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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 17 janvier 2024 22 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergieÉducation & rechercheÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Christophe Béchu : "Critiquer les propos du Président est un exercice assez classique"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 82 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:35OuverteRéponse directe

    Quel cap a fixé le président lors de sa conférence de presse ?

  • 1:27OuverteRéponse directe

    L'uniforme, la Marseillaise, la régulation des écrans : est-ce la réponse aux besoins d'ordre et d'autorité ?

  • 2:53RelanceRéponse partielle

    Que répondez-vous à Sophie Vénétité (SNES-FSU) qui trouve le discours affligeant ?

  • 4:05OuverteRéponse directe

    Que signifie le slogan "Pour que la France reste la France" ?

  • 5:51RelanceRéponse partielle

    L'écologie n'a pas été évoquée dans le propos liminaire : est-ce un abandon du cap écologique ?

  • 8:33OuverteRéponse directe

    Les normes environnementales sont-elles visées par la suppression des normes annoncée par le président ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:46Invité politiqueFait
    « un tournant du quinquennat, qui est à la fois dans une continuité de ce qu'il a initié depuis 2017 »
  • 6:40Invité politiqueFait
    « il a été à ma connaissance le premier président de la République dans ce pays à évoquer un sujet de transition écologique qui était jusqu'à maintenant le parent pauvre »
  • 7:30Invité politiqueFait
    « le président a présenté la planification écologique. C'est à la fois la première fois que notre pays se dote d'un outil de ce type »
  • 8:46Invité politiqueFait
    « Il vise par définition toutes les normes »
  • 8:56Invité politiqueFait
    « On a aujourd'hui des restrictions en matière des curages des cours d'eau pour des raisons qui sont des raisons écologiques »
  • 9:12Invité politiqueChiffre
    « on se complique la vie pour protéger les populations quand on a des inondations. Il ne s'agit pas de dire qu'on ne fait plus rien, il s'agit de passer de 9 mois à 6 semaines »
  • 10:43Invité politiqueFait
    « il faut qu'on mette en place un établissement public de bassins qui permette de mettre tout le monde sous une seule bannière »
  • 11:04Invité politiqueFait
    « en assumant le fait qu'il y a des secteurs où on pourra racheter les maisons de ceux qui sont dans des cuvettes qui risquent d'être inondées à nouveau, en les indemnisant »
  • 13:57Invité politiqueFait
    « On n'abandonne absolument pas le renouvelable. On est bien sur une accélération du renouvelable »
  • 14:35Invité politiqueFait
    « il consacre le fait du choix qui est fait, de relancer la filière nucléaire parce qu'il n'y a pas de schéma aujourd'hui »
  • 16:41Invité politiqueFait
    « il faut qu'une partie de ces hausses, on les retrouve, parce que l'enjeu, ce sont les investissements qu'on doit faire »

Temps de parole

  • Christophe Béchu62 %
  • Invité20 %
  • Présentateur11 %
  • Auditeur3 %
  • Auditeur 23 %

1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien le ministre de la Transition écologique et de la cohésion des territoires. Vos questions sont attendues au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Christophe Béchut, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro au lendemain de la conférence de presse du président de la République, au cours de laquelle il a exposé les grands axes des trois prochaines années de son second quinquennat. Le président s'est invité pendant 2h20 chez les Français, en prime time, à la télévision, à la radio aussi. Dites-nous, selon vous, quel était le message ? Quel cap a-t-il fixé ?

0:39
Christophe Béchu

D'abord celui de montrer qu'un tournant du quinquennat, qui est à la fois dans une continuité de ce qu'il a initié depuis 2017, mais qui est marqué par la nomination de Gabriel Attal, d'un gouvernement resserré, d'un gouvernement jeune, il n'a à la fois rien perdu de sa volonté de continuer à réformer le pays, et il a fixé une liste de nouveaux défis et de nouveaux caps qui viennent compléter ceux sur lesquels il s'est fait élire et réélire par les Français en 2017 et en 2022.

