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Podcast / conversationLe Crayon· 20 juillet 2023 29 minComplaisantPortrait personnelDéfenseSolidarités & familleInstitutions & élections

La France est-elle prête à entrer en guerre ? Cette générale répond.

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 5 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse partielle

    Cette politique s'applique aussi aux armées, un chantier délicat.

  • 2:37OuverteRéponse directe

    Vous diriez-vous que la difficulté, la question se pose encore de la féminisation, y compris 50 ans après le début ?

  • 3:17OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on doit favoriser des quotas, par exemple ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Et pourtant, quand vous, en juin 2017, avant justement d'être nommée par la ministre, vous concluez un entretien avec un haut gradé, il vous dit, et c'est le prologue du livre, si vous êtes choisie, ce ne sera ni parce que vous êtes une femme, ni parce que vous appartenez à une minorité visible.

  • 6:35OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est des questions qu'on se pose depuis 200 ans dans les corps d'armée français ou est-ce que c'est vraiment apparu post-Seconde Guerre mondiale, post-68 ? Comment vous le voyez ?

  • 7:27FerméeRéponse directe

    Et c'est plus dans le service de santé ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:18InvitéChiffre
    « Pour vous donner une idée, les armées françaises sont composées à 16,8% de femmes, ce qui en fait le quatrième pays le plus féminisé, derrière Israël, la Hongrie et les Etats-Unis. »
  • 1:00InvitéPromesse
    « Enfin, la dernière loi de programmation militaire affiche un objectif ambitieux, doubler la part de femmes parmi les généraux d'ici 2025. »
  • 1:08InvitéChiffre
    « Les femmes ne sont que 9% parmi les officiers généraux et que, ou même pas 7%, parmi celles qui sont envoyées en OPEX. »
  • 3:22Invité politiqueFait
    « Pour les femmes, il y avait un quota de, à l'époque, c'était 15%. Donc, on prenait 200 garçons et 30 filles sur les deux écoles à l'époque. »
  • 3:39Invité politiqueFait
    « Au jour d'aujourd'hui, il n'y a plus de quotas restrictifs à l'entrée du service de santé des armées, par exemple. Et c'est pour ça qu'on est à 60% de féminisation, comme en milieu civil. »
  • 4:22Invité politiqueFait
    « Je suis pour la discrimination positive, parce que c'est le seul moyen d'accélérer les choses. »
  • 7:22Invité politiqueChiffre
    « 16% de femmes en moyenne dans les armées actuellement. »
  • 7:30Invité politiqueChiffre
    « Dans le service de santé, c'est beaucoup plus parce que les armées sont le reflet de la société. Et c'est 60%, 62% dans le service de santé des armées comme dans la santé publique, finalement. »
  • 20:59Invité politiqueChiffre
    « en 24 heures, 25 heures très exactement en moyenne »
  • 23:38Invité politiqueFait
    « celui qui décide d'engager les armées françaises dans une opération, dans une guerre, a fortiori c'est le président de la république »

Temps de parole

  • Invité politique74 %
  • Invité15 %
  • Invité 210 %

2,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Il l'avait promis en 2017, Emmanuel Macron offerait la grande cause de son quinquennat, l'égalité femmes-hommes pour une société plus égalitaire et plus juste. L'égalité entre les femmes et les hommes est la grande cause de mon quinquennat. Cela vaut pour la France comme pour notre action dans le monde. Cette politique s'applique aussi aux armées, un chantier délicat.

0:18
Invité

Pour vous donner une idée, les armées françaises sont composées à 16,8% de femmes, ce qui en fait le quatrième pays le plus féminisé, derrière Israël, la Hongrie et les Etats-Unis. Si nos armées sont désormais ouvertes à la moitié de l'humanité longtemps laissée en civil, il y a encore fort à faire. Florence Parly, qui était au reine du ministère de la Défense de 2017 à 2022, a mis en place une politique très volontariste de ce point de vue-là, à travers son plan de mixité, qui, selon certains, a forcé parfois à l'évolution des femmes dans la hiérarchie militaire.

