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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 10 décembre 2021 8 minComplaisantFond programmatiqueEurope & internationalSolidarités & familleÉducation & rechercheNumérique

Marie Trellu-Kane : Le service civique européen "devrait faire partie de l'éducation de tous les jeunes"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Défensif 5 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:01OuverteRéponse directe

    Emmanuel Macron propose la création d'un service civique européen pour tous les jeunes de moins de 25 ans.

  • 0:41FerméeRéponse directe

    C'est vous qui avez soufflé cette idée à Emmanuel Macron ?

  • 1:44OuverteRéponse directe

    Et dans votre esprit, à quoi il devrait ressembler ce service civique européen ?

  • 2:11FerméeRéponse directe

    Sur la base du volontariat, ce ne serait pas obligatoire ?

  • 3:01OuverteRéponse directe

    Mais est-ce que ça peut se développer dans tous les pays d'Europe ?

  • 4:31OuverteRéponse directe

    Et vous le disiez, vous l'avez évoqué tout à l'heure, ce service civique en France, il est indemnisé à quelle hauteur ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:43Invité politiqueFait
    « Je crois que nous sommes un certain nombre mais nous faisons effectivement partie de ceux qui soufflaient ça fort. »
  • 1:50Invité politiqueFait
    « nous on voit ça comme une année de césure dans la vie de tous les jeunes, entre 16 et 25 ans »
  • 2:20Invité politiquePromesse
    « Mon ambition, c'est que ça fasse partie de l'éducation de tous les jeunes. »
  • 2:24Invité politiqueChiffre
    « on peut viser, se donner l'objectif que 80% d'une classe d'âge arrive au bac »
  • 2:30Invité politiqueChiffre
    « une classe d'âge de 5 millions, une classe d'âge de jeunes européens, c'est 4,7 millions de jeunes »
  • 2:34Invité politiqueChiffre
    « Erasmus touche 1 million de jeunes, les dispositifs de mobilité européenne aujourd'hui, ce n'est même pas 50 000 jeunes »
  • 3:33Invité politiqueChiffre
    « le service civique français va toucher cette année environ 200 000 jeunes »
  • 3:44Invité politiqueChiffre
    « des taux de satisfaction de l'ordre de 98% »
  • 4:35Invité politiqueChiffre
    « Il est indemnisé à hauteur de 580 euros par mois. »
  • 7:14Invité politiqueFait
    « Oui, c'est à la fois le constat qui ne fait que de s'accélérer qu'en France »

Temps de parole

  • Invité politique77 %
  • Présentateur23 %

3,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:01
Présentateur

Il est 6h20, Emmanuel Macron propose la création d'un service civique européen pour tous les jeunes de moins de 25 ans. Le chef de l'Etat veut profiter de la présidence française du Conseil de l'Union Européenne qui débute le 1er janvier pour généraliser ce dispositif déjà en place en France et c'est grâce à notre invité que ça existe. Bonjour Marie Trélucan. Bonjour. C'est vous qui êtes à l'origine du service civique en France avec votre association Unicité. Vous venez de publier également un livre sur le sujet qui s'intitule Liberté, Égalité et, point d'interrogation, pour un autre service national, un service civique européen. C'est vous qui avez soufflé cette idée à Emmanuel Macron ?

0:43
Invité politique

Je crois que nous sommes un certain nombre mais nous faisons effectivement partie de ceux qui soufflaient ça fort. A l'oreille du président, c'est l'année européenne de la jeunesse. Et l'enjeu est maintenant assez important de faire en sorte que d'une part les jeunes de toute l'Europe puissent consacrer, c'est un peu ça dont on parle, que les jeunes d'Europe tous puissent consacrer une année de leur vie à la fois à servir l'intérêt général, à servir les autres et à la fois découvrir la mobilité et apprendre autrement. C'est ce qui se passe pour les jeunes qui s'engagent ici en France.

Pendant une année, ils servent des personnes âgées, des personnes en situation de handicap, ils contribuent à construire la société et en même temps, ils développent des compétences, une expérience qui les aide à rebondir. Et au niveau européen, l'enjeu est majeur parce qu'il y a aussi un enjeu de réappropriation de l'Europe par les jeunes. Et donc aider les autres en apprenant soi-même et en découvrant à la fois son territoire et l'Europe, c'est un peu ça dont il s'agit et nous sommes très convaincus qu'il faut le faire. Donc ce serait bon aussi pour l'Europe ? Ce serait bon et pour l'Europe, et pour les jeunes, et pour la fraternité en Europe.