Et cet exercice utile, précieux, en début d'année, quelques jours avant la déclaration de politique générale de Gabriel Attal, qui va avoir l'occasion de détailler un calendrier de réformes, avec des temporalités, avec des précisions sur un certain nombre de sujets, il fixe, il pose le cadre, et en ce début d'année, c'est particulièrement précieux, pas seulement pour le gouvernement, mais plus largement pour expliquer au pays les grands thèmes et les grands sujets sur lesquels on va travailler cette année.

1:27
Invité

Alors justement, les grands thèmes et les grands sujets, principalement et avant tout, il y a l'école. Emmanuel Macron a évoqué une France plus juste et plus forte, il a surtout, au fond, dans son propos liminaire, notamment, parlé d'école, parler des jeunes, parler des enfants, des écrans, en mettant l'uniforme, la marseillaise, la régulation des écrans, au cœur de ces propositions. C'était ça la réponse, l'uniforme, la marseillaise, la régulation des écrans, c'est sa réponse aux besoins d'ordre et d'autorité de la France, c'est ça le grand cap ?

1:59
Christophe Béchu

C'est un des caps. Ce que je veux dire, c'est qu'on a bien vu, y compris il y a quelques mois, avec les émeutes, avec les critiques qui ont pu arriver au moment du dernier classement PISA, avec ce qu'on constate, qu'il y a un besoin de soutenir notre école, de faire en sorte aussi de remettre un cadre qui soit un cadre d'autorité.

Alors j'entends ceux qui vont critiquer telle ou telle mesure, mais à un moment, entendre un président de la République qui se penche sur un sujet qui, dans beaucoup de familles, inquiète, qui est celui de la place des écrans dans la vie des enfants, c'est plutôt quelque chose qui me réjouit, parce que ça montre une connexion avec le terrain et une capacité à s'interroger tous azimuts sur ce qui peut relever d'un besoin de cadre et d'autorité, sur ce qui peut relever parfois du symbole, et je dirais aussi des moments républicains dans lesquels on fait nation quand on voit à quel point il y a des choses qui sont susceptibles de se déditer, et en même temps de regarder en face ce que sont des nouveaux défis pour les familles et pour l'école.

2:53
Présentateur

Sophie Vénétité, la secrétaire générale du syndicat SNES-FSU, sur l'école, a trouvé ce discours assez affligeant. Il est consternant de voir ce président qui disserte sur l'école du passé, alors qu'on est quasiment dans une situation d'effondrement de l'école publique, dit-elle. Que lui répondez-vous ?

3:13
Christophe Béchu

Je réponds que l'exercice qui consiste à critiquer les propos du président de la République est assez classique au lendemain d'une intervention. Je réponds que le fait d'avoir des organisations syndicales qui, par principe, considèrent même parfois que les politiques ne devraient pas se mêler de ce qui concerne de l'école, est là aussi une figure rhétorique assez classique. Mais sur le fond, reprocher au président de la République qui a lancé le dédoublement des classes, en particulier de CP et de moyenne section dans les quartiers prioritaires. Reprocher à un président de la République qui a remis des moyens budgétaires dans les écoles.

Reprocher à un président de la République qui vient d'annoncer des milliards d'euros qui vont être consacrés à ce qu'on puisse rénover thermiquement les 40 000 écoles de ce pays. De ne pas se préoccuper d'école, ça relève sincèrement d'une pure figure de style.

4:05
Invité

Et sur ce slogan qui a beaucoup fait parler depuis hier, qui l'a utilisé, qui l'a revendiqué, Emmanuel Macron, pour que la France reste la France, slogan qui a déjà été utilisé par LR, par Eric Ciotti, même par Eric Zemmour. Vous avez compris ce que ça veut dire pour que la France reste la France ? Quel est le message ? Qu'elle n'est plus la France ?