Un plan qui prévoit d'intégrer systématiquement une femme dans les jouets des concours et d'en adapter les effrayes sportives, des mesures de discrimination positive qui ne sont pas au goût de tous, certains y voyant un traitement de faveur ou un effet vitrine. Enfin, la dernière loi de programmation militaire affiche un objectif ambitieux, doubler la part de femmes parmi les généraux d'ici 2025. En effet, même si on constate une féminisation des armées, elle varie grandement selon les services et les unités. Les femmes ne sont que 9% parmi les officiers généraux et que, ou même pas 7%, parmi celles qui sont envoyées en OPEX.

A l'inverse, elles sont surreprésentées dans les services de santé dans lesquels elles représentent 60% des effectifs. C'est ce dont nous avons discuté avec Marilyn Gigac-Généraux, médecin général des armées, première femme et femme métisse à avoir dirigé le service de santé des armées. Dans son livre général, elle raconte son parcours et on en a parlé. On espère que cette discussion vous plaira. N'hésitez pas à nous faire savoir en commentaire et à vous abonner à la chaîne pour nous soutenir. C'est important. Merci. Vous écrivez, au nom des femmes militaires, il n'est pas question de flancher. Pourquoi ?

1:42
Invité politique

Imaginez, moi je suis entrée à l'armée dans la quatrième promotion féminisée du service de santé des armées. Et déjà à l'époque, nous étions regardées à la loupe parce que tout le monde se demandait si des femmes allaient pouvoir suivre l'entraînement militaire, allaient pouvoir s'en sortir. Et c'était un monde, évidemment, vous vous en doutez, éminemment masculin. Nous mettions un point d'honneur à ne pas flancher notamment au moment des stages militaires auxquels je fais allusion dans le livre. Et finalement, alors que nous allons fêter le cinquantenaire de la féminisation cette année, en 2023, eh bien je me rends compte que c'est toujours la même question.

C'est-à-dire qu'il ne faut pas flancher.

2:32
Invité

Vous diriez-vous que la difficulté, la question se pose encore de la féminisation, y compris 50 ans après le début ?

2:40
Invité politique

Il y a eu énormément de progrès effectués à grades et qualifications égales. Égalité salariale entre les hommes et les femmes au sein des armées. Très important. L'enjeu est double aujourd'hui. Premièrement, c'est l'accès à des postes de commandement. Et je suis fière d'avoir été la première à qui on a confié le commandement d'une entité militaire complète. Mais le deuxième enjeu, c'est de supprimer le terme « première ». Quand on ne parlera plus des premières et des pionnières, là, on pourra dire que la féminisation est passée.

3:17
Invité

Est-ce qu'on doit favoriser des quotas, par exemple ?

3:19
Invité politique

Je rappelle que moi, quand je suis entrée à l'armée, il y avait des quotas restrictifs. Pour les femmes, il y avait un quota de, à l'époque, c'était 15%. Donc, on prenait 200 garçons et 30 filles sur les deux écoles à l'époque. Au jour d'aujourd'hui, il n'y a plus de quotas restrictifs à l'entrée du service de santé des armées, par exemple. Et c'est pour ça qu'on est à 60% de féminisation, comme en milieu civil. Est-ce qu'il faut maintenant des quotas positifs ? Là aussi, je rêve du moment où cette question n'aura plus d'objet. C'est-à-dire où on ne parlera plus de discrimination positive. Pourquoi ? Parce qu'il y a un rattrapage à faire actuellement.

Pour les postes de commandement, lorsque, à qualification égale, vous avez... Je parle du milieu militaire, qui est celui que je connais. Vous avez un homme et une femme en lice. Autrefois, c'était systématiquement l'homme qui était choisi. Il y a donc quelque part du temps à rattraper. Et je pense que, personnellement, ça ne me gêne pas si on dit, cette fois-ci, on choisit une femme. Ah, je le dis bien, à qualification et compétence égale. Donc, oui, je suis pour la discrimination positive, parce que c'est le seul moyen d'accélérer les choses.

Il faut qu'on arrive à une normalisation, où le regard qui sera porté sur une femme officière générale, le sera sur une générale, c'est-à-dire sur des étoiles qui sont des insignes de commandement, plutôt que sur le fait qu'elle est une femme.

