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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 23 février 2024 25 min

Agriculture : "Il est souhaitable que la FNSEA participe au débat", selon Jean-Noël Barrot

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Jean-Noël Barraud. Bonjour. Le président de la République, Emmanuel Macron, veut un grand débat au Salon de l'agriculture, demain, pour tenter de sortir par le haut de la crise agricole que connaît notre pays. Les syndicats agricoles, les agro-industriels, des associations écologistes autour de la table et l'invitation au collectif Les Soulèvements de la Terre à froisser, notamment la FNSEA, qui l'a vue comme une provocation inacceptable, qui affirme toujours encore ce matin qu'il ne se rendra pas ce syndicat à ce débat à cause de cette invitation. C'est la FNSEA qui décide de qui peut débattre ou pas autour du président ?

0:38
Jean-noël Barrot

Dans les grandes crises qui ont traversé le pays ces dernières années, le président a inventé une méthode nouvelle à laquelle aucun de ses prédécesseurs ne s'était risqué. Plutôt que de rester retranché à l'Elysée et de regarder tout cela depuis sa fenêtre, il est allé au contact en invitant tous les protagonistes, toutes les parties prenantes de ces crises à échanger et à dialoguer. C'est la méthode du grand débat. C'est ce qu'il a souhaité organiser au Salon de l'agriculture en conviant effectivement toutes les parties prenantes, les agriculteurs, les agro-industriels, la grande distribution et les associations environnementales.

Les soulèvements de la Terre ne sont plus invités à ce débat et donc les conditions sont réunies pour qu'ils puissent se tenir dans les meilleures conditions.

1:20
Invité

Sauf que la FNSEA, c'est son secrétaire général ce matin qui l'a dit sur France Info, refuse pour l'instant de venir à ce débat. Est-ce que vous les appelez à revoir leur position ?

1:30
Jean-noël Barrot

Dans la mesure où les soulèvements de la Terre ne sont plus invités, je crois qu'il serait souhaitable que la FNSEA, même si je comprends sa réaction, puisse participer aux côtés de tous les autres acteurs à ce débat, qui a le mérite de confronter les points de vue, de permettre à chacun de mesurer les contraintes qui s'exercent au quotidien sur les agriculteurs et d'éviter de s'invectiver par médias interposés ou de se retrancher dans des comportements d'affrontement.

1:56
Présentateur

C'était vraiment une erreur de les inviter, les soulèvements de la Terre ?

1:59
Jean-noël Barrot

Vous savez, les soulèvements de la Terre, nous les combattons sur le plan idéologique, nous dénonçons leur méthode d'intervention. Juridiques aussi, puisqu'il était question de les dissoudre. Nous avons souhaité les dissoudre. La justice en a décidé autrement. On ne peut pas être d'accord avec la justice quand elle est d'accord avec nous et en désaccord quand c'est l'inverse. Et donc, l'invitation large qui a été faite...

2:20
Présentateur

On peut dire qu'on s'y perd, en fait, parce que si vous avez voulu dissoudre ce collectif et qu'il est ensuite invité à la table d'un grand débat, ça prend du mal à vous suivre.

2:26
Jean-noël Barrot

Nous avons voulu le dissoudre. La justice en a décidé autrement. Le principe d'un grand débat, c'est qu'on invite tout le monde. Je le répète, les soulèvements de la Terre ne sont plus invités. Les conditions sont donc réunies pour un débat apaisé.

2:39
Invité

Mais quand même, Jean-Noël Barraud, vous parliez, Gérald Darmanin parlait d'éco-terrorisme. On aurait donc pu imaginer le président que son ministre de l'Intérieur nomme éco-terroriste.

