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interviewC dans l'air· 3 novembre 2023 4 min

Laurent Wauquiez et l'État en guerre ouverte sur la bétonisation - Reportage #cdanslair 02.11.2023

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

C'est une petite bombe, lancée par un Laurent Wauquiez, d'ordinaire très silencieux. Le président LR de la région Rhône-Alpes ne respectera pas la loi, luttant contre l'artificialisation des sols.

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Laurent Wauquiez

Mettre sous cloche les décisions des permis de construire sur la ruralité, cela signifie qu'on s'interdit toute forme d'avenir. J'ai décidé que la région se retirerait du processus.

0:25
Présentateur

Une fronde politique, au nom d'une loi qu'il juge, dit-il, ruralicide. Promulguée en juillet dernier, la loi ZAN, pour zéro artificialisation nette, prévoit de stopper la bétonisation des sols français d'ici 2050. Face à ce bras de fer engagé par Laurent Wauquiez, la majorité rappelle l'élu à ses engagements.

0:45
Invité

Vous ne pouvez pas être un élu de la République et vous soustraire aux lois qui sont votées par le Parlement. Donc qu'est-ce qui va se passer ? Ça n'existe pas. Donc nous verrons bien, mais en tout cas j'ai été assez surprise de la déclaration et des propos de Laurent Wauquiez sur ce point.

1:01
Présentateur

D'autres élus suivront-ils Laurent Wauquiez dans sa croisade ? Pour beaucoup, stopper la bétonisation semble irréaliste dans les faits. Exemple, dans l'agglomération du Val d'Europe qui accueille le groupe Disney, situé à une trentaine de kilomètres à l'est de Paris. Ici, vivent 54 000 habitants venus chercher la ville en pleine campagne, un modèle bien particulier que ce maire défend.

1:26
Invité

Avec la mise en pratique de la loisanne, si elle est vraiment appliquée stricto facto, on sera obligé de construire 3 fois, 4 fois, 5 fois plus haut. Et les gens en question qui viennent pour rencontrer, vivre à la campagne, vous le savez depuis le Covid, tout le monde cherche à venir un peu dans les campagnes. Ce sera absolument plus possible parce qu'on ne consommerait trop d'espace au sol. On a vraiment un projet de société qui est assez un petit peu, disons, à débattre tous ensemble avant même de parler de ça.

1:53
Présentateur

Pour cet élu, la loisanne pourrait aussi compromettre le développement économique du Val d'Europe, première destination touristique européenne, qui compte déjà 7 000 entreprises sur son sol.

2:05
Invité

Aujourd'hui, l'objectif qu'on a, c'est de faire venir des grandes entreprises internationales dans notre pays. On a fait venir comme Deloitte, comme Tesla. On nous impose des règles qui font qu'on ne pourra plus les faire venir demain. On risque de perdre un grand nombre d'entreprises qui iront dans d'autres pays européens, qui seront beaucoup plus souples que nous.

2:19
Présentateur

La Seine-et-Marne, un département de près de 6 000 kilomètres carrés situé en périphérie de Paris, particulièrement concerné par la bétonisation. Mais cette artificialisation des sols, Jane Luisson, qui vit ici depuis 45 ans, n'en veut plus.

2:37
Invité

Et vous êtes au courant du projet qu'il y a là ?

2:41
Locuteur

Non.

2:42
Invité

Non ? Parce qu'en fait, ils veulent en faire un deuxième Val-Bréon, vous savez ça. Mais d'autres aimeraient bien que ça reste en tant que terre agricole.

2:52
Présentateur

Membre d'un collectif luttant contre l'installation d'une nouvelle zone logistique sur 140 hectares de champs, elle se bat pour protéger ses espaces naturels.

3:01
Invité

Le but du collectif Stop Val-Béton, c'est justement d'empêcher l'artificialisation des terres agricoles. Pourquoi ? Parce que les terres sont nourricières, parce qu'elles jouent un rôle très important en matière de régulation du climat. Ça joue un rôle aussi dans le cycle de l'eau. On est sur la nappe du Champigny, ici. Donc c'est un réservoir vital pour l'alimentation en eau potable.

3:29
Présentateur

Comment aménager le territoire ? La réponse s'annonce délicate pour le gouvernement. L'artificialisation des sols concerne 8 à 10% du territoire français.