5:00
Invité

Et pourtant, quand vous, en juin 2017, avant justement d'être nommée par la ministre, vous concluez un entretien avec un haut gradé, il vous dit, et c'est le prologue du livre, si vous êtes choisie, ce ne sera ni parce que vous êtes une femme, ni parce que vous appartenez à une minorité visible. Donc, on n'a pas fait un sujet de ça, de votre féminité, pour vous.

5:24
Invité politique

Alors, initialement, quand ce haut gradé m'a dit cela, j'ai compris l'inverse. C'est-à-dire que souvent, vous savez, quand on évoque le fait que vous êtes une femme ou que vous appartenez à une minorité visible, en disant, non, non, mais ça n'a pas d'importance, il faut comprendre l'inverse. Donc, j'ai compris l'inverse. J'ai compris qu'il me disait que parce que j'étais une femme et parce que j'appartenais à une minorité visible, je ne serais pas choisie. Ce qui m'a donné une grande liberté, parce que je ne lâche jamais. C'est aussi une pomme chale dans mon livre. Nous ne lâchons rien. Et que ce haut gradé me dise cela, c'est quand même une preuve de modernité importante des armées.

50 ans, un peu moins en 2017, c'était 40 et quelques. Mais quand même, par rapport à, mesdemoiselles, mettez vos petites jupes serrées, vos petits escarpins. « Asseyez-vous là, vous ne pourrez pas monter dans les bus militaires, mais asseyez-vous là, soyez sages, soyez belles et taisez-vous. » En 50 ans, on arrive un haut gradé qui me dit « Le fait que vous soyez une femme ne sera pas pris en considération. »

6:34
Invité

Fabuleux. Est-ce que c'est des questions qu'on se pose depuis 200 ans dans les corps d'armée français ou est-ce que c'est vraiment apparu post-Seconde Guerre mondiale, post-68 ? Comment vous le voyez ?

6:44
Invité politique

Les guerres et les conflits ont toujours permis l'émergence du rôle des femmes, que ce soit comme combattante ou pour rester à l'arrière, pour assurer le fonctionnement du pays pendant que les hommes étaient au combat. Ça, ce n'est pas nouveau. Par contre, après chaque conflit armé, on oublie le rôle des femmes et on les a fait retourner à leur rôle initial. Ce qui est nouveau, et c'est un mouvement continu pour moi depuis 50 ans, c'est que petit à petit, les femmes s'inscrivent dans le paysage des armées. 16% de femmes en moyenne dans les armées actuellement…

7:27
Invité

Et c'est plus dans le service de santé ?

7:28
Invité politique

Dans le service de santé, c'est beaucoup plus parce que les armées sont le reflet de la société. Et c'est 60%, 62% dans le service de santé des armées comme dans la santé publique, finalement.

7:42
Invité

Et alors, sur la question de la minorité visible, vous dites à la fin que vous n'avez jamais considéré, enfin, vous avez toujours considéré votre condition de métisse, puisque votre mère est en tièse, comme une addition et non une soustraction.

7:55
Invité politique

Oui, vous avez vu que j'ai vécu en Lorraine, mais ma mère étant institutrice, nous avions droit à un congé administratif de 6 mois tous les 5 ans. Et donc, tous les 5 ans, j'allais vivre pendant 6 mois aux Antilles. Et je me sentais aussi à l'aise aux Antilles qu'en Lorraine, ce qui n'était quand même pas gagné d'avance. Je ne suis donc pas une semi-Lorraine ou une semi-Antillèse. Je suis les deux à la fois et je suis Lorraine plus Antillèse. C'est pour cela que c'est une addition et je considère que c'est une grande chance.

Par contre, autant ma mère, qui était plus foncée de peau que moi, a eu beaucoup de courage, je trouve, d'être la seule noire dans une école de filles à Ars-sur-Moselle, petit village près de Metz, et dit à l'écranement et d'avancer malgré tous ses regards qu'elle sentait sur elle et toutes ses remarques. On lui disait, vous venez d'où, vous ? Comme si le fait d'être bronzée ne pouvait être que l'indice qu'on était nés dans un pays étranger. Eh bien, elle m'a donné la fierté de ma couleur de peau, la fierté d'être un mélange, c'est-à-dire une addition. Et ça, je lui suis infiniment reconnaissante. Donc, voilà, c'est pour ça que j'ai parlé d'addition.

