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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 29 mai 2020 5 minComplaisantActualité / polémiqueSantéÉconomie & entreprises

L'interview «Savoir comprendre» : Dr. Benjamin Davido - 29/05

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:14OuverteRéponse directe

    Docteur Davido, à Garches, dans votre hôpital, est-ce qu'il y a encore des malades du Covid qui arrivent ?

  • 1:55OuverteRéponse directe

    Pourquoi dites-vous que l'hôpital est malade du Covid ?

  • 2:53OuverteRéponse directe

    Est-ce que l'hôpital a repris ses anciennes habitudes ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:20PrésentateurChiffre
    « il y en a fort heureusement beaucoup moins, à l'image de ce qu'on voit, tous les chiffres qui sont lancés tous les soirs. »
  • 0:46PrésentateurFait
    « Et qui reviennent à l'hôpital souvent, donc à plus de 6 semaines, puisqu'il y a la distance de ce confinement, pour se faire tester et pour des symptômes divers et variés. »
  • 2:27PrésentateurChiffre
    « Sur l'assistance publique, on estime à 30%. »
  • 2:32PrésentateurFait
    « qu'on réclamait la fermeture de ces chambres doubles, qui pour nous est une ineptie, une source de contamination. »
  • 3:39PrésentateurFait
    « Avant de penser budget ? Mais oui, et puis l'hôpital aussi a besoin d'être rénové »
  • 4:23PrésentateurFait
    « le corps médical est malade, je disais l'hôpital avec un grand H, mais les soignants, on n'en peut plus. »

Temps de parole

  • Présentateur80 %
  • Invité20 %

3,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, 6h-9h, vaux d'indirect.

0:07
Invité

Le docteur Benjamin Davido, médecin infectiologue à l'hôpital Raymond-Port-le-Carré-de-Garches dans le Haut-de-Seine et donc avec nous. Docteur Davido, à Garches, dans votre hôpital, est-ce qu'il y a encore des malades du Covid qui arrivent ?

0:20
Présentateur

Alors qui arrivent, il y en a fort heureusement beaucoup moins, à l'image de ce qu'on voit, tous les chiffres qui sont lancés tous les soirs. Et la différence, paradoxalement, c'est qu'on voit arriver des malades de la première vague qu'on n'a pas pu voir en consultation. Souvent des jeunes femmes qui étaient suivies, on s'appelle en ambulatoire, qui ont appelé leur médecin, qui sont restés chez eux, qui ont bénéficié du confinement. Oui, qui souffraient de quoi ? De maladies diverses ? Qui souffraient de symptômes diverses qui pourraient être un Covid à postérieure.

Et qui reviennent à l'hôpital souvent, donc à plus de 6 semaines, puisqu'il y a la distance de ce confinement, pour se faire tester et pour des symptômes divers et variés. Et dont on travaille pour savoir s'il pourrait s'agir de syndromes qu'on appellerait post-Covid. Et les autres malades ? Les autres patients reviennent maintenant qui souffrent d'autres pathologies ? De façon très intéressante, on voit très bien que les gens ont déserté l'hôpital. C'est-à-dire que la consultation, les gens se sont débrouillés pour faire renouveler leur ordonnance. Il y avait tout un système bien orchestré par les pharmacies, premièrement, et aussi par leurs médecins de proximité.

Et les gens ont peur de l'hôpital, comme si l'hôpital était quelque part péciféré, ou en tout cas était le responsable du Covid. Et donc, on voit très bien qu'il y a tout un circuit à réinventer, à la fois pour être attractif, mais aussi parce que c'est très compliqué de faire fonctionner l'hôpital avant la crise. Et cette fois-ci, avec deux circuits, un circuit propre, celui pour les malades qui n'ont pas le Covid, et puis pour ceux qui ont encore le Covid, et il en reste.

Et on sait que c'est surtout les malades de réanimation qui occupent des lits, parce que leur parcours est particulier, que ces gens vont devoir bénéficier de rééducation, de rééducation respiratoire pour apprendre à respirer, à se réadapter, et que ça va prendre du temps, et qu'il faut aussi des structures pour cela.

1:55
Invité

Bien. Pourquoi dites-vous que l'hôpital est malade du Covid ?

