Réforme des retraites, motion référendaire, projet de loi sur l'immigration, Ukraine… Ce qu'il faut retenir de l'interview de Marine Le Pen
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Bonjour Marine Le Pen. Bonjour. Dimanche dernier avait lieu trois élections législatives partielles. Vous n'avez remporté aucun siège de député supplémentaire et vous en avez perdu un, un siège de député, une députée sortante du RN qui n'a pas été reconduite dans la Marne. Est-ce que ça signifie que la contestation contre la réforme des retraites ne vous profite pas, ne profite pas au Rassemblement National ?
Oh non, je crois que véritablement il ne serait pas raisonnable de tirer ce genre d'enseignement d'une partielle. D'abord, les partiels sont toujours extrêmement difficiles pour une raison simple, c'est que c'est la mobilisation qui en réalité fait le résultat. Donc lorsque vous appuyez sur un électorat qui est beaucoup plus mobilisé qu'un autre, vous avez plus de chances de gagner. C'est le cas des candidats qui sont appuyés sur un électorat âgé parce que les personnes âgées, évidemment, votent beaucoup plus que les autres. C'est d'ailleurs une circonscription qui est une circonscription macroniste, donc qui était une circonscription très difficile pour nous.
Et où elle termine tout de même à 48%. Je trouve que c'est au contraire un beau résultat sur le plan mathématique. Évidemment, on est déçus parce qu'elle s'est beaucoup battue. Mais objectivement, pour des partiels, ça n'est pas pour nous un mauvais résultat.
Est-ce que c'est la gauche aujourd'hui qui incarne l'opposition à la réforme des retraites ?
Non mais permettez-moi quand même de terminer mon propos. Je rappelle qu'Anne-Sophie Frigou a été battue à 48% parce que la NUPES a appelé à voter pour le candidat macroniste. Donc aujourd'hui, vous voyez, il y a eu une analyse qui a été faite par France Inter qui dit qu'au moment où nous nous parlons, il y a 273 députés qui vont voter la retraite et 274 qui vont voter contre. Eh bien, grâce à la NUPES, grâce au fait qu'ils ont appelé à voter pour un candidat macroniste, il y a un député de plus, macroniste, qui demain votera pour la réforme des retraites.
Ça prouve tout de même le caractère tout à fait fallacieux de l'opposition autoproclamée en réalité de la NUPES à la réforme des retraites. Et s'il n'y avait que cet élément, ça ne m'inquiéterait pas tant. Mais enfin, ils ont aussi appelé à voter pour Emmanuel Macron en 2022. Et ils annoncent là qu'un certain nombre d'entre eux refuseront de voter la motion référendaire au règlement national. Alors même qu'il s'agit juste de permettre aux Français, par référendum, de décider pour eux-mêmes de cette réforme des retraites. On va y venir, mais juste avant, 2,5 millions de manifestants selon la CGT, presque 1,3 millions selon le ministère de l'Intérieur.
Deux nouvelles journées de mobilisation sont d'ores et déjà prévues la semaine prochaine. Irez-vous manifester Marine Le Pen ? Non, je l'ai dit, je ne vais d'ailleurs jamais manifester en réalité. Ce qui ne veut pas dire d'ailleurs que mes électeurs n'y vont pas. Et vos députés ? Mais il y a des députés qui y vont dans les provinces, il y a des députés qui participent aux manifestations. Chacun, bien entendu, est libre de participer à une manifestation dont l'objectif est de dire au gouvernement « Nous sommes contre la réforme des retraites ». Mais moi, je suis à la tête d'un groupe de députés.
On nous a envoyés à l'Assemblée nationale, précisément pour combattre à l'Assemblée nationale le texte. Et c'est ce que nous faisons en commission depuis déjà quelques jours. Et ce que nous ferons évidemment dans les 15 jours qui vont venir. Vous dites que les députés vont manifester en province. On ne les entend pas, on ne les voit pas à vos députés quand ils sont dans la rue. Même à Paris, on ne les voit pas. Est-ce qu'il y a une volonté soit de se planquer, parce que vous avez peur d'être mal accueillis par les syndicats ? Non. Alors d'abord, le fait que la CGT menace physiquement quasiment des élus de la République s'ils viennent dans les manifestations.
