Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 2 juin 2017 25 minComplaisantActualité / polémiqueEnvironnement & énergieEurope & internationalInstitutions & élections

Accord de Paris. "Il est important que la France garde le leadership qu'elle a commencé de prendre", juge Laurent Fabius

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:18OuverteRéponse directe

    Bonjour Laurent Fabius.

  • 1:19OuverteRéponse directe

    Comment vous avez réagi ? Qu'est-ce que vous ressentez ?

  • 8:58RelanceRéponse directe

    Le risque n'est-il pas que certains pays profitent de la décision des États-Unis pour tenter de renégocier ?

  • 11:37OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça peut être la Chine qui désormais endosse ce leadership ?

  • 18:40FerméeRéponse partielle

    Quand terminerez-vous l'étude des comptes de campagne ?

  • 21:19OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on ne risque pas de décourager les vocations politiques en étant trop exigeants ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:49InvitéChiffre
    « Le fonds vert, ce n'est pas du tout le fonds qui va donner 100 milliards par an. C'est une confusion. C'est un fonds qui doit être doté de 10 milliards. »
  • 4:09InvitéChiffre
    « Les États-Unis doivent 3 milliards. Ils ont payé 1 milliard. La France, elle, a déjà payé 2 milliards. Les Allemands, la même chose. »
  • 4:34InvitéFait
    « Lorsqu'il dit, je décide de me retirer. Quand on regarde précisément, c'est l'article 28 du texte que j'ai fait adopter, il est dit qu'il faut attendre 3 ans avant de pouvoir déposer, et qu'une fois qu'on a déposé, ça met un an en plus. »
  • 12:45InvitéFait
    « Le fond même de l'accord de Paris, c'est que nous avons obtenu que chaque pays prenne un engagement pour les années qui viennent et disent voilà l'effort que je vais faire pour arriver à faire que l'augmentation de la température ne dépasse pas 2 degrés, voire 1 degré et demi. »
  • 13:25InvitéChiffre
    « 3, 4, 5 degrés d'ici à la fin du siècle. »
  • 19:46InvitéChiffre
    « La commission Logereau ne tranchera pas avant plusieurs semaines, avant plusieurs mois. »

Temps de parole

  • Invité71 %
  • Laurent Fabius11 %
  • Invité 28 %
  • Présentateur5 %
  • Invité 33 %

1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:05
Présentateur

Bienvenue à tous dans l'émission politique de France sans four. On est ensemble jusqu'à 9h, comme tous les matins, avec Jean-Michel Apathy. Bonjour Jean-Michel. Bonjour Fabienne. Gilles Bornstein est là également avec Guy Birenbaum et notre invité président du Conseil constitutionnel.

0:16
Laurent Fabius

Bonjour Laurent Fabius. Bonjour. Vous étiez en décembre 2015 à la tête de la COP21 puisque vous étiez ministre des Affaires étrangères et la COP21 à Paris. Venez de conclure un accord sur le climat en regard de ces quelques images.

0:29
Invité

J'ai une pensée particulière, enfin, pour tous ceux qui auraient voulu être là mais qui ont agi et lutté sans pouvoir connaître ce jour. C'est un petit marteau mais je pense qu'il peut faire de grandes choses.

0:45
Laurent Fabius

Voilà, le marteau vous l'avez amené Laurent Fabius, il est là.

0:47
Invité

Oui, c'est le marteau qui symbolise au fond la COP21. Alors il y a trois signatures là. Il y a la signature de Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations Unies, de François Hollande, président de la République, et de moi qui ai préparé, négocié et présidé avec le monde entier, la COP.

1:06
Laurent Fabius

Donc c'est un objet historique qui sera sans doute dans les vitrines dans quelques décennies quand il y aura des expositions sur la COP21. Mais avant de vous laisser la parole plus complètement, Laurent Fabius, hier soir Donald Trump a dégagé les Etats-Unis de cet accord auquel ils avaient pourtant participé. Il y a un an et demi, on écoute Donald Trump.

1:20
Locuteur non identifié

pour tenir mon engagement, pour remplir mon mandat, de protéger ce pays et ses habitants. Les Etats-Unis se retireront de l'accord climat de Paris.

1:33
Laurent Fabius

Voilà, les Etats-Unis se retireront de l'accord climat de Paris. Comment vous avez réagi ? Qu'est-ce que vous ressentez ?

