P.J. — La fugue | P.J. – LA COLLECTION OFFICIELLE EN DVD — SAISON 4 – ÉPISODE 41 – DVD N° 11
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Merci, monsieur. Attends,
on
se voit ce soir.
Et
ton idée de bouquin
? Fallait
pas que tu travailles, là
?
Bon, enfin, ça peut attendre, hein. C'est mieux quand ça a mûri une idée. Alors, ce soir,
je
passe te prendre après ton boulot
? Je
sais pas si je vais pouvoir.
Tenez
pas peur de me mettre en retard, Nadine.
Tu
peux t'arranger
? Je
vais voir ce que je peux faire. Ça marche.
Ça
va, commissaire
? Je
me suis un petit peu inquiétée, mon immeu. Je vais, oui. Et ça s'est bien passé
?
Merveilleusement. Simone adore pouponner. Seulement, ce matin, elle n
'avait
pas le coeur de s'en séparer. Alors, c'est moi qui l'ai amenée à la crèche. Oh, je suis désolée, hein. Non, non, mais il
n'y a
pas de problème. Ma faute fille a juste hurlé pendant tout le projet. Avec Simone,
elle
est tout souri, et avec moi, elle hurle. J'ai peut-être une tête à faire peur. Non, non, non, pas du tout. Non, non, mais c'est parce que vous avez une voix d'homme. Une voix d'homme, elle n
'est
pas habituée, je crois. Admettons. Dites, Nadine, ça va rester toute la semaine, les reliefs de Beaux-Agapes ? Quoi
?
Ça
! Ah,
les restes de la teuf ! Ok, je préviens la fin de ménage.
La
victime gardait une place de stationnement le temps que sa femme fasse demi-tour. Un livreur voulait la place.
Il
y
a
eu altercation.
L
'agresseur est en fuite.
C
'est avec ça qu'il a tabassé la victime. Marème est intervenue, elle a foncé dans la camionnette du livreur. Pousse-toi que je prenne la photo. Là et là, on a les traces des peintures. Blanche.
Vous
avez l'immatriculation du véhicule ? Non. Mais on sait que c'est une camionnette de location. Teichner. Un frigorifique.
C
'est tout. Bonjour, police judiciaire.
Vous
avez vu l'agresseur, madame
?
Oui. Dites, les cheveux longs, un peu, je sais pas. Il était comme un dingue, il allait le tuer. Vous allez l'emmener à l'hôpital, là ? Vous inquiétez pas, madame, on va s'occuper de votre mari.
Dites
-moi ce qui s'est passé.
Je
sais pas, j'ai arrivé, j'ai comme un malade. Je veux rester
avec
lui. Multiple fractures de défense aux bras et aux épaules, traumatisme crânien, enfoncement temporal.
Le
médecin dit qu'il risque de rester paralysé. Au mieux.
Et
elle, vous l'emmenez où
? Il
l'emmène faire une échographie. Elle a reçu un choc, le bébé est peut-être en danger.
Il
faut téléphoner à Saint-Louis en fin de matinée pour en savoir plus. Merci. Excusez-moi, vous pourrez passer au commissariat quand vous vous sentirez mieux ? C'est dans le passage Tesson, vous demandez le capitaine Fournier, c'est moi.
C
'est renouvelé.
D
'accord avec vous. Capitaine, le livreur était peut
-être
là pour livrer un commerçant, non
? Pour
acheter des clopes. Enfin, vous avez raison, il vaut mieux interroger les commerçants.
Vous
pouvez vous en occuper
?
Merci, capitaine.
Alors,
dis-moi, c'est comment ton stage
?
C'est long, il faut souffrir pour être commandant.
Je
préfère presque être avec toi sur le terrain. Moi, c
'est
des petites fleurs que j'aime bien. Ah, ouais ? Bon, capitaine. Bonjour. Bonjour.
Il
était devant la gare du Nord, il a tenté de fuir quand il nous a vus.
Vous
avez son identité
? Il
parle pas et on l'a pas fouillé.
Vous
avez bien fait. Bonjour. Regis Saint-Martin.
Je
m'appelle Agathe Meunier. Et toi, comment tu t'appelles
? Je
suis même pas sûr qu'il comprenne ce qu'on dit.
Merci. Tu
parles français
?
Bonjour, madame. Asseyez-vous, je vous en prie.
Tu vas le
mâcher dans mon bureau
?
Allez, madame, viens. Avec nous, aujourd'hui, comment on a
?
Bah, tu vois. Bon, bah, c'est le printemps. Il
faut
que ça te refleurit.
Je
l'ai acheté hier et en fait, je suis pas très sûre.
Non,
ça va très bien. Non, je disais ça pour le gosse. Dès qu'il fait beau, il
y
a une recrudescence d'enfants mondiaux. Madas, c'est fou dans des foyers, mais il se barre à la première occasion.
Tu
t'en occupe avec moi
? Bon, bah,
vérifie le fichier des fugues et moi, je commence. Ok. Merci, Arnaud.
Je
vous en prie, mon commandant.
Comment
tu t'appelles
? Tu
manges pas ton chewing-gum
? T
'aimes pas ça
? Si
tu veux pas me dire ton nom, tu peux l'écrire là, si tu préfères.
Tu
me racontes ce que tu faisais à la gare ce matin
? Tu
dois pas être à l'école
? La
maîtresse est malade. Elle
est
où, ton école
? Dans
la rue, à côté de la gare. Ah, c'est l'école de la rue Bava
? Tu
es sûr qu'il
y a
une école dans la rue Bava
? Tu
peux me montrer ce que tu as dans les poches
? C
'est ton père qui te demande de mondier
?
