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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 3 septembre 2012 11 minContradictoireFond programmatiqueÉducation & rechercheTravail & emploiÉconomie & entreprises

Vincent Peillon

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 10 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:11FerméeRéponse partielle

    Avec 13 000 professeurs de moins, est-ce que vous vous attendez à une rentrée difficile demain ?

  • 0:47RelanceRéponse partielle

    Vous risquez encore d'avoir des mauvaises surprises, des classes supprimées ou surchargées, des remplaçants qui font défaut ?

  • 1:40OuverteRéponse directe

    Il y aura des profs en plus, c'est l'une des promesses de campagne de François Hollande. Si la crise des vocations est enrayée, que se passera-t-il si les 22 000 postes que vous avez mis en concours l'an prochain ne sont pas pourvus ?

  • 1:59RelanceRéponse directe

    Il va venir très vite, hein ?

  • 2:34RelanceRéponse partielle

    Mais les besoins sont considérables. 22 000 candidats, c'est deux fois plus que cette année.

  • 3:13OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'il y avait urgence à allonger de deux jours les vacances de la Toussaint quand on connaît le nombre de familles qui ont des difficultés à faire garder leurs enfants pendant les congés scolaires ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:55Invité politiqueChiffre
    « Nous avons réouvert, vous voyez, dans l'urgence 700 classes »
  • 1:41PrésentateurChiffre
    « 22 000 postes que vous avez mis en concours l'an prochain »
  • 3:40Invité politiqueChiffre
    « nous n'avons plus pour le primaire que 144 jours de classe pour nos élèves. C'est en moyenne 180 ou 200 dans les autres pays européens »
  • 4:38Invité politiqueFait
    « deux semaines à la Toussaint, c'est le trimestre le plus long »
  • 4:48Invité politiqueFait
    « j'ai aussi prolongé la scolarité jusqu'au 6 juillet »
  • 8:19Invité politiqueFait
    « je pense que pour enseigner le sens de la vie, le curé ou le pasteur est supérieur à l'instituteur »
  • 9:14Invité politiqueFait
    « une démocratie doit enseigner ses valeurs »

Temps de parole

  • Vincent Peillon78 %
  • Présentateur22 %

1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Vincent Peillon

France Inter, le 7-9 de Patrick Cohen.

0:06
Présentateur

Le ministre de l'éducation nationale est notre invité ce matin. Bonjour Vincent Payon. Bonjour Patrick Cohen. Avec 13 000 professeurs de moins, est-ce que vous vous attendez à une rentrée difficile demain ?

0:16
Vincent Peillon

Écoutez, 80 000 en 5 ans, une éducation nationale évidemment sous tension, mais depuis le mois de juin, nous avons fait, vous le savez, et nous avons pris un certain nombre de mesures dites d'urgence, moi je dis de réparation par rapport à l'état de l'éducation nationale, il y a une très grande motivation des personnels que je remercie, et je pense que nos 12 millions d'enfants et d'élèves qui vont rentrer demain matin, les 850 000 professeurs qui rentrent aujourd'hui, bien tout cela devrait bien se passer.

0:47
Présentateur

Mais est-ce que vous dites aux parents ce matin, vous risquez encore d'avoir des mauvaises surprises, des classes supprimées ou surchargées, des remplaçants qui font défaut ?

0:55
Vincent Peillon

Nous avons réouvert, vous voyez, dans l'urgence 700 classes, c'est considérable, 700 classes depuis le mois de juin, qui étaient programmées, fermées, donc je leur dis voilà ce que nous avons fait, nous avons fait en sorte d'affecter les professeurs les plus expérimentés sur les classes les plus importantes, je pense au CP, nous avons mis des personnels, 2000 imaginez-vous, surveillants de plus, 500 pour assurer la sécurité, 1000 professeurs des écoles, nous avons fait le maximum, pourquoi ?

Parce que nous voulons que cette rentrée quand même, l'école française, nos enfants, l'avenir de la France se passe le mieux possible, il nous faudra un peu plus de temps pour réparer tous les dégâts qui ont été faits, on va essayer de faire au mieux, il y aura sans doute quelques difficultés, comme à chaque rentrée, je suis là et toutes les équipes de l'éducation nationale pour essayer, lorsqu'on nous les signalera, d'y pallier.