1:38
Invité

J'ai écouté, comme beaucoup, le discours de M. Trump. Et il y a trois mots, trois expressions qui, en réfléchissant, me sont venues à l'esprit. D'abord, erreur faute historique, faute historique majeure, contre la planète, contre l'humanité. Ensuite, on y viendra peut-être, tissu de mensonge. Et puis, la seule réaction, c'est la mobilisation mondiale. Voilà, alors, bon, erreur historique, faute historique, pourquoi ? Parce que la planète, en ce moment, est en alerte rouge. Et donc, il faudrait non seulement appliquer tout l'accord de Paris, mais même aller plus loin. Et lui dit, moi je me retire, je vais le faire.

2:20
Laurent Fabius

Ceci dit, la démocratie a ses exigences, ça n'est pas une surprise. Donald Trump l'a dit pendant la campagne présidentielle qu'il a menée. Si je suis élu, les Etats-Unis se retireront de l'accord climat.

2:30
Invité

Ah non, mais par rapport à son électorat, j'ai rien à dire. Par rapport aux Etats-Unis, déjà, c'est une faute considérable, puisque les Etats-Unis sont, vous le savez, le deuxième pollueur au monde. Et les Etats-Unis vont souffrir, eux-mêmes, si le climat commence à agronter. Mais par rapport au monde, et je trouve qu'il y a, dans l'attitude générale de M. Trump, une arrogance extraordinaire, parce que, si vous réfléchissez, tout le monde, tout le monde, sauf la Syrie de Bachar el-Assad, a signé. Et lui, il dit...

3:01
Présentateur

Nicaragua.

3:01
Invité

Nicaragua. Non, Nicaragua, c'est autre chose, parce que Nicaragua pensait que ce n'était pas assez. Oui, bien sûr. Mais, bon, moi, j'ai fait. J'avais tout le monde en face de moi, les 195 pays, et j'ai vu... Personne n'a voté contre. Bon, et je dis que c'est une arrogance incroyable, puisque tout le monde pense que c'est le meilleur à cœur possible, et M. Trump dit, je ne suis pas d'accord, et il en tire la conséquence qu'il faudrait que tout le monde renégocie. Eh bien, moi, je dis que l'esprit de Paris doit l'emporter sur l'esprit d'arrogance.

3:36
Présentateur

Vous dites aussi tissu de mensonge.

3:38
Invité

Oui, alors c'est une formule un peu modérée, je le concède. Mais, qu'est-ce que j'ai à l'esprit ? Par exemple, le fonds vert, vous avez entendu ça. Bon, qu'est-ce que c'est que le fonds vert ? Le fonds vert, ce n'est pas du tout le fonds qui va donner 100 milliards par an. C'est une confusion. C'est un fonds qui doit être doté de 10 milliards. Ce n'est pas la même chose. Bon, et qui doit aller, ces fonds doivent aller aux pays pauvres. Alors, il dit, nous, nous payons, et les autres ne payent pas. Les chiffres. Les Etats-Unis doivent 3 milliards. Ils ont payé 1 milliard. La France, elle, a déjà payé 2 milliards. Les Allemands, la même chose.

Donc, d'une part, ça va créer un gros problème, parce que si on n'aide pas financièrement les pays en développement, comment voulez-vous qu'ils luttent contre le réchauffement climatique ? Et d'autre part, quand il dit, il n'y a que les Etats-Unis qui payent, et les autres non, mensonge. Autre mensonge. Lorsqu'il dit, je décide de me retirer. Quand on regarde précisément, c'est l'article 28 du texte que j'ai fait adopter, il est dit qu'il faut attendre 3 ans avant de pouvoir déposer, et qu'une fois qu'on a déposé, ça met un an en plus. Hasard, ça veut dire que si M.

Trump maintient sa position, non seulement elle ne prend pas effet tout de suite, mais elle prendra effet le lendemain du jour où son mandat sera fini. Et j'imagine que ça va être un aspect très important de la campagne électorale. Mensonge encore, lorsque, ou omission, il ne parle même pas de la situation, la situation du climat qui est dramatique. Et ce n'est pas simplement le climat au sens, il va faire chaud, il va faire moins chaud, c'est bien de se bronzer, de ne pas se bronzer, etc. Ce n'est pas du tout ça. C'est les conséquences sur la capacité de la planète de se nourrir, les conséquences sur la santé.

