Quel avenir pour le RN ? - L'actu de la semaine
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15RelanceÉludée
Est-ce que tu es sûr de ça ?
- 1:41OuverteRéponse directe
Moi, je ne suis pas d'accord avec toi sur l'idée que le rassemblement...
- 3:24OuverteRéponse directe
Safia ?
- 5:59ComplaisanteRéponse directe
Non, mais c'est en fait, je suis d'accord avec toi, mais moi, c'est précisément parce que je suis pour les aménagements de peine pour les pauvres que je pense qu'il faut les appliquer aussi aux riches et qu'ils y ont droit.
- 10:09RelanceRéponse directe
Quand on présente Marine Le Pen comme la favorite de l'élection présidentielle de 2027, vraiment, moi à chaque fois, je me dis, mais de quoi vous parlez ?
- 10:33OuverteRéponse directe
Non, juste un truc, Jules, parce que t'en as parlé.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:23IntervenantChiffre
« Dix condamnations quand même, c'est le RN en tant que système qui est très mal. »
- 1:10IntervenantFait
« On a sorti la solution finale contre Marine Le Pen, un gars de l'RN de l'Aveyron. »
- 2:36IntervenantFait
« est-ce que l'option Bardella, vous commencez à y travailler ? »
- 2:45IntervenantFait
« Alors oui, c'est un atout formidable. »
- 3:36IntervenantFait
« l'objet populiste du Rassemblement national va se déplacer vers la victimisation. »
- 4:17IntervenantChiffre
« vous privez, je ne sais pas combien de millions d'électeurs, de la favorite à l'élection présidentielle. »
- 5:12IntervenantFait
« Quand Marine Le Pen, elle vient se comparer à Navalny, il est en mode, ah non, mais c'est moi que t'accuses. »
- 5:37IntervenantFait
« La détention provisoire, c'est des milliers de personnes, les amis, qui sont détenues en France dans l'attente d'un procès, ça concerne les pauvres. »
- 7:15IntervenantFait
« Le RN a bien gazelé de tout le monde. »
- 7:29IntervenantFait
« Il n'y avait pas une foule avec des pancartes marines en soutien. »
- 7:45IntervenantFait
« Les gens, ils ne détournent pas 4 millions d'euros. »
- 10:16PrésentateurChiffre
« Elle a perdu trois présidentielles ? »
- 17:25PrésentateurFait
« ces trois alternatives ont quand même démontré qu'elles n'étaient pas franchement meilleures que l'UMP et le PS. »
- 20:15PrésentateurChiffre
« Marine Le Pen, on est sur des millions d'euros. »
- 20:19PrésentateurChiffre
« Jean-Luc Mélenchon, apparemment, on est sur deux ou trois contrats. »
Temps de parole
- Intervenant34 %
- Présentateur28 %
- Intervenant 226 %
- Intervenant 310 %
- Présentateur 22 %
≈ 3,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Non, bah moi je suis content. De quoi ? De toute cette affaire ? De Marine Le Pen, là, elle est pas bien.
Elle est vraiment pas bien. Est-ce que t'es sûr de ça ? Ah ouais. On en parlait quand on préparait l'émission où tu me disais, le RN a subi un sacré coup.
Ouais, et le RN au global, parce qu'en effet, ça a été dit. Dix condamnations quand même, c'est le RN en tant que système qui est très mal. Et puis surtout son image de, nous on n'est pas pareil, nous on est à côté, nous on est... Alors, ils ont beaucoup dit, leur argument c'était de dire, en plus c'est nous qui allons arriver au pouvoir après. Moi je pense que, c'est une take, je pense que le RN a atteint son plafond, là. Les arbres ne montent pas jusqu'au ciel, ça va entacher durablement l'image même du RN comme un parti alternatif, mais il n'est pas si alternatif que ça.
