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InterviewRCF — L'Invité de la Matinale (sur Site radio)· 14 juillet 2025 15 minComplaisantFond programmatiqueBudget & impôtsÉconomie & entreprisesRetraitesSanté

Budget 2026 : quelle vérité dire aux Français ?

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:06OuverteRéponse directe

    Ah besoin ? Non, les chiffres sont assez clairs. C'est-à-dire ?

  • 1:17OuverteRéponse directe

    Si vous prenez l'inflation plus la croissance prévue par 2026, vous avez juste 40 milliards d'augmentation.

  • 2:33OuverteRéponse directe

    Bloquer les dépenses, ça veut dire dépenses de fonctionnement ou dépenses d'investissement ?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Mais quand on dit bloquer, on va continuer à indemniser les gens ?

  • 4:22OuverteRéponse directe

    Alors, quelle est aussi la bonne méthode dans la manière d'appréhender la question sur le long terme ?

  • 4:59OuverteRéponse directe

    Est-ce que l'État a trop de fonctionnaires ? Est-ce qu'il y a trop de professeurs ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:41InvitéChiffre
    « Cet après-midi, François Bayrou et une Kyrielle de ministres vont s'exprimer à partir de 16h pour dévoiler les grandes orientations du budget 2026, un casse-tête financier et politique, puisqu'il prévoit un tour de vis de 40 milliards d'euros d'économie. »
  • 1:06PrésentateurChiffre
    « Ah besoin ? Non, les chiffres sont assez clairs. C'est-à-dire ? 40 milliards, c'est juste l'augmentation en euros courant des dépenses en 2026 par rapport à 2025. »
  • 1:17PrésentateurChiffre
    « Si vous prenez l'inflation plus la croissance prévue par 2026, vous avez juste 40 milliards d'augmentation. »
  • 1:23PrésentateurChiffre
    « Vous passez d'environ 1700 milliards de dépenses publiques à 1740. »
  • 2:48PrésentateurChiffre
    « La moitié des dépenses publiques, ce sont des prestations sociales. »
  • 2:51PrésentateurChiffre
    « Le quart, ce sont des retraites. »
  • 3:26PrésentateurChiffre
    « L'inflation des deux années 2024-2025, ça va être 3%. »
  • 3:39PrésentateurFait
    « Donc, quelque part, il faut que la nation sache où elle consacre ses ressources. »
  • 4:01PrésentateurChiffre
    « Le président de la République dit que les budgets de la défense vont augmenter de 6,5 milliards en deux ans. »
  • 5:18PrésentateurFait
    « Oui, on peut le dire. Bien entendu, un déficit, c'est des dépenses publiques, moins les recettes que le Parlement lui affecte. »
  • 6:31PrésentateurChiffre
    « L'État, dans le total des dépenses publiques, fait environ 500 milliards. Les collectivités locales, 300 et la protection sociale, 900. »
  • 8:21PrésentateurFait
    « La première cause des déficits publics, c'est la générosité du modèle social français. »

Temps de parole

  • Présentateur77 %
  • Invité21 %

2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Ce programme est disponible grâce aux dons de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr. Allez, il est l'heure de retrouver l'invité de la matinale. C'est avec vous, Louis Dauphrenne. Vous recevez Jean-Pascal Beaufret, ancien directeur général des impôts.

0:27
Invité

Oui, après le 14 juillet, c'est un autre défilé, un autre feu d'artifice qui attend la nation. Cet après-midi, François Bayrou et une Kyrielle de ministres vont s'exprimer à partir de 16h pour dévoiler les grandes orientations du budget 2026, un casse-tête financier et politique, puisqu'il prévoit un tour de vis de 40 milliards d'euros d'économie. Et ce, sans augmenter les impôts, dit-on, et sans toucher aux entreprises. Alors comment va-t-on y arriver ? C'est toute la question.

Et Jean-Pascal Beaufret a sans doute la réponse, ancien directeur général des impôts, inspecteur des finances, associé aujourd'hui au fonds de capital développement Ring Capital, spécialisé dans les technologies et le numérique. Bonjour Jean-Pascal Beaufret. Bonjour Louis Dauphren. Vous êtes venu avec votre calculette ce matin ? Non, je pense qu'il n'y a pas besoin de calculette.