4:24
Christophe Béchu

Je ne crois pas du tout ça. J'ai été extrêmement surpris, si vous voulez, qu'on aille chercher la paternité sémantique d'une phrase de cinq mots. C'est comme si on considérait qu'on ne peut par exemple plus utiliser Merci pour ce moment au motif que ça a été le titre d'un ouvrage célèbre et qu'on a en quelque sorte des droits d'auteur à verser à celle qui l'aurait dit pour la première fois.

4:44
Présentateur

Politique, les mots qui sont chargés.

4:46
Christophe Béchu

Oui, mais ce que je dois dire, c'est qu'il faut quand même qu'on fasse attention à ne pas aller charger, y compris des phrases qui ont le mérite de la simplicité, en leur prêtant des sous-entendus qu'elles n'ont pas.

4:56
Invité

Mais pour que la France reste la France, oubliez les comparaisons avec les autres. Pour que la France reste la France, ça voudrait dire qu'elle ne l'est plus ?

5:04
Christophe Béchu

Je vous réponds. Il ne vous aura pas échappé qu'on est dans des désordres géopolitiques, avec le retour de la guerre en Europe qui semblait désimpensé, avec la pression du terrorisme, avec un sentiment à la fois global que le monde occidental aujourd'hui est en perte de vitesse, avec des interrogations sur la place, y compris parfois, sur l'actualité des valeurs qui peuvent être défendues, y compris de la démocratie, qui s'invite ensuite, chez nous, sur les traditions, sur ce que sont nos identités, nos valeurs.

Et donc, que le président de la République prenne le sujet à bras-le-corps en disant qu'il faut à la fois qu'on avance dans la modernité et en même temps qu'on soit capable de s'appuyer sur le génie de ce qui a fait ce pays, non seulement ça ne me choque pas, et je trouve que cette phrase le résume bien.

5:49
Invité

Christophe Véchut, venons-en à votre portefeuille. Alors, vous n'étiez pas parmi les ministres présents hier, d'ailleurs ça a été relevé par une question de journaliste, et pour cause, vous étiez à la cellule de crise sur la neige, le verglas et les intempéries, on va en parler dans un instant, et ensuite vous étiez au Sénat parce qu'il y avait un débat sur la transition écologique, si j'ai bien compris, donc ça c'est pour ceux à qui votre présence a manqué. Emmanuel Macron l'avait promis pendant sa campagne, il y a deux ans, ce quinquennat sera écologique ou ne sera pas.

Il a dit ça, et il a ensuite, deux ans après, hier soir, fixé son grand cap pour le quinquennat, pour les trois ans qui restent. L'écologie, il n'en a pas parlé, il a fallu attendre 45 minutes. Cette conférence de presse devait fixer le cap, le cap n'est plus l'écologie ?

6:34
Christophe Béchu

Il a attendu trois quarts d'heure pour avoir la première question sur le sujet. Il ne vous a quand même pas échappé que c'était une conférence de presse, et il a répondu aux questions. Dans son propos liminaire, il a été à ma connaissance le premier président de la République dans ce pays, à évoquer un sujet de transition écologique qui était jusqu'à maintenant le parent pauvre à la fois de la réflexion et des politiques publiques, la question de l'adaptation.

L'adaptation au dérèglement climatique, qui est un chantier que nous avons lancé il y a tout juste un an, et sur lequel j'aurai l'occasion dans les tout prochains jours de faire à la fois un point et qui va venir marquer la totalité de ce semestre, c'était comment, par rapport à un dérèglement climatique qui est réel et dont nous constatons les effets, la sécheresse de 2022, les inondations qu'on est en train de vivre, ce qui s'est passé à la Vésubie, le cyclone, comment on adapte notre pays, comment on les protège ? Non seulement le président a tenu un propos liminaire là-dessus, mais il l'a ensuite décliné au moment où il a eu cette question. Et je veux dire la chose suivante.

Le cap sur l'écologie, il a été fixé quand, en septembre 2023, le président a présenté la planification écologique. C'est à la fois la première fois que notre pays se dote d'un outil de ce type, et nous sommes le premier pays de toute l'Europe. à annoncer une planification écologique, à la mettre en œuvre. On n'a jamais autant fait en termes de budget, on n'a jamais autant fait en termes de baisse d'émission, et on s'apprête maintenant à décliner toute la partie biodiversité pour laquelle une stratégie nationale a été présentée juste avant nous.

