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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 18 septembre 2025 54 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileJusticeEurope & internationalInstitutions & élections

Un état palestinien… Sans état ? Les zones d’ombre du plan Macron | Rafaëlle Maison & Benjamin Fiorini

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 7 %Attaque 73 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:58OuverteRéponse partielle

    Quelles sont les conséquences concrètes de la reconnaissance française d'un État palestinien ?

  • 3:18RelanceRéponse directe

    Que critiquez-vous dans la déclaration de New York ?

  • 14:01OuverteRéponse directe

    Quelles sont les exigences juridiques et morales pour reconnaître un État palestinien ?

  • 18:37RelanceRéponse directe

    Quelles mesures ont été prises par la France pour prévenir le génocide ?

  • 26:30OuverteRéponse directe

    Faut-il envoyer des casques bleus à Gaza ?

  • 30:51OuverteRéponse directe

    Quelles sont les exigences juridiques et morales pour reconnaître un État palestinien ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:10InvitéFait
    « Rien n'arrêtera le mouvement de la reconnaissance d'un État palestinien. »
  • 6:12PrésentateurFait
    « Pour être soutenu par la communauté internationale, il faudrait qu'il s'agisse d'un État démilitarisé. »
  • 9:18PrésentateurFait
    « Nous avons aussi un appel de New York. Et là, ce ne sont que les États occidentaux, sauf les États-Unis, mais 15 États occidentaux qui ont lancé cet appel de New York. »
  • 12:36PrésentateurFait
    « Le président Macron nous dit qu'il s'agit d'aider un ami à s'extraire, finalement, d'une image d'indignité liée au conflit à Gaza. »
  • 16:07InvitéChiffre
    « 86% des membres de l'Association internationale des spécialistes du génocide qui regroupent 500 experts internationaux affirment qu'Israël commet un génocide à Gaza. »
  • 19:35PrésentateurFait
    « La France n'est même pas capable de dire qu'il y a génocide. »
  • 22:13PrésentateurFait
    « Retenir le terme de génocide ou même risque de génocide engage l'État, oblige l'État. »
  • 31:30PrésentateurFait
    « Le droit humanitaire le plus basique est grossièrement foulé au pied dans la bande de Gaza actuellement par l'État d'Israël. »
  • 36:10PrésentateurChiffre
    « nous avons à l'heure actuelle 4000 je crois binationaux qui servent dans l'armée israélienne »
  • 38:35PrésentateurFait
    « la solution doit être centrée autour du principe fondamental du droit du peuple palestinien à disposer de lui-même une norme impérative du droit international nous dit la Cour »
  • 39:23PrésentateurFait
    « on a des ressources gazières au large de Gaza qui intéressent certainement beaucoup de personnes »
  • 43:37InvitéChiffre
    « BNP Paribas a par exemple garanti une souscription du gouvernement israélien à hauteur de 8 milliards »
  • 45:45PrésentateurFait
    « nous avons un rapport de la rapporteuse spéciale de l'ONU Francesca Albanese sur les entreprises le profit tiré par les entreprises du génocide de Gaza »
  • 47:15PrésentateurFait
    « un accord a été conclu entre Israël et l'Egypte sur l'exploitation du gaz »

Temps de parole

  • Présentateur58 %
  • Présentateur 225 %
  • Invité16 %

0,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

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0:10
Invité

Rien n'arrêtera le mouvement de la reconnaissance d'un État palestinien. Dans un long message publié sur le réseau X ce mardi 2 septembre, Emmanuel Macron a prévenu Israël qu'aucune offensive, tentative d'annexion et de déplacement des populations n'enrira la dynamique que nous avons créée avec le prince héritier et à laquelle de nombreux partenaires se sont déjà joints. Une mise en garde qui survient après les révélations de plusieurs médias israéliens selon lesquels le gouvernement de Benjamin Netanyahou envisagerait d'annexer des territoires en Cisjordanie occupés par Israël depuis 1967 en représailles de la reconnaissance de la Palestine.

Le chef de l'État français a par ailleurs rappelé qu'il présidera le 22 septembre prochain avec le prince saoudien une conférence au siège de l'Organisation des Nations Unies à New York sur la solution à deux États au cours de laquelle Paris doit formaliser de concert avec plusieurs autres pays sa reconnaissance de l'État de Palestine. À quoi va ressembler cet État palestinien ? On trouve un début de réponse dans la déclaration de New York du 29 juillet 2025 sur le règlement pacifique de la question de Palestine et la mise en œuvre de la solution des deux États.

Le texte soutient, je cite, la création d'un État de Palestine souverain et économiquement viable, vivant côte à côte, en paix et en sécurité avec Israël. Et qu'est-ce que ça veut dire plus concrètement ? Dans un article très remarqué intitulé « Palestine, à New York, la subversion du droit international » a retrouvé sur le site d'Orient 21. Raphaël Maison, agrégé des facultés de droit et professeur de droit public, voit dans la déclaration de New York un plan de la reconnaissance d'un État palestinien qui pourrait sceller l'abandon du droit international concernant la Palestine. Se dirige-t-on vers un État palestinien sans État ?

Vers un État fantoche qui viendrait uniquement assurer la sécurité d'Israël et couide de l'arrêt du génocide et de la fin de l'occupation par Israël du territoire palestinien, y compris de Gaza, tel que rappelé par la Cour internationale de justice en 2024. Nous tenterons de répondre à ces questions avec Raphaël Maison, agrégé des facultés de droit et professeur de droit international public à l'Université Paris-Saclay. Benjamin Fiorini, maître de conférence en droit pénal et directeur de l'Institut d'études judiciaires de l'Université Paris-VIII, est également avec nous par le biais de la visioconférence.

Il est par ailleurs secrétaire général de JURDI, l'association qui réunit des juristes pour le respect du droit international. Bonjour Raphaël. Bonjour Nadia. Bonjour Benjamin.

2:46
Présentateur

Bonjour Nadia.

2:46
Invité

Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. C'est très important pour nous de comprendre ce qui va se passer lors de la prochaine réunion de l'Assemblée générale de l'ONU à New York, du 9 au 23 septembre 2025. Avant toute chose, on aimerait comprendre les enjeux et la portée juridique de la reconnaissance d'un État palestinien. La Palestine est déjà reconnue par 148 États et considérée comme un État non membre de l'ONU depuis 2012. quelles sont les conséquences concrètes de la décision française ? Qu'est-ce qui va changer ? Raphaël Maison.

3:18
Présentateur

Alors dans ce petit article que vous avez évoqué pour Orient XXI, que je remercie de me permettre de publier, j'ai voulu alerter un peu sur cette espèce de leurre de la reconnaissance de la Palestine face au génocide en cours à Gaza, puisque nous sommes toujours les témoins effarés, je dirais, de la longue torture du peuple palestinien de Gaza, donc alertés sur ce leurre de la reconnaissance et sur le possible enterrement, finalement, du droit international qui a été rappelé l'année dernière, en 2024, qui pourrait survenir lors de la prochaine Assemblée générale de l'ONU, puisque, si vous voulez, il y a eu des événements diplomatiques importants cet été qui n'ont peut-être pas été nécessairement très suivis, mais nous avons eu une conférence à New York, une conférence internationale à New York, qui rassemblait près de 150 États sous la présidence de l'Arabie saoudite et de la France.