2:50
Jean-noël Barrot

Les soulèvements de la Terre, je l'ai dit, nous dénonçons leur idéologie et nous condamnons leur méthode. Comment peut-on faire dans un pays qui se fracture sur un sujet comme celui de l'agriculture, comme sur d'autres, pour restaurer l'unité dont le président de la République est garant ? Eh bien, c'est en mettant ces messieurs et ces dames des soulèvements de la Terre face aux agriculteurs qui sont leurs compatriotes, qui sont des Français qui, chaque jour, se battent pour faire leur métier et résister à tout un tas de contrats qui s'exercent sur eux. C'est en confrontant les positions clivées qu'on arrive, par le dialogue, à trouver l'apaisement.

Et donc, l'intention qui était celle du président de la République est évidemment une intention

3:33
Présentateur

tout à fait louable. Et une dernière question sur ce grand débat demain. Est-ce que vous pensez que les agriculteurs ont des choses à dire à Emmanuel Macron qu'ils n'ont pas encore dites ? Et inversement, est-ce qu'Emmanuel Macron a des choses à dire qu'il n'a pas encore dites ?

3:45
Jean-noël Barrot

Le président de la République, il aura l'occasion de s'exprimer demain. Je ne vais pas le faire avant lui. Les agriculteurs... On peut s'attendre

3:53
Présentateur

à des annonces.

3:54
Jean-noël Barrot

Ce que je constate, c'est que le Premier ministre, le ministre de l'Agriculture, ont présenté ces dernières semaines un ensemble de mesures totalement inédites pour le monde agricole. avec la protection du revenu et des retraites, avec la simplification, avec l'abandon de la hausse du GNR, avec le travail saisonnier. Jamais un gouvernement n'avait fait autant en si peu de temps. Il faut désormais que toutes ces mesures se mettent en œuvre. Un grand nombre d'entre elles ont d'ores et déjà été engagées, le Premier ministre l'a rappelé. Ce grand débat sera l'occasion de revenir sur l'ensemble de ces annonces.

4:30
Invité

Donc les agriculteurs n'ont aucune raison de mal accueillir Emmanuel Macron potentiellement.

4:35
Jean-noël Barrot

En tout cas, de refuser une invitation au dialogue, je trouve que ce serait dommage.

4:40
Présentateur

Après la dérégation des jachères qui s'est passée au niveau européen, notamment, parce que c'est là que ça se passe et que c'est votre portefeuille de ministre chargé de l'Europe, il y a eu des annonces hier par Bruxelles, notamment sur la simplification. Marc Fénaud, le ministre de l'Agriculture, va s'y rendre à nouveau la semaine prochaine. Est-ce que vous dites aux agriculteurs, Bruxelles va être au rendez-vous, on va obtenir ce qu'on espère ?

5:05
Jean-noël Barrot

Bien sûr.

5:05
Présentateur

Vous êtes sûr ?

5:06
Jean-noël Barrot

Ce dont je suis sûr, c'est que nous avons, depuis 5 ans, fait changer l'Europe. Nous lui avons fait prendre un certain nombre de virages et en particulier celui de l'écologie, avec ce pacte vert dont on parle beaucoup ces derniers temps, qui va nous permettre, à travers un certain nombre de règlements et de directives, d'atteindre l'objectif de la neutralité carbone à l'horizon 2050. Ceci étant dit, aucune transition ne peut se faire contre les peuples. Une transition ne peut être réussie que si elle repose sur la justice.

Et c'est la raison pour laquelle la France, le Premier ministre, le ministre de l'Agriculture, ont exigé, de la part de l'Europe et de Bruxelles, de prendre des mesures en réponse aux cris de détresse des agriculteurs auxquels nous ne pouvions rester sourds. Il y a la question déjà chère. Il y a question des mesures de sauvegarde contre l'arrivée massive et parfois désordonnée de produits ukrainiens qui menaçaient de déstabiliser l'agriculture française.

Et puis, ces mesures de simplification qui ont été annoncées hier par la Commission européenne qui vont permettre notamment face à des catastrophes agricoles ou face à des catastrophes naturelles comme des séismes ou des inondations de débloquer beaucoup plus rapidement les aides européennes.

