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DébatPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 28 mai 2026 36 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleSécurité

Vers un groupe RN au Sénat ?

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 27 %Attaque 36 %Défensif 27 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 9:39OuverteRéponse directe

    Les sénatoriales s'annoncent-elles comme un scrutin historique pour le RN ?

  • 10:48OuverteRéponse directe

    Est-ce que le RN a levé le doute sur sa capacité à gérer des collectivités ?

  • 14:51OuverteRéponse directe

    Le maillage territorial du RN est-il désormais réel ?

  • 20:09RelanceRéponse partielle

    10 sénateurs, ce n'est pas inatteignable ?

  • 22:03OuverteRéponse directe

    Est-ce que le dégel des grands électeurs est un enjeu pour le RN ?

  • 22:44OuverteRéponse directe

    Est-ce que la Gironde illustre l'extension de l'implantation du RN ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 10:38Arnaud BenedettiFait
    « le RN a progressé, en particulier là où il était déjà fort, de façon spectaculaire. »
  • 11:24Arnaud BenedettiChiffre
    « Un groupe, c'est 10 sénateurs ici au Sénat, ils en ont 3 actuellement. »
  • 12:47Arnaud BenedettiFait
    « le Rassemblement national peut espérer constituer un groupe parlementaire. »
  • 13:56Jefferson DesportFait
    « Le RN a crevé le plafond de verre de l'enracinement à l'échelon local. »
  • 14:05Jefferson DesportChiffre
    « Dans le sud-ouest, ils sortent avec 156 élus municipaux. Le résultat a été multiplié par 7. »
  • 32:32Marie-Pierre CalaisFait
    « J'ai toujours défendu une droite sincère. Je ne pouvais pas continuer comme ça en me reniant. »
  • 34:00Locuteur non identifiéFait
    « les macronistes ont commencé en 2017 par l'Assemblée nationale »
  • 34:10Locuteur non identifiéFait
    « Bordeaux avec Thomas Cazenave qui s'est imposé »
  • 34:56Locuteur non identifiéFait
    « Elles seront utilisées par ceux qui en sortiront vainqueurs comme un argument dans la campagne présidentielle »
  • 35:58PrésentateurFait
    « le Sénat est fondamental pour gouverner aujourd'hui »

Temps de parole

  • Présentateur50 %
  • Locuteur non identifié22 %
  • Locuteur non identifié 217 %
  • Locuteur non identifié 34 %

1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. On va regarder ce qu'il fait la une de nos quotidiens régionaux et c'est évidemment la vague de chaleur qui occupe encore la une de nos quotidiens ce matin. Et oui, Auriane Lardonnay prévient les sportifs garent au coup de chaud alors que deux personnes sont décédées ce week-end lors de compétitions. Le bien public, quant à lui, s'intéresse à ses professionnels en première ligne face aux forces de chaleur. Serveurs en terrasse, couvreurs sur les toits, boulangers derrière les fours. Le journal est allé à leur rencontre.

La chaleur qui malmêle la végétation nous raconte Corse ce matin et fragilise certaines filières agricoles comme le maraîchage ou la vigne. Les acteurs tentent de s'adapter à ces épisodes extrêmes qui sont de plus en plus fréquents partout en Europe. Et c'est ce qui intéresse les dernières nouvelles d'Alsace. Comment font nos voisins européens face à ces épisodes ? À Madrid, par exemple, c'est ce que vous voyez en une des dernières nouvelles d'Alsace. On a mis en place des abris climatiques, des murs en grosses pierres, de la végétation. Et ceux qui habitent des logements surchauffés peuvent venir se réfugier.

Et puis je termine par cette une de Sud-Ouest en immersion aux urgences avec des soignants qui prennent soin des plus faibles, des malades ou des personnes âgées pour ce premier coup de chaud avant les théories. Et justement, on va en parler des personnes âgées, Audrey, parce que vous l'avez dit, 17 départements qui sont en alerte orange, la France qui croule sous la chaleur. Et c'est le cas notamment en région centre Val-de-Loire. Dans les communes, les services municipaux sont à pied d'œuvre pour apporter leur aide aux plus fragiles, aux personnes âgées et isolées. Le reportage à Ballon-Miré. C'est en Indre-et-Loire. De nos partenaires de Val-de-Loire TV, il est signé Lucas Chopin.

1:51
Locuteur non identifié

Les rues se vident à mesure que le mercure monte. Il est 10h du matin à Ballon-Miré et quelques aînés sont encore de sortie. Tous supportent cette vague de chaleur comme ils le peuvent. Quand même difficilement parce qu'elle a été surprenante. Donc je sors le matin de bonne heure et après je reste au frais. On reste enfermé l'après-midi malheureusement. C'est dommage parce qu'on aimerait bien circuler dans cette très belle région. On apprécie beaucoup. De son côté, la mairie n'a pas attendu le déclenchement du plan canicule pour prendre des nouvelles des personnes âgées.

Depuis mardi, les agents se relaient pour appeler les 48 personnes inscrites et leur appeler les bons gestes en période de forte chaleur. C'est la mairie de Ballon-Miré.

2:34
Présentateur

Bonjour mademoiselle. Bonjour, je me permettais de vous appeler. Comme vous vous êtes fait recenser pour le plan canicule, je voulais prendre de vos nouvelles. C'est jantique ça. Donc vous savez si vous pensez bien à vous hydrater. Je n'ai pas souvent soif. Ah oui, mais là, il faut absolument s'obliger et se forcer à boire, madame. Tous les ans, on fait une demande de renouvellement pour ces personnes-là. On leur envoie un courrier directement. Ensuite, on fait paraître également dans le magazine municipal l'information pour que les gens prennent conscience que c'est important de se faire recenser pour le plan canicule.

