"Les besoins s'accentuent depuis le début de la guerre", le Secours populaire lance un appel aux dons en Dordogne
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Vous avez donné le chiffre de 8000 personnes aidées par le Secours Populaire en Dordogne depuis le 1er janvier.
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C'est une forte augmentation par rapport aux années précédentes ?
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C'est-à-dire que déjà, il y avait une augmentation depuis plusieurs années ?
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Vous parlez du plein d'essence.
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C'est le prix des carburants et tout ce qui entraîne derrière l'inflation qui est en cause principalement ?
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Vous dites que la société est plus rude.
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« Vous avez donné le chiffre de 8000 personnes aidées par le Secours Populaire en Dordogne depuis le 1er janvier. »
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« L'année dernière, par exemple, on avait atteint les 8000 personnes en fin d'année. »
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« Donc là, le fait qu'on soit à 8000 au 15 avril, aujourd'hui on est à 8400, j'ai fait le compte avant de venir. »
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« C'est ça, on était sur une augmentation de 15-16% par an. »
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« les personnes seules, elles sont à 142 euros de reste à vivre par mois. »
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« Et les familles, c'est 262 euros en moyenne. »
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« La Périgueux, on aide plus de 3000 personnes. »
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« On est à 10% de la population de Périgueux aidée. »
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« Sur l'agglo de Périgueux, on a 4400 personnes. »
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« Bergerac aussi qui prend 18% d'augmentation. »
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Les difficultés croissantes face à l'inflation et l'augmentation des prix. Le Secours Populaire de Dordogne alerte. Le nombre de ses bénéficiaires a explosé ces derniers mois. On reçoit ce matin la secrétaire générale du Secours Populaire en Dordogne, Louis de Bergevin. Bonjour Lise Toussaint.
Bonjour. Vous avez donné le chiffre de 8000 personnes aidées par le Secours Populaire en Dordogne depuis le 1er janvier. C'est une forte augmentation par rapport aux années précédentes ? Oui, effectivement. L'année dernière, par exemple, on avait atteint les 8000 personnes en fin d'année. Donc là, le fait qu'on soit à 8000 au 15 avril, aujourd'hui on est à 8400, j'ai fait le compte avant de venir. C'est une catastrophe pour ce que ça veut dire au niveau de l'état de la population. Ça veut dire qu'à la fin de l'année, si ça continue comme ça, on pourrait être à 100%, 150% d'augmentation ? On ne se rend pas compte parce que là, c'est en train de prendre une courbe exponentielle.
Et à un moment donné, il va se poser la question comment on fait pour aider tous ces gens avec des moyens constants aussi ? Alors que ça augmentait aussi les années précédentes. C'est-à-dire que déjà, il y avait une augmentation depuis plusieurs années ? C'est ça, on était sur une augmentation de 15-16% par an. Oui, mais on le sent tous, je pense, dans notre entourage, même nous-mêmes. Ça devient compliqué de finir les mois en positif. Donc là, par exemple, les personnes qu'on aide, les personnes seules, elles sont à 142 euros de reste à vivre par mois.
Donc vous imaginez, vous faites un plein d'essence ou vous remplissez un peu d'essence et vous faites un peu de course, c'est fini pour le mois. Et les familles, c'est 262 euros en moyenne. Donc c'est rien pour vivre. Vous parlez du plein d'essence. C'est le prix des carburants et tout ce qui entraîne derrière l'inflation qui est en cause principalement ? Alors on voit bien que ça accentue depuis le début de la guerre, effectivement. Par contre, globalement, il y a la société qui est de plus en plus dure, de plus en plus rude. Quand on a un accident de la vie aujourd'hui, ça devient très compliqué de rebondir.
On remarque que les gens qui viennent nous voir, souvent, ont eu un problème il y a trois mois. Ça peut être un arrêt maladie, ça peut être une perte d'emploi, ça peut être un accident, ça peut être un divorce, un décès dans la famille. Et c'est le début de la fin, enfin de la fin, non pardon, c'est le début de la dégringolade. Et ils viennent nous voir alors qu'ils ont, limite, ils auraient dû venir plus tôt, en fait. Et puis bien sûr, il y a les situations de la société qui évoluent aussi. On a de plus en plus de personnes seules, de plus en plus isolées, à tout âge, mais notamment chez les jeunes.
Et puis on a de plus en plus de familles monoparentales, avec souvent des mères qui travaillent à temps partiel. Et ça devient hyper dur de pouvoir vivre dignement dans ces conditions. Vous pointez les personnes isolées, parce qu'avant, elles demandaient de l'aide, un peu d'aide financière, quand on a quelques difficultés à la famille et aux amis. Maintenant, elles ne peuvent plus le faire. C'est ça, en fait, à la fois, les familles et les amis sont elles-mêmes dans des situations de plus en plus compliquées. Il y a aussi l'éloignement géographique.
