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interviewBFMTV· 4 avril 2024 16 min

"Il y a un problème de respect de l'autorité" à l'école: l'interview de François-Xavier Bellamy

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour François-Xavier Bellamy, vous êtes la tête de liste des Républicains pour les Européennes. Merci d'être sur RMC et FM TV ce matin, on va parler d'école, parce qu'il se trouve que vous êtes aussi enseignant. Vous avez enseigné dans le public, dans le privé, et l'actualité est hélas tristement marquée chaque jour ou presque par un incident grave hier, mardi plutôt, une élève gravement agressée devant son collège de Montpellier par des adolescentes à peu près du même âge, 13-14 ans. La semaine d'avant, c'est un proviseur qui quitte ses fonctions parce que menacé de mort.

Les messageries internes sont suspendues après des cybermenaces, des élèves et enseignants qui ont reçu les vidéos de décapitation. Est-ce que l'école est encore un sanctuaire ?

0:39
François-Xavier Bellamy

Bien sûr que non. L'école est aujourd'hui traversée par une violence absolument terrible. Et ce qui est arrivé à Samara, et je pense à elle, à sa famille, à Montpellier, c'est malheureusement une histoire qui se répète tous les jours. Vous savez, j'ai fait ce petit exercice avant de venir ici, je me suis penché avec la presse quotidienne régionale sur les actualités qui sont survenues à l'école rien que ces derniers jours. Le 25 mars, c'est une enseignante de primaire à Avignon qui était frappée par deux élèves et les pompiers ont dû intervenir. Le 15 mars, à Chenov, un collégien a pris en otage sa principale avec un couteau de cuisine.

Le 12 mars, une attaque au couteau est intervenue entre deux parents d'élèves à la sortie d'une école. Le 6 mars, les professeurs de Nîmes ont dû demander la délocalisation de leur école après des fusillades devant leur école et dans leur école. Le 5 mars, à Cachan, des élèves ont lancé des cocktails Molotov sur leur collège. La voiture de police qui est intervenue a été retournée en pleine rue. C'est tous les jours, tous les jours, que la violence...

1:29
Présentateur

Les chiffres, c'est plus 31% d'incidents graves en cinq ans après le Sénat.

1:32
François-Xavier Bellamy

Et au fond, on a le sentiment, et vous savez, ce qui est frappant, c'est de voir les réactions de l'Éducation nationale. Nicolette Belloubet, quand une principale est prise en otage par un élève avec un couteau de cuisine qui se revendique du Bataclan, elle dit qu'au fond, les procédures de sécurité ont été correctement respectées et que tout a bien fonctionné. Mais on a le sentiment que ce ministère ferme les yeux sur la réalité de cette violence.

1:52
Présentateur

Il y a une réunion cet après-midi, par exemple, pour sécuriser un certain nombre d'établissements, les plus gravement menacés, certains par effectivement des trafics de drogue aussi à proximité. Est-ce qu'il faut bunkeriser les établissements, mettre des policiers devant chaque collège, chaque lycée, des portiques, des badges à l'entrée ?

2:08
François-Xavier Bellamy

Il y a deux réponses. La première, c'est effectivement de sécuriser les établissements. Aucun professeur ne devrait venir à l'école. Aucun élève ne devrait venir à l'école en étant menacé, en étant agressé, en étant violenté, en ayant la peur au ventre. Donc il y a un sujet de sécurisation physique. Mais il y a aussi, et moi je ne peux pas m'empêcher de le voir ainsi, je suis professeur, vous l'avez dit, j'ai commencé à enseigner il y a de nombreuses années maintenant.

2:30
Présentateur

Vous vous êtes déjà senti menacé, vous, personnellement, François-Xavier Bellamy ?