Et donc nous, ça nous permet de pouvoir passer un moment avec eux au téléphone, voir si tout va bien, s'ils ont certains besoins aussi, et pouvoir surtout d'essayer des personnes qui sont isolées. C'est gentil. Au moins, vous occupez des petits vieux, vous. C'est bien.

3:22
Locuteur non identifié

Les personnes isolées, justement, sont au cœur de la politique de la ville en cette période. La municipalité travaille avec différents partenaires pour s'assurer de la bonne santé de ses administrés. En parallèle, on a le centre social qui possède des visiteurs bénévoles et qui se déplacent rencontrer nos aînés qui sont potentiellement isolés. Et hier, on a fait le point avec des associations, notamment la Croix-Rouge, pour pouvoir recenser aussi des personnes qui seraient nouvellement, entre guillemets, isolées socialement. Les personnes âgées ou en situation de handicap sont invitées à s'inscrire pour être elles aussi appelées régulièrement.

Le recensement se fait par formulaire papier ou directement sur le site internet de la mairie.

4:02
Présentateur

Alors, on parle des conséquences de la chaleur pour nos aînés. Ça a aussi des conséquences pour les plus jeunes dans les écoles, Audrey. Oui, Paris-Normandie et l'Alsace y consacrent leur une ce matin. L'école au défi de la canicule et il est de taille. À 8h du matin au Havre, il fait déjà 30 degrés dans les salles de classe avec beaucoup de bâtiments anciens, mal isolés, mal adaptés. Et impossible d'aérer la nuit dans ces écoles parce qu'il y a interdiction d'ouvrir les fenêtres, même dans les étages. Alors, c'est le système D, on ferme les stores. Certains professeurs ramènent même leur ventilateur personnel en classe.

Mais l'Alsace le rappelle, la rénovation thermique des bâtiments sera évidemment un enjeu dans les années à venir. L'actualité, c'est aussi à Grenoble en preuve à une guerre des gangs. Un palier a été franchi. Ce sont les mots du procureur de la République de Grenoble rapportés par le Dauphiné libéré après une nouvelle fusillade ce week-end qui a fait un mort et quatre blessés sur fond de trafic de stupéfiants. En six mois, il y a eu dix morts par balle dans l'agglomération. Grenoble a déjà connu des épisodes de violence liés au narcotrafic dans les précédentes années. Mais cette fois, d'après le procureur, les choses ont changé. Les tireurs ne cherchent plus à impressionner mais à tuer.

Et c'est dans ce contexte de recrudescence des règlements de comptes mortels que Sébastien Lecornu présidera vendredi un comité interministériel consacré à la lutte contre la criminalité organisée. A Beauvais, c'est un chantier qui est à l'œuvre. Et ça fait la une du courrier Picard. Le géant du e-commerce américain Amazon s'active pour que son nouveau site de logistique dans les Hauts-de-France soit prêt à la rentrée septembre. Un bâtiment XXL qui devrait accueillir 2000 robots et entre 100 et 200 camions à la clé. La région espère surtout la création de 600 emplois, Auriane. Allez, on va parler d'un autre géant du commerce. Il est suédois. Celui-là, on va aller à Limoges.

Bonjour Olivier Chaperon. Merci beaucoup d'être avec nous. Rédacteur en chef du Populaire du Centre. Vous consacrez, vous Olivier, deux pages à l'arrivée d'une ancienne suédoise, d'une enseigne suédoise bien connue à Limoges mais avec un nouveau concept.

5:59
Locuteur non identifié

Alors oui, bien connue, mais surtout attendue depuis une quinzaine d'années. IKEA était l'enseigne qui manquait dans l'agglomération de Limoges et dans le Limousin plus largement. Il fallait aller à Bordeaux, à Toulouse ou à Clermont-Ferrand pour trouver un IKEA de cette taille. Là, c'est un nouveau concept effectivement. C'est un petit magasin qui est à 3000 m² seulement. On y trouve un peu moins de références évidemment. On y trouve un peu moins de stocks. On pourra y commander directement et se faire livrer dans le magasin. C'est surtout une victoire pour les élus qui se battent pour maintenir un commerce d'intérêt pour tout le bassin de vie.

Et donc IKEA était cette enseigne qui va certainement attirer un peu plus encore les clients potentiels vers Limoges. Alors la difficulté a été de les faire venir dans un nouveau principe puisque IKEA est dans une logique de ne plus bâtir, de ne plus acheter mais de louer pour gagner du temps. Car IKEA connaît les mêmes principes et le même phénomène que d'autres grandes enseignes. Les grandes surfaces sont à la peine. Le commerce plus petit, avec plus petits détails, fonctionne mieux. On le voit dans les enseignes de supermarchés. Donc il rénove. C'est le premier IKEA de ce type en France. Et donc il va se généraliser. Un autre est attendu au moins dans quelques semaines.

Il y en a déjà quelques-uns en Angleterre et en Allemagne. Donc oui, c'est un concept nouveau mais qui devrait attirer de la même façon les clients. Certains étaient là hier matin, dès 5h.

7:27
Présentateur

Merci beaucoup Olivier Chaperon. IKEA, enfin, c'est la une du populaire du centre. Et puis Audrey, on va terminer par une application créée par deux policiers pour retrouver des voitures volées. Expliquez-nous. Une initiative personnelle saluée au salon de la police municipale de la Grande Motte. Ça fait la une de midi libre. L'application s'appelle LAMP et fait appel à des détectives anonymes pour les vols de véhicules. C'est très simple. Votre voiture a été volée. Vous déposez la description du véhicule, la plaque d'immatriculation et une caution de 100 euros minimum.

