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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 3 mars 2020 26 min

49.3, coronavirus, municipales... Le "8h30 franceinfo" de Jordan Bardella

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:06
Présentateur

Bonjour, c'est jour de 49.3 à l'Assemblée nationale avec deux motions de censure déposées, l'une par la droite, l'autre par la gauche. Que vont faire vos députés ?

0:15
Jordan Bardella

Ils proposeront en tout cas de les signer vivement la fin de ce quinquennat qui aura été manifestement celui de la violence sociale jusqu'au bout. Je trouve, nous considérons que ces procédés sont honteux et cyniques. D'abord sur le fond, parce que c'est vrai qu'Edouard Philippe et notamment M. Darmanin, il y a des tweets qui ressortent, des interventions médias, lorsqu'ils étaient dans l'opposition, considéraient à juste titre que ce procédé n'était pas admissible.

Et puis sur la forme, franchement, aller faire ça, ce tour de passage en force, un samedi soir à l'Assemblée nationale, dont on sait que beaucoup de députés sont notamment dans les circonscriptions pour préparer les élections municipales qui arrivent, sont sur le terrain avec nos compatriotes qui ont cette inquiétude à la fois sur la réforme des retraites, mais aussi sur le coronavirus. Un soir où la France est frappée par l'épidémie, je trouve ça vraiment petit de la part du gouvernement.

1:02
Présentateur

Mais les 17 députés du Rassemblement national vont donc voter les deux motions qui disent...

1:07
Jordan Bardella

Alors les 6 députés du Rassemblement national vont voter les deux qui disent exactement le contraire l'une de l'autre. Du groupe que nous n'avons pas, donc c'est vrai que nous avons de très très faibles moyens pour contester à l'Assemblée, même si nous faisons entendre cette voix de la contestation, ce texte. Vous savez que pour déposer une motion de censure, il faut 57 signatures, je crois. 10% de l'émissage, exactement. Exactement. Donc nous allons en tout cas proposer notre signature, mais c'est vrai que nous n'avons pas de groupe à l'Assemblée. Mais j'en viens à ma question, vous allez voter les deux ? Oui, probablement, nous voterons les deux.

Nous allons proposer notre signature à l'ensemble des motions de censure, et nous voterons très probablement l'ensemble des motions de censure. Vous savez, nous, on n'est pas sectaires, et on s'associera en tout cas à tous ceux qui contestent l'esprit même de cette réforme des retraites, parce que ce n'est pas la réforme d'un parti, c'est une réforme en tout cas dont une grande majorité de Français a bien compris qu'elle allait nuire à leur système de retraite.

1:56
Invité

Justement, Jordan Bardella, vous allez donc voter les deux motions de censure, vous venez de le dire, dont celle qui est déposée par le groupe Les Républicains. Voici ce que le président du groupe Les Républicains, Damien Abad, disait de votre choix, le choix du Rassemblement National, ici même, sur France Info hier.

2:11
Locuteur non identifié

Il faudra que Mme Le Pen se justifie devant ses électeurs, parce qu'elle est pour la retraite à 60 ans, dans notre motion, il y aura le report de l'âge légal à 64 ou 65 ans. Elle est pour le maintien des régimes spéciaux, dans notre motion, il y aura la sortie des régimes spéciaux. Et donc, elle n'est pas à une cohérence près.

2:26
Invité

Comment est-ce que vous pouvez voter un texte qui préconise exactement l'inverse de la réforme de retraite ?

2:30
Jordan Bardella

Non, mais si vous voyez, ces motions de censure sont symboliques. On sait très bien que ces motions de censure ne passera pas. Donc peu importe le contenu ? Je vous dis, mais nous les lirons, nous les regarderons dans le détail. En l'occurrence, Damien Abad vous dit... Vous m'avez interrogé il y a quelques secondes, je vous ai dit qu'il est très probable que nous votions ces différentes motions de censure, parce que nous, nous ne sommes pas sectaires. L'esprit de la motion de censure n'est pas de remplacer le texte de loi par une autre, c'est en tout cas la procédure logique du 49-3, qui engage la responsabilité du gouvernement, et les motions de censure visent à renverser le gouvernement.

Maintenant, on sait que ces deux motions de censure, si l'autre est constituée par une union de la gauche autour de cette motion de censure, seront symboliques, et qu'en réalité, le seul moyen de faire tomber ce texte de la réforme des retraites, c'est de voter pour Marine Le Pen en 2022.