7:51
Invité

Mais vous dites vous-même, le président de la République vient en prime time, pendant deux heures et demie, venir expliquer, parler aux Français en ce début d'année, leur dire, voilà, mon cap pour les trois ans, ça va être ça, ça, ça, il fait un propos liminaire de 30 minutes, que l'écologie n'y soit pas. Qu'est-ce que ça veut dire en fait ? On essaie de comprendre l'exégèse ?

8:09
Christophe Béchu

Il a dit sur l'écologie, le temps n'est plus aux annonces, il est à la mise en œuvre. Depuis le début du mois d'octobre, le Tour de France de l'écologie dans lequel je suis, qui consiste à aller région par région au contact des élus locaux pour faire en sorte que, dans toutes les communes de ce pays, s'invitent ces questions écologiques pour qu'on puisse préciser un cap, maintenant, avec les collectivités locales. Le travail, il a été fait sur le plan de l'État, il faut maintenant que ce soit un sujet qui soit approprié par les collectivités territoriales et par nos concitoyens.

8:33
Présentateur

Christophe Béchut, le président de la République, a déclaré qu'il fallait supprimer les normes, réduire les délais. Il faut la France du bon sens contre la France des tracas. Vise-t-il les normes environnementales ? Et si oui, lesquelles ?

8:46
Christophe Béchu

Il vise par définition toutes les normes. On a parfois été trop loin au nom du principe de précaution. Et je vais vous donner un exemple très concret qui est d'actualité et qui concerne le Pas-de-Calais. On a aujourd'hui des restrictions en matière des curages des cours d'eau pour des raisons qui sont des raisons écologiques, de continuité, de faire attention sur les sédiments, etc. Mais on s'aperçoit qu'en allant très très loin, en imposant aujourd'hui jusqu'à 9 mois d'études avant de pouvoir commencer des travaux de curage, on se complique la vie pour protéger les populations quand on a des inondations.

Il ne s'agit pas de dire qu'on ne fait plus rien, il s'agit de passer de 9 mois à 6 semaines. C'est une manière de tenir compte d'une réalité parce qu'on a besoin de s'adapter précisément à des dangers nouveaux.

9:27
Invité

Puisque vous parlez des habitants du Pas-de-Calais, c'est vrai qu'ils vivent une situation très très difficile depuis des semaines et des semaines. Vous leur dites quoi ce matin ? Quand est-ce que vous allez commencer véritablement à pomper l'eau ? Et quand est-ce qu'il n'y aura plus d'eau ? Et est-ce que vous leur dites, parce que vous l'avez laissé entendre, il va falloir partir, il va falloir quitter vos habitations ?

9:47
Christophe Béchu

Alors je leur dis trois choses. Je leur dis lundi, les travaux ont commencé. C'est sur l'eau druide par VNF des travaux de curage. C'est sur l'AAA, le fait d'enlever les embâcles. Et à l'occasion de la visite de Gabriel Attal la semaine dernière, pour son tout premier déplacement, aux côtés à la fois des habitants du Pas-de-Calais et de l'ensemble des élus, c'est tout un plan qu'on est en train de décliner avec un volet urgence qui va continuer à être précisé et un comité de suivi hebdomadaire que j'aurai l'occasion d'animer très bientôt. Deux, nous lançons ce qu'on appelle un plan de résilience. Oubliant les mots, ça veut dire deux choses.

Un, on ne peut pas continuer comme ça sur le plan de qui fait quoi. Aujourd'hui, une des raisons pour lesquelles les choses sont compliquées, c'est qu'on a des clés, des sages, les ouatringues, des EPCI. Et derrière tous ces sigles, il y a des gens qui, sur un bout du territoire ou un bout de responsabilité, sauf que vous ne pouvez pas en particulier en matière d'évacuation des eaux, ne pas avoir un chef et un patron. Et il faut qu'on mette en place un établissement public de bassins qui permette de mettre tout le monde sous une seule bannière.