En ce moment, le permafrost, c'est-à-dire le sol gelé, est en train de fondre, notamment en Russie, et du coup, des virus sont en train d'hémerger. Ça veut dire des mouvements migratoires. On a déjà les problèmes, parce qu'il y a plusieurs centaines de milliers de personnes qui migrent. Si on fait, s'il y a plusieurs centaines de millions, ça veut dire, à la fin, la guerre. C'est pour ça que je dis que c'est irresponsable, et que c'est une erreur absolument historique.

5:49
Présentateur

Et en même temps, pas si neuf, pardon, on se souvient de George Bush qui disait le mode de vie des Américains n'est pas négociable, c'est pour ça qu'il ne s'est absolument rien passé pendant sept ans sous George Bush. Donc après, il y a Barack Obama, et puis finalement, sous Donald Trump, de toute façon, on ne ratifie pas, on ne signe pas. C'est un peu l'Amérique éternelle, quand même, non ?

6:05
Invité

Oh non, je ne crois pas. Parce que d'abord, vous oubliez quand même, ce n'est pas négligeable, Obama. Et vous oubliez la réalité. Et si on a pu faire l'accord de Paris, c'est parce qu'il y a une conjonction des planètes. L'accord de Paris, c'est tous les pays du monde, mais c'est beaucoup les Chinois, les Américains, les Français, les Européens. Et puis vous oubliez beaucoup d'Américains. Ce qui vous a frappé sûrement, c'est la réaction de beaucoup d'Américains. C'est-à-dire non seulement les États américains, mais les entreprises américaines. Et c'est contraire aux intérêts des Américains.

6:35
Présentateur

Mais est-ce que ça veut dire qu'on peut, grâce aux États qui sont d'accord, arriver au même chiffre, finalement, que ceux auxquels on serait arrivé, si les Américains avaient signé ?

6:42
Invité

Ça veut dire qu'il faut que les autres, Madame Synthèse, fassent encore plus. Soyons clairs. Nous compris. Nous compris, y compris sur le plan financier. Je suis carré. L'une des difficultés que j'ai à surmonter, c'est que toute une série de pays disaient « C'est très bien, vos affaires. » Mais où sont les technologies ? Où sont les finances ? Bon, à partir du moment où les États-Unis, ça, c'est quelque chose que peut faire M. Trump, qu'il a commencé à faire, coupent les finances officielles, eh bien, il faut qu'il y ait des substituts. En même temps, si à chaque fois qu'un État se retire, on paye plus, ça peut donner aussi envie à d'autres États de se retirer. Oui.

Alors, il y a aussi ce risque de domino, comme on dit. Et c'est vrai qu'il y a des États qui ont signé, mais qui n'ont pas ratifié. C'est vrai pour la Russie, c'est vrai pour la Turquie et quelques autres. Donc, il va falloir répondre par une mobilisation mondiale. Et vous avez entendu le président de la République hier. Il y a des contacts avec Mme Merkel, avec l'Italie. Il y a aujourd'hui une réunion entre l'Union européenne et la Chine. On a besoin que tout ça coagule dans le bon sens.

7:39
Présentateur

Et on y vient dans une minute. Tout pile, il est 8h40 sur France Info.

7:44
Invité

Avec de très nombreuses réactions après cette annonce de Donald Trump, le président américain qui a commis une faute pour l'avenir de notre planète, dit Emmanuel Macron, qui s'est exprimé hier soir en français, puis en anglais. Décision calamiteuse. Dix matin, le Premier ministre Édouard Philippe, Angela Merkel, elle regrette la décision des États-Unis. La France, l'Allemagne et l'Italie, qui s'engagent à mettre en œuvre l'accord de Paris. La Chine, elle déplore un revers mondial. Grande déception du côté des Nations Unies. La polémique autour de Richard Ferrand, mais aussi celle concernant Marielle de Sarnez, mauvaise pour l'image du gouvernement.

Résultat d'une enquête Odoxa pour France Info. Un peu plus d'une personne interrogée sur deux. Estime aussi qu'Emmanuel Macron a tort de maintenir le ministre de la Cohésion des Territoires à son poste. Son voyage doit durer près de 3h30. Retour sur Terre pour Thomas Pesquet. Après plus de 6 mois dans l'espace, le Français doit atterrir dans sa capsule Soyouz à 16h09, très précisément, au Kazakhstan. Et puis plus terre à terre et dans le sens des départs. Cette fois, attention, si vous prenez la route cet après-midi, c'est orange et même rouge en Ile-de-France pour le début du week-end de la Pentecôte.