Mon père, il est mort. Alors, qui c'est
? Ton
oncle
?
Personne. Bah, toutes ces pièces,
tu
les sors d'où
?
C'est ce qu'il y avait dans ma tirelire. C'est
vrai. C
'est possible, hein
? Mais
c'est possible aussi que ce soit pas vrai. Regarde-moi. Je vais retourner chez ma mère. Je vais bien t'emmener, moi, chez ta mère, mais il faut que tu me dises où t'habites, hein.
Je
m'appelle Chifflet Manuel. Manuel.
Comme ça ?
Avec deux F. Et t'habilles où, Manuel
?
Maintenant, il vient peut-être d'un foyer qui n'a pas encore fait de signalement. Non, je pense pas qu'il vienne à un foyer, il serait plus dur. Il
est
normal, ce mot, mais il
est
alphabétisé.
Il
est bien, ton blouson.
C
'est toi qui t'habillais ce matin
? C
'est ce que je préfère.
C
'est ma mère qui me l'a offert pour mon anniversaire.
Il
est beau.
À
l'école, ils disent tous que je suis le petit japon rouge. Bon, faut pas les écouter. Tu vois, moi aussi, j'aime bien les couleurs.
Elle
aime le rouge, ta maman ? C'est gay,
c
'est sympathique comme couleur.
C
'est ta maman
? Elle
est jolie, elle te ressemble. Et ça,
c
'est ton adresse, Manuel, 35 rue du Lésir
? Qu
'est-ce qu'elle fait, ta maman
? Elle
travaille la nuit et elle n
'a
pas beaucoup de temps. Oui, bonjour, madame. J'aimerais le numéro de Céline Chifflet,
au
35 rue du Lésir,
dans
le 10ème.
Oui, s
'il vous plaît. Vous n
'avez
pas le téléphone chez toi
? Elle
est chez toi, ta mère, en ce moment.
Je
ne sais pas. Merci. Péj Saint-Martin
?
Non, le commissaire n
'est
pas dans son bureau, mais je peux vous passer
de
rien.
Oh,
mais quelle conne, le nouvel SUV.
Vous
n'aimez pas les femmes, vous, le matin
? Moi,
je
n
'aime pas qu
'on
me raccrochonne.
C
'est pratique, à votre nouvelle avance.
Salut,
Chloé.
Déjà,
Mathieu
? Je
n
'ai
pas eu trop de succès.
J
'ai interrogé tous les commerçants. Le seul qui attendait une livraison et qu'il n
'a
pas eu, c'était pour du tissu. On n
'a
pas un frigorifique. Le Schner nous envoie la liste des boîtes qui louent des camionnettes chez eux.
On
va vérifier.
Tout
ça
? Ils
ont 297 véhicules sur la région, dont 176 camionnettes frigorifiques.
C
'est leur spécialité. 176
? Oh,
bah à 3, on en a pour la journée. À 2 ? Pourrait sur une expulsion. Non, il faut appeler tout le monde, savoir qui livrait ce matin sur le quartier d'accident. Allez au boulot, Mathieu. Bonjour. C'est ça, c'est urgent, s'il vous plaît.
Vous
l'aimez bien, Ninon
? Ah
oui.
Voilà,
j'aurais un service à vous demander.
Un
grand.
Vous
ne pourriez pas me la garder ce soir
? Ça
vous embêtrait
?
Écoutez, Nadine, cet enfant, vous l'avez voulu. Vous l'avez vu ? Alors maintenant, vous vous en occupez. Oui. Bien sûr, je l'adore, ma gosse. C'est pas ça le problème.
Ça part alors ? Moi, il y a des fois,
j'ai tout. Je suis une mère, je suis pas une bonne sœur.
Je
crois que je suis amoureux. De l'écrivaillon, je suppose
? Bon,
bah je vais le faxer moi-même.
Je
vais vous dire, ma petite Nadine. Votre gamine, elle est adorable,
mais
c'est non. Non, non et non.
Moi,
Simone, je l'aime. Comme femme, comme épouse, comme Simone, quoi. Quand elle t'a avec Ninon, c'est plus une épouse, c'est une mère à 100%. Alors moi, je suis jaloux. Définiment, c'est pas ma génération, ce truc. Alors occupez-vous-en. Bonjour, je voudrais parler au capitaine Fournier. Hé, hé,
hé,
commissaire
! Quoi ? La
nouvelle sub a été trois fois. Mais vous ne pourriez pas le dire, mais rappelez-la et puis passez-la moi dans mon bureau. Oui, tout de
suite.
Vous voulez voir le capitaine Fournier ? Je viens. Venez avec moi.
Oh
là là, désolé pour le désordre. Fin de ménage, t'es en retard. Bébé n'a rien. Votre mari
? Ils
font des examens.
J
'arrive pas à voir le médecin.
Je
sais pas ce qu'il se passe dans cet hôpital, personne ne me parle. Vous inquiétez pas, dès qu'ils sauront quelque chose, ils vous le diront.
Vous
vous sentez capable de me raconter ce qui s'est passé
? J
'ai pas vu le début, mais ce qui est sûr, c'est que c'est pas David qui a commencé. David,
c
'est pas un agressif, c'est pas lui.
C
'est vous qui conduisiez
? Il
a pas son permis.
Faut
mieux d'ailleurs, elle a toujours la tête dans les nuages.
En
fait, il voulait prendre le métro, c'est moi qui ai voulu l'accompagner. Si j'avais pas été là, il se serait rien passé. Personne ne sait ce qui se serait passé. C'est vraiment pas de votre faute.