Deux, le premier job de cet établissement, ça va être de dire comment est-ce qu'on actualise la carte des zones qui sont les zones inondables, et donc quels sont les secteurs où nous considérons désormais qu'il ne serait plus raisonnable de délivrer des autorisations et des permis de construire, voire d'aller plus loin, en assumant le fait qu'il y a des secteurs où on pourra racheter les maisons de ceux qui sont dans des cuvettes qui risquent d'être inondées à nouveau, en les indemnisant, et donc en leur permettant de refaire leur vie ailleurs.

Je vous signale que c'est ce qui s'est passé en Vendée après Xintia, c'est ce qui s'est passé dans d'autres endroits de France, c'est le travail que nous lançons en termes de cartographie avec les élus.

11:24
Présentateur

On va passer Christophe Béchut au standard d'Inter. On nous attend Marc. Bonjour Marc, bienvenue.

11:29
Auditeur

Oui, bonjour et bonne année. Merci. Merci d'avoir pris ma question. Bonjour monsieur, bonjour messieurs, bonjour madame. Bonjour. Bonjour monsieur. Ma question est la suivante. Voilà, il y a en novembre, vous aviez fait un petit test sur France Inter pour savoir ce que nous pesions en termes de CO2. Le français moyen pèse 9 tonnes. J'ai fait le test, je pèse 4,9.

11:52
Présentateur

Bravo. Bravo. C'est extraordinaire.

11:55
Auditeur

C'est rare. La question est la suivante. Est-ce que, compte tenu de ce chiffre, je pourrais, le cas échéant, bénéficier d'une réduction d'impôt et inversement, ceux qui sont en dessous de 9, avoir donc un impôt supplémentaire ? En gros, peut-on établir une sorte de carte de crédit carbone, par exemple ?

12:18
Présentateur

Merci Marc pour cette question précise et intéressante. Christophe Béchut vous répond.

12:23
Christophe Béchu

J'adore l'idée. Parce que je pense que, effectivement, il y a deux choses qui sont intéressantes dans la question de Marc. D'abord, le fait d'expliquer que l'écologie, ce ne sont pas que des taxes. Ça peut être aussi des bonus, et donc une manière de se retrouver avec des avantages en fonction de son comportement. Et qu'ensuite, nous devons faire évoluer notre fiscalité. Le chantier de la transition fiscale, il est absolument incontournable si on veut réaliser la transition écologique. Et que sans doute que c'est autour de cette notion de carbone qu'il faudra qu'on soit capable d'avancer.

C'est une raison pour laquelle on a augmenté de 70%, par exemple, le prix du kérosène à l'occasion du dernier budget. C'est pour précisément tenir compte de ce qui relâche le plus d'émissions, doit faire l'objet de la taxation la plus forte.

13:02
Présentateur

Retour au standard, Elisa, bonjour.

13:04
Auditeur

Oui, bonjour Monsieur le Ministre. C'est dommage d'abandonner en grande partie l'investissement du renouvelable, qui est rapidement disponible et moins cher, au profit du nucléaire. Sachant que les 6 à 14 EPR 2.0 coûteraient 9 milliards chacun. C'est des prototypes qu'on n'a jamais testés. On ne sait pas s'ils vont suivre le même chemin que le PR de Flamanville qui a coûté 19 milliards, qui ne va peut-être pas démarrer cette année. C'est aussi 100 milliards de démantèlement, 100 milliards de grands carénages, qui est le rafistolage des centrales vieillissantes, 120 milliards pour le CIGEO.

Et s'agissant du renouvelable, on peut aussi s'appuyer sur les énergies hydroliennes ou l'eau motrice et géothermie dont on ne parle jamais. Il n'y a pas que le solaire et l'éolien.

13:51
Présentateur

Merci, merci Elisa pour votre intervention. Christophe Béchut vous répond.

