Présidentielle : les sondages chamboulent tout ! #cdanslair 02.10.2021
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonsoir à toutes et à tous. Éric Zemmour aux portes du second tour. C'est le sondage choc publié ce matin dans Aujourd'hui en France, qui place le polémiste toujours pas candidat à 15% dans les sondages, à un point seulement de Marine Le Pen. Cette possibilité d'une qualification au second tour change l'équation politique à 7 mois de la présidentielle. Alors comment expliquer ce phénomène, Zemmour, sa percée ? Quel est son électorat ? Comment les autres partis politiques réagissent-ils face à cette montée de l'extrême droite ? Où en est la gauche, notamment après la victoire sur le fil de Yannick Jadot à la primaire écolo ?
C'est le sujet de cette émission de ce C'est dans l'air, intitulé ce soir, Présidentiel, les sondages chamboulent tout. Pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Yves Tréhard, vous êtes éditorialiste, directeur adjoint de la rédaction du Figaro, et vous présentez une série de grands entretiens, diffusés chaque dimanche soir à partir de 23h sur LCP, série intitulée Une certaine idée de la France. Ça commence demain, et c'est avec la journaliste Catherine Ney. Astrid De Vilaine, vous êtes chef du service politique au Wuffington Post. Je cite votre dernier article publié aujourd'hui, Présidentiel 2022, Emmanuel Macron cherche toujours sa maison commune.
Isabelle de Golemin, vous êtes rédactrice en chef à La Croix, votre dernier article éditorial, intitulé Pour une radicalité écologique, qui revient bien sûr sur la primaire écolo. Et enfin, Frédéric Dhabi, directeur général opinion à l'Institut de sondage IFOP et auteur de La Fracture, c'est aux éditions Les Arènes. Merci à tous les quatre de participer à cette émission en direct. Yves Tréhard, on tourne la page du Parisien et on voit cet article. Il monte, il monte, il monte, c'est Éric Zemmour. 15% dans les sondages, il a doublé son score en deux semaines. Alors, dans les sondages, dans un sondage, on va voir si ça se confirme, on va voir si ça se multiplie comme les petits pains.
Et c'est vrai que c'est une entrée tonitruante dans la campagne électorale puisque dans cet institut de sondage Ipsos, il double son score, il double ses intentions de vote, si je puis dire, en 15 jours. Ce qui est phénoménal et je crois, sous le contrôle de Frédéric, que c'est du jamais vu dans une campagne électorale sous la Vème République, sachant qu'avant la Vème République, il y avait guère de sondages d'ailleurs. Mais enfin bon, c'est important.
C'est important et le deuxième enseignement de la chose, c'est qu'il explose complètement le paysage de la droite, à la fois de la droite républicaine, des Républicains, qu'il double d'ailleurs dans ce sondage, et de l'extrême droite puisque si Marine Le Pen est à 16% alors qu'elle était au-delà de 20% précédemment, enfin il y a quelques mois, c'est qu'évidemment il lui prend beaucoup de voix, il lui prend énormément de voix. Et donc c'est une réalité aujourd'hui qu'Éric Zemmour peut être au deuxième tour de l'élection présidentielle de 2022. Astrid De Villene, sait-on qui est cet électorat-là qui s'est cristallisé autour d'Éric Zemmour et qui a doublé en 15 jours ?
– De ce qu'on voit en tout cas dans les files d'attente pour aller le voir, dédicacer ses livres, puisque pour le moment il n'est toujours pas candidat. Et c'est ça qui est assez incroyable à observer d'ailleurs, c'est que sans être candidat il atteint ces scores-là, ce que d'autres aimeraient bien avoir dans le paysage. On entend des abstentionnistes, je crois que ça c'est assez nouveau, des gens qui n'avaient même pas voté il y a 4 ans. On entend évidemment un électorat déçu de Marine Le Pen, qui pour eux elle n'est pas assez radicale.
Et on entend un électorat classique de droite, l'électorat Fillon, l'électorat des républicains un peu orphelins qui ne se reconnaissent pas dans Emmanuel Macron et qui se reconnaissent très bien dans cette droite conservatrice, traditionnaliste, voire nationaliste. Donc ce qu'il réussit à faire, et je crois que c'est ça en fait aussi, c'est ce qui s'est percé dans les sondages, c'est ça aussi qu'elles disent, c'est qu'il réussit à réunir ces 3 morceaux-là d'électorat que personne jusqu'alors n'avait réussi à faire. Isabelle de Golemin, est-ce que parmi l'électorat catholique, il y en a beaucoup, ou il y a une frange qui adhère totalement au thèse d'Éric Zemmour ?
Oui, je pense qu'Éric Zemmour représente, enfin, comme disait très bien Astrid, il y a une partie des gens qui le suivent qui se reconnaissent dans cette droite très conservatrice catholique, tout son discours par rapport à l'Europe chrétienne qu'il faudrait défendre. Alors c'est marrant, parce que d'un côté vous avez un pape qui dit l'Europe chrétienne, c'est l'Europe qui accueille les immigrés, puis de l'autre côté vous avez Zemmour qui dit l'Europe chrétienne, c'est l'Europe qui est une forteresse face aux immigrés. Donc il faudrait savoir de quelle Europe chrétienne on parle.
Mais c'est vrai qu'il capitalise sur cette tendance-là, qui est la tendance de Maurras, qui perdure dans la droite conservatrice en France depuis 50 ans.
Ce sont les catholiques conservateurs, traditionnalistes,
qui ont le sentiment que leur patrimoine, leur christianisme, est aujourd'hui mis en danger par l'immigration, par l'arrivée de l'islam, etc. et qui donc conçoivent finalement le christianisme plus comme une culture qui va leur permettre de rester français, comme on peut dire, plutôt qu'une foi ou quelque chose à pratiquer. Donc je pense qu'il y a ça. Puis il y a aussi ce que Astrid disait très bien,
c'est-à-dire que je pense qu'il y a aussi dans le phénomène Zemmour, ce phénomène anti-système. Moi ça me subifie toujours, c'est-à-dire qu'effectivement,
il y a des gens qui se sont abstenus, donc qui ne croient plus au système. Et Zemmour, comme Macron d'ailleurs il y a 5 ans,
il est représentatif d'un rejet du système. Le fait qu'il n'ait pas de parti politique, vous voulez dire que c'est un atout pour lui finalement.
Il est complètement hors système. Et c'est là, peut-être qu'il y aurait une question, c'est-à-dire pourquoi est-ce que les Français n'aiment pas leur système politique et finalement estiment que ce système politique aujourd'hui ne les représente plus.
C'est l'acte de l'ue, des gagistes. C'est ça. Isabelle Le Goleman, vous recevez du courrier d'électeur d'ailleurs, c'est une question qui crispe, en tous les cas qui intéresse beaucoup l'électorat catholique.
Je crois que ce qui intéresse beaucoup les catholiques par rapport à il y a quelques années, c'est l'islam, enfin ce qui leur fait peur.
D'accord.
Il y a quelques années, on avait plutôt un lectorat, les catholiques étaient plutôt, on va dire, accueillants par rapport à l'islam.
Et là, depuis effectivement pas mal d'années, ils se crispent. Alors la hiérarchie, l'épiscopat, les prêtres, ils essaient d'être dans le dialogue, etc. Mais c'est vrai qu'à la base, les gens ont peur. Et ils ont d'autant plus peur qu'on a aujourd'hui, on l'a vu, il y avait encore un sondage cette semaine, il y a eu une déchristianisation extrêmement brutale,
extrêmement forte en France,
avec de moins en moins d'enfants baptisés, de moins en moins de mariages, même d'enterrement à l'église. Et donc il y a un certain nombre de catholiques qui se disent, oh là là, mais qu'est-ce qui... C'est un remplacement théologique. Exactement, c'est le remplacement religieux en tout cas. Religieux. Frédéric Dhabi, alors vous, vous êtes peut-être le mieux placé pour nous dresser le portrait robot de l'électorat Zemmour ? Oui, c'est vrai que ça a été bien dit. Moi, je m'intéresse moins au fait que, symboliquement, pour la première fois, il dépasse Xavier Bertrand, Valérie Pécresse ou Michel Barnier.
Il y a 10 ans, il y avait des sondages qui mettaient Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy au coup d'à-coudre. Il y a 20 ans, on ne parlait que de la percée, de Jean-Pierre Chevenan, qui était monté à 15-16%, qui pouvait faire turnubuler le système Jospin-Chirac. Mais ce qui est très intéressant, et ça a été très bien dit, c'est qu'il y a un double gisement électoral pour Éric Zemmour et tous les sondages, quels qu'ils soient, montrent une dynamique jamais vue pour une personnalité non élue, non politique.
Emmanuel Macron était quand même dans le système et il n'était pas dans une dynamique en septembre 2016 ou en octobre, c'est le moment que l'on puisse dire, et une personnalité qui n'est pas encore candidat. Et cette double dynamique, c'est cet alliage inédit, vous l'avez très bien dit, d'un électorat de droite traditionnel, retraité, personnes âgées, qui ne voit la France qu'à travers le prisme du déclin. Et Éric Zemmour est sur cette thématique, mais pas depuis peu de temps. Depuis maintenant, le suicide français, c'est 2014, si je ne me trompe pas.