Toute leur stratégie, ça avait été de faire la cravate, donc de dire, regardez, on est quand même habillés comme les autres hommes politiques, on est quand même sérieux, on n'est pas les fous furieux qu'on vous a décrits quand on nous traite de fachos. Et là, qu'est-ce qui se passe ? Il y a une affaire, ils font les fous furieux tout de suite, ils disent des trucs de fachos directs, avec des débordements. Il y en a un qui a dit, on a sorti la solution finale contre Marine Le Pen, un gars de l'RN de l'Aveyron.
Il faut y aller quand même.
Alors, ils y vont contre l'État de droit à fond et tout, et en fait, on revoit pourquoi. Mais oui, c'était pour ça qu'il ne fallait pas les traiter comme d'un parti, comme les autres. C'est parce que c'est des gens qui ne respectent rien, qui ne respectent pas en tout cas les formes républicaines. Et là, on les revoit tels qu'ils sont, et en plus de ça, là, ils sont un peu... En plus, ça va déclencher sans doute une guerre de succession, ils vont se diviser. Je pense qu'on a atteint le match de Le Pen.
Ok, d'accord. J'entends ce que tu dis. Moi, je ne suis pas d'accord avec toi sur l'idée que le rassemblement... Moi, je suis plus pessimiste que toi. J'ai l'impression que le rassemblement national a un accident de parcours qui va permettre de propulser Jordan Bardella, qui, je pense, peut potentiellement réussir à avoir davantage de voix que Marine Le Pen à l'élection présidentielle. Je me souviens que le parti républicain américain, il s'est cassé la gueule avec McCain en 2008. Il est ressorti de ses cendres avec Trump quelques années plus tard. Il s'est encore radicalisé et ça lui a permis de gagner le pouvoir. J'ai quand même un doute.
Oui, mais moi, je crois plus à Anouna après qu'à Bardella. Ah oui, carrément. À discuter. Non, non, mais à discuter. Oh là, on va en refaire des backstits. Abonnez-vous.
Il va y en avoir des backstits. Moi, j'ai l'impression que le premier obstacle à Bardella, c'est d'abord Marine Le Pen parce qu'on n'a pas l'impression qu'elle va lâcher tout de suite le bout. Déjà, rien que sur le plateau du 20h, quand on lui pose la question est-ce que l'option Bardella, vous commencez à y travailler ? Je cite. Alors oui, c'est un atout formidable. J'espère que nous n'aurons pas à user de cet atout plutôt que nécessaire. Pour moi, c'est un peu... En parlant de quoi ?
Le Bardella.
Le Bardella est un atout nécessaire, mais elle espère qu'ils n'auront pas à l'utiliser tout de suite.
C'est vrai que je n'ai pas su interpréter cette phrase-là.
Pour moi, c'est un peu dire, il n'est pas arrivé à maturation, on va garder ça un peu chaud. Et aussi, elle est tellement persuadée qu'elle va sortir un vainqueur de cet appel et de tout ça que j'ai l'impression qu'elle n'écarte pas tout de suite sa potentielle candidature.
Safia ?
Oui, moi, je voudrais rebondir. Je trouve ça ultra intéressant, le débat entre vous deux, entre Usul et Jean, parce que je vais poser la même question. Et en fait, je pense, c'est ma réponse, qu'en fait, l'objet populiste du Rassemblement national va se déplacer vers la victimisation. Parce que, historiquement, la ligne du Rassemblement national, vous entendrez des extraits de Jean-Marie Le Pen à la télé qui parlait de l'UMPS. C'est un truc très historique de dénoncer la corruption de la caste politicienne dans le Rassemblement national.
Bon, ben voilà, j'ai envie de dire, cher le Rassemblement national, vous êtes dans un élan de respectabilité et d'institutionnalisation, vous prenez ce qui va avec, vous prenez les casseroles, vous prenez la corruption d'indignes et grands partis politiques. Voilà, bravo. Mais pour autant, dans ce cas-là, je pense qu'ils vont quand même rester dans une stratégie populiste, où ils vont déplacer l'objet qui ne va plus être de discuter de la corruption et du détournement de fonds publics pour aller vers la victimisation. Ça veut dire, vous vous rendez compte, vous privez, je ne sais pas combien de millions d'électeurs, de la favorite à l'élection présidentielle.
