« LE PLAN BAYROU, C'EST LE TRUC DE TROP ET L'OCCASION OU JAMAIS D'EN FINIR »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
la droite arrive et dit les les les riches les riches vont s'en aller. Et Zukman a une objection qui consiste à dire mais non en réalité on va mettre une exit de taxe et puis de toute façon vous savez les riches ont beaucoup trop d'intérêt de et de choses qui leur sont favorables en France ils vont rester. Je trouve que c'est pas une bonne ligne argumentative.
Moi sur cette question ma ligne serait plutôt la suivante. Ils veulent partir mais c'est parfait. On leur montre la porte, on la leur tient si besoin est, ils la franchissent et dans un sens uniquement ils ne reviennent pas.
On entend beaucoup que nous vivons dans un régime de démocratie. Moi en lieu et place de démocratie, je parlerai plutôt d'oligarchie mitigée. Souviens-toi de 2023 les retraites H 70 % de la population est contre. 90 % des salariés sont contre.
Tous les syndicats sont contre. Il y a même pas de majorité parlementaire pour la faire voter. Ça se termine à coup de 493.
C'est un holdup si tu veux. Si c'est pas un moment de rupture démocratique, ça pour reprendre les termes de de Stéphane Fouard, qu'est-ce que c'est ? On ne saurait mieux dire que la médiation politique n'existe plus et que comme avec les Légions de la honte, vous pouvez bien aller vous faire [ __ ] Bon, la loi du plomb est aussi un indice de cette faillite du médiateur politique.
L'horizon la perspective de la gauche doit être anticapitaliste pour des raisons qui sont très bien connues hein, qui ont à voir avec la catastrophe écoyd, le changement climatique et cetera et cetera. Les toses du macronisme, c'est les toses du doigt fouré. C'est vraiment on vous emmerde, on en a rien à [ __ ] et on vous emmerde.
C'est pour ça que je reviens à ce que je te disais au tout début. Le planérou c'est le truc de trop et c'est l'occasion c'est c'est l'occasion ou jamais. Bonjour Frédéric Lordon.
Bonjour Sébastien Fontenel. Tu es philosophe avec un lourd passé d'économiste. Tu es notamment l'auteur de plusieurs livres hautement recommandables qui te situeraient plutôt vers la gauche du paysage politique plutôt par les temps qui courent plutôt.
Le dernier paru étant si je ne m'abuse Pulsion coécrit avec Sandra Lucbert et publié par les éditions La découverte au mois de janvier dernier. On est ravi de te recevoir pour parler un peu de l'actualité politique qui est dominée ces jours-ci par l'annonce du plan du premier ministre François Berérou qui veut faire 44 milliards d'économies en 2026. Ma première question est donc relativement simple.
Comment on pourrait qualifier ce plan en quelques mots ? Écoute, en quelques mots, moi je dirais c'est le truc de trop. H alors je je vois bien que ce 10 ans, je me dirige un peu attivement vers disons une analyse politique étendue hein qui demanderait à ce que le plan Bérou soit réinscrit dans le tableau d'ensemble d'une situation politique installée dans la longue période depuis en quelque sorte le début du macronisme, n'est-ce pas, sur lequel on pourra revenir sur lequel on pourra revenir euh et que c'est peut-être euh brûler les étapes et qu'il faudrait commencer par le commencement, c'est-à-dire en quelque sorte par une analyse proprement économique des dispositions intrinsèques du plan, tu vois, avant de le réinscrire dans une dans une totalité plus grande.
Ici, qu'est-ce que tu veux ? Il y a plein d'économistes hétérodoxes qui sont là pour faire le travail, qui ont déjà commencé à le faire et qui vont en faire du petit bois. Alors, je vais pas rentrer dans le détail de ces analyses que tous mes chers euh ex-collègues ne ne manqueront pas de développer.
Et donc, si je veux euh continuer de jouer le jeu de en quelques mots, mais cette fois-ci dans le registre de l'analyse économique, je dirais c'est le triomphe de l'absurdité parce que tu vois bien, la politique de l'offre a échoué, donc intensifions la politique de l'offre, n'est-ce pas ? Hein ? la stratégie qui consiste à enrichir les riches en dépossédant les pauvres, nous amener dans la situation que nous savons.
Donc, enrichissons davantage les riches en dépossédant davantage les pauvres. Alors, à ce à ce moment, je sais qu'il y en a qui qui me feraient certainement remarquer que non, c'est pas du tout une question d'absurdité euh car en réalité c'est leur projet parce que c'est notre projet. Tu te souviens de ces cris de de putoi que que Macron avait poussé pendant sa première campagne ?
Et c'est vrai, mais d'une certaine manière, si tu veux, euh le l'exposition dans le débat public te contraint quoi que tu en es à des à des montés argumentatives en généralité. C'estàd tu tu peux pas te contenter de dire "Ben écoutez voilà, mon projet c'est que je suis le parti des riches et on va se gaver comme des PS et puis les pauvres ben on va vous [ __ ] la gueule dans le fumier." Merci de votre attention et n'oubliez pas de voter pour nous.
Ça ça ça ne fonctionne pas. Donc ça ça marche pas bien. Donc il faut toujours essayer d'articuler la réalité de ses arrières-pensées à des arguments d'intérêt général. toutes les théories de la politique de l'offre, du ruissellement et toutes ces couillonnades sont là pour ça.
Moyen quoi ? Si on les prend au sérieux et on peut d'une certaine manière, alors revient en effet le verdict de triomphe de l'absurdité. Euh au sein de la gauche, il y a pas mal de voies qui s'élèvent en ce moment depuis l'annonce de ce plan pour demander euh l'application de la taxe Zucman du nom de l'économiste Gabriel Zucman qui consisterait dans les grandes lignes à instaurer un impôt plancher de 2 % pour les 1800 plus grandes fortunes françaises, c'est-à-dire pour les 1800 contribuables dont le patrimoine dépasse les 100 millions d'euros.
à ça, la droite répond que ça serait une mesure d'une part injuste. Hm hm. Euh la droite extrêmement soucieuse de justice donc considère que ça serait injuste.
Et par ailleurs, elle explique que ça ferait, pour le dire vite, fuir les riches euh qui sont euh indispensables à notre économie et accessoirement à notre enrichissement. Avoir une taxe internationalement connue à à son nom, hein, comme la taxe Zukman, moi je je trouve que c'est la classe, tu vois. Euh, il n'a pas manqué de s'attirer de de haut parrainage, tu vois.
Il y a toute une brochette de prix Nobel puis pas d'ennemicell qui ont écrit tribune pour la soutenir et cetera. Donc c'est vraiment formidable. Maintenant, moi je te dirais que dans le tableau d'ensemble des patronnages avantageux, c'est pas tant celui des prix Nobel qui m'impressionne le plus, c'est celui de la mine.
