Marine Le Pen au 20h de TF1 : le débrief de Patrick Cohen et Alain Duhamel
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
On ne se refait pas. Y.Boisset avait un grand talent de cinéaste vertébré. - A.-E.Lemoine: Merci pour cet hommage à Y.Boisset.
Tout de suite, le Débrief de P.Cohen. Vous avez donc suivi l'interview de M.Le Pen qui réagissait à la condamnation Prononcée ce matin par le tribunal judiciaire de Paris. - P.Cohen: D'abord, une image, M.Le Pen comme on ne l'a jamais vue à la télévision.
Elle a le sourire facile. Là, elle est apparue les bras croisés, le visage fermé, les yeux humides. Je ne l'avais jamais vue comme ça à la télévision.
C'est la première image qu'elle a donnée en ouverture du "20h". Pourquoi a-t-elle quitté la salle d'audience ce matin? "Parce que j'avais compris que le tribunal rendait une décision politique.
Il s'agissait de m'empêcher de me présenter et d'être élue à l'élection présidentielle. Ce qui a été annoncé ce matin est contraire à l'Etat de droit. Un certain nombre de magistrats n'ont pas besoin de consignes." Elle a dit qu'elle allait faire appel. "Des millions de Français sont indignés par cette pratique réservée à un régime autoritaire", selon elle.
Elle a dit qu'on se souviendrait longtemps de ce jour funeste pour la démocratie. - "Je ne veux pas que M.Le Pen puisse être élue présidente de la République." Rendez-vous compte, ce jour funeste.
Ce lundi 31 mars 2025, le jour funeste que cela peut être pour notre démocratie et notre pays, où des millions de Français vont être privés, par un juge de première instance, sans recours possible, de la candidate qui est aujourd'hui donnée comme étant la favorite de l'élection présidentielle. - P.Cohen: C'est un propos qui était largement centré sur sa propre victimisation davantage que sur sa contre-attaque.
G.Bouleau a dû s'y reprendre à plusieurs reprises pour savoir ce qu'elle demandait. Est-ce qu'elle demande à la justice d'accélérer la procédure d'appel pour que l'affaire puisse être soldée avant la présidentielle?
Elle a fini par dire qu'il fallait que la justice se hâte, mais à la 3e relance. Elle a dit qu'elle n'avait pas confiance d'une manière générale dans les juges à qui elle doit faire face. "Il est possible qu'ils se trompent à nouveau en appel." S'il y a appel mais sans exécution de la peine d'inéligibilité, elle sera candidate de la même façon, même si elle est reconnue coupable de détournement de fonds, mais sans être empêchée par l'inéligibilité.
Oui, elle sera candidate à l'élection présidentielle. Et concernant J.Bardella? "C'est un atout formidable pour le mouvement, mais j'espère que nous n'aurons pas à user de cet atout plus tôt que nécessaire." C'est une façon claire de dire que ce n'est pas pour tout de suite. - A.Duhamel: Ca peut attendre. - A.-E.Lemoine: Ce n'est pas inenvisageable. - P.Cohen: C'est le contraire.
L'heure de son règne n'est pas venue. - A.Duhamel: Chacun son tour. - P.Cohen: La rumeur a couru que c'était possible.
Va-t-elle demander une grâce à E.Macron? Elle a répondu que non. "Pour qu'il y ait une grâce, il faut que la décision soit définitive." Elle a répondu en juriste.
On lui a demandé si elle pouvait être Première ministre d'un J.Bardella président. Elle a balayé cela.
Elle a terminé par une citation tronquée du général de Gaulle. "La Cour suprême, c'est le peuple." Un jour, je vous expliquerai pourquoi ça n'a rien à voir avec le sujet et pourquoi le général de Gaulle a répondu cette phrase sans mettre en cause l'Etat de droit et les instances supérieures qui sont chargées de le faire respecter. - A.-E.Lemoine: Ce qu'on peut retenir des 2 images de la journée...
M.Le Pen, fermée, les yeux humides au "20h", ou M.Le Pen quittant le tribunal ce matin avant l'énoncé de sa condamnation, ça veut dire quoi?
Elle est sonnée? Elle n'avait pas anticipé une telle décision de justice? - A.Duhamel: Elle pensait vraiment qu'il n'y aurait pas d'exécution immédiate.
Mais j'ai l'impression qu'elle est sortie décidée à se bagarrer autant qu'elle va pouvoir sur un plan politique. Est-ce qu'il y aura des manifestations? J'espère que pas trop.
Ce qui serait vraiment souhaitable, ce serait que l'appel puisse se résoudre le plus vite possible. Un procureur général a quand même la possibilité de s'arranger, surtout quand il s'agit de quelque chose d'aussi spectaculaire et d'intérêt public, pour que ça se fasse dans les 15 mois. A ce moment-là, il y aura un jugement définitif et on saura si elle est autorisée... - A.-E.Lemoine: Un pourvoi en cassation est prévu? - P.Cohen: Une information m'a été donnée par un ancien magistrat qui connaît les procédures.
Il me dit que c'est possible, à partir de décembre 2025, d'audiencer...