Et puis, un électorat du Rassemblement National, plus jeune, moins diplômé, issu des catégories populaires, et ses abstentionnistes, qui a manqué à Marine Le Pen et au RN aux élections régionales, qui, comme tous les électorats, veut gagner l'élection présidentielle. Et dans ce cadre-là, l'antienne, la phrase que Éric Zemmour ne fait, que répétée comme un leitmotiv, que Marine Le Pen n'est pas au niveau, Marine Le Pen se fera encore balayer dans un duel de second tour face à Emmanuel Macron, Marine Le Pen ne peut pas gagner l'élection présidentielle, c'est un poison de moins en moins lent, par rapport à laquelle elle n'est pas mitridatisée, et de plus en plus, cet électorat y croit.
Et c'est ce qui explique, quel que soit le sondage, je le dis, il ne faut pas arriver dans quelques heures, on a cette... Vous avez publié un sondage sur Marine Le Pen ? Sur l'élection présidentielle, avec le Figaro, pour ne pas trahir de secret. Acheté lundi. Tout à fait. Et un peu publicité. Mais au-delà de ça, ce que je trouve très intéressant, c'est qu'il capitalise sur le nouvel entrant. C'est-à-dire que ce n'est pas un homme politique. C'est le manque qu'on puisse dire. D'ailleurs, on se posait, ici, sur ce plateau, la question de son statut éditorialiste, polémiste, journaliste, étudiant non-politique.
Et donc, dans ce cadre-là, il bénéficie de traits d'image, de représentation en rupture, avec les stéréotypes traditionnels associés au personnel politique, le parler cash, le parler vrai, une forme de sincérité, et puis la cohérence. C'est incroyable, ce que vous dites, c'est que finalement, être issu d'un parti politique, finalement, c'est être formaté et être démonétisé auprès de l'opinion. C'est ce qu'on a vu en 2017, mais c'était le fruit d'une histoire particulière, l'échec du quinquennat Sarkozy, l'échec du quinquennat François Hollande et Emmanuel Macron. On attendait une alternative de l'extrême droite, on a eu une alternative de l'extrême centre, si je puis dire.
Avec Emmanuel Macron. Là, avec Éric Zemmour, c'est peut-être une autre dimension, c'est vraiment quelqu'un qui est complètement extérieur au système, pas de l'établissement, c'est quand même quelqu'un qui est avec les politiques depuis une trentaine d'années, qui est en train, vous l'avez dit Yves, de faire exploser le match, non pas du côté de l'ensemble du rapport de force électorale, ça ne bouge pas à gauche négativement, Emmanuel Macron est à un niveau très élevé et il tient le choc, mais du côté de la droite.
Ce qui est intéressant, si vous voulez, c'est que c'est une façon de faire campagne, sans, comme l'a dit Astrid, il n'est pas encore candidat, mais c'est une façon de faire campagne, ça ne trompe quand même personne, qui est tout à fait neuve en France et qui est complètement inspirée de Donald Trump. C'est-à-dire qu'il ne cherche pas à embrasser l'ensemble de l'électorat, il ne cherche pas à rassembler, il s'adresse à une catégorie de Français très précises, qui est une catégorie qui sociologiquement peut venir d'un peu partout, mais cette catégorie, c'est une catégorie nostalgique, c'était mieux avant, et mécontente, en colère, contre le système.
Et il ne parle qu'à eux, il ne cherche pas à séduire les autres. Et en ne parlant qu'à eux, eh bien, il rassemble déjà, enfin, il attire beaucoup de monde. Et ce qui va être intéressant, c'est le jour où il sera candidat, parce qu'il le sera candidat, le jour où il sera candidat, est-ce que, justement, il ne pourra, est-ce qu'il pourra rester sur ce discours-là, ou est-ce qu'il sera obligé d'ouvrir ? Trump est resté sur ce discours-là, et il a été élu. Isabelle Lebolma ?
Oui, par rapport à la démonétisation des partis dont vous parliez, il me semble que, ce qui est aussi assez stupéfiant, en tout cas du point de vue de l'électorat des Français, c'est qu'on a des partis dont le nom n'arrête pas de changer, et dont les frontières n'arrêtent pas de changer. Là encore, les macronistes qui vont changer de nom, En Marche. Et de fait, du coup, c'est assez déstabilisant, je pense, pour l'électeur, parce qu'on ne sait plus pour qui on vote, on a des partis qui ne sont plus comme autrefois. Le RPR, le Parti Socialiste, le Parti Communiste. Moins sur 50 ans ou 30 ans.
Et là, on a quelque chose qui est très flottant, qui est très liquide, c'est une société liquide, et je pense que ça, ça concourt aussi à l'instabilité un peu de l'électorat aujourd'hui.
Maintenant, la question... L'identité des partis s'est effondrée. Ça fait longtemps que les partis, comme tous les corps intermédiaires, subissent une véritable désaffection. Il y a eu ce qui a été le coup de grâce. C'est tout simplement l'entrée des primaires comme mode de fonctionnement. Quand on interrogeait à l'IFOP, il y a 10, 20 ans, des militants, des adhérents, ils nous disaient pourquoi ils s'étaient engagés à mettre en politique. C'était peut-être pour être élu et surtout pour désigner leur candidat, leur champion à l'élection présidentielle. Ça, ça leur a été enlevé.
Mais quand même, tout ça, au-delà Fédéric Zemmour, et je vais peut-être paradoxalement mettre une mise à distance vis-à-vis des sondages. Ce n'est pas un pronostic, ce n'est pas une prédiction. C'est une photo à l'instant T. Le premier tour, c'est dans 6 mois et 6 jours. Il y a encore énormément de choses qui peuvent se passer. L'offre électorale n'est pas connue du tout, mais c'est vrai que cette percée est quelque chose de jamais vue pour les différentes caractéristiques qu'on vient de voir. Alors, c'est donc, en tous les cas, ce sondage choc dont tout le monde parle depuis hier. Éric Zemmour est donné pour la première fois à 15% au premier tour de la présidentielle.
Il dépasse Xavier Bertrand et talonne Marine Le Pen d'un petit point. Mélanie Nunes avec Magali Lacroze et Stéphane Lopez. La surprise de ce début de présidentielle, c'est lui, Éric Zemmour.
En un mois, ses intentions de vote ont pratiquement doublé. Les séistes toujours pas déclarés candidats perturbent le jeu politique, considérés comme troisième homme aujourd'hui. Selon ce sondage, il atteindrait même 15% des intentions de vote,
talonne Marine Le Pen et se place désormais devant Xavier Bertrand si celui-ci était désigné candidat chez Les Républicains. Alors ce matin, à droite,
on tente de se montrer rassurant. Nous, chez Les Républicains, nous gardons notre sang-froid. D'abord parce que ce sondage, il faut le redire, n'a aucune valeur prédictive. On est encore très loin de la présidentielle. On est à 7 mois et on sait très bien que des sondages qui ont été faits à une trop longue distance sont ensuite démentis. Donc une élection présidentielle, c'est aussi important de le redire, elle se cristallise
dans les 3 derniers mois. Et là, ce n'est pas le cas. Après, c'est vrai qu'il faut être honnête, on a nous un sujet à droite, c'est que pour l'instant,
nous n'avons pas encore notre champion, c'est-à-dire que nous n'avons pas de candidat naturel. Un candidat
qu'ils désigneront en décembre. Le parti vient de fixer les règles pour cette primaire. À l'intérieur, une clause anti-Zemmour qui empêche le polémiste d'y participer.
Car les Républicains s'inquiètent. Éric Zemmour ne cesse de faire du pied à son électorat, comme ce jour-là, lors d'un colloque sur le conservatisme. Aujourd'hui, tous reprennent mon discours pour tenter de vous séduire. Ne soyez pas dupes. Les anciens chiraciens qui voudraient vous représenter se disent opposants de Macron. Mais que lui oppose-t-il vraiment ?
À un discours qui convainc ses sympathisants LR.
Éric Zemmour, en fait, est le point de pivot entre le Rassemblement National et les Républicains. Il prendrait des voix des deux côtés. Donc je pense qu'on devrait tous se rassembler derrière lui pour qu'enfin on ait un vrai président de droite en 2022. Moi, j'aurais préféré que ce soit une primaire ouverte pour qu'on puisse avoir un vrai débat d'idées. Un débat d'idées entre des personnalités plus au centre comme Valérie Pécresse et Xavier Bertrand et un débat d'idées avec aussi des personnalités comme Éric Zemmour qui est le grand absent de cette primaire fermée. En attendant la désignation d'un candidat à droite, Éric Zemmour profite du vide
selon ce sondeur.
La droite ne pourra pas tenir si elle attend encore deux mois sachant qu'elle est totalement prise dans un étau entre d'une part Emmanuel Macron qui continue de multiplier ses coups de boutoir pour siphonner de plus en plus le vote de droite. C'est ce qu'il fait systématiquement depuis 2017 et depuis la nomination d'Edouard Philippe à Matignon et d'un autre côté les deux candidats radicaux de droite extrême ou d'extrême droite Marine Le Pen et Éric Zemmour qui, on le voit bien dans le cas d'Éric Zemmour contribuent à affaiblir la candidature de la droite. Même constat chez Nicolas Sarkozy l'ancien président tacle Éric Zemmour.
