Aller au contenu
Tous les transcripts
interviewMedi1TV Afrique· 26 mai 2026 23 min

Rencontres : rencontre avec Eléonore Caroit

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[musique] Mesdames et messieurs, bonjour et bienvenue dans Rencontre. Il y a des êtres dont la géographie intérieure ressemble à une carte du monde vaste, plurielle et sans frontière. Mon invité aujourd'hui a grandi là où les horizons s'épousent entre les embrins de la République dominicaine et les lumières de la France.

Avocate de métier, elle a appris que les mots sont des boucliers, femmes d'état. Elle a compris qu'ils sont des ponts. Elle porte aujourd'hui une ambition qui dépasse les drapeaux, celle de la francophonie. non pas comme une simple langue apprise, mais comme une patrie de cœur, une mémoire partagée et un dialogue permanent entre les culture.

Entre Paris et Rabata, entre les sommets du G7 et des projets concrets portés par l'AFD sur le terrain, elle incarne cette diplomatie du visage humain où la solidarité internationale se mesure à la force des liens que l'on tisse. est la voix de ceux qui croient que le monde malgré ses fractures, peut encore se lire dans une langue commune. Et les honor Carois, c'est un plaisir de vous avoir avec nous aujourd'hui.

Merci d'être mon invité. Merci à vous de l'invitation. C'est un plaisir et un honneur d'être ici.

Merci de l'avoir accepté. Alors, on va revenir un petit peu euh sur votre parcours, sur les points d'inflexion de ce parcours, aller à votre rencontre, vous présenter à nos téléspectateurs également et et on va commencer par la toute petite enfance. Alors, je sais que vous avez une identité plurielle, une culture mixte, que vous parlez plusieurs langues.

Parlez-nous un petit peu de votre enfance et et de cette identité plurielle dans laquelle vous avez grandi. Alors, moi, je suis née à Paris en 1985, mais très rapidement après, mes parents se sont installés en République dominicaine. Ma mère est dominicaine, mon père français et ça devait être initialement un séjour court.

On devait rentrer en France. L'idée du retour comme beaucoup de Français qui vivent à l'étranger a toujours été présente. Puis finalement, j'ai fait toute mon enfance, toute ma scolarité au lycée français de Saint-Dain dans lesquels mes parents se sont beaucoup investis.

Et j'ai effectivement grandi, comme beaucoup de nos compatriotes qui vivent à l'étranger, à cheval sur plusieurs cultures et puis surtout dans un endroit très ouvert sur le monde parce que dans ces lycées du réseau à EFE qu'aujourd'hui je je m'attelle à réformer, c'est un réseau qui a besoin d'une réforme en profondeur mais qui est surtout un formidable outil pour la France à la frais de formation et aussi de de projection, d'influence, de transmission de de la culture et de la langue. était un peu ma maison. Donc dans ce lycée français, il y avait des personnes qui venaient d'à travers le monde.

C'est comme ça que je me suis retrouvée à apprendre l'italien, le portugais, d'autres langues. Et puis quand on grandit dans les Caraïbes, on est au carrefour de beaucoup de régions, de beaucoup d'influence et lorsqu'on vient soi-même des Caraïbes, et bien on vient de beaucoup d'endroits. Et donc c'est c'était un peu ça mon enfance mais c'était face à la mer et comme beaucoup de de personnes ici au Maroc qui aussi un pays qui a qui a ces merveilleuse côte je pense que ça peut ça peut parler parce que ça vous ouvre des horizons.

H h et vous devez vous sentir chez vous ici également. Du coup vous avez cette terre un petit peu familiale. Moi j'ai j'ai cette faculté de me sentir assez rapidement chez moi où je vais surtout quand on est aussi bien reçu qu'on l'est au Maroc.

Je dire que c'est difficile de pas se sentir en tout cas très bien accueilli ici. Et oui, effectivement, il y a ce côté méditerranéen que nous partageons et puis avec le paroc, on partage beaucoup de choses. On partage aussi cette envie de promouvoir le multilatéralisme.

Ça ça peut paraître un peu technique comme terme, mais en fait c'est de se dire que on a besoin d'un dialogue entre les différents pays, les différentes nations. Donc oui, moi je me sens je me sens très en tout cas très bien reçu et très heureuse d'être ici. ouverture effectivement vers le monde.

