Budget, un 49-3 incontournable ? - Jordan Bardella est l'invité des 4 vérités du Lundi 28 octobre 2024
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à tous, bienvenue dans les 4V, Jordan Bardella. Le gouvernement confirme ce matin qu'il doit trouver encore 5 milliards d'euros dans les économies pour le budget de l'année prochaine. Et parmi les pistes, il y a la création d'une nouvelle journée de solidarité, en clair un jour férié en moins. Est-ce que vous pourriez être favorable à cette proposition pour faire des économies ?
Bonjour M. Daré. D'abord, moi je trouve ce budget et l'esprit général de ce budget profondément injuste parce que c'est un budget qui en réalité fait les poches de la France du travail et qui ne s'attaque pas aux économies de bon sens qui sont aujourd'hui attendues par les Français. On veut augmenter encore davantage la contribution au budget de l'Union européenne. On s'apprête à augmenter les taxes sur l'électricité et à prendre tout un tas d'arbitrages budgétaires qui à mon avis sont néfastes à l'intérêt du pays. Eh bien écoutez, parlons de la discussion budgétaire.
Moi je suis député européen donc je ne siège pas à l'Assemblée nationale mais évidemment j'ai suivi avec grand intérêt le travail notamment de nos députés, le travail de mon groupe qui est le premier de l'Assemblée nationale. Nous avons été les seuls avocats de la France du travail. Les macronistes et les républicains, c'est-à-dire la majorité, même substantielle, mais majorité de Michel Barnier ont totalement déserté les bancs de l'Assemblée nationale.
Ce qui veut donc dire que tout ça est un simulacre de démocratie et qu'en réalité derrière l'intention de Michel Barnier de dialoguer avec les oppositions, se cache un 49-3 qui va venir être utilisé pour imposer au Parlement et donc aux Français un budget qui ne correspond pas aux souhaits d'une majorité de Français. Donc il ne faut pas être dupe de ce qui est en train de se passer. Et face à la gauche qui fait preuve, je le dis, d'un sadisme fiscal sans nom qui rivalise l'inventivité pour augmenter les taxes sur les bouteilles d'eau, pour augmenter les taxes sur les impôts de production, pour augmenter les taxes sur les chaudières à gaz, etc.
Il n'y a qu'un rempart face à la France du travail, c'est les députés du RN. Et je me félicite de leur travail. Si 49-3, est-ce que les députés du RN voteront une motion de censure ? Ça fait partie des possibilités. En tout cas, ma décision n'est pas encore tranchée. Nous en discuterons avec l'ensemble de mon groupe, avec évidemment Marine Le Pen, mais évidemment que le gouvernement s'expose à une motion de censure parce que les choix qui sont faits sont des choix cyniques, tant sur le fond que sur la forme. Et face à cela, les économies ne sont pas faites.
Évidemment que le travail et l'action des députés du RN portent ses fruits, mais lorsqu'on apprend il y a quelques jours qu'on veut augmenter le budget de l'aide médicale d'État, c'est-à-dire de l'enveloppe allouée aux soins pour les étrangers... Écoutez, on a une enveloppe qui est dédiée aux soins gratuits pour les étrangers en situation irrégulière, et de l'autre, on dérembourse des soins pour nos compatriotes, et notamment pour nos compatriotes les plus précaires, ce qui va évidemment provoquer, je parle de l'ajustement du ticket modérateur, une augmentation des prix députés et un ajustement des contrats.
Ça, c'est à partir de cette semaine l'examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale.
Jordan Bardella, ma question, vous n'y avez quand même pas répondu, est-ce que, oui ou non, vous êtes favorable à la suppression, par exemple, d'un jour férié pour faire des économies ?
Non, mais ce n'est pas le sujet aujourd'hui. Je veux dire, je pense qu'il y a des sujets de fonds qui se posent dans ce budget, et moi, je pense que l'un des enjeux aussi, dans le cadre de cette discussion budgétaire, c'est de relancer la croissance. Il faut évidemment lutter contre la mauvaise dépense publique, lutter contre les gaspillages, mais au-delà de ça, on aura besoin de nos entreprises, on aura besoin de créer de la richesse, de créer de l'activité économique, pour également affronter ce mur.