À quelle occasion ça s'est passé ? Écoutez, la violence avec laquelle M. Martinez a expliqué qu'il jetterait les députés en dehors des manifestations, c'est honteux, objectivement. Et ça démontre qu'encore une fois, ces syndicats défendent leurs intérêts propres et pas les intérêts des Français. Parce que, vous voyez, quand on est opposé à la réforme des retraites, et bien après tout, plus il y a de monde opposé à la réforme des retraites normalement et plus on est content. C'est un peu comme le référendum sur la Constitution européenne, si vous voulez.
Il y a beaucoup de gens qui étaient très différents, qui avaient des idées politiques très différentes, qui ne combattaient pas dans le même camp politique et qui se sont retrouvés à s'opposer à cette Constitution européenne. Ça a permis au peuple de gagner, enfin même si après il a été trahi. Donc c'est la même démarche pour la réforme des retraites.
Quand vous entendez, là vous parlez de Philippe Martinez, mais quand vous entendez Laurent Berger dire, il y a quelques jours dans les colonnes du Monde, l'ERN se fiche des retraites. Ce qui l'intéresse, c'est de prendre le pouvoir et d'imposer ses idées sur la société. Laurent Berger, ce n'est pas Philippe Martinez. Vous les mettez tous les deux dans le même panier ?
Absolument, dans le même panier, oui. Absolument. D'ailleurs, ils ont tous appelé à voter Macron au deuxième tour, je crois. Comment vous expliquez Marine Le Pen qu'ils ont fait le choix du même candidat ? Ça leur fait déjà un énorme point commun tout le monde.
Et des années à vouloir dédiaboliser, normaliser le Rassemblement National, vous ne soyez toujours pas accepté aujourd'hui dans une manif.
Oui, mais enfin, vous êtes en train de me dire, mais pourquoi est-ce que les syndicats de gauche et d'extrême-gauche ne veulent pas vous accueillir ? Enfin, si je puis me permettre, ce n'est pas le sujet. Et puis, ce n'est pas le sujet, d'ailleurs, des syndicats. Je rappelle que les syndicats sont là pour défendre les intérêts des salariés. Pour être parfaitement car vous soutenez les manifestants, mais pas les syndicats qui organisent les manifestations. Ils ne sont pas là pour adouber les partis politiques. Vous voyez, moi, je n'ai pas à être adoubé par les syndicats pour une raison très simple. C'est que moi, je suis avec mes amis députés, nous sommes élus par les Français.
Voilà, nous avons une légitimité démocratique. Vous saluez la mobilisation dans la rue ? Et notre objectif, c'est de défendre les idées pour lesquelles nous avons été élus. Alors, il faut peut-être donner quelques cours de démocratie à M. Martinez, peut-être, et aux autres. Après tout, parfois, on oublie avec le temps. Mais c'est cela, la démocratie. Donc, je n'ai pas à être adoubé par quiconque. Je me moque d'ailleurs absolument, totalement de leur adoubement. Moi, ce qui m'intéresse, ce sont les millions de Français qui sont opposés à cette réforme des retraites. Certains choisissent de participer aux manifestations.
L'immense majorité ne manifeste pas, d'abord, parce que peut-être, ils n'en ont pas la possibilité, ou l'occasion, ou le goût. Mais il y a plusieurs combats qui se mènent parallèlement. Il y a le combat de la protestation visible dans la rue, pacifique. Parce que moi, ce que je crains, évidemment, toujours, c'est les Black Blocs qui vont arriver, avec l'adoubement aussi du gouvernement, pour discréditer les mouvements. Vous pensez qu'ils n'attendent que les Black Blocs ? Parce que, écoutez, ça fait maintenant dix ans, ça fait dix ans, excusez-moi, que tous les mouvements sociaux dans notre pays sont pourris par la violence des Black Blocs. Dix ans.
Et vous pensez que c'est le gouvernement qui vous appelle ? Or, les salariés de renseignement français savent qui ils sont, comment ils s'appellent, quelles sont leurs mensurations, comment s'appellent leurs grands-mères, où est-ce qu'ils habitent, et rien n'est fait, ni pour dissoudre ces structures, ni même pour les empêcher de venir commettre leurs exactions.