9:24
Invité

Et vous avez fait l'expérience d'un racisme dans l'armée ?

9:26
Invité politique

Une fois. Une seule fois. Sinon, aucun... Jamais aucune expérience de racisme. Vraiment jamais. Donc, c'est en cela que, contrairement à ce qu'on pourrait croire, je pense que les armées sont un environnement où la diversité est à la base de l'existence des armées. Parce que sans la diversité des soldats, sans la diversité, eh bien, les armées ne pourraient pas recruter suffisamment. Et on a vu qu'avec les conflits majeurs qui s'annoncent, peut-être, les moyens, en particulier humains, le volume des moyens humains est une question cruciale.

Donc, si on veut garder un modèle d'armée complet, un modèle capable de faire face à un conflit majeur, la question des moyens humains est absolument cruciale. Comment vous voyez

10:26
Invité

le confort qui grandit depuis des années dans nos sociétés occidentales ? Aujourd'hui, il y a beaucoup de mouvements sociaux en France et beaucoup de remarques de militaires que l'on connaît même nous nous font la remarque de la différence pour eux de leur perception entre parfois l'enfer qu'ils ont vécu dans des opérations militaires extérieures et ce qui leur semble être une vie facile, même si jamais c'est leur terme que j'emploie, pour certains Français qui se plaignent de leurs conditions. Les civils. Quelle est-vous votre perception de ça ?

10:57
Invité politique

C'est vrai que le fait d'être amené à exercer la spécificité du milieu militaire dans des environnements d'opérations extérieures permet de relativiser beaucoup de choses dans la vie quotidienne. C'est vrai qu'on oublie souvent à quel point en France on a un système de santé qui a des difficultés, mais on a un système de santé, on a une organisation de la société qui est relativement stable en France, c'est une démocratie, nous ne vivons pas dans une dictature. C'est vrai que mon atavisme antillais fait que j'ai tendance à voir le bon côté des choses et je pense qu'on l'oublie, on l'oublie souvent. Pourquoi aussi ?

Parce qu'on meurt à l'hôpital donc on a moins le contact avec la mort lorsqu'on est un Français où le grand-père ou la grand-mère ne décède plus à la maison. Donc souvent, on n'a pas vu de mort, on n'a pas vu de...

12:14
Invité

on n'est pas désinhibé.

12:16
Invité politique

On n'a pas été éduqué est un grand terme, on n'a pas eu l'occasion de réfléchir parce qu'il y a toute une réflexion spirituelle, une réflexion intellectuelle aussi ou une réflexion sociale sur la mort par exemple, la vie, la mort. Et donc, notre société est plus aseptisée peut-être qu'auparavant, ce qui ne nous confond pas à des situations extrêmes ou moins qu'auparavant.

12:48
Invité

D'ailleurs, l'hôpital public est en difficulté. Est-ce qu'il en va de même du côté militaire ou est-ce que le service de santé des armées s'en sort au mieux ?

12:58
Invité politique

On n'échappe pas. On est le reflet de la société et le service de santé militaire et le reflet éprouve les mêmes difficultés que le système de santé civile. La différence c'est peut-être que nous gardons notre mission en tête et notre mission c'est de soigner et sauver dans tous les environnements, y compris les plus extrêmes. Dans la chaleur du désert, dans l'humidité de la forêt équatoriale, dans le froid d'une haute montagne, sur un bateau, dans un sous-marin ou bien à bord d'un avion, notre rôle est toujours quel que soit l'environnement et parfois on a dans un sac à dos, sur le dos, tout notre équipement médical, c'est de soigner et sauver. Et ça, ça donne du sens.

En tant que directrice de l'hôpital Bégin, par exemple, j'ai eu affaire des médecins absolument râleurs au quotidien et qui se transformaient en des magnifiques soignants militaires à Gao. Et j'ai eu des discussions absolument extraordinaires à Gao avec mes personnels de Bégin que je n'avais pas du tout dans le contexte quotidien de Bégin.

