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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 29 mars 2017 10 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & famille

François Bayrou : "Emmanuel Macron créera une majorité car les Français sont logiques et cohérents"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 15 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:16OuverteRéponse directe

    Quelle serait la capacité d'Emmanuel Macron à gouverner s'il est élu début mai ?

  • 0:20OuverteRéponse directe

    Vous entendez déjà certains à droite rêver d'une cohabitation, un homme sans parti et sans histoire politique comme Emmanuel Macron peut-il créer une majorité ?

  • 1:20RelanceRéponse directe

    Oui, mais ce n'est pas aussi simple. Il y a le filtre des institutions, d'un système majoritaire à deux tours, le poids des partis, des députés sortants. Et c'est en 1988 d'ailleurs que François Mitterrand n'a pas eu de majorité.

  • 2:33RelanceRéponse partielle

    On voit bien, François Veyrou, la décomposition des deux grands partis dont vous vous réjouissez. On ne met pas encore la recomposition dont vous rêvez.

  • 4:43FerméeRéponse directe

    Si vous regardez le mécanisme des législatives, François Bayrou, si dans chacune des 577 circonscriptions ou à peu près, vous avez un candidat socialiste, un candidat du parti Les Républicains, un Front National, un Insoumis et un candidat avec l'étiquette En Marche, éventuellement avec celle du Modem, vous pensez sérieusement que le mouvement d'Emmanuel Macron peut obtenir une majorité ?

  • 6:15FerméeRéponse directe

    Emmanuel Macron prône le renouveau des visages avec une annonce qui a surpris hier. Pas d'ancien ministre dans la future équipe. Ça vaut pour Jean-Yves Le Drian, ça vaut donc pour vous ? Vous ne serez pas au gouvernement ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30Invité politiquePromesse
    « Il la créera. »
  • 0:32Invité politiqueFait
    « Il la créera parce que les français sont logiques et cohérents. »
  • 1:13Invité politiqueFait
    « Est-ce que vous croyez que les français sont assez stupides pour m'élire en mai et me refuser une majorité en juin ? »
  • 2:02Invité politiqueFait
    « Il y a des années, des décennies, que deux partis et deux seulement se partagent le pouvoir. »
  • 3:36Invité politiqueChiffre
    « La droite aujourd'hui, dans les sondages, est à 18%. »
  • 4:20Invité politiqueFait
    « Les uns sont pour un peu plus d'État, les autres pour un peu plus de liberté. »
  • 4:31Invité politiqueFait
    « Ils sont tous pour qu'on avance dans le sens d'une Europe solide. »
  • 5:06Invité politiquePromesse
    « Je n'ai aucun doute sur ce sujet. »
  • 7:53Invité politiqueFait
    « de la mise en cause de la justice, de la mise en cause de la liberté de la presse. »
  • 8:22Invité politiqueFait
    « qu'il fallait une droite, qu'il fallait un centre, qu'il fallait une gauche, et qu'il était légitime que ce pluralisme existe. »

Temps de parole

  • François Bayrou75 %
  • Présentateur23 %

2,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Inter, .fr, le 7-9 de France Inter, première matinale de France, à suivre aussi en vidéo sur franceinter.fr. Bonjour François Bayrou. Bonjour. Quelle serait la capacité d'Emmanuel Macron à gouverner s'il est élu début mai ? Vous entendez déjà certains à droite rêver d'une cohabitation, un homme sans parti et sans histoire politique comme Emmanuel Macron peut-il créer une majorité ?

0:30
François Bayrou

Il la créera. Il la créera parce que les français sont logiques et cohérents. J'ai encore dans l'oreille cette phrase que tous ceux qui ont suivi la vie politique française connaissent bien, la phrase de François Mitterrand en 1981. En 1981, on disait il n'y aura pas de majorité s'il est élu président. Et d'ailleurs, à ce qu'était le RPR de l'époque, beaucoup se préparaient à une cohabitation. Jacques Chirac, qui menait de manière flamboyante le RPR, qui venait de participer à l'échec de Giscard, rêvait que ce soit son parti qui est la majorité. Et François Mitterrand a prononcé cette phrase que je trouve aveuglante de clarté, de logique.

Il a dit, est-ce que vous croyez que les français sont assez stupides pour m'élire en mai et me refuser une majorité en juin ?

1:20
Présentateur

Oui, mais ce n'est pas aussi simple. Il y a le filtre des institutions, d'un système majoritaire à deux tours, le poids des partis, des députés sortants. Vous connaissez tout cela. Et c'est en 1988 d'ailleurs que François Mitterrand n'a pas eu de majorité.