En tout cas, quand on vit dans dans plusieurs pays, on apprend également que ce monde dans lequel on vit peut paraître aussi complexe. Oui, tout à fait. Alors moi, j'ai la chance ensuite de faire mes études universitaires en France, mais de faire une partie aux États-Unis, d'exercer comme avocate à Genève, de beaucoup voyager aussi en Asie par par le métier de de mon mari, de de me retrouver maintenant beaucoup en Afrique aussi par ces fonctions que j'occupe.

Et et je pense qu'il y a cette prise de conscience du fait qu'il y a en ce moment un peu partout dans le monde une tentation du repli sur soi, une tentation du rejet de l'autre et pour les personnes qui comme moi ont plusieurs cultures et justement ne veulent pas choisir mais veulent au contraire apporter dans le débat public national cette multiculturalité, c'est à la fois une source de souffrance mais c'est surtout une source d'action. Moi ça me ça me motive chaque jour pour aller convaincre mes concitoyens qu'en fait la France a besoin de ce dialogue de culture. Elle elle doit être fière de ces de ces plus de 7 millions de Français qui ont des origines africaines et qui créent des ponts entre notamment la France et et je parle du continent africain parce qu'on se on se trouve aujourd'hui au Maroc mais c'est vrai avec beaucoup de régions du monde et c'est une richesse en tout cas pour la France.

Vous êtes aujourd'hui en tout cas engagé notamment avec la francophonie. On va y revenir plus tard. Mais avant de se concentrer sur ce point qui est très important, nous allons rester sur votre parcours, notamment le parcours académique.

Vous l'avez dit, vous étiez avocate, vous avez choisi le droit. Pourquoi cette orientation particulièrement ? Qu'est-ce qui vous a interpellé à ce moment-là ?

J'ai toujours aimé le fait d'avoir un cadre commun. Vous savez, le droit, c'est finalement un langage commun. on se met d'accord sur sur des règles, sur des principes et donc c'est rassurant et je pense que au niveau multilatéral, au niveau de la diplomatie, on a besoin d'un cadre commun.

Aujourd'hui, beaucoup remettent en question le droit international, son existence même. On sait que le droit international est imparfait. On sait que il est valable que s'il est respecté.

On sait que beaucoup d'États, y compris des États de premier plan aujourd'hui, ne respectent pas le cadre du droit international. Pour autant, on a besoin de ce cadre et on a besoin de le défendre. Moi, je le défends ardemment parce que c'est ce qui nous permet de de nous comprendre, d'avancer ensemble, de fixer des règles du jeu.

Et j'ai toujours été très attaché moi, aux règles du jeu et au fait d'avoir d'avoir un cadre. Et puis le droit, rappelons-le, ça protège aussi les plus faibles. Et quand vous grandissez dans un pays en développement, vous avez la chance d'ailleurs de faire partie du d'une partie de la société qui est plus privilégiée que d'autres, vous avez aussi un peu ce sens des responsabilités, cette volonté que votre pays, enfin en l'occurrence moi c'est mon deuxième pays, se développe, ce qui ce qui a été le cas au cours des dernières années et un attachement à permettre ce développement.

Donc ça veut dire une bonne gouvernance, ça veut dire la lutte contre la corruption, ça veut dire toute une série de choses qui finalement se retrouvent dans cette matière très large et très très forte qui est le droit. H Et puis ce qu permet d'avoir également un langage un petit peu commun que tout le monde peut comprendre. Absolument.

Et c'est nécessaire en démocratie. Vous savez, on parlait de la crise tout à l'heure, ce qui fait qu'aujourd'hui les citoyens se se sentent un peu éloignés. Il y a ce repli sur soi.

C'est aussi une crise de légitimité et on doit pouvoir se comprendre et on doit pouvoir se dire les choses clairement. Et le droit, ça c'est pas forcément, on doit pas le voir comme quelque chose de technique ou comme quelque chose de de de sachant. Le le droit, ça doit parler à tout le monde.

D'ailleurs, on est tous soumis aux droits et aux règles de de nos pays et et aux droits internationals. À quel moment justement le droit n'a plus suffi ? À quel moment vous avez senti qu'il fallait plus que votre engagement avait besoin d'un champ plus large, j'ai envie de dire.

