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DébatRassemblement National (sur YouTube)· 1 avril 2025 11 minAutoproduitActualité / polémiqueJusticeInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & famille

Franck Allisio : "Certains juges font de la politique !" (BFM)

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:31OuverteRéponse directe

    Thomas Legrand, vous lisez régulièrement des chroniques sur les démocraties libérales. Que pensez-vous de cette décision ?

  • 2:33RelanceRéponse partielle

    La loi de 2016 a été votée à l'unanimité. Pourquoi la juge a-t-elle appliqué l'exécution provisoire ?

  • 3:54OuverteRéponse directe

    Le RN n'anticipait pas cette exécution provisoire. Comment expliquez-vous cette surprise ?

  • 4:15OuverteRéponse directe

    Peut-on exclure une dimension politique dans ce jugement ?

  • 5:12RelanceRéponse partielle

    Les juges avaient-ils d'autres options que l'exécution provisoire ?

  • 6:45OuverteRéponse directe

    Quelles conséquences pour le RN si Marine Le Pen ne peut pas être candidate ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Invité politiqueFait
    « On a la séparation des pouvoirs. Elle marche dans les deux sens. »
  • 0:32Invité politiqueFait
    « La disproportion de la sanction politique. Parce que l'inégibilité et cette exécution provisoire est disproportionnée. »
  • 1:06Invité politiqueFait
    « Certains jugent, encore une fois, je ne les généralise pas, face de la politique parce qu'aujourd'hui, on craignait un trouble à l'ordre public, il y a un trouble à l'ordre démocratique. »
  • 1:21Invité politiqueFait
    « Lorsque la leader de l'opposition est la favorite à une élection présidentielle, à deux ans de cette élection présidentielle, est disqualifiée, exclue, mise hors jeu par les juges, plutôt que ce soit par le peuple français, ça pose un véritable problème démocratique et d'État de droit. »
  • 2:10InvitéFait
    « Les trois grands pouvoirs ont leur rôle. »
  • 2:41InvitéFait
    « La probité de nos élus, si on se réfère à la loi de 2016 qui a été votée à la majorité absolue et même à l'unanimité. »
  • 3:11InvitéFait
    « La loi de 2016, elle caractérisait l'inéligibilité, pas l'exécution provisoire. »
  • 4:21InvitéFait
    « Il ne s'agit pas d'accuser les juges d'avoir fait de la politique, mais lorsque les juges prennent cette décision de l'inéligibilité et de la sortir d'une exécution provisoire, ils savent pertinemment l'impact politique que ça aura. »
  • 5:02InvitéFait
    « Les juges auraient pu ne pas demander cette exécution provisoire. »
  • 5:31InvitéFait
    « Elle a dit, ce serait un trouble à l'ordre public, le fait que puisse se présenter à l'élection présidentielle quelqu'un qui serait condamné en première instance. »
  • 7:00InvitéFait
    « J'ai entendu le magistrat sur votre plateau dire « Oui, la justice n'est pas politisée. Monsieur, vous avez raison, mais il y a un certain nombre de juges qui sont politisés. » »
  • 7:12InvitéFait
    « Le syndicat de la magistrature, c'est lui qui le dit, appelle à se mobiliser contre l'accession au pouvoir de l'extrême droite. »
  • 8:39PrésentateurFait
    « Souvent, effectivement, le politique, pour des histoires d'économie de la justice, veut atteindre la collégialité pour faire de la justice unique. »
  • 10:00Invité politiqueFait
    « Vous avez eu un candidat à la présidentielle, François Fillon, mis en examen à quelques semaines d'une élection présidentielle à laquelle il était candidat. »

Temps de parole

  • Franck Allisio23 %
  • Invité19 %
  • Invité 218 %
  • Invité 318 %
  • Invité 413 %
  • Présentateur9 %

0,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Franck Allisio

Depuis ce matin, toutes les réactions que j'ai eues personnelles, par message, n'étaient pas des réactions de gens du RN, n'étaient pas des sympathisants, c'était des gens qui ne partageaient pas nos idées et qui m'écrivaient pour me dire leur consternation. Donc c'est bien qu'il y a un petit problème. Au cœur de l'État de droit, on a quoi ? On a la séparation des pouvoirs. Elle marche dans les deux sens, la séparation des pouvoirs. C'est-à-dire qu'on a l'impression que certains jugent, en faisant cette décision, qui n'est pas une ineptie, qui n'est pas... Moi, ce qui me choque et ce qui nous a choqués dans cette décision, c'est la disproportion. La disproportion de la sanction politique.

