Gilles Savary
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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Concrètement, d'abord, première question, ça va changer quoi pour les Français ?
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Plus de choix, ça veut dire aussi une réduction des prix ?
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Est-ce que les TER et les intercités ont du souci à se faire face à cette nouvelle concurrence ?
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Emmanuel Macron a dit, lui, qu'il voulait aller vite dans l'application de cette loi. Ça veut dire quoi vite ?
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Est-ce que tout est prêt pour accueillir cette nouvelle concurrence ? Dans les gares routières, par exemple, est-ce qu'on est prêt à faire face à l'affluence ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« D'abord, les Français prennent déjà beaucoup l'autocar, mais ce sont des autocars de services publics. »
- 0:52Invité politiqueFait
« ce qui n'était pas libéralisé en France, c'est la possibilité pour un autocariste privé de faire une ligne régulière entre deux villes françaises à l'intérieur du pays. »
- 1:02Invité politiqueFait
« Ah oui, ça veut dire une réduction des prix et surtout, ça veut dire moins de rigidité que le chemin de fer. »
- 1:27Invité politiqueFait
« Des cars qui coûteront moins cher, qui seront équipés de Wi-Fi, qui seront équipés de toilettes, et donc qui offriront un service tel que ceux que l'on connaît en Allemagne, par exemple, ou en Grande-Bretagne depuis très nombreuses années. »
- 1:53Invité politiqueFait
« Il y aura, en effet, probablement un impact sur un certain nombre de trains, pas tous, ce qui amènera d'ailleurs la SNCF à revoir son service. »
- 2:23Invité politiqueChiffre
« Aujourd'hui, 23% des transports express régionaux sont assurés par car sous la houlette des régions. »
- 3:30Invité politiqueFait
« Ça veut dire qu'à partir du 1er août, il devrait y avoir de nouvelles lignes de car. »
- 3:56Invité politiqueChiffre
« On attend des créations d'emplois non négligeables et assez rapidement. »
Temps de parole
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France Inter où il est 7h20, c'est l'heure pour vous Hélène Roussel d'accueillir l'invité de la rédaction. Oui, il s'agit ce matin de Gilles Savary. Bonjour M. Savary. Bonjour. Vous êtes député PS de Gironde et aussi rapporteur de la loi Macron en charge du chapitre mobilité. La loi Macron, on en parlait dans le journal, est passée avec le 49.3, dégainé hier en dernière lecture à l'Assemblée, donc c'est fait. On va parler avec vous de ce chapitre sur la libéralisation du transport en autocar. Concrètement, d'abord, première question, ça va changer quoi pour les Français ?
D'abord, les Français prennent déjà beaucoup l'autocar, mais ce sont des autocars de services publics. Ce sont les autocars et les fameuses lignes départementales ou les transports scolaires, ou bien éventuellement des autocars internationaux, privés, qui s'arrêtent sur quelques villes françaises. Il y a également les autocars touristiques qui, eux, sont totalement libéralisés. On peut faire ce que l'on veut en matière de lignes touristiques, mais ce qui n'était pas libéralisé en France, c'est la possibilité pour un autocariste privé de faire une ligne régulière entre deux villes françaises à l'intérieur du pays.
Plus de choix, ça veut dire aussi une réduction des prix ?
Ah oui, ça veut dire une réduction des prix et surtout, ça veut dire moins de rigidité que le chemin de fer. Par exemple, aujourd'hui, pour aller de Bordeaux à Lyon, il est très fortement conseillé et plus rapide de passer par Paris. Ou pour aller de Reims à Caen, il est aussi fatal de passer par Paris. Ou pour aller de Rennes à Bordeaux ou à Bayonne, il vaut mieux passer par Paris par train. Là, il pourrait y avoir des lignes régulières avec des cars de très haut niveau de service, c'est-à-dire écologiques, qui pollueront moins en moyenne que les trains express régionaux, donc 40% sur taux de diesel.
Des cars qui coûteront moins cher, qui seront équipés de Wi-Fi, qui seront équipés de toilettes, et donc qui offriront un service tel que ceux que l'on connaît en Allemagne, par exemple, ou en Grande-Bretagne depuis très nombreuses années.
– Gilles Savary, puisque vous parlez du train, je sais que certains élus en région s'inquiètent. Est-ce que les TER et les intercités ont du souci à se faire face à cette nouvelle concurrence ?