6:19
Invité

Mais justement, à l'aune de ce que vous venez de dire, de ce que vous venez d'énumérer, est-ce que vous considérez que dans cette crise, jusqu'ici, l'Europe a fait le job ? Est-ce que la France considère que l'Europe a fait le job ?

6:29
Jean-noël Barrot

L'Europe, pour l'agriculture, fait évidemment le job. L'agriculture, c'est le premier budget européen et la France en est le premier bénéficiaire. C'est 9 milliards d'euros pour 450 000 agriculteurs en France. Est-ce que l'Europe fait tout parfaitement ? Non ! Personne n'est parfait. Et lorsqu'il y a des problèmes, la France sait se faire entendre. En tout cas, la France du président de la République est la majorité présidentielle. C'est ainsi qu'en quelques semaines, nous avons obtenu des inflexions majeures sur des mesures de politique agricole.

7:00
Invité

Jules parlait de ce que va demander et négocier encore le ministre de l'Agriculture lundi à Bruxelles. Est-ce qu'il y a d'autres points encore sur lesquels, peut-être des points de simplification, sur lesquels vous voulez, la France voudrait aller un petit peu plus loin ? On voudrait que l'Europe aille plus loin ?

7:16
Jean-noël Barrot

Bien sûr. Il y a la question de l'accueil, si l'on peut dire, sur les marchés européens des produits ukrainiens qui est légitime parce que cela fait partie du soutien que nous devons au peuple ukrainien. C'est légitime,

7:30
Présentateur

mais vous voulez durcir la vie, ce qui en est moins qui arrive sur le marché français ?

7:33
Jean-noël Barrot

Pas de manière générale, mais en regardant point par point, on ne peut pas déstabiliser ou menacer certains pans de l'agriculture française. Il faut le faire de manière ordonnée.

7:44
Présentateur

Deux ans de guerre en Ukraine, on entre dans la troisième année demain, vous en tant que ministre chargé de l'Europe, vous ne dites pas qu'il y a un peu de symbole aussi là-dedans de demander ça en ce moment ?

7:50
Jean-noël Barrot

Je pense qu'on y reviendra. Le soutien de la France et de l'Europe est massif et va continuer à l'être dans la durée pour l'Ukraine. Mais pour que ce soutien reste massif et dans la durée, il faut évidemment qu'il soit compatible avec l'exercice de l'agriculture dans certains domaines qui ont pu être perturbés puisque l'Ukraine est une grande puissance agricole. Et puis ensuite, évidemment, sur la mise en œuvre d'un certain nombre d'obligations à l'horizon, celles qui sont issues du pacte vert, il y a sans doute des ajustements à faire. Comme je le disais, personne n'est parfait.

Nous avons été extrêmement ambitieux sur un certain nombre de sujets, mais il faut que tout cela reste acceptable, qu'il y ait une forme de justice et c'est ce à quoi le ministre de l'Agriculture va veiller.

8:30
Présentateur

On va continuer à détailler cela, notamment les accords de libre-échange internationaux et inter-régionaux. Ce sera juste après le Fil Info, 8h41, Sophie Echen.

8:39
Invité

L'imam Majou Majoubi a été expulsé vers la Tunisie cette nuit, moins de 12 heures après son interpellation et 4 jours seulement après le début de la polémique sur ses prêches radicaux. Son expulsion n'aurait pas été aussi rapide sans la loi immigration, se félicite Gérald Darmanin. A la veille des deux ans de l'invasion russe de l'Ukraine, Vladimir Poutine salue ce matin les héros qui combattent dans le pays. Le président russe se félicite aussi de la hausse de la production et de la livraison d'armes à ses troupes. Il y a quelques heures de nouvelles frappes russes ont fait au moins trois morts à Odessa dans le sud de l'Ukraine.