3:09
Présentateur

Le contenu apporte peu, finalement, on peut voter un texte qui dit l'exact contraire de ce que vous défendez, ce n'est pas important.

3:14
Jordan Bardella

Non mais, pardon, on ne parle pas d'un texte de loi, on parle là d'une motion de censure qui a vocation à faire tomber le gouvernement. Et à proposer une alternative. Non, c'est honnêtement... D'un point de vue institutionnel, une motion de censure vise à proposer une alternative au gouvernement.

3:28
Invité

Donc peu importe cette alternative.

3:29
Jordan Bardella

Soyons honnêtes, c'est une démarche qui est extrêmement symbolique. Le gouvernement a décidé de passer en force sur ce texte. Et ce texte, malheureusement, il ira au bout. Attention cependant, il y a deux textes de loi qui constituent cette réforme des retraites. La discussion devrait donc se prolonger, en théorie, sur la seconde partie du texte, qui correspond notamment au fameux système à points et à l'âge de départ à la retraite. En tout cas, ce que je note, c'est que le gouvernement, aujourd'hui, se radicalise, qu'il est de plus en plus brutal sur le plan politique et social à l'égard du peuple français.

est forcé de constater que ça fait maintenant des semaines et des semaines que toutes les professions sont dans la rue. On parle des avocats de l'ensemble des barreaux de France jusqu'aux pompiers sont descendus dans les rues pour exprimer une contestation à l'égard de ce texte. L'ensemble des études d'opinion nous disent qu'une majorité de français ne souhaite pas ce système à points parce qu'ils ont bien compris qu'il avait pour finalité de faire des économies, de faire appliquer une feuille de route qui était imposée par l'Union Européenne.

Et nous, nous dénonçons, si vous voulez, cette logique jusqu'au boutiste du gouvernement qui est prêt à sacrifier l'intérêt populaire, à sacrifier la volonté d'une majorité de français pour simplement appliquer la feuille de route de Bruxelles. Vous appelez à manifester, aujourd'hui, Jordan Mardella ? Ce n'est pas notre rôle d'appeler ou de ne pas appeler à manifester. Notre rôle est de proposer une alternative politique.

Maintenant, nous avons soutenu, nous, toutes les grandes mobilisations populaires qui a pu avoir ces dernières semaines à l'égard de cette réforme des retraites, mais d'une manière plus générale depuis des mois avec notamment les Gilets jaunes sur cette brutalité sociale du gouvernement, sur cet impôts mania si on élargit un petit peu plus. Maintenant, s'il y a une manifestation, vous savez que nous nous avions proné la solution du référendum et la solution pour sortir par le haut, de mettre un véritable débat sur ce système à points sur la table, était d'engager un référendum.

On aurait évité les blocages, notamment dans les transports en région parisienne et ça aurait évité effectivement ce nouveau passage en force, que les gens qui ont ordonné ce passage en force, disons qu'ils l'ont exécuté puisque le donneur d'ordre c'était Emmanuel Macron, contestaient même l'esprit du 49-3 lorsque c'était Emmanuel Valls qui l'utilisait sous le gouvernement socialiste. Si votre parti arrive au pouvoir, vous supprimerez ? Les méthodes, je dirais, héritées de son ancien gouvernement. Vous supprimerez le 49-3 si vous arrivez au pouvoir ? Non, on ne le supprimera pas, si vous voulez, c'est un outil constitutionnel. Mais qu'on ne doit pas utiliser ?

Entre l'avoir dans la constitution et l'utiliser pour imposer un texte qu'une majorité de français ne souhaite pas, il y a quand même une différence. Si vous étiez au pouvoir, vous n'utiliseriez jamais le 49-3 ? Mais a priori, on n'a pas de raison d'utiliser le 49-3, pour la simple et bonne raison que... Pourquoi le garder dans la constitution alors ? Je ne vois pas l'intérêt, si vous voulez, vous m'interrogez sur l'intérêt de retirer le 49-3. Il n'y a pas de raison de retirer le 49-3, mais il n'y a pas de raison de l'utiliser. On le garde au cas où pour faire beau, dans la constitution, mais on ne s'en sait pas.

Si vous voulez, on peut se lancer dans un débat constitutionnel, mais je n'en vois pas l'intérêt. Les français, ils ont exprimé un rejet de ce texte de la réforme des retraites, il n'y a pas de raison qu'il passe en force. Enfin, pardon, mais ça me semblait simplement du bon sens. Et encore une fois, c'est vrai que si l'Assemblée nationale avait été davantage représentative aujourd'hui, et là, il y a un véritable... Vraiment, encore une fois, avec le mode de scrutin, il semble que... Et c'est un véritable scandale, Emmanuel Macron est renoncé à la proportionnelle.