Parce que quand tu émets dans le débat public une idée qui est aussitôt qualifiée par Almin, je cite, de folie absolue, tu tu sais que tu tu es dans le vrai, tu tu regardes dans la bonne direction. Bon, connu hein, c'est c'est la boussole qui indique le sud. Bon, son magnétisme est réglé sur l'Antarctique.
Il est comme ça. Voilà, ce qui est ce qui fait un repère fiable, hein, dans son genre. Il suffit de prendre l'orientation exactement opposée à celle qui indique et tu tu sais que tu es dans la bonne direction.
Bon, donc cette taxe Zukman, sa présence est extrêmement bienvenue, hein, dans le débat public. Maintenant, moi je vais te dire la question des inégalités et euh plus particulièrement des inégalités monétaires, c'està-dire des inégalités de revenus et de patrimoine, n'a jamais suscité en moi une très grande passion. C'est pas qu'elle est pas intéressante, c'est très intéressant.
C'est pas qu'elle est pas importante, c'est tout à fait important. Mais euh comment dire ? C'est une critique interne au cadre du capitalisme, tu vois.
C'est une critique des excès du capitalisme à visée corrective dans le capitalisme. Et pour ma part, j'ai tendance à estimer par les temps qui court que euh l'horizon euh de l'horizon, la perspective de la gauche doit être anticapitaliste pour des raisons qui sont très bien connues hein, que vous connaissez bien ici hein, qui ont à voir avec la catastrophe écoile, le changement climatique et cetera et cetera. Et puis j'ajoute que euh les inégalités monétaires ont pour mauvaise propriété de dissimuler une inégalité d'une autre sorte qui alors elle est absolument consubstantielle au capitalisme et qui est une inégalité d'ordre politique qui est inhérente au rapport salarial même en tant qu'il est l'un des rapports sociaux constitutifs du capitalisme.
Rapport dans lequel comme tu sais la production collective est organisée de telle manière qu'il y en a les propriétaires qui commandent et il y en a d'autres les salariés qui obéissent. Ce qui, tu me l'avoueras n'est pas très démocratique. Si bien que au total, tu vois, la prétention d'une espèce de consubstantialité du capitalisme et de la démocratie apparaît comme apparaît comme une aimable fadaèse.
Alors, effectivement, là-dessus, la droite arrive et dit les les les riches les riches vont s'en aller. Et Zukman a une objection euh qui est partagée par beaucoup de formations politiques à gauche. beaucoup il y en a pas finalement des formations politiques à gauche, il y en a pas tant que ça mais c'est une ligne argumentative qui a été reprise notamment par la France insoumise qui consiste à dire mais non en réalité on va mettre une exit de taxe et puis de toute façon vous savez les riches ont beaucoup trop d'intérêt de et de choses qui leur sont favorables en France ils vont rester et moi je trouve que c'est pas une bonne idée.
Je trouve que c'est pas une bonne ligne argumentative parce que si tu veux si jamais on monte un peu la température et que au bout du compte il y en a qui finissent par partir pour de bon, alors on dira alors là vous voyez là ils s'en vont donc c'est pas bon du tout il faut s'arrêter. Moi sur cette question, ma ligne serait plutôt la suivante. Ils veulent partir mais c'est parfait.
On leur montre la porte, on la leur tient si besoin est, ils la franchissent et dans un sens uniquement, ils ne reviennent pas. Au passage. Alors, on peut effectivement leur leur leur appliquer une exit taxe ou je sais pas une confiscation de leur de leurs avoirs financiers.
Enfin, ce que je sais. On peut avoir on peut avoir de de l'imagination. Et euh en réalité, moi je je c'est pour ça que le plan Beou m'a fait m'a fait bondir et notamment en entendant ce genre ce genre de choses parce que je me souviens de la crise des subrimes en 2008 dans laquelle l'analyse avait fini par incriminer, tu sais, les formules de rémunération des traders avec leur bonus qui j'était dans un système d'incitation qui les poussait à faire littéralement n'importe quoi.
Et à ce moment-là, on a entendu des gens qui disaient "Mais non, non, attention, attendez, attendez, si vous commencez à réguler la rémunération des traders, ils vont s'en aller." Mais oui, mais oui, mon vieux. C'est exactement ce dont il s'agirait, c'est qu'il s'en aille et ils ne nous manqueront pas.
Et à ce moment-là, qu'est-ce que tu réponds à l'argument, aux arguments pardon selon lesquels d'une part ce sont les riches qui créent des emplois et d'autre part qui par conséquent presque sauvent l'économie française. Oui. Oui.
Oui. Si tu veux, de tous les moulins à prière néolibéraux, je crois que c'est celui qui tourne le plus vite. Euh et c'est normal parce que d'une certaine manière, il est au cœur de cette malversation intellectuelle.
En quoi consiste l'idéologie mais telle que Marx avait défini ? Euh euh et qui a pour effet de transfigurer les intérêts particulier d'un groupe social en intérêt général. Donc ils nous sont indispensables.
On peut pas faire sans eux. Bon, on peut pas faire sans eux pour deux raisons. La première c'est qu'ils investissent dans l'économie sans eux pas de financement de l'économie et la deuxième raison, c'est que ils créent des emplois.
Ce sont deux contre vérités absolument notoires et qu'il faut absolument démonter dans le débat public. Alors on y va méthodiquement et dans l'ordre. Premièrement, ils investissent dans l'économie.
Bon alors écoute, je te propose pour donner une illustration un peu vivante à tout ça de je te propose une expérience de pensée qui va te prendre pour sujet. Bon, tu es connu comme cette personne qui nous régale de chroniques abrasives sur blast et cetera, mais tu es aussi un jeune entrepreneur. Une expérience de pensée, tu tu es un jeune entrepreneur.
Bon, alors c'est vraiment une expérience de pensée pour coup. Alors ça se sait moins mais tu as monté une start-up et Ah oui genre elle tu as monté bien fait de venir. Oui oui oui parce qu'elle a marché du tonner.
Alors bah comme tous les startupers au bout d'un moment tu as revendu un saladier et maintenant tu es cousu d'or, tu es riche à millions. Alors qu'est-ce que tu fais de ce paquet dosier ? Bah tu vas chez ton banquier et puis avec le ton ferme dont tu es accoutumé, tu lui dis placez-moi ça, il faut que ça crache.
Alors frontenelle, c'est parfait. Je je vous propose une solution d'investissement. On va acheter des actions, ça finance l'économie.