Les Black Blocs qui sont succédés laissent volontairement faire les Black Blocs dans tous les cortèges depuis dix ans.
Écoutez, en tout cas, moi, c'est ce que je crois. Et voyez-vous, j'ai été confirmée dans cette opinion par le livre de M. Buisson, qui, dans son livre, déjà à l'époque sous Nicolas Sarkozy, dit, oui, on a laissé les mouvements d'extrême-gauche violents se déplacer et agir pour pouvoir discréditer. À l'époque, ça a été un 1er mai. Donc, oui, ce sont le genre de choses que sont capables de faire un certain nombre de gouvernements. Et s'ils avaient voulu régler le problème, ils l'auraient réglé.
On va laisser de côté la question des manifestations, Marine Le Pen, dans un instant, pour parler de ce qui va se passer et de ce qui se passe déjà à l'Assemblée nationale. Lors de l'examen de ce projet de loi sur les retraites, le fil info, tout d'abord, puisqu'il est 8h40, voici Marie Mahoeuf.
La semaine de 4 jours testée dans le service public pendant un an, les agents des URSAF de Pirchiardi, qui le souhaitent, feront 36h, mais avec un week-end rallongé. Il faut entendre et comprendre le message des mobilisations, les mots du ministre des Comptes publics, Gabriel Attal, sur France Inter. Alors qu'hier, plus d'un million trois cent mille personnes se sont rassemblées, selon la police. Deux millions cinq cent mille pour les syndicats. De nouveaux rendez-vous sont décidés. Ce sera le mardi 7 et le samedi 11 février. Un procès requis pour François Bayrou, le patron du Modem, et 12 autres personnes.
Ils sont soupçonnés de détournement de fonds dans l'affaire des assistants parlementaires européens, assistants qui auraient travaillé pour le parti. Aux Etats-Unis, funérailles aujourd'hui de Tyree Nichols, cet afro-américain mort après avoir été violemment frappé par des policiers noirs au début du mois. La vice-présidente américaine Kamala Harris se rend sur place à Memphis. France Info Marine Le Pen, on le disait tout à l'heure, c'est finalement votre proposition de référendum qui sera examinée la semaine prochaine. C'est un tirage au sort qui en a décidé ainsi. Mais la NUPES, qui en avait déposé une aussi, dénonce une magouille.
Est-ce que vous pouvez nous raconter comment ça s'est passé ? La NUPES dénonce des magouilles tout le temps, ils font de la victimisation en permanence, ils sont tout le temps en colère, ils sont tout le temps en train d'aboyer sur les uns et sur les autres. Les choses sont claires. Lorsqu'il y a deux motions de rejet déposées, il y en a une seule qui est présentée, il y a un tirage au sort pour les départs rejetés. Lorsqu'il y a deux motions référendaires qui sont déposées, comme il n'y a qu'une seule qui peut être présentée, par un parallélisme des formes, il y a un tirage au sort pour déterminer laquelle motion sera présentée. Ils avaient une chance sur deux de gagner.
Donc ils peuvent, encore une fois, considérer que le sort est contre eux. Mais eux, ce qu'ils disent, c'est que le tirage au sort, en fait, ils n'étaient pas pour. Donc, qui a décidé du tirage au sort ? Ils peuvent ne pas être pour, mais en l'occurrence, l'ensemble des autres groupes, eux, encore une fois, avec une analyse purement juridique, a décidé que le tirage au sort était la bonne méthode. Après, encore une fois, ils avaient une chance sur deux de pouvoir présenter leur motion. Et objectivement, est-ce que c'est grave ? C'est quoi le problème ? Il y a une motion référendaire.
L'idée, c'est de dire, la réforme des retraites est un sujet de société qui impacte directement la vie de dizaines de millions de Français. Et donc, c'est à eux de décider s'ils sont d'accord ou pas avec la réforme présentée. Que ce soit la motion présentée par le RN ou que ce soit la motion présentée par la NUPES, ça revient exactement au même. Et s'ils étaient moins sectaires, et s'ils pensaient plus à l'intérêt supérieur des Français plutôt qu'à leur intérêt politicien, eh bien, évidemment, comme le disait d'ailleurs M. Mélenchon, au même moment où on était en train de faire le tirage au sort, eh bien, ils voteraient. M.