On
tournait déjà depuis 10 minutes, alors j'ai demandé de garder la place. Le temps que je fasse demi-tour,
c
'était une place en contresens.
Il
était quelle heure
?
9h pile.
On
était en retard pour ses résultats.
Qu
'est-ce qu'il fait
?
Géologie.
Il
vient de passer son diplôme, son dernier diplôme avant d'être titularisé.
On
sait même pas s'il a été reçu.
Donc
à 9h, vous demandez à votre mari de vous garder la place et vous allez faire demi-tour.
Et
après
?
Après, tout ce que j'ai vu, c'est l'autre qui lui tapait dessus avec une barre de fer. Alors moi, je me suis précipité.
Il
m'a donné un coup là, il est retourné sur David.
Et
puis j'ai hurlé, j'ai hurlé. Mais il continue à lui taper dessus comme un malade. Alors moi, ce que j'ai fait, je suis montée dans la voiture et je lui ai foncé dedans parce que c'était la seule manière de l'arrêter.
De
quel côté vous l'avez percuté
?
Droit.
L
'aile avant droite.
Il
n
'y
avait pas de logo sur la camionnette, pas de tag
? Je
ne me souviens plus. Assis sur son t-shirt, il y avait un dessin.
Je
ne
sais
pas, une brioche, un truc. Je ne
sais
pas, je ne me souviens pas. Demandez à Tacheter de nous faxer la liste par activité pâtisserie et viennoiserie.
Le
livreur, il était comment
?
Des brins, cheveux mi-long,
je ne sais
pas, trentaine.
Vous
allez l'arrêter, hein
? Oui,
bonjour, est-ce que je pourrais avoir la direction, s'il vous plaît
? La
PJ Saint-Martin.
On
vous appellera dès qu'on aura du
nouveau.
Oui, j'attends.
De
toute façon, maintenant, le mal est fait, alors.
Non,
non. Depuis que j'attends mon bébé, je me sentais invulnérable. J'avais l'impression que rien ne pouvait m'arriver.
Non,
je quitte pas. Mais rien ne peut m'arriver.
Il
va s'en sortir, hein
? La
direction du personnel.
Ah
bon
?
Oui, merci.
Oui,
j'attends. Si vous avez besoin de moi, je serai à l'hôpital. Non, mais il y
a
un code.
Tu
connais le numéro ?
Je
ne
m
'en souviens plus.
Tu
ne te souviens plus de ton code
? Je
veux voir, maman. Police, vous pouvez nous ouvrir, s'il vous plaît ?
On
ramène le petit chifflet. Chifflet ?
Il n'y a
pas de chifflet, ici. Ah oui, les bélo, chifflet.
Ils
viennent d'aménager.
Je
ne savais pas qu'ils avaient un grand-fils.
Je
vous ouvre.
Et
c'est quel étage, Manuel
?
Deuxième gauche.
Et
tu ne connais pas ton étage, en plus.
Oui ? Bonjour,
madame.
Vous
êtes bien, Céline Chifflet
? Oui,
qu'est-ce qui se passe
?
Pour les judiciaires, on peut entrer pour discuter
?
Quelque chose à mon mari. Ça, dites-moi, c'est Loïc.
Ce
n'est pas pour votre mari.
Ce
n
'est
pas pour mon mari.
Il
va bien. Mais oui, il va bien.
Nous
venons pour vous. Vous m'avez fait peur.
Quand
mon premier mari est mort dans un accident, c'est des collègues à vous qui sont venus. Alors maintenant, quand je vois des policiers... Non, mais rassurez-vous, nous ne venons pas pour votre mari,
mais
pour votre fils, Manuel. Manuel
? Manuel ? Manuel ? Où
il est passé
? Occupe
-toi d'elle. Manuel
? Où
tu chiflais ?
S
'il est parti par là, en courant.
Par
où
? Par
là. Nadine, c'est la Mougie.
Tu
l'enseigne des vies de recherche sur tous les commissaires du quartier. Manuel Chifflet, un enfant de 10 ans, 5 fois 2, vient de disparaître dans le périmètre de la rue du Désir.
Il
porte un souhait rouge. La concierge du 22 vient de trouver ça en rangeant ses poubelles. On l'aimait où ? Mais j'en sais rien, moi, j'ai pas
de ça.
Bon, bon, qu'est-ce qu
'il
se passe, là ? C'est la Mougie. Le gosse qui est ramené chez sa mère s'est échappé.
Qu
'est-ce que c'est que ce bine ? Passez-le-moi. Je passe le commissaire. Bon, qu'est-ce que vous avez foutu, vous ?
Ben,
bravo. Déjà que la sub nous prend pour des rigolos. Qu'est
-ce
que vous faites dans une fête foraine
?
Bon,
et
toutes les patrouilles du secteur. Et vous allez me préparer une description. Attention, le gosse, quand il est venu ce matin, il ressemblait à quoi ?
À
mon neveu. Non,
non,
c'est pas une description, ça. Cheveux bruns, yeux noirs, 10 ans, suit rouge à capuche, jean et chemise bleue à carreau. Ça vous va, ça, comme description ? Non. Quand la Mougie rentrera, dépie de monter dans mon bureau, mais immédiatement. Des colis piégés, vous êtes volontaire ? C'est bon, j'ai déjà une expulsion, une bagarre sur la voie publique, merci. Salut tout le monde.
Salut. Ça
a été de ton tir
? Ça
va.
De
toute façon, on a une chance sur 10 000 de tirer dans toute sa carrière. Moi,
j
'ai eu une chance.
T
'es partant pour détendu du camion
? UHS, c
'est un service de livraison, ça, non
?
Ouais.