Les fonctionnaires semblent aussi, dans le viseur du gouvernement, le ministre qui est en charge propose de passer le jour de carence des fonctionnaires, le nombre de jours de 1 à 3, et la prise en charge, justement, pendant les arrêts maladie, ce serait non plus de 100%, mais de 90%. Ça vous y êtes favorable ?
Je suis favorable à cet ajustement entre les fonctionnaires et les salariés du privé, à une seule condition, c'est que ces potentiels 900 millions d'euros qui seraient économisés par la batterie de mesures qui ont été annoncées par le ministre de Travail puissent être utilisées pour financer des mesures en faveur du pouvoir d'achat, et notamment puissent permettre de payer les heures supplémentaires d'un certain nombre d'agents de la fonction publique qui ne sont pas payés, je pense par exemple aux agents de la pénitentiaire ou à nos forces de l'ordre.
Aujourd'hui, le président de la République entame une visite d'État au Maroc, il y aura à ses côtés le nouveau ministre de l'Intérieur, Bruno Rotaillot, qui se veut très offensif sur le volet de l'immigration. Il veut contraindre le Maroc à reprendre ses ressortissants qui ont été arrêtés en situation irrégulière. Est-ce que vous lui faites crédit de son engagement sur cette question ?
Non seulement je ne suis pas fait crédit, mais je suis en faveur de cette mesure et de ce rétablissement de liens diplomatiques, ne serait-ce qu'avant de discuter, il faut rétablir des liens diplomatiques avec des pays du Maghreb. Or, on s'aperçoit que depuis maintenant 7 ans, Emmanuel Macron a réussi l'exploit de nous fâcher et avec l'Algérie et avec le Maroc. Le Maroc est un grand pays, c'est un pays sur lequel nous devons pouvoir compter demain et après-demain. Et moi, je pense qu'entre l'Est et l'Ouest, une partie de notre avenir se joue aussi au Sud. Et dans le cadre de la maîtrise des flux migratoires, nous aurons besoin évidemment de passer des accords avec les pays du Maghreb.
La difficulté devant laquelle nous sommes aujourd'hui confrontés, c'est qu'il y a beaucoup d'États, d'États africains, d'États du Maghreb, qui ne souhaitent pas reprendre leurs ressortissants et les profils que nous avons placés sous une OQTF, une obligation de quitter le territoire français. La France a le record de faiblesse en Europe d'inexécution, d'impuissance face aux OQTF. Donc, il faut discuter avec ces États et face aux États qui sont récalcitrants à récupérer leurs ressortissants, il faut utiliser des leviers diplomatiques très forts. Pas un visa, pas un centime d'euro d'argent public d'aide au développement pour les États qui refusent de récupérer leurs ressortissants.
C'est un principe clair, c'est un principe de fermeté qui doit nous permettre de faciliter le retour dans les pays d'origine de délinquants et de criminels étrangers qui n'ont rien à faire sur notre sol.
– Jordan Bardalia, est-ce qu'il faut faire payer l'entrée de Notre-Dame 5 euros pour financer la restauration des autres églises ? C'est ce que propose la ministre de la Culture, Rachida Dati.
– J'y suis favorable. Moi, comme beaucoup de Français, ce n'est même pas un lien avec la chrétienté. L'histoire de France a été imbibée, a été façonnée par la chrétienté. Et aujourd'hui, de voir nos églises qui tombent en ruines, ça fait mal à beaucoup de Français parce que c'est le patrimoine de notre pays, c'est le patrimoine de notre nation, c'est le patrimoine de tous les Français. Et face, effectivement, à cet impérissi, je crois utile, effectivement, d'en appeler aussi, de mobiliser toutes les forces vives de la nation pour permettre cette reconstruction et pour permettre l'entretien du patrimoine.
– Le diocesse s'y oppose, il y a un principe de gratuité dans les églises, on ne peut pas faire payer l'entrée.
– Écoutez, moi, lorsque nous avons travaillé sur la situation des comptes budgétaires de la nation, il y a quelques mois, dans le cadre des élections législatives, on s'est aperçu que la France était un pays qui vivait au-dessus de ses moyens et qu'il n'y a pas d'argent magique. Les temps économiques sont durs, ils sont difficiles, il faut avoir la vérité de le dire aux Français. Il faut faire d'un côté les bonnes économies, dans les mauvaises dépenses de l'État, je l'ai dit, mais il faut aussi assumer ce discours de réalité.