Quand il n'y a plus rien à débattre ça laisse de la place à tous ceux dont l'excès sert d'argumentation. Est-ce que vous pensez à Éric Zemmour en disant ça ? Non mais pour moi qui s'appuie beaucoup sur l'histoire sur le patrimoine culturel français. Mais pour moi il n'est pas la cause du vide il est le symptôme. Une autre candidate
est-elle aussi fragilisée par le polémiste pourtant Marine Le Pen veut faire bonne figure.
Non ça ne m'inquiète pas parce que j'ai vu des candidats monter
puis descendre. Et si on écoute à chaque fois en septembre-octobre avant une élection les sondages et les médias on a le mauvais cheval qui arrive. Nous on est sereins ça va peut-être vous étonner mais on est sereins. Est-ce qu'il faut pour se faire entendre aujourd'hui faire le buzz avoir des propos très franchement limites en termes de démocratie de république ?
Est-ce qu'il faut débattre avec Éric Zemmour ? Marine Le Pen pourrait le faire ?
Marine Le Pen est candidate à la présidente de la République lors de la campagne il y aura des débats elle débattra avec tous les candidats.
Alors cette propulsion dans les sondages va-t-elle se concrétiser pour Éric Zemmour ? En 2002 Jean-Pierre Chevènement a été monté à 14% d'intention de vote mais n'atteindra finalement qu'à peine 5% le jour du scrutin. Alors question de téléspectateurs Astrid De Vilaine les sondages en faveur d'Éric Zemmour est-ce un exutoire plus que de véritables intentions de vote ? Il y a le côté exutoire dans soutien à Zemmour ? C'est possible et d'ailleurs c'est ce qu'incarne d'ailleurs Éric Zemmour cette forme d'exutoire anti-système qui va très très loin en fait dans ce qu'il peut dire.
Il y a un conseiller d'Edouard Philippe qui me disait cette semaine on ne sait pas comment le contrer parce que si un candidat classique il disait 15% de ce qu'il dit Éric Zemmour il y aurait un débat national sur le scandale etc. dans ses outrances et dans son discours anti-musulman qui d'ailleurs à mon avis n'ont pas beaucoup la parole pour répondre mais c'est un autre sujet.
Je crois que la comparaison avec Donald Trump elle est excellente parce que là-dessus Donald Trump il pouvait dire les plus grandes fake news et ça passait et d'ailleurs il a été élu là-dessus et nous on a fait une enquête cette semaine sur les réseaux Zemmour sur internet on s'est aperçu que ce sont des gens très jeunes une sorte de melting pot très intéressant qui ressemble énormément au réseau qui soutenait Donald Trump sur les réseaux sociaux c'est aussi pour ça qu'il a gagné Donald Trump avec aussi bien des suprémacistes blancs que des misogynes que des propos racistes extrêmement haineux mais aussi des jeunes influenceuses de 16 ans 18 ans qui ont l'air d'être tout à fait des jeunes femmes classiques et qui attendent avec impatience Eric Zemmour et cette espèce de chose qu'on ne voit pas qui est un peu en sous-marin que nous on a beaucoup on a beaucoup enquêté pour regarder je crois que ça dit aussi quelque chose du phénomène et d'ailleurs cette semaine Eric Zemmour était l'un des plus suivis sur les réseaux sociaux et il commence à engranger aussi des...
et ça c'est des choses qui sont...
pendant la campagne de Donald Trump c'est aussi ça qui l'a fait décoller et qui sont comme sous les radars mais qu'il faut à mon avis regarder Frédéric Daby Oui alors sur Trump en plus et là il y a un vrai point commun avec Eric Zemmour c'est que Trump quasiment jusqu'au bout personne ne pensait qu'il gagnerait y compris lors des débats où il y avait rien que les Indes avait plutôt raté les choses jusqu'au bout c'était il allait perdre et là sur Eric Zemmour on n'a pas posé de questions comme ça mais il a un potentiel électoral qui n'est pas très fort qui ne dépasse pas 21-24% ce qui est quand même pas rien mais ce n'est pas si fort que ça et c'est quand même le candidat potentiel qui a le plus de c'est tout à fait exclu que je vote pour lui Alors sondage Odoxa 59% rejettent Eric Zemmour il est en tête des personnalités suscitant le plus de rejets Est-ce que ce n'est pas le rejet un plafond non pas de verre mais un plafond de béton on a 59% des français qui vous rejettent Oui sachant que la question pour Eric Zemmour ce n'est pas le second tour où il y a cette logique d'élimination qui avait été théorisée et par Guy Mollet et par Charles Pasqua plus tard au second tour on élimine au premier tour on choisit c'est le premier tour et c'est vrai que la question est-ce que le vote Zemmour est un exutoire renvoie à est-ce que c'est un vote d'adhésion ou est-ce que c'est un vote tribunicien et c'est vrai que dans une élection intermédiaire on peut se faire plaisir avec un vote de protestation la présidentielle et clairement les français sont beaucoup moins dedans que nous tous ici au fur et à mesure qu'on va rentrer dans la campagne on va voir si je puis dire mentalement avancer l'idée suivante chez les français à qui confie-t-on les clés de la maison France est-ce que Eric Zemmour est bien celui-là et cette radicalité qui plaît tant pourrait peut-être se fracasser sur la question de la crédibilité Alors Yves Tréard Oui je crois que ce qui est important de dire parce qu'on nous fait souvent la critique à nous autres et aux médias en général qu'il est le produit d'un emballement médiatique c'est faux je voudrais absolument dire que c'est complètement faux c'est un jugement qui n'a aucune valeur on nous faisait le même procès en 2007 avec Mme Ségolène Royal Alors c'était une victoire électorale qu'il a propulsée Voilà en 2004 au régional Voilà alors que c'était une victoire électorale qu'il avait propulsée et néanmoins elle n'était pas très connue et elle a pris la lumière comme ça on peut faire moult on peut donner moult exemples là-dessus le phénomène Zemmour bon il a ses propres qualités et s'il est là c'est qu'il a un discours qui correspond à ce que certains veulent écouter veulent entendre aujourd'hui on verra si c'est le cas quand la campagne la dure campagne commencera et où il faudra faire des propositions mais troisième considération il en est là aussi parce qu'il y a une faiblesse Alors c'est ce que j'allais dire question de faiblesse de la droite pour la droite le véritable problème n'est-il pas l'absence de leader incontesté chez les LR puisque Xavier Bertrand il est passé devant Bertrand est devenu le quatrième homme maintenant il est derrière Zemmour il y a une médiocrité si vous me permettez l'expression du discours des républicains qui est tout à fait affligeante avec un manque d'incarnation qui est tout à fait incroyable aussi et qui laisse un boulevard à Éric Zemmour quant à Mme Le Pen je suis désolé mais Mme Le Pen on verra sur Mme Le Pen mais donc selon vous finalement cette compétition entre Valérie Pécresse et Xavier Bertrand et Michel Barnier est suicidaire pour l'équipe de la droite et d'ailleurs le sondeur que vous interviewez tout à l'heure le dit c'est qu'on ne connaîtra finalement le candidat des républicains que dans deux mois que le 4 décembre et je vais vous dire une chose si dans deux mois avec Dessy on mettrait Paris en bouteille mais si dans deux mois Éric Zemmour n'est pas à 15 mais à 18% et que les républicains continuent à être à 12 ou 13 ou 14% mais le match est plié Isabelle de Golemin dans le sujet on a vu des jeunes militants LR dire mais on aimerait bien d'ailleurs pouvoir débattre y compris à la primaire avec Éric Zemmour hier Éric Zemmour était à Lille il a rendu visite on va voir la photo à de jeunes militants LR visiblement ravis de s'afficher alors on va voir la photo aux côtés d'Éric Zemmour et c'est à dire que chez les LR face à ce vide dont nous parlait Yves Tréhard il y a aussi la tentation Zemmour bah oui
parce que effectivement Éric Zemmour rassemble une partie de ce dont on parlait tout à l'heure de ces conservateurs un peu de cette famille conservateurs catholiques on va dire ça comme ça d'ailleurs c'est François-Xavier Bellamy le premier qui a regretté que Zemmour ne participe pas à cette espèce de choix au congrès en décembre puis j'aurais envie de dire effectivement il y a à la fois une médiocrité je ne sais pas en tout cas il y a une grande attente c'est beaucoup trop long du côté de la droite le processus de choix du candidat et effectivement pour Zemmour c'est du pain béni si je puis dire
Nicolas Sarkozy Astrid De Vilaine cette semaine a un peu tacté d'ailleurs son ancien parti LR en disant si c'était moi le candidat croyez-moi on entendrait moins parler de Zemmour c'est un peu facile à dire aujourd'hui mais c'est vrai qu'en 2007 c'était ça moi je trouve que le phénomène entre guillemets médiatique Zemmour moi ça me fait penser à la campagne de Sarkozy en 2007 il y avait ces meutes de journalistes qui suivaient lui qui imposait son tempo à l'époque il voulait aller chercher les électeurs du Front National aujourd'hui c'est les électeurs du Front National qui sont en train d'écrabouiller la droite mais je suis d'accord en fait il n'a pas tort Nicolas Sarkozy qu'est-ce qu'on retient les Français qu'est-ce qu'ils retiennent des propositions de Xavier Bertrand et de Valérie Pécresse rien du tout pourquoi parce qu'elles sont en ce moment mises en oeuvre au gouvernement par Bruno Le Maire par Gérald Darmanin par Emmanuel Macron qui fait une politique somme toute qui plaît beaucoup à cet électorat là donc en fait entre les deux entre Zemmour et Macron quand on est quelqu'un de droite on choisit en fait soit Macron soit Zemmour mais bien sûr et donc il n'y a pas d'espace et ce qui est très étonnant il y a un ministre cette semaine qui m'a dit ils sont en train de se suicider les républicains je trouve que c'est un peu fort mais je vois très bien ce qu'il veut dire en attendant comme ça deux mois ils lui font la courte échelle et quand on regarde bien les réseaux Zemmour parce que vous avez compris que nous on le fait beaucoup en fait les très proches de Zemmour ceux qui organisent sa campagne ceux qui le conseillent sont conseillers en communication c'est un ancien de Nicolas Sarkozy ils sont tous des républicains et le pire c'est qu'ils sont même en ce moment au Sénat assistants parlementaires de sénatrices de droite etc.