1:06
Présentateur

Ah besoin ? Non, les chiffres sont assez clairs. C'est-à-dire ? 40 milliards, c'est juste l'augmentation en euros courant des dépenses en 2026 par rapport à 2025. Si vous prenez l'inflation plus la croissance prévue par 2026, vous avez juste 40 milliards d'augmentation. Vous passez d'environ 1700 milliards de dépenses publiques à 1740. Donc ce que le gouvernement a annoncé jusqu'à maintenant, peut-être qu'il va annoncer autre chose, mais ce que le gouvernement a annoncé jusqu'à maintenant, c'est qu'il n'y aurait pas d'augmentation de la dépense publique en euros courant. C'est-à-dire qu'il y aurait des indexations de la dépense publique en quelque sorte.

Alors ça doit couvrir à ce moment-là toutes les dépenses publiques, les dépenses sociales, les retraites, la maladie. Et ça, c'est très difficile pour la protection santé parce qu'elle croit très naturellement, mécaniquement. Et puis, c'est tous les dépenses de fonctionnement des collectivités locales et de l'État. Alors c'est difficile. Le Premier ministre dit ce que je vais annoncer. Personne n'a jamais osé le faire en France. C'est vrai que ça ne s'est pas fait. Mais c'est un minimum parce qu'une entreprise qui va mal, une organisation qui va mal, ce n'est pas une entreprise, c'est une organisation très vaste, très importante.

La première chose qu'elle fait quand elle a des difficultés financières, c'est qu'elle fixe à 0% les augmentations de sa dépense. Elle bloque ses dépenses. Ce n'est pas forcément très intelligent, mais c'est la première chose à faire. C'est ce que j'appelle, moi, un budget provisoire de précaution. Budget provisoire de précaution.

2:33
Invité

Bloquer les dépenses, ça veut dire dépenses de fonctionnement ou dépenses d'investissement ? Dépenses d'investissement aussi. Toutes les dépenses.

2:40
Présentateur

Aussi bien pour les collectivités que pour l'État central, pour tout le monde. Et surtout pour les prestations sociales, parce que la moitié des dépenses publiques, ce sont des prestations sociales. Il faut s'en rappeler. Le quart, ce sont des retraites. Puis après, il y a la dépense maladie, les régimes famille, le régime chômage, etc. Donc la dépense sociale, c'est dans les dépenses publiques, c'est près de la moitié. Mais quand on dit bloquer, on va continuer à indemniser les gens ? Bien entendu. Mais on n'augmente pas, avec l'inflation, cette indemnisation. C'est-à-dire que, par exemple, il y a une désindexation des prestations de vieillesse, des prestations retraite, par exemple.

3:16
Invité

Ça, ça veut dire appauvrissement. En fait, mécaniquement, ça veut dire appauvrissement.

3:19
Présentateur

C'est appauvrissement, oui et non. Parce que si vous regardez 2023-2024, par exemple, les retraites ont été augmentées de 7,5%. L'inflation des deux années 2024-2025, ça va être 3%. Donc les retraités ont eu un pouvoir d'achat important en 2024 et 2025.

3:36
Invité

Vous l'évaluez à 4,5% de plus de pouvoir d'achat pour les retraités ?

3:39
Présentateur

Environ 4. Environ 4, absolument. Donc, quelque part, il faut que la nation sache où elle consacre ses ressources. Est-ce qu'elle les consacre à mieux indemniser ou mieux garantir d'un revenu les inactifs ? Ou est-ce qu'elle les consacre à des dépenses d'avenir pour la jeunesse, pour la famille, pour la défense ? Le président de la République dit que les budgets de la défense vont augmenter de 6,5 milliards en deux ans. Est-ce qu'on fait des efforts de défense ou est-ce qu'on donne du pouvoir d'achat aux inactifs en France ? Ça, c'est un choix qui incombe au gouvernement. Dans un budget provisoire de précaution, la méthode, c'est de dire que personne n'augmente.

4:22
Invité

Alors, quelle est aussi la bonne méthode dans la manière d'appréhender la question sur le long terme ? Vous dites, vous, il faut regarder l'origine du déficit, sinon on ne comprend pas.

