, il les soutenait massivement par les Argentins. Il a coupé très très clair dans les dépenses. Il était taxé de populistes de bas étage par tous les observateurs du monde, et notamment par notre classe politique, qui est vraiment le taxé d'être le pire de l'extrême droite.
Il a aujourd'hui six points de croissance en Argentine. Je vous recommande de ne pas comparer la France et l'Argentine. Je ne vous accuse pas de populisme de bas étage, même si ça y ressemble un peu.
Pourquoi ? Pourquoi il ne faudrait pas les comparer ? Je vous dis qu'il faudra réduire les dépenses publiques, et notamment donner de l'efficacité à la dépense publique.
Je pense qu'il y aura des mesures courageuses. On aurait d'ailleurs bien fait de ne pas reporter un certain nombre de mesures comme les retraites, parce que ce rendez-vous, on va l'avoir sur les retraites, comme on l'aura sur le déficit. On va avoir à affronter, je l'ai dit pendant que j'étais Premier ministre, et M.
Bérou, après moi, à affronter le mur de la dette. Oui, mais la droite au pouvoir, pardon, mais il y a une partie des députés LR qui ont voté la suspension de la réforme des retraites. Donc la droite, dans l'opposition, dit qu'il va falloir tout changer.
Et puis une fois qu'elle veut conserver le pouvoir, elle est quand même capable souvent de renoncer à ses propres convictions. C'est peut-être d'ailleurs pour ça que le dernier président de droite, c'était Nicolas Sarkozy, et c'était en 2012, et on est en 2026. Donc ça fait...
Oui, mais il a quitté le pouvoir en 2012, donc depuis 14 ans, la droite n'est plus le pouvoir. Oui, mais ne me rendez pas comptable, si je puis dire, ni responsable de tout ce qui s'est bien ou mal fait avant moi. Je vous dis simplement que nous sommes devant une feuille blanche qu'il va falloir remplir avec des mesures courageuses, et pas seulement sur l'autorité de l'État, la maîtrise de l'immigration, la justice, le travail, le mérite qui doit être davantage, mais le travail récompensé que la cistana.
Là, je pense aussi à des sujets que la droite ne doit pas laisser de côté, comme celle d'une croissance écologique, comme la question de l'Europe. Il va y avoir un débat, y compris dans mon propre parti. Moi, je suis passionnément patriote et très définitivement européen, parce que je pense que dans le monde d'aujourd'hui, qui est un monde dangereux, instable, injuste, si on n'est pas ensemble avec nos voisins, en changeant ce qui doit être changé à Bruxelles, on est foutus.
On est foutus. On sera sous influence américaine et chinoise. Merci, M. le Premier ministre Michel Barnier.
Merci, Charles Consigny.
Michel Barnier