8:53
Présentateur

Laurent Fabius est avec nous jusqu'à 9h sur France Info. Dans l'émission politique, question Jean-Michel Apathy.

8:58
Laurent Fabius

Donald Trump hier a expliqué que, certes, les États-Unis sortaient de l'accord de Paris, mais qu'ils envisageaient de le renégocier, cet accord. Et Emmanuel Macron, le président de la République française, a répondu dès hier soir sur ce thème-là. On l'écoute.

9:11
Locuteur non identifié

Nous ne renégocierons pas un accord moins ambitieux. Sur le climat, il n'y a pas de plan B. Car il n'y a pas de planète B.

9:22
Laurent Fabius

Le risque n'est-il pas que certains pays profitent de la décision des États-Unis pour tenter de renégocier, justement ?

9:28
Invité

Non, c'est inrenégociable. Pourquoi ? D'abord, c'est le meilleur compromis possible. Et c'est le point sur lequel, vous vous rappelez peut-être, je n'ai cessé d'insister au moment de la conclusion de l'accord. Quand vous avez 195 pays devant vous, avec des pays riches, des pays pauvres, des pays producteurs de pétrole, des pays consommateurs de pétrole, etc., ça ne peut pas être un pays qui en porte sur toute la thèse. Et si on est arrivé, avec un travail de marqueterie extraordinaire, à cet accord, c'est parce que c'était à ce moment-là, de fait, le meilleur compromis possible. Donc, renégocier, ça n'aurait aucun sens. Deuxièmement, je reviens sur ce que j'ai appelé l'arrogance.

Ce serait quand même incroyable que parce qu'un pays qui se trouve être le deuxième pollueur au monde trouve, d'ailleurs à tort, que cet accord lui est défavorable, ce qui n'est pas vrai, ce serait les 194 hôtes qui devraient dire, ah, monsieur, eh bien, puisque vous n'êtes maintenant plus d'accord, on va reprendre tout. Non, il n'en est pas question. Et il faut que, par rapport à cette position irresponsable de monsieur Trump, tout le reste du monde, alors, il peut y avoir des risques, mais face bloc. La Russie, par exemple, n'a pas ratifié. Alors, la Russie a signé, mais il est vrai qu'elle n'a pas ratifié. La Turquie aussi, et quelques autres pays.

Mais, on verra ce que fera monsieur Poutine. Mais, je me rappelle le discours qu'il a tenu à l'époque, qui était de dire, c'est un bon accord. Et d'autre part, il y a aussi l'intérêt mondial. La Russie, elle doit réfléchir à ce qu'est la réalité du monde. Et puis, l'intérêt des Russes humaines. Je vous ai dit que, en Sibérie, il y a la fonte du permafrost qui libère toute une série de virus. De gaz, oui. Et, c'est un risque énorme. L'Inde, le Premier ministre est à Paris. Alors, le Premier ministre Modi, que nous avions convaincu, et qui maintenant est très convaincu, vient à Paris demain. Demain, oui. Et il rencontrera le Président de la République.

Et il est très important que l'Inde reste accrochée. Vous pensez que l'Inde reste dans cet accord ? Oui, écoutez, moi, je connais bien M. Modi pour l'avoir rencontré plusieurs fois. C'est un homme qui, personnellement, croit beaucoup à la différence de M. Trump aux technologies vertes. Quand il était chief minister de Gujarat, il a fait beaucoup de choses. Il a eu le courage d'engager son pays. C'est méritoire pour lui parce qu'il a à sortir de la pauvreté 300 millions de personnes et sa ressource actuelle, c'est le charbon. Mais, je pense que M. Modi sera aussi au rendez-vous.

Ce qui est très important, c'est que les petits États et les grands, je pense à la Chine, je pense à l'Union Européenne, je pense à l'Inde et à d'autres, fassent bloc et disent non. Ce n'est pas parce que M. Trump prend une décision irresponsable que la planète doit souffrir. Gilles Marchand. Laurent Fabius, vous avez cité tout à l'heure les conséquences en Russie dans le sol russe. Quelles sont les autres conséquences prévisibles concrètes pour les citoyens et pour la planète de la sortie des États-Unis de cet accord ? Alors, ça demande un tout petit détour, j'espère ne pas être trop complexe.