Quand est-ce que la politique s'est imposée comme une évidence ? Alors, c'est quelque chose qui qui avait déjà beaucoup mûri en moi. Je viens d'une d'une famille très engagée qui était pas politique à proprement parler, mais mes parents étaient tous les deux engagés dans des dans des causes et et mais dans la famille de ma mère, côté dominicain, j'ai le grand-père, mon grand-père et mon grand oncle qui était très engagé contre la dictature, donc pour la lutte, pour la démocratie et la liberté.

Donc ça c'était déjà en moi. Mais je pense que j'ai eu envie de l'exprimer et de et d'agir véritablement. Pas être spectateur de des déséquilibres du monde quand j'ai eu des enfants.

Quand ma fille elle m'a donc ma ma petite dernière qui maintenant a 9 ans est née, j'ai j'ai eu cette envie de de participer, de prendre une part active et ce sens des responsabilités. Je me dis si j'ai eu la chance d'être éduqué dans un système multiculturel comme le le système des lycées français à l'étranger, si j'ai eu la chance de voyager, de voir des réalités dans différents endroits du monde, et bien j'ai aussi une responsabilité envers mon pays d'apporter notamment de la nuance dans un débat public polarisé, de rationaliser aussi un un débat qui ne l'est plus et puis de m'engager tout simplement de prendre mon risque parce que c'est pas toujours évident d'être une femme politique. Tout à fait.

C'est c'est pas toujours évident, mais en tout cas, elles font du beau travail. Euh quand on parle justement d'entrée en politique, j'ai l'impression que finalement ben c'est un c'est un choix qui s'impose et c'est fait surtout par nécessité, par ce besoin, cette responsabilité dont vous parlez, mais aussi ce besoin d'agir et de faire évoluer les choses et de changer les choses qu'on ne peut plus accepter qu'elles sont en tout cas. Oui, tout à fait.

Je pense qu'il y a il y a un besoin, une urgence d'agir. Moi, c'était très lié aux questions environnementales parce que je me disais bon, j'ai beau faire ma part individuellement, faire le tri, participer à un certain nombre de projets d'initiatives, mais si on a vraiment envie que les choses changent sur le plan de l'environnement, on a besoin de de réglementation. Je me suis beaucoup engagé notamment sur les questions de la protection de l'océan dans le cadre de l'UNOC 3 que la France apporté et puis pour la promotion d'un traité sur l'océan.

Enfin, je pourrais vous en parler pendant des heures mais c'est pas l'objet de de l'entretien, mais pour moi, il y avait beaucoup cet angle de lutte d'action climatique. Et ça, je pense qu'il faut surtout dans un monde dans lequel on parle de beaucoup d'autres choses, mais on oublie le climat, il faut toujours le rappeler, la France mène une action climatique importante. Maintenant, j'aimerais peut-être dire au aux jeunes et surtout aux jeunes femmes qui peuvent nous regarder aujourd'hui que l'engagement peut être une évidence mais que de faire le pas, ça peut être assez difficile parce que on sait qu'on va être exposé, on sait qu'on est sujet à des critiques, on sait que même par rapport à votre entourage ou votre famille, quand vous rentrez dans un parti politique, quand vous vous engagez, bah vous avez aussi des gens qui sont pas d'accord avec vous et cetera.

Et cette altérité, cette ces difficultés là, ça peut être des freins, mais qu'en réalité c'est une expérience qui est nécessaire et qu'on a besoin de personnes de la société civile, on a besoin de jeunes femmes aussi qui s'engagent en politique et même si évidemment c'est pas facile tous les jours comme je disais tout juste avant, c'est quelque chose d'extrêmement enrichissant. Donc si ça peut susciter des vocations, moi je je lance aussi ce message à celles qui nous qui nous regarderait qui ont envie de de s'engager. En tout cas, un choix qui qui est inspirant mais le parcours n'est pas n'est pas du tout facile.

Il se met dans bu, j'ai envie de dire, vous l'avez dit, c'est c'est ce n'est pas si simple que ça. Est-ce qu'on perd une partie de soi ou une part de soi-même quand on devient une figure publique, quand on rentre dans le gouvernement ? Est-ce qu'il y a une partie de nous qu'on perd définitivement ?