Parce que l'inégibilité et cette exécution provisoire est disproportionnée. Voilà. Après, un jugement est un jugement. Et il faut se... Comment dire ? Si on va au bout de la logique, aujourd'hui, je me souviens de la... Il ne faut pas d'abus de pouvoir et il ne faut pas d'abus de pouvoir des deux côtés. Je me souviens de la dernière phrase lors de son dernier Conseil des ministres de François Mitterrand qui disait « Les juges ont tué la monarchie, ils tueront la République ». Il ne faut pas d'abus de pouvoir du côté des juges. Il ne faut pas que les juges...

Certains jugent, encore une fois, je ne les généralise pas, face de la politique parce qu'aujourd'hui, on craignait un trouble à l'ordre public, il y a un trouble à l'ordre démocratique. Voilà. Lorsque la leader de l'opposition est la favorite à une élection présidentielle, à deux ans de cette élection présidentielle, est disqualifiée, exclue, mise hors jeu par les juges, plutôt que ce soit par le peuple français, ça pose un véritable problème démocratique et d'État de droit.

1:31
Invité

Thomas Legrand, je vous lis attentivement dans les colonnes de Libération plusieurs fois par semaine et vous chroniquez régulièrement ce qu'on appelle des démocraties libérales et la façon dont parfois il y a des glissements qui peuvent aboutir à ce type de quasiment de changement de régime. Là, en termes d'opinion de voix, celle qui était dans tous les sondages en tête du premier tour, sans doute empêchée d'être candidate en 2027. Ça peut avoir un côté terrible. Je chronique la démocratie illibérale et la démocratie libérale.

La démocratie libérale, c'est la démocratie qui respecte la séparation des pouvoirs et dans la séparation des pouvoirs, il n'y a pas d'hierarchie d'ailleurs entre les pouvoirs. Chacun a son rôle, chaque pouvoir a son rôle. Les trois grands pouvoirs ont leur rôle. Et là, le pouvoir judiciaire, moi je suis très choqué aussi qu'on dise qu'il y a une attaque envers la démocratie. D'ailleurs, tous ceux qui disent qu'il y a une attaque envers la démocratie, de Musk à Poutine, on voit bien d'où ça vient. Mais le juge, qu'est-ce qu'il avait à faire ? Il avait à trancher ou à évaluer deux principes démocratiques et constitutionnels.

L'un, c'est la probité de nos élus et l'autre, c'est la liberté de choix. Ces deux principes pouvaient être un peu concurrents. La probité de nos élus, si on se réfère à la loi de 2016 qui a été votée à la majorité absolue et même à l'unanimité, et si le juge se réfère, pour savoir quel est l'esprit de la loi, à l'état des débats, les débats étaient à la demande de beaucoup de sévérité. Vous avez rappelé ce que disait d'ailleurs Marine Le Pen à ce sujet, qui n'était pas députée. Pour la probité, c'est normal de sanctionner Marine Le Pen selon la loi qui a été établie, non pas par les juges.

Pardonnez-moi Thomas Le Grand, mais la loi de 2016, elle caractérisait l'inéligibilité, pas l'exécution provisoire. Non, non, non. L'inéligibilité et le fait qu'elle ne soit pas appliquée tout de suite devaient être motivés. Donc elle avait renversé le truc. Ce qui devait être motivé, c'était d'écarter l'inéligibilité. Non, non, non. L'application du droit, c'est celle-là. Et l'autre pan, c'est-à-dire la liberté de choix qu'il faut respecter et qu'il faut... Alors là, ça peut être atteint, mais le Front National, le Rassemblement National est un grand parti qui a eu 122 députés, je crois, qui est implanté partout, qui pourrait être incarné différemment.