Mélenchon, au même moment, dit, je mets au défi l'ensemble de ceux qui sont opposés à Emmanuel Macron, de voter la motion. Moi, je suis d'accord pour une fois avec Jean-Luc Mélenchon,
si tant est qu'ils ne changent pas d'avis entre-temps. Est-ce que vous, vous êtes prête, lors de l'examen du texte à l'Assemblée Marine Le Pen, à voter des amendements, quelles que soient leurs couleurs politiques, qu'ils soient de la majorité, de la NUPES, s'ils améliorent le texte ? Mais c'est ce que nous faisons depuis six mois.
Il faut arrêter l'hypocrisie.
Si, par exemple, le gouvernement demain améliore le dispositif sur la retraite des femmes
sans retirer les 64 ans. La tartufferie de la NUPES. Il n'y a pas un amendement de la NUPES anti-Macron, qui est passé sans le soutien du RN. C'est mathématique. Donc, il faut arrêter la tartufferie. Moi, je crois qu'il faut penser uniquement aux Français. Donc, est-ce que vous me demandez, s'il y a une amélioration du texte par le gouvernement, est-ce que je voterais le texte ? Non !
Non, est-ce que vous voterez cette amélioration ?
Oui, d'accord, je voterais cette amélioration, mais je voterais contre le texte.
Par exemple, la pension à 1 200 euros, est-ce que vous pouvez la voter, même si vous êtes contre le report à 74 ans ?
Alors, est-ce qu'on peut... Moi, la retraite à 1 200 euros, très bien. Quand vous rentrez un petit peu dans le détail de cette retraite à 1 200 euros, brut, qui nécessite d'avoir une carrière complète, qui va en réalité ne toucher que 2 millions des retraités sur 6 qui ont une très petite retraite, et qui risque d'ailleurs d'entraîner un effet de seuil qui ferait perdre, en fait, aux retraités en question, et c'est là peut-être où le débat parlementaire va être intéressant, le droit aux APL et à toute une série d'autres aides sociales. Donc, vous voyez bien que ce n'est pas au niveau.
Alors, si ça améliore un tout petit peu, nous voterons, mais de toute façon, nous voterons contre le texte, puisque Elisabeth Borne nous a dit 64 ans... Ça ne bougera pas. Ça ne bougera pas. Si ça ne bougera pas. Si ça ne bouge pas, eh bien, nous voterons contre. Marine Le Pen, vous, votre groupe, a déposé 75 amendements, et encore, il y en a 12 qui sont identiques. En fait, vous n'avez rien à dire sur cette réforme ? Pourquoi ? Parce que vous trouvez que les milliers d'amendements de la NUPES consistant à dire « On demande que la réforme des retraites s'applique en 2023, 2024, 2025, 2026, 2027, jusqu'à 3025, vous croyez honnêtement que ça, c'est du travail politique ? » Non.
Nos amendements à nous sont des amendements de fond. Mais c'est vrai qu'à partir du moment où la retraite est à 64 ans, pardon, il n'y a pas grand-chose à sauver de cette réforme. Et puis, surtout, ce qui est grave, je vais vous le dire, c'est qu'avec leurs milliers d'amendements, le risque que fait courir la NUPES, c'est qu'en réalité, l'Assemblée ne puisse pas, comment dire, arriver jusqu'au vote. Or, au moment où je vous parle, cette réforme serait rejetée par l'Assemblée nationale. Et c'est cela que nous cherchons à faire et à conforter au Rassemblement national.
Et eux, eh bien, ils vont entraîner, qu'à force de déposer des amendements, eh bien, le vendredi 17 à minuit, date à laquelle on ne pourra plus travailler sur ce texte, eh bien, on sera peut-être à l'article 2 ou à l'article 3. Et donc, l'article 7 sur les 64 ans, eh bien, on ne pourra pas se prononcer dessus. C'est quand même extrêmement dommage. Donc, il faut arrêter la puérilité de ce type de combat politique. Les Français attendent de nous du sérieux. Ils attendent qu'on défende leurs intérêts avec pugnacité et pas qu'on joue à l'obstruction parlementaire.
