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interviewBFMTV· 21 novembre 2022 9 min

Crise énergétique, assurance chômage.. l'interview de Bruno Le Maire sur BFMTV en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bruno Le Maire est notre invité cet après-midi. Bonjour, ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle. Et numérique, vous êtes aujourd'hui en déplacement en Saône-et-Loire. On vous a vu notamment dans une boulangerie. On sait que ces petites entreprises sont en première ligne face à la crise de l'énergie et à ces prix qui augmentent inexorablement. Comment ça va se passer concrètement ? Vous dites que l'État va aider ces entreprises.

0:25
Bruno Le Maire

Oui, elle va les aider à passer ce cap difficile. Nous avons ouvert un guichet samedi dernier. J'invite toutes les entreprises qui doivent régler leur facture 2022 à s'inscrire sur ce guichet impots.gouv.fr. Elles pourront avoir des aides qui iront jusqu'à 4 millions d'euros. C'est très simple. Il suffit de déposer votre facture d'énergie et ensuite l'État fera le reste. Et cela concerne toutes les entreprises, les PME, les entreprises de taille intermédiaire et les très grandes entreprises. Mais bien entendu, nous, notre priorité, ce sont les plus petites entreprises. La boulangerie artisanale fait partie des priorités de soutien dans les mois qui viennent.

Nous ne laisserons tomber aucune entreprise française.

1:09
Invité

Alors comment réagissez-vous à la dernière déclaration du FMI ? Le gouvernement a déboursé des milliards pour soulager les entreprises, pour aider les ménages. Et aujourd'hui, le FMI lui dit qu'il est temps d'arrêter le quoi qu'il en coûte dès l'année prochaine, c'est-à-dire dès 2023.

1:21
Bruno Le Maire

D'abord, oui, nous avons arrêté le quoi qu'il en coûte. Nous ciblons sur les entreprises qui en ont le plus besoin. Et le ciblage sera la règle en matière d'aide de l'État en 2023. Mais ce que dit le FMI aussi, et qui je trouve le plus intéressant, le plus encourageant pour nos compatriotes, c'est que la France devrait avoir une croissance de 0,75% en 2023, là où d'autres pays européens vont avoir une récession. Ce que dit le FMI, c'est que nous sommes le premier pays de la zone euro à avoir retrouvé notre niveau d'activité d'avant crise. Ce que dit le FMI, c'est que nous continuons à créer des emplois et à faire baisser le chômage.

Donc l'économie française, et je pense que c'est la conclusion primordiale à retenir des travaux du FMI, elle résiste bien. Dans cette crise énergétique qui est si dure pour tout le monde, grâce à nos entrepreneurs, grâce aux salariés, grâce à la mobilisation de l'État, l'économie française résiste. Donc nous avons tout lieu de faire bloc face à cette crise énergétique, mais aussi d'être confiants pour l'avenir. Les choses iront en s'améliorant.

2:25
Invité

Monsieur le ministre de l'Économie, le gouvernement a décidé de prolonger le bouclier tarifaire. Les factures d'électricité et de gaz seront plafonnées à 15%. Ce que dit le FMI, c'est que finalement, ce bouclier énergétique, il faudrait peut-être lui aussi le cibler vers les menages les plus modestes.

2:42
Bruno Le Maire

Nous verrons comment nous ferons évoluer les choses, mais ce que ce bouclier tarifaire sur le gaz et l'électricité a permis, c'est d'avoir le niveau d'inflation le plus faible de tous les pays de la zone euro. Nous avons anticipé les difficultés, anticipé la flambée des prix du gaz et des prix de l'électricité, et nous avons du coup un niveau d'inflation qui est le plus faible de la zone euro. Il y a une première évolution au 1er janvier, c'est qu'effectivement, nous faisons passer une hausse de 15%. Donc il y a une évolution de ce bouclier, ce qu'il faudra d'autres évolutions par la suite. Nous le verrons en fonction de la conjoncture, en fonction des prix de l'énergie.

Mais je le redis, la règle pour 2023, ça doit être un ciblage plus fort des aides pour aider ceux qui en ont le plus besoin, que ce soit les ménages ou que ce soit les entrepreneurs.

3:27
Présentateur

Mais donc que ce soit les aides pour les PME, que ce soit les aides pour les ménages qui en ont le plus besoin ou encore pour les automobilistes, dans tous les cas, toutes ces aides ne peuvent que baisser avec ce que dit le FMI ?

3:40
Bruno Le Maire

Les aides, elles doivent nécessairement évoluer, mais ce n'est pas parce que le FMI le dit, c'est parce que c'est bon aussi pour l'économie française, parce que c'est plus juste et que c'est plus efficace. Regardez ce qui a été fait sur les carburants. Nous avons aidé tous les Français, quelque chose à leur niveau de revenu, avec une remise à la pompe de 30 centimes d'euro. Ce n'est pas forcément ce qu'il y a de plus juste, d'avoir 30 centimes d'euro de remise à la pompe quand on a un niveau de revenu très élevé ou quand, au contraire, on utilise beaucoup sa voiture pour se déplacer, se rendre sur son lieu de travail et qu'on a un niveau de revenu modeste.