La liberté de choix n'est pas atteinte. Et voilà, la démocratie vit toujours et le Front National, le Rassemblement National trouvera un autre candidat. – Guillaume Tabard, on voit dans les réactions du Rassemblement National, de fait, une surprise, puisqu'il n'anticipait pas cette exécution provisoire. Il continue à expliquer qu'il y a un chemin pour que Marine Le Pen soit candidat. Il faut dire que ça va être très difficile. En fait, on a vécu aujourd'hui, c'est le lancement de la campagne présidentielle de 2027. Toutes les cartes sont rebattues. – Oui, totalement. Et c'est là, quand même, qu'on ne peut pas exclure une dimension politique du jugement.

Il ne s'agit pas d'accuser les juges d'avoir fait de la politique, mais lorsque les juges prennent cette décision de l'inéligibilité et de la sortir d'une exécution provisoire, ils savent pertinemment l'impact politique que ça aura. Et moi, il y a deux points que je voudrais souligner. C'est que d'une part, on dit, mais les juges, on ne peut pas les accuser, ils n'ont fait qu'appliquer la loi. C'est vrai que c'est la loi qui a prévu cette inéligibilité. Mais les mêmes, en général, lorsque Nicolas Sarkozy a fait voter les peines penchées, on dit, attention, nous, on n'est pas là pour appliquer bêtement et automatiquement. – Je termine.

– On n'est pas là pour appliquer bêtement et automatiquement ce que la loi. Il faut qu'on ait la liberté d'apprécier la peine. Dans le cas précis du jugement concernant Marine Le Pen, les juges auraient pu ne pas demander cette exécution provisoire. Et la meilleure preuve, c'est que la juge l'a fait en avocant deux motifs. Le premier, c'est le risque de récidive. – Allez-y, Guillaume, on évite les débats parallèles. – Il est légitime. Un, le risque de récidive, on peut considérer qu'il est quand même assez léger. Mais surtout, le point qui est important, c'est le risque de troubles à l'ordre public. Et comment la présidente a motivé le trouble à l'ordre public ?

Elle a dit, ce serait un trouble à l'ordre public, le fait que puisse se présenter à l'élection présidentielle quelqu'un qui serait condamné en première instance. Donc la juge dit clairement, elle l'écrit, ce n'est pas lui faire un preuve d'intention. Elle dit, oui, la candidature de Marine Le Pen est source de troubles. Ça, c'est une analyse qui est d'ordre politique, parce qu'on peut très bien dire, autant il suffit d'écouter Jean-Luc Mélenchon, Laurent Wauquay, ça, pour considérer que les adversaires de Marine Le Pen, ceux qui veulent l'abattre, c'est leur droit et c'est le débat politique, n'auraient pas été choqués qu'elle soit candidate.

En revanche, tous ceux qui le soutiennent, eux, considèrent que l'élection a été volée. Et s'il y a un risque de trouble à l'ordre public, c'est plutôt par cette interdiction de connature. Et ça, les juges en prononçant ce jugement étaient pleinement conscients de l'impact que ça aurait. Robert Ménard, les conséquences dans l'opinion sur des décisions de justice qui pourraient ne pas être comprises. On a entendu ce soir le Rassemblement National appelé à une grande mobilisation, disent-ils, pacifique et populaire, une pétition. La réalité, pour autant, est sévère pour le Rassemblement National.

C'est qu'ils vont devoir, le plus probable, c'est qu'ils vont devoir faire le deuil de la candidature de Marine Le Pen. Ça, ça a quelles conséquences sur ceux qui seront sur la ligne de départ en 2027 ? Écoutez, d'abord, moi, tous ceux qui m'ont appelé, Dieu sait que j'ai reçu des messages et qu'ils n'étaient pas tous des gens du Rassemblement National, étaient choqués. Ils sont choqués. S'il y a un trouble à l'ordre public, c'est plutôt d'avoir pris cette décision. Et en plus, j'ai entendu le magistrat sur votre plateau dire « Oui, la justice n'est pas politisée. Monsieur, vous avez raison, mais il y a un certain nombre de juges qui sont politisés.