Le fond même de l'accord de Paris, c'est que nous avons obtenu que chaque pays prenne un engagement pour les années qui viennent et disent voilà l'effort que je vais faire pour arriver à faire que l'augmentation de la température ne dépasse pas 2 degrés, voire 1 degré et demi. Pour réduire les émissions

13:01
Laurent Fabius

de gaz à effet de serre. Voilà,

13:02
Invité

c'est ce qu'on appelle les contributions nationales de chaque État. Quasiment tous les pays ont fourni une contribution nationale. S'il n'y avait pas ces contributions nationales, s'il n'y avait pas cet effort, la planète, le climat, augmenterait de 3, 4, 5 degrés avec des conséquences épouvantables sur les conditions de vie et à la fin finalement sur la vie même et la guerre ou la paix. 3, 4, 5 degrés

13:25
Laurent Fabius

d'ici à la fin du siècle. Voilà. Ce sont des projections

13:27
Invité

sur un terme qui est excellent. grâce à la somme de ces engagements, on limite à à peu près 3 degrés, 3 degrés et demi. Mais c'est encore beaucoup trop puisque dans l'accord nous avons dit il faut que ce soit 2 degrés ou 1 degrés et demi. Et donc toute la philosophie de l'accord c'est de dire périodiquement on va réviser les engagements nationaux mais chaque pays ne pourra réviser qu'à la hausse pour ça améliore. En faire plus. Première révision dans 5 ans etc. Bon. Si tout ça est fait on peut espérer même si c'est très difficile revenir vers les 2 degrés les 1 degrés et demi.

Là où l'attitude américaine pose évidemment un gros problème c'est que les américains c'est le deuxième pollueur au monde. Et donc pour ce qui relève de monsieur Trump il ne va pas aller dans le bon sens. Il va essayer de réviser plutôt à la baisse son propre engagement. Et donc il faudra que les autres fassent un effort supplémentaire et que les états américains les villes américaines les entreprises américaines qui ne dépendent pas de monsieur Trump fassent l'effort pour contrer cette décision irresponsable.

14:29
Laurent Fabius

Alors après cette annonce on est un peu maintenant à la recherche d'idées. Pascal Canfin le président de l'association internationale WWF était l'invité de France Info ce matin et il propose ceci. Écoutez-le.

14:41
Invité

Moi ce que je suggère à Emmanuel Macron aujourd'hui c'est d'inscrire l'accord de Paris et ses objectifs dans la constitution française. Ça ferait partie de notre identité collective politique diplomatique au 21ème siècle.

14:56
Laurent Fabius

Comme vous êtes le gardien de la constitution vous êtes un interlocuteur idéal pour répondre à cette suggestion c'est gadget ou pas ?

15:02
Invité

Je suis l'interlocuteur idéal en même temps je suis le seul qui ne peut pas répondre parce que comme vous venez de le dire je serai éventuellement chargé de juger tout cela. Donc on ne peut pas dire voilà ce que je pense et après juger en toute indépendante.

Ce que je peux dire en tout cas c'est que d'une part Pascal Canfin qui a été mon ministre délégué dans un autre temps et est un homme qui connaît très bien les sujets que d'autre part il existe déjà une charte de l'environnement vous le savez et que le conseil constitutionnel se réfère à cette charte de l'environnement pour prendre ces décisions qui ont la même capacité juridique qui a la même force juridique que la constitution elle-même et les déclarations des droits de l'homme de 89 et le préambule de la constitution de 46 bon voilà mais en tout cas sans me prononcer sur cette question même si j'ai une idée personnelle il est très important et la déclaration du président Macron va en ce sens que la France garde le leadership qu'elle a commencé de prendre

16:01
Présentateur

alors justement c'est ce que j'allais vous demander est-ce qu'il faut qu'il y ait quelqu'un désormais qui fasse appliquer plus fort ces accords de Paris qui doit prendre ce leadership est-ce que ça peut être la Chine qui désormais est le plus grand pollueur mais a bien dit qu'elle allait faire des efforts elle contrairement aux Etats-Unis est-ce que c'est l'Union est-ce qu'on peut vraiment d'où endosser ça ça ne peut pas être un seul pays