Ça c'est formidable. C'est très bien. Alors tu disais bah c'est parfait.
Alors on va prendre un exemple pour pour tu vois pour ça soit simple. Il il va t'acheter, tu tu lui demandes d'acheter du total belle entreprise, n'est-ce pas ? Alors il achète du total.
Alors comment il fait ? Et ben, il va sur les marchés financiers et il passe un ordre d'achat de total. Et puis en face, il se présente un investisseur financier qui est partant pour te vendre son action totale.
Tu vois bien que cette transaction où va y avoir un flux d'argent, n'est-ce pas, de toi à cet investisseur, cette transaction est un jeu purement interne au compartiment des investisseurs financiers. C'està dire l'entreprise totale ne voit pas la couleur d'une transaction qui a pour objet le titre de bourse totale, n'est-ce pas ? Pour que l'entreprise totale envoie la couleur, il faut une situation et une seulement qui survient lors de l'émission de nouvelles actions totales.
Ça c'est ce compartiment de l'émission. C'est ce qu'on appelle le marché primaire. Au moment de l'émission effectivement se présentent des investisseurs financiers qui souscrivent aux actions nouvellement émises et là il y a en effet un flux financier qui va des investisseurs financiers à l'entreprise totale laquelle fera ce que bon lui semblera avec le paquet de de d'argent qu'elle aura récupéré et siôt cette opération réalisée l'investisseur financier désormais détenteur du titre total peut aussitôt aller le revendre à un autre investisseur financier et cetera et cetera et ce jeu de la revente de la revente C'est ce qu'on appelle le marché secondaire.
Le marché secondaire, c'est le lieu, c'est le tourniquet de la finance spéculative où auquel les entreprises elles-mêmes sont complètement étrangères. Alors maintenant, donnons des ordres de grandeur. Le marché primaire, les émissions d'action chaque année, c'est de l'ordre de grandeur de la dizaine de milliards d'euros.
Et encore, ce sont des émissions brutes seulement. Je rentre pas dans ce détail. Le marché secondaire, c'est-à-dire l'encé avec lequel non pas la croisière mais les investisseurs financiers s'amusent.
C'est 3000 milliards d'euros. Tu vois les proportions du pâté d'alouette 10 milliards 3 milliard 3000 milliards. La proportion est de 0,3 % d'un côté 99,7 % de l'autre.
Je fais une petite parenthèse. Ici il y a toute une série de vêtilleux et de pinailleurs qui viendront me dire ils dit n'importe quoi. Ils confond les stocks et les flux.
Euh, il ignore que le marché secondaire est indispensable à la liquidité financière et cetera. Alors, je les rassure, je sais ça très bien. Ces objections n'enlèvent rien à disons l'économie générale de mon argument. 03 % 99,7 %.
De sorte que toi quand tu vas aller placer ton patrimoine, tu as 03 % de probabilité de contribuer au financement direct des entreprises et 99,7 % de probabilité de nourrir le jeu de la spéculation financière. Donc, tu me comprends ? les riches qui financent l'investissement ma cache.
C'était le premier point. Création d'emploi. Création d'emploi.
Alors ça aussi je pense que c'est une des phrases les plus des ritournelles les plus universellement entendu. Les patrons créent des emplois. Là on passe des riches façon riches tout court à les riches quand ils sont des grands patrons.
Linancour qui gratouille sur son tador. Bernard Arnaud pas pareil. Bon Bernard Arnaud c'est un patron.
Il crée des emplois. entreprises créent l'emploi. Bien, les entreprises, les patrons ne créent pas l'emploi.
Ils n'ont absolument pas le pouvoir de créer l'emploi. Les opérations caractéristiques de l'entreprise en matière de travail, c'est pas créer l'emploi, c'est convertir en besoin en force de travail une demande qui leur est adressée et qui provient de la formation de la demande macroéconomique globale au terme de deux répartitions successives. Premièrement, comment cette demande macroéconomique globale sur laquelle les entreprises à plus forte raison individuellement n'ont strictement aucune influence ?
Comment cette demande macroéconomique globale va-t-elle se répartir entre les différents secteurs d'activité ? Puis à l'intérieur de chaque secteur d'activité, comment elle va se répartir entre les diverses entreprises ? Alors là, oui, en fonction de leurs efforts concurrentiels et de leur position compétitive.
Mais tu vois bien que l'influence de l'entreprise, elle est de troisème ordre. Le prer ordre, c'est la demande macroéconomique globale qui est réglée par la conjoncture, la politique économique. Le deuxème ordre, c'est la répartition intersectorielle.
Le trè ordre, c'est la répartition intrasectorielle. Par conséquent, les entreprises ne créant pas leur propre demande ne peuvent pas créer l'emploi qui correspond. Ça se saurait.
Si les entreprises pouvaient créer la demande qui va entraîner de la création de postes de travail, nous vivrions dans un capitalisme d'une parfaite stabilité dans lequel il y aurait jamais la moindre crise, jamais la moindre la moindre faillite et cetera et cetera. Et là moi ça me ça me refait immanquablement penser à un épisode qui était absolument délicieux qui était celui du CICE. Voilà, la droite complexée de François Hollande avait mis en place le CICE qui consistait en une, je veux dire, c'était un dégrèvement de cotisation sociale mais c'était en dizaine de milliards d'euros que ça se passait.
Je veux dire, je sais plus si c'était 20 ou 30, je je me souviens plus bien. Bon et puis c'est normal hein, tu vois, on est socialiste, on pense que l'entreprise crée l'emploi, donc on lui fait la vie meilleure. Par conséquent, elle vait créer des emplois et à ce moment-là, je sais pas si tu te souviens mais il question de créer 1 million d'emplois.
Alors voilà. Alors voilà, notre ami Pierre Gatas qui était le le président euh du MEDEF avait comment dirais-je apporté pour euh toute garantie euh à la création du million d'emplois la fabrication de PINS où il y avait marqué 1 million d'emplois. Oui, en quoi évidemment on on en a pas vu la la couleur d'un seul.
Il y avait un épisode qui était il y en a eu quelquesuns. Il y en a eu quelquesuns. Mais si tu il y en a eu quelques-uns, mais si tu rapportes l'argent investi par emploi créé, c'est absolument c'est c'est absolument grotesque.
Et là-dessus, je me souviens que un journaliste dont je me demande encore si il était un peu retort ou euh totalement idiot avait tendu son micro au président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises et lui avait dit "Bon bah voilà, le CICE est voté, vous allez maintenant créer des emplois." Tu avais dit "Mais non, nous on ne crée des emplois que si notre carnet de commande est rempli." C'est-à-dire si on rencontre une demande.