Et en cela, vous voyez, nous, on est le parti du peuple parce qu'on essaye de vous censurer. Donc en fait, selon moi, il va y avoir un déplacement de la logorée populiste. Pardon. Et ensuite, je pense qu'il faut quand même discuter, et c'est quand même cela, moi, je pense qu'on doit retenir de l'émission l'importance de discuter des faits quand on a des éditorialistes et des politiques qui viennent nous foutre des faux débats sous le nez. On parle de corruption, on parle de détournement de fonds publics, on parle de notre argent pendant qu'on a nos darons qui se cassent le dos.
Et du coup, ça fait penser au fait qu'on devrait quand même s'interroger, se préoccuper de la réaction aussi des gens en dehors du Rassemblement national. Quand on a Barry Roux qui nous dit qu'il est troublé, moi, je pense qu'il est troublé pour plusieurs raisons. Il est troublé parce que je pense que quand Marine Le Pen, elle vient se comparer à Navalny, il est en mode, ah non, mais c'est moi que t'accuses. Non, ben non, c'est pas le pouvoir, c'est pas nous, on te censure. Donc je pense qu'il y a un espèce de malaise de se retrouver accusé d'antidémocratisme.
Mais puis aussi, il faut se rappeler quand même que aussi pour toutes ces personnes-là qui sont concernées par la délinquance à col blanc, dans leur tête, il faut avoir la justice des pauvres et la justice des riches. Et que l'exécution immédiate, ça concerne les pauvres. La détention provisoire, c'est des milliers de personnes, les amis, qui sont détenues en France dans l'attente d'un procès, ça concerne les pauvres. Par contre, la délinquance à col blanc, oui, il peut y avoir un petit moule, des aménagements, un bracelet électronique. Attention, l'exécution provisoire, c'est peut-être un peu trop radical pour nous, les politiciens.
Et alors là, le phénomène politique, il va être extrêmement important.
Oui. Non, mais c'est en fait, je suis d'accord avec toi, mais moi, c'est précisément parce que je suis pour les aménagements de peine pour les pauvres que je pense qu'il faut les appliquer aussi aux riches et qu'ils y ont droit. Je pense que c'est aggravant d'être riche.
On devrait faire une justice de classe, mais à l'inverse. Aggravant quand t'es riche. Et bien, on aura le courage de vous le dire.
Moi, je suis pour l'égalité devant la loi. Un vieux truc de gauche.
Mais l'égalité, elle est toujours faite aux dépens des plus pauvres.
D'où le fait que quand on met en place des aménagements qui sont à disposition des juges, ils doivent pouvoir s'appliquer à tout le monde, y compris aux pauvres. Les pauvres doivent pouvoir être édéligibles comme Marine Le Pen.
Non, mais c'est vrai, on doit ouvrir des discussions parce que là, on ouvre les discussions sur l'aménagement de peine, mais on pourrait aussi ouvrir la discussion sur la responsabilité des élus, sur leur révocabilité, sur pourquoi est-ce qu'on ne peut pas isoler la justice et les décisions judiciaires du régime, de la Ve République, du traitement médiatique. Si on tourne autour du pot avec Marine Le Pen, c'est parce qu'on est dans une République qui surpersonnalise, qui surprésidentialise. Et donc, en cela, moi, je trouve super intéressant qu'on puisse discuter.
Oui, des élus, ils doivent rendre des comptes au peuple, pas de manière indirecte parce que je ne sais pas quoi, parce qu'ils sont bons dans les sondages. Tu dois nous rendre des comptes tout de suite et maintenant. Donc, pourquoi pas discuter de révocabilité aussi ? Et puis, le RN a bien gazelé de tout le monde. Sur le fait que leur électorat allait forcément défendre Marine Le Pen. Alors qu'il y a beaucoup de journalistes présents tout au long du procès qui disaient que les rangs étaient clairsemés. Il n'y avait pas une foule avec des pancartes marines en soutien. Les gens n'étaient pas là. Moi, je l'ai senti tout de suite. Je me suis dit, mais non, ça ne peut pas.