Et cette conférence, qui a été lancée, finalement, par l'Assemblée générale des Nations unies, a formulé une déclaration. Alors ça s'intitule « Déclaration, vous l'avez dit d'ailleurs tout à l'heure, déclaration sur le règlement pacifique de la question de Palestine et la mise en œuvre de la solution des deux États ». Ce document a déjà été approuvé par un certain nombre d'États, 15 États, ainsi que la Ligue arabe, l'Union européenne, et les présidents de la conférence, donc l'Arabie saoudite et la France, ont invité tous les États à se rallier à cette déclaration.

Et moi, je dois dire que vos auditeurs pourront trouver ce texte de la déclaration de New York et de l'appel de New York sur le site notamment du ministère des Affaires étrangères français. Les présidents de cette conférence ont appelé, finalement, tous les États membres de l'ONU à se rallier à cette déclaration. Je voudrais vraiment alerter sur ce qui peut se passer à New York, puisque cette déclaration, que cherche-t-elle à faire ? Eh bien, il s'agit de proposer les termes d'un nouvel accord de paix qui devrait être négocié entre Palestine et Israël, deux acteurs dont les pouvoirs sont très variés, évidemment, sous le regard international.

Donc, ce serait une négociation qui est envisagée, mais qui devrait aboutir à retenir les principes avancés dans la déclaration. Alors, précisément, quels sont ces principes ? Qu'est-ce qu'on nous dit dans cette déclaration de New York ? Eh bien, on nous dit qu'il s'agirait de créer, donc, un État palestinien sur le territoire occupé par Israël, mais un État qui ne serait soutenu que sur la base des garanties qui ont été données par le président de l'autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, ou qui ont été exigées du président de l'autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Alors, quelles sont ces garanties ? Il faut que ce soit...

Pour être soutenu par la communauté internationale, il faudrait qu'il s'agisse d'un État démilitarisé. Ça, c'est le point central, un État démilitarisé, avec des armements préalables du Hamas qui est censé rendre ses armes à l'autorité palestinienne. Premier point, donc un État démilitarisé. D'autre part, un État politiquement contraint, puisque dans la déclaration, il est expliqué que des élections devraient être organisées après un cessez-le-feu, mais ne pourraient participer à ces élections s'agissant des Palestiniens que les partis s'alignant sur les engagements, je cite, sur les engagements internationaux de l'OLP.

Donc ça restreint évidemment les possibilités de participation des démocraties. Il s'agirait aussi d'un État économiquement contraint, puisque...

6:58
Invité

Je voudrais dire, pardon Raphaël Maison, que le Hamas est exclu.

7:01
Présentateur

Oui, que les partis qui ne sont pas alignés sur les engagements internationaux de l'OLP... Alors c'est un peu flou, hein, mais on peut imaginer qu'un certain nombre de mouvements palestiniens seraient exclus des élections, ce qui permettrait d'avoir des résultats non problématiques, contrairement à ce qui a été évalué en 2006, c'est-à-dire que les États occidentaux n'étaient pas très satisfaits du résultat des élections de 2006.

7:23
Invité

Donc non problématiques, mais antidémocratiques.

7:25
Présentateur

En un sens, oui, on peut le dire. Un État qui serait également économiquement contraint, puisque dans la déclaration, il nous est dit que cet État serait soutenu dès lors qu'il accepterait un programme économique de nature très libéral, donc n'a pas véritablement de choix souverain sur les politiques économiques. Un État aussi qui verrait... Ça s'accompagnerait aussi, il faut le signaler, de la disparition de l'UNRA, donc l'Agence des Nations unies pour la protection des réfugiés dans les territoires dont il s'agirait, donc disparition de l'UNRA.

Dès lors, nous dit-on que la question du droit au retour aura été traitée, et cette question du droit au retour des réfugiés serait traitée dans un cadre régional. Donc il ne serait pas du tout à la disposition de cet État. Et puis, dernier point, un État qui, pour être soutenu par la communauté internationale, devrait s'engager dans des accords de sécurité au bénéfice d'Israël. Donc là, si vous voulez, c'est clairement le prolongement de la coopération sécuritaire d'Oslo.

Donc, dans cette déclaration de New York, je dirais qu'il ne s'agit pas de soutenir un État souverain, exprimant ce qui est pourtant exigé de la Cour internationale de justice, exprimant le droit à l'autodétermination comme norme fondamentale, le droit à l'autodétermination politique et économique du peuple palestinien. Il s'agit de soutenir un État qui serait un État diminué, une sorte, comme vous l'avez dit, d'État fantoche, qui serait finalement construit d'abord pour assurer la sécurité d'Israël et contrôler, en quelque sorte, une population captive.

À New York, on a aussi un autre document, par-delà cette déclaration à laquelle les États sont censés se rallier lors de l'Assemblée générale. Nous avons aussi un appel de New York. Et là, ce ne sont que les États occidentaux, sauf les États-Unis, mais 15 États occidentaux qui ont lancé cet appel de New York. Alors, on se dit un appel de New York, très bien. C'est un appel pour reconnaître la Palestine de la part des États qui ne l'ont pas encore reconnu. Mais en fait, quand on lit bien le texte, qui est assez bref, une page, il s'agit essentiellement d'un appel à reconnaître Israël pour les États qui ne l'ont pas encore fait. C'est un appel à la normalisation.

C'est un appel à entretenir des relations normales avec Israël pour les États qui ne sont pas encore engagés dans ce type de normalisation. Alors même que des relations normales, ça pose évidemment problème, puisque l'année dernière, la Cour interstiale de justice, puis l'Assemblée générale, en septembre 2024, a clairement insisté sur la nécessité d'adopter des mesures contre Israël, des sanctions contre Israël, pour forcer cet État à se retirer du territoire palestinien occupé. Donc moi, je voudrais alerter sur ces principes de règlement qui pourraient être adoptés à l'Assemblée générale si les États se rallient à la déclaration de New York.

Je pense que c'est extrêmement dangereux parce que ça met à bas les principes de droit qui ont été rappelés par l'Assemblée générale elle-même en septembre 2024, qui affirmait la responsabilité d'Israël. Et ceci se présente sous couvert d'une aide à la Palestine, mais par la reconnaissance, comme je viens d'essayer de l'expliquer, d'un État diminué, et aussi par le déni du droit à la résistance face à l'occupation et face au génocide. Alors, il faut aussi signaler que dans ces textes diplomatiques, il n'y a aucune réaction au génocide de Gaza. Le mot de génocide n'apparaît ni dans la déclaration, ni dans l'appel de New York.