13:57
Christophe Béchu

On n'abandonne absolument pas le renouvelable. On est bien sur une accélération du renouvelable, en particulier avec les parcs éolien offshore qui font débat cette année, avec l'éolien, avec le solaire. Et vous avez totalement raison sur le potentiel de la géothermie, qui est vraiment un des axes sur lesquels on veut mettre le cap cette année.

14:12
Invité

Pourquoi avoir supprimé les objectifs chiffrés de développement des énergies renouvelables ? Vous avez présenté un projet de loi sur la souveraineté énergétique. Sur l'électricité, le texte consacre le choix durable du recours à l'énergie nucléaire et supprime les objectifs chiffrés des renouvelables. Pourquoi ?

14:26
Christophe Béchu

D'abord, ce texte, il va avoir l'occasion d'être présenté. Il ne l'a pas encore été. On en est seulement au stade de projet. Ensuite, il consacre le fait du choix qui est fait, de relancer la filière nucléaire parce qu'il n'y a pas de schéma aujourd'hui. Ou s'il n'y avait pas une source d'énergie qu'on dit pilotable, vous êtes capable de pouvoir produire une énergie décarbonée de manière certaine. Ce qu'on voit aujourd'hui en Allemagne, avec à la fois une progression forte du renouvelable, mais à côté de ça, un usage intensif au charbon montre la limite d'un modèle dans lequel, en termes à la fois d'émissions par personne et de compétitivité pour l'industrie, il y a une difficulté.

Et on a deux enjeux. On a l'enjeu de comment on produit l'énergie, mais on a l'enjeu de comment on réindustrialise pour ne pas être dans une écologie hypocrite qui consiste à délocaliser au bout du monde en regardant nos émissions nationales sans regarder le bilan global.

15:11
Invité

Christophe Béchuf, question sur l'appli que beaucoup de gens se posent. Il y a beaucoup de questions sur ce thème-là. François, comment expliquer la séparation des ministères de l'énergie désormais joint à Bercy à celui de l'écologie ? Ça, c'était une des grandes annonces de la semaine dernière au moment du gouvernement. Donc, l'énergie passe désormais chez Bruno Le Maire, passe à Bercy. Le WWF a qualifié d'inquiétante la disparition du ministère de la Transition énergétique dans l'organigramme gouvernemental et son rattachement au ministère de l'économie. Qu'est-ce que vous répondez ?

15:40
Christophe Béchu

Je réponds que dans quelques jours, les décrets d'attribution viendront préciser les choses. La transition énergétique, c'est deux choses. Ce n'est pas que l'énergie. C'est l'efficacité énergétique et la sobriété. Ce sont des thématiques sur lesquelles j'aurai des occasions et de m'exprimer et d'avoir des responsabilités. C'est la production d'énergie qui, compte tenu en particulier de l'enjeu nucléaire et du soutien à la réindustrialisation, représente aujourd'hui un défi qui est économique. On a le défi écologique de moins consommer d'énergie et on a le défi économique de faire en sorte de réindustrialiser les pays.

16:08
Invité

Et justement, compte tenu du défi immense que représente l'énergie, on l'a vu encore plus depuis la guerre d'Ukraine, ça ne méritait pas un ministère à soi ?

16:17
Christophe Béchu

On ne peut pas à la fois souhaiter qu'il y ait un resserrement du nombre de ministres et à la fois considérer qu'à chaque fois qu'il y a un thème, ça mérite un ministère. Je pense que c'est franchement un sujet qui peut être partagé entre économie et écologie.

16:27
Invité

Emmanuel Macron a été interrogé sur ça, il n'a pas été totalement clair sur sa réponse. Les prix de l'électricité vont-ils augmenter au 1er février ? Et de combien vont-ils augmenter de 10% comme on l'entend ?