16:20
Invité

d'abord parce que comme ça tombe sous le sens ça doit être un effort mondial moi je crois très fermement que la Chine restera engagée j'ai eu l'occasion de discuter avec le président Xi Jinping avec le premier ministre Li Qin Shi avec le négociateur chinois et ils m'ont énormément aidé et si on a pu faire l'accord de Paris c'est parce qu'il y a à la fois l'engagement du président Obama l'engagement des Chinois l'engagement des Indiens des autres pays et de l'Europe et de la France donc je crois que la Chine j'en suis sûr va continuer et va faire de cette difficulté puisqu'elle est très poli une force déjà ils sont les premiers producteurs en matière de cellules solaires simplement les Chinois ne peuvent pas faire seul et c'est là où je crois qu'il est absolument essentiel qu'il y ait un accord entre l'Union Européenne et la Chine elles vont se voir d'ailleurs aujourd'hui et la France qui à la fois a des relations extrêmement proches avec la Chine et qui a le rôle qu'on sait en Europe peut être un facilitateur donc il faut que tout le monde y mette du chien et quand je dis tout le monde c'est pas seulement les Etats c'est les villes c'est les régions c'est les organisations non-gouvernales c'est les entreprises y compris les entreprises financières et c'est les simples particuliers tout le monde doit se mobiliser

17:33
Présentateur

Victor Maté pour une minute il est 8h50 l'essentiel

17:37
Invité

il doit quitter la station spatiale internationale dans un peu plus d'une demi-heure maintenant la fin de six mois de mission pour Thomas Pesquet le français qui doit atterrir à 16h09 très précisément au Kazakhstan a posté ce matin un tout dernier message sur Twitter les réseaux sociaux très prisés également par Donald Trump le président américain a officiellement annoncé hier soir le retrait des Etats-Unis de l'accord sur le climat signé à Paris fin 2015 un signal fort envoyé au monde entier et de très nombreuses réactions la décision de Trump est calamiteuse dit ce matin le premier ministre Edouard Philippe une faute pour l'avenir de notre planète estimée d'hier soir Emmanuel Macron Garcia, Cornet, Monfils, Gasquetus qualifiés pour le 3ème tour de Roland-Garros deux français jouent aujourd'hui pour une place en 8ème de finale Lucas Pouille et Christina Mladenovic et puis une séance de tir au but interminable et à l'arrivée Lyon qui conserve son titre en Ligue des champions les footballeuses du PSG elle s'incline pour la 2ème fois en finale

18:33
Présentateur

France Info on est avec Laurent Fabius ce matin sur France Info jusqu'à 9h pour encore 10 minutes donc la question c'est vous Jean-Michel Apathy

18:42
Laurent Fabius

donc nous savons qu'en tant que président du conseil constitutionnel Laurent Fabius votre devoir de réserve est exigeant et que bien entendu vous vous attachez à les respecter mais nous avons tout de même quelques questions qui je l'espère ne les corneront pas Gilles Bernstein

18:53
Invité

vous êtes juge de la régularité de cette élection présidentielle alors question simple quand terminerez-vous l'étude des comptes de campagne ? alors nous sommes juges et d'ailleurs j'ai eu l'occasion de proclamer les résultats lors de l'investiture du président Macron pour ce qui concerne les comptes de campagne la procédure est la suivante il y a une commission qui est présidée par un ancien premier président de la cour des comptes qui s'appelle M.

Logereau qui examine les comptes de campagne ça va lui prendre quand même plusieurs semaines plusieurs mois bon alors elle va dire les comptes de campagne sont bons les comptes de campagne ne sont pas réguliers il peut y avoir une contestation de la décision de la commission Logereau s'il y a une contestation ça vient devant chez nous donc nous ne serons pas nécessairement saisis mais s'il y a une contestation nous serons saisis et nous jugerons le plus vite possible mais de toutes les manières la commission Logereau ne tranchera pas avant plusieurs semaines avant plusieurs mois

19:51
Laurent Fabius

il y a sur toutes les campagnes présidentielles pratiquement mais après coup des contestations ou des insatisfactions en 1995 2007 au moins pour ces exemples précis finalement le conseil constitutionnel n'a pas vraiment les moyens de dire si les campagnes sont financées régulièrement ou pas l'exemple de 1995

20:11
Invité

sur l'aspect financier vous voulez dire il y a eu quand même une amélioration à la suite de mes comptes précédents et il y a des dispositions qui ont été votées par le parlement qui font que maintenant les comptes doivent être beaucoup plus complets en particulier je vous donne cet exemple parce que c'est un des aspects qui avaient échappé dans des affaires précédentes il faut que les partis disent la contribution qu'ils ont apporté aux candidats et je dirais une formule qui n'est pas juridique mais qu'on comprendra qu'il faut que toutes les dépenses annexes quels que soient ceux qui les ont engagés soient connus bon donc je crois que le contrôle est beaucoup plus précis qu'avant et comme il y a eu des contentieux on se rappelle un certain nombre d'affaires qui ont défrayé la chronique je pense que les candidats sont beaucoup plus prudents qu'avant Laurent Fabius le garde des Sceaux François Bayrou a présenté hier une loi de moralisation de la vie politique appelée publiquement loi de retour à la confiance est-ce qu'on ne risque pas de décourager les vocations politiques en étant trop exigeants ?