1:40
Présentateur

Pour l'avenir donc, il y aura des profs en plus, c'est évidemment l'une des promesses de campagne de François Hollande, si la crise des vocations est enrayée, que se passera-t-il si les 22 000 postes que vous avez mis en concours l'an prochain, Vincent Payon, ne sont pas pourvus ?

1:54
Vincent Peillon

Écoutez, d'abord, je ne me place pas dans cette perspective, parce que tout l'effort de redresse...

1:59
Présentateur

Il va venir très vite, hein ?

2:00
Vincent Peillon

Oui, c'est pour ça que nous avons déjà eu 10%, vous le savez, cet été, d'inscrits en plus, lorsqu'on respecte les professeurs, lorsqu'on les forme, lorsqu'on leur donne les moyens de mieux exercer leur métier, lorsqu'on va les pré-recruter, nous venons d'en prendre la décision, nous allons chercher des étudiants en deuxième année à qui nous allons donner les moyens de poursuivre leurs études. Bref, quand on tend la main à la jeunesse, alors qu'on l'a découragé depuis des années, on se rend compte qu'il n'y a pas de crise d'évocation.

J'étais, lundi dernier, il y a une semaine, avec 800 jeunes professeurs à Créteil, ils sont ravis d'avoir été reçus à ce concours de fonctionnaires, de pouvoir servir l'État, de pouvoir aider, même dans les cas...

2:34
Présentateur

Mais les besoins sont considérables. 22 000 candidats, c'est deux fois plus que cette année.

2:38
Vincent Peillon

On les avait découragés. Donc je souhaite, et je les appelle, et d'ailleurs j'appelle tous les étudiants, il y aura deux types de concours cette année, car il va falloir deux ans pour remettre en place tout ça. Je les appelle à venir et à s'inscrire à ces concours, comme ils l'ont fait cet été, parce que les conditions ne sont plus du tout les mêmes qu'il y a trois ans. Et pour les trois ou quatre générations sacrifiées, je l'ai annoncé à Créteil, nous ferons en sorte qu'il y a trois ou quatre générations de professeurs qui n'auront eu aucune formation, de mettre en place une formation continue et d'essayer de faire qu'ils ne soient pas les abandonnés de ce système.

3:13
Présentateur

L'un des premiers chantiers que vous avez ouverts aussitôt après votre nomination, c'est celui des rythmes scolaires, la volonté de revenir à la semaine de quatre jours et demi et l'allongement du temps scolaire. Le chantier est en cours, mais dans ce cadre, est-ce qu'il y avait urgence à allonger de deux jours les vacances de la Toussaint quand on connaît le nombre de familles qui ont des difficultés à faire garder leurs enfants pendant les congés scolaires ? Vincent Payon.

3:35
Vincent Peillon

La question des rythmes scolaires fait partie des questions de fondement. Vous savez que dans notre pays, nous n'avons plus pour le primaire que 144 jours de classe pour nos élèves. C'est en moyenne 180 ou 200 dans les autres pays européens. Nous nous plaignons tous adultes du niveau qui baisse, de cette France qui... Mais lorsqu'il s'agit de se bouger et de faire vraiment un geste vers la jeunesse, nous ne le faisons pas, nous faisons le contraire. Ça a quatre ans cette affaire-là.

Ça fait des années que l'Académie de médecine, qui a salué évidemment la décision que j'ai prise sur les vacances de la Toussaint pour les raisons que je vais vous dire, des commissions mises en place par mon prédécesseur indiquent toutes qu'il faut absolument changer les rythmes scolaires en France. Il y a plusieurs choses qu'il faut changer. Il y a l'année, il y a la semaine et il y a la journée. Et tout le monde confond tout.

La réalité de cette affaire de la Toussaint, c'est que je voulais montrer qu'il était possible par un vote démocratique qui n'était pas arrivé depuis des années dans l'éducation nationale au Conseil supérieur de l'éducation, à la demande d'ailleurs des fédérations de parents d'élèves, eh bien, de changer les dates car non seulement j'ai respecté ce que demande l'Académie de médecine et toutes les commissions, c'est-à-dire deux semaines à la Toussaint, c'est le trimestre le plus long, c'est là où on a le plus de violences et d'incidents après la Toussaint puisque vous savez c'est très long jusqu'à Noël. Mais il faut le dire, j'ai aussi prolongé la scolarité jusqu'au 6 juillet.