2:32
François-Xavier Bellamy

Moi non, je n'ai pas eu l'occasion de me sentir moi-même menacé, mais 15 jours après ma première rentrée, dans le lycée où j'enseignais, un jeune a été tué devant la porte du lycée à coup de tournevis. Et j'avais eu l'occasion d'écrire, à ce moment-là, j'étais tout jeune professeur, j'avais eu l'occasion d'écrire pour tenter de comprendre, comme un jeune prof, pourquoi la crise de l'école conduit aussi à cette violence. Parce que là où on ne transmet plus la culture, là où l'autorité de la transmission, l'autorité des professeurs n'est plus respectée, il ne faut pas s'étonner de voir ressurgir le contraire de la culture, c'est-à-dire une forme de barbarie, d'en sauvagement.

3:04
Présentateur

L'autorité du professeur en classe n'est que ça ?

3:07
François-Xavier Bellamy

Il y a bien sûr un problème de respect de l'autorité, ça c'est évidemment fondamental. Et vous savez, pendant très longtemps, et c'est toujours le cas aujourd'hui malheureusement, pendant très longtemps, depuis très longtemps, les professeurs subissent cette doctrine de l'éducation nationale qu'on a appelée entre nous le pas de vagues. Dès que quelque chose survient, un incident grave rapporté, rappelons qu'entre 2023 et 2024, entre 2022 et 2023, c'est plus de 50% d'incidents graves qui ont été rapportés dans les écoles primaires. Quand un incident de cette nature survient, tout est fait finalement pour étouffer l'affaire.

Et c'est d'ailleurs généralement le professeur qui a rapporté l'incident, qui se retrouve en difficulté, abandonné par sa hiérarchie.

3:43
Présentateur

Mais ce n'est plus le cas aujourd'hui, il y a eu des annonces du ministère de l'éducation nationale, le fait que le ministère se portera partie civile dès lors qu'il y aura plainte, dès lors que les enseignants font remonter au recteur. Aujourd'hui, l'idée, c'est de mettre les recteurs, les procureurs, les préfets ensemble pour que, justement, plus aucun signal faible ne soit aussi ignoré.

4:01
François-Xavier Bellamy

Non mais on voudrait pouvoir dire que ce n'est plus le cas aujourd'hui. Mais la vérité, c'est qu'à votre micro, il y a quelques jours seulement, Mme Belloubet, ministre de l'éducation nationale, refusait de reconnaître que l'État avait une responsabilité dans l'attentat contre Samuel Paty. Ça vous a choqué ? Elle refusait, bien sûr, parce que comment est-ce qu'on ne peut pas admettre que Samuel Paty a été abandonné, qu'il a été abandonné par sa hiérarchie au moment où il était en danger, que malgré les alertes qui pesaient sur sa vie, les menaces qu'il subissait, malgré cela, l'État n'a pas fait son devoir pour protéger son propre fonctionnaire.

Ces professeurs qui sont sur le terrain tous les jours, qui ont le courage d'aller travailler malgré cette adversité, je pense, là encore, rien n'a changé à ce proviseur qui a dû démissionner, menacer de mort, parce que, dit-il, et c'est tellement marquant, il voulait protéger son établissement du risque que cela représentait, qui était menacé par des islamistes parce qu'il avait osé faire appliquer la loi sur le voile à l'école, et bien ce proviseur, quand il quitte l'éducation nationale, malgré lui, le rectorat de Paris publie un communiqué scandaleux pour dire qu'il part pour convenance personnelle.

Avant qu'on ne connaisse la vérité de cette affaire, c'était ce que le rectorat voulait faire. Il voulait nier la réalité, la gravité de ce qui est en train de se jouer aujourd'hui dans nos établissements scolaires.

5:21
Présentateur

François-Xavier Bellamy, vous dites qu'il y a un problème d'autorité en classe, il faut aussi sécuriser les établissements. Est-ce que vous entendez une partie de la gauche qui dit aussi le problème de l'école publique, c'est qu'on n'y met plus les moyens ? Il y a eu ce rapport cette semaine sur le financement, notamment de l'école privée. Je résume, l'État donne beaucoup, sans savoir précisément combien, et contrôle mal comment cet argent est utilisé. François-Xavier Bellamy, est-ce qu'il faut moins donner au privé pour plus donner au public ? Est-ce que l'une des solutions est aussi là ?