14:17
Invité

Comment on vit une vie normale ou une vie civile après avoir connu de tels extrêmes sur des théâtres d'opérations, sur des opérations, comme vous disiez, que ce soit dans le désert, sur des bateaux, dans la montagne ? Comment on revient que ce soit pour vous ou pour d'autres militaires à une vie plus normale ?

14:37
Invité politique

Alors, ça n'est pas si évident que cela. C'est pour ça que nous mettons en place des sas au retour de munitions, c'est-à-dire deux, trois jours où on peut quitter l'environnement de l'opération extérieure pour s'exprimer sur ce qu'on a vécu et pouvoir revenir à une vie normale. Même si, à l'heure actuelle, tous les soldats peuvent communiquer même au fin fond du désert avec leur famille assez régulièrement, néanmoins, le retour à la vie quotidienne effectivement nécessite une certaine réadaptation.

et je ne sous-estime pas le rôle des épouses ou des époux, enfin des compagnons de vie parce que ce n'est pas plus évident pour eux d'assurer le fonctionnement de ce qu'on appelle nous la base arrière, c'est-à-dire la maison pendant que le militaire est en opération et de l'accueillir quand il revient et de lui redonner sa place. Je n'oublie pas le mérite infini qu'ont les compagnons de vie des militaires.

15:48
Invité

C'est un dévouement à la famille et au couple presque autant que le militaire se dévoue à la nation.

15:56
Invité politique

Oui, Florence Parly disait c'est toute une famille qui s'engage quand un militaire s'engage mais c'est vrai. Moi je dois énormément à mon mari et je n'aurais pas pu faire la moitié de ce que j'ai fait si je n'avais pas eu un mari qui a assumé et assuré pendant que moi j'exerçais les aspects spécifiques de mon métier.

16:20
Invité

Mais qui est militaire aussi d'ailleurs.

16:21
Invité politique

Il est militaire aussi absolument.

16:23
Invité

Quand on est au service de santé des armées quand on est le médecin des soldats on a peut-être une responsabilité dans leur survie.

16:34
Invité politique

Ce n'est pas peut-être.

16:35
Invité

On a une responsabilité dans leur survie. Comment est-ce qu'on comment est-ce qu'on intègre cette responsabilité par rapport à la hiérarchie ? La hiérarchie qui prend des décisions d'engager ou pas un combat d'aller à tel ou tel endroit et qui elle aussi est responsable de la survie de ses troupes. Qui porte cette responsabilité et comment on s'insère en tant que médecin vis-à-vis des supérieurs qui ont pris des décisions qu'on n'assume pas mais sur lesquelles on peut se sentir responsable ?

17:07
Invité politique

Préserver la vie de ses soldats de ses subordonnés c'est une des responsabilités les plus lourdes quand on est en situation de commandement et tous les militaires en situation de commandement en ont une conscience aiguë ce qui fait qu'il n'y a pas une opération qui soit organisée donc prévue, planifiée et organisée sans se préoccuper de l'élément santé est-ce qu'il y aura un hélicoptère pour évacuer des blessés et quelle que soit l'opération y compris des forces spéciales tous les types d'opérations où sera le médecin et vous savez que c'est la doctrine française que les médecins et les infirmiers accompagnent les soldats où qu'ils aillent alors que les américains par exemple mettent des paramédics c'est-à-dire des infirmiers un peu bien formés donc nous on les accompagne où qu'ils soient et lorsque les opérations sont planifiées il y a un médecin au centre de planification des opérations qui est là pour dire attention voilà ce que je peux vous proposer comme élément santé on peut les mettre là on peut les mettre là on peut les mettre là parce qu'il y a les médecins généralistes si vous voulez qui font de la réanimation de l'avant qui sont avec les soldats mais il faut souvent prépositionner un bloc opératoire pour pouvoir sauver la vie des soldats qui sont blessés en attendant qu'ils arrivent au bloc opératoire en dur qui est sur le théâtre d'opérations et qu'ils soient rapatriés sur le territoire national c'est la doctrine actuelle des opérations extérieures des corps expéditionnaires donc c'est où prépositionne-t-on le bloc opératoire souvent sous tente donc c'est pris en compte parce que les médecins participent à la planification des opérations et sont très écoutés par le commandement parce que c'est une responsabilité la France n'abandonne jamais ses soldats et donc c'est une réalité quotidienne

