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InterviewC à vous (sur YouTube)· 9 décembre 2020 7 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéJusticeInstitutions & élections

Contrôle au faciès : Macron suscite la colère des policiers - C à Vous - 08/12/2020

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 50 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:20OuverteÉludée

    En termes de violences policières, vous l'avez utilisé pendant votre campagne. Pourquoi ?

  • 0:51OuverteRéponse partielle

    Il y a des violences policières, il y a des contrôles faciels, Stanislas Godon.

  • 3:50ComplaisanteRéponse partielle

    En même temps, les policiers veulent qu'on les aime, mais qu'on pose les vraies questions, sans forcément les...

  • 4:06OuverteRéponse directe

    Ce n'est pas une réalité que ce sont plutôt des hommes qui sont contrôlés, plutôt des jeunes hommes, et que ce sont plutôt des hommes de couleur ?

  • 5:20OuverteRéponse partielle

    Oui, c'est toute la question du contrôle et de la condamnation des policiers.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:36Invité politiqueFait
    « Je peux vous dire qu'il y a des violences policières, si ça vous fait plaisir que je le dise. »
  • 0:43Invité politiqueFait
    « Je me suis aperçu que pour beaucoup de gens qui ont un projet politique et qui veulent simplement affaiblir, décrédibiliser la police, c'est devenu un slogan. »
  • 3:52InvitéFait
    « Ils ne sont pas institutionnels. »
  • 4:08InvitéFait
    « Non, ça ne veut rien dire. Dire ça, ça ne veut rien dire. »
  • 5:04InvitéChiffre
    « D'abord, pour juste la mesure, il y a eu 3 dossiers de contrôle au faciès où l'État a été condamné, sur des millions de contrôles d'identité. »
  • 6:32InvitéFait
    « Et les policiers, c'est le bouclier, on a l'habitude de dire, c'est le bouclier de l'État, le rempart de la République. »

Temps de parole

  • Invité48 %
  • Invité 229 %
  • Présentateur16 %
  • Emmanuel Macron7 %

8,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

C'est dans ce contexte en pleine polémique sur les violences policières qu'Emmanuel Macron a donc décidé d'organiser en janvier un beau veau de la sécurité. Il l'a annoncé ce matin en réponse à une lettre d'Yves Lefebvre, secrétaire général du syndicat Unité SGPFO, qui lui avait écrit lundi pour lui faire part de la colère des policiers, colère accentuée par ces mots du président vendredi lors de son interview face aux journalistes de Brut.

0:20
Emmanuel Macron

En termes de violences policières, vous l'avez utilisé pendant votre campagne. Pourquoi ? Parce que les choses sont en train de se transformer très fortement et que maintenant c'est devenu un slogan. C'est ce terme de violences policières que vous avez utilisé vous-même. Mais je n'ai pas de problème à le redire. Mais dites-le, pourquoi vous ne l'avez pas ? Je le déconstruis en disant qu'il y a une violence des policiers. Il y a des violences de policiers. Je peux vous dire qu'il y a des violences policières, si ça vous fait plaisir que je le dise. On ne va pas jouer à ni oui ni non. Je veux dire, ce n'est pas ça le but.

Je me suis aperçu que pour beaucoup de gens qui ont un projet politique et qui veulent simplement affaiblir, décrédibiliser la police, c'est devenu un slogan.

0:51
Présentateur

Il y a des violences policières, il y a des contrôles faciels, Stanislas Godon. C'est ce qu'a dit en substance Emmanuel Macron.

0:58
Invité

C'est-à-dire qu'au bout de quatre questions, il cède finalement au slogan qu'il dénonce. Et ça, pour les policiers, c'était insupportable de dire que le terme de violence policière, c'est quasiment dire que c'est institutionnel. Et du coup, ça donne du crédit à tous ceux qui disent que lorsqu'il y a un usage de la force légitime, je rappelle que la police nationale, la gendarmerie nationale peuvent faire l'usage de la force. C'est prévu par la loi, dans un cadre réglementaire disproportionné, bien sûr. Mais je ne crois pas que soit institutionnelle la violence policière. Il y a des violences de policiers. Et ça, c'est ce qu'il dit au début.