Du côté des enquêteurs en herbe, il suffit de scanner les plaques d'immatriculation des véhicules qui semblent suspects, abandonnés ou stationnés depuis un certain temps. Et si ça marche, l'enquêteur récupère la caution. C'est un vrai sujet. Une voiture est volée en France toutes les 4 minutes. Oriane, voilà pour la bonne idée. C'est une bonne idée. Merci Audrey pour cette revue de presse. Et place maintenant au débat. Avant la présidentielle, combien de sénateurs pour le RN ? 27 septembre prochain, le Rassemblement national a lancé hier sa campagne avec un objectif disposé pour la première fois d'un groupe au Sénat.

Fort de ses résultats au municipal, plus de 70 maires des élus municipaux dans 84 départements. Le parti s'est-il ancré dans nos territoires ? Les sénatoriales vont-elles leur donner un élan pour la présidentielle ? Pour en parler, nous sommes avec Jefferson Desport. Bonjour Jefferson. Bonjour Ariane. Merci beaucoup d'être avec nous. Éditorialiste politique à Sud-Ouest, Arnaud Benedetti. Bonjour Elisabeth. Bonjour Arnaud.

9:22
Locuteur non identifié

Ah non, Elisabeth est en face. Ça va aller.

9:25
Présentateur

J'ai ritué. Bientôt la fin de la semaine. Et bonjour Elisabeth. C'est plus prudent. Non mais je vais y arriver. Les sénatoriales, on l'a vu, les sénatoriales, pour qu'on explique bien, c'est une élection qui découle beaucoup des municipales. 95% des électeurs, des sénateurs sont des maires ou des conseillers municipaux. Étant donné le résultat du RN au municipal, est-ce que ces sénatoriales s'annoncent comme un scrutin historique pour le RN ? Oui, si on regarde les résultats, le RN pourrait obtenir un groupe, ce qui est une marche supplémentaire évidemment vers la normalisation du parti. Parce que c'est vrai que les municipales ont donné l'occasion au RN de consolider ces positions.

Ça n'est pas exactement le résultat, enfin un résultat aussi éclatant qu'au premier tour des législatives, par exemple. Mais incontestablement, le RN a progressé, en particulier là où il était déjà fort, de façon spectaculaire, là où il avait déjà des élus, par exemple à Perpignan, c'est très spectaculaire. Donc oui, il y a une progression du RN, les grands électeurs, il pourrait y avoir un dégel aussi par rapport à certaines hésitations antérieures. Dans le Sud-Est, c'est évident, dans les Bouches-du-Rhône, dans les Alpes-Maritimes, il y a déjà suffisamment d'élus pour assurer, puisque vous avez rappelé le rapport entre municipal et sénatorial, des sénateurs.

Et par ailleurs, comme je vous le disais, s'il y a un dégel de grands électeurs dans d'autres régions, où évidemment il y a un renouvellement, oui, l'ambition d'avoir un groupe est atteignable. C'est une étape de plus dans la normalisation du RN, qu'on soit en train de se dire, l'enjeu de ces sénatoriales pour le RN, c'est d'avoir un groupe. Un groupe, c'est 10 sénateurs ici au Sénat, ils en ont 3 actuellement, plus Stéphane Ravier, qui est sénateur des Bouches-du-Rhône, ancien RN, qui est apparenté, non inscrit, mais qui est proche du Rassemblement national.

11:36
Locuteur non identifié

– Enfin, Elisabeth a tout dit, mais en fait, en l'occurrence, le processus de notabilisation fait partie du processus de normalisation. Et s'il y a une élection qui est bien une élection de notables, c'est l'élection sénatoriale, parce qu'elle dépend elle-même des notables que sont les maires et les élus locaux. Donc de ce point de vue-là, c'est une étape supplémentaire que l'on avait déjà vu poindre, alors qu'ils n'avaient pas du tout le même étiage d'élus lors des dernières sénatoriales. On avait constaté que, notamment dans les départements ruraux, leurs candidats faisaient des scores qui étaient supérieurs à leur potentiel électoral.

Ça veut dire qu'ils avaient un certain nombre déjà d'élus ruraux qui, sans être Rassemblement national, portaient leur suffrage sur un certain nombre de candidats du Rassemblement national. Il y avait eu déjà ce premier signal qui avait été envoyé lors des dernières sénatoriales. Et là, clairement...

12:28
Présentateur

Et ça s'est vu, pardon Arnaud, je vous coupe pour expliquer, en Seine-et-Marne, par exemple, lors des dernières sénatoriales.

12:32
Locuteur non identifié

L'exemple même du département de Seine-et-Marne. Le RN a eu un siège en Seine-et-Marne,

12:35
Présentateur

ils n'ont pas de mairie là-bas.

12:36
Locuteur non identifié

Et ce qui n'était pas attendu du tout, en l'occurrence. Donc, en effet, clairement, mécaniquement, au regard des résultats des dernières élections municipales, le Rassemblement national peut espérer constituer un groupe parlementaire, d'autant plus qu'un certain nombre de responsables du Rassemblement national annoncent que peut-être il y aurait même des transfuges venant de LR ou du centre. Donc, tout ça reste, bien évidemment, à regarder avec, je crois, une très grande prudence. Mais, disons, l'hypothèse d'un groupe est accessible à ce stade.

13:07
Présentateur

Et avant de vous entendre, Jefferson, on va écouter, justement, Ludovic Pajot, c'est le directeur de campagne du Rassemblement national pour ses sénatoriales. Il fixe un objectif très clair.

13:17
Locuteur non identifié

L'idée, c'est de réunir nos forces. Donc, à la fois, évidemment, avec le Rassemblement national et l'UDR, qui a aussi une implantation locale, afin que nous ayons un groupe au sein du Sénat. Donc, nous travaillons main dans la main avec l'UDR, avec Eric Ciotti, pour faire le meilleur score possible dans l'ensemble des départements métropolitains et de décrocher le maximum de sièges de sénateurs.