C'est d'ailleurs tout à fait logique parce que ce serait impossible de ressusciter le processus d'Oslo, comme c'est quand même un peu ce projet, le projet face à un État génocidaire, ou de condamner, ce qui est aussi fait, la lutte armée face à un génocide. Donc, il faut faire disparaître le terme et il faut faire aussi disparaître les sanctions que les États sont tenus d'adopter contre Israël. Alors, on voit dans l'appel de New York des 15 États occidentaux que la responsabilité de ce qui se passe à Gaza est encore rapportée au 7 octobre. Les États condamnent comme antisémites l'attaque du 7 octobre, c'est-à-dire qu'ils reprennent le récit, le discours israélien.

S'agissant de ce qui se passe à Gaza depuis le 7 octobre, eh bien, les États occidentaux, ces 15 États occidentaux, ne font qu'exprimer, finalement, je cite, « une vive préoccupation pour le nombre élevé de victimes civiles ». Mais par contre, on n'impute la responsabilité de ce nombre élevé de victimes civiles à personne, finalement. Donc, c'est en quelque sorte la condamnation de la lutte armée palestinienne dans cet appel de New York et la proclamation de l'innocence d'Israël. Et ceci est tout à fait dernier, peut-être, point, puis ensuite, je reviendrai sur ce qui avait été dit l'année dernière et pourquoi c'est un contraste majeur avec ce qui a été dit l'année dernière.

Ce que je viens d'évoquer est tout à fait exprimé par le président Macron dans la lettre qu'il a adressée au Premier ministre Netanyahou le 26 août, je crois, 2025, puisque cette lettre montre bien, elle est tout à fait extraordinaire. D'ailleurs, on pourrait la commenter longuement. Elle montre bien qu'il s'agit... Le président Macron nous dit qu'il s'agit d'aider un ami à s'extraire, finalement, d'une image d'indignité liée au conflit à Gaza, mais d'une indignité qui, finalement, résulte de l'action du Hamas. Je lis la déclaration, enfin, la lettre de Macron.

Le groupe terroriste poursuit ce qu'il a constamment fait ces deux dernières années, blesser l'âme juive au plus profond, se faisant, nous offensant tous à vos côtés. Il parle au Premier ministre israélien, prolonger le calvaire des otages et des familles et maintenir le peuple de Gaza dans une souffrance inouïe. C'est donc le Hamas qui maintient le peuple de Gaza dans une souffrance inouïe. En agissant ainsi, poursuit-il, il cherche également à vous pousser à prendre des décisions irréversibles qui ne serviront que sa survie et son emprise idéologique. Alors là, ça, c'est le discours du président français. On voit bien qu'il a déjà été relayé par certains intellectuels.

Je pense à la tribune très contestée de M. Filliou dans Le Monde qui impute la responsabilité finalement de l'extermination des Palestiniens aux Palestiniens eux-mêmes. C'est évidemment extrêmement problématique. On pourra y revenir. Et dernier point dans la lettre du président Macron. Il s'agit aussi, nous dit-il, alors là, j'étais vraiment stupéfaite, en acceptant le processus de New York puisqu'il cherche à convaincre le Premier ministre d'accepter le processus de New York. Israël, je cite, aurait l'opportunité de transformer les gains militaires obtenus sur les terrains régionaux en victoire politique. Donc, les gains militaires seraient transformés en victoire politique.

De quels gains militaires parle-t-on ? On parle quand même de l'attaque de l'agression du Liban, de l'annexion de certaines parties de la Syrie et de l'agression de l'Iran. C'est quand même absolument stupéfiant. Donc, je crois qu'il ne faut pas se tromper sur les intentions de ces deux présidents de la conférence internationale. Ce qui est proposé, évidemment, ce n'est pas la reconnaissance de l'annexion, ce n'est pas non plus la validation du génocide. Ça, ce n'était pas possible.

Mais ce qui est proposé, c'est la poursuite d'Oslo, c'est-à-dire un État palestinien complètement diminué et surtout l'omission, je dirais, la fin de ce qui a été dit l'année dernière, c'est-à-dire la responsabilité d'Israël pour l'occupation illicite et le génocide. C'est-à-dire qu'il n'est plus question dans la déclaration de New York de sanctions contre Israël. Les sanctions sont complètement diminuées. Vous pourrez aller vérifier paragraphe 32 de la déclaration. Donc, on revient complètement sur ce qui a été dit l'année dernière et je pourrais m'en expliquer plus avant un peu après.

15:35
Invité

On comprend bien que cette déclaration de New York, donc ce plan de reconnaissance de la Palestine, profite finalement à Israël, déresponsabilise totalement Israël, invisibilise tous les massacres, le génocide et toutes les avancées juridiques de la Cour internationale de justice qui avait, on le rappelle, en janvier 2024, retenu un risque plausible de génocide. Et aujourd'hui, je pense qu'il y a quand même un consensus qui se dégage sur la reconnaissance d'un génocide à Gaza.

Je rappelle que 86% des membres de l'Association internationale des spécialistes du génocide qui regroupent 500 experts internationaux affirment qu'Israël commet un génocide à Gaza et pourtant la diplomatie française refuse encore de retenir cette qualification juridique. Donc la question c'est de savoir pourquoi Israël voit dans la reconnaissance de la Palestine selon les exigences et les conditions qui ont été posées par la conférence à New York une trahison. Je vais peut-être poser la question à Benjamin et ensuite peut-être Raphaël vous pourrez compléter.

16:41
Présentateur

Je vais commencer peut-être par revenir pour dire mon approbation avec ce que vient de dire Raphaël. Pour moi il est vrai que ce projet annoncé par Emmanuel Macron de reconnaissance est un leurre et c'est aussi un contre-feu. C'est un leurre pour les raisons qui ont été évoquées à savoir qu'on présente cette action comme finalement quelque chose de bienveillant pour les palestiniens alors même qu'on nie à travers les conditions qui sont proposées le droit à l'autodétermination du peuple palestinien.

C'est finalement une violation d'une certaine manière du droit international et c'est également un contre-feu parce que comme l'a également rappelé Raphaël et comme vous venez de le rappeler il y a un génocide qui continue à être commis à Gaza qui est commis depuis de longs mois et la France finalement à travers cette action entend se donner une belle image joue les coques en laissant l'impression qu'en réalité elle est en train de mener une action favorable au peuple palestinien alors qu'elle invibilise à travers cette action le génocide en cours.

Alors pour reposer peut-être un petit peu les bases la France comme l'ensemble des pays du monde d'ailleurs et comme l'Union européenne a une obligation centrale qui est prévue par la convention de 1948 sur la prévention et la répression du crime de génocide et c'est l'obligation justement de tout mettre en œuvre pour empêcher la commission d'un génocide dont est la connaissance et la Cour internationale de justice non seulement a comme vous l'avez rappelé établi l'existence d'un risque plausible de génocide dans la bande de Gaza ça c'était le 26 janvier 2024 et quelques mois plus tard le 30 avril 2024 elle a indiqué que cette obligation de prévention du crime de génocide s'appliquait à tous les États et qu'elle obligeait tous les États à mettre en œuvre tous les moyens dont ils ont à leur disposition raisonnablement pour s'opposer justement à la commission de ce crime de génocide.