1:34
Présentateur

Et ensuite, il va jusqu'à dire violence policière.

1:36
Invité

Exactement.

1:37
Présentateur

Et les contrôles au faciès, c'est une réalité aussi.

1:40
Invité

D'abord, ce qu'il faut dire concernant Emmanuel Macron et la police, c'est que la police, en gros, je pense qu'elle ne supporte pas qu'on l'aime à moitié. Ça ne se voit pas quand on voit mon voisin, mais les policiers sont fragiles. Et donc, ils veulent qu'on les aime totalement et complètement. François Mitterrand, Emmanuel Macron n'est pas François Mitterrand, François Mitterrand avait réussi, alors qu'il était de gauche, socialiste, etc., à créer un lien privilégié avec la police en apportant de la modernisation et de l'argent.

2:07
Présentateur

Et de la critique aussi ?

2:08
Invité

Et de la critique, absolument. Rappelez-vous de Pierre Jox à l'époque, qui justement est un des rares ministres de l'Intérieur, à avoir réussi à manier la carotte et le bâton. C'est-à-dire qu'il était à la fois un code de déontologie, etc., et en même temps, beaucoup d'argent et la modernisation. Nicolas Sarkozy, lui, il a joué sur un autre registre, c'est celui de l'amour, etc. Je suis le complice des policiers. Et après, derrière, François Hollande s'est évidemment complètement planté, puisqu'il a mis les policiers dans la rue en allant voir, je ne sais pas si vous vous en souvenez, le fameux blessé Théo à l'hôpital. Et derrière arrive donc M.

Darmanin aujourd'hui, qui lui, il essaye un peu de faire du Sarkozy, c'est-à-dire qu'en gros, il est plutôt sur la ligne Sarkozy, mais il a beaucoup moins de relations dans la police.

2:48
Présentateur

Oui, il dit aux policiers qu'il ne les abandonnera pas.

2:50
Invité

Absolument, il a beaucoup moins de relations que Nicolas Sarkozy dans la police, donc c'est beaucoup plus compliqué pour lui. Et en même temps, il y a Emmanuel Macron derrière, qui fait son « en même temps », c'est-à-dire, d'un côté, comme s'il pensait que les policiers n'allaient pas écouter brut, on dirait. C'est-à-dire que d'un côté, il parle aux adultes, et de l'autre côté, il parle aux enfants, mais il ne dit pas la même chose. Et puis les enfants et les adultes, ils se regardent, mais regardez ce qu'il a dit. Il ne le tient pas. Donc c'est un discours légèrement schizophrène aussi.

Et ça me rappelle, je ne sais pas si vous vous souvenez d'une photo d'Emmanuel Macron, quand il était allé à Angoulême au festival, où tout d'un coup, ça avait complètement déstabilisé les policiers. Il avait pris un t-shirt dédicacé par le dessinateur Gilles, avec un LBD. Et tout d'un coup, les policiers, c'est vrai qu'Emmanuel Macron a cette habitude de jouer un coup à droite, un coup à gauche, un coup à gauche. Et ce n'est pas forcément fait avec autant de subtilité que le faisait François Léthéran.

3:38
Présentateur

En même temps, les policiers veulent qu'on les aime, Stanislas Godon, mais qu'on pose les vraies questions, sans forcément les... Enfin, on peut poser des questions sans fâcher, sans...

3:47
Invité

À condition qu'on soit mesuré dans les propos, et qu'on ne soit pas dans la caricature.

3:50
Présentateur

Il n'y a pas de contrôle au faciès, Stanislas Godon ?

3:52
Invité

Ils ne sont pas institutionnels. Et ça, c'est ce qu'a sous-entendu le président de la République. Et ça, c'est plutôt grave. En plus, il reprend, je dirais, en boucle, un rapport du défenseur des droits de 2017, dont il y aurait beaucoup à dire, et dire qu'il y a des contrôles...

4:03
Présentateur

Ce n'est pas une réalité que ce sont plutôt des hommes qui sont contrôlés, plutôt des jeunes hommes, et que ce sont plutôt des hommes de couleur ?