13:41
Présentateur

Voilà. Le maillage territorial qui confère au RN cet objectif de 10 sénateurs, Jefferson, ce maillage territorial, il est désormais réel au Rassemblement national. Les municipales ont montré une véritable implantation locale.

13:55
Locuteur non identifié

Oui. Le RN a crevé le plafond de verre de l'enracinement à l'échelon local. Dans le sud-ouest, ils sortent avec 156 élus municipaux. Le résultat a été multiplié par 7. Simplement, le sport national ou municipal, c'est quand même les maires sans étiquette. Et le contingent d'élus municipaux ne va pas nécessairement suffire pour envoyer des sénateurs dans tous les départements. En revanche, ce qu'il va falloir regarder, ce sont ces fameux maires sans étiquette dans les petites et plus petites communes. Parce que là, il y a un vivier qui ne dit pas son nom et c'est précisément ce que sont en train de regarder les cadres du RN.

Parce que là, ils ont peut-être un vivier qui n'apparaît pas, qui va se révéler et qui va leur permettre de faire ce contingent-là. Donc, il y a des élus. On sait, on a l'équation de départ à les données puisqu'on sait combien il y a des élus municipaux. En gros, il faut 300 à 400 signatures, 400 voix selon les départements et les ratios pour être élus sénateurs. Maintenant, je vous dis, il va falloir regarder aussi tous ceux qui vont se démasquer à la faveur de cette élection sénatoriale.

14:51
Présentateur

Le rapprochement au sein de la droite, c'est-à-dire ce qu'on a vu au municipal d'une partie de l'électorat LR qui peut voter RN, UDR évidemment qui s'associe avec le Rassemblement national. Tout ça aussi donne de la force supplémentaire à l'extrême droite entre guillemets. On ne parle plus de l'extrême droite, on parle du Rassemblement national mais en tout cas au parti de Jordan-Bardella dans le cadre de ses sénatoriales. Mais est-ce que, on parle de l'ancrage territoriel du RN, on l'a vu lors des municipales, le RN a conforté Sébastien. Sur 22 mairies, ils en ont gardé 20. Est-ce que finalement le RN a levé le doute sur sa capacité à gérer des collectivités ?

15:41
Locuteur non identifié

C'est-à-dire que l'approche qu'ils ont, en tout cas qu'ils avaient avec les maires qui avaient été élus lors des élections précédentes, c'était une approche extrêmement locale et très peu idéologique. En l'occurrence, celle du RN et des maires du RN. Regardez la façon dont, par exemple, Louis Alliot agit à Perpignan. c'est très intéressant de voir la façon dont il mène sa politique municipale. Il a finalement un profil, si on laisse de côté l'étiquette RN, très radsoc, en l'occurrence, dans sa façon de concevoir sa relation avec les Perpignanais. Et d'ailleurs, ça lui réussit puisque, vous l'avez dit, ils ont gagné pas mal de communes dans les Pyrénées-Orientales.

Il a pris la présidence de la communauté d'agglomération. Ça aussi, c'est un phénomène nouveau. On a beaucoup, enfin, un certain nombre d'élus du RN qui ont pu conquérir des communautés de communes ou des communautés d'agglomération, ce qui, là aussi, participe à ce processus de notabilisation à travers l'intercommunalité. En tout cas, le fait qu'ils aient été confirmés dans des bastions où ils sont très forts, quand même, il faut le signaler aussi, montre que, en tout cas, lorsqu'ils sont en responsabilité, ils font finalement une politique qui est assez similaire à celle d'autres maires. Je crois que ça, c'est le point essentiel, en l'occurrence.

Si vous voulez, c'est très différent de ce qu'on a connu, par exemple, on a eu des maires élus.

17:04
Présentateur

– Ce n'est pas une politique à Rennes, c'est ça ?

17:04
Locuteur non identifié

– Non, mais oui, on a eu des maires élus, souvenez-vous, dans les Bouches-du-Ronde, dans les années 90, en 95, avec Vitrolles, je ne sais plus s'il y avait… – Ce n'est pas très bien passé. – Ça ne s'est pas bien passé ou Toulon, même, en l'occurrence, où ils avaient une approche qui était beaucoup plus idéologique du temps de Jean-Marie Le Pen que celle qu'ils adoptent aujourd'hui avec, disons, sous Marine Le Pen.

17:24
Présentateur

– Mais ça veut dire quoi ? Ça préfigure de ce que sera le RN au pouvoir ou finalement, une fois au pouvoir, ils rentrent dans le système, eux qui sont anti-système ?

17:33
Locuteur non identifié

– Il ne faut pas tirer de conclusions. – Mais il y a un apprentissage, il y aura un apprentissage. – Vous savez, on a connu ça avec le Parti communiste, le Parti communiste aussi, on parlait du communisme municipal, en l'occurrence, qui avait une pratique, du pouvoir local qui était finalement assez proche de celle d'autres élus. On a un phénomène qui, d'ailleurs, en sociologie électorale et en sciences politiques, est assez observable. Dès qu'un parti, finalement, s'institutionnalise, localement en tout cas, il a des pratiques qui sont assez proches de celles des autres élus.

18:03
Présentateur

– Donc, ils rentrent dans le système une fois qu'ils sont manettes. – Oui, mais c'est ce qu'on observe aux municipaux. C'est impressionnant de voir au premier tour tous les maires qui sont réélus. Parce qu'il y a une prime au sortant plus forte encore que dans n'importe quel scrutin. Donc, c'est effectivement un maire fut-il RN puisque c'est un peu le sous-entendu de votre question. Eh bien, s'il se représente et qu'il a eu un mandat tranquille. Jean-Marie Lechevalier, vous parliez de Toulon. – Bien sûr. – Il y avait eu des affaires. En plus, il avait rompu avec le rassemblement, avec le FN. – Il avait été une maire de Toulon en 1995. – Voilà. Donc, effectivement, il est perdue.