18:37
Invité

Quelles sont les mesures qui ont été prises qu'est-ce qui a été fait par les États justement pour prévenir ce risque de génocide ? Là on est en 2025. Rien ?

18:46
Présentateur

Précisément rien. Précisément rien. Et c'est précisément là que je voulais en venir. C'est que les deux questions que pose finalement cette décision par la Cour internationale de justice c'est est-ce que la France et l'Union européenne aussi d'ailleurs est-ce que la France a connaissance d'un risque plausible de génocide ? Et là on ne peut pas dire le contraire.

Évidemment que la France a connaissance d'un risque plausible de génocide puisque ça a été dit dès le 26 janvier 2024 par la Cour internationale de justice et ça a été nourri ensuite par une convergence exceptionnelle de rapports internationaux venant d'ONG venant de Francesca Albanese venant de plein de sources différentes et vous l'avez dit tout à l'heure d'ailleurs une convergence exceptionnelle. Deuxième question est-ce que la France a mis en œuvre tout ce qu'elle pouvait raisonnablement mettre en œuvre pour s'opposer à la commission de ce génocide ? Et là la réponse est non ne serait-ce que pour une raison c'est que la France n'est même pas capable de dire qu'il y a génocide.

On va rappeler qu'il y a quelques mois Emmanuel Macron qui était interviewé par TF1 me semble-t-il a répondu à la question suivante considérez-vous qu'il y a un génocide par la réponse suivante ça c'est une question que je réserve aux historiens.

À partir du moment où vous ne mentionnez même pas le fait qu'il y a un génocide à Gaza et à partir du moment où vous n'acceptez même pas de vous poser la question parce que vous la renvoyez au futur comme si le génocide finalement ne concernait pas le présent et bien nécessairement vous ne pouvez pas prendre les mesures qui permettent de prévenir d'empêcher la commission de ce crime de génocide et c'est la raison pour laquelle aucune mesure n'a été prise ce processus de reconnaissance de l'état palestinien ne peut pas être considéré comme une mesure faisant obstacle au génocide ne serait-ce que parce que comme l'a dit Raphaël le mot génocide n'est même pas évoqué dans le cadre des pourparlers qui précèdent cette reconnaissance et par ailleurs on pourrait s'interroger est-ce que la France par exemple a pris des sanctions individuelles contre des dignitaires israéliens est-ce que par exemple la France considère que certains ministres qui tiennent des propos qui appellent ouvertement au nettoyage ethnique je pense à Smotrich je pense à d'autres ministres israéliens qui ont tenu des déclarations extrêmement précises et claires sur leur intention génocidaire est-ce que la France a pris des mesures contre eux aucune est-ce que la France a pris des mesures économiques aucune est-ce que la France a pris des mesures financières aucune est-ce que la France est-ce que la France en fait on ne coche que des noms on ne coche que des noms à chaque fois qu'on se pose cette question là donc la France ne respecte pas son obligation de prévention du crime de génocide et c'est la raison pour laquelle avec notre association aujourd'hui nous venons justement d'assigner l'état français devant le tribunal administratif de Paris de sorte à ce qu'il soit condamné pour précisément ne pas avoir pris toutes les mesures nécessaires pour prévenir ce crime de génocide et nous espérons que d'ici quelques mois voire quelques semaines le tribunal administratif de Paris condamnera l'état français pour cette raison là

21:41
Invité

nous attendons cette décision avec impatience Benjamin Furini Raphaël Maison vous avez réagi lorsque je posais la question de savoir quelles étaient les mesures prises par la France justement pour prévenir ce risque de génocide comment déjà expliquer que la France en tout cas d'Emmanuel Macron soit encore fébrile avec l'idée de retenir cette qualification juridique de génocide

22:10
Présentateur

je crois tout simplement que parce que comme Benjamin Furini vient de le rappeler retenir le terme de génocide ou même risque de génocide engage l'état oblige l'état et tous les états sont d'ailleurs obligés puisque la cour a affirmé qu'il y avait un risque de génocide et maintenant tout le monde sait qu'il y a un génocide à Gaza donc ça oblige tous les états partis à la convention sur le génocide à prendre un certain nombre de mesures pour le prévenir ou pour ne pas s'en rendre complice je crois que là on est en présence d'un génocide commis évidemment par Israël mais soutenu par ses alliés certains de ses alliés sont directement impliqués je pense évidemment son principal allié les états-unis parce que tout le monde sait que sans les états-unis Israël aurait déjà perdu sans la fourniture des armes américaines sans l'assistance technologique américaine sans la protection du territoire israélien par les états-unis je dirais que le combat serait déjà terminé puisqu'Israël a quand même du mal à réduire les groupes palestiniens combattants à Gaza donc tout le monde sait que sans l'aide des états-unis ce génocide ne peut pas être perpétré et Trump a fait des déclarations de nature génocidaire donc personnellement j'estime que les états-unis sont co-auteurs de ce génocide mais d'autres états européens sont très largement impliqués bien sûr l'Allemagne qui a largement continué à fournir des armes à Israël je pense aussi au Royaume-Uni bon on a parlé de la France mais il faut aussi évoquer le Royaume-Uni vous avez un journaliste Matt Kernhard un journaliste indépendant qui analyse la manière dont les avions militaires britanniques ont surveillé la bande de Gaza en délivrant des informations cruciales à l'armée israélienne tout ça je dirais que c'est une participation quasiment directe au génocide de surveiller militairement de survoler un territoire qui n'est pas celui d'Israël rappelons-le et de livrer les informations à l'armée israélienne donc vous avez une implication majeure de l'occident dans ces événements c'est bien sûr ça qui rend les choses extrêmement complexes et puis vous avez évidemment aussi je dirais une espèce d'apathie voire plus des états proches qui bon à part le Yémen et éventuellement l'Iran et certains groupes combattants comme le Hezbollah sont restés complètement inertes alors qu'ils sont à la frontière parce que ce sont des gouvernements sous contrôle occidental donc qui a réagi finalement il faut quand même rendre hommage à ceux qui ont réagi c'est-à-dire l'Afrique du Sud en portant cette affaire devant la cour internationale de justice elle a pris beaucoup de risques elle a subi beaucoup de pression elle en subit toujours le Nicaragua qui a porté l'affaire contre l'Allemagne donc ça c'est des moyens de prévenir le génocide que d'essayer de saisir la justice et puis certains états du Sud comme la Colombie vous avez vu qu'il y a eu une conférence qui a été organisée à Bogota les états du groupe de l'AE qui ont affirmé qu'ils respecteraient les obligations posées en septembre 2024 et les obligations rappelées par la cour s'agissant du génocide à l'hiver et au printemps 2024 bon ils sont 9, 10, 15 15 états pour le moment mais tout l'enjeu si vous voulez tout l'enjeu de ce qui va se passer à New York c'est est-ce que l'Assemblée générale on sait que le Conseil de sécurité parce que l'urgence évidemment maintenant c'est d'arrêter ce génocide