Les gens ne vont pas dire, ce n'est pas grave, il faut qu'elle ait l'immunité. Les gens, ils travaillent. Les gens, ils ne détournent pas 4 millions d'euros. Les gens, quand ils prennent une amende en excès de vitesse, ils la payent. Et même s'ils sont électeurs du Rassemblement National. C'est-à-dire que même dans les électeurs... Moi, je pensais que ça ne passerait pas. Alors, ce que je vois, en effet, c'est dans le système médiatique. Par contre, on prend ça au sérieux, les arguments de la Le Pen. Mais je ne suis pas sûr que ça marche aussi bien que ça jusque dans son électorat. Et c'est pour ça que je pense qu'on est vers le downfall. Les gens n'ont tellement pas suivi...
Alors là, pour le coup, électorat du RN ou pas du tout. Les gens n'ont pas suivi l'affaire. Pour un certain nombre d'entre eux, ils la découvrent, l'affaire, au moment du jugement. Mais tu penses que ça va faire downfall les idées d'extrême-droite ? Parce que c'est une chose qu'il y ait un down dans le parti. Pour autant, on est quand même d'accord sur le fait que ce procès ne sera pas le down des idées d'extrême-droite. Non, pas des idées d'extrême-droite. Mais du coup, on fait un éternel remplacement. Si ce n'est pas Le Pen, c'est Bardella, ce n'est pas Bardella, c'est Rotaillot, c'est pas Rotaillot, c'est qui ? Mais nous, ce qui nous arrange, c'est qu'ils y aillent tous !
Non mais vraiment ! Ils soient tous idéligibles !
Est-ce que tu es sûre que ça nous arrange vraiment ? C'est pas ça que je dis que ça va déclencher la crise de succession !
Mais c'est plus un down pour Marine et un up pour Bardella, comme c'est dit dans le chat. Parce que même quand on voit les micro-trottoirs où on demande aux électeurs du Rassemblement national, qu'est-ce que vous en pensez de cette action ? Oh bon, c'est pas grave, vous savez, il reste le jeune Bardella, on va être derrière lui, c'est pas la fin du monde. Et donc en fait, on a l'impression qu'il y a une partie de l'électorat qui est déjà passée à autre chose et qui se dit, bon ben Le Pen, ça y est, ils n'ont jamais réussi à arriver au pouvoir, passons à autre chose, on a le jeune dynamique qui a gagné les élections européennes, let's go, let's go, let's go !
Et parce que quand je disais gaz light, c'est qu'on nous a vendu deux trucs, on nous a vendu l'ERN, de toute façon va arriver au pouvoir, regardez les sondages, et eux, dès qu'ils interviennent à l'Assemblée, ils disent quand Marine Le Pen sera au pouvoir, quand Marine Le Pen sera au pouvoir, donc quand la justice dit, ah bah non, ça, ça va pas être possible, ils disent, donc là évidemment, ça va contre leur narratif.
Et il y a un deuxième truc qu'ils ont essayé de nous installer dans la tête, c'est de Marine Le Pen, petite mère du peuple, ah bah alors là, le peuple l'aime tellement Marine, alors c'est sûr, elle prend des photos, bon, elle prend des photos, moi je peux te faire prendre des photos à plein d'autres gens, mais donc là, on est en train aussi de voir que c'est pas la petite mère du peuple, arrêtez, arrêtez, le peuple s'en bat les coups, d'autant que, surtout si elle pique dans la caisse, et il y a Bardella à côté, et puis on votera, il y en a d'autres, des fachos, ça manque pas, mais très bien.
Quand on présente Marine Le Pen comme la favorite de l'élection présidentielle de 2027, vraiment, moi à chaque fois, je me dis, mais de quoi vous parlez ? Genre vraiment, favorite ? Elle a perdu trois présidentielles ? Pardon de rappeler quand même les chiffres. Et puis par ailleurs, pardon de rappeler que les présidentielles en France, on est habitué à être surpris. Voilà, d'ici à 2027, il peut se passer un nombre incalculable de choses. Vraiment, on parle de favorite à l'élection présidentielle à chaque fois, ça me scie. Non, juste un truc, Jules, parce que t'en as parlé. Alors moi, j'ai jamais été chaud pour les caméras dans les tribunaux, vraiment pas.
