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InterviewC à vous (sur YouTube)· 17 octobre 2023 13 minContradictoireActualité / polémiqueDéfenseSécuritéInstitutions & élections

De retour d’Israël, le député Benjamin Haddad témoigne - C à Vous - 17/10/2023

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:50OuverteRéponse partielle

    Vous êtes en mesure de nous donner quelques informations sur l'avancée de ces discussions ?

  • 7:31OuverteRéponse directe

    Est-ce que la présidence américaine peut pousser Israël à la retenue ?

  • 11:25OuverteRéponse directe

    Vous avez ressenti ce débat dans la société politique israélienne ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:05PrésentateurChiffre
    « 21 ressortissants français ont trouvé la mort dans l'attaque du Hamas en Israël. 11 sont toujours portées disparues. »
  • 0:22PrésentateurFait
    « Une vidéo, la première publiée depuis l'attaque du 7 octobre, qu'Emmanuel Macron dénonce comme une mise en scène odieuse »
  • 1:56InvitéChiffre
    « Il y a 327 corps, toujours, qui n'ont pas été identifiés parce que parfois ils ont été brûlés, détruits »
  • 3:41InvitéChiffre
    « Il y a plus de 300. Il y a eu 1400 morts, dont plus de 1000 civils dans les kibbutz, dans ce festival de musique. »
  • 5:29InvitéFait
    « C'est la civilisation contre la barbarie, c'est la vie contre les pulsions de mort. »
  • 8:23InvitéFait
    « Il n'y a qu'un seul responsable dans la crise humanitaire aujourd'hui que vivent les Palestiniens, c'est le Hamas. »
  • 9:13InvitéFait
    « Je suis favorable à deux États. Je pense que les Palestiniens ont le droit à l'autodétermination »
  • 10:22InvitéFait
    « C'est le pire jour pour la société israélienne depuis l'indépendance en 1948. »
  • 11:43InvitéFait
    « On a échoué. On a failli dans notre mission d'assurer la sécurité des Israéliens. »
  • 12:02InvitéFait
    « Je pense qu'il y aura le même type de commission d'enquête et je pense qu'il y aura des responsabilités lourdes aussi de la part des dirigeants »

Temps de parole

  • Invité61 %
  • Présentateur15 %
  • Invité 210 %
  • Invité 35 %
  • Invité 44 %
  • Invité 53 %
  • Invité 62 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Merci Richard Malka. Vous restez avec nous pour commenter le reste de l'actualité et notamment ce bilan qui ne cesse de s'alourdir. 21 ressortissants français ont trouvé la mort dans l'attaque du Hamas en Israël. 11 sont toujours portées disparues. Parmi eux, Mia, une franco-israélienne de 21 ans filmée par ses preneurs d'otages blessés au bras. Elle explique avoir été opérée à Gaza avant de supplier qu'on lui vienne en aide. Une vidéo, la première publiée depuis l'attaque du 7 octobre, qu'Emmanuel Macron dénonce comme une mise en scène odieuse avant d'appeler à une libération immédiate et sans condition, un appel réitéré ce matin par la maire de Mia.

0:34
Invité

Maintenant, nous réveillez que elle a fait un coup de pied. Elle est en train de conduire. Je me vois qu'elle est très épais. Je me vois qu'elle est très épais. Je me vois qu'elle dit ce qu'elle dit sur ce qu'elle dit. Je me vois qu'elle est prête de dire. Je me vois qu'elle est très épais.

1:02
Présentateur

Bonsoir Benjamin Haddad, porte-parole du groupe renaissance à l'Assemblée nationale, membre de la Commission des affaires étrangères et des affaires européennes. Vous revenez toujours tout juste d'Israël, où vous étiez partie avec une délégation de 10 députés pour, entre autres, rencontrer des familles de Français disparus, et notamment la mère de Mia. Lorsque vous avez échangé avec elle, la vidéo de sa fille n'avait pas été encore publiée, une vidéo qui est à la fois un soulagement, la voir vivante, mais aussi une source d'inquiétude immense.