Ce qui est vrai, ce qui est vrai. Hm. Ce qui n'est pas à la portée des entreprises.
Elles n'ont pas le pouvoir de créer leur propre demande, donc de créer l'emploi qui correspond à cette demande. Par conséquent, les riches finance l'économie, faut les patrons créent l'emploi, faut également. Donc à un moment, il va falloir renoncer à tu vois h à toutes ces galéjades.
Ce planérou s'inscrit euh dans un moment assez particulier dont on peut peut-être peut-être un peu arbitrairement mais pas tant que ça euh situer le commencement au mois de juillet dernier avec le vol de du résultat des élections législatives remportées par la gauche par Emmanuel Macron qui donne le pouvoir à deux premiers ministres de droite. Et ce moment lui-même s'inscrit, c'est ce que tu évoquais tout à l'heure, quand même dans une assez longue presque une tradition autoritaire du macronisme depuis 2017. Comment on peut le réinscrire dans cette dans cette durée ?
Mon impression est que euh le plan, je c'est comme ça que je suggère de le voir hein, le plan Beou est une espèce de quintessence du macronisme. Par conséquent, il donne l'occasion d'une incrimination d'ensemble du macronisme. Et c'est pour ça que je te disais au début, le plan Bérou, c'est le truc de trop.
Tu vois, c'est c'est là le moment de réinscrire le planérou dans la totalité de la situation politique telle qu'elle est installé dans la longue période, disons depuis au moins 2017 en et en réalité bien avant. Ce que je voudrais éviter par-dessus tout, c'est que la lutte ne se mène qu'à coup de mot d'ordre autour de des jours fériers ou des des remboursements, de l'augmentation des franchises. C'est pas que ça soit pas des questions importantes, ce sont des questions très importantes hein pour ceux et celles que ça concerne.
Mais si tu veux, si on s'en tient là, à mon avis, on loupe un coche. On loupe une occasion qui est précisément celle-là, l'occasion de mettre en accusation le macronisme dans sa totalité et en gros de lui présenter la facture parce que ça fait ça va faire bientôt 10 ans que ça dure hein. Donc le moment des comptes va finir par arriver et slder les factures à l'aide des seuls processus électoraux comme tu l'as rappelé toi-même, c'est pas c'est c'est pas d'une efficacité c'est pas d'une efficacité garantie.
Alors en même temps, tu vois, il faudrait, puisque c'est l'heure des bilans, il faudrait dresser une espèce de tableau d'ensemble des des accomplissements du macronisme qui est une tâche qui défie l'esprit. On peut pas faire ça en 5 minutes au détour d'un entretien. Moi, je pense que c'est un exercice qui en définitive ressortirait au genre du livre noir.
Faudrait faire un livre noir du macronisme. Bon, alors il faut faudra se mettre à plusieurs. C'est une entreprise tellement tellement énorme.
Mais en effet, à défaut d'un bilan parfaitement exhaustif, je veux dire le le le passé tout à fait récent permet de de ramasser mais à l'appel parce que en réalité toutes les semaines, il se passe une énormité des des trucs. Moi, il y a il y a une ou deux choses, hein, qui ont marqué ma ma mémoire récente. Euh alors, il y a la l'apparition la réapparition, tu tu vas rire hein, mais non mais tu le sais déjà, la réapparition du scorbut en France, c'est c'est quand même c'est quand même tout à fait délicieux.
Le scorbut, c'était la maladie de la cire comme navigation au 16e siècle. C'était un problème que se posait magélant, tu vois. Donc, normalement, on doit en être sorti. qui est censé être réglé depuis un petit moment quoi.
C'est censé être réglé normalement hein. Et j'ai vu un tweet du c'est c'est une je sais pas si on dit twietta ou féminin, une twietta qui s'appelle manou, bon voilà, je ne connais pas mais qui a eu un truc très drôle qui qui a dit c'est la Scorbut Nation. Et voilà, c'est on démarre Startup Nation et on finit Scorbut Nation.
Je trouve que c'est un résumé, un raccourci assez parlant. C'est un raccourci, c'est tu vois, c'est une condensation synthétique qui est absolument parfaite. Bon euh il y a pas longtemps encore, l'INED, je je sais pas, c'est pas des azou hein quand même, l'INED publie un rapport qui euh documente la remontée inquiétante de la mortalité infantile, tu vois.
Et dans le classement européen, la France occupe désormais le la 23e place sur un classement de 27 Étatsmembres. C'est quand même une performance également. Donc tu vois, c'est plein d'éléments rapsodiques comme ça, mais qui composent un tableau et qui en vérité chacun considéré séparément sont incroyablement incroyablement significatif.
Mais je vais te dire en réalité tout cette je sais pas ce ce cet énorme gâteau de merde et surmonté, c'est peut-être ça le pire, par un apage qui est qui est encore plus dégoûtant et qui qui qui fait signe en direction de ce que j'appellerais l'étos du macronisme. Tu vois, c'est une manière de se comporter. L'étos, c'est une disposition, c'est une manière de se tenir, de se comporter et cetera.
Et les tour du macronisme est à ligne au minie. Moi, c'est ça qui me frappe beaucoup. Euh, je me rappelle en 2000 17, juste après que Macron était élu, j'avais j'avais rédigé un texte, je me souviens plus où, où je disais que la bourgeoisie de pouvoir, c'est celle-là dont nous parlons, celle qui est à la tête de l'État évidemment, mais du pouvoir économique, du pouvoir médiatique et cetera.
La bourgeousie de pouvoir est une classe nuisible. Mais je pense que très vite, j'ai été en arrière de la main. Ce qu'il faut dire, c'est pas seulement la classe nuisible, c'est la classe ignoble.
Ces gens-là sont ignobles. Euh alors là encore, il faut s'attacher à des choses récentes qui paraissent tout à fait anecdotiques, mais qui sont d'un anecdotisme en réalité très très profond. Tu vois par exemple le le la légion d'honneur, la promotion de la légion, la dernière promotion déjà légendaire de la Légion d'honneur.
C'est ça. C'est ça. Déjà déjà on rit quoi.
Enfin, on rit comment comment te dire ? Sopia Ram, Marlè Chiapa, Alexis Colè, tu vois, on a on a une espèce de de panaché là qui est très représentative de ce que c'est que l'ignomini de la bourgeoisie de pouvoir. D'une manière générale, sous Macron, bon ça devait déjà avant être questionnable, mais sous Macron tout particulièrement, la Légion d'honneur, c'est la Légion du déshonneur, c'est la Légion de la honte.
Le macronisme aurait été une entreprise de promotion systématique des plus dégueulasses mais dans tous les compartiments du jeu hein. Je veux dire je en matière policière, Dieu sait que le macronisme s'est illustré n'est-ce pas ? Le préfet l'allemand a été multidécoré après les bon et loyer au service que tu connais qui qui l'a rendu au pouvoir.