donc si vous voulez c'est poreux c'est la même chose et je suis assez d'accord avec vous Yves sur le côté les médias n'ont rien inventé parce que il faut voir combien ils vendent livres ils vendent 500 000 livres c'est énorme il faut voir les vues dans ces vidéos il y a quelque chose qui se passe après je pense que les journalistes passent beaucoup de temps à raconter la politique aéri qui est intéressante quand il s'agit de l'extrême droite de quelqu'un qui est contre l'état de droit de quelqu'un qui a ce discours haineux envers les musulmans je pense qu'il faudrait lui poser des questions sur son programme sur qu'est-ce qu'il va faire plus tard il veut quand même sortir du conseil constitutionnel je trouve qu'on passe pas assez on va peut-être y arriver mais on passe pas assez de temps sur le fond on regarde plus la mousse là pour l'instant Frédéric Dhabi je pense qu'il y a des voies de distinction entre une offre de droite par rapport à l'offre de la majorité d'Emmanuel Macron mais ce qui se passe et vous l'avez tous bien dit c'est que ce processus sinon le 4 décembre brougue les choses et met une sorte de nuage sur une offre de droite qu'on pourrait entendre qui essaye de développer par exemple Xavier Bertrand sur la valeur travail sur la question des déficits publics sur les questions sociétales où Emmanuel Macron reste quand même faible et les questions sociétales Éric Zemmour en parle et c'est vrai qu'il y a ce problème un électeur de droite en septembre 2016 ou octobre 2016 c'est exactement ce qui va se passer il connaît les dates de la primaire et il sait qu'il va élire sans doute le futur président de la République là un électeur de droite malgré le choix du Congrès est complètement paumé parce qu'il y a cette échéance si lointaine avec un temps qui s'accélère une campagne qui va quand même extrêmement vite alors qu'elle n'a pas vraiment commencé pour les Français le 4 décembre et c'est ce momentum dans lequel s'engouffre Éric Zemmour alors parlons de Marine Le Pen 16% dans les sondages et son père qui dans le monde dit apporte quasiment son soutien Éric Zemmour Jean-Marie Le Pen si Éric il l'appelle par son prénom et le candidat du camp national le meupilacé bien sûr que je le soutiendrai il a un discours rafraîchissant il dit ce que je pense mais avec une audience supérieure bah oui tout à fait il y a des les liens entre Éric Zemmour et Jean-Marie Le Pen sont très très serrés ils se connaissent très bien ils se voient beaucoup ils s'appellent ils se téléphonent et Éric Zemmour est plus proche dans l'idéologie si vous voulez de Marion Maréchal dont chacun sait qu'elle est plus proche elle-même de son grand-père que de sa tante c'est pas la même culture tout ça des jeunes de famille doivent être animés je sais pas s'il y en a encore mais Marine Le Pen il a plus besoin d'ennemis avec sa famille ils l'ont été si vous voulez il y a des convictions chez Éric Zemmour qu'il n'y a pas chez Marine Le Pen Marine Le Pen d'abord elle a changé de braquet si je puis dire et c'est ce que probablement une partie de son électorat n'a pas bien compris elle est passée d'une droite très dure elle a poli son discours pour le rendre plus accessible elle a poli aussi sa présentation beaucoup plus féminine elle est beaucoup plus souriante elle est moins agressive dans le verbe et tout ça ça a finalement ça l'a fait rentrer dans le système elle alors que lui Éric Zemmour il n'est pas dans cette posture-là lui pour le moment en tous les cas il est lui-même il y a une forme de sincérité après qu'on soit d'accord ou pas avec ce qu'il dit c'est autre chose mais il dit toujours la même chose vous reprenez ses propos depuis 10-15 ans il dit toujours la même chose et il ne cache rien il avoue qu'il a voté pour pour Mitterrand en 81 pour Chevènement en 2002 ça il n'y a aucun souci là-dessus il vous le dit et les français aiment ce genre de sincérité ils n'aiment pas qu'on leur cache des choses et donc c'est assez logique de voir qu'Éric Zemmour est plus proche et puis il a le verbe de Jean-Marie il a le verbe de Jean-Marie et la culture de Jean-Marie parce que les français aiment aussi les gens de culture et ça on ne peut pas lui enlever il a une culture qui est très affirmée Isabelle de Golemin comment Marine Le Pen peut-elle réagir face à ça est-ce qu'il faut combattre Éric Zemmour et comment combattre Éric Zemmour
je pense que l'atout de Marine Le Pen c'est qu'elle reste quand même me semble-t-il plus populaire dans les catégories populaires c'est-à-dire qu'Éric Zemmour mange au côté droite sur les cadres les cadres supérieurs la bourgeoisie mais par contre du côté de la France plus populaire effectivement
Marine Le Pen reste devant donc à mon avis c'est ça qu'il faut qu'elle accentue de ce fait c'est un peu
son couloir à elle et puis il me semble aussi moi ce qui me frappe beaucoup par rapport à cet effet Zemmour c'est que finalement souvenez-vous il y a trois semaines de quoi on parlait on parlait du Covid donc on est passé d'un seul coup d'un espace surmédiatisé par le Covid à un espace surmédiatisé par Zemmour c'est comme si Zemmour s'était engouffré dans toutes les peurs dans toutes les inquiétudes
dans toute cette panique qu'on a eue depuis un an et demi parce qu'on a quand même été dans le brouillard on s'est mis à douter de nos scientifiques douter de l'Europe
douter des frontières douter de est-ce qu'on allait rester en vie enfin c'était quand même assez angoissant ce qui s'est passé personne n'aurait pu penser que ça se passerait donc il y a eu quelque chose d'assez important avec tout ce qu'on a vu au niveau des fake news au niveau des complotistes et il me semble que toute cette espèce de peur qui s'est cristallisée comme ça autour du Covid elle s'exprime quelque part dans l'effet Zemmour et de fait il y a beaucoup de complotistes
maintenant qui vont sur Eric Zemmour donc voilà peut-être que ça va aussi
se calmer une fois qu'on aurait retrouvé une situation sanitaire à peu près correcte
Frédéric Dhabi 15% pour Eric Zemmour 16% pour Marine Le Pen est-ce qu'on peut dire que l'extrême droite est devenue si puissante en France qu'elle peut se payer le luxe d'avoir deux parties ou deux candidats en passe d'être élu au second tour c'était le cas également en 2002 où Jean-Marie Le Pen avait affronté il y en avait qu'un il y a deux ans oui c'était un camp qui était en dissidence quand même je le répète c'est un sondage qui demande en fait confirmation même si 16-15 c'est particulièrement symbolique surtout que 16% c'est le score à quelques dixièmes près de Jean-Marie Le Pen le 21 avril 2002 et la poussée de Marine Le Pen depuis qu'elle a pris le pouvoir au Rassemblement National au Congrès de Lyon c'est quand même une rupture totale avec son père sur le plan bien sûr des dérapages et aussi sur le plan de vouloir le pouvoir de développer une offre programmatique qui sort du logiciel insécurité immigration même si je pense qu'avec la percée Frédéric Zébourg on entend déjà revenir au galop sur les deux mamelles ou les deux leviers du vote RN mais je le répète ce 16-15% est assez spectaculaire avec en plus Xavier Bertrand qui serait à 14% mais ça demande vraiment confirmation j'ai rappelé ce sondage de septembre 2011 un sondage IFOP JDD qui donnait Marine Le Pen quasiment au coup d'à-coup de voir dans des hypothèses devant le président sortant de l'époque Nicolas Sarkozy ce n'est pas du tout ce qui s'est passé quand la campagne est entrée dans sa dernière ligne droite est-ce qu'on peut imaginer que les deux finissent par Marine Le Pen et Éric Zemmour par se retrouver main dans la main non vous n'avez pas l'air d'y croire c'est absolument impossible Éric Zemmour il n'est pas là pour ça Éric Zemmour il va aller à cette élection parce que justement il ne faut pas mal le prendre mais ça l'amuse au sens où il a envie de faire turbuler le système c'est évident qu'est-ce qu'il attend d'ailleurs lui-même estime qu'il n'a pas intérêt à se déclarer maintenant ça ne lui fait pas peur ça ne va pas trop vite tout ça mais non au contraire il peut se déclarer ce qui va être assez intéressant c'est de savoir s'ils vont se déclarer en même temps et le président de la République et Éric Zemmour parce qu'il est question dans le camp du président de la République que le président de la République puisse se déclarer peut-être avant la fin de l'année au mois de décembre et Éric Zemmour ce n'est pas ce qui serait inédit pour un sortant oui s'il fait tout ça Éric Zemmour ce n'est pas pour au dernier moment se mettre derrière Marine Le Pen dont il dit pique-pendre oui Astrid de Villene j'allais dire ils se sont tellement déjà battus dans les médias par médias interposés ils sont tellement allés loin que moi non plus je ne les vois pas se réunir et d'ailleurs Éric Zemmour n'y aurait pas intérêt puisque justement il se bat pour être anti-système donc il n'a absolument pas intérêt lui à récupérer une Marine Le Pen la question c'est plus si en effet 15 et 16 font 31 ça veut dire que deux candidats d'extrême droite dans ce pays peuvent en se payant le luxe comme vous disiez d'être désunis d'être désunis à arriver à accéder quand même aux contours et là pour le coup il y a un réservoir de voix parce que eux s'ils ne s'unissent pas c'est une chose les électeurs en revanche sont très pour eux alors on parlait d'Emmanuel Macron quand va-t-il se déclarer en tous les cas il reste en tête dans les intentions de vote les marcheurs LREM eux battent le terrain et défendent son bilan je vous propose de regarder ce reportage à Lille-sur-la-Sorgue c'est à côté d'Avignon reportage de Mathieu Lignot avec Arnaud Faura et Ilana Azinko