Moi, je j'essaie que ça soit pas le cas. Après, c'est suffisamment récent pour que j'ai pas d'avis définitif. Mais si vous voulez, je pense que si on perd son authenticité en politique, ça vaut plus la peine de le faire.

En tout cas, la manière dont moi je conçois la politique, je pense que justement si je me suis engagée, c'est pour apporter cette voix-là et c'est aussi pour accepter le débat. Il y a des personnes avec qui je suis en profond des accords, mais j'accepte toujours de de débattre et il y a toujours quelque chose lorsque vous avez un débat honnête, pas de mauvaise fois et que vous êtes prêt à écouter ce que l'autre veut vous dire, vous avez toujours quelque chose à à y gagner et lui aussi a toujours quelque chose à y gagner. Donc pour l'instant, j'ai rien perdu.

J'ai plutôt beaucoup gagné dans cette aventure politique. Je vous disais, c'est de l'exposition, les réseaux sociaux, c'est terrible parce que vous avez toutes sortes de commentaire et surtout quand vous êtes une femme sur votre physique, sur ce que vous faites sur enfin et comment se protège justement ? Ben au début, on est un peu à Flore de Poau parce que moi, j'avais même pas vraiment de réseaux sociaux avant, c'était pas trop et puis aujourd'hui on est obligé en tant que que femme ou homme politique et puis finalement on on se on prend du recul et puis surtout on lit pas et puis on avance et on trace et à côté de ça, vous avez beaucoup de personnes qui sont encourageantes, qui sont inspirées par ce que vous faites ou qui ont envie de travailler avec vous. le nombre de jeunes qui m'ont écrit parce qu'ils voulaient rejoindre mon équipe.

J'aimerais bien pouvoir tous les accueillir. On a on a évidemment des équipes qui sont petites et resserrées, mais tout ça ça vous donne aussi beaucoup de beaucoup d'espoir. Et puis mes enfants, je parfois je culpabilise un peu, c'est normal de me dire "Je voyage tout le temps, je les vois pas assez." Et en fait, je te dire qu' ils ont une grande maturité et je je le dis pas vraiment parce que je je m'étends pas trop sur la la ma vie personnelle, mais je suis très fière de du fait de me voir dans leurs yeux et de sentir que pour eux, c'est aussi un exemple et pour ma fille mais aussi pour mon fils, je pense que c'est important que d'avoir des exemples de femmes qui s'engagent en politique pour pour ces enfants.

En tout cas, j'imagine que vous êtes leur première source d'inspiration et que vous allez en inspirer certainement beaucoup d'autres, on l'espère. Est-ce que vous dans votre parcours, vous avez eu une rencontre qui qui a créé une nouvelle dynamique, qui a permis un point d'inflexion dans ce parcours que le vôtre ? Est-ce que vous aussi vous avez une personne qui vous a inspiré et qui a fait de vous la femme que vous êtes aujourd'hui ?

énormément de personnes. Vous savez, on n'est jamais tout seul et euh et on on est toujours le produit des rencontres que l'on a. Moi, j'ai beaucoup de rencontres très structurantes en République dominicaine.

Ensuite, quand je suis venue en France, la plus récemment, si je vous parle du du plus récent, j'avais le président de la commission des affaires étrangères, Jean-Louis Bourlange qui est un un formidable historien, homme politique, très posé, nuancé, avec une approche justement une perspective historique lorsqu'il lorsqu'il aborde les sujets géopolitiques. Donc je l'admire énormément et puis a beaucoup d'autres personnes qui m'ont à un moment ou un autre inspiré. Mais mais je pense que ce qui ce qui est important c'est de savoir retenir ces conseils-là et et les intégrer et et se construire par rapport à ces à ces rencontres que l'on fait.

Beaucoup de femmes aussi dans le milieu des avocats d'affaires, c'est pas toujours évident. Et j'ai aussi eu des exemples dans dans ma vie professionnelle. En tout cas, aujourd'hui, en tant que que ministre, vous portez la francophonie.

Qu'est-ce que ça représente pour vous aujourd'hui ? C'est la francophonie. Pour moi déjà c'est un c'est un langage commun mais c'est aussi la défense du plurilinguisme.