Les insultes et bagarres dans les cours d'école et même les agressions sont en hausse. Dans son rapport annuel, le ministère de l'Éducation nationale note près de 14 incidents graves pour 1000 élèves l'an dernier contre un peu plus de 12 pour 1000 élèves l'année précédente des mauvais comportements au collège principalement. La 49ème cérémonie des Césars ce soir dans un contexte de révélation et de libération de la parole sur les violences sexuelles dans le cinéma. Le règne animal et Anatomie d'une chute partent favoris avec 12 nominations pour le premier et 11 pour le second.

9:42
Présentateur

France Info

9:43
Invité

Le 8.30 France Info Adrien Bec Jules Dequisse Et Jean-Noël Barraud le ministre délégué chargé de l'Europe Parmi les inquiétudes des agriculteurs il y a notamment les traités de libre-échange et singulièrement celui avec les pays du Mercosur Alors on rappelle que dans les pays du Mercosur il y a deux grosses puissances agricoles le Brésil et l'Argentine Emmanuel Macron a confirmé l'arrêt des négociations arrêt donc en raison de l'opposition de la France Est-ce que cet accord il est enterré ?

10:11
Jean-noël Barrot

Ce qui est clair le président de la République l'a rappelé vous l'avez dit c'est que le traité avec les pays du Mercosur ne peut pas être signé en l'état Est-ce que nous sommes opposés à tous les accords de commerce par principe ? Évidemment que non Prenez le traité d'échange avec le Canada le CETA Ce que nous constatons c'est qu'à la suite de son adoption les exportations agricoles de la France vers le Canada ont augmenté de 50% Donc évidemment que le commerce est une chance pour l'agriculture française En revanche s'agissant du traité du Mercosur qui a été négocié il y a 20 ans il n'est pas acceptable

10:52
Invité

en l'état Mais qu'est-ce que vous demandez qu'est-ce que la France demande pour que cet accord puisse un jour être signé ? On ne va peut-être pas attendre que le Brésil et l'Argentine aient exactement les mêmes normes que nous ou c'est ça l'idée ?

11:02
Jean-noël Barrot

Le président de la République lorsqu'il est arrivé en 2017 a insufflé une idée nouvelle en Europe qui consiste à dire que la force de notre marché intérieur de nos 450 millions de consommateurs doit être mis au service d'une nouvelle génération d'accords commerciaux qui incluent les objectifs climatiques qui sont les nôtres ceux de l'accord de Paris qui incluent des mesures miroirs qui incluent aussi une dimension politique et stratégique Cela faisait défaut à l'accord négocié il y a 20 ans avec les pays du Mercosur et c'est cela qui devra être pris en compte

11:35
Invité

C'est-à-dire avoir des mesures d'une forme de réciprocité

11:39
Présentateur

De réciprocité

11:40
Jean-noël Barrot

Absolument La fin de la naïveté

11:41
Présentateur

Et où est-ce que nous en sommes Jean-Noël Barraud de cette idée d'une force européenne de contrôle sur les produits importés c'est évidemment très important aux yeux des agriculteurs français idée lancée par Gabriel Attal le Premier ministre

11:52
Jean-noël Barrot

Où on en est ?

Je vous remercie de poser la question parce que j'entends beaucoup d'observateurs et de commentateurs nous dire ces derniers temps Oh vous avez attendu les manifestations agricoles pour agir et je veux rappeler que 6 mois après la première élection d'Emmanuel Macron en 2017 le gouvernement déposait un projet de loi pour protéger la rémunération des agriculteurs c'est ce qu'on appelle égalime pour leur donner du poids dans les négociations Ça n'a pas empêché la crise en l'occurrence Ça n'a pas empêché la crise mais essayez d'imaginer dans quelle situation nous nous trouverions aujourd'hui si nous n'avions pas adopté cette première loi dès 2018 suivie d'une deuxième loi en 2021 Elle est contournée cette loi Jean-Noël Barraud Alors est-ce qu'elle est parfaite cette loi ?