Merci à tous d'être là ce matin donc premier tractage avec le nouveau le nouveau support
Début de campagne dans le Vaucluse pour ces militants en marche
l'idée c'est de rappeler depuis 2017 tout ce qu'on a apporté en plus pour le quotidien des français
avant une candidature officielle d'Emmanuel Macron il faut vendre son bilan avec ce petit prospectus rose
est-ce que c'est un clin d'oeil au parti socialiste ou pas du tout ? non je ne pense pas que ce soit un clin d'oeil au parti socialiste je pense que les français ils n'attendent pas des slogans ils n'attendent pas des couleurs ils n'attendent pas des logos l'important c'est vraiment ce qui est écrit dedans
et le département n'est pas vraiment de gauche ni même acquis à la république en marche ici ce sont plutôt les républicains ou le rassemblement national qui récolte le plus de voix mais les militants de la majorité sont mobilisés et ce jour-là Maude Bréjon porte-parole LREM est venue se frotter au terrain bonjour
bonjour madame bonjour monsieur dame bonjour c'est important d'aller prendre le pouls et prendre le pouls aussi dans des endroits qui peuvent nous paraître moins favorables moi j'étais tête de liste à Levallois aux élections donc les terrains politiques compliqués j'ai l'habitude et je connais et effectivement le Vaucluse c'est une vraie terre de conquête c'est le département de Julien Aubert c'est le département de Thierry Mariani deux figures des LR et du RN sur ce marché très touristique l'accueil est en demi-teinte bonjour mesdames merci
le bilan du président ne plaît pas toujours
on a régressé et s'il repasse ça va régresser encore plus il ne faut pas être avec les oeillères et dire ouais parce que vous êtes là ouais Macron non il faut dire ce qui est il a fait de très bonnes choses alors moi je dis il faut ce qu'il peut oui
cinq ans c'est largement assez surtout pour la sécurité il n'a rien fait du tout c'est de pire en pire
et justement récemment Emmanuel Macron a mis le paquet sur le régalien souvent critiqué par l'extrême droite ou la droite comme au beau veau de la sécurité l'accueil du président par le candidat Xavier Bertrand est pour le moins glacial
il est bien tout à l'heure de continuer à proposer sur ces sujets qui sont si importants on aura un débat un vrai débat c'est normal il va venir
pour garder la main Emmanuel Macron promet des mesures et 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires
je veux nous fixer un horizon augmenter significativement c'est à dire doubler sous 10 ans la présence des policiers et gendarmes sur la voie publique
ne pas lâcher sur des thèmes chers à la droite tout en essayant de s'implanter plus localement dans la majorité certains voudraient rassembler le mouvement agir la république en marche et le modem un grand parti présidentiel une idée poussée par François Bayrou ce rassemblement de ce grand courant
de la démocratie française il est pour moi vital vous me suivez parce que j'ai l'impression ce que j'ai l'impression j'ai eu l'impression d'un grand moment de solitude donc malaise passager
pour une idée déjà enterrée par Emmanuel Macron lui-même mercredi dernier le président dîne avec des proches à l'Elysée François Bayrou et Édouard Philippe selon France Info il aurait tranché
moi je ne suis pas obsédé par les élus locaux ce qui m'intéresse ce sont les électeurs
Emmanuel Macron la figure qui soude ce mouvement et dans le Vaucluse on tient à ce fonctionnement si particulier ce serait un avantage
pour gagner à gauche à droite ils avaient des partis extraordinaires ils se sont tirés une balle dans le pied c'est des coquilles creuses nous on n'est pas un parti et on est toujours là et puis la base finalement elle est là elle existe
les gens ils regardent juste quel est l'impact sur leur quotidien et est-ce que ça leur apporte du plus ou est-ce que ça leur apporte du moins nous la campagne qu'on est en train de déployer là 50 plus pour les français ça vise justement à mettre en avant tout ce que ça leur apporte de plus dans leur quotidien
selon les derniers sondages Emmanuel Macron serait en tête du premier tour de la présidentielle aux alentours de 25% des attentions de vote mais la campagne est encore longue
alors question téléspectateurs Isabelle de Gaulmain Eric Zemmour n'est-il pas un atout pour Emmanuel Macron puisqu'il affaiblit Marine Le Pen c'est Bernard dans les Yvelines oui à première vue effectivement et d'ailleurs c'est assez intéressant parce qu'on voit que Emmanuel Macron jusqu'à présent il ne parlait pas de Zemmour et il s'est mis à en parler de manière détournée etc mardi à la grande bibliothèque il en a parlé de l'identité
pour contrer Zemmour donc on voit bien qu'il commence à se situer lui en rassembleur il va parler aux harkis il va parler aux gens qui ont été blessés par l'histoire de la guerre d'Algérie et du conflit à Algérie-France donc il se pose lui finalement c'est un anti-Zemmour il dit ben voilà moi je suis là pour rassembler je suis là pour qu'on assume notre passé qu'on se réconcilie sur notre histoire donc on voit bien qu'il commence à se situer par rapport à Zemmour et pour l'instant en tout cas il a tout intérêt alors après
c'est à terme c'est vrai est-ce qu'on a intérêt à avoir une France où les deux candidats d'extra-droite font 30% parce qu'on a par ailleurs un président qui ne veut pas de parti qui ne se veut ni de gauche ni de droite et qui a complètement bousculé le jeu politique en tous les cas Frédéric Daby ça se présente bien pour Emmanuel Macron avec les quoi ?
24-25% dans les sondages c'est un socle il est entre 24 et 27% c'est le premier président depuis François Mitterrand en 88 qui dans les enquêtes d'attention de vote fait au moins égal ou mieux que son score réel les 23,8% du 23 avril 2017 ça a été arrivé à Nicolas Sarkozy qui n'avait jamais retrouvé ses 31% à François Hollande bien sûr donc c'est quelque chose de nouveau moi ce qui me frappe c'est à quel point son équation électorale est stable dans toutes les enquêtes quelles que soit l'institut il arrive à reprendre 70% de son score du 23 avril 2017 il arrive toujours à braconner une part importante d'électorale de droite il a toujours des soutiens assez forts à gauche parce qu'à gauche on ne voit pas de réceptacle sérieux crédible aujourd'hui et c'est vrai que le phénomène Zemmour l'arrange parce que ce qui aurait pu structurer ce début de campagne ça aurait pu être l'anti-macronisme comme il y a 10 ans c'était l'anti-sarc-cars le tout sauf Macron le tout sauf Macron comme il y a 10 ans on avait un tout sauf Sarkozy comme il y a 40 ans on avait un tout sauf Giscard L'Express avait fait une célèbre une avec les 9 candidats anti-Giscard et Giscard avec une cible au milieu si je me souviens bien donc là on n'est pas là dessus et c'est vrai qu'un jour ça va peut-être venir et ce qui est intéressant de voir c'est que les marcheurs qu'on a vus font le travail sur le bilan à rentrer en campagne défendre seulement son bilan ne suffira pas il est plutôt bien positionné même si bien sûr je le répète les gens ne sont pas encore dans la campagne donc ça ne préjuge pas d'une réélection facile Astrid De Vilaine défendre son bilan mais c'est vrai que cette étiquette qu'on a collée à Emmanuel Macron de président des riches start-up nation qui défendait les premiers de cordée finalement il a réussi à le faire oublier cette étiquette qui lui a porté préjudice en début de mandat oui parce qu'on est passé du pognon dingue qu'on ne voulait pas dépenser ou quoi qu'il en coûte incroyable il pleut des euros et des milliards d'euros donc en fait je suis d'accord avec vous c'est en train un peu de s'effacer de s'estomper cette image président des riches même si je crois que ça reste quand même dans le pays dans l'opinion et le reportage d'ailleurs le montrait mais en fait les deux ans de crise on sait que enfin c'est pas toujours évident mais quand on est en crise le capitaine le président souvent il se maintient parce que les gens dans la crise ont envie d'avoir une sorte de stabilité mais il n'a pas trop mal géré cette crise en fait je pense qu'au final c'est ça qu'on va retenir on s'est beaucoup tous énervés sur les masques et les tests au démarrage le quoi qu'il en coûte je crois que ça restera et je crois que ça peut aussi embêter la gauche pourquoi ?