On
va prévenir les destinataires.
Il n'y a
qu'à les mettre dans la réserve et puis on fera l'inventaire.
Je
suis pas ton homme de main.
Je
sais, t
'es
le meilleur tireur de l'Ouest. J'ai lancé les recherches. Médine s'en charge.
Vous
avez une photo de Manuel, madame
?
Non.
Vous
avez pas de photo de Manuel
? Mais
vous savez, il vit pas avec nous. Il est avec ma mère à Gonesse.
C
'est pour les recherches.
Madame,
vous savez si Manuel a pu aller chez des gens ou s'il
y a
un endroit qui lui est familier par ici
? Il
est jamais venu à Paris.
C
'est vous qui est lié à Gonesse
? Oui.
Enfin, quelques fois. Les autres fois,
vous
le voyez où, alors
?
Madame Chifflet, Manuel est bien votre fils
? Oui. Vous
l
'avez
pas vu depuis combien de temps
? Quatre
ans. Peut-être cinq.
Mais
je sais qu'il est bien chez ma mère. Elle me donne des nouvelles. Votre mère a la garde légale de l'enfant
? Non,
ça s'est fait comme ça.
Mais
ça se fait pas comme ça, madame Chifflet.
On
abandonne pas son enfant à sa mère sans que le juge...
Et
comme vous faites pour les autorisations légales, les inscriptions à l'école, les feuilles du sécu...
Elle
signe pour moi, c'est mieux comme ça.
Vous
avez l'adresse de votre mère ? Elle s'est peut-être trouée Manuel, elle. Madame Verdier, 26 rue de la Paix, à Gonesse. Là, elle doit être à son travail, à la poste centrale de la ville.
Pourquoi
vous ne voulez pas vous occuper de Manuel ?
J'ai... J
'ai refait ma vie, vous voyez bien. Manuel nous a dit que son père était mort.
C
'est vrai
? Oui. Elle
sait qu'elle a un grand frère
?
Non, personne ne sait ici. Quand je suis tombée enceinte de Manuel, j'avais 17 ans. Son père, 18.
On
était amoureux, on a voulu le garder. Un
enfant,
il en rêvait.
Et
puis le jour de la naissance du petit,
il
nous a abandonnés.
Abandonnés ? Il
s'est tué,
en
voiture.
Mais
c
'était... un
accident
? Il
avait 3 grammes d'alcool dans le sang.
Une
soirée entre copains pour fêter l'arrivée de son fils et il se tue.
Vous
croyez au hasard, vous ? Merci,
madame.
Non.
Au revoir.
Il aurait dû faire attention. Surtout ce jour-là.
Il
nous a abandonnés. Mais c'est pas une raison pour abandonner Manuel.
Je
savais pas qu'on pouvait être tellement malheureuses.
Je
croyais que j'allais mourir, moi aussi.
Moi,
je pouvais pas.
C
'est ma mère qui s'occupait du bébé.
Et
puis je suis montée à Paris pour travailler.
Et
j'ai rencontré Loïc.
C
'est le père des deux enfants
? C
'est un homme formidable.
Un
bon père. Responsable.
Pourquoi
vous lui dites pas ? Il comprendrait certainement.
Au
début, je voulais lui dire. J'attendais le bon moment.
Et
puis plus le temps passait, plus ça devenait difficile.
Et
puis un jour, je me suis rendu compte que c'était plus possible. T'as tort de pas vouloir le nouveau canapé du salon ? Il a des ressorts ergonomiques et super douillet.
C
'est gentil, mais c
'est
pas une question de confort. Seulement, je veux pas abuser.
C
'est votre appart, Vincent, et à toi.
T
'as pas de thune pour l'hôtel et que tu veux pas le canapé où tu vas crécher.
Ça
va pas durer encore des mois.
Ça
va bien finir par s'arranger avec Joss. Alain
? Quoi ?
Viens voir, ça fume. Merde, ça brûle, cette saloperie.
Qu
'est-ce que c'est
? C
'était quoi, cette histoire de l'idée à japonais
?
Ça sent rien.
Non,
non, déconne-toi, déconne
-toi. Ça
peut être dangereux. Madame Tine, rue Pavée, Saint-Germain en lait.
Bon, je
l'appelle tout de suite. Non, patron, le commandant Lamougier n
'est
pas encore arrivé. Vous me
l
'avez demandé il y
a
deux minutes.
P
.G. Saint-Martin, j'écoute. Alors
? Il
n'y a que huit pâtisseries qui ont loué des camionnettes frigorifiques chez Teichner aujourd'hui. On y va.
Non,
madame, les décérations de vols, on ne peut pas les faire par téléphone.
Le
voilà, votre commandant.
Ah oui. Vous
n'avez pas retrouvé le môme
? Pas
encore.
Si
je peux vous aider. Non, ça ira, merci.
Je
dis ça parce que je connais bien le quartier. Oui.
Viens,
mon commandant.
Tu
l'installes dans mon bureau, Agathe
? Non,
je
n'ai
pas le
temps.
Le patron va vous voir immédiatement. Oui,
je
sais,
oui. Il
n
'y a
pas de traces du gardien ici ? Toujours pas. Oui, bien sûr, c'est notre mission aussi. Je
vous en prie. Bonne journée, monsieur. Le
maire, premier appel. Bon, j'ai prévenu les postes du quartier. Ils mettent tous les bleus à leur disposition sur le coup.
Quand
même. Surveillez un prévenu, surtout un gosse. C'est quand même le berbat, non ? Qu'est
-ce
que je veux dire à la suite, moi ? Je
suis
désolé, commissaire Jeannien veut venir. Vous auriez dû, là, mon gil. Vous auriez dû. Alors, c'est quoi son
problème
? Il est battu ?