1:32
François Bayrou

Enfin, parce qu'il l'avait souhaité. C'était son plan. Mais je reviens au sujet. Quel est l'enjeu ? L'enjeu est très simple. Il y a une proposition faite aux français de sortir du système d'impuissance et de décomposition dans lequel nous vivons. Il y a des années, des décennies, que deux partis et deux seulement se partagent le pouvoir. Ils exercent le monopole à deux. Et ces deux partis ont conduit la France dans l'impasse où nous sommes. Et ce sont eux-mêmes conduits à la décomposition.

Tout ce qu'on voit apparaître comme affaire, tout cela est le symptôme d'un dévoiement des pratiques qui s'est fait en grande partie ou qui a été permis en grande partie parce qu'il n'y avait que deux appareils politiques qui contrôlaient l'ensemble du système.

2:33
Présentateur

On voit bien, François Veyrou, la décomposition des deux grands partis dont vous vous réjouissez. On ne met pas encore la recomposition dont vous rêvez.

2:40
François Bayrou

Je ne me réjouis pas, mais simplement je l'ai analysé depuis longtemps. Ça, c'est vrai. Et c'est de cela qu'il faut absolument sortir. L'enjeu de cette élection, elle est de voir une énergie nouvelle, une force nouvelle et une pratique nouvelle des institutions. De nouveaux visages, de nouvelles équipes, mais une nouvelle pratique. Une nouvelle pratique qui sera fondée en grande partie sur le pluralisme. Au lieu d'avoir deux blocs qui ont tout, vous aurez l'expression de sensibilité politique compatible entre elles. Car, ce que j'affirme, c'est qu'il n'y a qu'une seule majorité possible, aujourd'hui en France. Et c'est cette majorité centrale.

Si vous prenez la gauche, vous n'allez pas me dire que la gauche peut faire une majorité. Regardez où elle en est et regardez les affrontements sur le fond et entre les personnes qui existent à gauche. Et regardez la droite. La droite aujourd'hui, dans les sondages, est à 18%. Est-ce que vous croyez qu'on fait une majorité avec 18% ? Et donc, excusez-moi, je vais aller jusqu'au bout. Et donc, entre ceux qui forment le grand centre français, ceux qui sont du centre droit et ceux qui sont du centre gauche, on annonce des évolutions encore aujourd'hui, il y a eu jusqu'à maintenant l'impossibilité de travailler ensemble, alors qu'ils pensent pour l'essentiel la même chose.

Quelle différence y a-t-il sur le fond entre un Manuel Valls et un Alain Juppé ? Quelle différence ?

4:16
Présentateur

Des étiquettes.

4:16
François Bayrou

Ils ont, voilà, des étiquettes. Ils ont des sensibilités. Alors chacun a ses nuances. Les uns sont pour un peu plus d'État, les autres pour un peu plus de liberté. Mais sur le fond, il y a une compatibilité absolue. Ils sont tous pour qu'on avance dans le sens d'une Europe solide. Ils sont tous pour qu'on donne la liberté nécessaire à l'économie et le soutien aux entreprises. Ils sont tous pour qu'il y ait un projet social pour la France.

4:43
Présentateur

Si vous regardez le mécanisme des législatives, François Bayrou, si dans chacune des 577 circonscriptions ou à peu près, vous avez un candidat socialiste, un candidat du parti Les Républicains, un Front National, un Insoumis et un candidat avec l'étiquette En Marche, éventuellement avec celle du Modem, vous pensez sérieusement que le mouvement d'Emmanuel Macron peut obtenir une majorité ?

5:06
François Bayrou

Je n'ai aucun doute sur ce sujet. Parce que nous allons présenter des visages nouveaux, expérimentés pour un certain nombre, qui ont chacun un parcours. Et ces candidats, je vous le dis, arriveront en tête dans les circonscriptions.

5:20
Présentateur

Avec une moitié de candidats de la société civile à 1er Emmanuel Macron.

5:23
François Bayrou

Et ils gagneront le deuxième tour. Parce que la gauche sera évidemment en miettes, comme vous l'annoncez, il suffit de voir les débats. Et les Français auront cette cohérence-là. Il faut comprendre qu'on n'est pas dans la réédition de ce qui s'est passé depuis 30 ans. On est dans la création de quelque chose d'autre, que j'ai moi-même essayé de porter, qu'on a failli porter jusqu'à un résultat très important à l'avant-dernière élection présidentielle.

5:55
Présentateur

En 2007.

5:55
François Bayrou

Cette attente, elle existe et elle est profonde. Simplement, il s'agit d'avoir assez de cohérence et de force pour la porter. Et je ne crois pas que les deux partis décomposés qui ont exercé tout le pouvoir depuis tout ce temps-là soient en mesure d'empêcher les Français d'aller vers cette nouvelle page qu'il faut écrire.