Après ce grand mouvement des Gilets jaunes, après notre victoire aux élections européennes, il a dit « je vais engager une réforme constitutionnelle pour intégrer la proportionnelle aux élections législatives pour que tous les Français soient représentés à l'Assemblée. » Aujourd'hui, pardon, on a six députés, on représente 11 millions de Français, il y a un problème démocratique.

6:40
Invité

Vous dénoncez, Jordan Barriand, un coup de force qui vise à museler l'opposition, c'est ce que vous dites. Le débat, il a duré plus d'une centaine d'heures, presque 110 heures. Marine Le Pen n'y est passé que quelques minutes.

6:49
Jordan Bardella

Monsieur, nous avons six députés à l'Assemblée nationale. Nous n'avons pas de groupe parlementaire, alors que nous représentons 11 millions de Français, 34% si on prend la dernière élection présidentielle, et nous sommes arrivés en tête des élections européennes. Donc il y a un problème de mode de scrutin aujourd'hui. Sébastien Chenu était membre de cette commission sur les retraites. Il y a assisté dans la mesure du possible. Maintenant, c'est vrai qu'on réserve généralement notre temps de parole pour les assemblées plénières.

Vous excuserez Marine Le Pen de faire de la politique et de parcourir en ce moment effectivement la France en faisant des meetings, notamment pour aller soutenir nos candidats aux élections municipales, justement pour aller expliquer aux Français les méfaits de cette réforme des retraites. Elie, vous ne pouvez pas nous mettre sur le même plan que la République en marche, qui a plusieurs centaines de députés à l'Assemblée nationale, quand nous, nous n'en avons que six. Et je vous donne un exemple très concret.

La France Insoumise a réussi à déposer tous ses amendements parce qu'eux, ils ont un groupe parlementaire, parce qu'ils ont des moyens qui sont beaucoup plus importants, avec des assistants de groupe notamment. Mais c'est vrai qu'à nous deux, France Insoumise et Rassemblement National, on doit avoir à peine une trentaine de députés sur 577.

Donc le Président de la République, en renonçant à cette promesse de la proportionnelle, en refusant d'écouter les Français qui ont réclamé le référendum d'initiative populaire, appelé référendum d'initiative citoyenne, on l'appellera comme on veut, et bien c'est vrai que ça renforce l'idée que le pouvoir est aujourd'hui de plus en plus isolé, qu'il se radicalise et que ce quinquennat sera évidemment celui jusqu'au bout de la violence sociale.

8:18
Présentateur

La gestion de la crise du coronavirus est-elle la bonne ? Depuis quelques semaines, on vous posera la question dans un instant, Jordan Bardella. D'abord le rappel de l'actualité à 8h41, Mélanie Delaunay.

8:28
Invité

Et comment limiter les effets du coronavirus sur l'économie mondiale ? Les ministres des Finances du G7 ont rendez-vous au téléphone aujourd'hui. Bruno Le Maire appelle à une réponse forte et coordonnée. Un troisième mort, 191 cas recensés en France. Dans l'Essonne, l'inquiétude des chauffeurs de bus, ils refusent de prendre le volant. Mais selon le directeur général de la Santé, les conditions actuelles ne sont pas compatibles avec un droit de retrait.

Le recours au 49-3 pour faire passer la réforme des retraites contestée dans la rue et à l'Assemblée nationale aujourd'hui appelle à manifester des syndicats tandis que les oppositions vont défendre deux motions de censure contre le gouvernement. Neuf femmes sur dix ont déjà ressenti une pression de la part d'un partenaire pour avoir un rapport sexuel en quête sur le consentement réalisé par le collectif Nous Toutes. Nos intimités sont pétries des inégalités qui existent dans la société, estime sur France Info Caroline Dehasse. La fondatrice du mouvement Oser le Féminisme. France Info Et tout est plus clair.

9:29
Présentateur

Jordan Bardella, député européen du Rassemblement National et vice-président du parti, est avec nous jusqu'à 9h. Est-ce que vous diriez que jusqu'à présent, la France, les autorités, Matignon, l'Elysée, le ministre de la Santé, gèrent bien la crise liée au coronavirus ?

