Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewFrançois Ruffin (sur YouTube)· 20 mars 2025 6 minAutoproduit

Ces crétins qui nous gouvernent : Episode 1 Ursula Von Der Leyen

Source d'origine 1 locuteur

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Comment dire autre chose que des crétins quand on t'entend Béron ? C'est Crétins qui nous gouvernent ! Épisode 1 ! Ursula von der Leyen ! C'est l'idiot qui nous gouverne, épisode 1, Ursula von der Leyen. Alors je voulais être poli, chercher imbécile, idiot, mais là, c'est l'Union Européenne, sa liste des droits de douane pour riposter aux USA. Ça fait une centaine de pages, il y a des milliers de produits qui sont concernés, genre les bidets, les bûches de Noël, les oscites, les chewing-gums, les dentilles friperies, les combinaisons de ski, les serpillères, les pantoufles, les tondeuses à gazon et peut-être mon préféré, le renne, la viande de renne.

Voilà comment on va riposter aux Américains. Mais est-ce qu'on a pour projet parce que c'est notre projet ! d'avoir la renaissance d'une industrie du bidet en France ou d'une industrie du chewing-gum ? Non ! Bon, alors pourquoi on fait ça ? Pourquoi elle fait ça, Ursula ? Parce qu'elle imagine seulement avoir un protectionnisme de rétorsion. D'ailleurs, tous les papiers, quand on interroge des commissaires européens ou des fonctionnaires de Bruxelles, c'est truffé de contre-offensives, de guerres commerciales. Sommes en guerre ! De conflits douaniers, et ainsi de suite.

Et donc, on perçoit le protectionnisme comme une industrie défensif à l'égard des États-Unis et pas du tout comme un outil offensif. Je choisis la solution offensive ! Comme un outil de construction. D'ailleurs, Ursula von der Leyen dit « Les droits de douane sont des taxes, ils sont mauvais pour les affaires et le sont plus encore pour les consommateurs. Des emplois sont menacés, les prix vont monter, personne n'a besoin de ça, ni en Europe, ni aux États-Unis. » Mais si on n'a pas besoin de ça, qu'on fasse autre chose. Et qu'est-ce qu'on devrait faire ?

On devrait faire, non pas un protectionnisme de rétorsion, mais un protectionnisme de construction en se demandant « Mais qu'est-ce qu'on veut avoir comme industrie dans notre pays ? » Si on veut maintenir une industrie sidérurgique, et bien c'est là-dessus qu'il faut protéger par des taxes aux frontières, par des barrières douanières, par des quotas d'importation. Si on veut retrouver une autonomie sur la chimie, c'est là-dessus qu'il faut protéger, encore une fois, par des taxes aux frontières, des barrières douanières, des quotas d'importation. Quels sont les 10, 50, 100, 150 produits ? Le masque, les médicaments sur lesquels on veut retrouver notre autonomie.

Mais ce n'est pas du tout la réflexion, et d'ailleurs il n'y a pas de réflexion qui est menée par Ursula von der Leyen et par l'Union européenne qui considère qu'au fond, toujours et encore, le libre-échange est la meilleure des solutions et que là, on va juste faire des ripostes temporaires et ciblées pour nuire à des États américains. Alors que c'est le libre-échange qui, en France, a largement tué notre économie, notre industrie, depuis 40 ans maintenant, en nous ramenant les usines à 10% du PIB. Qu'est-ce qu'on pourrait faire à l'égard des USA ? Ce n'est pas sur les marchandises qu'on peut gagner et qu'on peut les embêter. C'est sur les capitaux.

C'est en empêchant leurs fonds d'investissement anglo-saxons, de fonds de pension, de venir racheter des pans entiers de notre industrie, puisque dès qu'une start-up réussit en France, on la vend aux États-Unis. Ce sont 1 500 entreprises qui, ces 10 dernières années, ont été rachetées en France par les États-Unis. Évidemment, Alstom, que Emmanuel Macron a revendu pour la branche énergie à Général Électrique, mais aussi Exela, qui fabrique des composants électroniques nécessaires à l'industrie de défense, mais aussi la TECOER, qui est dans l'aviation militaire, mais aussi, on s'en souvient, le Doliprane, par exemple, qui a été revendu, là encore, à un fonds de pension américain.

Donc, c'est sur le capital qu'on pourrait rétorquer aux États-Unis et non pas sur la viande de reine ou le bidet. Et on pourrait, si on voulait avoir un symbole, quel serait le symbole qu'on pourrait interdire sur tout le continent européen ? Eh bien, ce sont les Tesla de Elon Musk qui vient juste en Europe pour expliquer qu'il faut voter avec l'extrême droite et qui se permet aux États-Unis de faire le salut nazi. Mais là-dessus, il n'y a rien. Alors là, ça, c'est prodigieux. C'est que, autant, on s'est dit qu'on allait taxer le brandy d'une Kentucky. Voilà, grande idée.

Et c'est pour ça qu'on a une riposte sur le cognac, puisque comme on taxe un alcool, eh bien, les Américains ont décidé de taxer un alcool. Bon, et c'est les Français qui en pâtissent. Eh bien, dans les centaines de pages où l'Union européenne prévoit des mesures douanières sur les produits américains, on a recherché. Il n'y a pas une seule fois car, voiture. Il n'y a pas une seule fois automobile. Automobile. Ça n'apparaît pas une seule fois dans les milliers de produits qui sont listés. Et pourquoi ? Pourquoi ? Alors que, évidemment, on importe des voitures américaines.

Je ne veux pas être trop suspicieux, mais quand même, il se trouve que les Allemands exportent beaucoup de voitures aux États-Unis, que c'est même le deuxième produit européen qui est exporté aux États-Unis, c'est-on les voitures en particulier, les Mercedes, les Audi, que Ursula von der Leyen est allemande. Et comme par hasard, comme par hasard, ce sont sur les produits agroalimentaires et notamment sur les alcools qu'on vient pénaliser les États-Unis qui ripostent sur les alcools et non pas sur les voitures Tesla de M. Musk, qui voudrait dire qu'il y aurait une riposte des États-Unis vraisemblablement sur les Mercedes en retour.

Peut-être qu'en vérité, von der Leyen n'est pas si crétine que ça, mais peut-être qu'elle défend les intérêts allemands, les intérêts de l'industrie allemande derrière ce type de mesures-là. En tout cas, la question mérite d'être posée. Et j'ai intitulé ça, ces crétins qui nous gouvernent, parce qu'en fond, je pense que nous sommes entrés dans une nouvelle ère, non pas d'aujourd'hui, mais déjà avec la crise Covid et déjà auparavant, qui réclament qu'on regarde autrement les règles de l'économie.

Or, on a encore à la tête de nos pays et à la tête de l'Union Européenne des hommes et des femmes qui pensent avec le monde d'avant, qui pensent avec le libre-échange, qui pensent avec la mondialisation, qui pensent avec la concurrence, qui pensent avec le marché. Et tant qu'on ne sort pas de tout ça, tant qu'on n'a pas des hommes neufs et des femmes neuves qui pensent le monde autrement qu'avec ces outils du passé, eh bien, on fonce dans le mur. Et c'est là ce que s'apprête à faire l'Union Européenne d'Ursula von der Leyen sur sa riposte aux mesures doyennes prises par Donald Trump. C'était ces crétins qui nous gouvernent, épisode 1. À bientôt.