Le parti-pris : Parc Dragon Ball... "On abandonne l'histoire de France au profit d'un projet financé par l'Arabie Saoudite" - 10/08
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Questions et réponses
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Qu'est-ce qui vous choque exactement dans ce projet Dragon Ball ?
- 2:02RelanceRéponse directe
Qui vous gêne ? C'est quoi ? C'est le thème Dragon Ball, le manga japonais ou c'est l'investissement saoudien ?
- 3:49OuverteRéponse directe
Nicolas Delivier, le Puy du Fou, c'est un succès qui n'est plus à démontrer. Vous-même, vous avez ouvert, si je ne me trompe pas, en tout cas, il y a un parc Puy du Fou, inspiré du thème du Puy du Fou en Espagne ?
- 4:36OuverteRéponse directe
Après, on appelle ça la loi de l'offre et de la demande. Le manga, c'est un succès phénoménal en France, si je ne me trompe pas.
- 5:01OuverteRéponse directe
Disney, on en fait quoi, Nicolas ? On en fait quoi, Disney ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Un parc sur le thème du manga japonais Dragon Ball, financé à grand coût de milliards par l'Arabie Saoudite. »
- 0:52InvitéFait
« Le contrat serait actuellement géré au plus haut sommet de l'État. »
- 2:50InvitéFait
« C'était Rabelais, c'était Gargantua, c'était les comptes de Perrault, etc. »
- 2:58InvitéFait
« Il y avait un investisseur saoudien. »
- 4:44InvitéChiffre
« La France, c'est le deuxième consommateur de manga après le Japon. »
- 5:42PrésentateurChiffre
« Le Puy du Fou qui a démarré de rien, sans aucune aide de l'État, a aujourd'hui 5 000 employés. »
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Vous écoutez RMC, RMC jusqu'à 9h, Apolline Matin, Rémi Barret.
RMC 7h15, vous souvenez-vous de Mirapolis, le premier parc d'attractions 100% français inauguré à l'époque par le Premier ministre Jacques Chirac dans le Val d'Oise. C'était en 1987, Clara Gabier qui était à mes côtés n'était pas né, Pierre Rondeau qui était à mes côtés également, notre économiste, poussait ses premiers cris depuis ne l'a pas arrêté. Un parc fermé 4 ans plus tard, faute de fréquentation et 35 ans après. Un autre parc pourrait voir le jour sur le même site, à court dimanche dans le Val d'Oise. Un parc sur le thème du manga japonais Dragon Ball, financé à grand coût de milliards par l'Arabie Saoudite. Le contrat serait actuellement géré au plus haut sommet de l'État.
Bonjour Nicolas Devilliers. Bonjour. Merci d'être avec nous Nicolas Devilliers, président du Puy-du-Fou. On abandonne l'histoire de France. C'est votre parti pris ce matin sur RMC. Qu'est-ce qui vous choque exactement dans ce projet Dragon Ball ?
Vous savez, si l'ancien parc Mirapolis devenait un site industriel ou je ne sais quoi d'autre, moi je n'aurais pas de légitimité à m'exprimer sur le sujet. En l'occurrence, nous parlons d'un site qui va devenir un site de loisirs. Et donc, je pense que s'il y a en France un nouveau site de loisirs qui peut sortir de terre avec l'appui de l'État qui visiblement se mobilise avec tous les ministres autour de la table pour que ce projet voit le jour, eh bien je regrette simplement que ce ne soit pas un projet français. Je dis simplement qu'en France, il y a des talents, il y a des créatifs, il y a un spectacle vivant extrêmement prolifique, il y a bref toutes les compétences.
Nous avons l'un des plus grands cinémas mondiaux d'ailleurs pour proposer un projet de loisirs qui soit un projet français, un projet qui nous permette de continuer à aimer notre identité française.
Soyons précis Nicolas Devilliers. Qui vous gêne ? C'est quoi ? C'est le thème Dragon Ball, le manga japonais ou c'est l'investissement saoudien ?
Ce qui me gêne, c'est les deux. C'est-à-dire le fait que nous allions chercher un thème japonais alors même que le Japon est une très grande civilisation. Bien entendu, on peut aimer cette civilisation japonaise, mais je crois que la priorité sur le sol français, c'est d'abord de faire la promotion de tout ce qui peut constituer notre personnalité. On n'est pas obligé de faire un parc sur l'histoire de France. Moi, je ne suis pas en train de dire faisons un puits du fou à Mirapolis. Ce n'est pas du tout mon combat. Moi, mon combat, c'est de dire qu'il y a mille façons de faire la promotion de la culture française.
C'est ce qui avait été tenté avec Mirapolis. Et à l'époque, en 87, je rappelle, Mirapolis était sur le thème de la France. C'était Rabelais, c'était Gargantua, c'était les comptes de Perrault, etc. Et à l'époque, si je ne me trompe pas, je crois que c'était déjà un investissement saoudien. Il y avait un investisseur saoudien.