Compte tenu du délibéré, ça permettrait d'avoir l'affaire purgée avant un éventuel pourvoi en cassation à un an de l'échéance présidentielle. - A.Duhamel: Donc avec une campagne possible. - M.Bouhafsi: Les électeurs de M.Le Pen penseront la même chose, que cette élection leur a été volée quand même, même s'il y a une confirmation en appel? - A.Duhamel: Je ne veux pas préjuger l'appel.
Mais si elle obtenait la possibilité de se présenter, tous ceux qui la suivent... - A.-E.Lemoine: Condamnée ou pas condamnée? - A.Duhamel: Il y a 2 catégories.
Ceux qui représentent 85 % de son électorat sont acquis, protestataires. Et puis, il y a 15 % qui sont plus mesurés, plus modérés, plus bourgeois, plus hésitants. C'est sur ceux-là que la différence peut se faire. - A.-E.Lemoine: J.Bardella est un atout à qui on fera appel plus tard?
Imaginons que M.Le Pen ne puisse pas se présenter à l'élection présidentielle. Est-ce que J.Bardella est un candidat sérieux pour le RN? - A.Duhamel: Ce serait leur candidat, évidemment.
Il est populaire. Aussi populaire que M.Le Pen.
Il fait moins peur à ses adversaires que M.Le Pen. Quand on voyait M.Le Pen là, on se disait que c'était quand même une combattante à prendre en considération.
Il est populaire auprès de catégories un peu différentes. Il est plus populaire auprès des jeunes et des cadres. - A.-E.Lemoine: Ce ne serait pas forcément une catastrophe? - A.Duhamel: Non.
Il y aurait une question, évidemment. Est-ce qu'on élit président quelqu'un qui n'a jamais exercé de pouvoir nulle part en dehors de son parti? - A.-E.Lemoine: E.Macron, 2017. - A.Duhamel: Mais il était plus âgé.
Il a été ministre avant. Il a appartenu à toute la formation classique, à la filière classique. - A.-E.Lemoine: L'ENA... - A.Duhamel: Ce serait un point d'interrogation. - P.Cohen: Il a montré ses fragilités Quand il proclame que les candidats, au RN, à l'avenir, auront un casier judiciaire vierge et n'auront aucune condamnation.
Il se retrouve surpris parce que M.Switek lui demande si c'est valable pour M.Le Pen pour la présidentielle. - A.Duhamel: Il est encore jeune.
Il doit apprendre. Il aura appris beaucoup de choses aujourd'hui, y compris sur ce que M.Le Pen pense de lui. - A.-E.Lemoine: Elle n'est pas pressée de le voir arriver au plus haut niveau.
Vous craignez des manifestations. Y aura-t-il aussi des vengeances possibles du RN, qui appuiera sur le bouton de la censure plus vite que prévu? - A.Duhamel: Ca a été amorcé avant, au moment où ils essayaient de faire pression sur le climat.
Je ne vois pas l'intérêt qu'ils auraient, à court terme, à provoquer une instabilité. Ca ne change rien jusqu'au moment où la dissolution est possible. Elle perdrait son siège, la présidence de son groupe et son rôle de porte-parole.
Paradoxalement, la succession de la peine pour N.Sarkozy et de celle pour M.Le Pen aujourd'hui, ça peut aider F.Bayrou à durer plus qu'on ne l'imaginait quand il est entré à l'hôtel de Matignon. - A.-E.Lemoine: Jusqu'à quand? 2027? - A.Duhamel: Je ne l'exclus pas, mais au moins jusqu'à la fin de l'année.
Ce serait déjà infiniment plus que ce que nous prévoyions tous quand il est entré. - A.-E.Lemoine: Une image d'archives, Mohamed. - M.Bouhafsi: On a retrouvé des images qui résonnent particulièrement avec ce qui se passe.
En 1998, J.-M.Le Pen est condamné à 2 ans d'inéligibilité après avoir agressé une élue socialiste, soutenu par tout un parti qui avait organisé une manifestation de soutien à Versailles. - Pour les partisans de J.-M.Le Pen, ce procès est digne des Soviétiques.
Une bonne occasion pour stigmatiser les persécutions dont il s'estime victime. Selon eux, ce procès est une parodie de justice et leurs droits n'ont pas été respectés. Après la thèse du complot viennent avertissements et menaces. - J.-M.Le Pen: Messieurs du gouvernement, n'abusez pas des institutions.
Il est dangereux de se servir de la justice illégalement et illégitimement contre le peuple. - M.Bouhafsi: 3 ans après, il accédait au 2e tour de l'élection présidentielle.
Son inéligibilité prive certainement sa fille de l'élection en 2027. On attend l'appel, s'il a lieu avant 2027. Pourquoi pas 2032 pour M.Le Pen, ou bien c'est terminé pour elle?
Elle aura 64 ans. - A.Duhamel: Dans la famille Le Pen, ce n'est jamais fini.
Ils ont un rapport particulier avec l'autorité, la leur, et avec le pouvoir, celui des autres. Ce sont des tempéraments hors normes. J.-M.Le Pen, je l'ai bien connu.
Je l'ai beaucoup observé. Il y avait une espèce de force et d'appétit de se battre alors même que ses chances de gagner étaient considérées comme marginales, ce qui n'est pas le cas de M.Le Pen.
Ce qui m'a frappé le plus de la journée...
Contrairement à Patrick, je n'ai pas vu toute l'interview,
Marine Le Pen