Marine Le Pen lance le Forum "Défendre & Protéger"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:14PrésentateurFait
« Le gouvernement lutte contre le sentiment d'insécurité. »
- 2:41PrésentateurFait
« Pour qui l'insécurité relève d'un aléa social inévitable qui trouvera une solution non par des mesures spécifiques de lutte contre les délinquants, mais par l'effet mécanique du bien-être économique. »
- 2:54PrésentateurFait
« M. Macron a pour seul souci l'économie, en réalité il a pour seul souci la finance. »
- 3:25PrésentateurFait
« La question carcérale s'est limitée à une décision énergique et déterminée sur l'installation de téléphones dans les cellules. »
- 3:37PrésentateurFait
« Le problème ne vient pas de l'absence de loi, mais de leur non-application. »
- 4:23PrésentateurFait
« La criminalité est internationale et exige de définir et d'adapter constamment le cadre de coopération des États. »
- 5:26PrésentateurPromesse
« Nous rétablirons les peines planchers. »
- 5:37PrésentateurFait
« Il faut renforcer nos réseaux de renseignement dans les cités et décloisonner les services de lutte contre la délinquance. »
- 6:02PrésentateurFait
« Nous n'avons pas à assumer la délinquance étrangère. Nous avons assez de nos propres délinquants pour ne pas avoir à gérer cette délinquance venue d'ailleurs. »
- 6:12PrésentateurPromesse
« Nous rétablirons la double peine imprudemment abolie par Nicolas Sarkozy. »
- 9:21PrésentateurFait
« Le projet de réforme en matière de justice que va nous présenter Mme Belloubet et dont je pense que le pire sera sûr. »
Temps de parole
- Présentateur100 %
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Mesdames et Messieurs, bonjour. Voilà un an que le gouvernement est en place. Il faut croire qu'il a résolu les problèmes de sécurité, si l'on en juge par le silence médiatique qui fait de cette thématique la grande absente du débat public. Admettez qu'en ce moment, on voit peu d'analyses, peu d'échanges d'idées sur l'insécurité, comme si cette oppression vécue par des millions de Français était devenue normale, comme s'il était normal de vivre au milieu des trafics. Comme s'il était normal d'avoir peur pour ces enfants qui sortent en soirée, comme s'il était normal de mourir au hasard d'une rencontre malheureuse pour un mauvais regard, une cigarette ou un portable.
Bien sûr, la presse égrène chaque jour le long chapelet des faits divers, terribles, glaçants, parfois terrifiants, comme un bruit de fond d'une société qui connaît tellement de problèmes que celui-là finirait par devenir accessoire. Ces faits témoignent pourtant de l'extension géographique de la délinquance aux zones rurales, notamment comme de l'aggravation de la nature des actes délictueux, ces actes qui s'insinuent puis s'installent dans nos rues, nos écoles, nos transports et parfois jusque dans nos domiciles. Ils ont vécu, n'en doutons pas, par nombre de nos compatriotes, comme une souffrance de tous les jours, une souffrance indicible, silencieuse, mais insupportable.
Devoir baisser les yeux devant des racailles qui squattent votre cage d'escalier ou devoir tourner la tête devant les incivilités permanentes constitue pour des millions de Français qui vivent ces situations une véritable maltraitance. Au sentiment d'impunité des délinquants correspond pour les victimes et leurs familles un véritable sentiment d'abandon. Le sentiment qu'ils ne comptent pour rien, le sentiment qu'ils sont condamnés à se soumettre à une loi qui n'est pas celle de la République, la honte de vivre dans une soumission et une peur de tous les jours. L'insécurité n'est pas seulement une privation de liberté, c'est une privation de dignité.