19:15
Invité

il y a des nations qui le font d'abandonner leurs soldats

19:17
Invité politique

regardez l'actualité hélas

19:20
Invité

par rapport à à ce que l'on voit beaucoup du coup ces derniers temps notamment en Ukraine et la peur que ça escalade dans des conflits chauds au-delà même de la région ukrainienne et russe quel est-vous votre regard sur le potentiel retour de la guerre sur des pays développés comme sur le sol européen et même est-ce que ça nous rappelle que la guerre n'avait jamais vraiment disparu est-ce qu'il y a une réalité militaire et est-ce qu'il n'est pourtant plus une réalité civile aujourd'hui en France

19:48
Invité politique

alors c'est vrai qu'après la chute du mur de Berlin on avait vraiment pensé qu'on entrait dans une ère de paix permanente sur le continent européen ce qui explique d'ailleurs les coupes qui ont été faites dans les budgets des armées et puis malheureusement l'actualité est là pour nous rappeler que non la guerre est aussi vieille que l'humanité sur terre et nous devons nous nous préparer effectivement à l'éventualité dont on espère qu'elle ne se réalisera jamais d'une guerre sur notre territoire national 2000 kilomètres ce n'est quand même pas si loin que cela c'est même tout près les armées réfléchissent actuellement à ce qu'on appelle un conflit de haute intensité une guerre majeure qui nécessite beaucoup de moyens et une autre organisation et pour nous le service de santé des armées je vous ai parlé tout à l'heure de la prise en charge des blessés et de leur rapatriement dans un hôpital militaire sur le territoire national en 24 heures 25 heures très exactement en moyenne et bien il est évident que s'il y a un afflux massif de blessés on ne pourra plus un à un évacuer les blessés vers un hôpital en France si le conflit est ailleurs il va falloir s'appuyer sur le système de santé et les hôpitaux présents sur le territoire où aura lieu le conflit c'est pour cela que depuis les attentats de Paris nous nous entraînons avec le SAMU et avec le système de santé publique au triage des blessés nous essayons de leur transmettre au système de santé publique notre savoir-faire triage des blessés évacuation enfin prise en charge sur place aussi longtemps que l'évacuation vers un hôpital en dur n'est pas possible

21:52
Invité

et j'avais même une question peut-être plus philosophique derrière ça mais comment on vit notre réalité une réalité de militaire de on ne souhaite pas la guerre et je pense que personne ne la souhaite et d'un autre côté c'est celle qui à la base justifie notre métier

22:07
Invité politique

l'éventualité de se préparer aux crises c'est un c'est une nécessité absolue et nous les militaires nous savons très bien imaginer les scénarios les plus durs les plus les plus improbables parce que nous avons appris que même l'improbable peut se produire donc c'est notre rôle c'est un devoir que nous avons envers les français puisque le rôle des armées c'est de défendre les français et les intérêts supérieurs de la nation c'est notre devoir de nous y préparer

22:40
Invité

il y a eu il y a quelques années une tribune dans Valeurs Actuelles où justement beaucoup de généraux et militaires étaient sortis de leur devoir de réserve c'est des anciens je crois des retraités c'est des anciens mais certains y étaient et justement ça avait posé beaucoup de renons quelle est la limite de ce devoir de réserve et à quel moment un général une générale un militaire une militaire doit ou se sent devoir sortir de ce devoir de réserve là

23:08
Invité politique

jamais le devoir de réserve est intangible ça fait partie de la neutralité et de la loyauté qui est demandée aux militaires nous sommes dans une démocratie donc c'est le président de la république c'est à dire un homme politique civil un homme politique qui est à la tête des armées et le chef d'état-major des armées qui est l'un des militaires le plus haut gradé de France est là pour conduire les opérations mais celui qui décide d'engager les armées françaises dans une opération dans une guerre a fortiori c'est le président de la république cette subordination des armées au pouvoir politique est à la base de la solidité d'une démocratie donc la neutralité est absolument fondamentale les armées ne peuvent pas dire non mais moi j'obéis au président de la république s'il est de gauche mais pas s'il est de droite ou vice versa ce n'est pas possible ce devoir de réserve c'est une responsabilité qui est intangible pour moi et en sortir ça tétanise tout le monde parce que ça introduit un risque dans notre démocratie