Effectivement non

12:33
Invité

Les négociations se font ailleurs en Europe

12:35
Jean-noël Barrot

Parce qu'elle n'est pas tout à fait bien appliquée parce qu'elle est contournée puisque les centrales d'achat vont s'installer ailleurs qu'en France La réponse qu'est-ce que c'est ? Eh bien c'est d'abord la multiplication des contrôles Bruno Le Maire l'a rappelé la semaine dernière C'est ensuite une mission d'information qui vient d'être relancée et qui va nous permettre d'inventorier justement les faiblesses de cette loi et puis ensuite c'est l'europé...

Enfin bref l'extension au niveau européen de ce principe d'égalime c'est-à-dire le poids donné aux agriculteurs dans la négociation du prix pour protéger leur rémunération et les contrôles par une force d'intervention sanitaire qui pourra être mise en œuvre

13:14
Invité

L'égalime européen vous avez l'assurance que les autres pays sont partants ?

13:18
Jean-noël Barrot

Eh ! Je regarde ce qui s'est passé en 2019 Je regarde ce qui s'est passé en 2019 Nous avions un programme très ambitieux pour faire sortir l'Europe de la naïveté et de l'impuissance Nous avons tenu nos engagements Nous allons nous présenter dans quelques semaines devant les électeurs pour la campagne des élections européennes Nous ferons cette proposition et j'ai très bon espoir que de la même manière que nous avons su faire bouger les lignes ces cinq dernières années nous réussirons à le faire sur Egalime

13:42
Présentateur

Et un Egalime européen des négociations commerciales peut-être à l'échelle du continent ça ne va pas tirer les prix vers le bas notamment pour les agriculteurs français s'ils doivent s'aligner sur des coûts de production moindres ailleurs ?

13:53
Jean-noël Barrot

Non, je ne pense pas que ce sera l'idée d'avoir un prix unique L'idée c'est d'avoir un poids plus important pour l'agriculteur face à ses interlocuteurs Ses interlocuteurs c'est qui ? C'est l'industrie agroalimentaire ce sont des géants de l'agroalimentaire et puis ensuite c'est la grande distribution les géants de la grande distribution dans une situation comme celle-ci c'est la loi qui doit aider l'agriculteur à défendre son prix juste

14:14
Invité

L'autre grand sujet qui vous intéresse aussi comme ministre de l'Europe c'est bien sûr l'Ukraine demain cela fera deux ans que l'invasion russe de l'Ukraine a commencé l'Europe désormais semble plus que jamais en première ligne on l'a appris hier soir d'ailleurs Emmanuel Macron organise lundi une réunion de soutien à l'Ukraine en présence de plusieurs chefs d'Etat étrangers est-ce que l'objectif c'est d'inciter nos partenaires nos alliés à aller plus loin dans leur aide militaire à l'Ukraine

14:39
Jean-noël Barrot

aller plus loin approfondir notre soutien parce que deux ans après le début de cette guerre d'agression contre le peuple ukrainien nous ne pouvons détourner le regard parce que le combat des Ukrainiens c'est notre combat en résistant contre l'envahisseur russe les Ukrainiens se battent pour l'intégrité de l'Ukraine mais ils se battent aussi pour la sécurité de l'Union Européenne et pour la sécurité de la France parce que tout le monde sait parfaitement que si l'Ukraine venait à tomber et nous ferons tout pour que ça ne soit pas le cas la Russie de Vladimir Poutine déplacera la ligne de front vers l'ouest parce que comme l'a dit Vladimir Zelensky la semaine dernière les dictateurs ne prennent pas de vacances et nous sommes déjà nous France la cible d'une volonté d'agression délibérée de Vladimir Poutine sur le champ cyber et sur le champ informationnel et donc nous devons rester pleinement mobilisés d'où la réunion de lundi soir on va y revenir

15:35
Invité

mais est-ce que ça veut dire quand on voit aussi les efforts qui sont faits sur l'industrie de défense est-ce qu'il faut comprendre aujourd'hui et que les français comprennent que l'Europe doit passer dans une forme d'économie de guerre