25:45
Invité

bien avant même l'urgence c'est plutôt d'arrêter le génocide que de reconnaître un état palestinien c'est-à-dire là

25:50
Présentateur

si on ne fait rien combien de palestiniens vont mourir encore dans cette lente torture donc l'urgence c'est de faire cesser et c'est pas c'est pas très compliqué de faire cesser enfin je veux dire techniquement techniquement il faut forcer il faut forcer le blocus de Gaza donc les états doivent s'organiser pour forcer militairement le blocus de Gaza c'est-à-dire

26:17
Invité

c'est pour mettre fin à la famine

26:18
Présentateur

mais ça ne veut pas dire

26:19
Invité

que ça mettrait fin au génocide

26:21
Présentateur

déjà ça allégerait la souffrance des populations si on avait la possibilité de délivrer normalement de l'aide humanitaire et pas par une société de mercenaires

26:30
Invité

est-ce qu'on doit envoyer des casques bleus

26:32
Présentateur

oui d'ailleurs dans la déclaration de New York les états envisagent une mission internationale d'assistance mais une fois qui aura un cessez-le-feu et cet accord de paix étrange enfin ce prolongement d'Oslo qui est prévu ça veut bien dire que l'Assemblée Générale même si le document ne parle pas de l'Assemblée Générale mais on sait que le Conseil de Sécurité est bloqué sinon ça fait bien longtemps que ça serait terminé mais l'Assemblée Générale a un pouvoir lorsque le Conseil de Sécurité est bloqué on a des précédents l'Assemblée Générale pourrait mettre sur pied une opération de maintien de la paix visant à forcer le blocus humanitaire certains le proposent Francesca Albanese elle a proposé le juriste Craig Mockheiber le propose visant à forcer le passage de l'aide humanitaire comme première étape bien sûr ce n'est qu'une première étape mais face à la famine ce serait déjà important forcer le passage de l'aide humanitaire et la délivrance de cette aide par des moyens légaux pas par le moyen de société de mercenaires ça c'est l'urgence c'est ce à quoi devrait réfléchir l'Assemblée Générale plutôt qu'à un vague plan de paix qui ne sera jamais de toute façon accepté par Israël puisque vous avez demandé tout à l'heure pourquoi Israël n'est pas satisfait et bien parce qu'Israël Israël veut annexer c'est clair Israël veut annexer l'ensemble du territoire palestinien et si possible soit exterminer une grande partie des palestiniens soit les forcer soit les forcer à l'exil Emmanuel Macron parle d'exode mais c'est pas un exode ce serait une déportation forcée si vous voulez donc ça c'est l'objectif d'Israël dès lors qu'on ne répond pas qu'on ne satisfait pas à ses aspirations bien sûr Israël n'est pas satisfait et la déclaration de New York ne peut pas répondre à cela donc pour moi l'urgence ce serait que l'Assemblée générale avec le groupe de la haie les états mobilisés pour respecter le droit international fassent plutôt avancer l'idée mais il faut le faire très rapidement car dans quelques mois tout le monde tout le monde sera peut-être mort à Gaza faire avancer l'idée de forcer ce blocus les camions sont à la frontière Israël n'est pas un état si puissant que cela si certains états s'engagent militairement c'est de manière limitée pour juste forcer le blocus de Gaza et bien on pourrait avoir déjà une sorte de soulagement de la population de Gaza c'est ce à quoi les états devraient s'engager à réfléchir très rapidement et par ailleurs plutôt que de reconnaître une Palestine complètement diminuée je pense que les états devraient comme il l'avait fait s'agissant de l'Afrique du Sud à l'Assemblée générale réfléchir à exclure Israël des travaux de l'Assemblée générale Israël est en violation en mépris total de ses obligations internationales qu'elles soient s'agissant du droit du recours à la force du respect du droit à l'autodétermination du droit humanitaire c'est vraiment un mépris total c'est d'ailleurs ce qu'a dit l'Assemblée générale l'année dernière mais mépris total de ses obligations internationales et bien il faut envisager de l'exclure des travaux de l'Assemblée générale et pas de reconnaître un état fantoche qui ne sera que que le prolongement de ce qui a déjà complètement échoué à Oslo

29:32
Invité

en tout cas pour le moment Israël n'est pas du tout exclu c'est même pas je crois ne serait-ce une idée

29:38
Présentateur

ah si si parce que dans la déclaration de l'organisation de la coopération islamique du 25 août 2025 nous avons un petit paragraphe qui avance l'idée d'exclure Israël des travaux de l'Assemblée générale donc il y a quand même un certain nombre d'états qui doivent promouvoir cette idée et surtout le vrai problème c'est que si cette déclaration de New York est avalisée par l'Assemblée générale et bien on ne pourra presque plus s'appuyer sur le droit qui a été confirmé l'année dernière c'est-à-dire on pourra encore évoquer évidemment les ordonnances de la Cour la vie de la Cour mais la vie de la Cour du 19 juillet 2024 en quelque sorte était supplantée par les nouveaux principes les nouvelles directions données dans le cadre de l'organe plénier de l'organisation des Nations Unies c'est ça qui est extrêmement dangereux donc je suis très inquiète et j'espère que tout le monde je pense qu'il faut alerter les états les gouvernements pour qu'ils ne se rallient pas à cette déclaration et qu'ils réfléchissent plutôt forcer le blocus de Gaza et exclure Israël les travaux de l'Assemblée générale

30:46
Invité

On a beaucoup de chances d'être en présence de deux brillants juristes donc je vous pose la question quelles sont les exigences juridiques et peut-être même morales qui doit respecter la reconnaissance d'un état palestinien Benjamin Fiorini