Le commissaire qui avait commandé la charge qui a abouti à une militante d'attaque Jean B le guayet 70 ans hein quand même finissent à l'hôpital pour je ne sais plus combien de semaines avec une fracture du crâne a été décoré. Le commissaire qui avait commandé la charge, qui a abouti à la mort de Steve Maya Caniso a été promu juste avant son procès, tu vois. Donc les toses du macronisme, c'est les toses du doigt fouré.
C'est vraiment on vous emmerde, on en a rien à [ __ ] et on vous emmerde. Bon et bien c'est pour ça que je crois que le plan Beou c'est avec tout ça, tu vois, euh le gâteau, le napage, la la cerise dessus et c'est avec tout ça qu'il faut qui qu'il faut rompre avec perdre des fracas. C'est pour ça que je reviens à ce que je te disais au tout début, le planou c'est le truc de trop et c'est l'occasion c'est c'est l'occasion ou jamais.
Il y a un épisode qui est pas complètement inintéressant quand même qui est pour une part qui s'inscrit bien dans le processus que tu viens de décrire, c'est l'adoption de la loi du plomb. Ah oui, le passage en force sur la loi du plomb avec cette deuxième partie quand même qui est celle de cette pétition qui a déjà été signée au moment où on parle par beaucoup plus d'un million et demi de personnes sur le site de l'Assemblée qui ont donc fait l'effort d'aller la signer et cetera. Qu'est-ce que ça nous dit ?
Alors écoute, c'est euh moi je je dans le registre de l'ignomini, il y a effectivement quelque chose qui m'a euh particulièrement frappé, que j'ai lu dans un papier, je veux dire remarquable, de Stéphane Fouard dans le monde dans le monde, hein, euh où le le papier le papier commence par la description de cet épisode que beaucoup d'entre nous ont vu je je suppose, de Fleur Bretau qui est qui est une une militante d'une association de de cancéreux qui du haut de la tribune Assemblée nationale a pris à partie les députés qui venaient de voter la loi. Le début de l'article de Fouard est fracassant si tu permets. Je je voudrais le relire parce que on pourra difficilement faire mieux.
Sans cheveux ni sourcils, le visage macier encore marqué par les preuves de la maladie et de son traitement. Une femme assistait de l'un des balcons du palais Bourbon au vote solennel de la proposition de loi du sénateur Laurent Duplomb. Fleur Bretau, fondatrice du collectif Cancer Colère, était invité par des élus de gauche à assister au votes.
À l'adoption du texte par les députés de l'arc bleu brun et de leur supplétifive du du parti présidentiel. Sous les applaudissements victorieux, Fleur Bretu a crié "Vous êtes les alliés du cancer et nous le ferons savoir." Et maintenant, accroche-toi.
En réponse, ainsi que l'on rapporté des journalistes présents, des rires ont traversé l'hémicycle. [Musique] [Applaudissements] hein. C'est donc bien ignominieux en effet.
C'est donc bien ignominieux. Voilà, c'est ça les toses de la bourgeoisie de pouvoir sous le macronisme finissant. Donc c'est c'est quand même très très impressionnant.
Alors, ça nous empêche pas si euh des questions de la loi du plomb évidemment de de tu vois de de de discuter euh par ailleurs pour pour autant que qu'on puisse le faire. Et notamment autour de cette euh notamment autour de cette euh cette pétition, hein, euh qui qui a ramassé au moment où nous parlons 1500000 signatures, tu le disais, et les les compteurs en fait n'arrêtent pas de tourner en temps réel. C'est c'est très impressionnant.
Bon euh moi à propos de cette pétition, je serais je serai tenté de faire un petit détour si tu veux bien un petit détour qui parce que cette pétition et ces suites probables nous disent quelque chose du paysage institutionnel politique de dans sa globalité. Et là il faut poser une ou deux choses préalablement. Euh nous avons coutume de considérer, enfin toi et moi, je suis pas sûr qu'on dirait ça, n'est-ce pas, mais on entend beaucoup que nous vivons dans un régime de démocratie.
Voilà, minute papillon hein, il faut quand même y aller vite. Moi, en lieu et place de démocratie, je parlerai plutôt d'oligarchie mitigée. Hm hm.
Euh oligarchie en tous les sens du terme, c'estàdire au sens littéral étymologique, c'est le gouvernement du petit nombre et au sens politique polémique que nous connaissons les oligarques. Bon, on sait ce que c'est, on sait qui c'est, n'est-ce pas ? Et alors mitiger mitiger ça veut dire voilà c'est ça alors voilà mais c'est intéressant la question du mitigé.
Mitigé en principe ça veut dire qu'il existe des forces de rappel qui ont pour vocation de faire remonter au gouvernants les voix et les sentiments des gouvernés. Et ces forces de rappel se matérialisent au travers d'entités institutionnelles qu'on pourrait appeler des médiateurs. Alors des médiateurs, il y en a plusieurs sortes hein.
Il y a les médiateurs politiques, il y a les médiateurs médiatiques, il y a les médiateurs syndicaux. Même la pétition elle fait penser évidemment à ce qui se passe du côté des médiateurs politiques. Bien sûr, le propre de la crise actuelle et singulièrement de du désastre macronisme de du macronisme, mais ça datait déjà d'avant hein, c'est la faillite de tous les médiateurs, l'effondrement de toutes ces médiations qui sensément font entendre quelque chose des gouverner au gouvernant.
C'est particulièrement spectaculaire dans le cas de de la médiation politique, en l'occurrence de la médiation parlementaire. Est-ce que tu peux préciser en quelques mots ce que tu entends par médiation politique ? Médiation politique, c'est tout le travail qui fait connexion entre des gouvernés et des gouvernants qui sont séparés.
Le En réalité, le propre de l'oligarchie, c'est un gouvernement séparé. Or, il existe des connexions hein synaptiques, si tu veux, plus ou moins tenues, plus ou moins consistantes et qui font remonter un signal des gouverner jusqu'au gouvernant. C'est ça les médiateurs, n'est-ce pas ?
Et normalement, les parlementaires qui retournent se faire engueuler dans leur circonscription, ça tombe là-dessous. Ça tombe sous la catégorie des médiateurs. Médiateurs, ce sont des médiateurs.
Mais les médias, c'est les médias au sens médiatique, hein, les journaux si tu veux, normalement restituent quelque chose de l'opinion. C'est c'est c'est un peu la même chose. Alors, un médiateur politique, c'est euh c'est essentiellement les parlementaires.