15:48
Jean-noël Barrot

je veux saluer le travail qui a été réalisé depuis un an il y a un an l'Europe avait pris un engagement passer ses livraisons de munitions d'obus de 155 et 152 millimètres à un million de pièces par an en un an nous avons doublé notre capacité de production de ces obus sur le sol européen et nous avons si l'on tient compte à la fois de ce qui a été donné à l'Ukraine et de ce que l'Ukraine a acheté à l'Europe franchi

16:16
Invité

l'objectif ne sera pas forcément tenu

16:18
Jean-noël Barrot

il sera tenu il est tenu déjà il est tenu si l'on tient compte à la fois des livraisons qui ont été faites sous la forme de dons et des livraisons qui ont été faites sous la forme de vente par des pays européens à l'Ukraine nous avons franchi le seuil des 1 million et il faut bien se dire que ça veut dire que nous avons doublé notre capacité en Europe à fabriquer des obus de 155 millions

16:40
Invité

est-ce que dans ce contexte-là il faudrait un commissaire européen à la défense c'est ce que suggère Ursula von der Leyen

16:45
Jean-noël Barrot

nous en avons déjà un il s'appelle Thierry Breton et il a depuis 5 ans beaucoup travaillé pour que il est commissaire au marché intérieur il a un vaste portefeuille il a un vaste portefeuille mais c'est notamment lui qui a coordonné ce doublement de notre capacité de production d'obus depuis un an avec une méthode qu'il avait déjà éprouvée puisque c'est sous son impulsion que nous avons aussi fait croître considérablement notre capacité de production de vaccins pendant la crise sanitaire

17:13
Présentateur

Jean-Noël Barreau ministre délégué en charge de l'Europe on se retrouve dans un très court instant poursuivre cette discussion autour de l'Union Européenne et de la guerre en Ukraine juste après le fil info à 9h10 Sophie Hachan

17:22
Invité

La FNSEA refuse de participer au débat voulu par Emmanuel Macron demain à l'ouverture du salon de l'agriculture à Paris L'Elysée a provoqué la colère des syndicats agricoles hier en invitant les soulèvements de la terre à cet échange avant d'annuler cette invitation Une enquête ouverte contre Gérard Miller après les accusations de viol et agression sexuelle qui visent le psychanalyste Cette semaine une troisième femme a porté plainte contre lui pour des faits présumés commis quand elle était mineure 35 000 foyers sont toujours privés de courant contre 90 000 hier soir après le passage de la tempête Louis qui a balayé la France Un homme est mort noyé dans sa voiture dans les Deux-Sèvres Le département est toujours en vigilance crue vigilance orange crue ce matin même chose pour la Vendée Et puis l'Olympique de Marseille est désormais le seul club français en Ligue Europé L'OMC qualifie en huitième de finale en battant le Shakhtar Donetsk hier soir 1-0 C'est terminé en revanche pour Lens, Rennes et Toulouse

18:15
Présentateur

France Info

18:20
Invité

Le 830 France Info Adrien Beck Jules Dekis

18:25
Présentateur

Et notre invité ce matin Jean-Noël Barraud ministre délégué en charge de l'Europe Emmanuel Macron a annoncé à Volodymyr Zelensky quand celui-ci est venu il y a quelques jours à l'Elysée que la France s'engageait à verser 3 milliards d'euros d'aides supplémentaires à l'Ukraine Est-ce qu'on peut faire plus ? Est-ce qu'on en a les moyens qu'on t'en demande en dans le même temps 10 milliards d'euros d'économie sur notre budget ?