31:00
Présentateur

Alors juste là encore je me permets simplement de rebondir sur désolé de rebondir sur des choses qui ont été dites par Raphaël Maison qui a évoqué notamment la question humanitaire tout à l'heure j'ai parlé d'obligation de prévention du génocide qui pesait sur la France et l'Union Européenne mais il faut savoir qu'il y a également une obligation qui pèse sur la France et l'Union Européenne qui est une obligation de faire respecter le droit humanitaire c'est-à-dire que si la France et l'Union Européenne constatent et elles ne peuvent que constater le fait que le droit humanitaire le plus basique est grossièrement foulé au pied dans la bande de Gaza actuellement par l'État d'Israël ces pays ou l'Union Européenne cette organisation doivent agir doivent mettre tous les moyens dont elles ont à disposition pour faire en sorte que ce droit humanitaire finalement soit respecté et ça peut passer par un certain nombre de mesures qui ont été évoquées par Raphaël Maison or ce que l'on constate au niveau de notre association c'est justement que la France et l'Union Européenne n'ont rien fait de la même manière qu'elles n'ont rien fait pour empêcher la commission d'un génocide elles n'ont rien fait pour faire en sorte que le droit humanitaire soit respecté dans la bande de Gaza si ce n'est des initiatives totalement chaotiques comme par exemple le largage de colis humanitaires au-dessus de la bande de Gaza dont on sait qu'ils sont en réalité très inefficaces et très dangereux il y a d'ailleurs des vidéos qui montrent des personnes qui se font écraser par les colis qui sont largués dans la bande de Gaza donc là il y a quand même une exigence à avoir c'est-à-dire que ces obligations-là ce sont véritablement des obligations juridiques contraignantes de la même manière il y a des obligations qui sont rattachables à l'obligation de prévention du génocide comme par exemple une obligation très basique qui consiste à ne pas continuer à livrer des armes à un État qui potentiellement va les utiliser pour commettre des crimes internationaux que ce soit d'ailleurs un génocide ou des crimes contre l'humanité ou des crimes de guerre est-ce que la France et l'Union Européenne ont été capables de simplement cela c'est-à-dire faire en sorte de stopper les livraisons d'armes vers un État dont tout le monde sait qu'il est en train de commettre des crimes internationaux et bien non en France par exemple on a eu des affaires très récentes où on s'est aperçu que dans le port de Fausse-sur-Mer ou qu'à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle on avait des armes ou des composantes d'armes qui transitaient vers Israël et les pouvoirs publics n'ont pas réagi il a fallu que ce soit des militants sur le terrain par exemple des dockers de la CGT qui réagissent pour faire en sorte que les conteneurs ne soient pas chargés dans les navires qui étaient sur le point de les affrêter vers l'État d'Israël donc là ne serait-ce qu'au niveau de la France on ne respecte pas cette obligation de ne pas fournir des armes ou des composants d'armes à un État qui commet des crimes internationaux et au niveau de l'Union Européenne c'est exactement la même chose alors de cela il résulte que non seulement vous disiez au niveau de notre association nous avons assigné la France devant le tribunal administratif par rapport à sa violation de l'obligation de prévention du génocide et de la même façon le 17 juillet dernier nous avons introduit ce qu'on appelle un repours en carence devant la Cour de justice de l'Union Européenne contre la Commission Européenne et contre le Conseil de l'Union Européenne pour justement dénoncer le fait qu'ils n'ont pas respecté leurs obligations en la matière et faire en sorte que la Cour de justice de l'Union Européenne constate cette carence et oblige ces deux institutions à prendre des mesures pour un prévenir le génocide en cours à Gaza et deux faire en sorte que le droit international humanitaire soit respecté ça fait je vous disais depuis le 17 juillet que le dossier est entre les mains de la Cour de justice de l'Union Européenne il y a une double procédure une procédure d'urgence où on demande que des mesures soient prises urgemment et une procédure un peu plus longue où on demande à ce que ces deux institutions dont je vous parlais la Commission Européenne et le Conseil de l'Union Européenne soient condamnées et on espère pour le premier volet avoir les résultats très prochainement

35:06
Invité

pour bien comprendre comment le tribunal administratif pourrait contraindre un État l'État français à répondre à ses engagements en matière de prévention

35:17
Présentateur

du génocide Premièrement en constatant l'existence de ces obligations que je mentionnais tout à l'heure en les comparant avec les mesures prises concrètement par la France pour mettre en oeuvre ces obligations en constatant que ces obligations ne sont pas respectées et partant de ce constat en condamnant la France à mettre en oeuvre toutes les mesures suffisantes pour prévenir le crime de génocide sous une peine d'astreinte c'est-à-dire que par jour de retard dans la mise en oeuvre de ces obligations l'État français serait condamné à verser une somme que nous avons demandé une somme de 10 000 euros par jour pour mettre en oeuvre cette obligation

35:56
Invité

J'espère que cette amende sera suffisamment dissuasive pour l'État français Raphaël Maisonvlier

36:01
Présentateur

Oui je voulais ajouter un point sur les mesures qu'aurait pu prendre la France alors c'est un point un peu délicat mais d'après les informations qui m'ont été données par certaines associations nous avons à l'heure actuelle 4000 je crois binationaux qui servent dans l'armée israélienne donc là aussi si vous voulez l'année dernière dans sa résolution de septembre 2024 l'Assemblée générale a évoqué ce point en disant que les États devaient prendre je cite le paragraphe 5 de la résolution petit c prendre des sanctions notamment des mesures d'interdiction de voyager et de gel des avoirs contre les personnes physiques et morales qui participent au maintien de la présence illicite d'Israël dans le territoire palestinien occupé donc la France doit finalement interdire à ces personnes de participer à une occupation illicite ou un génocide à Gaza et vous avez vu qu'on a déjà certaines actions qui ont été introduites contre des personnes françaises qui ont œuvré semble-t-il à Gaza notamment des snipers le juge pénal a été saisi donc la France alors c'est évidemment une question très délicate mais c'est tout à fait envisageable et la France pourrait tout à fait interdire à ces ressortissants de voyager dans le cadre de leur contribution à l'action de l'armée israélienne c'est un point qu'il va falloir évoquer un jour ou l'autre et les condamnés banalement c'est possible là bien sûr il faut montrer qu'ils ont

37:24
Invité

des nationaux franco-israéliens qui ont participé activement au massacre il faut montrer qu'ils ont commis des crimes bien entendu

37:29
Présentateur

ils s'en vendent

37:30
Invité

sur les réseaux sociaux je pense que les preuves ne sont pas très difficiles à recueillir

37:33
Présentateur

ceux qui s'en vendent ou ceux contre lesquels on a des preuves pourront éventuellement être condamnés si les enquêtes avancent bien sûr on ne peut pas je dirais assimiler tous ceux qui participent nécessairement à des criminels il va falloir montrer leur engagement dans les crimes commis je voudrais quand même réagir à ce que vous demandiez la question que vous posiez tout à l'heure sur les exigences de la reconnaissance finalement la reconnaissance c'est pas un point très très très important finalement parce que si vous voulez comme vous l'avez dit il y a déjà 148 états qui reconnaissent la Palestine ça n'a pas beaucoup favoriser la situation des palestiniens même si c'était quelque chose d'important

38:11
Invité

l'état du G7 qui reconnaîtrait l'état de Palestine est-ce que ça n'aurait pas une dimension plus que symbolique vraiment