Donc à partir du 1er janvier 2023, avec la Première ministre, nous mettrons en place une indemnité carburant pour ceux qui travaillent et qui sera à fonction de l'éloignement de votre lieu de travail et qui soutiendra ceux qui en ont le plus besoin, c'est-à-dire ceux qui n'ont pas d'autre choix que de prendre leur voiture pour aller travailler. C'est ça le ciblage. Le ciblage, c'est des dispositifs qui sont plus justes, plus efficaces, et évidemment plus respectueux aussi de notre situation des finances publiques.

4:38
Invité

Alors assainir les finances publiques, est-ce que c'est la principale raison aujourd'hui de cette réforme de l'assurance chômage ?

4:47
Bruno Le Maire

Non, la principale raison, c'est le plein emploi. Nous voulons atteindre le plein emploi. Quand on regarde ce qui se passe depuis maintenant plus de 5 ans, nous sommes en train de réussir ce que la France n'avait jamais réussi depuis un demi-siècle, aller vers le plein emploi. Nous sommes juste au-dessus de 7% de taux de chômage. Maintenant, le plus difficile reste à faire.

Et le plus difficile, ça suppose de réformer l'assurance chômage, c'est ce qu'a annoncé Olivier Dussop, quand la situation va bien, quand il y a des pénuries d'emplois, quand vous avez des hôteliers, des restaurateurs, des chefs d'entreprise dans le bâtiment, dans les travaux publics, dans l'agroalimentaire, qui ne trouvent pas de gens pour aller travailler, qui ne trouvent pas les salariés dont ils ont besoin, je pense qu'il est juste, nécessaire, d'adapter les règles d'indemnisation du chômage. C'est exactement ce qu'a proposé Olivier Dussopt. Ça va en complément d'autres mesures, plus de formations, plus de qualifications qui correspondent aux besoins des entreprises.

C'est ce qui nous permettra, au bout du compte, d'atteindre le plein emploi. Cette réforme de l'assurance chômage est un des éléments qui doit nous permettre d'arriver au plein emploi en 2027, c'est-à-dire une situation que la France n'a pas connue depuis un demi-siècle.

5:55
Invité

Monsieur le ministre, cette réforme de l'assurance chômage va également revoir à la baisse la durée d'indemnisation des seniors, et on le sait pertinemment, les seniors, ce sont les premières personnes, finalement, qui sont remerciées par les entreprises. Est-ce qu'il ne faudrait pas contraindre, aujourd'hui, les entreprises françaises à, d'une part, embaucher des seniors, et puis, d'autre part, à ne pas se passer, finalement, des seniors aussi facilement qu'elles le font aujourd'hui ?

6:24
Bruno Le Maire

Vous avez raison, je pense que c'est un des grands défis de l'économie française. Ce n'est pas normal que le taux d'emploi des seniors, même si je n'aime pas tellement ce terme, il soit d'un peu plus de 50% en France, là où il est de 75% en Allemagne. C'est un gâchis considérable. Mais je crois que, plutôt que de le lier à l'assurance chômage, c'est à la réforme des retraites qu'il faut le lier. Et je crois que, dans le débat que nous allons avoir dans les semaines qui viennent sur la nécessaire réforme des retraites, cette question de l'emploi des personnes de plus de 50 ans est une question fondamentale.

En ayant autant de personnes qui partent du travail à 52, 53 ans, parfois forcées, vous avez une perte d'expérience, une perte de compétence, une perte de savoir-faire, des savoirs qui ne se transmettent pas des plus âgés aux plus jeunes. Donc je considère que c'est un gâchis collectif. Ça doit faire partie des discussions dans le cadre de la réforme des retraites.

7:17
Présentateur

Mais en l'occurrence, pour ce qui concerne l'assurance chômage, il n'y a pas de discussion. Ça y est, ça a été annoncé par le ministre du Travail ce matin. Et prenons encore un exemple très concret. Mais quelqu'un qui arriverait au chômage dans les semaines qui viennent, qui devait atteindre l'âge de la retraite dans trois ans, vous lui dites finalement que peut-être six mois avant de passer à la retraite, avant d'avoir le droit à ses indemnités retraites, il ne pourra plus rien toucher de l'assurance chômage. C'est-à-dire qu'il y aura des mois où il ne touchera rien. Et vous comprenez qu'une entreprise ne l'embauchera jamais, hélas.

7:49
Bruno Le Maire

— D'abord, il y a eu des discussions. Enfin Olivier Dussopt n'a pas sorti tout d'un coup la réforme de son chapeau. Il y a eu des longues discussions avec les partenaires sociaux, avec les parlementaires sur cette réforme de l'assurance chômage. Je le redis. Moi, je pense qu'elle est juste. Je pense qu'elle est nécessaire. En plus, elle est souple. C'est-à-dire que lorsque vous avez une période où il y a besoin de salariés, il y a une pénurie de main-d'œuvre, là, il y a effectivement un durcissement des conditions de l'assurance chômage. À l'inverse, lorsque la période devient plus difficile, lorsque le chômage se remet à augmenter, là, on revient sur des mesures qui sont plus généreuses.

Donc je pense que nous avons trouvé le bon équilibre et que c'est ce bon équilibre qui va nous permettre d'atteindre le plein emploi en 2027.

8:34
Invité

— Merci, Bruno Le Maire, d'avoir été en direct sur BFMTV, d'avoir répondu à nos questions. — Merci, Bruno Le Maire, d'avoir regardé cette vidéo !

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