J'ai ici un dépliant produit par le mouvement En Marche sur le bilan du gouvernement. Que dit-il ? Le gouvernement lutte contre le sentiment d'insécurité. Du Jospin dans le texte. Quel aveu ? D'expliquer clairement que le projet du gouvernement n'est pas de diminuer les actes de délinquance, de résoudre objectivement l'horreur de la criminalité, mais d'atténuer ou même de masquer le sentiment qu'il engendre. Très évidemment, cette question n'est pas la priorité du gouvernement, pour qui l'insécurité relève d'un aléa social inévitable qui trouvera une solution non par des mesures spécifiques de lutte contre les délinquants, mais par l'effet mécanique du bien-être économique.
Et quand je dis que M. Macron a pour seul souci l'économie, en réalité il a pour seul souci la finance. Vous aurez rectifié de vous-même. On a vu avec quelle timidité le gouvernement s'est lancé dans la promotion de sa police du quotidien, sans y croire lui-même, bien conscient que les règles européennes sur la limitation des heures supplémentaires allaient absorber l'activité de ces policiers nouvellement recrutés. La question carcérale s'est limitée à une décision énergique et déterminée sur l'installation de téléphones dans les cellules. Quant à la réponse pénale, elle tarde à venir.
Le texte que le gouvernement voulait faire examiner est encore repoussé et ne sera vraisemblablement déposé devant les députés qu'en fin d'année. Est-il d'ailleurs nécessaire de légiférer davantage lorsque l'on sait que le problème ne vient pas de l'absence de loi, mais de leur non-application ? Si nous devions faire des lois, ce seraient essentiellement des lois de simplification de la procédure pénale, dont les méandres retardent les enquêtes et constituent des échappatoires utiles pour la délinquance très organisée.
Avec le forum Défendre et protéger que nous lançons aujourd'hui et que je vous présente, le Rassemblement national se donne une cellule de réflexion et de proposition permanente sur les questions de sécurité. Ces questions, j'en parle au pluriel, parce que elles sont vastes et mettent en jeu des problématiques différentes. Techniques, juridiques, légales, statutaires, s'agissant des personnels, institutionnels et même diplomatiques, puisque nous le savons, la criminalité est internationale et exige de définir et d'adapter constamment le cadre de coopération des États.
La réponse à la question de la délinquance passe par l'école, la responsabilisation des familles, les moyens de police, la politique pénale et carcérale, le suivi des déséquilibrés. C'est toute la chaîne de traitement de la délinquance qu'il nous faut envisager dans notre réflexion. Notre doctrine en matière de sécurité est connue. Elle se résume en trois mots. La tolérance zéro. Certitude des enquêtes, certitude des poursuites, certitude des peines, certitude de l'exécution des peines, dédommagement des victimes par les auteurs ou leurs parents, selon le principe délinquant-payeur, comme il en existe un autre, celui de pollueur-payeur.
En matière de politique pénale, nous croyons qu'il est impératif de rompre avec la culture de l'excuse, du laxisme et de l'angélisme. Nous rétablirons les peines planchers. Il faut également repenser le rôle de la police municipale, qui, dans les faits, est la véritable police de proximité. Il faut renforcer nos réseaux de renseignement dans les cités et décloisonner les services de lutte contre la délinquance, police, douane, fisc, pour un meilleur partage des informations et une plus grande coordination dans l'action. Il faut également repenser la réponse carcérale, qui est aujourd'hui et depuis déjà un très grand nombre d'années obsolète et inadaptée.
Nous pensons, nous sommes les seuls dans la classe politique, que nous n'avons pas à assumer la délinquance étrangère. Nous avons assez de nos propres délinquants pour ne pas avoir à gérer cette délinquance venue d'ailleurs. Nous rétablirons la double peine imprudemment abolie par Nicolas Sarkozy. Et puis, il y a toute la réflexion sur l'éradication du terrorisme que nous proposons de distinguer de l'acte de délinquance classique en ce qu'il constitue pour nous un acte de guerre qui mérite de toute évidence un traitement policier, judiciaire et carcéral particulier. Nous y avons ajouté l'expertise de pompiers, car la sécurité civile nous semble concourir à cette mission générale de sécurité.