parce qu'il est en train de faire un programme socialiste là en ce moment il faut quand même le dire on socialise la vie des français oui et puis là les mesures qui sont prises sur le gaz les mesures qui sont prises sur le pouvoir d'achat les milliards qu'on envoie aux fonctionnaires à la police etc la gauche va être aussi un petit peu embêtée bon il y aura des choses à dire évidemment mais je crois que là dessus c'est peut-être ça aussi qui fait que son socle est toujours là on va en parler de la gauche dernier mot sur Yves Traire donc il y a des gages donnés à la gauche est-ce qu'il y a des gages donnés aussi à tout ce discours sur Zemmour quand on annonce une division par deux des visas accordés à l'Algérie ou au Maroc est-ce qu'il y avait une visée électoraliste dans cette décision ?
non mais c'est évident et ça c'est pas nouveau c'est une réponse à Zemmour c'est une réponse à Zemmour et à Marine Le Pen le discours régalien du président de la République qui était quasi inexistant quand même il faut le dire au début du quinquennat a commencé à émerger il y a un an c'est très simple c'était à la fin de l'été 2000 2020 où il a commencé à nous sortir la loi sur le séparatisme parce que ça fait presque un an qu'on est dessus la loi sur la sécurité des mesures contre l'immigration et donc et là il œuvrait d'abord pour satisfaire sa clientèle électorale et la partie la plus à droite de sa clientèle électorale parce qu'il ne faut pas oublier qu'il a quand même un électorat de droite je dirais la droite entrepreneuriale celle qui est dans les affaires qui aime les réformes pardon qui aime les réformes on a vu sur le marché la dame qui dit il fait ce qu'il peut exactement c'est ça cette droite là elle vote pour lui et d'ailleurs c'est bien le problème des républicains aujourd'hui et donc il fallait qu'il muscle son discours alors à son endroit un discours sur la sécurité parce qu'il y a une réalité il y a des problèmes de sécurité il y a des problèmes d'immigration il y a des problèmes d'autorité et de l'autorité de l'état dans ce pays alors cette autorité et bien depuis un an je dirais qu'il y travaille il y travaille constamment et cette mesure sur les visas qui est une mesure qui diplomatiquement va et peut avoir des conséquences très importantes surtout avec ces trois pays là et elle peut avoir des conséquences au delà de la diplomatie si vous me voyez elle peut avoir des conséquences en termes de sécurité de terrorisme c'est à dire ça peut être pris d'une façon de choc justement entre de civilisation et cette mesure évidemment elle est là pour contrer et Marine Le Pen et Éric Zemmour question un peu provocante et si Macron n'y allait pas quand et comment il va se déclarer et est-ce qu'on est sûr qu'il se déclare ?
alors moi je ne sais pas quand est-ce qu'il va se déclarer parce que personne ne le sait pour l'instant même lui en revanche je crois que là il n'y a plus beaucoup de doutes à 44 ans il a envie de remplir il est en campagne depuis l'été il ne fait que ça de la campagne mais pourquoi pas enfin je veux dire c'est tout à fait c'est normal j'allais dire après il ne faut jamais oublier qu'il peut toujours se passer quelque chose bien sûr donc il reste 6 mois c'est court et c'est long en même temps beaucoup de ses proches disent il est favori mais modérément c'est à dire que s'il arrive quelque chose c'est patatras donc il ne faut pas qu'il fasse d'erreur aussi lui et il peut y arriver une crise nationale internationale qu'il ne maîtrise pas ça fait beaucoup quand même de paramètres et puis il y a quelque chose qui moi qui m'a toujours surprise c'est le nombre de gens qui ne l'aiment pas
c'est à dire qu'il a effectivement une bonne cote de popularité en ce moment mais il y a aussi beaucoup de gens qui ne l'aiment pas il y a beaucoup de français alors je ne sais pas s'il y a déjà eu un président qui était aussi peu mal aimé mais il y a quand même il y a des gens qui le haïssent
on l'a vu lors des gilets jaunes les gilets jaunes les manifestations donc il y a ces deux tendances finalement chez Macron je partage votre point de vue mais je le compléterai d'un point c'est vrai qu'il y a eu parfois un ressentiment très fort on pense à Nicolas Sarkozy qui est aussi un président très rejeté mais Nicolas Sarkozy avait des fans avait des militants avait des soutiens extrêmement forts c'est ce qu'il explique son très bon score finalement puisqu'il fait une très bonne campagne et il perd finalement de peu au second tour Emmanuel Macron lui manque de fans c'est souvent une adhésion raisonnable on a bien entendu cette personne qui est sur une logique d'exonération c'est la crise il fait ce qu'il peut donc le manque de fans peut être un problème pour Macron maintenant on n'imagine pas qu'il n'irait pas à tel point que la décision de François Hollande alors que tous indicateurs de popularité étaient à l'extrême rouge si je vous dis à pour lui avait finalement surpris c'est dans la logique de la cinquième qu'un président re-sollicite un nouveau mandat chez les Français alors l'événement politique de la semaine c'est quand même la victoire sur le fil de Yannick Jadot à la candidature écologiste et finalement Sandrine Rousseau quelques tergiversations annonce qu'elle fera bien campagne aux côtés de Yannick Jadot retour sur cette semaine mouvementée avec Sofiane Haklouf et Erwan Ilion Le candidat à la primaire revêt le costume de candidat à la présidentielle après sa désignation par les sympathisants écologistes Yannick Jadot a choisi la Savoie pour son premier déplacement et imposé ses thèmes de campagne
Souveraineté industrielle
protection du climat protection sociale Face aux dissensions dans son parti le vainqueur doit rappeler qu'il est bien le seul et unique candidat et veut rassembler sa famille politique pour 2022
Moi je respecterai chacune chacun des candidats on a besoin de tout le monde on a besoin de Sandrine on a besoin de Delphine on a besoin d'Eric on a besoin des 122 670 personnes qui ont fait l'effort de participer à un vote et le vote a tranché la primaire la primaire est terminée
Un message adressé à Sandrine Rousseau finaliste malheureuse de la primaire mais qui compte bien peser dans la campagne
À 49% ils ne pourront plus jamais se passer de nous
Depuis l'annonce des résultats elle dénonce un dialogue assez peu constructif avec Yannick Jadot et est allé jusqu'à conditionner son soutien au vainqueur
Qu'il entende que c'était une victoire courte et que c'était une victoire qui aussi se faisait un peu bousculer par une autre ligne qui était assez différente et que cette ligne là elle a amené des gens à la politique mais vraiment beaucoup
et des gens qui n'y croyaient plus
elle a levé un espoir et cet espoir là
il ne faut pas le décevoir
Yannick Jadot doit réconcilier cette ligne radicale avec la sienne plus réaliste jeudi
le numéro 1 d'Europe Ecologie Les Verts a donc dû calmer le jeu
il n'y a pas de discussion il y a un soutien inconditionnel je note que c'était l'engagement de Delphine Bateau d'Eric Piolle et de Sandrine Rousseau au soir de sa défaite au soir de la victoire de Yannick Jadot et je regrette vraiment son attitude qui est très peu constructive et qui ressemble un peu
à une logique de mauvaise perdante message reçu du côté de Sandrine Rousseau hier l'écoféministe a fini par apporter son soutien sans réserve à l'eurodéputé écologiste
Yannick Jadot a gagné cette primaire et je le suivrai et vraiment sans aucun état d'âme
avec Sandrine Rousseau rallier la nouvelle cible de Yannick Jadot s'appelle Anne Hidalgo les Verts ont tendu la main au Parti Socialiste leur rêve obtenir le retrait de la maire de Paris au profit des écologistes mais le premier secrétaire du PS espère encore le scénario inverse
j'avais dit il faudra un moment avoir un candidat commun à l'élection présidentielle j'avais fixé un critère clair l'offre qui serait celle qui avait la plus attractivité au moment de l'élection pour moi le critère c'était les élections municipales départementales régionales elles ont donné un avantage aux socialistes les écologistes ont considéré que ça n'était pas du tout de leur goût ils ont préféré avoir un mécanisme de primaire que je respecte
si la question d'une alliance à gauche se pose c'est parce que dans les sondages Anne Hidalgo ne décolle pas elle est même désormais clairement distancée par Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon dans une dernière enquête qui la donne à 5,5% pas découragée Anne Hidalgo préfère continuer sa campagne l'air de rien en solo
avec le soleil en plus
dans les deux sèvres à la rencontre d'élus ruraux elle tente d'effacer son image de candidate des grandes villes en imposant ses thèmes de campagne
faire en sorte que nos enfants retrouvent la chance de pouvoir étudier apprendre c'est les commerces qui périclitent et c'est du mal vivre alors qu'on peut s'appuyer beaucoup sur ces territoires ruraux pour essayer de gagner toutes et tous en qualité de vie gagner en qualité de vie et surtout
gagner des voix mais avec 7 candidats sur la ligne de départ le second tour de la présidentielle paraît inaccessible pour la gauche Astrid De Vilaine à Hidalgo qui parle des territoires des commerces qui périclitent c'est un registre dans lequel on n'a pas l'habitude de l'entendre puisqu'à Paris les commerces ne périclitent pas oui mais enfin si on regarde les images elles font quand même on dirait une élue locale mère adjointe quoi enfin c'est pas du tout une image de campagne présidentielle à 6 mois c'est même assez triste moi je crois que le parti socialiste est dans un vieux logiciel il n'a pas fait son aggiornamento contrairement à d'autres et je pense par exemple à Emmanuel Macron c'est à dire que elle a fait un début de campagne très à l'ancienne elle a commencé par faire un appel de maire téléphonée dans la presse locale ce que faisaient les candidats socialistes il y a 20 ans en disant on veut Madame Hidalgo bon Madame Hidalgo a démarré sa campagne elle a fait Paris Match à la campagne dans une robe verte pour dire voilà je suis candidate je suis la candidate de la campagne je crois que la gauche a oublié en fait que ses électeurs ils ne sont plus du tout là-dedans et ensuite pardon je finis elle est allée dans le point qui est un journal de droite pour faire ses bonnes feuilles d'un livre elle ne voit pas du tout enfin je ne sais pas si elle ne le voit pas mais en tout cas beaucoup de gens à gauche ne voient pas ce qui se passe dans le pays et ce que Sandrine Rousse d'ailleurs à son niveau incarnait c'est à dire les mouvements écolos les mouvements de jeunesse les mouvements féministes les mouvements antiracistes ou qu'on pourrait appeler décoloniaux ce pays là qui ne vote plus qui ne se sent absolument pas représentés par la gauche actuelle alors même qu'il est très engagé dans son quotidien en étant très écolo très inclusif etc la gauche n'a pas réussi à aller le chercher et je suis un peu je pense qu'ils sont dans une situation compliquée à cause de ça notamment ça veut dire quoi Yves Traher que les thèmes portés par les écologistes sont finalement l'avenir de la gauche ou devraient l'être ?