Non,
il n'avait pas vu sa mère depuis cinq ans. Cinq ans
? Mais
quel âge il a
?
Dix ans.
C
'est sa grand-mère qui l'élève.
Et
là, tout d'un coup, il découvre que sa mère a fait sa vie et qu'il a des sœurs. La grand-mère, vous l'avez jointe
? Agathe
a laissé à moi son bureau. D'après la mère du petit, ce serait elle qui aura envoyé Manuel à Paris. Tout seul.
On
les a obligés à se voir, je pense. Le bé, déjà, c'est crevant. Mais alors, un gamin de dix ans pour une grand-mère. Bon, vous savez que s'il arrive quoi que ce soit, ce gosse, c'est vous le responsable. Je sais. Alors, retrouvez-le. Ah, un bouche.
Je
n'appellerai pas la sub avant ce soir, alors tâchez de le retrouver avant. Et puis, si vous avez besoin de quoi que ce soit, je suis dans mon bureau. Merci,
commissaire. Quoi
pensez-vous que c'est votre mère qui envoie Manuel chez vous
? Il
vous a dit qu'elle en avait assez de s'occuper de lui.
Comment
il aurait pu avoir mon adresse ? J'ai déménagé.
Elle
me tanne depuis des mois. Il paraîtrait que Manuel aurait besoin de moi.
Tu
parles.
Il
ne me connaît pas.
Manuel
avait ça sur lui
? Ah
oui.
C
'est le colis que je lui ai envoyé pour son anniversaire.
Vous
lui avez envoyé un colis pour son anniversaire
? Oui,
chaque année.
Oui,
cet idiot.
Je
ne sais pas pourquoi,
c
'est très important pour moi ce colis.
Si
je ne le faisais pas, j'aurais l'impression...
Je
ne
sais
pas.
De
mourir, je crois.
Je
vais être obligé de faire un signalement au juge.
Qu
'est
-ce
qu'il va faire, le juge
? Il
va se tatuer sur la garde de l'enfant.
Il
vous entendra tous et il prendra sa décision.
Qui
ça, tous
? Vous,
votre compagnon
et
la grand-mère de Manuel.
Mais
pourquoi la justice se mêle de ça ?
C
'est une affaire de famille. Écoutez, Manuel a fait une fugue pour vous retrouver, vous. Ça veut dire que même s'il est très bien traité chez sa grand-mère, il a besoin de vous.
Et
vous aussi, vous avez besoin de lui.
Je
n
'ai
pas besoin de lui.
J
'ai ma famille, mon ami, mes enfants.
Et
Manuel aussi.
J'ai une
lingerie parce qu'avec toutes ces odeurs, j'ai la dalle. Capitaine,
passe
de choc, hein
? De
toute façon, ce n
'est
pas des véhicules de chez Teichner.
C
'est écrit avant 13h30, là. Rien à foutre de ta famille. Si tu ne livres pas dans la demi-heure, je perds mon client, alors tu te démerdes. Pégis, Saint-Martin.
On
voudrait savoir si vous avez loué des véhicules
de chez... Aujourd
'hui
? Aujourd
'hui, quartier des Lilas, une camionnette, 8 livraisons. D'ailleurs, il ne
devrait
pas tarder à rentrer.
Pourquoi
? Il y
a
un problème
? C
'est tout
? De
chez Teichner, c'est tout
? Oui,
une camionnette, oui. Vous cherchez quoi, vous ?
Vous
avez un planning de livraison. Guylaine, le planning des livraisons.
Vous
savez, j'ai 12 livreurs, 100 clients à livrer chaque matin, 15 fournisseurs principaux, 35 employés aux cuisines, alors je ne peux pas être partout, moi. Mais installez-vous. Voilà, asseyez-vous là.
Vous
voyez, pas une minute. Oui, Patelin. Ah, bonjour, monsieur Slimane. Écoutez, c'est en train d'être réglé, hein. Oui, je vous apporte le chèque demain. Non, non, vous n'aurez pas besoin, je vous promets, c'est fait demain. Non, mais je vous donne ma parole, j'ai le client dans le bureau, là. Il m'apporte un chèque, justement, hein. Asseyez-vous, monsieur Le Coutre. Voilà, c'est promis, hein, demain.
Allez,
au revoir.
Il
y a deux adresses, là, dans le dixième, prévues pour 9 heures, mais il n
'y a
pas le nom du livreur. Attendez, euh...
Non,
mais j'ai un livreur de malade, alors c'est les autres qui s'occupent de ces livraisons.
Et
pour le dixième, c'est Denis qui vient de partir, là. Il n'avait pas eu le temps de le faire avant.
Et
ce dollar, ce que de Rivière, c
'est
un commerçant ? Guylaine, c'est vous qui avez pris la commande, c'est qui le commerçant
? C
'est pas un commerçant, c'est un particulier. Un baptême de 150 personnes. C'est pour ça que si Denis n'arrive pas avant la fin du déjeuner...
C'est bien,
Guylaine, merci. Préparez mon courrier.
Je
continuerai tout seul. Tenez, la voilà, ma pêche, ma... Impec.
Trouvez
-moi le numéro de ce dollar,
ce
rue des Rivières. Quel gros porc, ce mec, vous avez vu, mais on peut regarder une seule fois.
Je
suis désolé, Mathieu, mais on peut pas interpeller tous les types qu
'on
trouve grossiers. Je dis pas grossier, je dis misogyne. Allô, Nadine
? C
'est pareil.