1:44
Présentateur

Et dans votre esprit, à quoi il devrait ressembler ce service civique européen ? Comment vous voyez la chose ?

1:50
Invité politique

Écoutez, nous on voit ça comme une année de césure dans la vie de tous les jeunes, entre 16 et 25 ans, qui a 16 ans quand il a arrêté l'école un peu jeune, qui peut être souvent la plupart après le bac ou l'équivalent du bac pour les autres pays européens, pour faire une année de césure. Vous le voyez dans beaucoup de pays, prendre un temps dans sa vie pour réfléchir à ce qu'on veut faire.

2:11
Présentateur

Sur la base du volontariat, ce ne serait pas obligatoire ?

2:15
Invité politique

Mon ambition, c'est que ça fasse partie de l'éducation de tous les jeunes. Mais vous savez, c'est comme le bac, on peut viser, se donner l'objectif que 80% d'une classe d'âge arrive au bac, et là se fixer l'objectif que 80% d'une classe d'âge de 5 millions, une classe d'âge de jeunes européens, c'est 4,7 millions de jeunes, donc on a de la marge. Erasmus touche 1 million de jeunes, les dispositifs de mobilité européenne aujourd'hui, ce n'est même pas 50 000 jeunes, donc on a vraiment un grand pas à faire.

L'ambition, c'est que ça fasse partie de l'éducation de tous les jeunes en Europe, de consacrer un temps à servir l'intérêt général, et à apprendre à la fois par l'expérience de mobilité, mais par l'expérience de servir, en étant indemnisée, en ayant de quoi vivre pendant cette année-là, évidemment, à l'image de ce qui se fait, et en construisant sur la réussite du service civique français.

3:01
Présentateur

Mais est-ce que ça peut se développer dans tous les pays d'Europe ? Est-ce qu'il n'y a pas des contraintes particulières ? En France, par exemple, qui a une grande expérience de ça, il y a un maillage associatif important qui permet ça, il y a aussi une structure, une agence du service civique, est-ce que c'est duplicable partout ?

3:16
Invité politique

De toute manière, c'est une ambition et une trajectoire, c'est ce qu'a dit, je crois, hier le président de la République, réfléchissons à aller vers là. Il y a des dispositifs de service civique dans plusieurs pays européens, pas dans tous, dans 4 ou 5, l'Allemagne, l'Italie, le Luxembourg, notamment.

La France est vraiment pionnière et leader sur ce sujet-là, puisque le service civique français va toucher cette année environ 200 000 jeunes, donc on est encore loin de la classe d'âge, mais c'est un vrai socle sur lequel construire, avec des taux de satisfaction de l'ordre de 98%, avec des marges de progression énormes, parce que vous parlez du secteur associatif, mais aussi dans les écoles, dans les hôpitaux, dans les services publics de base, qui accueillent la population, lutter contre la fracture numérique. Il y a des millions de personnes âgées isolées, donc on a lancé tout un mouvement autour du service civique en solidarité aux seniors. Donc la masse des besoins est énorme.

Et ça, elle existe dans tous les pays ? Il existe dans tous les pays d'Europe. Là, pour nous, l'idée, c'est de dire que ce sera une année de césure. Peut-être qu'un temps de cette année de service civique, c'est en bas de chez soi dans son territoire, et un autre temps, c'est en Europe, pour faire prendre conscience que finalement, on appartient à son pays, on appartient aussi à l'Europe. Et je régénérerai ce sentiment d'appartenance à une destinée commune au niveau européen, c'est majeur, si on veut continuer à construire l'Europe tous ensemble.

4:31
Présentateur

Et vous le disiez, vous l'avez évoqué tout à l'heure,

4:32
Invité politique

ce service civique en France, il est indemnisé à quelle hauteur ? Il est indemnisé à hauteur de 580 euros par mois. Donc il faudra sûrement avoir une réflexion globale au niveau européen.

4:43
Présentateur

Parce que par exemple, c'est deux fois plus que le SMIC en Bulgarie. Voilà, c'est ça, exactement.