5:50
François-Xavier Bellamy

Bien sûr que non. Quand je lis le rapport de ces deux députés, l'un Renaissance, l'autre LFI, si je ne me trompe pas, j'ai l'impression qu'ils veulent simplement abroger la liberté d'enseignement. Parce qu'en fait, regardons les choses en face, ce n'est pas un problème de budget. L'enseignement privé en France, c'est des économies pour l'État. Ça économise chaque année 9 milliards d'euros à l'État.

6:08
Présentateur

C'est environ 11 milliards d'argent public, estimation à la louche des députés, parce qu'il n'y a pas de chiffrement précis.

6:13
François-Xavier Bellamy

Si on avait aujourd'hui le coût d'un élève dans le public, aligné sur le coût d'un élève dans le privé, l'État ferait 19 milliards d'économies par an. Donc le sujet n'est pas les moyens, et le sujet n'est pas que la liberté d'enseignement, qui est un principe fondamental dans notre démocratie, coûterait trop cher à l'État. Ça n'est pas le cas, au contraire.

6:32
Présentateur

Ces 11 milliards, vous dites qu'ils ne seraient pas mieux utilisés dans le public pour par exemple mettre des alarmes anti-intrusions ?

6:37
François-Xavier Bellamy

Non mais encore une fois, c'est l'inverse, Neila Latrousse. Le privé aujourd'hui fait faire des économies à l'État. Et vous avez des parents, vous avez des familles qui avec courage contribuent à financer l'école de leurs enfants alors que l'enseignement public est déjà financé par leurs impôts, qui contribuent à la scolarité de leurs enfants en les mettant dans le privé. Et ça, c'est une économie pour l'État. Donc le sujet n'est pas les moyens. Et si on veut casser le privé, c'est sans doute parce qu'en réalité, et ça pour le coup, ça devrait tous nous empêcher de dormir, on vit aujourd'hui en France une injustice majeure qui est l'inégalité scolaire.

On a aujourd'hui le système le plus inégalitaire de tout l'OCDE. Et ça, c'est révoltant en effet. Mais ce n'est pas de la faute du privé, c'est de la faute du fait qu'aujourd'hui, notre système d'éducation publique est en crise profonde à cause de l'idéologie que la gauche a porté pendant très longtemps. Vous dites que ce n'est pas une question de moyens.

7:26
Présentateur

Est-ce que, pour autant, en période de déficit, 700 millions d'euros d'économies sur le budget de l'éducation, c'est une erreur ?

7:34
François-Xavier Bellamy

Le problème...

7:35
Présentateur

Le maire cherche de l'argent. 700 millions de crédits ont été annulés, par exemple, sur le ministère de l'Éducation nationale.

7:40
François-Xavier Bellamy

Le vrai problème de l'école aujourd'hui, je le redis, ce n'est pas d'abord les moyens. Il y a un vrai sujet d'allocation des moyens, de répartition des moyens. Ça, oui, c'est une certitude. Vous savez, l'éducation nationale, c'est l'un des plus grands employeurs du monde. C'est 1,2 million de fonctionnaires. Et sur ce nombre de fonctionnaires, vous en avez environ 250 à 300 000 qui n'est jamais devant un élève. Ce qui fait qu'à la fin, vous avez des professeurs qui, sur le terrain, sont épuisés, sont mal payés, sont fragilisés. Mais derrière, vous avez une structure. C'est comme à l'hôpital. C'est comme dans la santé. C'est comme, finalement, dans la police ou la justice.

Vous avez un État qui concentre trop de moyens pour l'administration et pas assez pour l'action.