1:45
Invité

Oui, c'est un enfer que vivent ces familles, ces familles de disparus, puisqu'en fait certains sont peut-être morts parmi les corps qui n'ont pas encore été identifiés. Il y a 327 corps, toujours, qui n'ont pas été identifiés parce que parfois ils ont été brûlés, détruits, au-delà de ce qu'il est possible de reconnaître, ou parfois parce que des familles entières ont été décimées, les frères et sœurs, les parents, les grands-parents, et que personne ne peut les réclamer. Ça fait penser un peu à la Shoah. Et puis certains ont été pris en otage par le Hamas à Gaza.

Certains ont des parents, on a rencontrés, qui ont des enfants de 12-13 ans, des deux frères qui ont été kidnappés, avec des messages qui ont été envoyés sur les réseaux sociaux. Des gens qui nous ont vraiment frappés par leur dignité et leur courage, mais qui sont désespérés et qui demandent notre aide. C'est aussi des familles françaises. Donc on est venu les écouter. On est venu leur dire que la France ne les abandonnait pas.

2:43
Présentateur

C'est ce qu'a confirmé Emmanuel Macron. Il a évoqué des discussions intenses qui avancent pour obtenir la libération de ces otages. Vous êtes en mesure de nous donner quelques informations sur l'avancée de ces discussions ?

2:54
Invité

On est obligé de rester très discret là-dessus. Effectivement, c'est vraiment une priorité du président de la République, du gouvernement. Il y a le centre de crise du ministère des Affaires étrangères qui travaille là-dessus. Le consulat de France à Jérusalem, qui est en contact avec toutes les familles de français. Il y a des tractations diplomatiques. Dès qu'on a des signes de vie, des informations, on les transmet aux familles. Mais effectivement, ils vivent dans un désarroi terrible. Un des parents qui était dans notre réunion hier a été tiré hors de la réunion à un moment parce qu'ils avaient reçu un coup de fil de Tzahal qui a confirmé malheureusement la mort de leur fille.

Donc c'est aujourd'hui ce que vivent ces familles.

3:30
Présentateur

Vous l'avez dit, vous vous êtes rendu sur la base militaire de Tchoura. C'est au sud de Tel Aviv. Là où les corps sont entreposés dans d'immenses containers réfrigérés en cours encore d'identification.

3:41
Invité

Oui, il y a plus de 300. Il y a eu 1400 morts, dont plus de 1000 civils dans les kibbutz, dans ce festival de musique. Beaucoup de jeunes. Des actes barbares comme on n'en a pas connu dans notre siècle. C'est pour ça qu'on y est allé parce que, vous savez, on a une tendance à zapper l'actualité, à passer rapidement d'un sujet à un autre. Il ne faut pas, il faut raconter ce qui s'est passé. Il faut raconter l'horreur absolue qu'ont vécu ces familles. D'ailleurs, on est allé au kibbutz Kvar Hazar qui a perdu 69 personnes. C'est, vous savez, les derniers résidus de l'utopie pacifiste des fondations d'Israël des années 50.

C'est des petites communautés agricoles de gauche qui vivaient avec les Palestiniens à 2 km de Gaza, où les Palestiniens de Gaza venaient travailler. C'est eux qui ont été attaqués. Ce n'est pas des colonies. Ce n'est pas des soldats. Ce sont des civils. C'est des jeunes femmes de 20 ans qui sont allées danser, qui voulaient juste faire la fête dans un festival pour la paix. Voilà ce qui s'est passé. Il y a encore plus de 300 corps qui n'ont pas pu être reconnus. On a vu, on voit là les images de Kvar Hazar, ce kibbutz qui a été totalement décimé, avec des vieillards attachés, des corps totalement brûlés. Il y a un témoignage. Aujourd'hui, le sud d'Israël a été complètement vidé.