Et d'ailleurs, Mme Lavalette n'a pas réussi à reprendre le bastion.

18:36
Locuteur non identifié

– C'est intéressant.

18:36
Présentateur

– Et si vous me permettez, juste une petite... On parle d'implantation locale confirmée par, effectivement, les municipales. Il y a des exceptions que sont les grandes villes et les agglomérations. Et là, le RN a encore des éléments de faiblesse. Il faut quand même le signaler. – Et ça s'est vu notamment à Bordeaux.

18:52
Locuteur non identifié

– Oui, Bordeaux, il y avait l'eurodéputé Julie Rochagneux qui était candidate et qui n'a pas été qualifié pour le second tour. Ça fait partie des déceptions du RN dans la région. Mais ils ont gagné des élus municipaux dans beaucoup de départements en entrant dans les conseils municipaux de ces villes-là, notamment à Agen, notamment sur la périphérie bordelaise ou ailleurs. Simplement, je parlais d'apprentissage tout à l'heure pour ces élus. Ceux qui ne sont pas en responsabilité mais qui rentrent dans les conseils municipaux vont découvrir les rouages de la vie municipale. C'est assez compliqué. Il y a quand même des règles à respecter, des codes de marché public, etc.

Ce n'est pas aussi simple que ça. Donc pour eux, il y a quand même ce travail qui va être fait. Et n'oublions pas une chose, on l'a vu sur les législatives, il y a quand même un problème aussi de candidature, de qualité de candidature. Rappelez-vous les brebis galeuses qui se sortent de ce mandat-là. Maintenant, sur les sénatoriales, pour revenir sur notre sujet, 10 sénateurs, franchement, vu ce qui s'est passé aux municipales, ce n'est pas inatteignable. Je rappelle qu'à l'Assemblée nationale, il faut être 15 pour faire un groupe. Donc là, le champ est encore plus restreint. Il faudra observer aussi les transfuges dont parlait Arnaud parce qu'il va y avoir une petite offensive là-dessus.

Il va falloir des prises de guerre. Plus que des résultats dans les territoires, il va falloir des prises de guerre chez les LR. On sait qu'ils sont déjà perméables à la cause. Chez les centristes, on verra comment ça peut atterrir. Mais ils ont besoin de faire ce travail de déstabilisation.

20:09
Présentateur

Juste, pardon Jefferson, parce que vous dites 10 sénateurs, ce n'est pas inatteignable. On rappelle juste qu'au Sénat, ce n'est pas l'Assemblée dans son entièreté qui est renouvelée. Il y a seulement la moitié des sénateurs qui sont renouvelés. Il y a grosso modo une grande partie du Sud-Est qui est renouvelée. La Gironde aussi. La Gironde, on va y venir, mais par exemple, le Nord-Pas-de-Calais n'est pas renouvelable. Est-ce que du coup, ça peut aussi bloquer un peu le seuil de 10 sénateurs ?

20:34
Locuteur non identifié

Oui, en effet, vous avez raison de le dire parce que ça dépend des départements qui sont renouvelables. Là, vous avez cité par exemple des départements, le Var, ça m'étonnerait que le Rassemblement National ne dispose pas d'un voire de deux sénateurs dans le Var compte tenu de ce qui s'est passé dans ce département et surtout de la porosité qui existe entre la droite dite de gouvernement et le Rassemblement National.

20:55
Présentateur

Les Alpes-Maritimes ?

20:56
Locuteur non identifié

Les Alpes-Maritimes, on peut imaginer qu'ils auront des élus notamment grâce à Nice, Nice, Menton, Cagnes-sur-Mer, enfin bon, tout ça, je veux dire, laisse présager.

21:06
Présentateur

Cagnes-sur-Mer. Non, Cagnes-sur-Mer. Cagnes-sur-Mer

21:10
Locuteur non identifié

qui a été gagné par l'UDR, je crois, pas par le Rassemblement National. Bon, tout ça les aide. Après, là où je suis d'accord avec ce que vous dites, ça va dépendre beaucoup parce que c'est une élection notable, l'élection sénatoriale. C'est le profil des candidats qui sera extrêmement important et là, on va voir comment ils vont travailler. Regardez la façon dont ils ont travaillé dans leur implantation municipale. Ils ont souvent envoyé des députés, des députés qui ont d'ailleurs pour certains d'entre eux gagné des mairies. Là, c'est la même chose. Je vois que, par exemple, dans le Var, ils vont envoyer un député du Rassemblement National, M.

Gilletti, je crois, qui va mener la liste dans le Var. Donc, ils vont essayer vraisemblablement de chercher des profils plus notabilisés pour tout simplement rassurer les grands électeurs parce que les grands électeurs, c'est quand même pas l'électorat qui vote pour eux. C'est un électorat quand même très différent en l'occurrence. Donc, il faut être encore plus rassurant vis-à-vis de ce type d'électorat.

22:03
Présentateur

C'est pour ça, pardon, que j'évoquais le dégel des grands électeurs parce que c'est un enjeu pour le Rassemblement National. Ça n'était pas produit la dernière fois. Et par ailleurs, vous parliez des figures. C'est très important parce qu'il y a un cadre du Rassemblement National qui m'avait raconti il y a quelques années que dans le cadre des dernières sénatoriales, il y avait une candidate délaterenne. Elle avait fait une photo avec un maire en tout et pour tout pendant la campagne. Il faut aussi qu'ils apprennent ce que c'est qu'une campagne des sénatoriales, d'aller voir, d'aller démarcher tous les élus. C'est un boulot.