38:19
Présentateur

ça dépend de quel état on reconnaît comme on l'a vu ça dépend si c'est un état voilà complètement diminué ça va pas nécessairement en servir à grand chose donc je crois que la solution et c'est comme ça que l'a présenté la Cour internationale de justice dans son avis historique du 19 juillet 2024 la solution doit être centrée autour du principe fondamental du droit du peuple palestinien à disposer de lui-même une norme impérative du droit international nous dit la Cour qu'est-ce que ça veut dire une norme impérative ça veut dire une norme qui n'est pas à disposition c'est un droit inaliénable nous a dit la Cour l'année dernière c'est-à-dire qu'on ne peut pas par une négociation ou par un accord renoncer à ce droit fondamental à l'autodétermination c'est bien ce qui est proposé en un sens ici le renoncement à une autodétermination réelle c'est-à-dire une autodétermination politique permettant d'exercer des pouvoirs économiques comme on le souhaite et d'avoir la souveraineté sur ses ressources naturelles évidemment la question des ressources naturelles est extrêmement importante dans ce conflit puisque on a des ressources gazières au large de Gaza qui intéressent certainement beaucoup de personnes donc il ne faut pas éluder non plus la dimension économique donc la solution doit être trouvée autour de ce principe fondamental de l'autodétermination du peuple palestinien et pour qu'elle puisse exprimer cette autodétermination et bien tous les mouvements palestiniens doivent pouvoir participer au processus on ne peut pas exclure un tel ou un tel parce qu'il ne convient pas à l'occident et d'autre part pour que cette autodétermination puisse s'exprimer il faut mettre un terme à l'occupation et c'est ce que prévoyait la résolution de l'Assemblée générale l'année dernière suite à l'avis de la cour imposer le retrait du territoire occupé à Israël que nous disait l'année dernière la résolution historique qui risque d'être enterrée bientôt cette résolution historique nous disait Israël viole des normes fondamentales la conséquence c'est qu'Israël doit se retirer du territoire palestinien occupé dans le délai d'un an c'est maintenant un an bien sûr on imaginait bien qu'Israël ne se retirerait pas spontanément mais Israël doit aussi démanteler le régime d'apartheid réparer les dommages causés par l'occupation depuis 1967 évacuer les colons voilà ce que disait la résolution de 2024 qui ne parlait pas spécifiquement du génocide de Gaza et à cette fin l'assemblée générale exigeait des états partis des états membres de l'ONU qu'ils adoptent des mesures restrictives des mesures de type sanctions contre Israël dont on imaginait bien qu'ils n'allaient pas le faire je dirais spontanément c'est ces sanctions qui n'ont pas été prises sauf par les quelques états du sud que j'ai évoqué tout à l'heure donc là on n'est plus du tout dans cette exigence de sanctions dans la déclaration de New York il n'est même quasiment plus question de la responsabilité d'Israël vous voyez l'écart absolument énorme comment l'assemblée je me demande comment l'assemblée générale va pouvoir supporter cet écart abyssal entre ce qui a été dit l'année dernière et ce qui pourrait être dit cette année Benjamin Foyani oui alors poursuivre cette idée selon laquelle il faudrait faire en sorte de mettre un terme non seulement au génocide mais aussi plus largement à la colonisation il faut insister sur un point c'est que les états ont leur part de responsabilité mais il y a aussi les entreprises qui ont leur part de responsabilité on en parle assez peu alors que c'est un enjeu fondamental je pense alors on pourra en citer plusieurs mais je pense par exemple à des entreprises comme Airbnb comme Booking qui vont louer des logements qui ont été finalement volés de manière totalement illégale à des palestiniens logements qui sont exploités par des israéliens et qui vont finalement louer ces logements sans difficulté lorsque vous vous connectez à Airbnb ou à Booking ça c'est inacceptable c'est inacceptable parce que la colonisation étant illégale la location de logements dans les colonies illégales est par définition également illégale vous voyez et là il y a des actions aussi judiciaires à envisager il y a des actions pénales parce que finalement quand vous profitez illégalement d'une colonisation illégale ça peut être qualifiable pénalement c'est à dire qu'il y a la qualification par exemple de blanchiment qui peut exister il y a la qualification de recel qui peut exister et typiquement ce sont des qualifications qui ont déjà été mobilisées par des associations de juristes par exemple aux Pays-Bas pour justement attaquer Booking et Airbnb voire TripAdvisor et il y a également la justice civile qui peut être mobilisée parce que les contrats qui ont lieu les contrats de location qui ont lieu sont des contrats illégaux et au niveau de notre association justement je leur dis on prépare une action aux civils devant les juridictions françaises contre Booking et Airbnb donc il y a véritablement cette question aussi des entreprises privées qu'il faut avoir à l'esprit quand on parle de colonisation et un autre exemple qu'on pourrait mentionner c'est le cas de BNP Paribas on sait que BNP Paribas a par exemple garanti une souscription du gouvernement israélien à hauteur de 8 milliards ce qui est énorme sans avoir un plan de vigilance ce qu'on appelle un plan de vigilance en droit permettant à BNP Paribas de s'assurer que ces 8 milliards ne seront pas utilisés de près ou de loin dans la commission de crimes internationaux ou dans une entreprise de colonisation on sait également que BNP Paribas soutient une entreprise une entreprise qui s'appelle Elbit System qui est un des principaux pourvoyeurs d'armement de l'armée israélienne et dans le plan de vigilance de BNP Paribas curieusement ce soutien n'apparaît pas donc ça pose problème c'est quelque chose qui du côté de BNP Paribas relève finalement d'une forme d'aveuglement volontaire qui pourrait conduire à une forme de complicité donc il faut avoir cet élément en tête il y a la responsabilité des états d'un côté et il y a la responsabilité des entreprises privées de l'autre et ce sont deux responsabilités qui finalement sont aussi connectées parce que les états ont aussi l'avégation de s'assurer que leurs entreprises privées leurs acteurs privés ceux qui ont leur siège sur leur territoire ne concourent pas de près ou de loin à la commission de crimes internationaux ou à la colonisation illégale

44:50
Invité

beaucoup de travail qui attend l'association JURDI l'association des juristes pour le respect du droit international et que je vous invite vraiment à soutenir aller sur le site JURDI je vous rappelle quand même que vous êtes cette association rassemble des avocats des magistrats des professeurs des experts des juristes en droit international et vous faites ça de manière bénévole donc je crois que pour ceux qui sont un peu timides quand il s'agit de condamner les exactions les massacres et le génocide d'Israël de manière publique vous pouvez au moins de manière plus individuelle et privée soutenir financièrement une association comme JURDI Raphaël Maison voulait ajouter un point