4:30
Présentateur

Exactement. Ce dont nous souffrons année après année, c'est que le gouvernement, le Parlement ne savent pas, ne disent pas, quelle est la véritable origine des déficits publics. Est-ce qu'ils viennent de l'État ? Est-ce que l'État a trop de fonctionnaires ? Est-ce qu'il y a trop de professeurs ? Est-ce qu'ils sont trop bien payés ? Est-ce que l'État a trop de frais de fonctionnement ? Probablement pas. Est-ce que c'est les collectivités locales qui dépensent beaucoup trop ? Peut-être. Est-ce que c'est la protection sociale qui coûte trop cher ? On ne dit pas, on ne vous dit jamais, Louis Dauphrenne, vous êtes depuis longtemps sur ces sujets.

Est-ce que vous, vous savez d'où viennent les 170 milliards de déficits publics français en 2024 ou les 160 milliards en 2025 ?

5:17
Invité

Mais est-ce qu'on peut le dire ?

5:18
Présentateur

Oui, on peut le dire. Bien entendu, un déficit, c'est des dépenses publiques, moins les recettes que le Parlement lui affecte. Les recettes, c'est soit des cotisations, soit des impôts. Si vous faites la différence entre les deux et par secteur, vous obtenez les déficits publics. Mais ça, les textes ne sont pas votés comme ça et le Parlement n'a pas ou ne vote pas cette répartition, cette origine de déficit public. Tant que vous n'avez pas le constat réel devant vous, vous ne pouvez pas traiter le sujet à long terme. Vous êtes condamné à des méthodes qui sont ce que j'appelle le budget provisoire de précaution, c'est-à-dire on n'augmente rien pendant un an. Et ça, ça ne marche pas.

Ça ne marchera pas sur le moyen terme.

5:54
Invité

Mais en fait, Jean-Pascal Beaufort, vous dites qu'on ne dit pas la vérité aux gens. Parce que c'est-à-dire que les chiffres ne montrent pas le système, le système ne montre pas la manière dont c'est compté.

6:02
Présentateur

La présentation des comptes, ça, je l'ai dit depuis longtemps. Déjà sur les retraites, vous en avez parlé sur cette antenne. Et c'est plus général que sur les retraites. La présentation des comptes est désuète et trompeuse. C'est-à-dire qu'elle n'affecte pas aux dépenses finales, soit des dépenses de protection sociale, soit des dépenses d'équipement du territoire ou de maintien des services publics sur le territoire. Services locaux ou services nationaux, services centraux. Elles n'affectent pas à ces dépenses finales les déficits qui leur correspondent. Je vous prends juste un exemple. L'État, dans le total des dépenses publiques, fait environ 500 milliards.

Les collectivités locales, 300 et la protection sociale, 900. Pour faire très simple. 500, 300, 900. Ça fait 1700. On vous dit, le Parlement vote, que la totalité des déficits, c'est les 500 milliards de dépenses qu'ils font, que les 300 milliards de collectivités locales font très peu de déficits et que la protection sociale de 900 milliards est en excédent. La Cour des comptes vous dit que les retraites sont en excédent. Mais qui peut croire ça ? Personne. Vous voyez bien que notre système de comptes, notre présentation des comptes n'est pas correcte.

7:09
Invité

Mais vous qui avez dirigé le Trésor, Jean-Pascal Beaufray ? Pas le Trésor. L'administration des impôts qui en elle-même... Vous étiez dans la haute hiérarchie de la fiscalité française, de la structure fiscale française. Il y a 25 ans. Il y a 25 ans. Mais il y a 25 ans, il pouvait se prévoir ce qui se passe maintenant. De quels outils disposiez-vous pour savoir ce que vous nous dites aujourd'hui ?

7:31
Présentateur

Ce n'est pas à l'administration fiscale de faire ça. C'est à d'autres administrations, la direction du budget, la direction du Trésor, le ministère des Finances, et puis la direction de la sécurité sociale aussi. C'est justement d'ailleurs, c'est éclaté. Et les finances globales de l'ensemble du public ne sont pas rassemblées sous une autorité ou sous un directeur financier, en quelque sorte. Vous avez l'État, vous avez les collectivités locales qui sont évidemment séparées et qui ne sont pas consolidées avec l'État. Et puis vous avez la protection sociale.