Vos propositions sur les retraites, Marine Le Pen, ces dernières années, vous avez changé d'avis sur la question des retraites. En 2017, vous étiez pour la retraite à 60 ans avec 40 années de cotisation pour tout le monde. Depuis, vous prenez la retraite entre 60, un âge légal de départ entre 60 et 67. En fonction de l'âge de l'entrée dans l'emploi, pourquoi avoir changé d'avis ?
D'abord, j'ai changé d'avis parce qu'en 5 ans, Emmanuel Macron a fait 600 milliards d'euros de dettes supplémentaires. Voilà. Le Mozart de la finance. Sur les retraites, vous voulez dire ? Non, non, mais je vous parle dans son ensemble. 600 milliards d'euros de dettes supplémentaires. On est à 3 000 milliards d'euros de dettes. Donc, pardon, mais il faut en tenir compte. Quand on est sérieux, on est obligé de tenir compte de la situation budgétaire du pays. Et vous dites, j'ai changé d'avis. Ben, pas tant que ça, quand même. Oh, ben, quand même. Ben, 60 ans pour tout le monde, et là, c'est 60 ans pour... Et là, c'est jusqu'à 67, aujourd'hui. Mais c'est beaucoup plus juste, la réalité.
C'est que tous ceux qui partent avant 20 ans, encore une fois, partent à 40 annuités et 60 ans, et ça, c'est juste parce que ceux qui commencent à travailler tôt travaillent plus dur et que c'est normal qu'ils partent plus tôt et qu'en revanche, ceux qui entrent plus tardivement partiront maximum avec 42 annuités et 62 ans. Pardon, mais c'est déjà mieux.
Et donc à 67 ans. Non, mais pardon. C'est-à-dire...
Non, mais c'est déjà mieux que ce qui existe. C'est mieux. C'est même beaucoup mieux que ce qui existe actuellement et c'est considérablement mieux que la réforme qu'on est en train d'essayer de nous faire voter.
Cette fois, c'est définitif. Même si le régime dérape dans les années qui viennent, vous ne changerez plus de programme pour la prochaine élection présidentielle.
Mais il n'y a pas de dérapage. Moi, je voudrais tout de même qu'on sorte de l'autoroute que nous a construite le gouvernement et dans laquelle j'ai l'impression que beaucoup de journalistes et que j'ai l'impression que beaucoup de journalistes empruntent. Il y a l'autoroute des dépenses. On ne parle que des dépenses. Ah, vous vous rendez compte ? Vous allez dire, c'est sur les recettes qu'il faut jouer. Il va y avoir 10 milliards de déficit. 10 milliards sur 345 milliards quand même. Bon, ça permet quand même de mesurer que ce n'est pas, comme le dit le président du corps, ce n'est pas terrifiant. Parce que l'intérêt des dépenses, c'est que ça permet de culpabiliser les Français.
Oui, vous ne travaillez pas assez, vous coûtez trop cher, etc. Mais est-ce qu'on peut s'intéresser aux recettes ? Parce que le corps le fait, lui. Et en réalité, le corps dit quoi ? Il dit qu'il n'y a pas de problème de dépenses. Les dépenses sont stables. Le problème, ce sont les recettes. Et les recettes, c'est de la responsabilité du gouvernement. C'est ça qu'il faut dire. L'absence totale, l'effondrement de la natalité, c'est le fait du gouvernement. La stagnation de la productivité du travail, c'est le fait du gouvernement. Et c'est l'élément majeur dans les études du corps.
On ne peut pas continuer à financer les retraites si on ne crée que des emplois de livreurs, des livrous ou du baird. Ce n'est pas possible. Mais vous auriez cherché quoi comme recette supplémentaire ? On sait, par exemple, à gauche, c'est taxer les plus riches, davantage. Ce serait quoi ? D'abord, à gauche, c'est taxer les plus riches. C'est quand même un peu vague. Nous, on a dit clairement les choses, on les a déposées par amendement. Nous souhaitions, par exemple, une taxation sur les super profits liés à la crise Covid et à la guerre en Ukraine. Quand on a proposé l'amendement, la NUPES a voté contre. Alors maintenant, stop. Ça commence à bien faire.