Un
fan de dollars, rue des Rivières. Toutes ces odeurs délicieuses qu'on trouve aux abords des croissanteries, c'est du pur artificiel.
Vous
voulez dire que le croissant de pur beurre qu'on le sent ? Lubérisation, c'est juste prêt.
Vous
voyez ça avec la dame blonde, pas de la photocopieuse.
La
grand-mère de Manuel Chifflet.
Je
suis venue dès que j'ai eu votre message. Vous l'avez retrouvé. Asseyez-vous. Commandant, la grand-mère de Manuel Chifflet est arrivée. Je ne comprends pas, il
ne
m'a rien dit. Ce matin, il m
'a
dit au revoir, comme d'habitude. Madame Verdier, bonjour.
Bonjour.
Commandant la Mougie.
Vous
l'avez retrouvé
?
Non, on ne l
'a
pas encore localisé.
Vous
me suivez
?
Non,
mais asseyez
-vous ici.
Vous
allez peut-être pouvoir vous aider. Est-ce que c'est vous qui avez envoyé Manuel à Paris
?
Pas tout seul, certainement pas. Mais ça devait arriver un jour ou l'autre qu'il va y voir sa mère, ce moment.
Il
y
a
un endroit particulier où Manuel aime aller
? Les
gens, des amis, je
sais
qu'il aurait pu se réfugier.
À
Paris, il ne connaît personne.
Et
à Gonesse,
il
n'a pas tellement de copains.
Quand
il a un problème
?
Normalement, quand il a un problème, il m'en parle.
On
s'entend bien. Enfin, il grandit.
Peut
-être que je ne
lui
suffis plus.
Et
sur sa mère, il vous pose des questions ? Bien sûr. Comment voulez-vous autrement
? Mais
qu'est-ce que vous voulez que je lui dise, à part qu'elle travaille trop pour le voir ? Moi, je lui ai dit à Céline. Je préférerais encore dire qu'elle est morte. Au moins, ce serait clair. Mais non, elle ne veut pas. Elle ne
veut
pas s'en occuper, mais elle ne
veut
pas non plus disparaître. Elle m'emmerde à la fin.
Quand
il n
'est
pas à l'école, il fait quoi ? Il a des loisirs.
Oui,
les jeux vidéo.
Il
passe beaucoup de temps dans un magasin où les gamins testent les nouveaux produits, comme ils disent.
Il
y
en
a plusieurs dans le quartier.
Alors,
on y va, c'est la quillette, c'est sûr. Non, non, non, attendez, attendez, attendez,
attendez. Ma
collègue va s'en occuper. Non, mais c'est mieux si c
'est
moi.
Vous
êtes gentils, madame, ma collègue va s'en occuper.
Tu
préviens le site de voiture et tu leur dis de ne pas intervenir sans moi.
Christophe, je
vais te mettre en civil, j
'ai
une mission pour toi.
Ne
vous inquiétez pas, madame, on va le retrouver.
Qu'est
-ce qu'il va se passer
? Je
veux dire,
après. Il va
y avoir une enquête sociale et puis le juge prendra sa décision.
Si
sa mère n'en veut toujours pas, il vous en confiera très certainement la garde. Le juge.
Et
pour ce soir, Manuel va devoir être passé dans un foyer. Ce soir ?
Il
va dormir dans un foyer ? Après la journée qu'il aura passé ? Madame, écoutez-moi, pour ce genre de cas, il existe ce qu'on appelle des foyers relais.
Ce
qui n'a rien à voir avec des foyers traditionnels, rassurez-vous.
Là,
au contraire, ce sont des petites structures très chaleureuses.
On
pourrait même y accompagner, il n
'y a
aucun souci.
Je
voulais vous demander, vous allez pécher ma fille, alors
?
Oui.
Elles
sont mignonnes, les petites.
Parce
qu'avec ce système de dingue, je ne
peux
pas les voir, moi.
Elles
sont très mignonnes.
Vous
avez trois beaux petits-enfants, madame Gardier.
Oui.
Madame Kine, pour le colis. Bonjour. Lieutenant Leonetti, c'est moi qui vous ai appelé. Vous avez fait vite
?
Je n'étais pas loin.
En
tout cas, merci. Je l'attendais hier, ce colis. J'avais téléphoné à UHS, il n'en avait pas la trace. Je commençais à me faire du souci.
C
'est-à-dire qu'on a eu un petit problème avec le colis ? Oui, je sais, il a été volé. C'est pour ça que vous m'avez appelé. C'est surtout qu'il était ouvert.
Vous
allez voir.
Je
ne
me sens
plus dans la zotte. C'est arrivé quand
? Tout
à l'heure, quand je vous ai appelé. Je dois le faire dans les deux heures, maintenant.
Cette
heure-ci, même en taxi, je n'arriverai pas à la maison.
On
est désolés. C'était ouvert, on a regardé. On a vu une fumée blanche. Ça nous a échappé.
Vous
savez combien ça coûte
?
Non. 5 000 dollars. 5 000 dollars ? C'est quoi
? Du
sperme ?
Mon
mari est stéril.
Et
il a 50 ans passé. Votre loi est absurde. Maintenant, avec la médecine moderne, même une femme peut faire des enfants jusqu'à 60 ans. Mais c'est très difficile d'adopter après la cinquantaine. Alors, j'ai commandé du sperme par Internet.
Je
dois l'utiliser le jour où je suis le plus féconde. C'est-à-dire aujourd'hui.
Il
se trouve que le conteneur est chez vous et que vos collègues l'ont ouvert. Mais,
on
peut acheter ça
? C
'est légal, ça
?