9:43
Jordan Bardella

Je dirais que la France est un grand pays dont la qualité des soins, la qualité des soignants et notamment des autorités sanitaires est reconnue dans le monde entier. Je crois qu'il est important de rappeler qu'il est aujourd'hui essentiel de faire bloc derrière les personnels soignants qui sont aujourd'hui en première ligne face à cette épidémie. Maintenant, nous considérons que le gouvernement a minimisé les risques. Le gouvernement a minimisé les risques. C'est d'ailleurs ce que pense une majorité de Français.

Vous avez eu le sondage IFOP qui est sorti il y a quelques jours qui nous dit que 57% des Français considèrent que le gouvernement a été extrêmement léger dans la communication des informations. Ce n'est pas la même chose. Le sondage va même jusqu'à dire qu'ils ont 57% dit des Français, le gouvernement a dissimulé des informations. Nous, on a pointé un certain nombre d'incohérences. La première de cette incohérence a été de refuser tout contrôle aux frontières. Je veux dire, le coronavirus, il n'est pas arrivé en France par l'opération du Saint-Esprit.

Lorsqu'il est apparu il y a quelques semaines en Chine, il y a un peu plus d'un mois, on aurait pu d'ores et déjà rétablir des contrôles aux frontières et limiter les vols commerciaux avec notamment la Chine, avec des régions qui étaient extrêmement touchées. Air France a tardé à le faire, pas par un coup de fil du président de la République, mais par des menaces du personnel, à juste titre d'ailleurs, de se mettre en grève quand d'autres compagnies aériennes comme la Lufthansa ou British Airways avaient décidé de rompre les liaisons avec la Chine très très tôt.

11:01
Présentateur

Vous savez quel est le premier pays, Jordan Bardella, qui a arrêté ses vols avec la Chine ? Dites-moi. C'est l'Italie. Oui. Qui a été le pays le plus touché par le coronavirus avant qu'il arrive en France.

11:09
Jordan Bardella

Oui, mais sauf que lorsque vous rétablissez des contrôles, lorsque vous diminuez les flux aériens et vous ferez croire le contraire à personne avec des foyers de l'épidémie, évidemment que vous limitez la propagation du virus. On l'Italie, ça n'a pas fonctionné. Le virus, il ne s'arrête pas. Mais le virus, il ne s'arrête pas à la frontière. Moi, j'ai entendu, l'autre jour, je lisais dans le Figaro, un spécialiste des maladies infectieuses expliquer que, évidemment, vous ne pouvez pas arrêter le virus à la frontière et vous ne pouvez pas arrêter le virus au contrôle aux frontières. Malgré ces contrôles. On était face à un foyer d'épidémie majeure avec des villes confinées.

On continue de faire entrer des voitures sans aucun contrôle. Quel type de contrôle vous auriez souhaité mettre en place ? Déjà de la prise d'informations. C'est-à-dire ?

12:16
Invité

Ça veut dire quoi de la prise d'informations ?

12:17
Jordan Bardella

Ça veut dire que lorsque des gens entrent dans notre pays, on leur demande où est-ce qu'ils étaient, d'où ils venaient, quelle a été leur trajectoire. Est-ce qu'ils ont fréquenté, est-ce qu'ils sont passés par des villes, par des quartiers, par des régions italiennes, la Vénécie par exemple, la Lombardie, qui sont manifestement des foyers de l'épidémie ? Et s'ils ne le disent pas ? On doit être capable de leur demander. On doit être capable de faire des contrôles aux frontières. Mais si pour rentrer dans France, justement, ils ne disent pas qu'ils viennent d'une zone à risque ? Comment fait-on ? On leur pose la question. Et s'ils ne veulent pas répondre, alors ils n'entrent pas en France.

Et si manifestement, ils viennent d'une zone qui était touchée par l'épidémie, on leur donne un masque et on leur demande de rester chez eux 14 jours, qui est pour l'instant la durée d'incubation. Ce principe me semble être un principe de bon sens, que le gouvernement, sans doute par idéologie, a refusé de faire. Et en tout cas, je trouve que le gouvernement a été extrêmement léger. D'abord dans la communication, vous en savez quelque chose, vous, des symptômes ?

Je veux dire, si on ne se renseigne pas sur Internet, si on ne passe pas trois heures par jour devant BFM, c'est vrai qu'il est quand même très très compliqué de distinguer ces symptômes des symptômes de la grippe, d'avoir des informations. Et pour vous donner un exemple de légèreté, la semaine dernière, il y a eu un match entre l'Olympique Lyonnais et la Juventus de Turin. Il y a des centaines, des milliers de supporters qui sont venus d'Italie. On savait manifestement que l'Italie, et notamment l'Italie du Nord, où situé Turin était un foyer d'épidémie, on a quand même autorisé cette manifestation pour aujourd'hui demander pour aujourd'hui.