Et ils ont un problème de formation, on le sait, on parlait de brebis galeuses, mais aussi ils ont un problème de formation. Donc, on verra. C'est un enjeu aussi là pour eux. C'est important parce que les sénatoriales, c'était jusque-là une forteresse un peu inaccessible. C'est symboliquement très fort, même si c'est que dix sénateurs. Pour eux, l'Assemblée a été acquise depuis plusieurs mandats. La mandature, c'est très important pour eux. C'est aussi une députée en Gironde qui va mener, qui va se délater la liste ARN, c'est Edwige Diaz.

Juste Edwige Diaz, elle disait, je vais la citer après les municipales, elle disait l'Ouest n'est plus un territoire de conquête mais clairement dorénavant d'implantation. Est-ce que la Gironde, l'Ouest de la France, la Nouvelle-Aquitaine que vous représentez Jefferson avec Sud-Ouest ? Finalement, c'est l'illustration de l'extension de l'implantation.

23:25
Locuteur non identifié

Il faut quand même modérer tout ça parce que je vous le disais tout à l'heure, c'est 156 élus municipaux dans le Sud-Ouest dont à peu près 110 à 120 de mémoire rien qu'en Gironde. Et pour être élu, je le disais tout à l'heure, il faut 300 à 400 voix. Donc vous en avez 120 à 110 d'assurés.

Vous allez aller chercher ce que je disais tout à l'heure, les maires sans étiquette mais simplement pour revenir sur ce qu'on disait tout à l'heure, les candidats aux législatives dans le contrat passé avec l'URN, c'était de se présenter aux municipales parce qu'on profitait de l'exposition des législatives, gagnant ou pas, mais en tout cas, il y avait déjà ce travail de notabilisation, ce travail de notoriété qui a été fait et les candidats aux législatives se retrouvaient parachutés sur les municipales avec déjà cette espèce d'arriéré, en tout cas de campagne dans les jambes et cette espèce d'implantation.

Maintenant, je vous le disais, quand vous avez 120 grands électeurs assurés pour 300 à 400 voix, ce n'est pas gagné. Donc, vous pouvez faire des effets d'annonce et montrer que ça se passe bien. Les résultats ne sont pas aussi simples que ça et les grands électeurs, ça ne se pourrait pas de la même manière qu'un électorat traditionnel.

24:24
Présentateur

Et je donne un chiffre qui va dans le sens de ce que vous dites, Jefferson, 74 mairies gagnées par l'URN ou ses alliés. Sur ces 74, il y en a 63 qui sont dans des circonscriptions détenues par l'URN aux législatives. C'est l'illustration d'un élan qui est né des législatives.

24:40
Locuteur non identifié

Évidemment, quand vous avez un groupe parlementaire de 120 ou 130 députés, vous finissez par acquérir une implantation politique qui vous permet justement de vous installer. Parce que, tout simplement, un député, c'est quelqu'un qui, en principe, laboure sa circonscription. On le rencontre, il est à la rencontre des maires, il est à la rencontre de ses administrés, il démarche, il tient des permanences électorales. Vous savez, ça, c'est des outils de professionnalisation à un moment donné de la vie politique qui sont absolument essentiels. Juste pour ce que vous disiez, l'Ouest, il faut faire très attention, il ne faut pas confondre le Sud-Ouest et l'Ouest.

Parce que le Sud-Ouest, si vous voulez, vous aviez une implantation déjà qui n'était pas négligeable du Rassemblement national dans un certain nombre de départements. Ce qui n'est pas le cas de l'Ouest de la France où là, même s'ils progressent, ils progressent beaucoup plus modestement qu'ils ne progressent dans le Sud-Ouest. Pourquoi je dis ça ? Je dis ça parce qu'en effet, ils ont des zones où, territorialement, ils ont des points de force et ce sont ces zones qui leur donnent leurs députés, qui leur donnent leurs maires. Et il y a des zones où ils sont un peu plus faibles et ce qui, bien évidemment, peut handicaper leur progression, y compris lors des sénatoriales.

Juste une précision là-dessus, par exemple, en Gironde aux législatives, la Gironde avait deux députés RN, elle en a perdu un, ils en ont perdu un, il n'y a plus qu'Edwige Diaz. Dans les Landes, au deuxième tour, il y avait trois candidats du RN, ils ont tous perdu.

Donc, il y a aussi des îlots de résistance et là, ce qui va quand même être très intéressant, c'est de voir comment les LR qui ont, eux, cette implantation locale vont résister sur la pression, comment ils vont tenir leurs troupes de grands électeurs parce qu'ils n'ont pas du tout intérêt, s'il y en a un qui a intérêt à ce qu'il n'y ait pas de groupe LR au Sénat, c'est quand même les Républicains et eux, ils ont une base très forte et ils ont un enjeu très, très important pour eux et s'ils peuvent torpiller les manœuvres du RN, ils ne vont pas se priver.

Donc là, il y a quand même une bataille en coulisses qu'il faudra observer vraiment de très près pour voir comment on peut débaucher et arracher ces fameuses voix.

26:35
Présentateur

Et justement, c'est ce qu'a dit hier lors de cette conférence de presse, le sénateur Joshua Ochard, on va l'écouter.

26:41
Locuteur non identifié

On n'est pas à l'abri, effectivement, heureusement, connaissant l'ambiance au Sénat que des sénateurs LR, que des sénateurs centristes puissent rejoindre ce groupe nouvellement constitué puisque actuellement, ce qui nous manque au Sénat, c'est réellement la composition d'un groupe. On sait que ça apporte des moyens en plus, en tout cas pour exister au Sénat et des sénateurs, que ce soit centristes ou LR, nous le disent régulièrement. En fait, tant que vous n'avez pas un groupe, effectivement, c'est compliqué de pouvoir séger avec vous alors qu'ils partagent pour certains nos idées.