Alors, ça me fait flipper de ouf quand je vois aux Etats-Unis ce qui se passe, les juges qui fanfaronnent sur TikTok avec des montages hyper rapides, etc. Je lis les commentaires, je suis terrifié. Je me dis, c'est exactement ce que je veux pas. J'aime bien l'idée de la sérénité de la justice hors caméra qui bosse... Je pense que ça dépend des affaires, c'est sûr. Peut-être pour un tueur en série, je le ferais pas, mais pour une affaire de corruption, ça peut être... Pour une affaire de corruption avec une personnalité célèbre, effectivement, on peut en discuter, effectivement. Quand c'est de la fargue, ça m'intéresse.
Ouais, quand c'est de la criminalité du quotidien, je te jure que j'ai pas envie. Mais non, mais non, pas le voleur... Bah ouais, mais c'est ça, en fait, ce que ça donne derrière. Et c'est pas pour rien que c'est une vieille revendication d'alliance, c'est une vieille revendication d'extrême droite, de dire, mettons des caméras dans les tribunaux, il faut que les Français sachent, c'est la transparence, c'est génial. Derrière, ça cache des dessins vraiment pas ouf. C'est un épisode de la FIFA World Cup, launch edition, on Netflix. C'est un jeu rapide, fluide où votre téléphone est le contrôleur et votre télé est le stadium.
Tu as juste l'application sur votre télé, scan le QR code avec votre téléphone, et boum, vous êtes enregistré et passant en secondes. Plus, c'est inclus dans votre Netflix membership avec 0 extra costs. Go dans le jeu tab et playe FIFA World Cup launch edition maintenant, Only on Netflix.
Moi, ce que je ne comprenais pas, c'était... Effectivement, mais c'était... En fait, ce serait quoi l'objectif de caméras dans les tribunaux ? Parce que j'essaie de retourner le problème dans tous les sens. C'est que, en fait, c'est aussi quelle responsabilité, aujourd'hui, les gens qui ont de la voix, qui peuvent être militants ou pas, ou les gens qui sont journalistes, en fait, quels narratifs ils viennent créer autour d'affaires comme ça ? Parce que le scandale, en fait, dans le procès Le Pen, c'est qu'on en a parlé uniquement pendant le moment de condamnation. Alors, si on avait eu des images et des exprès et des trucs... Oui, mais en fait, qui va s'en saisir ?
Parce qu'on peut ne rien en faire... La question, c'est de l'usage, et on peut ne rien en faire aussi. Et comme le disait Jean, ça peut être utilisé. En fait, si le pouvoir décide de l'utiliser à ses fins, ça sera utilisé à ses fins. On pourrait aussi se retrouver avec le public qui s'empare de ça, un petit peu comme LCP a pu être choqué, de voir le nombre de gens qui allaient voir les commissions d'enquête parlementaires sur tel ou tel sujet. Et ça pourrait être un petit peu la même chose. Sur LCP, il y aurait des grandes audiences, machin. Et les gens s'en emparent ou s'en emparent pas. Mais je pense que ça permettrait aussi de voir qu'il y a un intérêt dans le public.
Et s'il y a un intérêt dans le public... En tout cas, la question, c'est effectivement qu'est-ce qu'on en fait ? Et moi, excusez-moi, ça me faisait quand même rappeler certains épisodes de l'histoire. C'est que franchement, juste écouter tout ce qui a été dit sur la question des juges, des juges rouges, des machins, des trucs... Ça nous fait aussi tomber dans des logorées où, en tant que militante antiraciste, en ayant beaucoup travaillé la question de l'antisémitisme, il faut savoir que l'une des structures de l'antisémitisme, c'est quand même à chaque fois de cibler une partie de la fonction publique, des juges, etc.