– Il y aura, en effet, probablement un impact sur un certain nombre de trains, pas tous, ce qui amènera d'ailleurs la SNCF à revoir son service. Mais je vous rappelle qu'il y a une autre loi, qui est la loi d'organisation territoriale de la République, qui confie aussi les cars de service public aux régions. C'est-à-dire que les régions, aujourd'hui, auront un panel très complet de transports de services publics à mettre en œuvre. Donc elles pourront faire les services et doser entre le car et le train. Elles le font déjà. Aujourd'hui, 23% des transports express régionaux sont assurés par car sous la houlette des régions.
Elles pourront maintenant choisir complètement, puisqu'elles vont récupérer les compétences des départements. Il y aura donc un impact aussi sur les lignes privées. Mais ce qui est prévu par la loi, c'est que les régions pourront objecter devant un régulateur qui s'appelle l'Agence de régulation des activités ferroviaires et routières, et dire, je souhaite que l'on examine si cette ligne privée, qui vient d'être ouverte par un opérateur privé, a un impact sur ma ligne de chemin de fer. Et si la RAFER établit qu'il y a un impact négatif sur la ligne de chemin de fer, cette ligne pourra être, la ligne de car, pardon, pourra être interdite.
Donc, c'est à la fois un système de libéralisation de ce qui restait à libéraliser en matière de car, c'est-à-dire la possibilité de faire des services réguliers privés, pas très chers, mais c'est aussi un service régulier, ça n'est pas le loup dans la bergerie, ça n'est pas une libéralisation totale, comme par exemple en Angleterre, ou par ailleurs en Angleterre, on a observé qu'elle n'a pas du tout affecté le dynamisme du train.
Emmanuel Macron a dit, lui, qu'il voulait aller vite dans l'application de cette loi. Ça veut dire quoi vite ?
Ça veut dire qu'à partir du 1er août, il devrait y avoir de nouvelles lignes de car. Il y a trois grands opérateurs aujourd'hui. L'SNCF, curieusement, qui va faire des cars privés, avec qui des bus, qui sont prêts. Il y a Transdev, un groupe français, qui est très présent à l'étranger, avec Eurolines. Et puis, il y a des petits opérateurs artisanaux qui sont regroupés, qui sont prêts. Ça s'appelle le groupe Réunir. Et le remarque, c'est Starshipers. Ils sont prêts à partir. On attend des créations d'emplois non négligeables et assez rapidement.
Gilles Savary, 1er août, autant dire demain. Est-ce que tout est prêt pour accueillir cette nouvelle concurrence ? Dans les gares routières, par exemple, est-ce qu'on est prêt à faire face à l'affluence ?
Voilà. Il y a encore deux maillons qui sont à consolider d'ici le mois de juillet. Les gares routières, je pense que ça prendra du temps. Nous avons d'ailleurs, dans la loi, confié aux régions la mise en place d'un schéma de l'intermodalité, de façon à ce qu'on place les gares routières au bon endroit, c'est-à-dire dans les gares, dans les aéroports, dans les gares maritimes, parce que ce qui est important, c'est l'intermodalité. On ne lance pas les gares pour tuer les autres modes. On lance les gares pour qu'il y ait une nouvelle gamme, une gamme plus étendue de services de mobilité et de transport.
Et on sait que l'usager, aujourd'hui, passe du train à la voiture, de la voiture au vélo, du vélo à la marche à pied, et plutôt sur un bouquet de mobilité, et non pas sur un seul mode. Et puis, deuxièmement, le maillon qu'il faut absolument conforter, c'est l'art à faire en question, la fameuse agence de régulation, qui doit très très vite se mettre, aujourd'hui, en compétence, d'assumer, effectivement, les objections qui seront portées devant elles par les régions qui souhaiteront que telle ou telle ligne de carte, déclarée par un opérateur privé, soit limitée ou interdite.
Très bien. Merci beaucoup d'avoir été avec nous sur France Inter, ce matin, pour répondre à nos questions. Gilles Savary, vous êtes député PS2 Gironde. Je rappelle que vous êtes aussi rapporteur de la loi Macron, en charge, donc, de ce chapitre mobilité. Gilles Savary
Gilles Savary