Ça fait quand même beaucoup d'indices pour dire que ces gens-là, en réalité, ne sont pas du côté du peuple. Mais qu'est-ce qu'il faut faire ?
Taxer les entreprises ou pas ?
Mais arrêtez ! Quand on n'a qu'un clou, toutes les solutions ressemblent à un marteau. Des taxes, des taxes !
C'est le modem qui propose ça.
Il faut industrialiser le pays. Il faut réindustrialiser le pays. Parce qu'en réalité, ce sont les emplois industriels qui permettent d'augmenter la productivité du travail et qui permettent d'avoir des emplois qui participent à cette productivité du travail.
Vous savez pourquoi la productivité française a baissé l'an dernier et l'année précédente ?
C'est parce qu'on est dans une économie de l'ubérisation.
Du fait notamment du boom de l'apprentissage en France parce que les apprentis sont moins productifs que les autres. C'est ce que dit l'INSEE. Ce n'est pas moi. Je vous assure. Les chiffres sont tombés hier.
Non mais qui est des chiffres, c'est une chose. Qui est une analyse politique derrière ? Pardon. Il faut réduire le nombre d'apprentis en France par exemple ? Pardon. En Allemagne, il y a beaucoup plus d'apprentis et beaucoup plus d'alternants qu'en France et en l'occurrence leur productivité ne cesse de monter comme d'ailleurs dans l'ensemble des pays de l'OCDE puisque la productivité augmente en moyenne 1,7% dans l'OCDE et nous on stagne de manière désespérée et précisément depuis quand ? Depuis 2017, élection d'Emmanuel Macron. Donc il faut arrêter avec les justifications qui vous sont apportées sur un plateau par le gouvernement.
Par l'INSEE.
La réalité, c'est que la politique économique d'Emmanuel Macron est une politique qui appauvrit de manière globale l'économie et qui au passage appauvrit de fait puisque c'est évidemment lié notre régime des retraites.
Marine Le Pen, chef de file des députés du RN et l'invité de France Info jusqu'à 9h-8h51. Marie Maheu pour le filinfo.
Avec la réforme des retraites, c'est l'autre gros dossier de ce début d'année. Le projet de loi Immigration est présenté aujourd'hui en Conseil des ministres. Il propose d'expulser plus vite les délinquants étrangers et déboutés du droit d'asile ou encore de créer des titres de séjour pour les métiers en tension. Orpea passe sous contrôle de l'État un an après la publication d'une enquête sur les défaillances du groupe privé de maisons de retraite. Accord de principe trouvé avec la Caisse des dépôts qui devient son actionnaire majoritaire. La France lève la plupart de ses mesures anti-Covid.
Nous sommes dans une situation favorable, reconnaît Brigitte Autran, présidente du comité Veille anticipation des risques sanitaires. Mais il faut continuer à se faire vacciner pour que les prochaines vagues soient moins importantes. En football, fin du mercato d'hiver, Marseille s'offre le portugais Vitinha pour 32 millions d'euros. En Ligue 1, 10 matchs au programme. Le leader, le PSG, se déplace à Montpellier. Ce soir, coup d'envoi 21h. France Info
Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel
Marine Le Pen, le projet de loi immigration est présenté aujourd'hui en Conseil des ministres. Il prévoit notamment la création d'un titre de séjour métier en tension mais aussi l'accélération des expulsions des délinquants étrangers. Vous avez déjà dit que le RN allait voter contre. Pourquoi ? Parce que je pense que les mesures qui pourraient aller dans le bon sens, qu'on votera d'ailleurs, les mesures individuelles qui peuvent aller dans le bon sens ne sont pas au niveau du problème qui est le nôtre en matière des régulations totales d'une immigration devenue anarchique qu'on ne maîtrise plus du tout.
Alors qu'en revanche, et ça ne compense pas, si vous voulez, la création d'une forme de campagne de régularisation de clandestins qui est un appel d'air, je le crois, à une immigration clandestine, d'ailleurs nouvelle, qui espérera demain une autre régularisation. ça ne résout pas le problème des métiers en tension d'ailleurs. Au passage, ça ne fait que peser à la baisse sur les salaires. Et donc, c'est l'ensemble de la société française qui paye les conséquences de cette politique que l'on mène depuis 40 ans et dont on a pu constater que les résultats sont mauvais pour l'économie.
