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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 15 octobre 2025 9 min

Philippe Brun assure que les socialistes ne censureront pas le gouvernement Lecornu 2

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] Bonjour Philippe Brun. Bonjour. Vous avez j'imagine écouter attentivement le la déclaration de politique générale de Sébastien Lecnu hier.

Le premier ministre il vous a quand même tout lâché. Vous l'applaudissiez, je vous ai vu hein même sur le banc de l'Assemblée nationale. Demain, il y aura donc pas de censure des socialistes.

Alors pas de confusion hein. On a applaudi au moment où il a annoncé la suspension de la réforme des retraites et c'est bien normal parce que c'est une immense victoire pour le mouvement social. C'est d'ailleurs la première victoire pour le mouvement social depuis le CPE en 2006.

Jamais la rue finalement le mouvement avait réussi à obtenir le retrait d'une réforme. Nous avons réussi à faire naturellement non pas de censure demain. On a obtenu deux choses.

Donc à la fois cette suspension de la réforme qui veut dire abrogation parce qu'on a bien compris repoussé en 2028. Si nous gagnons en 2027, nous la brogerons définitivement et nous avons obtenu la fin du 493, ce qui va permettre de redonner ces lettes de noblesse à l'assemblée qui va pouvoir discuter d'un budget. Euh est-ce que tout le groupe va suivre ?

Vous êtes très précisément 69 députés. Faudrait environ une vingtaine de frondeurs socialistes. Vous les avez connu les frondeurs pour faire tomber le gouvernement.

Est-ce que vous êtes sûr de vos troupes ? Oui, je le crois. Il y a une discipline d'abord de groupe dans au Parti socialiste et puis euh quelle victoire pour nous.

Quelle victoire que d'obtenir la suspension de cette très très injuste réforme. Et donc dans ces conditions, je vois pas comment les socialistes ne pourraient pas suivre la décision très très majoritaire qui a été prise. Dans un communiqué, Bruno Rotaillot affirme que la gauche n'est pas au gouvernement mais elle le dirige.

Est-ce que vous êtes toujours dans l'opposition ce matin ? Bien sûr que nous sommes dans l'opposition. Nous dans l'opposition à Sébastien Lecnu, à Emmanuel Macron en particulier mais toutefois on a obtenu un certain nombre de victoires, il faut les confirmer dans l'hémicycle. commence dès dimanches le débat en commission des finances.

Il va falloir qu'on fasse passer nos mesures sur la taxation des plus riches, sur le pouvoir d'achat. On propose, vous savez, une baisse importante de la CSG pour tous les gens qui gagnent moins de 2200 € par mois pour approcher le salaire net du salaire brut. Et tout ça, il va falloir qu'on l'obtienne dans l'hémicycle.

Euh sans sans le 493 auquel Sébastien Lecornu a renoncé, c'est effectivement, vous le dites, un budget qui va devenir une forme de coproduction entre le Parlement et le gouvernement. C'est du jamais vu depuis 1958. Hier, Boris Vallot, le patron des socialistes, du groupe socialiste, a pourtant par parlé d'un paris risqué.

Qu'est-ce que vous redoutez précisément ? Bah, le risque c'est que cela ne dure pas et que finalement ensuite Sébastien Lecnus cède sur sa droite. Le risque c'est que le Parlement devienne la foire et qu'à la finten pas ce que nous avons demandé.

Donc, il va falloir être très sérieux dans la préparation. Euh, les socialistes préparent très activement la discussion qui commence dimanche et il va falloir remporter des victoires. Je le rappelle, la taxation des plus riches avec la taxe Zookman. et puis et puis euh nos mesures sur le pouvoir d'achat qui sont importantes et la protection des services publics.

Il y a aussi tout un tas d'horreurs dans le budget de Sébastien Lecnu qu'il faut retirer. Donc tout ça, c'est des combats qu'il va falloir mener nuit après nuit, jour après jour à l'Assemblée nationale. Euh le Premier ministre proposera donc dès cette automne la suspension de la réforme des retraites jusqu'à la présidentielle.