Ça a beaucoup été fait, notamment dans l'antisémitisme sous Staline, mais pas que aussi dans d'autres régimes. Et voilà, et d'aller cibler les juges. Là, effectivement, ils n'ont pas ciblé les juges pour leur origine. Et en tout cas, en l'occurrence, les juges n'avaient apparemment pas d'origine juive. Mais je veux dire, cette structure qu'ont les partis, notamment d'extrême droite et populiste, d'aller invectiver une partie des magistrats des juges, ça renvoie à une vieille tradition qui est dégueulasse, les amis. Et qui, justement, fait partie de l'histoire de l'antisémitisme. Voilà, c'était la partie militante antiraciste.
Mais non, non, non, mais t'as raison.
Heureusement qu'elle s'appelle deux pertuies, notre juge. Non, mais vraiment, ça, c'est vrai que dans un pays aussi raciste, c'est sûr, on est bien là.
Mais je reviens sur les débats qui vont peut-être avoir lieu à l'Assemblée nationale sur un changement de la loi Sapin 2 sur l'exécution provisoire de l'inéligibilité, etc. Ça me fait gerber, je trouve ça absolument à chier comme manière de faire. Mais mon côté républicain fait que je comprends que le Parlement se saisisse de la question, si vraiment c'est urgent de légiférer. Mais justement, j'espère que l'opinion publique va résister. J'espère que l'opinion publique va faire savoir que... Non, mais vous êtes sérieux, là ? Vraiment, c'est prioritaire.
Moi, j'ai bonne histoire.
Dans l'actualité, là ? Non, mais il y a un moment, j'espère que ça va gueuler sur le plateau télé. J'espère que ça va gueuler pour dire, mais vraiment, vous pétez un plomb.
Mais j'ai l'impression que les gens sont juste fatigués, en fait. Alors, je suis d'accord et pas d'accord. Ils sont lassés. On n'a même plus les mots, en fait, pour protester tellement. C'est le cirque, en fait. C'est le cirque permanent. Donc, on est là, ok, médusés, quoi. Moi, je suis d'accord et pas d'accord. Moi, je trouve que la question que vous venez de poser tous les deux, elle est extrêmement importante, dans le sens où, oui, alors, les gens sont fatigués, mais parce qu'en fait, moi, je pense quand même que les gens pensent, on écoute autour de nous, les amis.
Enfin, je veux dire, l'abstention, par exemple, c'est le premier parti politique de France, pour des raisons diverses, mais notamment sur le fait qu'il y a une crise de légitimité de la Ve République, il y a une crise de légitimité de la classe politique. Je veux dire, toutes les affaires qui concernaient l'UMP ou le Parti Socialiste, ça a usé les gens. Il y a quand même une vision qui n'est pas très flatteuse pour les politiciens et les politiciennes en France. Mais je pense que, justement, pour pas que ça tombe vers des bras qui sont ceux de l'extrême droite, il y a tout intérêt à ce qu'il y a un projet politique qui émerge autour de ça. Comment est-ce qu'on discute de la justice ?
Comment est-ce qu'on discute du régime ? Comment est-ce qu'on fait campagne par rapport à ça ? Moi, je pense que les gens sont fatigués aussi parce que, bah, quel espace on leur offre ? Est-ce que les syndicats se permettent de parler de ça ? Est-ce qu'on permet de parler de ça sur les lieux de travail, sur les lieux d'études ? Nous, à l'université, on a beaucoup de problèmes avec la question de la démocratie, avec la question de l'usage de l'argent, avec les ZVEC qu'on paye à chaque début d'année. On ne sait pas ce qu'il y a en effet. Je veux dire, les budgets dans les universités sont coupés. On ne sait pas pourquoi, on ne sait pas pour quelle raison. Il y a des ZVEC ?