Alors je ne vais pas évidemment fuir la question mais là aussi comme le conseil constitutionnel est appelé potentiellement à être rejus vous savez que quand il y a une loi il y a la possibilité pour un certain nombre d'autorités ou pour un certain nombre de parlementaires de nous saisir et à ce moment là nous disons c'est conforme à la constitution ou pas et on l'a fait encore on l'a fait en permanence donc je ne veux pas être trop précis sur ce point bon mais votre question est plus générale je pense que tout ce qui est favorable à la transparence à l'honnêteté qui est un élément minimum en politique quand même à l'intégrité va dans le bon sens en même temps c'est un mot qui est souvent à la mode il ne faut pas non plus que ça devienne de l'inquisition ou que ça ait comme conséquence que des personnes compétentes ne puissent pas traiter un sujet qu'elles connaissent ou bien que ça détourne de la vocation politique des personnes de qualité mais ça ce sera au parlement à trouver l'équilibre et nous le cas échéant nous serons saisis

22:45
Laurent Fabius

vous avez fait référence tout à l'heure à la cérémonie de passation des pouvoirs le 15 mai dernier en tant que président du conseil constitutionnel c'est vous qui avez déclaré Emmanuel Macron légalement ou constitutionnellement élu je ne sais pas quelle est la formule vous avez notamment dit lors de votre allocution qui était courte mais vous avez notamment dit ceci

23:03
Invité

Monsieur le Président de la République Châteaubriand a écrit dans une formule qui prend son plein sens pour être l'homme de son pays il faut être l'homme de son temps homme de notre temps assurément vous l'êtes

23:20
Laurent Fabius

alors certaines personnes vous ont reproché d'abord de vous être écarté d'une certaine manière d'un texte légal et d'avoir introduit Châteaubriand dans votre propos et puis d'autres ont noté qu'il y avait là comme un petit parti pris vous êtes l'homme de votre temps c'était presque enfreindre le droit de réserve auquel je faisais référence alors je réponds non

23:39
Invité

à vos deux questions d'abord sauf des esprits éternellement négateurs je n'ai reçu et pourtant vous savez à quel point je suis modeste que des compliments d'accord et le fait je dis ça avec un sourire pour nos auditeurs

23:58
Laurent Fabius

il l'avait compris il avait entendu

24:00
Invité

le fait que j'ai cité Châteaubriand ne doit pas m'accabler bon après tout on peut à la fois être juge constitutionnel et de temps en temps lire des livres pour ce qui est de la tradition pour ce qui est de la tradition non c'est audacieux pour ce qui est de la tradition non c'est inexact c'est vrai que certains de mes prédécesseurs et après tout c'est leur droit se sont contentés évidemment c'était assez facile de lire les chiffres que d'ailleurs on connaissait depuis quelques jours mais d'autres je pense en particulier parce qu'on m'avait donné les discours précédents à monsieur Guénard avaient eu un propos un peu plus personnel peut-être un peu plus profond mais bien sûr je dois me garder de porter le moindre jugement sur la politique

24:50
Laurent Fabius

un nombre de notre temps c'était pas un jugement

24:51
Invité

non c'était un constat la frontière est tenue non c'était un constat d'accord constat bah écoutez je crois avoir dit enfin je parle de mémoire par votre formation par vos goûts et jusqu'à votre état civil vous êtes un homme de tendance je pense que ce n'est pas très contestable et j'évite le parti pris

25:23
Laurent Fabius

merci Laurent Fabius d'avoir accepté l'invitation à France Info

25:26
Invité

non merci beaucoup à vous et je suis sûr que France Info tout en étant très objectif contribuera à travailler pour la planète nous y travaillons

25:37
Présentateur

et ce sera le mot de la fin allez bon week-end merci à vous