Sur votre accusation de régularisation massive, Gérald Darmanin, il répond en disant « Mais attention, il y a des conditions pour avoir ce titre de séjour. Il faut avoir séjourné depuis trois ans dans le pays, travailler. » Et puis aussi, il propose de mettre sur la table des quotas par secteur. S'il y a des quotas, est-ce que vous pourriez voter ? Mais non. Donc, il faut avoir été clandestin pendant trois ans pour avoir le droit d'être régularisé et travailler clandestinement pour avoir le droit d'être régularisé. Vous croyez que c'est cohérent ça ? Mais moi d'abord, si vous voulez, les employeurs travailleurs clandestins, moi je serais d'une fermeté totale avec eux.
Deuxièmement, il y a des gens... Tu as dit en fait de quoi ? Pardon, il y a des gens... Il y a des peines normalement quand on fait travailler un clandestin. Normalement, on doit avoir des peines, y compris d'ailleurs des peines pénales. Deuxièmement, moi je me mets à la place de l'étranger qui a respecté les règles. Il a demandé l'autorisation de venir. Il a demandé l'autorisation de travailler. Il travaille légalement. Et il voit qu'en réalité, il n'aurait peut-être pas dû faire ça puisque à côté, il y a des gens qui viennent de manière clandestine et qui vont obtenir le même statut. Ça ne peut pas fonctionner comme ça à une société.
Je veux dire, il y a des règles, il faut les faire respecter et moi la première des choses que je ferai, c'est que je repénaliserai la situation clandestine. La clandestinité dans un pays est quelque chose d'inadmissible. Voilà, c'est inadmissible et ça doit donc être condamné et les clandestins qui sont dans notre pays doivent être renvoyés chez eux et quand ils seront chez eux, ils feront une demande auxquelles on répondra positivement ou non compte tenu de leur passé.
Est-ce que vous entendez Marine Le Pen l'argument de l'UMI par exemple, le syndicat de la restauration et de l'hôtellerie qui dit aujourd'hui ces emplois, les français les refusent, ces emplois sous-qualifiés
notamment en... Oh, le grand discours de l'UMI. C'est pas vrai ? Mais ça fait 40 ans qu'on nous vend ça. 40 ans ! Il n'y a pas de problème de main d'oeuvre aujourd'hui dans la propreté, dans les restaurants
qu'on a le même pourcent. Il n'y a pas de problème de main d'oeuvre. Non. Il n'y a aucun problème de main d'oeuvre aujourd'hui dans ces secteurs.
Non mais c'est pas ce que je dis. Je dis que ça fait 40 ans qu'on a 300 000 emplois non pourvus en France. Ça fait 40 ans qu'on nous vend le fait de faire venir des travailleurs étrangers pour les remplir. Et ça fait 40 ans qu'on a toujours les 300 000 emplois en question. 300 000 sur 5 400 000 personnes inscrites à Pôle emploi. Ou 5 600 000 peut-être inscrites à Pôle emploi. Alors je veux dire une chose très simple. Il y a 40% des étrangers dans notre pays qui ne travaillent pas, qui sont en l'occurrence en inactivité. Il y a un nombre d'étrangers dans notre pays qui sont deux fois plus au chômage que les français. Commençons déjà par faire travailler cela avant d'aller en chercher.
Vous les mettez en cuisine ? Voilà. Ils ne sont pas tous serveurs ou ils ne sont pas tous plongistes ? Oui, il faut accepter. Alors moi je propose à tous les secteurs en tension d'augmenter les salaires. Parce que la réalité c'est que si ces secteurs sont en tension, c'est parce que les métiers qu'ils exigent, souvent le BTP, souvent la restauration, ne sont pas assez bien payés. Et l'immigration, elle permet en réalité de faire ce qu'on appelle une délocalisation sur place. Quand on peut délocaliser l'usine, on la délocalise.