Non, des ZVEC, pardon. La CVEC, c'est un truc qu'on paye, on ne sait jamais à quoi ça sert. On ne sait pas ce qu'on en fait avec. Les budgets sont qu'on paye à l'université, tu ne sais pas pour quelle raison et tu as des partenariats frauduleux qui sont passés avec je ne sais pas qui. Donc en fait, la question de la transparence, qu'est-ce qu'on fait de notre argent ? Qui est élu ? Qui est machin ? Moi, je pense que c'est un sujet qui préoccupe les gens. C'est quand même aussi l'esprit de l'émission Backseat. On pense que ça intéresse les gens. Maintenant, quels outils on leur donne pour pouvoir décriber...
Assure les ZVEC, pas beaucoup, mais...
Non, pas sur les ZVEC et les CVEC, pardon. On s'en plaint beaucoup sur Twitter.
Et en même temps, je trouve ça intéressant parce que oui, tu as raison, le rejet de l'UMP et du PS RPR, Parti Socialiste, RPR devenu UMP, devenu les Républicains, ont été les deux grands partis structurants de leur camp respectif, la droite pour l'un, la gauche pour l'autre. Et pour un milliard de raisons, y compris pour la raison de l'émergence du populisme dans les années 2010, les deux ont considérablement réduit leur influence et une alternative, plusieurs alternatives ont émergé. Au centre, le macronisme. À l'extrême droite, le Rassemblement National dédiabolisé de Marine Le Pen. Et à gauche, la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon.
Du point de vue strict du respect de la loi et des affaires, malheureusement, ces trois alternatives ont quand même démontré qu'elles n'étaient pas franchement meilleures que l'UMP et le PS. C'est-à-dire que, ne serait-ce que sur le détournement de fonds publics au Parlement européen, on a le Modem, on a l'ERN et on a la France Insoumise qui ont fait l'objet d'enquêtes et dans d'autres affaires de condamnations diverses et variées. Il y a eu une condamnation pour la France Insoumise pour le truc de détournement de fonds ?
Non, il y a eu une information qui est en arrière.
Ce n'est pas pareil non plus, tu vois. Et puis, ce sera marrant à traiter le jour où il y en aura une.
On a l'air impatient, mais on n'y est pas.
Non, je ne suis pas impatient. Mais non, supprimez vos tweets. Donc, voilà, tout ça pour dire que les alternatives n'ont pas démontré. Et c'est intéressant ce que disait Fabrice Harfi sur le côté, mais vous faites système vous-même. Si tu prends le PS et les Républicains, ils ne sont pas très nombreux au Parlement. Maintenant, le système politique, c'est les autres aussi. Donc, cette loi, si elle est discutée, je suis très curieux de savoir ce que vont voter les macronistes. Parce que c'est eux qui vont être la clé du scrutin. Je suis curieux de voir les débats. Je suis curieux de voir si la France Insoumise reste sur cette ligne-là. Alors, oui, je peux dire
très incompris, la France Insoumise. Je pense à un move de merde de défendre cette ligne-là. Ah bah oui, oui. Moi, j'essaie de comprendre. Je me dis, tout à l'heure, il a été question de Dilma Rousseff. Je crois que c'est ça, le fond de la culture de Mélenchon. C'est ça. C'est Lula qu'il a connu au pouvoir et qu'il a connu ensuite en prison avec des histoires bizarres où la presse de droite s'était liguée pour monter une affaire trop chelou et avec de la corruption aussi, d'ailleurs, dans cette histoire. Jean-Luc Mélenchon, qui est très proche de cette culture sud-américaine et qui, voilà, Lula, c'est un mec qu'il a rencontré.