6:15
Présentateur

Emmanuel Macron prône le renouveau des visages avec une annonce qui a surpris hier. Pas d'ancien ministre dans la future équipe. Ça vaut pour Jean-Yves Le Drian, ça vaut donc pour vous ? Vous ne serez pas au gouvernement ?

6:27
François Bayrou

Je n'étais pas au gouvernement. Je sais bien que peut-être, vous n'avez pas la mémoire. Vous êtes un ancien ministre ? Oui, mais ancien ministre d'il y a 20 ans. J'étais ministre très jeune. Et il se trouve que j'ai quitté le gouvernement il y a 20 ans. Alors j'ai mal compris. Donc ça ne vaut pas pour tous les anciens ministres ? Oh ben j'imagine, peut-être, j'en sais rien. Je vais vous dire...

6:52
Présentateur

C'est-à-dire comme il y a 11 anciens ministres de Jacques Chirac qui aujourd'hui comptent parmi les ralliements d'Emmanuel Macron,

6:58
François Bayrou

ça pose la question du renouveau aussi. C'est une chose surprenante, c'est que je n'ai jamais parlé de cette question des postes avec Emmanuel Macron, parce que je ne fais pas de marchandage. Simplement, les portraits robots dessinés par Emmanuel Macron qui sera donc dans cette hypothèse élu président de la République, c'est qu'il veut des gens d'expérience, qui aient la capacité de former une équipe avec les visages de renouvellement de la société civile.

7:27
Présentateur

Aujourd'hui, notre pays n'a besoin ni de la gauche de 1981, ni de la droite de 1934, a dit hier Emmanuel Macron. Alors la gauche de 1981, on voit bien que ça doit valoir pour Benoît Hamon, mais la droite de 34, c'est François Fillon ?

7:42
François Bayrou

Vous voyez bien, peut-être que vous n'en êtes pas aperçu, dans des manifestations qui ont fait beaucoup de bruit, qui avaient l'expression d'un très grand sectarisme, de la mise en cause de la justice, de la mise en cause de la liberté de la presse. Ça rappelle les livres d'avant-guerre ? Et en effet, ces sentiments-là, ce sont ceux qui s'exprimaient dans les années 30. Et pour moi, je n'attends qu'une chose, c'est que sur tout cela, on tourne la page en réussissant à persuader les Français, y compris de droite. Y compris de droite. Parce que moi, j'ai toujours pensé qu'il fallait une droite, qu'il fallait un centre, qu'il fallait une gauche, et qu'il était légitime que ce pluralisme existe.

Vous vous souviendrez que j'étais allé à Toulouse contre le parti unique qu'à l'époque prévoyait de former le RPR de l'époque. J'avais dit que, quand on disait qu'on pense tous la même chose, c'est qu'on ne pense plus rien. Moi, je suis pour que la diversité des opinions s'exprime, et je pense qu'il y a, dans cette élection, dans le tournant qu'elle va représenter, une chance de refondation, y compris pour la droite, qui va devoir s'interroger et se poser des questions, comme la gauche va devoir s'interroger et se poser des questions, sur les raisons qui ont fait que ces décennies au pouvoir ont enfermé la France dans l'impasse où elle se trouve.

Cette question du renouvellement en profondeur de notre vie démocratique est une des questions centrales de l'élection présidentielle.

9:15
Présentateur

1934, vraiment, il y a quelque chose de factieux qui s'exprime du côté droit ? Je n'ai pas employé du tout le mot de factieux.

9:22
François Bayrou

Je dis qu'il y a des remises en cause, notamment de la justice, qui, en effet, sont les mêmes remises en cause qu'on entendait dans des temps qu'on préfère oublier. Je vous demande de vous souvenir de la condamnation que le général de Gaulle portait de ses dérives et de ses idées.

9:41
Présentateur

D'un mot, François Bayrou, les débats télévisés d'avant premier tour, Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron, on voit qu'ils n'ont pas de très envie. Vous comprenez leur réticence à participer à un débat à 11 ?

9:50
François Bayrou

Je pense qu'un débat à 11, c'est très difficile, très lassant, très déstabilisant. Et ce qu'Emmanuel Macron a dit, en tout cas, c'est qu'il acceptait de participer à un débat et qu'il demandait au CSA, au Conseil supérieur de l'audiovisuel, de prendre sa responsabilité quant à la date et quant à la forme du débat pour que tout le monde y participe mais qu'on n'ait pas quelque chose qui soit pour les Français une manière de se détourner de l'élection présidentielle.

10:20
Présentateur

François Bayrou, invité de France Inter ce matin, on vous retrouve dans quelques minutes avec d'autres questions et celles des auditeurs de France Inter. Il est 8h32. Il est 8h32.