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Podcast / conversationLe Média (sur YouTube)· 30 janvier 2020 14 minActualité / polémiqueRetraitesInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & international

LA CHUTE DE LA MAISON MACRON | RETRAITES : GUERRE DE TRANCHÉES À L’ASSEMBLÉE

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

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    « Là dessus on pense que le gouvernement va trop loin. »
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    « Les conditions d'examen inacceptables que le gouvernement impose au parlement sur cette réforme des retraites. »
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    « C'est désormais l'avis officiel du conseil d'État, vous faites n'importe quoi. »
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    « La République en marche a perdu cette semaine trois députés. »
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    « Cédric Villani n’était plus membre de La République en marche. »
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    « Nous n'avons aucune idée de l'incidence financière de cette réforme. »
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    « On nous demande de signer un chèque en blanc les yeux bandés. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Je choisis de rester fidèle aux parisiennes et aux parisiens. J'assume totalement cette légère divergence avec le président de la République. Là dessus on pense que le gouvernement va trop loin.

Etre dissident pour perdre, il faudra qu'on m'explique l'intérêt. Un désaccord très profond entre le président de la République et le Premier ministre. Les conditions d'examen inacceptables que le gouvernement impose au parlement sur cette réforme des retraites.

C'est désormais l'avis officiel du conseil d'État, vous faites n'importe quoi. Les départs et les exclusions au sein de La République en marche, le risque d’une scission dans le parti présidentiel et l’éventualité du départ du Premier ministre. Ainsi que le début de l’examen du projet de loi sur les retraites par les députés.

C’est le sommaire du numéro 61 du P’tit coup de Bourbon. Ce n’est plus une érosion, c’est une hémorragie. La République en marche a perdu cette semaine trois députés.

Trois députés qui viennent s’ajouter aux deux qu’elle avait perdus au cours des quinze jours précédents. Dernier en date, Cédric Villani, député de l’Essonne et candidat à la mairie de Paris contre le candidat macroniste officiel, Benjamin Griveaux. Hier soir, le bureau exécutif du parti présidentiel "a acté que Cédric Villani n’était plus membre de La République en marche".

En clair, il est exclu. Dimanche soir, le président de la République l’avait reçu à l’Élysée, officiellement pour l’inviter à se rapprocher de Benjamin Griveaux. En fait, pour lui demander de se retirer.

Écoutez Cédric Villani au sortir de son entretien avec Emmanuel Macron. Entre l'appartenance à un appareil politique, et la fidélité, l'engagement pour la ville qui m'a fait, je choisis de rester fidèle aux Parisiennes et aux Parisiens en maintenant ma candidature librement. Un camouflet pour le chef de l’État.

Mais qui s’explique. Cédric Villani mise désormais sur une alliance avec les écologistes pour l’emporter. Faut-il y voir un signe : le mathématicien vient de recevoir l’appui d’Isabelle Saporta, la compagne de Yannick Jadot.

Cette dernière soutenait jusqu’alors Gaspard Gantzer, l’ancien conseiller de François Hollande qui n’a jamais réussi à percer… Deuxième départ de la République en marche, volontaire, celui-là, la démission, lundi, de Paula Forteza. Députée des Français établis hors de France, Paula Forteza est candidate dans le XIXe arrondissement de Paris sur la liste de Cédric Villani. Tiens donc… Voici ce qu’elle écrit dans une lettre adressée à ses collègues : "J’ai le sentiment que nous nous replions sur nous-mêmes et que nos politiques sont perçues par nos concitoyens comme brutales.

La verticalité du pouvoir n’est non seulement pas souhaitable, mais désormais inopérante. Ne pas se rendre à l’évidence, c’est laisser place à l’escalade de la violence, à la banalisation de la colère, au recours à des lois dangereuses pour l’équilibre de nos institutions." Écoutez la réaction du député Matthieu Orphelin, qui lui aussi a quitté LaREM, voici un an.