Bon, ça veut dire que nous avons commencé à gagner sur l'été. Cette décision, elle n'a pas été faite par un dictat, elle respecte absolument toutes les recommandations. Mais j'ai voulu montrer que l'ensemble des acteurs de l'éducation dont on dit tellement de mal, si on allait au bout de la discussion, si on les respectait, c'est le Conseil supérieur de l'éducation, il y en a tout le monde, les syndicats des professeurs, les représentants des parents d'élèves, les collectivités locales, nous pouvions bouger. Et c'est un facteur d'optimisme pour ce que nous avons à faire cette année qui sera d'une toute autre ampleur bien entendu.

5:18
Présentateur

Les 4 jours et demi, ce sera effectif dès la rentrée 2013 ? Je le souhaite. Je l'avais déjà dit là,

5:23
Vincent Peillon

ça avait fait un peu polémique. Je le souhaite et je pense que c'est vraiment le minimum syndical. On ne peut pas en rester là. Le mercredi matin

5:32
Présentateur

plutôt que le samedi ?

5:33
Vincent Peillon

Oui, il a la faveur, je le vois dans la concertation qui se déroule. Et dans les sondages ? Il a la faveur d'une très grande majorité des gens et ça se comprend du point de vue pédagogique, ce n'est pas mauvais du tout, c'est bien. Avec une compensation salariale pour les professeurs ? Écoutez, au jour d'aujourd'hui, vous connaissez l'état des finances publiques. Nous ne pouvons pas et la priorité est bien et les professeurs le savent entièrement et je serai encore ce matin avec le président de la République qui le réaffirmera dans un collège à trappe, c'est l'éducation nationale. Tous les moyens dont nous disposons sont mis sur l'éducation nationale.

Et nous savons que les professeurs n'ont pas les traitements qu'ils mériteraient. D'autres professions de dévouement aussi. Nous ne pouvons pas aujourd'hui augmenter les traitements. Nous le ferons quand nous le pourrons. Dans l'immédiat, il faut déjà remettre des professeurs devant les élèves. Vous voyez les problèmes de remplacement, de surcharge. Il faut former nos professeurs et je crois qu'ils l'ont accepté. C'est là que nous devons mettre tous les moyens dans l'immédiat. Donc, ce n'est pas l'ordre du jour pour l'instant.

6:26
Présentateur

Vous avez vu la presse ce matin, Vincent Péion, vous souhaitez qu'il y ait dès 2013 des cours de morale laïque à l'école. Vous l'aviez annoncé au mois de juillet, vous l'avez répété hier au journal du dimanche, mais ça fait encore beaucoup de titres et d'éditos ce matin en parlant de spiritualité. C'était dans votre interview au JDD. L'école doit exercer un pouvoir spirituel dans la société. Il y aura une religion républicaine enseignée à l'école. Vincent Péion.

6:54
Vincent Peillon

Non, bien sûr que non. Mais enfin, dire que c'est un pouvoir spirituel, c'est curieux que ça puisse choquer puisqu'elle a été entièrement construite comme ça tout au long du XIXe. Et effectivement, à l'école, on s'adresse à des corps.

7:03
Présentateur

Vous savez où ça vient cette expression religion républicaine ?

7:06
Vincent Peillon

Religion républicaine, c'est un terme qui a été employé assez souvent au XIXe siècle par les fondateurs de l'école républicaine, mais comme morale laïque. Et Ferdinand Buisson. Et Ferdinand Buisson.

7:15
Présentateur

Le prix Nobel de la paix perd des premières lois sur la naïcité sous Jules Ferry et auquel vous avez consacré un ouvrage.

7:22
Vincent Peillon

Oui, mais enfin bon, il y a toute une histoire qui est d'ailleurs très méconnue. Pouvoir spirituel, ça veut dire qu'effectivement, l'école, elle doit certainement préparer des travailleurs, former des citoyens, mais elle s'adresse aux esprits, l'esprit public d'un peuple, comme on le disait depuis Condorcet. Il y a des tas de gens qui veulent formater nos esprits, nous dire que la concurrence, l'égoïsme, l'argent, ça, ce sont des valeurs formidables. Et puis, il y a l'école qui a ses responsabilités, qui est d'enseigner un certain nombre de valeurs qui permettent de vivre ensemble, qui font le socle. Moi, je veux une école qui fabrique du commun.