27:09
Présentateur

Ça peut marcher, cette volonté de rallier des LR. Est-ce que ça préfigure d'une forme d'union des droites, finalement, Elisabeth ? On le disait un peu tout à l'heure. On l'a vu à l'œuvre, quand même, dans le cadre des municipales. Cette porosité, on a vraiment l'impression qu'il y a deux blocs qui se reconstituent. un bloc de droite et un bloc de gauche avec un centre un peu riquiqui au milieu. Donc, oui, ça peut marcher. Je crois que le facteur personnel des candidats RN comptera quand même considérablement. Vous savez, c'est une élection... En 2022, le RN était passé à côté. Là, il se professionnalise, effectivement, dans la préparation.

Et ils espèrent que le facteur personnel de certains candidats, le profil, va combler ce qui leur manque en termes de grands électeurs et ce qui peut encore constituer un frein de ce point de vue-là. Donc, oui, ça peut fonctionner. On a vu que LR résistait pas mal, le municipal. Vraiment, le LR et le PS, on l'a beaucoup dit, c'est deux parties de barons locaux et ils ont bien résisté, parfois mieux qu'ils ne l'imaginaient d'ailleurs. Les sénatoriales, de ce point de vue-là, ça va être très intéressant quelques mois avant évidemment la présidentielle.

Et la question de cette conversion des électeurs LR en électeurs RN qui pourrait aussi expliquer un plus fort ancrage territorial du RN, est-ce que ça peut aussi se traduire chez les grands électeurs et donc au Sénat ?

28:41
Locuteur non identifié

Écoutez, on va regarder ça, mais les LR ont intérêt à tenir leurs troupes. N'oublions pas que le 7 juillet, il y a quand même une décision de justice sur le procès en appel de Marine Le Pen, ce sera avant les sénatoriales, ça va donner un peu d'ambiance aussi et peut-être faire réfléchir quelques-uns parce que le candidat du RN à la présidentielle sera le fruit d'une décision de justice. C'est quand même, c'est peut-être plus efficace qu'une primaire, mais c'est quand même pas très glorieux pour un parti qui veut être le défenseur de la veuve et de l'orphelin et de ses petits chats. Je veux dire, ça fait beaucoup quand même.

Donc ça, ça va être pris en compte dans cette négociation-là, mais les Républicains ont tout intérêt à tenir leur troupe et empêcher l'arrivée de ce groupe au Sénat parce que sinon, il va y avoir, le RN va vouloir montrer qu'il peut faire l'union des droites, qu'il peut être sur une même ligne, qu'il peut être un partenaire et là, ça va venir un peu plus brouiller le message, mais l'idée, c'est quand même bien de dévitaliser LR sur la présidentielle.

29:30
Présentateur

Oui, et on entend, on entendait Joshua Ochar dire qu'il voulait des ralliements même une fois le groupe constitué. Est-ce que la normalisation dont vous parliez, la stratégie de la cravate, Arnaud, ça peut marcher au Sénat ?

29:43
Locuteur non identifié

Oui, peut-être, mais en fait, tout dépendra de la résistance aussi du LR le jour des élections sénatoriales. Les LR ont quand même un certain nombre d'atouts dans leur manche, c'est notamment qu'ils disposent des exécutifs et vous savez, quand vous déposez des exécutifs, qu'il s'agisse des conseils départementaux, des mairies, des communautés de communes ou des communautés d'agglomérations, vous avez quand même des ressources, tout simplement, qui peuvent vous aider à consolider votre résultat électoral. C'est ce que je dis là, je veux dire, est totalement trivial en l'occurrence. Donc, c'est ça qui fait la force des LR et c'est ce qui leur permettra vraisemblablement de résister.

Après, il est évident qu'une percée du Rassemblement national qui leur permettrait d'obtenir un groupe parlementaire voire d'aller au-delà, d'abord serait utilisée dans la perspective de l'élection présidentielle, évidemment, quel que soit le candidat du Rassemblement national, et pourrait peut-être créer un petit effet d'éviction. Moi, je pense que s'il y a effet d'éviction, il restera quand même assez marginal du côté LR ou du côté centriste, sauf surprise.

30:46
Présentateur

Mais est-ce que quand même, ça n'a pas déjà des conséquences ? On va prendre un exemple, par exemple, le département des Altes-Maritimes. Cinq sénateurs, à l'heure actuelle, c'est cinq sénateurs LR. Là, les LR ne pourraient revenir qu'avec deux, trois sénateurs parce que victoire d'Éric Ciotti à Nice, victoire d'Alexandra Masson RN à Menton. Est-ce qu'on voit déjà l'effet ? Et Cannes-sur-Mer, effectivement. Est-ce qu'on voit déjà l'effet, finalement, sur les LR de cette percée du Rassemblement National dans certains territoires et de ses alliés ? Éric Ciotti, c'est l'UDR. Dans le sud-est, c'est incontestable. Dans ce département, c'est incontestable.

Les Bouches-de-Rhône, le Gard, le Vaucluse, tout là. Là, le RN, à l'occasion des municipales, a pris des forces évidentes au service de l'accession du RN. L'Aude. Et l'Aude, et oui, et encore une fois, si vous voulez, il y a le secret des urnes qui fait peur un peu au RN parce que les grands électeurs, encore une fois, ce ne sont pas les électeurs. Les électeurs dans le sud-est pour le RN, pardon, s'il suffit d'y aller y passer quelques heures, c'est gagné. Il y a quand même aujourd'hui une aspiration au vote RN qui est évidente. Maintenant, les grands électeurs, c'est autre chose. C'est pour ça que le Sénat, c'est compliqué.