» J'ai retrouvé un tract, c'était le 11 juin 2024, du syndicat de la magistrature qui dit « Le syndicat de la magistrature, c'est lui qui le dit, appelle à se mobiliser contre l'accession au pouvoir de l'extrême droite. » J'espère que parmi les juges qui ont donc jugé Marine Le Pen, qui ont eu affaire avec ce dossier, ils n'étaient pas membres du syndicat de la magistrature. Sinon, tu te dis que oui, ces gens sont politisés et oui, ça rend suspect un certain nombre de décisions aujourd'hui pour répondre à votre question. On a changé évidemment la totalité de la campagne qui vient.

Écoutez, tous les gaullistes, tous les gens qui se réclament du gaullisme et qui ne cessent de répéter « Ah, mais une élection présidentielle, c'est une rencontre entre un homme ou une femme et un peuple, ils ne peuvent pas dire comme ça, à une partie, il va changer de candidat et ça ne change pas grand-chose. » Bien sûr que ça change grand-chose. Ça change tout. Marine Le Pen et M. Bardella, ce n'est pas la même chose. Robert M. Bardella, vous soulevez un point, et je fais réagir Ludovic Friard, sur ce communiqué du syndicat de la magistrature qui, de mémoire, c'était au lendemain des Européennes et qui appelait effectivement à combattre l'extrême.

C'est le procès, en quelque sorte, qui va monter contre la justice, d'une justice qui ne serait pas la même selon qu'il s'agit de membres du Rassemblement National ou d'autres partis.

8:29
Présentateur

C'est toujours facile d'attaquer le juge par rapport à des convictions qui sont les siennes ou pas. Je rappelle que nous sommes dans un système de collégialité. Souvent, effectivement, le politique, pour des histoires d'économie de la justice, veut atteindre la collégialité pour faire de la justice unique. On sait bien que pour lutter contre ses propres biais, la collégialité, c'est ce qu'on a inventé de mieux. Ce que je voudrais dire également, c'est que l'exil compromisoire a du sens dans un système idéal où on peut juger rapidement un dossier en appel.

Or, la difficulté, et on le sait tous sur cette table, c'est que la justice a été abandonnée pendant 20 ou 30 ans et qu'on n'a pas assez de magistrats, de greffiers pour juger rapidement un dossier en appel. Enfin, je veux dire, sur Paris, un dossier en appel avec une personne qui n'est pas détenue d'un dossier financier, on est plutôt entre un an, un an et demi, deux ans de délai. Et là, ce n'est pas entendable. Le politique est devant la conséquence de cet abandon.

9:25
Invité

Est-ce que ce soir, votre candidat, c'est Jordan Bardella ?

9:28
Franck Allisio

Je pense, pour le coup, comme M. Ménard, que les personnes ne sont pas interchangeables et qu'un candidat à la présidentielle, c'est un de suite ou personné. C'est la rencontre, en effet. Mais si Marine Le Pen ne peut pas être candidate, vous allez bien avoir un candidat. Oui, nous aurons un candidat. Mais aujourd'hui, vous direz, non, ce n'est pas grave, on remplace à part, mais ce n'est pas ça. Mais vous avez la lucidité de reconnaître

9:46
Invité

que le plus probable est que Marine Le Pen ne puisse pas se présenter à l'élection présidentielle ?

9:50
Franck Allisio

On verra, on étudiera toutes les solutions possibles et imaginables. Ce soir, votre confrère, François-Louis Gisberg, dit dans le point, il y a le spectre de la démocrature dans ce pays. Et c'est vrai que si on remonte sur quelques années, vous avez eu un candidat à la présidentielle, François Fillon, mis en examen à quelques semaines d'une élection présidentielle à laquelle il était candidat. Vous avez avant-hier un ancien chef de l'État qui est déchu de son autorité parentale sur sa fille.

10:15
Invité

Pardonnez-moi, ça, c'est inexact. Il y a des droits civiques, ce n'était pas quelque chose de spécifique dans nos droits parents d'eau.

10:22
Franck Allisio

Et je ne rappellerai pas l'épisode pénible du mur des camps où les juges, ou certains juges, encore une fois, avaient ciblé certaines personnalités politiques pour les abattre.

10:35
Présentateur

Et des juges, et des juges.