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interviewC dans l'air· 9 juillet 2025 9 min

Budget : 40 milliards à trouver...

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

et les 40 milliards d'économies nécessaires pour boucler ce budget. En attendant, F.Bayrou s'attelle à un serpent de mer: la réforme de l'Etat pour rendre la dépense publique plus efficace.

Sa recette: donner les manettes aux préfets. - A Chartres, ce matin, F.Bayrou n'est pas venu seul mais accompagné de 6 ministres.

Le symbole d'un Etat central fort venu annoncer des pouvoirs élargis aux préfets et tenter au passage de faire quelques économies. - F.Bayrou: Les préfets de département auront le pouvoir d'intervenir dans tous les dossiers qui dépendent de l'action de l'Etat.

C'est un moyen de rendre la dépense publique plus efficace, plus cohérente. Nous aurons moins d'argent public, quels que soient les gouvernements qui viendront. - Baisser les dépenses, faire avec moins d'argent public, c'est bien là l'obsession, la priorité de F.Bayrou, à une semaine de l'échéance: l'annonce de son plan d'économie de 40 milliards d'euros.

Un Premier ministre qui joue sa survie et un gouvernement qui tourne autour du pot depuis quelques jours. - A.de Montchalin: Nous n'allons pas sortir de la situation par les impôts.

Le ras-le-bol fiscal est dans notre pays. Ce n'est pas la boussole que nous avons. La boussole que nous avons, c'est quoi?

Réduire les dépenses qui ont beaucoup augmenté avec le covid et la crise. Il n'y aura pas de hausse d'impôts généralisée. - Voilà pour les promesses.

Mais alors, où trouver tous ces milliards? La piste qui tient la corde à Bercy, c'est l'année blanche, un gel des dépenses sans tenir compte de l'inflation. Les retraites, les prestations sociales seraient concernées.

Une très mauvaise solution pour la gauche comme pour la droite. - L.Wauquiez: Une année blanche ne doit pas être une année rouge cachée.

Les retraités paieraient plus. Les retraités paieraient plus. - E.Coquerel: Ce serait catastrophique.

Une institution qui travaille sur les questions d'économie a calculé que l'année blanche de l'Etat, y compris le gel des pensions, rapporterait un peu moins de 6 milliards. Ce n'est pas énorme sur les 40, et ça a un effet plus récessif pour toute la population défavorisée. - Les retraités seraient les grands perdants avec un revenu amputé de 350 euros par an contre 105 euros pour les foyers impactés par le gel de l'impôt sur le revenu.

De quoi pousser le RN à censurer le gouvernement. - J.-P.Tanguy: C'est une ligne rouge parce que c'est une forme de taxation.

C'est un vieux phénomène. Dans certaines traditions orales, on mord les pièces pour vérifier si elles sont bonnes. C'est une vieille technique de l'Etat français pour gruger les gens: jouer sur l'inflation. - Quoi qu'il arrive, l'année blanche ne suffira pas.

Certains proposent une autre cible: les ultrariches. 7 lauréats du prix Nobel d'économie appellent la France à adopter la taxe Zucman. Bercy envisage de réduire une niche fiscale: les dons aux associations. - O.Faure: On parle des Restos du Coeur, notamment.

On parle de tous ceux qui vivent principalement grâce aux dons des Français. On parle de réduire les déductions fiscales autorisées sur la base de ces dons mais avec un effet dont on connaît déjà le résultat. Vous aurez moins de dons et donc moins de budget. - F.Bayrou le sait, son budget ne fera que des mécontents.

L'ascension de cet Himalaya pourrait entraîner sa chute à l'automne. - C.Roux: L'ascension de l'Himalaya commence dans quelques jours avec la présentation des grandes pistes sur le budget.

Un mot sur cette histoire de préfets et de réforme de l'Etat. En quoi donner des responsabilités nouvelles aux préfets en matière de gestion des dépenses publiques peut aider à faire des économies et à réformer l'Etat? - D.Seux: C'est un peu flou.

La mesure la plus concrète qui peut avoir un effet sur les finances publiques, c'est ce que les préfets viseront, ou en tout cas devront autoriser les dépenses soumises par les agents sur leur territoire. En gros, centraliser et avoir un guichet unique. Mais ce n'est pas ça qui va résoudre la crise des finances publiques.

Le Premier ministre veut montrer qu'il est sur tous les terrains et qu'il n'est pas simplement sur le budget pour annoncer des mauvaises nouvelles. - C.Roux: La réforme de l'Etat, les économies sur le fonctionnement de l'Etat, F.Ecalle, je pense que vous en entendez parler depuis que vous avez commencé le métier. - F.Ecalle: Depuis des dizaines d'années, il y a une opposition entre 2 conceptions de l'organisation de l'Etat.

Dans la première, les ministres définissent les politiques publiques et donnent des instructions à des services locaux ou à des agences pour mettre en oeuvre les politiques en leur donnant les moyens budgétaires pour le faire. Ca paraît assez efficace. L'organisation budgétaire de l'Etat est complètement verticale.

D'un autre côté, des gens vont dire que pour que l'Etat soit efficace, il faut qu'au niveau local, il puisse s'adapter aux besoins. Il faudrait un coordonnateur, qui ne peut être que le préfet. Le balancier va plutôt du côté des préfets, après avoir été du côté des ministres pendant longtemps.

Mais ça va être très limité. En matière budgétaire, un préfet ne peut pas aller prendre des crédits d'entretien routier, par exemple, pour dépenser plus au profit de l'agriculture, du logement ou de je ne sais quoi. C'est complètement vertical.

L'Etat ne sait pas s'organiser. Les entreprises le savent. Elles ont des organisations matricielles.

Ca marche très bien. Dans d'autres pays, ça marche très bien. Dans les pays fédéraux, l'Allemagne, l'Espagne, les Etats-Unis, l'Etat n'a pas de services déconcentrés.

Ce sont des provinces. Le problème ne se pose pas. Nous payons le prix de notre jacobinisme, que nous ne savons pas gérer. - A.de Guigné: La réforme de l'Etat restera un des grands ratés des 2 quinquennats d'E.Macron.

Il avait commencé avec une forte ambition, CAP 2022. Il y avait de grands patrons qui avaient réfléchi à une réforme ambitieuse qui ressemblait à la réforme suédoise. Il y avait beaucoup de préconisations.

Tout cela a été enterré. Ca a duré 6 mois. Quelques économistes dedans étaient furieux.

Ils s'étaient donné beaucoup de mal. E.Macron ne l'a pas du tout porté.

Une telle réforme ne peut venir que de l'Elysée. Ca demande beaucoup d'impulsion politique. - D.Seux: Ca avait accouché de la suppression de l'ENA, ou plutôt du changement de son nom. - C.Roux: On va explorer ensemble les pistes qu'on a vues dans ce premier reportage.

Il y a eu la suppression, la fusion des opérateurs de l'Etat, des agences. Sur l'objectif de fusionner les agences de l'Etat, on a des économies énormes. - T.Porcher: Il n'y a pas de cagnotte cachée sur l'efficacité de l'Etat.

Quand on regarde la part de la dépense publique...