Effectivement elle met en avant un certain nombre de difficultés qui sont celles que j'avais pour ma part aussi essayé de soulever il y a un an, sur les pratiques de la politique et aussi sur l'ambition écologique donc effectivement j'étais assez ému et concerné en lisant la lettre que Paula Forteza a envoyé à ses collègues. Bref, rien n’a changé dans le parti présidentiel depuis. Troisième départ de la semaine, mardi, celui de la députée de Haute-Savoie Frédérique Lardet, qui n’a pas obtenu l’investiture de LaREM à Annecy.

Le parti macroniste a préféré soutenir le maire sortant Jean-Luc Rigaut, pourtant encarté à l’UDI. Une attitude que Frédérique Lardet a qualifiée de "schizophrène" dans la presse locale. Deux autres députés parisiens de LaREM sont dans le collimateur de la direction : Hugues Renson qui est vice-président de l’Assemblée nationale et Anne-Christine Lang.

Leur crime ? S’être ralliés à Cédric Villani et faire sa campagne. Anne-Christine Lang s’attendait d’ailleurs mardi à être exclue en même temps que le mathématicien dissident : Si j'en crois la presse je crois comprendre que Cédric Villani et moi-même seront exclus de LaREM.

Dont acte. A Paris je soutiens la candidature de Cédric Villani donc je continue à penser qu'il est incontestablement le meilleur candidat pour battre Anne Hidalgo et j'assume totalement cette légère divergence avec le président de la République. Je regrette un peu que le mouvement qui a été créé en 2016 par Emmanuel Macron et auquel j'ai adhéré dès le premier jour, qui était un mouvement fondé sur l'ouverture et qui se voulait différent, se transforme quand même un petit peu en un parti politique classique avec un bureau qui tranche, qui exclut, et qui coupe des têtes.

Les mauvaises nouvelles pour la majorité ne s’arrêtent pas là. Dans les prochaines semaines, un nouveau groupe parlementaire pourrait bien rassembler les députés qui ont claqué la porte de LaREM, pas loin de quinze, et ceux qui se présentent comme l’aile gauche de LaREM. Une scission, quoi !

Écoutez ce qu’en dit Jean-François Cesarini, un des chefs de file de la contestation interne. Il y a un groupe Modem, il y a un groupe UDI à droite, il y a le groupe LaREM, pourquoi il n'y aurait pas un groupe effectivement aussi à la gauche de LaREM qui ferait que toute cette majorité-là serait en archi-paix j'ose dire, enfin en tout cas sur une diversité qui fait qu'on serait tous là dessus. Quand on n'est pas d'accord, comme moi vous savez, on dirait "non là-dessus on pense que le gouvernement va trop loin, là c'est trop à droite, là c'est trop libéral".

Donc justement ça permettrait d'avoir plusieurs voix. Si effectivement il y a une opportunité, et qu'en bonne intelligence avec LaREM on dit "on monte ce groupe-là pour avoir un sas de gens qui aujourd'hui se sentent mal à l'aise dans LaREM parce qu'elle va trop à droite et ça permettrait justement d'avoir un équilibre, une dialectique, un débat, alors pourquoi pas." Pourquoi, dans ces conditions ne pas rejoindre le Parti socialiste ?

Le Parti socialiste justement moi je l'ai quitté pour cette raison-là. La gauche que prône aujourd'hui le Parti Socialiste, c'est pas la mienne, la gauche de Benoît Hamon, cette gauche qui n'est pas la social-démocratie, moi je suis un social-démocrate je suis désolé pour vos téléspectateurs qui le sont assez peu mais pour le coup moi je suis un social-démocrate je viens de Delors, je viens de Rocard, je viens de Strauss-Kahn, c'est ma gauche à moi et cette gauche du Parti Socialiste, sincèrement moi elle ne m'intéresse pas. Mélenchon a effectivement sa légitimité, il représente la gauche de la gauche et c'est très bien.

Mais il faut aussi qu'il y ait une gauche sociale-démocrate aujourd'hui elle n'existe pas dans ce pays, il y a effectivement des fois une dérive libérale et à la fois une gauche de la gauche, je pense qu'au milieu il faut qu'il y ait aussi une social-démocratie. Reste à savoir s’il y a un espace politique entre le PS et la République en marche… Les métastases de cette dislocation de la majorité se font sentir dans tout le pays. Ainsi, il y a des candidats dissidents de la République en marche dans 16 des 60 plus grandes villes.