13:39
Invité

Le Piémont n'était pas considéré comme une zone à risque à ce moment-là, au moment du match.

13:43
Jordan Bardella

Le ministre de la Santé, autre exemple de légèreté, est venu devant les caméras de télévision pour nous expliquer qu'il n'y avait aucun cas dans le Piémont. C'est faux, il y en avait trois. Il y en avait trois dans la région, oui. Donc la légèreté avec laquelle a été gérée cette affaire, je dis juste que gouverner, c'est prévoir, et que lorsqu'on est responsable, on doit prendre un certain nombre de principes de précaution pour protéger les Français.

14:03
Invité

Le virus serait venu en France, vous le disiez. De toute façon, malgré ces mesures que vous préconisez, le virus serait venu en France.

14:08
Jordan Bardella

Je ne suis ni devin ni médecin. Maintenant, il est évident que lorsque vous avez... Vous avez dit que les virus ne s'arrêtent pas aux frontières, je vous le dis. Évidemment, mais personne n'a parlé de rétablir un mur à la frontière. On a juste dit qu'on met des contrôles. Il y a un certain nombre d'aéroports, par exemple en Russie, où on prend la température, où on prend des informations sur les gens qui partent et qui entrent.

14:28
Présentateur

Sachant que les gens peuvent porter le virus sans n'avoir aucun symptôme, puisqu'il y a une période d'incubation.

14:33
Jordan Bardella

Oui, mais il y a un certain nombre de facteurs. Lorsque vous venez, par exemple, d'une des villes de Vénécie qui a été confinée, que vous passez par la frontière, il y a effectivement une probabilité. Je ne dis pas qu'il y a une certitude, mais il y a une probabilité que vous soyez confronté à quelqu'un.

14:45
Présentateur

Donc les gens qui viennent d'une zone à risque, qu'ils disent on leur donne un masque et on les laisse rentrer. Ceux qui refusent de répondre, on les renvoie chez eux. Ceux qui mentent, éventuellement, pour dire non, tout va bien.

14:56
Jordan Bardella

Ceux qui mentent, non mais attendez, je vais faire. Je veux dire, pardon, mais il s'agit juste d'avoir un peu de bon sens et un peu de principe de précaution. Or, je dis que le gouvernement a été extrêmement léger. Regardez sur le match Lyon-Turin. Ils autorisent le match pour nous dire 3-4 jours après, finalement, on interdit les manifestations de 5 000 personnes.

15:17
Invité

Mais quelqu'un qui vient d'une zone à risque et qui veut absolument rentrer en France ne va pas forcément dire au douanier qui va l'interroger qu'il vient d'une zone à risque. Comment vous faites ? Mais vous, pardon, mais si vous...

15:27
Jordan Bardella

Avec ce principe-là, c'est-à-dire que si on considère a priori que les types qui vont rentrer en France vont nous mentir parce qu'ils viennent d'une ville de Vénécie qui a été confrontée au virus et qu'ils veulent forcément rentrer en France, alors à ce moment-là, on ne fait plus rien. À ce moment-là, on ne fait plus rien. Je dis juste qu'il y avait des principes de précaution à prendre, comme la suspension des liaisons aériennes avec la Chine, comme des contrôles aux frontières. Enfin, pardon, mais la semaine dernière, il y a des vols tous les jours qui sont arrivés en provenance de Milan. Et ce n'est pas de l'hostilité vis-à-vis du peuple italien.

C'est simplement des mesures de précaution qui n'ont pas été prises et on s'aperçoit aujourd'hui qu'elles sont dramatiques. Vous avez dit Jordan Mardel. Nous, nous sommes extrêmement solidaires des autorités sanitaires françaises. Donc, tout le monde admet partout dans le monde qu'elles sont d'une très très grande qualité. Et en tout cas, nous sommes aujourd'hui vigilants et nous apprends évidemment les Français à respecter les consignes de sécurité.

Mais quand le gouvernement nous dit dans un match, pardon, avec plusieurs centaines de supporters, on met simplement des pancartes, expliquer comment, si vous voulez, il faut se passer du savon entre les doigts, oui, je trouve ça extrêmement léger.

16:22
Présentateur

Vous avez dit il y a quelques minutes, Jordan Bardella, des informations ont été dissimulées aux Français. Lesquelles ?