Donc aujourd'hui, ce sont des villes fantômes. Mais on était avec les soldats qui ont libéré ces villes. Et ce soldat que vous voyez là nous a dit qu'il avait un grand regret. Il s'est excusé en disant qu'il avait retrouvé dans le kibbutz à côté à Berry un bébé décapité qu'il a porté dans ses bras. Et il a dit, je m'excuse de ne pas avoir pris de photo parce que jamais j'aurais pu penser qu'on ne me croirait pas. Voilà le type de témoignage qu'on a entendu. Ce n'est pas la guerre, ce n'est pas des crimes de guerre, ce n'est certainement pas la résistance, ce n'est pas le conflit israélo-palestinien. Je tiens à le dire, on ne parle pas de la cause palestinienne là.

C'est la civilisation contre la barbarie, c'est la vie contre les pulsions de mort. C'est ça qu'on voit aujourd'hui qui est à l'œuvre. C'est la démocratie israélienne qui fait face au terrorisme islamiste comme nous. On a connu bien sûr la guerre contre Daesh il y a quelques années. Il ne faut absolument pas se tromper quand on nomme les choses de ce qu'on a vu.

5:50
Présentateur

Dans cette délégation, il y avait 10 députés, des élus Renaissance, Horizon, LR, pas d'élus de la France insoumise, c'est un hasard ?

6:00
Invité

Probablement pas. Il faudrait leur demander. Mais on a vu, c'est une honte, c'est une faillite morale totale, ce qu'on a vu de la part de la France insoumise ces derniers jours. Vous en parliez à l'instant. Est-ce que c'est du clientélisme ? Est-ce que c'est de l'idéologie, de l'essentialisation de ces causes ? Je ne sais pas. Mais au fond, il y a une responsabilité aussi des députés de la NUPES, qui ne sont pas de la France insoumise. Parce qu'à un moment, vous savez, vous construisez une coalition politique, la NUPES, mais vous n'êtes pas d'accord sur l'islamisme, vous n'êtes pas d'accord sur l'Europe, vous n'êtes pas d'accord sur le soutien à la démocratie ukrainienne face à l'agression.

Vous êtes d'accord sur quoi alors ? Ce n'est pas des sujets fondamentaux, ça ? On peut se mettre ensemble autour de la table et construire un projet politique commun sur des valeurs qui sont aussi incompatibles ? Moi, je ne crois pas. Patrick ? Oui, il y a des précédents quand même. Sur le temps de l'union de la gauche dans les années 70, le Parti Socialiste et le Parti Communiste n'étaient pas d'accord sur grand-chose sur le plan international. Ça n'empêchait pas de faire une coalition. Et comme on pensait, la grande différence, c'est que c'était le plus modéré qui conduisait la coalition. Alors que là, ça n'est pas le cas.

Emmanuel Macron a dit qu'il se rendrait en Israël lorsqu'un accord concret sera conclu, soit sur la non-escalade, soit sur les questions humanitaires. Demain, c'est Joe Biden, le président américain, qui est attendu. Entretien bilatéral prévu avec le Premier ministre Netanyahou. Est-ce que la présidence américaine peut pousser Israël à la retenue ? Comment voyez-vous l'épreuve de force qui est en cours en ce moment, diplomatique, qui est en cours autour de l'action d'Israël ? Alors, vous savez qu'il y a un débat sur notamment la question d'ouvrir un corridor humanitaire.

J'espère qu'il y aura un corridor humanitaire, que les Gazaouis pourront être aidés, qui pourront aussi soit aller vers le sud, voire franchir la frontière de Rafa avec l'Égypte, pour ceux qui le souhaitent. La détresse, la douleur d'une mère palestinienne, c'est la même que celle d'une mère israélienne quand elle perd son enfant. Et là-dessus, il faut être très clair. Mais tout de même, je veux le dire parce que je vois le débat en cours, la symétrie des souffrances, des douleurs, ce n'est pas la symétrie des responsabilités. Il n'y a qu'un seul responsable dans la crise humanitaire aujourd'hui que vivent les Palestiniens, c'est le Hamas.