On voit des personnes qui sont vraiment seules, soit de leurs enfants qui sont partis, soit de leurs parents, parce qu'ils sont venus faire des études à Périgueux, par exemple. Et puis, il y a une difficulté aussi de dire « j'ai besoin d'aide ». On se retient de le dire. Et puis, effectivement, c'est compliqué pour les autres de nous aider aujourd'hui. Vous dites que la société est plus rude. C'est-à-dire que tout le monde a des difficultés financières ? Oui. Nous, c'est vraiment ce qu'on constate. Bien sûr, il y a des gens qui ne sont pas concernés. Mais globalement, quand on en parle, quand on demande de l'aide à chacun, tout le monde nous dit qu'il est en difficulté.
C'est paradoxalement les gens qui sont le plus en difficulté qui vont être les plus généreux pour aider les autres. Mais malgré tout, ça devient très compliqué pour tout le monde. Je pense que tous ceux qui nous écoutent en ce moment pensent à eux-mêmes, pensent aux gens qu'ils connaissent. Et j'ai envie de dire, il n'y a pas besoin de faire de dessin. Vous parlez des personnes isolées qui ont le plus de difficultés. C'est à la campagne, en ville, qu'on rencontre des gens qui viennent vous voir, des bénéficiaires, qui ont besoin de vous venir vous voir parce que c'est plus difficile ? Alors, il y a les deux. C'est-à-dire qu'en ville, ça explose. La Périgueux, on aide plus de 3000 personnes.
Donc, on est à 10% de la population de Périgueux aidée. Je parle de Périgueux intramuros. A Périgueux, vous aidez un habitant de la ville sur dix. C'est ça, exactement. Sur l'agglo de Périgueux, on a 4400 personnes. Et puis, vous allez avoir Bergerac aussi qui prend 18% d'augmentation. Sarlat, on est en train de s'installer. Donc, forcément, ça augmente aussi mécaniquement. Mais vous allez avoir des endroits à la campagne comme Aimé, comme Montpont, comme Saint-Léon-sur-Lille, où là, les gens aussi, ça devient très compliqué. Eux, ils se prennent de plein fouet aussi l'augmentation de l'essence et l'isolement. Alors là, même, on parle des jeunes, on peut aussi parler des personnes âgées.
Avant, aller voir sa fille ou son fils, faire 20 bornes pour aller les voir, voir les petits-enfants. Aujourd'hui, il faut calculer par rapport à l'essence. Est-ce que je peux vraiment me permettre d'aller voir mes petits-enfants aujourd'hui ? Donc, on se prive de certaines sorties, enfin, ce n'est même pas des sorties, d'aller voir des proches à cause du prix du carburant. C'est ça, on s'isole socialement y compris. On s'isole complètement de plus en plus. Et on a du mal aussi à exprimer qu'on a des besoins parce qu'on est seul. Et plus on est seul, plus la vie, elle est dure. C'est pour ça que je parle aussi d'une vie rude. C'est financièrement et c'est aussi socialement.
Vous, Lys, tout ça en tant que secrétaire général du Secours populaire de Dordun, ça vous inquiète ? Est-ce que vous allez réussir à suivre ? Alors, on se pose la question. Là, on réfléchit toujours collectivement au Secours populaire. Donc, on va essayer de voir comment on fait. Parce que le but, ce n'est pas de dire à quelqu'un « Non, désolé, tu arrives trop tard » ou « Non, tu dépasses de 2% un palier imaginaire qu'on aurait fixé au-dessus duquel on n'a pas besoin d'aide ». Donc, c'est de voir comment on fait pour partager. Peut-être faire des collectes. On n'essayait de pas trop en faire parce qu'on sait que d'autres associations en font. Mais à un moment donné, il faut qu'on...
Et puis aussi, on aimerait bien que les autorités publiques aussi se saisissent de ça. On est très peu aidés par les communes en Dordogne. Aujourd'hui, vous avez besoin d'avoir plus de dons, plus de nourriture ? C'est ça. Il faudrait que tout le monde, en fait... La solidarité, elle ne doit pas reposer uniquement sur les associations. La solidarité, c'est quelque chose qui traverse toute la société. C'est les employeurs qui ont des salariés. C'est les collectivités qui ont une responsabilité envers les citoyens. C'est l'État. Et bien sûr, c'est les citoyens. Nous, on a de la chance. On a de plus en plus de donateurs. On fait un peu exception.
Et je vous le disais, c'est des gens qui n'ont pas beaucoup de moyens, qui nous donnent 40 euros ici, 50 euros là. Et c'est ça, en fait, qui, bout à bout, fait qu'on y arrivera. Et donc, vous lancez un appel ce matin sur l'antenne d'ici Périgord pour qu'on vous aide, qu'on aide les bénéficiaires qui sont donc de plus en plus nombreux au Secours Populaire en Dordogne. On a déjà dépassé en 5 mois le nombre de bénéficiaires total de l'année dernière. Merci beaucoup, Lise Toussaint, secrétaire générale du Secours Populaire de Dordogne.
Merci. Vous retrouvez cette interview avec les coordonnées du Secours Populaire sur ici.fr et sur l'application.