François Hollande, l’ambition d’un retour à l’Élysée en 2027
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Alors vous parlez de courage politique, bon bah nous on va parler politique. Et alors, en 2027, vous savez, moi j'ai grandi avec François Hollande, et bien l'histoire est un éternel recommencement. François Hollande se prépare à l'élection présidentielle. Alors je vous propose d'écouter Karl Meus, rédacteur en chef du Figaro Magazine, sur évidemment la multiplication de ses candidatures à gauche, avant de justement rentrer dans cette émission. J'ai également vu que Bernard Cazeneuve dévoilait sa lettre pour 2027, mais la France les attend. Je vous propose d'écouter Karl Meus.
C'est curieux ce besoin chez les gens de gauche de vouloir tous être candidats à la présidentielle. L'espace politique le plus petit concentre le nombre de candidats le plus élevé. Toutes ces personnalités appartiennent à ce qu'on appelle la social-démocratie, le centre-gauche, la gauche non-mélenchoniste, ou pour reprendre leur expression, la gauche du gouvernement. Ils répètent tous qu'il ne doit y avoir qu'un seul candidat pour avoir une chance d'y arriver, et pourtant ils organisent le trop-plein en s'ajoutant chacun à la liste.
Tous pensent qu'Edouard Philippe va libérer un espace politique au centre-gauche, obligé qu'il sera de partir sur sa droite pour contrer la candidature de Bruno Retailleau. La politique, c'est une course de chevaux couplée à un poker menteur. Le plus faible peut imposer ses conditions au plus fort, s'il arrive à lui faire croire que son ralliement est indispensable pour l'emporter.
Donc chers auditeurs, qu'est-ce qui s'est passé ? François Hollande a donné rendez-vous à plus de 160 personnalités hier soir dans les jardins de la question du Sénat. François Hollande qui est également redevenu personnalité politique préférée des Français dans la dernière vague du baromètre IFOP Paris Match. Il prépare sa candidature, il donne rendez-vous secrètement à ses soutiens, donc anciens collaborateurs de cabinet, des hauts fonctionnaires, des élus, mais également des figures du monde du sport et de la culture. Alors jusqu'ici, François Hollande était plutôt discret.
Là, on se dit qu'il va quand même essayer d'embrayer, essayer de mettre de l'ombre, notamment sur les autres candidats, dont notamment Raphaël Glucksmann. Mais alors, Elliot Mamann, moi j'ai une question. Il est populaire dans les sondages d'opinion. On a le sentiment que les Français oublient quand même très rapidement, parce qu'à la fin de son mandat, ça n'était pas ça. Et pourtant, il est crédité de seulement 8 à 9% d'intention de vote quand on regarde les sondages. Comment on explique l'écart entre la sympathie qu'il inspire, c'est-à-dire qu'on a tous envie de passer un déjeuner avec François Hollande, ça a l'air très drôle, mais son incapacité à convaincre dans les urnes ?
Oui, absolument. La différence entre la cause de popularité et les intentions de vote, c'est quelque chose qui est assez passionnant en sociologie électorale et qu'on distingue assez régulièrement. Ça dit quelque chose du désarroi politique dans lequel se trouvent les Français à l'heure actuelle, parce que finalement, le responsable politique pour lequel ils ont le plus d'estime, ou du moins, comme vous dites, avec lequel ils se verraient le plus partir en vacances, n'est pas nécessairement celui manifestement auquel il leur confierait les clés de l'État.
Donc ça, c'est quand même assez significatif, même si, vous savez, il y a 2-3 ans, on avait vu que sur l'indice de la sympathie pour boire une bière, Jordan Bardella était monté à la première place, ce qui montre en l'occurrence une espèce de congruence avec ce qu'on voit en revanche dans les intentions de vote. Donc des fois, il y a une espèce de cohérence, mais comme vous le rappelez, ça aussi, ça met en exergue cette espèce de désemparement politique que ressentent les Français. François Hollande, dans une tournure assez inédite, n'était même pas parvenu à se présenter à sa succession en 2017.
Et désormais, il semble qu'il soit l'un des mieux disposés à gauche pour réussir à reprendre la chose. Parce que ce qu'on voit aussi, c'est que plus la gauche essaye de s'organiser, plus c'est tout de même un désastre total. La question de la primaire, par exemple.
Il n'y participera pas, d'ailleurs.
Exactement, non, mais c'est ça, c'est une implosion. L'intégralité des candidats qui ont plus ou moins une chance de s'imposer à gauche disent qu'ils ne vont pas y participer. J'ai vu que même Clémentine Autain, qui pourtant est en colère, vous savez, l'ancienne députée insoumise qui a quitté les filles il y a quelque temps, elle est en colère contre les filles, mais vraisemblablement, elle se dit qu'au vu des dispositions actuelles, elle pourrait retourner soutenir Jean-Luc Mélenchon de manière extra-partisane au cours de la prochaine campagne.
Donc on voit aussi qu'en effet, le socle de la social-démocratie, comme disait Karl Meux, ça va vraiment se jouer un peu entre Raphaël Glucksmann et François Hollande. Et vu qu'Hollande a le capital sympathique, Glucksmann n'a pas réussi à travailler.
Vincent Roy, trapping pour Hollande 2027.
Non mais il y a un phénomène quand même. La gauche, aujourd'hui, enfin, songez déjà, repartons de 2022, au score de la gauche en 2022. 1,7%. Voilà, 1,7%. Anne Hidalgo. La messe était dite. Bon, depuis lors, la gauche, en France, c'est Jean-Luc Mélenchon. C'est personne d'autre. Alors, on a vu émerger M. Glucksmann. On voit que ça ne marche pas bien. Et la peur, je pense, du Parti Socialiste, et même d'une partie des centristes, c'est d'avoir un deuxième tour qui opposerait tout à la fois Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Alors, quel est le moyen de siphonner Jean-Luc Mélenchon et de l'empêcher d'être au deuxième tour ? Il s'appelle François Hollande.