Et c'est justement dans l'absence totale de budget par secteur, mais sur base consolidée, que ce système ne marche pas ou ne présente pas des comptes qui sont pertinents. Pertinents, ça veut dire dire au Parlement et à l'opinion publique, voilà d'où viennent les déficits. Et donc voilà où, à moyen terme, il faut que nous travaillions. Et alors, quelle est la vérité derrière ça ? La vérité, c'est que la première cause des déficits publics, c'est la générosité du modèle social français. Faut-il cesser d'aider les gens ? Pas du tout. Pas du tout. On n'est pas du tout en train de parler d'abandonner le modèle social.

On est en train de parler de le faire évoluer parce que quand vous regardez par rapport à d'autres pays, par exemple, il est manifestement très généreux. Et ça, on ne le dit pas. On est aussi en train de regarder. Il faudrait regarder pourquoi les collectivités locales ont besoin de 40 milliards de subventions de l'État par an pour fonctionner. Ça, on ne leur dit pas. Les collectivités locales considèrent que ces subventions sont dues et sont une recette normale et donc elles sont en excédent. Mais il y a bien quelqu'un qui paye. Et ce quelqu'un qui paye, c'est l'État. Donc c'est dans la présentation de l'origine des déficits publics que se situera très probablement la solution.

Mais alors le Premier ministre, on est conscient puisqu'il dit c'est la vérité qui permet d'agir. Il parle de l'hypocrisie du système et de la connaissance qu'ont les responsables publics des vraies origines. Simplement, ça ne s'est pas encore matérialisé. Donc le souhait, l'espoir qu'on peut avoir, c'est que la loi de finance, les lois de financement 2026 apportent vraiment un très grand progrès dans la transparence des comptes et dans leur pertinence, dans ce qu'ils veulent dire, dans le message qu'ils donnent.

9:43
Invité

On a commencé, Jean-Pascal Beauffray, à parler de désindexation. Est-ce qu'il serait possible de s'inspirer de ce qui se passe en Allemagne avec la manière dont la question a été traitée sur la soutenabilité des retraites et le coefficient qui a été appliqué ? C'est un petit peu technique, mais peut-être que vous pouvez l'expliquer.

9:56
Présentateur

En 2000, au début des années 2000, les Allemands ont fait une très grande réforme de leur système de protection sociale. Voyant que la société vieillissait, ils ont modifié l'évolution de leur retraite. Alors, ils indexent les retraites sur l'inflation, bien entendu, mais la masse des retraites. Et puis, ils appliquent à ça un coefficient dit de soutenabilité. Soutenabilité, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on réduit l'augmentation du nombre de retraités. Si, par exemple, l'inflation est de 2% et que le nombre de retraités augmente de 1% par an, ce qui est donné, c'est 1%, 2 moins 1. Voilà. Donc, c'est un coefficient de soutenabilité.

Je pense que nous serons obligés d'arriver à des solutions à peu près identiques en France, c'est-à-dire la soutenabilité des retraites par rapport à leur caractère, comparativement aux autres pays, généreux aujourd'hui.

10:51
Invité

Ça, François Bayrou pourrait l'annoncer, mais il faudrait qu'il s'engage sur un certain nombre d'années.

10:56
Présentateur

Je ne sais pas s'il le fera. Je n'ai aucune idée, aucune information sur ce qu'il peut dire. Mais ce qui est clair, en tout cas, c'est que le poids de la protection financière et des retraites est tel que nous ne redresserons pas les finances publiques sans modifier considérablement l'organisation et l'évolution dans le temps des retraites en France.

11:17
Invité

Mais politiquement, c'est un peu la code du cercle parce que ces retraités sont aussi ceux qui élisent les politiques, beaucoup, qui se mobilisent.