Je suis allé demander son avis au sénateur François Patriat. Il est président du groupe parlementaire LaREM et membre du bureau exécutif du mouvement macroniste. Etre dissident pour perdre, faudra qu'on m'explique l'intérêt.

Parce que des dissidents qui peuvent gagner, je pourrais comprendre. Quand il y a un dissident disant "non cette liste me convient pas moi je suis sûr que je peux gagner". Or dans tous les cas que je vois aujourd'hui, les listes dissidentes ne sont pas en mesure de gagner.

Moi j'ai été dissident deux fois dans ma vie c'était pour gagner. Dans d'autres conditions, ça ajoute du discrédit, ça fait perdre l'esprit de la majorité par ailleurs. Je pense que...

Moi je ne les approuve pas. Il est vrai que l’exemple vient d’en haut. Regardez à Biarritz.

Le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, voulait se présenter contre la liste du maire sortant Michel Veunac (Modem). Et sur cette liste figurait… le secrétaire d'État au Tourisme et au Commerce extérieur, Jean-Baptiste Lemoyne. Certes, ce dernier n’est pas très connu.

Mais Didier Guillaume a bien dû l’apercevoir une fois sur les bancs du gouvernement à l’Assemblée. Emmanuel Macron a reçu Didier Guillaume mardi soir, là encore pour qu’il se retire. LaREM soutient en effet la liste du Modem.

Hier soir, ce vaudeville a connu son ultime rebondissement : l’Élysée a annoncé que Didier Guillaume et Jean-Baptiste Lemoyne retiraient leurs candidatures. On se croirait dans la cour de récréation… Toujours au rayon des ministres, il y a encore l’incertitude qui flotte autour du premier d’entre eux. Je veux parler d’Édouard Philippe.

Va-t-il se présenter au Havre, la ville dont il fut le maire de 2010 jusqu’à sa nomination à Matignon ? Et si oui, sera-t-il tête de liste ? Ce vendredi, le Premier ministre participera au meeting de lancement de campagne de la droite locale.

On devrait en savoir plus à cette occasion. On écoute ce qu’en dit un des porte-parole des Républicains. La rumeur revient avec insistance effectivement.

Moi je crois qu'on peut difficilement être Premier ministre et chef de file, candidat d'une grande ville comme Le Havre. Quand on est Premier ministre, qu'on a une réforme des retraites, des réformes lourdes à venir, on ne "perd pas son temps" même dans une belle ville comme Le Havre, on est à temps plein y compris l'esprit à temps plein avec une charge mentale à temps plein s ur l'action du gouvernement, les retraites et les réformes en cours. Sauf à conclure un désaccord très fort, ça c'est un autre bruit de couloir qui semble prendre corps, un autre bruit de couloir d'un désaccord très profond entre le président de la République et le Premier ministre qui pourrait trouver à ce moment-là une porte de sortie.

On va pouvoir se poser la question de savoir qui on met en piste...

Bayrou n'attend peut-être que ça. Terminons avec un autre ministre, celui de l’Action et des Comptes publics. Gérald Darmanin se présente en effet à Tourcoing, ville dont il était le maire jusqu'à son entrée au gouvernement en septembre 2017.

Il a annoncé qu’en cas de victoire, il démissionnerait du gouvernement. Ces dernières semaines, son entourage ne faisait pas mystère de sa lassitude dans ses fonctions ministérielles..

Mais dans les couloirs, il se murmure que si Emmanuel Macron lui proposait un grand ministère, il serait prêt à reconsidérer la question de son engagement municipal. A quoi tiennent les convictions… Les élections municipales s’annoncent désastreuses pour la majorité présidentielle. Quels que soient les efforts de Christophe Castaner pour maquiller les résultats.

Au sein même de la Macronie, la magie a cessé d’opérer. Les macronistes les plus sincères découvrent aujourd’hui qu’ils se sont embarqués dans un projet autoritaire et brutal. Et qu’il est temps de quitter le navire.