Et quand on ne peut pas délocaliser, parce que ce n'est pas facile de délocaliser un restaurant ou de délocaliser la construction d'un immeuble, eh bien on fait venir de l'immigration. C'est un cercle vicieux. C'est une mauvaise politique qui en plus a des conséquences évidemment sur notre équilibre du budget social, sur l'équilibre de notre système de santé et j'en passe à des meilleurs.
Marine Le Pen, la France a annoncé hier qu'elle allait livrer de nouveaux canons César au régime ukrainien. Vous continuez à dire que c'est une erreur d'armer les Ukrainiens ?
Avec des armes offensives, oui. Oui, oui, je continue à le dire. C'est clair pour les canons César ? Je continue à le dire. C'est-à-dire que si vous étiez au pouvoir, vous n'auriez rien livré à l'Ukraine ? D'abord, première chose. Un, nous nous départissons de nos armements pour les livrer à l'Ukraine. Donc notre armée qui est déjà à l'os au moment où on se parle, eh bien voit en réalité un matériel dont elle pourrait potentiellement avoir besoin partir à l'étranger. Ça, c'est la première chose. Deuxièmement, il y a trois hypothèses. Moi, je suis le défenseur de la paix. Je veux qu'on travaille à la paix. Ce mot a disparu des plateaux, a disparu du débat public. On ne parle plus de la paix.
Si ce n'est pas la paix, si ce n'est pas un travail qui est fait par l'ensemble des nations et dont la France devrait prendre le leadership...
Les coups de fil Macron-Poutine lui ont été assez reprochés.
Mais alors ? Qui lui reproche ? Ceux qui veulent aller à la guerre, mais ce n'est pas eux qui l'affrontent. Il faut négocier aujourd'hui avec Vladimir Poutine la paix. Il y a trois hypothèses pour ceux qui sont des bouts de feu, ceux qui poussent à la guerre. Il y a trois hypothèses. Soit la Russie gagne et c'est une catastrophe. Parce que tous les pays qui ont un conflit territorial dans le monde se diront « Maintenant, je peux régler mon conflit par la force ». Soit c'est l'Ukraine qui gagne, mais ça veut dire que l'OTAN sera entrée en guerre aux côtés de l'Ukraine. Sinon, elle ne peut pas gagner et ce sera la Troisième Guerre mondiale. Est-ce que l'on veut ça ? Moi, je ne le souhaite pas.
Soit on continue à livrer au compte-gouttes du matériel offensif et en réalité, on est en train de fabriquer la guerre de Cent Ans. Est-ce que ces hypothèses sont bonnes pour les Ukrainiens, le peuple ukrainien qui souffre pour l'armée ukrainienne qui se fait tailler en... Mais le problème... Évidemment que je souhaite la victoire, mais sauf qu'elle n'est pas possible. Je viens de vous l'expliquer. Si vous voulez... Alors vous faites quoi ?
C'est ce qu'on disait aussi au début de la guerre et finalement...
On est... Mais quoi ?
Il y a eu une contre-attaque. La Russie a quitté toute une partie du pays.
Soyons sérieux. Vous êtes en train de vendre à l'armée ukrainienne qui a perdu 100 000 hommes. C'est 200 000 hommes, l'armée ukrainienne. Ils ont perdu la moitié de leurs troupes. Ils se sont fait massacrer. C'est un fait parce que c'est un pays qui ne peut pas faire face à une gigantesque puissance comme la Russie. Vous comprenez ça ? C'est pour ça que... Si l'OTAN... Écoutez-moi. Si l'OTAN ne rentre pas aux côtés de l'Ukraine, alors il n'y a pas de victoire militaire possible. Or, ce sera alors la Troisième Guerre mondiale. Est-ce que c'est ce que nous souhaitons ? Non.
Donc je crois que la solution est une paix qui évidemment passe par une négociation et la France devrait prendre la tête de cette paix. C'est pour ça que je demande qu'Emmanuel Macron organise une grande conférence pour la paix parce que la guerre n'est jamais évidemment la solution même si à l'évidence l'Ukraine est l'agressée qu'elle défend courageusement sa souveraineté territoriale. Bien sûr, on est tous d'accord là-dessus et je l'ai redis hier au président de la RADA.
Le Parlement ukrainien qui était en visite en France. Merci beaucoup Marine Le Pen. Bonne journée à vous.
Marine Le Pen