11:24
Présentateur

Oui, mais les personnes en retraite peuvent parfaitement le comprendre et peuvent parfaitement comprendre que le choix, c'est entre les dépenses. De prestations sociales pour la partie de la population qui n'est pas active. Et puis, tous les enjeux de dépenses d'avenir, de dépenses d'éducation, de dépenses de défense, etc., de dépenses de transition climatique. Donc ça, les personnes de plus de 60 ans sont parfaitement capables de le comprendre à condition qu'on le leur dise.

11:54
Invité

Jean-Pascal Beauffray, quand vous dites qu'il y a des chiffres qu'on ne nous donne pas, on peut espérer que François Béroud prenne de bonnes décisions avec de mauvais chiffres ?

12:02
Présentateur

Alors, François Béroud, il a de bons chiffres parce que regardez dans son discours de politique générale en janvier 2025, il a dit que leur traite contribue à 55 milliards de déficit, ce que aucun Premier ministre n'avait dit avant. D'ailleurs, il n'est pas le seul Premier ministre à le dire. Édouard Philippe, dans son livre sur le prix de nos mensonges, le dit exactement pareil. Bernard Cazeneuve, ancien Premier ministre, ancien ministre du budget, le dit aussi. Donc vous voyez, il y a une prise de conscience des hommes politiques. Ça, c'est très clair. On n'est pas encore au passage à l'action, mais il y a une très nette, très claire prise de conscience.

Je crains, en revanche, que les systèmes administratifs, eux, qui ont vécu comme ça depuis très longtemps, dans un système, encore une fois, qui est désuet et trompeur, ne résistent beaucoup avant de modifier ce système. C'est pour ça que la force d'un Premier ministre qui dit « c'est la vérité qui permet d'agir », il faut compter dessus.

12:57
Invité

Deux questions pour finir, Jean-Pascal Vaufré, importantes malgré tout, même si on n'aura pas forcément beaucoup de temps pour les traiter. Quand le FMI parle d'assainissement nécessaire et parle de la sécurité sociale, il a cité le mot « sécurité sociale ». Ça vous paraît, c'est une alerte qui s'allume ?

13:10
Présentateur

Et c'est en quelque sorte nouveau et c'est un très bon constat, c'est que la protection sociale française est généreuse et qu'elle concourt, elle est la première cause de nos déficits.

13:21
Invité

Mais ça veut dire que donc, c'est un message envoyé aux autorités françaises pour dire « voilà, c'est là-dedans qu'il faut tailler ». Comment l'interprétez-vous ?

13:28
Présentateur

Je l'interprète exactement comme ça. Oui, c'est une cause de déficit. À partir du moment où on le dit, c'est évidemment à moyen terme quelque chose qu'il faut revoir.

13:37
Invité

Quand on parle de dépenses structurelles abusées, il y a eu un rapport de la Cour des comptes sur les agences de l'État. Vous savez, on crée des agences et les hauts fonctionnaires ont souvent plus de liberté dans ces agences et ils sont souvent ces candidats pour y aller. Dans ces agences, est-ce que vous estimez que là aussi, il y a trop de dépenses, trop d'agences ? C'est une controverse qui vous paraît fondée ?

13:53
Présentateur

C'est une controverse qui est certainement fondée. Il y a certainement beaucoup de gains d'efficacité à faire dans les dépenses de l'État central et de ses opérateurs. Il y a environ 450 opérateurs de l'État. C'est surveillé d'assez près. Il y a des documents budgétaires exprès pour ça. Il y a toute une partie de la dépense d'État qui est faite par ces opérateurs. Mais ce n'est pas à la mesure de notre problème de déficit global. Ce qui est à la mesure de notre problème de déficit global, c'est la révision graduelle, pas du tout agressive, pas du tout anormale, si vous voulez. C'est la révision graduelle de notre modèle social. Et ça suppose évidemment aussi une vision à long terme.

14:31
Invité

À moyen terme au moins. Et là, c'est évidemment le croisement entre économie et politique. Merci beaucoup Jean-Pascal Beaufort d'avoir été des nôtres ce matin pour nous éclairer sur les annonces que François Bayrou sera amené à faire cet après-midi à partir de 16h concernant le budget 2026. Je rappelle que vous avez été directeur général des impôts. Vous êtes aujourd'hui associé au fonds de capital développement Ring Capital. Merci et bonne journée.

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