24:26
Invité

c'est vrai que ce risque on voit dans beaucoup de coups d'état l'armée impliquée lorsqu'elle se mêle de politique c'est toujours dangereux ou les gradés qui embarquent avec elle et puis ça crée du coup aussi une scission d'autorité au sein du pays qui du coup crée une crise d'autorité parce que l'armée par le respect qu'on a de sa fonction et de son rôle dans notre pays a cette valeur d'autorité même sur le peuple

24:55
Invité politique

alors d'autorité sur le peuple je ne sais pas trop ce que nous sommes au service du peuple français

25:02
Invité

donc une crédibilité dans ces signes en rose qu'on se dit que si jamais l'armée sort de son devoir de réserve c'est qu'il y a danger et donc il faut l'écouter et c'est là où je dis qu'il y a un danger de sortir de ce devoir de réserve

25:14
Invité politique

alors on a eu un président de la république qui était un officier général mais dans des circonstances absolument exceptionnelles en effet

25:20
Invité

moi j'ai une dernière question qui concerne le bizutage parce que c'est quelque chose qui a été courant dans la plupart des études supérieures mais beaucoup alarmées aussi vous en faites mention au début du livre avec une expérience qui ne semble pas traumatique et en même temps je voulais savoir si vous avez un regard là-dessus est-ce que intégrer des nouveaux des bisous c'est quelque chose qui si ça reste dans le cadre disons raisonnable peut être bon enfant et important ou vous le condamnez

26:01
Invité politique

le bizutage pour moi doit être interdit et je suis très claire là-dessus et très heureuse qu'il ait été interdit et il y a bien d'autres moyens d'intégrer des nouveaux arrivants dans une dans une école que de les bizuter et je notre bizutage à nous a été bon enfant mais il y avait quand même un risque dérapage donc non je suis très claire le bizutage doit être interdit l'intégration peut se faire de bien des façons mais surtout en partageant le sens on peut donner du sens en permettant aux nouveaux arrivants de se sentir inscrit dans une lignée de médecins qui ont fait preuve de courage au combat enfin pour soutenir les combattants et vous savez que le courage c'est une force intérieure qui vous pousse à y aller lorsque vous avez évalué les risques et que le niveau de risque a été évalué comme élevé vous risquez votre vie vous savez que vous risquez votre vie si vous le faites et pourtant vous y allez pourquoi ?

parce que vous gardez en tête le sens pourquoi vous le faites ?

vous le faites pour protéger les français ou pour protéger des civils qui vont être victimes d'exaction ou pour sauver nos soldats on a une infirmière par exemple qui pèse 60 kilos toutes mouillées et qui en Afghanistan a tiré alors que les feux alors que les balles sifflaient a tiré un lourd combattant et ils font plus de 100 kilos avec leur barda elle l'a tiré à l'abri pour pouvoir lui injecter de la morphine contre la douleur et lui poser une perfusion donc ce courage là vous ne pouvez pas savoir si vous allez en faire preuve pouvoir en faire preuve dans les circonstances hostiles mais vous voyez c'est en nous en nous inscrivant dans la lignée de médecins militaires ou d'infirmiers militaires qui ont fait preuve de ce courage au combat ou qui ont fait preuve de leur excellence scientifique et en nous rappelant le sens de la mission je pense que c'est comme ça qu'on intègre qu'on intègre les jeunes élèves et d'ailleurs ça donne envie de se surpasser et c'est bien ce qui donne du sens c'est d'avoir envie de se surpasser de savoir pourquoi on veut le faire et je pense que le visitage n'a pas d'objet vous voyez par rapport à ces enjeux là

28:44
Invité

c'est la fin de cette interview on espère qu'elle vous aura plu dites le nous en commentaire et surtout abonnez-vous abonnez vos proches à la chaîne Le Crayon c'est important pour nous soutenir merci et à bientôt et à bientôt

28:53
Locuteur

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