Aucun relèvement de l' jusqu'en janvier 2028. Une durée des cotisations elle aussi bloquée à 170 trimestres. Les insoumis disent que ce n'est qu'une simple temporisation.

Il voi pas la victoire eux. Ils veulent pas la voir en vérité. C'est une euphémisation que partage même pas les syndicats.

Sud par exemple Sud qui peut pas qualifier d'un syndicat réformiste dit que c'est une immense victoire pour le mouvement social et qu'il faut pas bouder son plaisir. CGT également la CFDT également c'est une victoire. Les insoumis font de l'euphémisation pour des raisons politiciennes en vérité mais les Français ne comprennent pas.

Il y a un sondage qui est sorti ce matin etab qui montre que presque 70 % des Français sont satisfaits de cette suspension et qu'une grande majorité aujourd'hui des lecteurs dit qu'il ne faut pas censurer compte tenu de ces concessions. Nous sommes finalement au diapason de ce que pensent les Français qui travaillent. Euh sur cette suspension, l'évolution de la durée de cotisation est désormais gelée, enfin va être gelée dès lors que ce sera acté.

C'était pourtant une mesure de gauche, hein, c'était la réforme tourenne qui a été votée en 2014. d'une certaine manière, vous êtes quand même renié, non ? Parce que la réforme Touren elle prévoyait un calendrier et la réforme borne, elle accélérait considérablement le calendrier.

Donc on suspend la réforme borne. On suspend pas la réforme tourne. Le fait que la durée de cotisation soit elle aussi gelée, c'est que c'est que ça ne se poursuit plus.

Si la poursuite de Touren continue au calendrier normal, donc la la l'arrêt l'arrêt de l'accélération, c'est une très bonne nouvelle aussi. Euh, on voit bien que cette réforme, elle était pas financée, elle était pas juste. Il faut de toute façon remettre le l'ouvrage sur le métier et avoir une nouvelle réforme des retraites, hein, on le sait très bien.

Il va falloir dans les prochaines années, si nous arrivons au pouvoir en 2027, mettre en place un vrai système juste et financier qui permette aux gens qui ont commencé à travailler tôt de partir plus tôt, qui permettent à ceux qui exercent les métiers les plus pénibles de partir plus tôt et qui permettent de financer le système. On en est loin aujourd'hui. Donc, vous dites quoi ?

C'est recul enfin reculer, c'est stopper pour mieux pour mieux s'élancer. En fait, vous vous dites comme Sébastien Lecornu, c'està-dire que vous prévoyez déjà une prochaine grande réforme des retraites. Tout le monde la prévoit.

Les syndicats eux-mêmes demandent un nouveau système. Il y a des propositions qui sont sur la table. On va pas continuer dans un système où on a 250 milliards de cotisations chaque année et 450 milliards de dépenses.

Donc, on voit bien qu'il y a un trou qu'il faut réussir à combler. Il faut mettre à contribution de notre point de vue les revenus du capital et puis il faut un système qui soit plus juste aujourd'hui système à point. Est-ce que ça pourrait être une piste ?

Elle avait déjà été évoquée lors du premier quinquena d'Emmanuel Macron. Non, je dis pas favorable parce que le système à point va renforcer les difficultés sur les carrières arrachées, sur les les femmes. Non, le système actuel fonctionne bien du point de vue des trimestre et de la durée de cotisation, mais il faut toutefois que nous arrivions à obtenir un système plus juste, permettre notamment à ceux qui ont exercé les métiers les plus pénibles de partir plus tôt.

Justement, est-ce que cette grande conférence sociale qui a été annoncée par le Premier ministre sur les retraites qui va aborder notamment la pénibilité les carrières longue, ça pour vous c'est une manière de de s'emparer de de ces sujets-là en sachant que pourquoi est-ce que ça réussirait mieux que le conclave de François Baï qui a été un échec total avant l'été. Pourquoi le conclave de François Bairrou n'a pas marché ? Bien, c'est parce que assez naturellement le le patronat n'avait aucun intérêt de faire réussir le conclave parce qu'il y avait pas de suspension de la réforme.