18:45
Jean-noël Barrot

Notre soutien il est continu il est constant et il est en progression 1,7 milliard il y a deux ans 2,1 milliards l'année dernière 3 milliards cette année un engagement de sécurité sur 10 ans et puis il y a tout ce qu'on va faire au niveau européen à la fois en matière humanitaire en matière d'aide économique et d'aide militaire

19:00
Présentateur

Et donc d'un mot c'est clair, c'est net les Français doivent accepter peut-être de payer des impôts ou qu'il y ait des économies faites ailleurs pour des mesures franco-françaises pour soutenir l'Ukraine le combat des Ukrainiens c'est le nôtre

19:10
Invité

Jean-Noël Barraud vous l'avez évoqué juste avant le fil info la Russie qui nous vise aussi par le biais d'attaques cyber le ministère des armées a appelé ces jours-ci à renforcer la sécurité des activités françaises le chef de l'état lui-même parle de volonté d'agression vous qui avez été jusque très récemment ministre en charge du numérique est-ce que la France est-ce que l'Europe peuvent se prémunir contre ces attaques et comment ?

19:33
Jean-noël Barrot

Qu'est-ce que veut faire Vladimir Poutine ? avec des manœuvres informationnelles la diffusion de fake news il veut d'une part affaiblir le soutien dans l'opinion publique à l'Ukraine en faisant croire par exemple que la Russie a déjà gagné la guerre ou en faisant croire que la guerre en Ukraine coûte plus au peuple français par exemple que ça ne lui rapporte ensuite ce qu'il veut faire c'est affaiblir la démocratie elle-même et comme il l'a fait par le passé on peut craindre que dans la période électorale qui s'ouvre il vienne par des manœuvres informationnelles tenter de fausser la sincérité

20:10
Invité

vous avez déjà des éléments qui vous permettent de l'affirmer ?

20:12
Jean-noël Barrot

mais on en a plein la semaine dernière les ministres des affaires étrangères français Stéphane Séjourné

20:17
Invité

je parle spécifiquement des élections européennes

20:18
Jean-noël Barrot

on l'a vu au mois de septembre dernier en Slovaquie lorsque pendant la période de silence électoral c'est-à-dire pendant les 48 heures qui précédaient le scrutin une deepfake audio a été diffusée qui impliquait un des candidats à l'élection nationale slovaque candidat qui a d'ailleurs perdu les élections donc moi je souhaite qu'on érige un bouclier démocratique pour protéger le scrutin j'ai demandé cette semaine à Bruxelles à la commission européenne d'obtenir un engagement ferme de la part des plateformes pour faire en sorte que si une situation comme celle-ci devait se reproduire et bien que ces plateformes fassent en sorte de déviraliser de neutraliser un contenu qui serait diffusé pendant la période de silence électoral

20:58
Invité

vous savez combien c'est difficile je ne vous l'apprends pas mais c'est quand même quelque chose qui n'est pas simple notamment quand on pense à des plateformes comme X Twitter

21:06
Jean-noël Barrot

C'est un moment clé nous avons avec un règlement européen qui a été adopté pendant la présidence française de l'Union Européenne donné des pouvoirs considérables à la commission elle doit s'en servir désormais parce que c'est l'avenir de la démocratie qui est en jeu

21:19
Présentateur

Jean-Noël Barraud on va parler des voitures électriques c'est un peu comme le bio c'est bon pour la planète mais ça coûte plus cher et dans le contexte économique actuel et bien les ventes diminuent au mois de janvier par exemple 11% des véhicules vendus étaient électriques c'était 15% l'année précédente est-ce que dans ce contexte-là ce n'était pas une erreur ou plutôt est-ce que l'objectif de passer au tout électrique d'ici 2035 est toujours réaliste ?

21:39
Jean-noël Barrot

On ne se donne pas juste des objectifs dans le vent on s'est donné des objectifs ambitieux pour sortir ou en tout cas pour atteindre la neutralité carbone mais qu'est-ce qu'on a fait en même temps ?