Mais, malgré le maintien des bastions LR au municipal, le RN pourrait évidemment gagner des points encore une fois dans le... Je vous donne la parole mais autre ambition pour le RN, c'est les Bouches-du-Rhône. Les Bouches-du-Rhône où ils ont investi une candidate qui est une ancienne LR, une ancienne vice-présidente de Martine Vassal qui, souvenez-vous, était la candidate LR au municipal. Marie-Fierre Calais, on va l'écouter. C'était hier au micro du Rame-Rabien.

32:32
Locuteur non identifié

J'ai franchi, je ne sais pas, parce qu'en fait, moi, je n'ai pas changé. Mais je me suis rendu compte que, par contre, la famille dans laquelle j'étais glisse vers la Macronie et donc je ne retrouvais pas ma colonne vertébrale. J'ai toujours défendu une droite sincère. Je ne pouvais pas continuer comme ça en me reniant. Donc, quand je suis, bien sûr, depuis très longtemps le Rassemblement national, Jordan Bardella, Marine Le Pen, Sébastien Chenu, je les écoute, je suis et j'ai retrouvé ma philosophie et la droite sincère que je défendais au travers de leurs propos.

33:03
Présentateur

Voilà. Marie-Pierre Calais a été dit ce sénatorial, mais elle a un propos qui va au-delà des sénatoriales, c'est-à-dire, il y a un effet domino pour les LR qui peut aller jusqu'à la présidentielle, Jefferson.

33:12
Locuteur non identifié

Écoutez, il y a une expression consacrée en général et ses anciens amis d'LR ne manqueront pas de dire qu'elle va à la soupe, mais Bruno Rotaillot sera ravi d'être associé à un macroniste de la première heure. C'est quand même assez lunaire comme propos. Bon, voilà, maintenant, il y a une dynamique dans ce département-là, associer Bruno Rotaillot encore une fois à un macroniste, c'est assez surréaliste, mais pourquoi pas ? C'est son choix, très bien. En revanche, ce qui est quand même assez fou dans cette histoire, c'est qu'on parle bien de la création d'un groupe RN au Sénat, on ne parle pas du tout d'un groupe macroniste au Sénat, c'est fini cette histoire.

Bon, il y a eu quelques tentatives, mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire que le RN, je le disais tout à l'heure, a crevé le plafond de verre de l'ancrage local et c'est bien par là qu'on commence. Ces parties-là ont commencé par le haut, les macronistes ont commencé en 2017 par l'Assemblée nationale, ils ont raté toutes les étages, toutes les étapes, pardon, de l'enracinement local des municipales de 2020.

2026, Bordeaux, il y a une prise de guerre, c'est Bordeaux avec Thomas Cazenave qui s'est imposé, qui a sorti la gauche de Bordeaux, c'est une victoire importante, mais ça ne crée pas non plus la dynamique des macronistes qui ferait que ce matin, on serait en train de dire est-ce que la composition du Sénat va se jouer autour du bloc central ? Non.

Donc là, il y a quand même un événement politique cette progression, parce que ce n'est pas non plus une victoire, n'exagérons pas, il faut tout bien mettre en perspective, Elisabeth le disait tout à l'heure, le PS et les LR ont tenu leur bastion, c'est encore eux qui ont le meilleur contingent, pour autant, la compétition se densifie à l'échelon local et elle se densifie à l'extrême droite.

34:45
Présentateur

Arnaud, est-ce que les sénatoriales, elles auront un impact sur la présidentielle ou on est sur deux scrutins différents ? Les sénatoriales, scrutins directs avec uniquement des grands électeurs là où la présidentielle est au suffrage ?

34:56
Locuteur non identifié

Elles seront utilisées par ceux qui en sortiront vainqueurs comme un argument dans la campagne présidentielle pour leurs candidats respectifs. Après, si vous voulez, on est sur deux types d'élections complètement en effet différents, donc on ne peut pas véritablement plaquer, si vous voulez, l'élection présidentielle sur l'élection sénatoriale. Alors après, évidemment, c'est important d'avoir des grands élus, mais les grands élus ne font pas l'élection présidentielle. Vous savez, vous pouvez avoir le ralliement de très grands élus, ce n'est pas pour autant que vous serez élu président de la République. C'est une autre alchimie, l'élection présidentielle.

35:29
Présentateur

Et Elisabeth, une petite conclusion. Est-ce que le futur président de la République devra s'appuyer sur ce futur Sénat, devra composer avec, y compris avec, peut-être, un groupe RN ? Évidemment, on voit bien que le Parlement, aujourd'hui, l'Assemblée nationale et le public Sénat. Pardon ! C'est pas grave, j'ai appelé Arnaud et Elisabeth. Vous voyez,

35:51
Locuteur non identifié

la boucle est bouclée.

35:53
Présentateur

Mais voilà,

35:54
Locuteur non identifié

c'était la bonne conclusion, finalement. Évidemment,

35:56
Présentateur

la réponse, et oui, le Sénat est fondamental pour gouverner aujourd'hui, surtout quand on a une Assemblée et un Sénat aussi fragmenté, un paysage politique aussi fragmenté en réalité. Vous m'avez troublée, Rianne. Non, mais c'est bon, j'ai mal commencé moi. Merci beaucoup, merci Elisabeth, merci Arnaud et merci Jefferson d'avoir été avec nous. Merci à tous de nous avoir suivis. Excellente journée sur Public Sénat. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat. Merci à tous.

Vers un groupe RN au Sénat ? · Pourquijevote