4:46
Invité politique

Donc ça dépend du niveau de vie dans les différents pays. Mais l'Europe peut être tout à fait leader sur le sujet. C'est vrai que c'est l'année européenne de la jeunesse, mais la jeunesse est un enjeu majeur post-crise. On sait les défis qui sont les nôtres, et les jeunes ont envie de s'engager. Vous parliez volontariat, obligation, il y a une envie d'engagement chez les jeunes qui est renforcée chaque année, sur les enjeux écologiques bien sûr, et ce n'est pas que sur les réseaux sociaux ou dans les manifestations, c'est aussi des jeunes qui s'engagent concrètement sur le terrain.

Là, l'idée c'est de démocratiser ça, et de permettre à tous les jeunes, y compris ceux qui sont en bas de l'échelle et qui se battent, en ayant parfois eu des parcours difficiles, de rebondir grâce à ça. Le service civique français le montre. Des jeunes qui partent de très loin, se reconstruisent en donnant aux autres, en ayant 8 mois d'expérience sur le terrain, d'utilité sociale, finalement ils regagnent confiance en eux, ils regagnent confiance en l'avenir,

5:38
Présentateur

et ils sont vraiment transformés.

5:40
Invité politique

Donc c'est gagnant à tous les niveaux, puisqu'ils aident les autres, et puis eux-mêmes se reconstruisent, se remobilisent, et ils gagnent de l'expérience qui les aide à rebondir derrière. Donc je pense que tout le monde a à y gagner.

5:52
Présentateur

Et en plus, là, ils auraient l'occasion d'aller à l'étranger.

5:54
Invité politique

En plus, voilà, une question de mobilité européenne, et on le sait très bien, les dispositifs existants sont quand même très socialement discriminés, et touchent plus les étudiants, les gens de milieux favorisés. Et là, en imaginant un service civique, sur par exemple 12 mois, où on fait un temps chez soi et un temps en Europe, ça permet à des jeunes qui n'ont jamais quitté leur territoire de aussi vivre la mobilité, et que ça ne soit pas réservé qu'à certains.

6:17
Présentateur

Et pour essayer de faire avancer cette idée lancée hier par le chef de l'État, est-ce qu'Emmanuel Macron vous sollicite ou va vous solliciter dans les prochaines semaines ? Parce que vous êtes quand même l'une des meilleures spécialistes de ce sujet, pour la mise en place concrète. Oui, j'espère bien qu'il va nous solliciter.

6:31
Invité politique

Pour le moment, pas de contact officiel. Pour le moment, c'est nous-mêmes qui avons fait cette proposition, et au ministre Beaune, et collectivement avec d'autres, il a parlé des jeunes européens, il y a effectivement ce mouvement qu'il a proposé aussi. Moi, je suis en lien avec pas mal de mouvements de jeunes, un collectif qui s'est mobilisé aussi beaucoup sur cette question-là, évidemment les agences d'État. Mais oui, c'est vrai que les belles idées, l'enfer peut être pavé de bonnes intentions, donc c'est vrai que sur le comment, c'est important de bien penser à la durée, au comment, à qui, où, faire quoi.

Et c'est là-dessus qu'effectivement, on peut être utile en ayant 25 ans d'expérience sur le terrain.

7:08
Présentateur

Voilà, cette belle idée, c'est ce que j'allais dire. Vous l'avez développée en France il y a 25 ans, et c'est une idée que vous avez trouvée aux États-Unis, c'est ça ?

7:14
Invité politique

Oui, c'est à la fois le constat qui ne fait que de s'accélérer qu'en France, c'est pour ça que le lit s'appelle Liberté, Égalité, et qu'il y a un vrai sentiment de vide, de fraternité, et que je pense que ça s'apprend sur le terrain en aidant et en se rendant utile, et en ayant cet acte, en vivant concrètement l'expérience de fraternité, qu'on l'apprend, et qu'on a besoin de relancer cette école-là.

Et oui, on l'avait découvert aux États-Unis sur la base d'une expérience qui mélange des jeunes de différentes communautés culturelles et sociales, et qui pendant une année, en aidant les autres, finalement apprennent à vivre ensemble, et je pense que c'est exactement ça dont nous avons besoin ici en France aussi.

7:50
Présentateur

Merci beaucoup Marie Trélucan, fondatrice d'Unicité, je redonne le titre de votre livre « Liberté, Égalité et ? » pour un autre service national. Vous étiez l'invité du 5-7.