Et bien on a créé une filière des batteries électriques 4 gigafactories à Douai à Douvrain à Dunkerque dans des bassins industriels qui au passage avaient été totalement laminés par la désindustrialisation on a commencé à conditionner le bonus écologique le fameux leasing de 100 euros par mois à l'empreinte carbone ce qui a pour effet davantager les constructeurs européens et enfin on a déclenché des sanctions ou en tout cas une enquête pardon sur l'industrie automobile électrique chinoise s'il s'avère à l'issue de cette enquête que les subventions ont été excessives alors des droits de douane pourront être imposés sur les véhicules chinois

22:23
Invité

On l'a évoqué Jean-Noël Barrault et vous l'avez évoqué juste avant sur le sujet des ingérences la majorité lancera sa campagne pour les élections européennes le 9 mars à Lille un meeting mais pour l'instant pas de tête de liste qu'est-ce qui se passe qu'est-ce que vous attendez ?

22:39
Jean-noël Barrot

Rien ne sert de courir il faut partir à point la majorité présidentielle vous savez elle a beaucoup travaillé au parlement européen ces 5 dernières années et elle aborde cette campagne électorale avec calme sérénité et détermination quand d'autres formations politiques et je pense à celle de Jordan Bardella n'a rien fait pendant 5 ans mais rien et depuis un an à l'approche des élections s'agitent et vous savez les faits et les chiffres ne mentent pas Jordan Bardella Vous parlez des sondages ?

Ils sont plutôt favorables à Jordan Bardella qu'à votre liste Jordan Bardella a déposé 21 amendements pendant les 5 dernières années un amendement c'est une tentative pour modifier améliorer un texte 21 Stéphane Séjourné qui était le président du groupe de la majorité présidentielle au parlement en a déposé 1300 Stéphane Séjourné a déposé 600 fois plus d'amendements que Jordan Bardella les chiffres sont tous il a travaillé 600 fois plus en tout cas il s'est intéressé plus à sa campagne qu'à son travail et qu'au mandat que lui avaient confié les électeurs

23:37
Invité

malgré tout vous n'avez toujours pas de tête de liste quoi que vous en disiez dans le Parisien aujourd'hui en France l'ex-premier ministre Edouard Philippe juge intéressante l'idée de proposer cette tête de liste à votre prédécesseur Clément Beaune ex-ministre des affaires européennes ex-conseiller Europe aussi du président de la République qu'est-ce que vous en pensez ?

23:57
Jean-noël Barrot

Il a beaucoup de qualité Clément Beaune mais cette décision elle revient au président de la République en lien avec les chefs des partis de la majorité ce que je sais c'est que quel que soit le choix qui sera retenu nous entrerons dans cette campagne avec la détermination de défendre notre bilan et notre bilan c'est quoi ?

c'est d'avoir fait sortir l'Europe de la naïveté sur le travail détaché sur la domination des géants du numérique sur l'immigration irrégulière et de l'avoir fait sortir de l'impuissance en démontrant qu'elle était capable de fabriquer des vaccins en démontrant qu'elle était capable de fabriquer des munitions et que notre projet c'est de tirer dans le même sens et de conquérir notre autonomie dans le numérique dans le militaire

24:35
Invité

d'un mot Jean-Noël Barraud il y a aussi la chef de l'exécutif européen Ursula von der Leyen qui est elle-même en campagne elle a affirmé sa volonté d'avoir un nouveau mandat à la tête de la commission européenne est-ce que la France la soutiendra ?

24:48
Jean-noël Barrot

chaque chose en son temps il y a d'abord les élections européennes et c'est qu'elle est déjà

24:51
Invité

en campagne

24:51
Jean-noël Barrot

c'est une fois mais tout le monde est en campagne ou tout le monde va l'être prochainement c'est une fois que les élections européennes auront constitué le parlement nous avons participé pleinement à ce bilan donc je ne vais pas vous commencer à vous dire qu'il est mauvais alors que je viens de vous dire

25:10
Présentateur

que nous avons réussi à faire changer l'Europe elle pourra avoir un concurrent français ou une concurrente française ? nous verrons il est encore un peu tôt pour le dire on aura l'occasion de vous reposer la question alors s'il n'est pas encore temps merci beaucoup Jean-Noël Barraud ministre délégué chargé de l'Europe invité du 830 France Info ce matin