normalement si vous voulez le problème c'est que la gauche et même la deuxième gauche n'a jamais réussi à émerger vraiment dans notre pays la social-démocratie est bien fatiguée et effectivement on pouvait imaginer qu'au 21ème siècle l'avenir de la gauche passe par l'écologie alors elle va peut-être passer par l'écologie à terme mais pour le moment on a quand même du mal à l'imaginer parce que les écologistes parlent assez peu d'écologie pour finir Mme Rousseau ne parle pas d'écologie elle parle effectivement de décoloniaux d'intersectionnalité de wokisme de tout ça elle refait l'histoire en fait elle est dans la guerre la guerre des sexes la lutte des classes a été remplacée par la lutte des sexes chez Mme Rousseau et chez une partie des écologistes je pense qu'aujourd'hui la gauche française n'arrive pas à se mettre d'accord sur un socle commun et sur des valeurs communes qui sont des valeurs qui peuvent être partagées par une grande partie de la population et si on regarde bien ce qui se passe dans le paysage politique actuel c'est que vous avez deux forces majeures vous avez une force d'une droite musclée qui est nostalgique qui est enracinée dans son territoire et dans sa civilisation enfin dans sa culture et vous avez en face M.
Macron qui représente une espèce de mondialisation que je n'allais pas dire heureuse mais qui est quand même très ouverte très sur l'extérieur et tous les autres n'existent plus alors je ne dis pas que la droite et la gauche c'est terminé mais on est plutôt dans une opposition si vous voulez entre somewhere et nowhere c'est-à-dire entre les gens de quelque part et les gens de nulle part Frédéric Daby comment vous analysez le phénomène Sandrine Rousseau qui a quand même été un phénomène est-ce qu'il va durer est-ce que c'est à l'échelle des écologistes est-ce qu'elle ne porte pas des thèmes il n'y a pas une petite graine quand même ça a été un phénomène à l'échelle d'une primaire relativement ouverte mais qui n'a convaincu que 120 000 personnes c'est 40 fois moins que la primaire de droite en 2016 c'est vrai qu'auprès de certains segments notamment la jeunesse il y a une impétence sur les questions sur les solutions radicales en termes de féminisme en termes d'antiracisme oui cette jeunesse là plutôt woke c'est-à-dire ne voyant la société qu'à travers les injustices les discriminations a été séduite par Sandrine Rousseau mais pardon ce n'est pas la gauche telle qu'elle pourrait exister si elle était plus visible si elle arrêtait de parler de mécano fait électoral je me retire on fait l'union moi je rappelle souvent un exemple simple 74 une gauche parfaitement unie derrière François Mitterrand il perd 81 une gauche désunie comme jamais je crois 5 ou 6 candidats je mets Brice Lalonde à gauche la gauche gagne la question plutôt pour la gauche c'est qu'on ne l'entend pas et je pense qu'une gauche laïque universaliste très écologiste pourrait peser beaucoup beaucoup plus qu'une gauche intersectionnelle woke est antiraciste en attendant Isabelle de Goleman il y a beaucoup de candidats à gauche sur un électorat on l'a dit qui s'est rétréci je parle sous votre contrôle 30-31% un peu moins voilà même un peu moins est-ce qu'on peut imaginer qu'Anne Hidalgo se retire au profit pourquoi pas de Yannick Jadot c'est-à-dire la situation inversée de ce qui a été fait en 2017 oui d'une certaine manière elle est quand même Jadot compatible avec tout son investissement sur l'écologie ce qui est étonnant parce qu'elle ne s'abîme pas dans cette campagne avec son 5-5
disons que ce qui est étonnant dans cette campagne il ne faut peut-être pas trop vite l'enterrer parce que pour les municipales à Paris on l'avait donnée aussi perdante puis finalement elle s'en est bien sortie mais ce qui est assez étonnant c'est qu'en fait elle n'est pas candidate la seule mesure qu'on a qu'on a entendue c'est celle sur les profs l'augmentation du salaire des profs qui de toute façon était impossible qui a fait rire tout le monde donc là pour l'instant elle est dans une attitude d'écoute alors elle écoute beaucoup mais elle ne propose rien et en plus le problème c'est que pour les socialistes quand même des partisans de la démocratie directe de la participation etc qui est-ce qui a désigné Madame Hidalgo ?
Personne alors il n'y a pas eu de primaire il n'y a pas eu de mouvement populaire donc finalement elle n'a pas de légitimité et puis en plus elle est maire de Paris c'est quand même encore plus compliqué alors Chirac était maire de Paris mais avant il avait été en Corrèze là moi je ne crois pas trop à un candidat maire de Paris je pense que vu comme est la France c'est assez compliqué
ça sonnait faux vous trouviez quand elle était là en déplacement je ne sais pas si ça sonnait faux avec sa proposition d'ailleurs de limiter à 110 km heure la vitesse sur autoroute
oui je ne suis pas sûre que ça sonnait faux au sens où je pense qu'elle est sincère là-dessus elle-même elle n'est pas parisienne en plus elle est beaucoup sur les valeurs du travail aussi et ça c'est intéressant c'est le vieux fonds de la social-démocratie il rappelle ses parents etc mais c'est vrai que de toute façon enfin on a bien vu avec les gilets jaunes il y a quand même une détestation des parisiens dans ce pays donc élire à la présidentielle une maire de Paris
je trouve que c'est à ce point identifié comme maire de Paris elle a un double handicap socialiste et maire de Paris alors il ne faut pas trop vite enterrer la gauche quand même parce qu'on le voit bien à la faveur de cette sortie de crise sanitaire que les problèmes de pouvoir d'achat de flexibilité dans l'emploi existent et ça ce sont des thèmes si la gauche sait les saisir sur lesquels elle peut se refaire une santé d'ailleurs en Allemagne c'est ce qui s'est passé oui la gauche est arrivée en tête et elle va probablement gagner alors qu'on l'avait enterrée j'ai appris récemment qu'on avait une jeune téléspectatrice de 8 ans qui s'appelle Violette et qui a envie d'être présidente de la République je pense que Violette si elle nous regarde elle sera capable de faire l'addition suivante Jean-Luc Mélenchon 9 Yannick Jadot 9 ça fait déjà 18 Fabien Roussel et Arnaud Montebourg 1,5 chacun on est déjà à 21 et on ajoute les 5,5 d'Anne Hidalgo on est à 26,5 ça vous faites le total de vote de gauche exactement il y en a deux autres ils sont 7 candidats quand même à gauche et on arrive donc devant Emmanuel Macron il y a beaucoup de français qui ont envie de cette union là alors je suis d'accord la politique c'est pas des mathématiques etc mais malgré tout nous on a fait un sondage cette semaine 80% des sympathisants de gauche dans ce pays veulent l'union et puis malgré tout s'il y avait un seul candidat le peuple de gauche il irait voter pour lui peu importe finalement le chapeau la casquette ou le maquillage vous voyez et je crois que ça ils l'ont pas compris seul Yannick Jadot a essayé beaucoup il a fait deux réunions au printemps dernier il a essayé de mettre toutes ces entités là qui ne peuvent pas se supporter soyons clairs autour d'une table ça n'a pas marché il a essayé il a essayé peut-être que lui avec cette petite primaire je suis d'accord 122 000 personnes c'est pas énorme mais ça donne un petit élan dans ce marque de gauche peut-être que lui va y arriver moi je le vois pas ils ont beaucoup de différence il y a beaucoup d'égo mais si on a un Zemmour Macron après il ne faudra pas qu'ils s'étonnent d'aller appeler peut-être à voter Macron alors qu'ils ont déjà eu pour certains du mal la dernière fois 80% des électeurs de gauche souhaitent l'union et vous nous avez montré qu'une candidature unique à gauche permettrait d'envisager un second tour un Macron 26,5 allez tout de suite on revient à vos questions avec de si mauvais sondages Anne Hidalgo a-t-elle intérêt à maintenir sa candidature une question de Yolande dans le Barin franchement dire des choses comme cela en octobre 6 mois avant le vote rappelez-vous de la célèbre apostrophe d'Arnette Chabot au candidat Val Chirac qui était peut-être à un niveau à peine supérieur à celui d'Anne Hidalgo est-ce que vous irez jusqu'au bout ?