Et moi, je ne me résous pas à voir nos églises, notamment dans notre ruralité, dans les petits villages de France, nos clochers tombés en ruine, et donc tout ce qui doit être entrepris pour pouvoir rénover notre patrimoine doit être fait.
– Ce que je cherche, votre premier livre sortira en librairie le 9 novembre. Il y a des syndicats, notamment à la SNCF, qui s'opposent à ce qu'il y ait de la publicité qui soit faite dans les gares. Comment vous réagissez à cela ? Qu'est-ce que vous dites au patron de la SNCF ?
– Je crois qu'il y a aujourd'hui, chez une partie de la gauche et chez une partie notamment des syndicats d'extrême-hauche, une nostalgie des régimes totalitaires. C'est-à-dire qu'on considère qu'il y a des livres qu'on peut lire, il y a des livres qu'on peut vendre, et puis il y a des livres qu'on ne peut pas lire et qu'on peut vendre. Qui sont ces syndicats d'extrême-gauche ? Quelle est leur légitimité pour venir dire à une grande entreprise publique comme la SNCF que mon bouquin ne devrait pas être vendu, en tout cas qu'on ne devrait pas en faire la publicité ?
Je trouve que la manière dont l'extrême-gauche brutalise le débat, empêche le bon fonctionnement de la démocratie, est un scandale. Voilà. Donc moi je souhaite que, évidemment, l'extrême-gauche puisse être rappelée aussi à ses obligations et que cette campagne puisse avoir lieu sereinement. Mais je vais vous dire, plus ils tenteront d'interdire le livre, plus sans doute nos compatriotes seront tentés de l'acheter. Et donc ce livre est d'ores et déjà en précommande. Il s'est imposé en tête des ventes en quelques jours. Et donc j'appelle les Français, évidemment, à ne pas se laisser intimider par la gauche et par l'extrême-gauche.
Écrire un livre, c'est souvent une première étape vers une candidature à l'élection présidentielle. Est-ce que vous avez au fond de vous, je ne dis pas pour la prochaine élection, je ne veux pas vous dire que vous êtes en concurrence avec Marine Le Pen, mais est-ce que vous avez au fond de vous cette ambition présidentielle ?
J'ai l'ambition que les Français nous connaissent mieux. Et j'ai fait le constat, et peut-être la mère expérience lors des dernières élections européennes et législatives, qu'on est souvent attaqué, que j'ai souvent été attaqué sur des idées qui ne sont pas les miennes, sur des caricatures. Et j'ai voulu dire au fond... Vous n'en aviez aucun tort ? Évidemment que j'ai sans doute des torts, et je l'explique aussi dans ce livre, il faut savoir faire son autocritique, mais j'en ai assez d'être attaqué et critiqué pour des idées qui ne sont pas les miennes. Donc en me lisant, les Français comprendront réellement les idées qui sont les miennes.
Et puis j'ai voulu aussi leur faire partager un petit peu l'envers du décor, parce que quand on fait de la politique aujourd'hui, c'est difficile, c'est violent quand on est en première ligne. Et j'ai voulu qu'ils puissent, avec moi dans le cockpit, se rendre compte de ce que c'est que de faire de la politique aujourd'hui en 2024.
Jordan Bardella, pour terminer, question courte, réponse courte. Dans une semaine, les élections aux États-Unis entre Donald Trump et Kamala Harris. En termes de valeur, vous vous sentez le plus proche de qui ?
Je ne suis pas citoyen américain, et donc moi je respecterai le vote des électeurs américains. C'est de la langue de bois, ça ? Non, ce n'est pas de la langue de bois. Ce qui est clair, c'est que Donald Trump défend l'intérêt des Américains et défend une forme de fierté américaine. Et j'aime ce patriotisme, et j'aime ces dirigeants politiques qui font aussi passer l'intérêt des leurs et l'intérêt de leur pays et de leur nation, peut-être avant celui des autres.
Merci beaucoup Jordan Bardella.
Merci à vous. C'est à vous Samuel Lé.
Jordan Bardella