Cette médiation s'est effondrée. Le la sphère parlementaire a été aspirée dans le pouvoir exécutif. Elle n'est plus qu'une qu'une chambre d'enregistrement.
Je serais tenté de dire que c'est c'est là que j'ai un point de de désaccord avec euh avec Stéphane Foucard dont le papier, je le redis, est par ailleurs extraordinaire. Et c'est un point de désaccord qui porte sur son titre parce que Fouar titre le papier l'adoption de la loi du plomb constitue un moment de rupture démocratique inédit. que ce soit un moment de rupture démocratique, personne n'en dis qu'on viendra.
Moi, c'est inédit si tu veux parce que en réalité la faillite de la médiation politique dont il est question donc dans ce papier finalement la faillite de la médiation politique mais je dirais la 30 ans d'âge on peut on pourrait la repérer au travers d'une scansion de ces grands moments. Moi je trouve que ça tombe bien, nous sommes en 2025, c'est le 20e anniversaire. Le premier grand moment de l'effondrement de la faillite des médiateurs politiques, évidemment, c'est le traité constitutionnel. c'est le traité constitutionnel européen.
Si tu veux, c'est là qu'on s'est aperçu que ce qu'on appelle la représentation parlementaire est en réalité une gigantesque distorsion. L'écart entre la position des parlementaires au moment du TCE qui était favorable, je sais pas 90 % tu vois et le vote de la population 55 % c'est pas une petite victoire hein, c'est on les a défoncé réellement. Si tu veux cet écart donne une figure pure à l'anamorphose parlementaire. l'anamorphose, tu sais, c'est ces images bizarres qu'on observe dans les miroirs des formants.
Alors, ça fait un peu foire du trône il y a un demi-siècle. Donc le TCE euh le TCE 2005, c'était déjà un indice très très fort de ça et là surtout la manière dont on s'est assis dessus. C'est la la sphère parlementaire qui a récupéré les commandes et on sait comment ça s'est terminé en 2008 avec le traité de Lisbon.
Mais dans un autre genre très proche, souviens-toi de 2023 les retraites h 70 % de la population est contre, 90 % des salariés sont contre. Tous les syndicats sont contre, il n'y a même pas de majorité parlementaire pour la faire voter. Ça se termine à coup de 493.
C'est un holdup si tu veux. Si c'est pas un moment de rupture démocratique, ça pour reprendre les termes de de Stéphane Fouard, qu'est-ce que c'est ? Et puis alors vient alors là c'est peut-être c'est c'est curieux parce que j'ai l'impression que tu vois de tous ces épisodes qu'on existe, c'est celui qui a passé Muscade le plus facilement.
C'est le vol de 2024 qui honnêtement ne peut pas être qualifié à moindre terme que de coup de force et peut-être même à coup de coup d'état. C'est quand même quelque chose de proprement extraordinaire. Bon, on ne saurait mieux dire que la médiation politique n'existe plus et que comme avec les Légions de la honte, vous pouvez bien aller vous faire [ __ ] Bon, la loi du plomb est aussi un indice de cette faillite du médiateur politique.
Pas que du médiateur politique d'ailleurs parce que il y avait toute une série d'autres entités institutionnelles dont Fouar fait la liste qui était candidate à faire remonter du discours, de l'argument et cetera, des sociétés savantes, l'université, le CNRS, des groupes de médecins. J'ai même vu dans l'analyse de Fouard des fédérations mutualistes. Oui. et les mutuels vont se retrouver à à passer la serpilière derrière, tu vois, je veux dire, c'est bon, évidemment toutes ces voix ont été méthodiquement ignoré bien sûr.
Donc là, on a quelque chose, on a un ensemble qui est qui est vraiment très très spectaculaire quoi. Est-ce que depuis 2005, il y aurait pas cette petite différence quand même d'une espèce de allez de semblant de revivification d'une d'une gauche un peu plus offensive depuis quelques années ? Ah oui, c'est vrai.
Absolument. Mais c'est absolument vrai. Et puisque nous sommes dans la problématique de la médiation, euh précisément, parlons-en parce que euh la France insoumise revendique quand même le retour à la médiation politique d'une certaine manière.
Oui, mais entre autres choses, je veux dire, pour moi le le travail de médiation qui qui qui n'épuise pas la question, hein, mais qui euh en l'occurrence me semble le plus spectaculairement visible, c'est la médiation qui redonne voie au quartier populaire. H je veux dire, il y avait aucune formation politique inscrite dans le champ institutionnel électoral, hein. Tu tu vois, ce qui est déjà une une restriction considérable, mais il y avait aucune formation politique de cette sorte qui donnait voix au quartier populaire.
Et là, ça c'est un travail, ça c'est un travail de médiation par exemple. Typiquement, tu évoquais la médiation médiatique, on viendra aux médiation syndicale après. Oui.
Euh en quoi est-ce qu'elle aurait euh échoué ? Et ben cette médiation médiatique, c'est celle qui donnerait véritablement et honnêtement, c'est-à-dire sans les getapans dont nous avons l'habitude sur les médias mainstream, la parole à des discours politiques, donc des formations politiques qui les portent à des discours politiques dissonnants, le cas échéant significativement dissonnant. Alors que tout ce qui est dissonnant et si tu veux dans des critères de la dissonance qui se sont sensiblement abaissés hein, tu vois la dissonance ça commence très très vite hein désormais euh est aussitôt stigmatisé et méthodiquement massacré en plateau.
Ce qui est bien certain, c'est que la transformation radicalissime de tout le secteur de la presse devrait venir mais en tout haut de la liste, tout en haut de l'agenda d'un pouvoir de gauche qui parviendrait au pouvoir. De toute façon, il y va simplement des conditions de possibilité euh de sa réussite raisonnablement probable. Hors de ça, je dire le massacre est assuré.
Assuré. Hm. Alors, je reviens euh rapidement au plan Bérou pour pour t'amener vers ce vers ces médiations syndicales puisque les les grandes centrales comme il est convenu de les appeler ont convenu de se réunir et se sont déjà crois euh vu pour éventuellement étudier la possibilité d'une mobilisation à la rentrée.
Est-ce que c'est un motif raisonnable d'espérer ? Écoute, pour tout te dire, bon, le suspense est insoutenable, hein. J'ai peur que non.
Non, c'est très compliqué dans cette affaire parce que je voudrais qu'il aille sans dire que désormais chaque fois que je vais dire syndical ou médiation syndicale, je parle exclusivement des directions confédérales et que je la différence est habissale entre ces directions et la base et leur base. Voilà. Euh c'est donc c'est une c'est une question passablement douloureuse, mais lorsqu'on analyse disons euh structurellement euh les institutions syndicales que voyons-nous, nous voyons qu'elles sont devenues une composante institutionnelle d'un tableau institutionnel d'ensemble et que comme tel elles ont incorporé intégré les les intérêts du système institutionnel d'ensemble avec lequel elles n'ont plus aucun désir de rompre.