Mardi, les députés ont commencé à examiner en commission spéciale le projet de loi sur les retraites. Avec un sentiment de colère partagé pour ce qui est des bancs de l’opposition. Les élus LR l’ont d’ailleurs exprimé avec théâtralité.

Si nous sommes aujourd'hui réunis devant vous, si nous avons revêtus notre écharpe tricolore de députés de la Nation, c'est pour dénoncer les conditions d'examen inacceptables que le gouvernement impose au Parlement sur cette réforme des retraites. Nous ne pouvons accepter de devoir examiner un projet de loi sur les retraites sans que nous ne sachions rien de son financement. Nous n'avons aucune idée de l'incidence financière de cette réforme.

Nous demandons donc au gouvernement de déposer devant le Conseil d'Etat un nouveau et vrai projet de loi qui garantisse la sécurité juridique de la réforme. Nous en appelons au président de l'Assemblée nationale pour mettre en place une nouvelle organisation des débats afin d'assurer les conditions d'un travail parlementaire serein et éclairé. Dans l’hémicycle, François Ruffin a souligné avec véhémence les réserves du Conseil d’État sur le projet de loi sur les retraites.

Une étude d'impact insuffisante, des projections financières lacunaires, un flou sur l'âge de départ à la retraite, sur le taux d'emploi des seniors, sur les dépenses d'assurance chômage. Ce n'est plus votre opposition qui le dit, c'est désormais l'avis officiel du Conseil d'Etat, vous faites n'importe quoi. La plus haute juridiction française juge, je la cite, "la situation d'autant plus regrettable que cette réforme inédite depuis 1945 transforme pour les décennies à venir le contrat social".

C'est ce contrat social qu'on joue à la roulette législative. Les retraites des Français sont jetées dans une tombola improvisée. Et pourquoi ?

Parce que tel en est à l'Elysée le caprice du prince. Mais il est seul, vous marchez seuls, seuls contre la rue, seuls contre les avocats et les hospitaliers, seuls contre les enseignants et les ouvriers, seuls contre les étudiants et les pompiers, seuls contre les cheminots et les danseuses de l'opéra, seuls ici contre la droite, seuls contre la gauche, seuls surtout contre les Français, seuls contre les deux tiers des salariés, seuls contre les syndicats et maintenant seuls contre le Conseil d'Etat. Seuls !

Seuls ! Seuls ! Du côté du PS et du PC on n’est pas en reste.

Quand on regarde les conditions d'examen de ce texte. Depuis deux ans et demi, le gouvernement, les administrations travaillent, et nous on a quatre jours pour digérer 1500 pages ? 1500 pages, d'ailleurs, d'une étude d'impact dont le Conseil d'Etat dit qu'elle est mauvaise.

Donc on nous demande de signer un chèque en blanc les yeux bandés. Ben c'est non. Nous réunissons les groupes ce soir, de la France insoumise et socialistes, pour leur proposer y compris des actions communes, motions référendaires, pour retourner voir le peuple.

Puisque le gouvernement prétend que les députés marcheurs ont été élus sur ce mauvais projet, qu'on retourne voir les gens. La réunion à laquelle Sébastien Jumel fait référence s’est tenue mardi soir. Avec un certains succès, puisque la FI, le PC et le PS sont tombés d’accord pour déposer une motion de censure.

Motion de censure déjà proposée par Jean-Luc Mélenchon voici 15 jours, mais qui s’était alors heurtée à une fin de non-recevoir du PS et du PC. Il faut que nous montrions la présence du Parlement en tant que pouvoir d'opposition à l'exécutif. C'est la raison pour laquelle les insoumis ont l'intention de proposer à leurs camarades du Parti communiste et du groupe des socialistes de déposer ensemble une motion de censure s'ils le veulent bien.

La motion sera déposée après l’ouverture des débats dans l’hémicycle, le 17 février, avec l’objectif avoué de retarder les débats. L'arithmétique parlementaire exclut tout renversement du gouvernement. Mais il sera intéressant de voir qui vote cette motion.

A gauche et à droite.