8:19
Présentateur

C'est là qu'il faut chercher les économies dans l'administration puisque Bruno Le Maire recherche plusieurs milliards d'euros. Est-ce que vous avez des idées chez Les Républicains sur où est-ce que ces économies peuvent être faites ?

8:27
François-Xavier Bellamy

Mais c'est évidemment qu'on a des idées. Ça fait des années qu'on propose des mesures d'économie pour l'État parce que la seule question que le gouvernement n'affronte pas, c'est la question fondamentale, c'est comment faire faire des économies à l'État. Je vois bien que le dérapage budgétaire incroyable que le gouvernement vient d'annoncer. 20 milliards de déficits supplémentaires par rapport à ce qui était prévu. Une trajectoire budgétaire absolument unique en Europe. Dans cette situation où la dette publique explose, où le déficit continue de déraper, ça y est, on est parti pour le concours. Vous dites l'administration.

8:58
Présentateur

Mais dans le même temps, si je regarde ce qu'ont fait vos troupes à l'Assemblée et au Sénat, elles ont voté l'intégralité des dispositifs de dépense quasiment de ces derniers temps. Je parle par exemple du bouclier énergétique qui avait été voté par vos troupes à l'Assemblée nationale. Le projet de loi sur le pouvoir d'achat à l'été 2022 avait été voté aussi. La revalorisation du point d'indice des fonctionnaires. J'ajoute, vous proposiez même de baisser toutes les taxes sur le carburant pour arriver à 1,50€ le litre. Ça aurait coûté 50 milliards d'euros. Est-ce que franchement, vous êtes les mieux placés, François-Xavier Bénamie, pour donner des leçons de bonne gestion budgétaire ?

9:34
François-Xavier Bellamy

Simultanément, Néhela Latrousse, nos parlementaires ont mis sur la table depuis des années des propositions de dizaines de milliards d'euros d'économie. 25 milliards proposés l'année dernière sur le train de vie de l'État. Parce que le problème, il est là. Vous parliez de la fiscalité, mais nous n'en pouvons plus de cette situation effectivement scandaleuse dans laquelle l'État prélève toujours plus d'argent aux Français, continue d'endetter toujours plus les générations futures, mettant en danger notre système financier aujourd'hui même, et en même temps n'arrive pas à produire les services publics essentiels qui sont tous fragilisés pour les Français. C'est ça le grand drame aujourd'hui.

10:05
Présentateur

Vous dites qu'on n'est pas comptable du bilan, même si on a voté un certain nombre de mesures coûteuses.

10:08
François-Xavier Bellamy

Heureusement qu'on n'est pas comptable du bilan. Ça fait des années qu'on propose au gouvernement des mesures d'économie. Je le redis, je le répète encore, on a un contre-budget proposé par les Républicains. Vous pouvez le consulter. Il a été proposé il y a des mois. Le gouvernement l'a regardé avec ironie. Et aujourd'hui, on voit le dérapage budgétaire. Mais nous, nous ne disons pas que les économies, il faut les faire en augmentant les taxes ou en maintenant la fiscalité au niveau d'asphyxie auquel elle est aujourd'hui. Parce que c'est ça la vérité. Mais on a, c'est très simple, Naïla Latrousse, on a aujourd'hui une France qui est championne du monde des impôts.

Il n'y a pas de pays au monde où les prélèvements obligatoires soient plus importants que chez nous. Donc le sujet, et quand j'entends, pardon, quand j'entends, moi, les parlementaires Renaissance qui se lancent maintenant dans le concours d'idées pour trouver de nouvelles taxes, je me dis que ce pays devient fou, que ce gouvernement devient fou.

10:52
Présentateur

Mais quand je vous entends, vous dites que ce gouvernement devient fou, le bilan est désastreux de ce que j'entends. Je ne comprends pas. Qu'est-ce qui vous retient ? Vous déposez la motion de censure que vous... menacez, dont vous menacez le gouvernement depuis quelques mois, mais que vous ne déposez jamais. Moi, ce que j'entends, c'est un réquisitoire implacable.