Je veux une école qui soit capable, entre tous les enfants de France, de rassembler autour d'un certain nombre de valeurs que nous connaissons d'ailleurs. C'est la liberté, c'est l'égalité, c'est la justice. Et donc, tout cela, ça s'apprend. Ça s'apprend, y compris le respect des autres, y compris le refus des orthodoxies, y compris l'esprit critique, y compris la capacité à définir les devoirs envers soi ou les devoirs envers les autres. Souvenez-vous de la phrase qui avait tellement choqué l'ancien président de la République. Il avait dit de façon tout à fait ordinaire, « Eh bien, écoutez, je pense que pour enseigner le sens de la vie, le curé ou le pasteur est supérieur à l'instituteur.

» Moi, je ne pense qu'il n'y a pas de supériorité. Je respecte le pasteur et le curé, ils le feront dans l'ordre privé. Mais je pense que l'école et une démocratie doit enseigner ses propres valeurs et que la démocratie, la République et la France, elle a quelque chose à dire à ses enfants sur le sens de la vie.

8:40
Présentateur

La morale à l'école, c'est une vieille histoire, vous venez de le rappeler, mais aussi une récente histoire. Luc Châtel, 31 août 2011, le Parisien, je peux vous faire passer la coupure de presse, Luc Châtel, de point, je fais revenir la morale à l'école. Il avait rédigé une circulaire qui prévoyait des cours de morale, qui inculquerait aux élèves des notions de morale universelle fondées sur les idées d'humanité et de raison. La circulaire n'a jamais été vraiment appliquée. Qu'est-ce qui dit que votre volonté d'aujourd'hui sera plus suivie que celle de votre prédécesseur ?

9:13
Vincent Peillon

Écoutez, rien ne le dit, mais je vais y mettre une certaine détermination. J'ai identifié d'abord, il y a, vous avez raison, un certain consensus. Il a fait cela, il a fait une autre chose que je trouve très positive, avec des résultats très intéressants. Il a saisi le Haut Conseil d'intégration sur la pédagogie de la laïcité. Il y a là des éléments intéressants. En réalité, depuis Jean-Pierre Chevènement, en passant par François Béroux, en passant par Luc Ferry, en passant par différents ministres, Lionel Jospin, tout le monde comprend qu'il y a là un problème. Une démocratie doit enseigner ses valeurs. Elle ne peut pas laisser uniquement ses ennemis le faire.

Et c'est d'ailleurs comme ça pour la France, qui a une histoire très particulière, c'est comme ça que la France s'est construite, imaginez-vous. Et il est important de le faire, surtout lorsqu'on a vécu les débats que nous avons vécu les dernières années sur identité nationale et immigration, et que nous avons vu à quel point notre propre histoire et nos propres valeurs pouvaient être oubliées, y compris des plus hauts représentants de l'État. Maintenant, qu'est-ce qui ne va pas ? Il ne va pas. La première chose, c'est que dans le fond, cette discipline, si c'est une discipline, elle n'est pas évaluée.

Et vous savez que dans le système éducatif, quand une discipline n'est pas évaluée, elle n'est pas enseignée. Deuxièmement, elle n'a pas d'espace propre. Elle se rattache à une autre discipline qui est elle-même un programme chargé et qui fait que, donc, elle passe en second quand elle n'est pas oubliée. Et troisièmement, il faut en définir le contenu. Comme on a peur de parler du bien et du mal, du juste et de l'injuste, on enseigne de façon un peu mécanique une instruction civique ou une éducation civique. Qu'est-ce que la loi ? Qu'est-ce que le contrat ? La séparation des pouvoirs ? Et l'on ne pose pas les questions sur le sens de l'existence. Les deux doivent être liés.

Vous savez, cette année, on avait... Attention, l'absurde. Cette année, on a célébré le tricentenaire de Rousseau. C'est peut-être indifférent aujourd'hui, mais c'est quand même très important puisqu'il a été à la fondation aussi de notre République. Il disait une chose simple, politique et morale sont inséparables. La morale laïque, elle réunit l'instruction civique et ces questions de morale commune qui ne doivent blesser aucun engagement particulier, qu'il soit politique ou qu'il soit religieux, mais quand même cette morale commune.

11:12
Présentateur

Vincent Péillon, invité de France Inter jusqu'à 9h moins 5. Vos questions pour le ministre de l'Éducation les attendent. Au standard, elles ont déjà commencé à arriver. 0,1, 45, 24, 7000.