Pour suivre cette question éminemment transversale de la sécurité, nous avons réuni au sein de notre forum des personnalités qui représentent toute la chaîne de traitement de l'insécurité. Ce sont avant tout des hommes et des femmes de terrain, des praticiens, qui éclaireront le mouvement par une expertise vivante, concrète et nourrie par des années d'expérience. Le forum sera coordonné par Audrey Guibert, conseillère régionale de l'Essonne, qui est là, levez-vous quand j'annonce votre nom pour qu'on puisse vous connaître, et sera animée par des spécialistes issus de toutes les branches de la sécurité.
Pour la police nationale, Claude Dupont, commissaire divisionnaire honoraire, Cyril Cross, fonctionnaire d'État, secrétaire zonal sud-ouest d'un syndicat de police, membre du conseil de ce syndicat, François Elie, fonctionnaire d'État, officier de police judiciaire à Paris, délégué d'un syndicat de police, Bruno Le Roignon, commandant de police honoraire, il a été notamment commandant à la direction de la police judiciaire 36 que les Orfèvres à Paris durant 20 ans. Pour la gendarmerie, Jean-Michel Cadenas, lieutenant-colonel honoraire, 36 ans et 11 mois de service dans l'armée française, et plus particulièrement dans les rangs de la gendarmerie nationale.
Pour les polices municipales, Jean-Marc Joffre, adjoint au chef de service de jour et responsable de nuit d'une police municipale, membre du syndicat de police SNPM, Philippe Stine, chef d'une police municipale en région parisienne. Pour la pénitentiaire, Stéphane Hullman, fonctionnaire appartenant au ministère de la Justice et ancien détaché permanent. Pour les pompiers, Ludovic Pirastu, pompier depuis 2002, a œuvré pendant plusieurs années au sein d'un syndicat pour sa profession.
Se joindront à eux des consultants, Franck Martin, consultant en matière de sécurité, ancien chef de groupe d'une brigade criminelle, Philippe Franceschi, ancien consultant en matière de contre-terrorisme, zone sahélienne pour l'Union européenne, entre 2010 et 2014. Avant de vous laisser la possibilité d'interroger les représentants et ceux qui vont travailler au sein de ce forum, je voudrais vous dire que nous travaillons un plan d'action sur la sécurité. Il est déjà bien avancé et le forum y apportera bien évidemment sa contribution et son expertise. Il vous sera présenté à l'automne.
Nous considérons qu'il y a évidemment un lien entre ce travail sur la sécurité et le projet de réforme en matière de justice que va nous présenter Mme Belloubet et dont je pense que le pire sera sûr. Vous l'avez compris et ça ne vous étonnera pas, le Rassemblement national fait de la sécurité une priorité. Cette priorité, nous allons la traduire en proposition. Lorsque nous accéderons aux responsabilités dans les communes et bien sûr au niveau de l'État, nous les traduirons en actes.
Voilà mesdames et messieurs, Je vous remercie d'avoir assisté à ce beau lancement de ce forum qui va produire, dont vous entendrez parler sûrement de manière hebdomadaire puisque un des rôles bien entendu des forums que nous constituons, c'est de suivre l'actualité et d'apporter en même temps des propositions mais également une réponse immédiate à chaque proposition, à chaque déclaration du gouvernement sur ce sujet. Vous me direz, concernant les déclarations, vous n'aurez pas beaucoup de travail car le gouvernement ne fait aucune déclaration sur le sujet puisque la sécurité est totalement sortie des radars de ce gouvernement.
Mais j'espère qu'à l'automne, on pourra se servir effectivement de ce projet sur la justice pour évoquer, et puisque bien entendu ces deux sujets sont totalement liés, évoquer l'intégralité des sujets de sécurité qui nous intéressent, mais pas seulement nous, qui intéressent je crois des millions de Français qui ont le sentiment qu'en ce moment, et bien ça n'est pas la préoccupation principale du gouvernement.