45:28
Présentateur

je voulais juste ajouter le fait que s'agissant je dirais du profit qui est tiré soit de la colonisation soit même du génocide nous avons un rapport de la rapporteuse spéciale de l'ONU Francesca Albanese sur les entreprises le profit tiré par les entreprises du génocide de Gaza donc là j'invite à lire votre public à lire ce rapport et aussi à considérer avec une extrême bienveillance le travail de Francesca Albanese et qui fait l'objet d'attaques très virulentes ce qui est parfaitement injuste donc je voulais signaler évidemment ce rapport la question économique c'est évidemment pas seulement celle de ces entreprises qui je dirais prospèrent sur la colonisation mais c'est aussi celle de l'exploitation des ressources naturelles qui sont celles du peuple palestinien puisque dans le droit du peuple à disposer d'eux-mêmes il y a ce principe de souveraineté permanente sur les ressources naturelles aucun peuple ne peut être privé de ses moyens de subsistance et de sa souveraineté sur ses ressources naturelles évidemment au regard des gisements de gaz qui ont été découverts je crois au large de Gaza ça joue certainement un rôle important aussi de même que tout ce qui est industrie militaire industrie sécuritaire de même que la fondation des mercenaires qui sont très bien rémunérés il y a toute une industrie qui prospère sur le génocide et sur les résultats du génocide donc ça évidemment il ne faut pas l'oublier d'ailleurs je signale que cet été un accord a été conclu entre Israël et l'Egypte sur l'exploitation du gaz donc vous avez ces enjeux économiques qui sont extrêmement prégnants d'autant plus que je pense que alors là je m'avance un petit peu c'est pas vraiment mon sujet mais je pense qu'un certain nombre l'apathie d'un certain nombre ou la complicité d'un certain nombre de régimes arabes est aussi liée au fait qu'ils sont contraints économiquement notamment par une dette qui est probablement colossale mais je ne veux pas trop m'avancer car je ne suis pas spécialiste du sujet donc les enjeux économiques sous-jacents je veux dire pas simplement micro de telle ou telle entreprise Airbnb mais les enjeux économiques macro sous-jacents sont extrêmement importants il s'agit d'une question d'impérialisme clairement pas seulement de colonialisme mais d'impérialisme dans cette région où même si Emmanuel Macron nous dit qu'il faudrait tirer une victoire politique des gains militaires obtenus sur le terrain par Israël c'est quand même absolument incroyable c'est à dire cette région évidemment est une région centrale d'un point de vue économique et du point de vue des ressources exigées par le fonctionnement de l'industrie enfin je veux dire du système capitaliste

48:27
Invité

Et qu'est-ce que vous pensez de la voie que semble choisir la Belgique qui a indiqué aussi le 2 septembre dernier qu'elle allait reconnaître l'état de Palestine sous conditions que nous connaissons bien maintenant mais appelle également à des sanctions contre Israël

48:41
Présentateur

Oui ça va un petit peu plus loin que la position française mais dans la déclaration que j'ai entendue du responsable belge il s'agit quand même attention on ne veut pas que cette reconnaissance puisse être considérée comme un gain pour le Hamas donc il faut il faut désarmer le Hamas il faut l'empêcher de participer mais enfin le désarmement du Hamas ou comme le dit Emmanuel Macron l'éradication du Hamas c'est l'objectif de guerre d'Israël donc on s'associe à cet objectif alors que le cessez-le-feu les cessez-le-feu qui ont été promus le cessez-le-feu qui vient encore d'être refusé par Israël il y a quelques jours et qui a accepté le Hamas c'est un accord entre des partenaires il ne s'agit pas d'éradiquer l'un d'entre eux il s'agit d'aboutir à un accord avec des concessions réciproques donc je suis quand même surprise que les états occidentaux notamment dans l'appel de New York envisagent le règlement de la guerre à Gaza la guerre entre guillemets sur la base de la reconnaissance pure et simple des exigences d'Israël

49:50
Invité

on va devoir conclure si la France et l'Arabie saoudite parvenaient à rallier l'Assemblée générale à cette déclaration de New York qu'on a revue ensemble vraiment dans les détails on a vu à quel point cette déclaration était problématique au regard du droit international quels recours pourrions-nous disposer quand je dis nous je ne sais pas nous en tant que justiciables ou d'autres états est-ce qu'on pourrait finalement s'opposer à une reconnaissance d'un état palestinien sur la base d'une déclaration qui fait fi du droit international ou ça serait compliqué de revenir en arrière

50:30
Présentateur

je pense que ça serait très compliqué si l'Assemblée générale pose ces principes de règlement entre guillemets de la question de Palestine c'est comme ça que c'est présenté si ces principes sont adoptés par l'Assemblée générale c'est un véritable problème puisqu'on sera dans le même dans la même logique que les accords d'Oslo c'est-à-dire qu'on va promouvoir des accords finalement de soumission du peuple palestinien et qu'ensuite il sera très difficile pour les juristes d'invoquer l'avis de la cour et les ordonnances de la cour sur le génocide puisqu'on pourra nous dire oui mais regardez l'Assemblée générale tous les états du monde ont accepté ces principes de règlement sauf bien sûr l'ensemble des palestiniens l'autorité palestinienne est d'accord elle a été un petit peu forcée à accepter certaines garanties mais l'ensemble des palestiniens n'a pas été consulté bien sûr mais si tous les états se rallient à cette déclaration ça va être vraiment assez compliqué pour nous on pourra rappeler l'avis de la cour on pourra rappeler les principes de droit mais on nous répondra ben oui mais pour la paix et par réalisme il faut enterrer le génocide il faut laisser les gens sous les décombres il faut s'asseoir sur tout ce qui s'est passé à Gaza et puis il faut accepter pas l'annexion mais il faut accepter la création d'un état complètement diminué avec une population qui sera captive

51:56
Invité

je partage

52:00
Présentateur

totalement les conclusions de Raphaël Maison sur ce point je pense effectivement que ça créerait finalement une sorte de précédent qui serait très difficile à inverser y compris d'un point de vue juridique je pense que dans une telle situation la seule façon de l'inverser serait finalement une mutation assez globale du contexte géopolitique qui inciterait finalement les états à s'accorder sur une autre manière de fonctionner mais c'est pas de mal à veiller

52:23
Invité

Merci on va le voir conclure malheureusement c'était une discussion très passionnante merci infiniment pour vos précieux éclairages Raphaël Maison je rappelle que vous êtes agrégé des facultés de droit professeurs de droit international public à l'université Paris-Saclay vous avez signé une série d'articles passionnants à retrouver sur le site Orient 21 à New York la subversion du droit international c'est celui que nous venons d'explorer ensemble on vous recommande également Gaza génocide et droit des peuples publié par la revue belge de droit international entre autres publications Benjamin Fiorini vous êtes secrétaire général de l'association Juris juriste pour le respect du droit international cette association qui vient d'assigner la France devant le tribunal administratif pour qu'elle réponde de ses manquements en matière de prévention du génocide une action à soutenir vous êtes maître de conférence en droit pénal et directeur de l'institut d'études judiciaires de l'université Paris 8 vous avez signé au mois d'août un article intitulé génocide à Gaza le mot juste dans la revue École émancipée et merci à vous d'avoir regardé le média sur la chaîne YouTube du Média sur notre site internet ou encore sur le canal 165 de la Freebox on rappelle que le média votre média ne vit que des abonnements et de dons des seuls et ceux qui l'aiment si vous le pouvez aller sur le médiatv le médiatv point fr slash soutien et donnez-nous donnez-vous de la force restez connectés au média à la suite

53:46
Locuteur

à la suite à la suite à la suite

Un état palestinien… Sans état ? Les zones d’ombre du plan Macron | Rafaëlle Maison & Benjamin Fiorini · Pourquijevote