16:27
Jordan Bardella

Je ne dis pas cela. Je voulais citer un sondage de l'IFOP qui nous dit que 57% des Français, c'est-à-dire une majorité de Français, est sceptique sur l'action et la communication du gouvernement. Est-ce que des informations leur ont été dissimulées ? Je ne vous dis pas que je le pense. Je ne vous dis que, moi, je considère que le gouvernement est extrêmement léger, qu'aucun principe de précaution n'a été pris et que lorsque vous ne communiquez pas, eh bien évidemment, vous alimentez la psychose et vous, effectivement, laissez des peurs légitimes se développer.

16:51
Invité

Concrètement, vous ne pensez pas, Jordan Bardella, que le gouvernement ait dissimulé des informations aux Français ? Mais je n'en sais rien, mais j'aurais aimé qu'il communique. Mais pardon, mais vous ne pouvez pas...

16:59
Jordan Bardella

Il communique tous les jours. Vous ne pouvez pas nous faire se reproche. Le ministre de la Santé et les autorités de la santé ne sont pas les politiques tous les jours. Il nous dit que de la région de laquelle proviennent plusieurs centaines de supporters italiens, il n'y a pas de cas du coronavirus détecté, alors qu'il y en a trois. Donc, effectivement, en commettant ce type de bourre...

17:15
Présentateur

Non, pardon, Jordan Bardella, le gouvernement n'a pas dit ça. Il a dit que la région de Turin n'était pas l'une des zones placées sous confinement, qu'il y avait effectivement trois cas dans cette région.

17:21
Jordan Bardella

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a dit texto qu'il n'y avait pas de cas de coronavirus détecté dans le piémont. Il l'a dit à l'occasion d'une conférence de presse, or c'est faux, il y en avait trois. Et derrière cette crise, il y a en réalité une nouvelle crise de la mondialisation. C'est la crise du sans-frontierisme, de la libre circulation totale sans le moindre contrôle, et on s'aperçoit aujourd'hui des méfaits de la délocalisation, notamment de nos productions de médicaments. Au moment de la peste noire, il n'y avait pas de mondialisation de médicaments.

17:46
Présentateur

Ça n'empêchait pas les virus et les bactéries de se répandre sur toute la planète.

17:49
Jordan Bardella

Monsieur, quand vous avez des dizaines de liaisons aériennes avec des pays dont on sait qu'ils sont des foyers de l'épidémie, évidemment que vous faites venir chez vous, vous accélérez la transmission du virus. Enfin pardon, il ne faut pas avoir fait polytechnique pour le comprendre. Et effectivement, il y a derrière cette crise aussi le sujet de la délocalisation de nos productions de médicaments. On s'aperçoit aujourd'hui, effectivement, au bas mince, qu'en ayant ouvert nos frontières économiques pendant des années, des années notamment avec la Chine, qu'aujourd'hui on est dépendant de la Chine, quatre fois plus que nous l'étions en 2003 sous l'épidémie du SRAS.

Et 90% des premiers actifs qui font aujourd'hui nos médicaments sont importés de Chine et il est temps de relocaliser les productions de médicaments.

18:26
Présentateur

On va revenir, vous avez raison, sur cette question de la dépendance à la Chine. Dans une minute, d'abord le rappel de l'actualité, 8h51 avec Mélanie Deloney.

18:33
Invité

Si le gouvernement ne prend pas des mesures drastiques, le secteur de l'hôtellerie et de la restauration ne tiendra pas. Sur France Info, le président du Groupement national des indépendants demande un moratoire sur le paiement des charges face à l'épidémie de coronavirus. 191 cas en France et un troisième décès, une retraitée de 89 ans qui vivait dans un EHPAD de Crépis en Valois, dans l'Oise. Un tiers des cas sont enregistrés dans ce département. On a face à nous un gouvernement qui refuse le dialogue.

Regrette sur France Info la secrétaire générale confédérale de la CGT, Céline Verzeletti, les opposants à la réforme des retraites de retour dans la rue aujourd'hui et deux motions de censure de l'opposition à l'Assemblée contre le recours au 49-3. On votera probablement les deux. On n'est pas sectaire, dit le vice-président du Rassemblement national, Jordan Bardella. Aux Etats-Unis, Joe Biden fait le plein de soutien avant les primaires démocrates. Aujourd'hui, dans 14 Etats, c'est ce qu'on appelle le Super Tuesday. Trois ex-prétendants se rallient à sa candidature.