4:08
Invité

Non, ça ne veut rien dire. Dire ça, ça ne veut rien dire. Les policiers, ils font des contrôles d'identité en fonction de la population, évidemment, qu'ils ont sur le terrain, en fonction des délits et des crimes commis, en fonction des réquisitions du procureur, qui sont, je rappelle, nombreuses, et en fonction aussi, un peu, de leur faire policier. Parce qu'il y a des quartiers qui sont... Si, par exemple, vous allez contrôler la Goudor, vous n'allez pas me dire que vous allez contrôler forcément que des Blancs. Bon, eh bien, partant de ce postulat-là, ou alors, il faut qu'on mette sur la table les statistiques ethniques qui sont interdites au sein de, je dirais, de notre Constitution.

Seuls les chercheurs ont le droit de faire un travail statistique, mais dans ce cas-là, faisons-le. Parce que nous, on ne choisit pas notre délinquance, croyez-moi. Le policier, il ne se lève pas le matin en disant, aujourd'hui, je vais contrôler 50 Arabes, 30 Blacks, 50 Asiatiques, et puis 3 Français. Ça ne marche pas comme ça. Ce n'est pas comme ça que ça marche dans la police. Et c'est pour ça que cette caricature du contrôle au faciès, d'abord, pour juste la mesure, il y a eu 3 dossiers de contrôle au faciès où l'État a été condamné, sur des millions de contrôles d'identité, sur des millions d'interventions. Donc, je crois qu'il faut un peu relativiser les propos.

5:20
Présentateur

Oui, c'est toute la question du contrôle et de la condamnation des policiers. On critique souvent la lenteur de l'IGPN, et le fait que, bien souvent, ce qui n'a pas été le cas dans l'affaire Zéclair, les policiers ne sont pas démis de leurs fonctions, ne sont pas relevés de leurs fonctions, ni même condamnés.

5:35
Invité

C'est vrai, dans la lettre que le syndicaliste, le patron du syndicat Unité SGP a envoyé à François...

5:41
Présentateur

À Emmanuel Macron.

5:42
Invité

À Emmanuel Macron, évidemment. Il parle d'un déni de réalité. Et je crois que c'est ça, exactement, ce qui déstabilise complètement les policiers. C'est que quand Emmanuel Macron dit cette phrase, eux, ils ont envie de lui dire... Non, mais attendez, moi, je me lève tous les matins, je sors du commissariat d'Aubervilliers, je prends au hasard, de Bobigny, de Drancy, et je vais au boulot. Est-ce que vous croyez que, alors que l'État me demande d'aller lutter contre le trafic de drogue, parce que je rappelle que c'est la grande priorité du moment, que M. Darmanin a dit, voilà, trafic de stupes, donc vous faites des points de deal.

Quand vous faites les points de deal, moi, j'enquête sur ces points de deal, j'y vais régulièrement, pas pour me fournir, mais pour regarder comment ça se passe, et je constate qu'effectivement, au pied de ces tours et dans ces quartiers-là, où on a accumulé l'immigration depuis un demi-siècle, c'est extrêmement difficile. Donc à partir de là, ça crée de la tension. Ça crée énormément de tension.

Et les policiers, c'est le bouclier, on a l'habitude de dire, c'est le bouclier de l'État, le rempart de la République, c'est eux qui sont aux premières lignes-là, et ils en prennent plein la gueule, mais ils ne vont pas non plus, quand il y a un dealer en bas d'une tour, ils ne vont pas regarder d'abord s'il est blanc ou noir, ou jaune ou vert. Ils vont regarder s'il fait du deal, ils s'en foutent de sa couleur a priori. Et donc c'est là, c'est ça que j'ai compris dans le courrier qui a été envoyé au président de la République, c'est là où ils se disent, mais attendez, dans quel monde vit ce président de la République, est-ce qu'il sait ce qu'on vit tous les jours ?

C'est ce qu'ils ont voulu dire et exprimer. Et c'est pourquoi aujourd'hui, pour se rattraper, Emmanuel Macron va faire ce Beauvau qui est un peu, voilà, il a mis le feu, maintenant il est obligé de faire ça et d'aller à cette réunion majeure.