C'est une position qui pouvait à la rigueur être tenable à l'époque du fordisme ou du tout tout premier néolibéralisme, c'est-à-dire en une période où le pouvoir de la parole syndicale existait encore, c'est-à-dire où il était entendu. Euh le comment dirais-je ? Le le sous sa forme maximale, ça fait penser ça fait penser à ce qui était la grève à la Japonaise, tu sais. la grève à la japonaise, je sais pas si c'est encore le cas maintenant, mais dans les années 60 70, il se mettait un brassard où il y avait marqué en grève.
Aussitôt la direction arrêtait tout et ouvrait des négociations. Tu vois, je veux dire, tu as bien compris que on est un peu loin. Voilà, depuis et depuis un moment déjà, depuis un moment déjà, si des salariés se mettent un brassard en grève, les patrons, ça c'est merveilleux, c'est merveilleux.
Continuez mes bons amis, j'ai bien vu votre brassard, hein. Courage, tenons les cadences. Donc effectivement euh ces stratégieslà de la parole syndicale en tant qu'elle est une parole institutionnelle est à efficacité tendantiellement évanouissante et on nen a jamais eu plus cruelle démonstration qu'en 2023 avec les retraites.
Le front syndical parfaitement uni, hein, euh des millions de personnes dans la rue avec au bout du compte NIB, rien du tout, tu vois. Alors, je je voudrais pas faire euh je voudrais pas faire le bouffon, hein, mais je je me permets de de dire que au tout début du mouvement des retraites, moi j'avais euh j'étais intervenu pour dire cela exactement que il y avait pas besoin d'être tu vois euh cartomancien pour pour se livrer à ce genre de prophétie. Il leur a dit considérez ce que c'est que le blocose des institutions de la 5e République, le personnage complètement déréglé qui est à la tête de ces institutions là.
Et sachez que vous pouvez mettre 5 10 millions de personnes dans la rue, il ne se passera fucking rien. Et c'est bien ce qui s'est passé, n'est-ce pas ? moyen en quoi il faut il faut envisager de faire d'autres choses parce que cette stratégie les greffes perlées République nation et cetera sont des stratégies les journées de perdantes les journées de mobilisation une toutes les semaines ou toutes les quinzaines et cetera sont des stratégies perdantes donc on on n'arrête pas d'aller s'en sabler dans une mobilisation qui finit qui qui finit par s'épuiser.
Donc il faut commencer à penser à d'autres choses. Ça sera un peu ma dernière question justement, c'est si on parle de ce constat un peu accablant quand même que les médiations institutionnel, politique, syndical, laissons les médias de côté, ont sont moyennement efficaces, on va dire, pour rester pour rester poli. Qu'est-ce qui qu'est-ce qui reste ?
Est-ce que quelles sont les issues encore possibles ? Voilà, c'est ça le problème. Le problème c'est que lorsque tous les médiateurs sont faillis, l'oligarchie mitigée n'est plus du tout mitigée.
C'est une oligarchie pure. Et lorsque les solutions institutionnelles d'expression de la contestation sont effondrées, alors il ne faut pas s'étonner que ce sont les ce soi des solutions désinstitutionnalisées qui prennent le relais. À partir du moment où il n'y a plus d'options offertes par les médiations institutionnelles, alors c'est euh seul demeure l'option de je ne sais pas comment l'appeler euh le le débordement, c'est-à-dire le l'événement le surgissement d'une révolte à caractère potentiellement insurrectionnel.
Donc on a eu un un tout petit avant-goût, pas si petit que ça d'ailleurs avec les gilets jaunes. Ah ouais, pas si petit que ça. C'est c'est même exactement ça.
Je je trouve les gilets jaunes sont une illustration pure et parfaite de cette dynamique de longue période des fonds de lent effondrement des médiations institutionnelles parce que la contestation populaire en réalité est incroyablement bien élevée. Elle commence en en tout ce temps, tu vois. Et puis alors après tiens nous on nous a pas entendu.
Alors après elle parle, on l'entend toujours pas. Alors après elle crie toujours rien. Alors après elle elle hurle toujours rien.
Alors bon ok d'accord on a compris. On descend, on pète tout. Ah là on commence à nous entendre un peu, tu vois.
Alors à quel prix hein de répression élevé. Voilà c'est c'est évidemment c'est c'est c'est toujours ça la question. Mais tu vois je comment dirais-je ?
Je je je m'en voudrais je m'en voudrais de d'être le responsable de votre fermeture administrative parce que j'aurais conti Ouais lancer des appels des appels à la sédition. Je ne lance aucun appel d'abord ça serait complètement bouffon et en quelque sorte je fais juste une sorte de physique politique tu vois raisonnablement prédictive. Je vous dis voilà l'état des forces voilà les solutions d'écoulement des forces celles qui se sont fermées, celles qui restent.
Ah bah tout va s'engouffrer dans celle qui reste et vous l'aurez pas volé euh ajoutais-je. Voilà. Donc c'est comme ça que ça risque de se produire.
Dans quelles conditions ? Je ne sais pas. Déclenché par qui, je ne sais pas.
Tu comprends bien que c'est pas deux couillons dans un studio qui vont, n'est-ce pas ? Bon ça enfin un en l'occurrence. Donc c'est donc c'est pas c'est pas de là.
Mais euh comment dirais-je ? peut-être en mettant bout à bout les discours d'un nombre suffisant de couillon que quelque chose percole doucement dans les esprits et puis qu'un jour une étincelle venue dont ne sait tout fait prendre la savane. Il y a une toute dernière question que je voulais te que je voulais te poser en faisant un un minuscule pas de côté mais pas si loin de côté. tu as été un des premiers euh si je me rappelle bien et je me rappelle bien à parler de fascisation il y a déjà maintenant euh pas mal d'années.
On est à un peu moins de 2 ans de la prochaine élection présidentielle avec une extrême droite qui monte qui est pour une part au gouvernement d'ailleurs. Tu vois ça comment ? Je vais te faire une réponse mitigée à la limite du contradictoire.
Bon, d'abord oui, en effet, j'ai j'ai parlé de fascisation contre des bons amis qui me disaient "Non, tu exagères" et cetera qui me faisait valoir des arguments que j'avais bien en tête qui ne sont pas complètement controuvés, qui sont des arguments qui disaient "Mais écoute, ce ce vocable politique a été complètement démonétisé à force à force d'abus, quoi, tu vois. Je veux dire Chirac était facho Chirac et cetera et cetera. Oui.