Ben oui. On choisit le donneur. Le nôtre est en parfaite santé. Il est blanc. Il a étudié à Harvard.
C
'est en train de décongeler. J'habite assez loin. Je ne sais même pas si j
'ai
le temps d'arriver. Je ne pourrais pas faire ça ici
?
Ici
?
Oh, ne vous inquiétez pas. Je sais comment faire. Je dois juste rester allongée deux heures.
Il
n
'y a
pas,
je
ne
sais
pas, un endroit calme ? Un salle de repos
? Une
salle de repos ? Écoutez, je ne préférerais pas.
Je
vous en prie.
Je
veux un bébé. Attendez, attendez.
Je
cherche une solution, là. Olivier, à cheval
!
Vain, crue, pas bien, si jamais ! En l'air, fissa, fissa !
Merci !
Transport de sperme.
Moi,
je ne
suis
pas stérile et je n'aurai jamais de nom.
Tu
peux toujours faire un don.
C
'est un super geste et en plus, ça resservisse. Je ne
peux
pas faire un don.
Je
veux un gosse à moi, à aimer, à élever. Je vais être utile à quelqu'un.
Vous
n'avez pas encore mangé, vous
?
Je bosse, moi. Je devrais essayer. C'est utile et ça fait du bien. Merci. Toujours laisser sauder.
Un
baptême de 150 personnes, ça fait trop de bruit. Personne n'entend. Tiens, c'est la 62. Roger et fils.
C
'est le dernier de la liste. J'espère que c'est lui qui a la Téchner.
Oui,
j'en ai une.
Mais
non, je ne
peux
pas vous la montrer et je l'ai prêté.
Pourquoi
vous les louez si c'est pour les prêter
? Je
la loue à l'année, ça me revient moins cher. Et comme c
'est
l'anniversaire du petit, aujourd'hui on ferme. Un an.
Je
suis grand-père d'un grand garçon de un an.
Je
suis en retard, je viens de refaire le glaçage du gâteau. Il n'était pas parfait. Pour la voiture de location
? Ah
oui, pardon.
Je
l
'ai
prêté à mon beau-frère. Il est dans la boulange, lui aussi. Et justement, aujourd'hui, ça l'a rangé. Comment il s'appelle
?
Arthur. Arthur Roger.
C
'est joli,
non
? Très. Mais nous, on voudrait le nom de votre beau-frère. Ah, Patelin.
Le
patelin de la rue des Mésanges
?
Vous le connaissez
?
Merci, monsieur.
Et
des gardiens ont des pièges et des démons. Et t'as déjà réussi, toi
? Je crois
que ta mère t'aime pas, Manuel
?
Et à ta place, je penserais sûrement la même chose. Mais je pense que tu te trompes. Tu sais, c'est pas de ta faute à toi si ta mère, elle peut pas s'occuper de toi.
Quand
ton papa est mort, elle était trop malheureuse, elle pouvait pas. Et après ? Elle pouvait pas après ?
Après,
c'était difficile. Ça veut pas dire qu'elle t'aime pas. Ouais,
c
'est ça. Oh, Manuel, à toi
! C'est
sûr, c'est pas comme tu voudrais, mais elle t'aime quand même à sa façon. La preuve, c
'est
qu'elle t'envoie toujours quelque chose pour ton anniversaire. Mais j'en ai rien à foutre de ces cadeaux.
C'est
ta grand-mère qui t'aime beaucoup aussi, Manuel.
Elle
le savait, elle aussi. Pourquoi elle a menti ? Parce que pour elle aussi, Manuel, c'est pas vide à comprendre comment ta mère peut t'aimer.
Elle
est au commissariat,
elle
t'attend.
On
va finir la partie, puis on y va.
Tu crois
pas
? Ouais,
elle est avec Florence. Agape, tu la préviens, tu lui dis que j'arrivais. Manuel est arrivé, il est avec votre mère.
C
'est bien, comme ça.
Je
vais pouvoir y aller, alors.
Vous
voulez pas le voir
? Je
préfère la paix. Mais lui, il a fait tout ça pour vous voir. Excusez-moi, mais je dois récupérer mes filles.
Comme
vous voudrez. Le juge va vous convoquer très vite. Demain, peut-être.
Vous
et votre compagnon,
vous
devriez lui parler ce soir. Je sais.
Que
j'ai eu un gosse, il comprendra.
Mais
que j'envoie pas,
ça
va être plus difficile à expliquer.
Vous
pouvez pas comprendre.
Non. Il
me fait trop penser à son père.
Et
son
père... Son
père, faut que je l'oublie.
Vous
comprenez
? Faut
que je l'oublie.
C
'est un foyer avec chacun sa chambre.
Tu
verras,
c
'est bien. Mais tu vas dormir où
?
T'inquiète pas, tu seras bientôt à la maison. Mais à moins que sa mère ne veuille le reprendre.
Ma
mère, elle est morte. Tu peux décider ça si tu veux, Manuel. Ce qui est important, c'est qu'au fond de toi, tu saches la vérité. Réussi à bosser
?
En fait, j'ai eu un empêchement aujourd'hui. Mais je le sens bien de ma j'mico, là.
Alors
c'est bon pour ce soir ? Ben... Tu m'aimes plus ? Ma mise me délaisse ?
C
'est que j'ai pas réussi à faire garder ma gamine.
Ah,
t'as une gamine
? Ouais. Elle
s'appelle Ninon, elle a 16 mois. 17 mois ? Mais c'est un bébé.
Tu
sais, avant d'être grand, on est souvent bébé. Pourquoi
? Ça
te pose un problème ?