bien sûr ils n'ont pas le même statut ils n'ont pas le même statut et François Hollande donc je crois qu'il faut vraiment et cette émission nous permet de donner des gages de très très grande prudence et c'est un sondeur qui le dit les sondages ne font pas la politique la course entre les candidats est lancée mais où sont leurs programmes ?
effectivement c'est un peu écrasé pour le moment parce que comme on parle finalement on parle beaucoup de constats le constat de la France alors pour certains qui est complètement cabossée pour d'autres au contraire qui a réussi à sortir de cette crise sanitaire qui a fait quand même quelques 120 000 morts en France il ne faut quand même pas oublier ça mais où finalement l'état a fonctionné quoi qu'on dise même si les masques ça n'a pas marché ça a fonctionné je pense que on va arriver et ça va être ça le défi pour Éric Zemmour on va arriver dans la période programmatique et de présentation des propositions au mois de janvier pas avant et ça c'est une faiblesse d'Éric Zemmour d'ailleurs Jordan Bardella ce matin dans le Figaro disait pour l'instant il met des mots MOT sur des mots MAUX mais il ne va pas au-delà c'est sûr et les candidats les différents candidats vont être obligés de se dévoiler à partir du moment où le président de la République se porte candidat parce que lui il va se porter candidat il ne peut pas faire campagne sur un bilan aucun président n'a été réélu d'ailleurs ils ont été rares ceux qui ont été réélus sur un bilan il faut impérativement trouver une martingale et ça ne pourra pas être de droite et de gauche il faudra qu'il trouve autre chose question de Bernard dans le Gard Éric Zemmour et Marion Maréchal pourraient-ils s'allier ?
comment Marion Maréchal voit-elle tout cela ? Isabelle de Beaulieu de fait on a vraiment une alliance à mon avis entre l'électorat de Marion Maréchal qui est cet électorat très conservateur plus ou moins
effectivement d'obédience catholique et puis Zemmour qui se bat beaucoup sur l'identité de la France
la culture chrétienne etc. donc on voit bien un ticket à soir oui oui c'est vrai que ça serait ça serait en tout cas en plus ça permettrait à Marion Maréchal de donner un coup à sa tante c'est à mon avis elle a toujours dit qu'elle ne s'opposerait jamais politiquement à sa tante qui l'a quand même élevé etc.
en revanche c'est vrai que Jean-Marie Le Pen lui a taclé sa fille dans Zemmour mais il faut dire que Marine Le Pen avait quand même viré son père fondateur du Front National de son propre parti donc bon il y a quand même des histoires plus entre deux que je pense avec la nièce Sandrine Rousseau va-t-elle vraiment réussir à taire ses désaccords pour se ranger derrière Yannick Jadot elle a été un peu grisée par son succès sa percée elle s'est vue au second tour et elle a eu du mal à accepter la défaite c'est comme ça non elle a eu du mal à accepter la défaite la preuve c'est qui a été d'une courte tête oui oui deux points un point elle a mis 48 heures finalement pour dire bon ben je le soutiens mais c'est sûr qu'elle est porteuse de thèmes qui sont certes qui sont très à la mode aujourd'hui dans la société française même si c'est une certaine jeunesse c'est une certaine population mais je ça ne va pas être facile ça ne va pas être facile ça va être un peu comme à chaque fois qu'il y a des primaires au parti socialiste les perdants sont des très mauvais soutiens et c'est à chaque fois ce qui se passe et là ça va être pareil sauf que la dernière primaire gagnante du parti socialiste celle de 2011-2012 rappelez-vous de cette photo à Solferino moi j'y étais je m'en souviendrai toute ma vie tous les candidats qui s'étaient quand même envoyés des anathèmes autres que les écolos c'était quand c'est loup il y a un loup l'autre qui est trop mou la primaire qui a fait où François Hollande a gagné et a gagné d'ailleurs l'élection présidentielle grâce à cette primaire il y a cette photo avec tous Ségolène Royal Arne Montdebourg les mains tous à se donner la main on ne l'a pas eu sauf qu'ils en sont loin là les verts oui mais si vous voulez le peu de dynamique qu'elle aurait pu donner elle ne l'a même pas fait trois jours plus tard la position d'Éric Zemmour ne va-t-elle pas se fragiliser dès que vont être abordées les questions politiques économiques et écologiques c'est Frédéric dans le Vaucluse qui pose la question mais ces questions seront-elles abordées ?
on a l'impression qu'on est c'est quand même on n'est pas encore dans la campagne il me semble qu'il faut effectivement il faut attendre il n'y a pas de candidat de droite
encore qui a été désigné donc il faut quand même attendre d'avoir les vrais candidats qui se présentent avec le programme donc j'espère qu'on va aborder
les choses qui font mais les questions d'identité quand même ont l'air d'être prégnantes en ce moment
oui mais il y a eu un sondage récemment qui montrait la première préoccupation des Français c'est quand même l'écologie avant l'identité et avant l'immigration alors il y a la sécurité voire d'achat il y a aussi la santé donc je ne suis pas sûr que l'identité soit
aujourd'hui tous les Français se lèvent
avec un problème d'identité
Nicolas Sarkozy va-t-il soutenir un candidat pour la prochaine élection présidentielle ? Non, il ne va pas soutenir de candidat il ne soutiendra même pas dans le cadre Le candidat de LR ? Non mais dans le cadre de la primaire LR il ne va pas dire un mot je pense et je pense qu'il se manifestera très tardivement et il y a de fortes chances pour qu'on ne sache pas pour qui il vote surtout s'il y a un candidat LR qui est si vous me permettez l'expression un peu dans les choux je ne crois pas que Il pourrait soutenir Emmanuel Macron ?
Il pourrait dans un deuxième tour entre Emmanuel Macron Éric Zemmour Emmanuel Macron Marine Le Pen je pense qu'il pourrait soutenir Je pense qu'il prendrait la parole au premier tour si un candidat de droite était en situation de se qualifier pour le second tour ce qui n'est pas le cas pour l'instant Tout à fait Éric Ciotti Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez pourraient-ils soutenir Éric Zemmour ? On a vu qu'il y a des militants LR d'ailleurs qui se sont affichés aux côtés d'Éric Zemmour et qui visiblement on était ravis Est-ce qu'on a vu Éric Ciotti dire au second tour entre Emmanuel Macron et Zemmour je vote Zemmour ?
Laurent Wauquiez aussi d'ailleurs Laurent Wauquiez Il a commencé à soutenir Tu es aussi chez toi Tiens Barnier Donc effectivement oui il pourrait on voit bien qu'il y a toute une partie de la droite qui a envie que Zemmour rentre dans son jeu à elle plutôt qu'il soit à l'extérieur de la droite et qu'il siphonne la droite C'est logique Zemmour ne peut marcher que s'il arrive à fracturer les républicains et à fracturer le rassemblement national et à faire cette fameuse synthèse Et à ce moment là on va voir des élus qui vont rejoindre peut-être Éric Zemmour et d'autres peut-être Emmanuel Macron parce qu'un élu il pense aussi à sa circonscription à son poste de ministre et c'est vrai que Ciotti Morano par exemple pour ne citer que ces deux là ils sont très très proches idéologiquement d'Éric Zemmour d'ailleurs ils le soutiennent sur les réseaux sociaux etc.
Et d'ailleurs c'est tout le problème de la droite actuelle traditionnelle c'est son logiciel c'est où est-ce qu'elle habite et on a vu Christian Jacob le patron de LR récemment un jour il dit qu'Éric Zemmour n'est pas raciste le lendemain il dit qu'il ne faut pas qu'il soit dans sa primaire finalement si personne n'a rien compris Alors il reste peu de temps et la question est compliquée qu'est-ce qui différencie le programme de Marine Le Pen et de celui d'Éric Zemmour ?
En quelques mots on ne connait pas vraiment le programme d'Éric Zemmour pour l'instant c'est plutôt cassante que celui qu'il propose Il est plus libéral à mon avis que Oui peut-être ce qui plaît à l'électorat LR il y a quand même beaucoup de points comme on dit sur l'Europe
Niveau sociétal peut-être
Merci beaucoup d'avoir participé à cette émission Je rappelle que C'est dans l'air est disponible gratuitement en podcast audio sur toutes les bonnes plateformes On se retrouve lundi pour un nouveau C'est dans l'air mais vous restez sur France 5 à suivre C'est l'hebdo Bon week-end sur France 5
Marine Le Pen