Bon, c'est vrai. Sauf qu'il y a un moment où ça redevient vrai et le problème c'est de d'avoir l'idée du moment avec le moment avant que le moment n'arrive. Parce que la loi avec les processus de faschisation, c'est que avant l'heure, c'est pas l'heure, mais après l'heure, c'est trop tard.
Voilà. Et ça c'est c'est c'est quand même très très embêtant. Or, on va pas rentrer dans le détail de l'argument, mais si tu veux, il y a un nombre d'indices euh qui se sont accumulés sous le macronisme, lequel le macronisme a réellement pousser tous les curseurs en avant et préparer un un terro absolument propice à ce que le processus soit soit complètement achevé, hein.
Et euh et et la situation à cet égard est donc est donc très inquiétante. Je vais te dire, moi cette question c'est la partie extrêmement pessimiste de de ma réponse. La partie pessimiste de ma réponse se souvient de d'une interrogation d'Anen, ça va te paraître bizarre comme référence peut-être dans ma bouche, qui dans un un livre qui s'appelle de la révolution précisément interroge cet usage étrange du mot révolution pour qualifier une espèce d'énorme changement historique, donc la production d'une énorme différence historique.
Là où révolution d'abord c'est la révolution des orbes comme on disait la révolution de la mécanique céleste c'est-à-dire l'éternel retour du même. C'est c'est quand même c'est c'est quand même tout à fait étrange. Et l'une des raisons c'est que révolution au sens de la mécanique céleste mais au sens transposable en politique révolution est donc une figure de la nécessité implacable.
C'est le truc contre lequel tu vas pouvoir rien faire. C'est parti, c'est lancé et tu vas te le prendre sur la gueule. Tu vois, c'est comme un tsunami.
Une fois que c'est lancé, le tsunami a en ce sens un caractère révolutionnaire. Et donc moi, dans les moments de pessimisme, il m'arrive de me dire la vague fasciste est lancée, on y va tout droit. On y va tout droit et de toute façon, il y a peut-être pas d'autre moyen que de traverser cette épouvantable chose pour en sortir.
Ça c'est la mauvaise partie de la réponse. Est-ce qu'il y a une bonne partie ? Alors oui, il y a une il y a une bonne partie possible.
Euh, il faut quand même bien voir que la France est un pays un peu particulier, non pas qu'elle n'ait aucune disposition au fascisme. Nous savons très bien le contraire, hein. Bon, mais euh où depuis depuis le macronisme, en réalité euh depuis une dizaine d'années, il y a une conflictualité politique qui est très vivace.
Je veux dire, il se passe pas une année sans qu'il y a un mouvement social de de ou un événement politique quand même de grande ampleur. Donc, il y a de la réactivité dans le corps politique et ça c'est déjà pas mal. C'est pour ça, parenthèse, j'y reviens, que la contestation du plan Bérou ne doit pas être que la contestation du plan Bérou et que ça doit être la contestation du macronisme dans sa globalité.
Bon, c'est ça, tu vois, c'est ce tru-là. Moi, je suis partisan stratégie de la bouille àabe. On met tous les motifs de contestation dans et on pousse le feu à mort dessous.
Voilà. Euh donc il y a ça qui est une ressource et puis il y a le paysage proprement institutionnel électoral. Et là, tu l'as dit, depuis euh une quinzaine d'années, il y a un élément nouveau qui s'est installé dans le paysage qui est une force classique partisane avisée électorale de conquête du pouvoir dans la 5e République qui s'appelle la France insoumisse.
Et ça quand même ça produit quelque chose. Moi je vais te dire alors j'ai eu plein de discussions avec des amis qui sont plus à gauche que la France insoumise ce qui est très possible. Je serais pas loin de dire ce qui est assez facile mais euh c'est intéressant c'est intéressant de le dire quand même euh dans le discours public c'est là c'est l'extrémité ultime de l'extrême gauche voilà euh à gauche de la France insoumise il y a le vide de la terre plate c'est on on chute.
Euh donc en effet, c'est possible. Euh on va pas rentrer dans cette discussion de l'articulation des phénomènes institutionnels électoraux et des phénomènes politiques latins et cetera. Laissons ça de côté.
Mais euh moi je crois, je ça va te paraître peut-être surprenant mais je crois que si on regarde les données strictement électorales, je crois que ça ne se présente pas si mal 2027 pour la France insoumise. Pas si mal. Évidemment, tout le discours médiatique va être là pour matraquer que la France insoumise fait 2 %.
Euh Jean-Luc Mélenchon est la personnalité la plus détestée de toutes les personnalités politiques françaises. Que François Ruffin est est est la plus sympathique à tous et toutes. Que avec Olivier Fort, ils feront une équipe du tonner.
Peut-être même en s'entendant avec Raphaël Glxman là, on aura le fin du fin et cetera et cetera. Mais tu comprends comme tous ces messages émettent euh sont émis à partir de l'une des institutions qui est tombée dans le plus profond discrédit de tout le paysage institutionnel à savoir les médias, moi je pense que c'est plutôt à l'avantage de la France insoumise. Il y a rien de tel que d'être haï par ces gens-là.
ça ça te rend immédiatement sympathique. Et ceci d'autant plus que nous sommes dans un état du champ politique euh institutionnel électoral tel que la France insoumise est devenue par le fait la seule incarnation d'une différence. Et moi, j'ai toujours considéré que c'était ça la Martingale du succès.
La Martin Galale, c'est d'incarner la différence dans un paysage qui par ailleurs est complètement homogénéisé. il y a 20 ans, la différence là où le bloc homogène était constitué de cette vaouille entre partis socialistes européen et cetera, la différence c'était le Front National et puis le Front National s'est totalement normalisé. Il est devenu eurolibéral.
Pendant ce temps, les autres sont devenus aussi racistes que lui, si bien qu'entre les Républicains, les macronistes, tu vois, je veux dire, sous ce rapport, on ne voit plus la différence. Bon, la seule différence maintenant, c'est la France insoumise. Et ça, c'est un si tu veux, c'est un magnet, c'est un pôle de captation de de tout un tas de choses.
Ajoute à ça l' miettement de l'offre présidentielle qui est en train de se produire. On aura plus Macron, mais on aura bien Édouard Philippe, on a je sais pas quoi, tu vois, Villepin dans un coin, Retaillo dans l'autre et cetera. Je pense que la barre de qualification pour le deuxème tour va baisser.
Va baisser. H et que là il peut il peut se produire quelque chose. Merci.
Merci infiniment. Merci à toi Sébastien. [Musique]
François Bayrou