11:08
François-Xavier Bellamy

Mais heureusement, c'est ce réquisitoire. Non, mais la suite logique, c'est la motion de censure.

11:12
Présentateur

Sinon, vous n'êtes qu'à la moitié du chemin.

11:14
François-Xavier Bellamy

Mais nous, on a cette arme entre nos mains et notre seul et unique objectif, c'est de protéger les Français. De protéger les Français de toute nouvelle hausse de taxes et d'infos.

11:23
Présentateur

C'est une arme que vous n'utiliserez pas ?

11:24
François-Xavier Bellamy

Mais on va voir ce que le gouvernement propose. Nous, on n'est pas là pour créer du désordre. Mais aujourd'hui, la réalité, c'est que nous sommes inquiets de voir ce gouvernement qui cherche à se défausser de sa dérive budgétaire en allant chercher encore plus de moyens dans les poches des Français. Quand j'entends, pardon de le dire, le Premier ministre parler d'aller taxer la rente, mais de quoi on parle ? De quoi parle Gabriel Attal quand il parle de la rente ? Il parle des retraités qui ont épargné toute leur vie, qui ont travaillé toute leur vie, qui ont aujourd'hui...

11:52
Présentateur

Il parle des énergéticiens, plus exactement, de ce qu'on comprend. J'aimerais... François-Xavier Bellamy, je rappelle...

11:55
François-Xavier Bellamy

Ah ben non, pardon, moi je ne comprends pas du tout.

11:57
Présentateur

De ce qu'on comprend nous aussi. François-Xavier Bellamy...

11:59
François-Xavier Bellamy

Il a nommé quatre députés pour aller chercher l'argent. Moi, je suis désolé de le dire. Mais ils ont dit qu'ils ne toucheraient pas

12:05
Présentateur

aux impôts des Français, ni à l'épargne. J'aimerais vous entendre tout de même en tant que chef de file.

12:08
François-Xavier Bellamy

Pardon, j'entends la présidente de l'Assemblée nationale, qui n'est pas personne dans la majorité présidentielle, qui nous explique que, au contraire, on va s'en sortir en augmentant la fiscalité. François-Xavier Bellamy... Et j'entends aujourd'hui le Premier ministre nous dire qu'il faut taxer la rente. Et moi, je sais ce que ça veut dire la rente. Ça veut dire les livrets d'épargne, ça veut dire les assurances-vie, ça veut dire tout ce que les Français ont construit par le travail de leur vie et qu'ils veulent transmettre à leurs enfants. Et donc, nous nous disons très simplement que nous serons là pour protéger les Français.

Ce que nous attendons de l'État aujourd'hui, ce que nous attendons de ce gouvernement, c'est enfin des mesures d'économie sur le train de vie de l'État. François-Xavier Bellamy, il y a sept ans... Il y a sept ans, il y a 20% de Français qui ont voté au premier tour de la présidentielle pour dire que l'État était en faillite, courageusement, parce que c'est un message difficile à porter. Eh bien, ces Français-là, ils n'ont pas été entendus. Et pourtant, la réalité du problème, elle est toujours là. Et sept ans plus tard, nous sommes rentrés dans une situation d'urgence vitale pour nos finances publiques.

C'est aussi un sujet international parce que ça menace évidemment la trajectoire de la France en Europe.

13:04
Présentateur

François-Xavier Bellamy, j'aimerais vous entendre sur deux sujets internationaux. D'abord, la Russie, avec ce coup de fil hier entre le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, et son homologue russe, Sergei Shoigu. Il ne s'était pas parlé depuis octobre 2022. Est-ce qu'il faut continuer à parler aux Russes alors que, manifestement, il raconte une histoire toute personnelle sur ce coup de fil en affirmant que Paris s'est engagé à discuter de l'avenir de l'Ukraine avec Moscou, ce que la France dément très fermement ?