Non,
non, mais... C'est juste que... C
'est
une surprise, quoi. Je voulais réserver dans un petit resto chez des potes à Belleville, là. Avec un bébé, alors...
Ben,
on peut quand même dîner ensemble.
T
'as qu'à venir à la maison et se couche-toi, tu sais. Après, on aura tout le temps. Ouais, mais y a mes potes et...
Enfin,
si tu veux, on peut leur porter, non
? T
'es fatigué pas. Je comprends parfaitement. Salut. Bon, Fainadine, excuse-moi, mais...
Pourquoi
tu m'as rien dit ?
Parce
que je pensais que si t'aimais bien la mère, t'aimerais bien la fille aussi. Mais je me suis trompée. T
'es
qu'un pauvre mec qui se lagenoue les artistes. Les bébés, non, les livres, oui.
Eh
ben,
mon
pote, si tu comptes sur tes bouquins pour tenir ce l'hiver, bon courage. Allez, dégage ! Tu me fais honte.
On
va le toucher, c'est un légume. Sauf dans la tête où il sera toujours un futur papa géologue. Patelin, je vais te le faire tomber pour faux témoignages.
On
peut le citer, si ça se trouve. Hé, capitaine, gardez la camionnette, c'est la bonne.
Bon,
allez, on les cueille lui et le chauffeur et on les défaire vite fait.
Qu
'est-ce qui se passe
? Oh,
vous êtes déjà là ? C'est l'intérimaire, le livreur. Calmez-vous. Qui veut tuer qui ? L'intérimaire, il veut tuer M. Patelin. L'intérimaire, c'est celui qui conduit la camionnette d'or ? Oui, il a eu un front navire. Ils se sont battus, il a résisté. Faut y aller vite.
Je
croyais que vous n'aviez pas d'autres camérites de location. Mais si, mais le chauffeur est au noir. C'est pas une raison pour le laisser tuer le patron.
Ils
sont où
?
Enfermés dans son bureau. Il a un cutter. Il dit qu'il va égorger M. Patelin. Déjà qu'il a eu une attaque il y a six mois. Bon, Mathieu, vous montez par le monté. Vous racontez n'importe quoi, mais vous le calmez. Vous vous arrangerez pour le mettre dos à l'infmètre. Olivier Joseph.
M.
Joseph, je suis de la police, mais je suis là pour vous aider. Restez où vous êtes
! Qu
'est-ce qui se passe ?
Je
suis sûre que vous avez une bonne raison pour vous mettre en colère. Alors racontez-moi. Il est dur, injuste, et il veut vous virer, c'est ça
? Ça
fait deux ans. Deux ans qu
'il
me fait bosser au noir. Il me fait trimer comme un malade et qu
'il
me prenait un contrat. Solution pour régler vos problèmes.
Je
dis pas le contraire, mais... Voilà, vous aussi, vous aurez votre vie gâchée.
Pour
les conditions de travail, l'inspection vous donnera certainement raison.
Ce qu
'il a fait avec moi, ça s'appelle comment ?
L
'escavage, ça aussi, c'est puni par la loi. Il y
a
que les petits qui vont en tôle.
Il
y en a marre de se dire merde. Il
m
'en fout de crever. Il sera puni par la loi pour ce qu'il vous a fait.
On
va éplucher ses comptes et tout, et il est en prison.
Tout
ce que vous savez.
Il
nous oblige à se pider comme des malades.
C
'est un monstre. Il n
'y a
que le fric qui l'intéresse. Notre vie s'en fout.
Il
y
a
un collègue qui s'est tué il
y
a un mois.
C
'est de sa faute.
Il
n
'a
pas le droit de me jeter comme ça.
Il
n
'y
en a pas d'autres pour se faire entendre dans ce foutu pays. On a du bêtard. Et de dire qu'il a fait tout ça pour rien.
Il est
en cellule. Doucement,
c'est quand
même moi la victime là-dedans. À d'autres. Dissimulation de preuves, travail au noir. Ça, ma petite dame, c'est dans toutes les entreprises pareilles. Qu'est-ce que vous croyez ? Si on veut survivre... Je vais vous calmer. D'abord, je ne
suis
pas votre petite dame. Et pour le reste, c
'est
le juge qui verra.
On
est
à
l'hôpital
? Non,
non, c'est juste une estafilade.
Mais
voyez que pourrait pour qu'il s'occupe de la garde à vue.
Et
merci, Mathieu.
Vous
avez été formidable.
C
'est quand même profond.
Tu
ferais peut-être des points de futur. Non, non, ça va aller. Merci, tu t'es occupé de moi comme une grande soeur. J'ai chié, Bernard. J'en ai marre de devoir faire la gueule.
Tu
ne bouges plus, même pour le boulot. J'en ai marre, moi, de te tirer comme un boulet.
Je
n'y arrive pas. C'est Mathilde.
Elle
est partout. Elle prend toute la place. Elle m'empoisonne.
Je
pense qu'à elle. Prends ta veste, on va faire un tour.
Tu
m'emmènes où
? Tu
vas voir. Pourquoi on est là
? Parce
que Mathilde est morte, Bernard.
Je
sais bien qu'elle est morte.
Je
n'arrête pas de penser à ce qu'elle a souffert.
Il
faut savoir lâcher sa douleur pour laisser l'autre partir. Alors tu ne t'accroches pas,
et
tu laisses autant la permission de passer.
Puis
un jour, tu verras, ça s'arrêtera tout seul.
Un
jour, tu te rendras compte que tu n
'y
as pas pensé de la journée.
Depuis
toute la semaine.
Allez,
reste avec nous, mon pote.
Moi,
j'ai besoin de toi, tu sais. Merci.
Merci. Merci.