19:35
Présentateur

France Info est plus clair. Toujours avec le numéro 2 du Rassemblement national, Jordan Bardella, et sur cette question importante, la dépendance de l'Europe à la Chine.

19:46
Invité

Renaud Delis. Vous dénonciez cette dépendance à l'instant, Jordan Bardella, notamment en matière de médicaments et dans plein d'autres secteurs industriels. Il y a un seul Etat membre du G7 qui a signé un accord de partenariat dans le cas des nouvelles routes de la soie avec la Chine, qui a vendu notamment le port de Trieste, le port de Gênes. C'est le gouvernement italien dont votre ami Matteo Salvini était à l'époque le vice-premier ministre. Il a eu tort de soutenir cet accord avec la Chine qui a vendu une partie de l'économie italienne à la Chine.

20:10
Jordan Bardella

D'abord, c'était un gouvernement de coalition entre effectivement notre allié Matteo Salvini de la Ligue et le parti 5 étoiles, qui est un parti populiste plutôt de gauche, qui avait donc signé cet accord sur lequel Matteo Salvini avait émis des réserves. Maintenant, on ne va peut-être pas parler du port de Trieste, mais plutôt de ce qui se passe en France. Et en tout cas, on voit bien que cette crise, c'est aussi celle de la mondialisation sauvage. Aujourd'hui, les premiers principes actifs qui nous permettent de fabriquer nos médicaments sont à 90% originaires de Chine.

Et on s'aperçoit aujourd'hui effectivement des méfaits de cette délocalisation parce que dans des périodes de tension comme celle-ci, je veux dire, à court terme, ça va. On a des stocks. Maintenant, à moyen et à long terme, lorsque vous êtes dépendant d'autres pays qui sont eux-mêmes sous tension, c'est évidemment eux-mêmes qui vont d'abord alimenter leur marché intérieur. Et nous, on est évidemment dépendants. Et d'un point de vue sanitaire, ça met effectivement aussi en danger la santé des Français.

21:01
Présentateur

La campagne des municipales, Jordan Bardella, d'après nos confrères de l'Opinion. Ce matin, le Rassemblement National a déposé au total environ 400 listes, là où il en avait 600 lors du dernier scrutin.

21:12
Jordan Bardella

430 listes déposées, 410 listes sous l'étiquette Rassemblement National, une vingtaine soutenues dans une démarche d'ouverture. Ça baisse parce qu'on a vu, d'abord, il y a un nombre de candidats en France peut-être un petit peu moindre. J'entendais vos confrères ce matin qu'en 2014. Il y a eu une recrudescence de beaucoup de listes sans étiquette. Beaucoup de listes, notamment dans les petites communes, dans les communes rurales, d'intérêts communaux, d'intérêts locaux. Maintenant, la réalité, juste si on va au bout de la présentation, 30% de candidats du Rassemblement National en moins.

Nous sommes, maintenant, si on va jusqu'au bout, nous sommes le parti politique qui présentons le plus de candidats sous son étiquette. C'est-à-dire ? Sous l'étiquette Rassemblement National, nous sommes le parti politique qui va présenter le plus de listes. Il n'y a pas plus de listes, par exemple,

21:58
Présentateur

chez les Républicains que chez vous ?

21:59
Jordan Bardella

Il n'y a pas plus de listes, mais ce ne sont pas des listes Les Républicains, ce sont des listes soutenues par l'UDI, soutenues par le Modem, soutenues par un certain nombre de partis. Vous voulez dire pur jus ? Le parti politique. Maintenant, moi, ce que je regarde, c'est que nous sommes aujourd'hui le seul parti politique qui est capable de présenter sous son étiquette le plus de listes. Si vous arrivez, vous, par exemple, à trouver un candidat à La République En Marche avec un logo La République En Marche, vous m'appelez parce que depuis des semaines, je vois des candidats En Marche qui planquent les logos, qui ont peut-être honte de leur bilan et qui ont reçu consigne du gouvernement

22:28
Invité

de supprimer ces logos. Et pourquoi vous en présentiez, donc, beaucoup plus en 2014, il y a 6 ans, que cette année ? Presque 200 listes de plus il y a 6 ans. Pourquoi est-ce que vous en présentez ?

22:37
Jordan Bardella

Parce que le contexte est différent.

22:40
Invité

La parité, est-ce que c'est difficile de trouver suffisamment de candidates pour constituer des listes paritaires, comme l'impose la loi ?