16:38
Christophe Béchu

La décision, elle sera prise dans les prochains jours. Ce qui est certain, c'est qu'on a un enjeu. Après avoir protégé, après avoir mis jusqu'à 100 milliards d'euros dans les boucliers tarifaires pour ne pas répercuter les hausses de prix, il faut qu'une partie de ces hausses, on les retrouve, parce que l'enjeu, ce sont les investissements qu'on doit faire, que ce soit dans le renouvelable ou dans le nucléaire. Et jusqu'à maintenant, on a beaucoup utilisé l'argent public pour couvrir une partie de ces dépenses.

Il faut que cet argent public, on l'investisse maintenant dans des alternatives aux fossiles et donc qu'on soit capable d'équilibrer nos dépenses tout autant que notre mix énergétique.

17:14
Présentateur

Christophe Béchulé a le rappelé tout à l'heure, vous n'étiez pas présent parmi les membres du gouvernement hier soir lors de la conférence de presse car vous teniez la cellule ministérielle sur la neige et le froid. 31 départements en vigilance orange ce matin. Les premières neiges tombées la semaine dernière avaient entraîné bouchons, accidents, beaucoup de pagailles. Les élus locaux avaient déploré un déficit d'informations. Là, vous avez mieux anticipé. Pas de pagailles aujourd'hui et demain sur les routes ?

17:40
Christophe Béchu

La semaine dernière, la vigilance météo avait été déclenchée de manière trop tardive. Et donc, il y avait eu effectivement un défaut d'anticipation en particulier sur la circulation des poids lourds ou sur le déploiement des saleuses. Hier, on avait à la fois les prévisions qui sont intervenues plus tôt et on a pris des décisions pour que dès 22h, on ait des interdictions de circulation de poids lourds. On suit la situation. Dans la journée, on va avoir un redout sur une large partie du pays et donc on n'a pas beaucoup d'inquiétude sur le verglas.

Mais on a ce soir des prévisions qui laissent penser qu'on pourrait avoir des chutes abondantes de neige à peu près sur la même partie du pays que celle qui a été concernée hier. Et on va prendre dans la journée des décisions sur le fait de savoir si on doit restreindre cette circulation. Non, ça ne l'est pas. Parce qu'on attend de savoir, pour le proportionner, à la fois quels territoires, quels horaires. On annoncera des choses en fin d'après-midi.

18:25
Invité

Quatre sans-abris sont morts de froid depuis le 1er janvier. Pascal Brice, le président de la Fédération des acteurs de solidarité, a dit ce matin aux Parisiens qu'il y en aura d'autres, des morts, que c'est inéluctable. Il ajoute qu'on ne peut déjà plus s'occuper de tous les sans-abris. Qu'est-ce que vous lui dites ce matin ?

18:39
Christophe Béchu

Je lui dis que ce sujet, c'est toujours un drame. Et que chaque mort, c'est toujours un drame. Que malheureusement, même si souvent on se concentre sur ce sujet en hiver, on a parfois plus de décès dans la rue, en plein été, au moment des vagues de chaleur, qu'on peut en avoir pendant l'hiver. Parce qu'il y a sans doute davantage d'attention. Je peux vous dire que j'étais avec le SAMU social en maraude il y a quelques jours. Je veux vraiment rendre hommage à tous ceux qui assurent ce travail. Le gouvernement vient de débloquer, il y a 10 jours, 120 millions d'euros supplémentaires pour créer 10 000 places de plus que les 203 000 qui existent déjà.

On est sur des chiffres jamais atteints dans notre pays.

19:15
Invité

Vous avez raison, mais il y a 330 000 personnes sans-abri aujourd'hui, selon les chiffres de la Fondation Abbé Pierre. Il n'y a que 200 000 places d'urgence.

19:25
Christophe Béchu

Je vous le redis, on était à 100 000 il y a 5 ans. On a franchi le cap des 200 000. On en a rajouté. Et vous avez ensuite des diversités de situations. À l'occasion de cette maraude, on a vu des gens qui font parfois ce choix. On voit au contraire des gens qui sont dans la détresse et qui peuvent chercher des endroits pour s'abriter. En ce moment, ce sont des gymnases, des lycées qui sont ouverts. Il y aura d'autres annonces qui...