13:30
François-Xavier Bellamy

Ce qui est absolument fondamental, c'est de ne jamais, comme ça a pu être le cas par le passé, chercher à mettre en scène une diplomatie. La diplomatie, elle doit faire du bien, mais sans faire de bruit. Il faut parler oui ou non aux Russes ? Il y a beaucoup de sujets sur lesquels on a eu l'occasion de le dire tout récemment. Quand un attentat terrible a frappé Moscou, les populations civiles de Moscou, elles sont comme les populations civiles de Paris, prises pour cible par le terrorisme islamiste. Et si une coopération peut permettre de protéger nos pays sur ce sujet, c'est évidemment nécessaire. Pour le reste, la discussion ne peut s'engager que sur une base extrêmement claire.

14:02
Présentateur

C'est un partenaire de bonne foi, la Russie ?

14:04
François-Xavier Bellamy

Bien sûr que non. Personne ne peut croire que la Russie soit de bonne foi aujourd'hui. Cela étant dit, évidemment, si on ne fait de la diplomatie qu'avec les gens qui sont de parfaite bonne foi, on ne fait plus de diplomatie du tout. Donc le sujet, c'est de chercher à trouver les voies pour soutenir le peuple ukrainien dans son combat pour retrouver sa liberté et sa souveraineté. Et cette question-là, elle doit supposer l'engagement de tous les alliés. si ça passe aussi par la diplomatie, d'une certaine manière, c'est évidemment nécessaire.

14:30
Présentateur

Et j'aimerais aussi vous entendre sur Gaza. François-Xavier Bellamy, est-ce qu'il faut, comme un certain nombre de pays européens, que la France suspende ses exportations d'armes à Israël ?

14:38
François-Xavier Bellamy

Israël, dans cette affaire, rappelons-le parce que...

14:41
Présentateur

l'Espagne, l'Italie, la Belgique ont suspendu les exportations.

14:43
François-Xavier Bellamy

Moi, je vois des forces politiques qui semblent en France l'avoir oublié. Israël, dans cette affaire, est attaquée. Le 7 octobre est une agression subie par Israël sur son sol, l'Église islamiste a décidé de jeter en enfer les populations civiles de Gaza.

15:00
Présentateur

Plus de 30 000 morts en 6 mois, plus d'enfants tués à Gaza en 6 mois qu'en 4 ans de guerre partout ailleurs dans le monde.

15:06
François-Xavier Bellamy

Mais vous savez que cette situation pourrait s'arrêter immédiatement. Il suffirait que le Hamas libère les otages israéliens qu'il détient toujours aujourd'hui. Il aurait suffi que le Hamas ne lance pas cette opération du 7 octobre qui est un attentat islamiste absolument révoltant. Et je reviens du Liban, je vois à quel point aujourd'hui le Liban lui aussi est pris en otage par le Hezbollah. De la même manière, cette milice soutenue par l'Iran qui en réalité voudrait plonger toute la région dans la guerre. Maintenant, Israël

15:31
Présentateur

a le droit de se défendre

15:33
François-Xavier Bellamy

mais Israël a le devoir de se défendre dans le respect du droit international. C'est absolument fondamental et notre rôle est aussi bien sûr de le rappeler. Nous nous demandons au Parlement européen depuis des semaines maintenant un cessez-le-feu humanitaire parce que les populations civiles de Gaza n'ont pas à être les victimes collatérales d'une situation dont elles ne sont évidemment pas responsables. Mais il faut quand même le redire parce qu'en France je suis marqué de voir cette dérive politique terrible. A la fin, c'est d'abord le ramasse qui porte la responsabilité de cette situation désastreuse.

16:00
Présentateur

Il est 8h52 sur RMC BFM TV. Merci François-Xavier Bellamy d'être venu à ce micro ce matin. Tête de liste des Républicains pour les élections européennes du 9 jours. Merci.

16:09
Locuteur

Merci. Merci.