22:46
Jordan Bardella

Non, ce n'est pas plus difficile pour le Rassemblement National que pour un autre parti. Maintenant, c'est vrai que ces élections, en 2014, d'abord, l'élection municipale avait peut-être suscité un engouement national, national, pas local, mais national, plus important, puisque c'était la première élection du quinquennat Hollande. Cette fois-ci, c'est la deuxième, puisqu'il y a d'abord eu les élections européennes que nous avons remportées. Nous, nous avons évidemment fait à la fois la baisse des impôts et du retour à la sécurité. Nos deux priorités dans ces élections municipales, c'est ce qu'on a fait dans la quinzaine de villes qu'on dirige aujourd'hui. Partout, les impôts ont baissé.

Partout, la sécurité a été ramenée à un niveau qui est décent et qui permet aujourd'hui à nos compatriotes de dire qu'on vit en sécurité dans des villes Rennes. Et c'est évidemment ces deux priorités qu'on développera et à laquelle nous serons attachés dans ces élections municipales.

23:28
Présentateur

Vous avez lancé récemment, Jordan Bardella, une souscription pour tenter de renflouer les caisses du parti. Combien d'argent récolté ?

23:34
Jordan Bardella

Alors, nous la lançons dans quelques jours. Elle n'est pas encore lancée. Non, non, nous la lançons dans quelques jours. L'objectif, c'est de récolter combien ? L'objectif, c'est de pouvoir, évidemment, continuer à financer l'activité du Rassemblement national parce que vous savez que les banques françaises refusent de prêter au parti politique. Elles ont pendant très, très longtemps refusé de prêter au Rassemblement national. Je vous rappelle qu'en 2017, Marine Le Pen est l'une des seules candidates qui s'étaient vues fermées porte-close de la part de l'ensemble des établissements bancaires français.

23:59
Présentateur

Une des raisons, Jordan Bardella, de la frilosité des banques, c'est que les comptes du Rassemblement national sont dans le rouge depuis des années et des années et que la dette du parti est estimée, ce sont les derniers chiffres, je crois, qui portent sur 2018 de la commission des comptes de campagne, à 25 millions. Non, mais ceux-ci, ils ne vont pas mélanger

24:15
Jordan Bardella

les causes et les conséquences. Comme les banques françaises ne veulent pas prêter au premier parti de France, on a dû se tourner vers les françaises souscrire un certain nombre d'emprunts. C'est ce que moi j'avais fait dans le cadre de la campagne des élections européennes pour pouvoir financer la campagne que vous n'avez pas remboursée. Elle exige de votre part,

24:30
Invité

l'exige du Rassemblement national, cette banque russe, 9 millions d'euros. Et ce sera le mot de la fin. Je vais terminer,

24:34
Jordan Bardella

je vais vous répondre. Lorsque vous souscrivez des prêts auprès d'une banque, l'État, par le financement de la vie politique et de la vie publique, prend en charge les intérêts. Lorsque vous financez auprès des français, les intérêts sont à la charge du parti politique, ce qui fait qu'il y a un certain nombre de dettes qui se sont accumulées. Et donc, manifestement, pour pouvoir continuer de fonctionner, on va évidemment se tourner également vers nos compatriotes.

24:53
Présentateur

Vous allez rembourser le prêt russe ?

24:55
Jordan Bardella

Le prêt russe sera remboursé. Avec l'argent que vous empruntez aujourd'hui ? On a souhaité, effectivement, vous savez qu'en Russie, à part de passer un certain stade, il y a une procédure de justice qui s'ouvre. Donc le prêt, évidemment, sera remboursé. Maintenant, j'entends souvent, moi, vous avez été financé par les Russes, machin. On a reçu un prêt de la part d'une banque chez Corusse à 6%, ce qui n'est manifestement pas non plus un taux d'ami. Là, c'est à 5% que vous empruntez. Là, c'est à 5%, ce qui fait que je dis aux Français et nous disons aux Français c'est plus intéressant que le livret A, c'est 10 fois plus intéressant que le livret A.

Donc venez participer au financement de la vie publique et au financement de la démocratie.

25:31
Présentateur

Merci beaucoup, Jean-Balbard. Merci à vous. Très bonne journée. Et l'info politique, n'oubliez pas, c'est aussi un podcast original sur France Info, Paris, la bataille, le feuilleton des municipales. Un nouvel épisode tous les vendredis. Un podcast à écouter sur franceinfo.fr, disponible aussi sur l'application Radio France.

49.3, coronavirus, municipales... Le "8h30 franceinfo" de Jordan Bardella — Jordan Bardella · Pourquijevote