19:45
Présentateur

Mais on est loin de la promesse d'Emmanuel Macron en 2017. Je ne veux plus, d'ici la fin de l'année, avoir des femmes et des hommes à la rue. C'est un combat qui se poursuit, je vous le confirme.

19:54
Invité

L'épisode de froid dure depuis 10 jours maintenant. Et puis, il y a ces chiffres de l'UNICEF qui parlent de 3 000 enfants qui dorment dans la rue. C'est une augmentation de 40% en un an. Évidemment, on pense à eux ce matin depuis 10 jours avec cette vague de froid. 3 000 enfants qui dorment dans la rue aujourd'hui en France, monsieur le ministre.

20:11
Christophe Béchu

C'est très exactement la raison pour laquelle les 10 000 places qui ont été annoncées la semaine dernière, elles sont fléchées vers les femmes et les enfants de manière spécifique. Et ces 120 millions d'euros, ils sont la résultante de ces comptages.

20:23
Invité

Toute autre question à présent, puisque c'est l'actualité, on vous fait réagir sur l'actualité. Rachida Dati a annoncé il y a quelques minutes sa candidature à Paris. C'est une bonne candidate ?

20:33
Christophe Béchu

Vous me la prenez, mais ce n'est pas réellement une surprise. Je pensais même avoir à dire qu'elle l'avait déjà annoncé, pour être tout à fait honnête.

20:39
Invité

Elle le confirme, depuis qu'elle est ministre. Elle dit cette phrase, je ne vais pas mentir, mon objectif c'est Paris. C'est Paris, ce n'est donc pas la culture ?

20:47
Christophe Béchu

Parce que vous pensez qu'on ne peut pas avoir plusieurs objectifs ?

20:51
Invité

Elle dit mon objectif.

20:52
Christophe Béchu

Oui, mais son quotidien, son ambition, je l'ai entendu il y a quelques jours, c'est bien la culture pour tous. Qu'ensuite, elle se fixe comme objectif et comme ambition personnelle dans deux ans d'être candidate à la mairie de Paris. Et lui, encore une fois, ça ne surprendra personne.

21:09
Invité

Ça ne vous surprend pas, mais vous ne m'avez pas répondu si c'est une bonne candidate à vos yeux.

21:13
Christophe Béchu

Écoutez, l'offre aujourd'hui n'est pas disponible. Et mon sujet principal, ce ne sont pas les élections municipales de 2026. C'est bien le quotidien du gouvernement, le cap sur lequel nous devons avancer. Et la façon dont Gabriel Attal va à la fois, demain, nous réunir à l'occasion d'un premier séminaire, pour justement, de manière collégiale, fixer le cap.

21:29
Présentateur

Allez, un dernier mot très rapide sur Emmanuel Macron, qui a demandé de l'indulgence pour la nouvelle ministre de l'éducation, Amélie Oudea Castera, après son propos maladroit, dit le président, sur l'école publique et les problèmes de remplacement d'enseignants. Il dit qu'elle a bien fait de s'excuser. Le sujet est clos pour vous ?

21:50
Christophe Béchu

Pour moi, le sujet est clos à partir du moment où la ministre, à la fois, s'est excusée, où le président a constaté qu'il avait été heureux qu'elle puisse s'excuser. Je pense que le vrai sujet...

21:59
Présentateur

Elle peut rester à son poste.

22:01
Christophe Béchu

Le vrai sujet maintenant, c'est celui de notre école. C'est les moyens qu'on donne aux professeurs. C'est comment on lutte contre ce fléau du non-remplacement. C'est comment on accompagne cette relève. La jeunesse, ce sont ceux qui, un jour, seront dans ce plateau à vos places, à la mienne. Et donc, tout le sujet, c'est comment on leur permet effectivement de pouvoir prendre le relais dans les meilleures conditions possibles. Merci.

22:22
Présentateur

Merci Christophe. Merci à vous.

22:23
Christophe Béchu

D'avoir été à notre micro.