C'est le Hamas qui prend la population palestinienne en otage. C'est le Hamas qui utilise même les enfants comme des boucliers humains qui les empêchent de se déplacer vers le sud. Israël, depuis plusieurs jours, demande aux Palestiniens de Gaza d'aller vers le sud de la bande de Gaza pour pouvoir mener les opérations. On prend les clés de leur voiture, on les empêche de partir. Après, Israël est responsable de ses frappes et de ses cibles. Là, ce soir, le Hamas nous dit qu'un hôpital a été visé avec 200 morts ou 300 morts. C'est un bilan qui est donné par le Hamas, évidemment, qui demandera être vérifié. Mais il y a des cibles d'immeubles occupés par des civils dans la bande de Gaza.

Mais comment peut-on même imaginer demain un dialogue politique ? La paix, deux États. Moi, je suis favorable à deux États. Je pense que les Palestiniens ont le droit à l'autodétermination tant qu'il y a ce mouvement islamiste totalitaire qui prend la population palestinienne de Gaza en otage. C'est impossible. Israël, là, et il faut les soutenir, doit détruire leur Hamas, doit détruire son leadership et ses installations sur le plan logistique. On sait qu'il y a des armes, on sait qu'il y a énormément de tunnels qui ont été financés d'ailleurs aussi par l'Iran. Il y a une dimension régionale plus générale. C'est difficile de le cibler, vous le savez bien.

On parlait des otages tout à l'heure, cette opération terrestre à Gaza qui va peut-être bientôt avoir lieu, elle va compromettre la vie des otages. Il y a tout un débat parce qu'il est dit qu'Israël, en gros, peut-être met son opération terrestre au-dessus de la vie des otages, dans la hiérarchie de ses valeurs. Oui, c'est d'ailleurs, je pense, l'une des raisons pour lesquelles ces otages ont été pris, en plus de la torture que ça peut représenter pour les familles, pour les civils israéliens. Vous savez, quand Gilad Chalit, le soldat franco-israélien, avait été détenu par le Hamas pendant 5 ans, Israël l'a libéré, enfin, il a été libéré contre 1000 prisonniers palestiniens.

Là, évidemment, ça met les Israéliens dans une situation impossible. C'est ce qui explique aussi vraiment la détresse profonde aujourd'hui qui s'empare de la société israélienne. Je crois vraiment que c'est un tournant, c'est le pire jour pour la société israélienne depuis l'indépendance en 1948. La détresse, l'urgence de la lutte contre le Hamas et l'urgence de libérer, si possible, les otages. Puis quand même aussi, des réflexions sur l'action de Benjamin Netanyahou. Jeudi dernier, vous l'avez peut-être constaté vous-même, c'était par exemple la ministre de la Protection de l'Environnement qui était en visite vers un hôpital israélien qui s'est fait vivement interpeller.

Vous avez ressenti, vous aussi, ce débat dans la société politique ou politisée israélienne et qui va être encore plus vif lorsque les choses se calmeront un peu ? Absolument. Vous savez, normalement, quand vous êtes dans une situation de guerre, on met un peu les clivages politiques entre parenthèses. Là, on les sent ressurgir. Déjà, tous les soldats à qui on a pu parler ou même des civils nous disaient qu'on a échoué. On a failli dans notre mission d'assurer la sécurité des Israéliens. Après la guerre de Kipour, en 1973, il y avait une commission d'enquête parlementaire qui avait déterminé les responsabilités et ça a mis fin à la carrière de Goldamer, la première ministre israélienne.

Là, Israël est une démocratie. Je pense qu'il y aura le même type de commission d'enquête et je pense qu'il y aura des responsabilités lourdes aussi de la part des dirigeants, à la fois sur le plan de la faillite sécuritaire. Là, véritablement, il faudra faire une évaluation de la question du renseignement. Mais aussi sur ce qui s'est passé dans la démocratie israélienne ces derniers mois. On le sait, on a vu ces manifestations massives contre le gouvernement d'extrême droite, contre la réforme de la justice. C'était d'ailleurs les mesures qui devaient être examinées au Parlement. Maintenant, la Knesset vient de reprendre son action.

Évidemment que ça a donné, en tout cas aux ennemis d'Israël, le sentiment de division et de faiblesse. C'est parti.

12:38
Locuteur

C'est parti.