Mais alors, ce n'est pas parce que c'est un investissement saoudien. En l'occurrence, ce qui m'embête dans l'investissement saoudien, c'est qu'on voit bien que l'Arabie saoudite, qui est aussi un grand pays, a une vision. Elle a une stratégie culturelle. Et il ne faut pas prendre les Saoudiens pour des imbéciles. Ils sont très intelligents, ils savent très bien ce qu'ils font. Et en investissant dans le loisir d'ordre culturel, j'allais dire, sur le sol français, eh bien, leur objectif, ils l'ont très clairement exprimé, c'est l'influence. C'est une influence par la culture, par justement ce divertissement qui va s'implanter sur le sol français.
Moi, c'est ça mon cri d'alerte, c'est de dire attention, ne laissons pas des cultures étrangères prendre le pas sur un patrimoine très risqué.
Nicolas Delivier, le Puy du Fou, c'est un succès qui n'est plus à démontrer. Vous-même, vous avez ouvert, si je ne me trompe pas, en tout cas, il y a un parc Puy du Fou, inspiré du thème du Puy du Fou en Espagne ?
Absolument, en Espagne, vous savez ce que nous faisons ? Nous faisons la culture espagnole. C'est-à-dire qu'en Espagne, nous faisons rayonner le patrimoine espagnol, l'imaginaire espagnol. Moi, je crois que nous sommes dans un monde qui a lancé la bataille des imaginaires depuis la perte d'influence des Etats-Unis, qui a une perte d'influence récente, mais nous avons un imaginaire à promouvoir, celui de la France, qui est un imaginaire extraordinairement riche, fabuleux. Vous voyez, on est les héritiers de tout un tas de souvenirs communs qu'il nous faut absolument promouvoir, parce que je crois que c'est la seule condition pour avoir un destin commun.
C'est comme dans une famille, si on n'a pas de souvenirs communs, on ne s'entend pas, on s'engueule à table. Si on a des souvenirs communs, on a un destin commun.
Après, on appelle ça la loi de l'offre et de la demande. Le manga, c'est un succès phénoménal en France, si je ne me trompe pas. La France, c'est le deuxième consommateur de manga après le Japon.
Très bien, mais lorsque le cinéma français fait De Gaulle, c'est un carton. Lorsque le cinéma français fait Les Trois Musquetaire, c'est un carton.
Il ne faut que des parts d'attraction sur le thème de la France, en France. Mais je crois en tout cas que... Disney, on en fait quoi, Nicolas ? On en fait quoi, Disney ? Je rappelle, c'est 70 000 emplois indirects, directs et indirects en France. Ce sont des centaines de millions d'euros d'investissements et de bénéfices.
Mais nous sommes bien d'accord, je ne nie pas cette réalité économique qui est formidable. Je dis simplement qu'il ne faut pas que l'économie prime sur l'enjeu culturel. C'est-à-dire qu'à court terme, vous avez raison, mais à long terme, nous allons progressivement diluer notre identité en se laissant grignoter par d'autres thématiques qui peuvent être fort sympathiques comme Dragon Ball, mais qui ne sont pas notre propre identité, alors même qu'il y a mille choses à faire sur la France. Et le Puy du Fou l'a démontré, vous parlez de milliers d'emplois. Vous savez, le Puy du Fou qui a démarré de rien, sans aucune aide de l'État, a aujourd'hui 5 000 employés.
Nous avons, là aussi, des dizaines de milliers d'employés autour du Puy du Fou indirect, comme Disney. Alors, pas encore à la même échelle, mais donnez-moi un peu de temps.
Oui, mais déjà, c'est encore une fois, il n'y a pas de débat là-dessus. C'est justement un succès phénoménal, le Puy du Fou, mais il n'y a pas de la place pour tout le monde.
Je pense qu'il y a de la place dans les souvenirs communs, c'est-à-dire dans le patrimoine français, dans tout ce qui finalement font les forces françaises, dans toute l'épaisseur de notre histoire. Il y a de la place pour faire de nombreux parcs, de loisirs, de nombreux divertissements. On le voit, encore une fois, le Puy du Fou caracole, mais le cinéma français, quand il fait Montecristo, c'est un succès gigantesque. Et donc, ça veut bien dire qu'il y a de la place à la fois pour le cinéma français et pour le Puy du Fou. Donc, moi, le but, ce n'est surtout pas de mettre la main sur Mirapolis, je vous rassure.
C'est vraiment de dire qu'il y a des créateurs en France, des artistes, parce que quand vous mettez des experts, ça donne Mirapolis. On est bien d'accord, c'est un échec. Mais quand vous mettez des cœurs d'artistes, c'est différent et on peut faire de très grandes choses. Merci beaucoup.
Merci beaucoup, Nicolas Devilliers, d'avoir été avec nous ce matin sur RMC, RMC Story, président du Puy du Fou.