1:58
Présentateur

Oui, un peu à l'image de ce qu'on expliquait tout à l'heure. Premièrement, il y a toujours ces malades Covid qui, quelque part, nous dérangent, puisque on sait que l'hôpital avait du mal à fonctionner, avec une politique de plus en plus de gestion de malades ambulatoires, alors qu'on sait qu'on est arrivé probablement à nos capacités maximales, avec les conditions qu'on a et les moyens humains, c'est-à-dire de gérer tout en ambulatoire. Un malade qui rentre le matin et qui repart le soir, ce n'est pas faisable, par exemple en maladie infectieuse. Si on pourrait dire le Covid, ce n'est pas faisable. Et qu'on sait qu'à l'hôpital, il y a un certain nombre de chambres doubles.

Sur l'assistance publique, on estime à 30%. Et que nous, ça faisait des années, notamment en maladie infectieuse, qu'on réclamait la fermeture de ces chambres doubles, qui pour nous est une ineptie, une source de contamination.

2:36
Invité

Évidemment, ineptie en infectiologie.

2:38
Présentateur

Oui, il y a d'autres choses que le Covid. Il y a des bactéries multirésistantes, des bactéries qui résistent aux antibiotiques. Et que de mélanger les malades, à l'image de ce qu'on a appris ces derniers mois, et maintenant, je pense que vous en serez conscients, tous d'accord, qu'il y a des gestes barrières, des gestes à respecter, et que lorsqu'on mélange les malades, on s'expose à mélanger les malades.

2:53
Invité

Est-ce que l'hôpital a repris ses anciennes habitudes ?

2:55
Présentateur

Alors, il essaie. Vraiment ou bonne ? Il essaie. Moi, en tant que directeur médical de crise, je m'y oppose farouchement. Et donc, je ne lâcherai rien là-dessus. Puisque c'est mon corps de métier, l'infectiologie, et que je ne veux pas exposer mes malades à quelque risque que ce soit, il faut être logique. Soit on se donne les moyens d'y arriver, et on va droit au but, soit on abandonne. Mais on n'abonnera jamais les médecins. Mais on est...

3:15
Invité

Oui, ça j'imagine, mais on a repris les mauvaises habitudes à l'hôpital ou pas ?

3:20
Présentateur

On essayerait de nous faire reprendre les mauvaises habitudes. Disons que la mémoire, la mémoire de ceux qui nous dirigent est relativement courte, malheureusement. Nous, on n'a rien oublié, parce qu'on est toujours dedans, et que, comme je vous l'expliquais la dernière fois, notre corps de métier, qui est du Covid ou pas du Covid, c'est de soigner les malades. Et pour soigner les malades, il faut des besoins, il faut des besoins humains. Et penser aux patients avant tout ? Absolument. Avant de penser budget ?

Mais oui, et puis l'hôpital aussi a besoin d'être rénové, l'hôpital a besoin de fonctionner autrement, il faut mieux articuler les hospitalisations, ce qui peut être géré en nobilatoire, la médecine de ville, il faut réinventer le système, ce n'est pas une histoire de rajouter du rustine et de dire qu'il suffit que la bobologie n'arrive pas aux urgences, ça ne réglera pas le fonctionnement de l'hôpital, malheureusement, au point où on en est arrivé, il faut tout détruire pour tout refaire. Et c'est un véritable chantier actuellement, à mon avis, c'est trop tôt, puisqu'il reste des malades à l'hôpital, et on ne peut pas faire comme si rien ne s'était passé, tout oublié.

Voilà, ça ne sera pas comme ça, ça va prendre du temps, mais il faut se rappeler que l'hôpital fonctionne mal, et que si on revient en marche arrière, en disant, ça y est, le Covid est derrière nous, on peut reprendre nos mauvaises habitudes, j'ai fait exprès de dire mauvaises habitudes, eh bien, on va retomber dans nos travers, et ça ira de plus en plus mal, et il faut savoir aussi que le corps médical est malade, je disais l'hôpital avec un grand H, mais les soignants, on n'en peut plus. Vous imaginez, on ne s'est jamais arrêté, la plupart des gens n'ont pas eu de jours de repos, et puis on va devoir enchaîner, là, sur les grandes vacances, on ne sait pas du tout comment ça va se passer.

Alors voilà, la bonne nouvelle, comme tous les Français, c'est que dans quelques jours, on va pouvoir se libérer de cette distance des 100 kilomètres, mais il va vraiment falloir que tout le monde mette du sien, et que tout le monde accepte, enfin, que l'hôpital ne peut plus fonctionner dans l'état actuel des choses, et je l'espère, on tiendra bon le plus longtemps qu'il le faut, mais pas trop. Ne rien oublier.

4:58
Invité

Merci docteur Benjamin Davido, merci d'être venu nous voir encore une fois, passionnant, comme d'habitude. Sous-titrage ST' 501