C'est dit, on peut des fois instrumentaliser la justice pour faire taire un opposant politique et qui, en plus, Lula a réussi à se faire réélire une fois sorti de prison. Donc, c'est pour ça que cette position, mais cette position, je trouve, elle ne marche pas en France. Il ne faut pas dire ça en France. Parce que les gens ne savent pas qui est Dilma Rousseff et même Lula, ils ne connaissent pas tellement l'histoire. On ne parle déjà pas beaucoup d'international en France. Mais alors, l'Amérique latine,
c'est lointain. Ça a été dévastateur pour Jean-Luc Mélenchon. Tous les articles qui titraient « Condamnation de Marine Le Pen ». Il a super parlé de ça,
le « law fair », il appelait ça et de comment aussi, avec la loi, même des multinationales peuvent attaquer ou de je ne sais pas quoi, la loi peut être utilisée par les dominants, par les pourris pour faire taire les alternatives de gauche. Mais bon, c'est inaudible en France. Ah oui, je suis d'accord. Mais au moins, je vous explique un peu que ce n'est pas juste. Non, non, ça a raison de dire d'autres stations. La première réaction des gens, ça a été de se dire « Il doit y avoir quelque chose à se reprocher. » Lui aussi, il doit y avoir des points d'adresse. Attends, pardon,
mais ça fait partie de l'analyse aussi. Le fait qu'il ait une information judiciaire ouverte pour des faits similaires à ceux de Marine Le Pen font qu'à mon avis... Et lui, il ne fout pas
les mains dans l'argent, lui. Après, dans ses équipes, il délègue tout, lui. Et avec l'argent de qui ? Il les paye. Je ne peux pas se dire que c'est un homme d'argent. C'est bien lui, quoi. Ça n'a vraiment pas son truc.
Si il gère l'argent par-dessus la jambe, c'est un peu aussi une partie du problème. D'où le fait qu'il y a une enquête. J'en sais rien. Peut-être que je vous prête des vertus. En l'occurrence, pour le coup, ce qu'a dit Fabrice Harfi est aussi tout à fait juste. Marine Le Pen, on est sur des millions d'euros. C'est un système de détournement d'argent. Jean-Luc Mélenchon, apparemment, on est sur deux ou trois contrats. Objectivement, ce n'est pas ouf. Ça n'a probablement pas été bien géré, etc. Donc, on est loin d'une condamnation similaire à celle de Marine Le Pen. D'autant qu'il n'y a même pas encore de traduction de Jean-Luc Mélenchon dans la justice.
On est encore à la phase de l'instruction judiciaire, de l'information judiciaire. Puis, on verra si un jour, un procureur s'en saisit.
Tu sais, je titi, je fais cette défendre parce que personne ne défend jamais Mélenchon sur un plateau. On en parlait tout à l'heure. Vas-y, fais le taf. Non, mais tu sais, parce que quand tu as Marine Le Pen qui est accusée de trucs, elle se défend. Ce qui était un argument de son père aussi. Et on lui donne les plateformes pour se défendre. Voilà, et son père disait toujours, moi, quand vous me traitez de facho, quand vous, vous m'insultez moi, vous insultez tous mes électeurs. Et c'est marrant, ça ne marche pas avec Mélenchon. Mélenchon, il se fait insulter sur tous les plateaux tout le temps et jamais personne pour dire, vous insultez tous les électeurs de Mélenchon. Mais bon, voilà.
Donc, j'essaie de temps en temps de me dire, allez, est-ce qu'on peut défendre Mélenchon ?
Je pense que c'est un peu la morale de cette histoire de Marine Le Pen. Il faut séparer l'élu de ses électeurs. Je pense qu'il faut être capable de reprocher à des élus des attentes à la probité sans que ça remette en cause la sincérité de ses électeurs qui sont probablement des gens très bien, qui ont sincèrement cru et qui ont voté avec enthousiasme. C'est pas le sujet. Non, mais voilà. Et c'est valable pour Marine Le Pen, c'est valable pour Jean-Luc Mélenchon, c'est valable pour Emmanuel Macron, c'est valable pour tout le monde. Voilà. On peut juger les gens dans ce pays, y compris les élus, sans que ce soit une atteinte à l'état de droit. Surtout les...
Non, mais voilà, les puissants, les dirigeants. Et quand je dis puissants, c'est pas que les gens qu'on n'aime pas. Voilà. C'est aussi les autres, ceux du camp duquel tu te revendiques, qui eux aussi doivent pouvoir être traduit devant la justice sans que ce soit une injure au peuple avec un P majuscule.
Ouais.