Si le conclave se plantait ce qui s'est passé et bien c'était la réforme borne qui s'appliquait. Là cette fois-ci en suspendant la réforme, le patronat a tout intérêt à négocier et à donner des concessions parce que s'il ne donne pas ses concessions, alors c'est la suspension qui s'appliquera et donc la réforme borde ne s'appliquera pas. Et donc la suspension, c'est justement pour donner du pouvoir au syndicat, donner du pouvoir à la négociation sociale pour obtenir le meilleur système possible par la suite.

Euh si on fait quand même le bilan de ce qui a été dit hier par le premier ministre, la suspension de la réforme des retraites, la contribution des grandes entreprises, la taxe sur les holdings et les revenus, l'assouplissement aussi de la trajectoire budgétaire. Un budget aujourd'hui avec des économies de 31 milliards, hein, c'est quand même loin des 44 milliards de François Bairou, même si les socialistes en demandaient 21. Est-ce que c'est un budget de gauche ?

Non non, on est très très loin d'un budget de gauche. Il y a des coupes sombres, notamment dans les budgets euh des services publics, dans celui de l'hôpital et puis on a des accords assez majeur sur la question de la fiscalité. Donc tout ça, on va l'améliorer.

Il y a une majorité à l'Assemblée nationale pour euh un budget plus juste. J'en suis euh convaincu. Nous allons le faire euh dès ce dimanche.

Euh vous avez sauvé le soldat Bairou, vous sauvez le soldat le cornu en ne votant pas la censure. Les insoumis, les écolos, les communistes, vont eux voter la censure ? Est-ce que vous ne fragilisez pas l'unité de la gauche ?

On sauve pas le soldat, on sauve les gens là. On sauve 3,5 millions de personnes qui exercent les métiers les plus pénibles, qui ont commencé à travailler le plus tôt et qui allaient par travailler 2 ans de plus parce qu'ils avaient eu le malheur de de commencer à travailler tôt. Donc vos partenaires de gauche, ils comprennent rien ?

Non, je crois que chacun après son analyse différente, nous nous avons fait le choix de la discussion et on a une très belle victoire. Fabien Rousell lui-même l'a reconnu que c'était une très belle victoire. François Ruffin a reconnu aussi que c'était une très belle victoire.

Maintenant, il y a la question de stratégie à l'Assemblée nationale, mais sur le fond, il faut maintenant qu'on se concentre sur le budget et nos alliés restent toujours la gauche. Il y a pas d'alliance entre nous et les Macronistes, il n'y en aura jamais. Une dernière question un tout petit peu technique.

On sait que Sébastien Lecnu a renoncé au 493. Donc au moment du budget, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les partis qui soutiennent ce budget devront obtenir plus de voix que les partis qui s'y opposent.

He aujourd'hui les opposants, on va dire c'est à la louche 265 voix. Ça veut dire que les socialistes ne vont pas pouvoir s'abstenir. Faudra voter pour.

Est-ce que dans ce cas-là, vous serez considéré comme étant faisant partie de la majorité ? Écoutez, de toute façon, il y a une majorité pour personne et pour faire adopter un budget, il faut une majorité de voix. Nous verrons bien comment nous y prendre pour Donc vous êtes prêt à voter pour éventuellement le budget des manuel.

Oui, on n'est pas dans le système classique 5e République où l'opposition s'oppose, elle vote contre le budget par définition, sinon elle est dans la majorité. Il faut bien un point de passage aujourd'hui vous imaginez côté désespérant pour nos entreprises qui n'investissent plus pour les ménages qui aujourd'hui sur épargne il nous consomment plus parce qu'ils sont inquiet euh pour euh toutes les difficultés qu'on a les services publics, il faut un budget. Donc on va euh y travailler.

Euh on va évidemment trouver des compromis, nous-même je crois remporter des victoires dans l'hémicycle et à la fin nous verrons bien si nous voterons le budget. Mais effectivement, il faut qu'une majorité de députés le vote s'il n'y a pas d'emploi de l'article 49 alinéa 3. Merci beaucoup Philippe Brun.