On a tendance à se dire la francophonie c'est défendre la langue française. C'est que partiellement vrai. Quand vous défendez la francophonie, vous défendez le fait qu'il n'y ait pas une langue hégémonique qui soit le plus petit dénominateur commun et que dans toutes les instances internationales, on parle pas nécessairement que anglais ou que chinois ou que sais-je.

Et donc aujourd'hui de se dire je défends la francophonie, c'est de se dire je défends ce dialogue entre différentes cultures, je défends ces langues qui évoluent. Et c'est aussi finalement une idée très politique. Se dire que la langue évolue, c'est accepter que la langue est enrichie d'influences diverses.

Et c'est le cas. Moi je parle espagnol, j'adore par exemple voir toutes les influences de l'arabe dans l'espagnol. Mon propre prénom et Léonor, c'est elle nour la lumière.

Et c'est aussi tout ça qui m'attire dans cette défense de la langue. Et puis une langue, ce sont des principes, ce sont des valeurs. Et c'est ces valeurs que l'on porte à travers la francophonie, forcément ça fait éco un peu aux valeurs des lumières, mais c'est des lumières qui se réinventent ou qui se rallument chaque jour.

Donc moi je suis je suis très heureuse et très fière d'avoir ce mandat qui est justement promouvoir le plurilinguisme et l'usage de la langue française un peu à travers le monde. Et on va revenir un petit peu à ce qu'on disait en début d'entretien. La langue c'est aussi une ouverture vers un monde finalement.

Et justement dans ce contexte un petit peu international aujourd'hui vous parliez de mutation. Est-ce qu'on peut dire que la francophonie est aujourd'hui en mutation ou est-ce qu'elle est plutôt en difficulté, en déclin par rapport à l'anglais qui semble pour le moment en tout cas prendre un peu plus de place ? Dites-nous un petit peu quel est l'état des lieux de la situation.

Alors, si on fait un état des lieux cliniques, c'est-à-dire si on s'en réfère au chiffres, la francophonie se porte bien parce qu'on est passé d'être la 5è langue la plus parler au monde lors du dernier état des lieux. Il y a quelques années, on était 321 millions de locuteurs de français à aujourd'hui 396 millions de locuteurs de français. On est passé à être la 4e langue la plus parlée au monde.

Et cette croissance, elle s'est faite essentiellement sur le continent africain. Pourquoi ? Parce que c'est le continent qui a la plus forte démographie.

Et en fait cette langue, elle est parlée par beaucoup de jeunes. Donc c'est plutôt aussi une source d'espoir. On se dit que c'est une langue qui va continuer à être parlée et d'ailleurs c'est la deuxième langue la plus apprise.

Donc ça veut dire qu'elle reste attractive. On choisit d'apprendre le français. C'est pas nécessairement votre langue maternelle.

Après derrière les chiffres, il y a des réalités et je pense que justement quand on a la responsabilité qui m'incombe, c'est-à-dire celle de défendre la francophonie, il faut aussi être très lucide. Certains pays font le choix euh de l'anglais avant le français ou d'autres langues et puis euh par certaines jeunesses justement la francophonie est perçue comme étant moins attractive parce qu'il y a toujours l'enjeu de la mobilité. Donc nous on doit travailler pour renforcer cette mobilité et pour que la francophonie soit vraiment vue et vécue comme une langue d'opportunité.

Moi, je m'y attelle en France mais c'est un travail global par la francophonie c'est pas que la France en fait. La France c'est un pays francophone comme tant d'autres. Et justement cette francophonie dialogue y compris ça doit être perçu comme une source de mobiliser pour de mobilité pour les Français de se dire parce que je parle français et bien je peux aller au Maroc, au Canada, en Côte d'Ivoire, en République démocratique du Congo, euh au Rwanda, dans d'autres pays parce que justement j'ai cette langue que nous avons en partage qui est notre maison commune.

Donc c'est c'est un c'est une très belle mission que de promouvoir la langue française et de ne pas se finalement se reposer sur ses lauriers et de vouloir que ce soit pas simplement quantitatif mais qualitatif et qu'on perço vraiment le français comme une langue d'avenir, une langue d'opportunité y compris dans l'intelligence artificielle dans plein d'autres secteurs. En tout cas, puisque vous parlez d'avenir, on dit souvent que que la francophonie, enfin l'avenir de la francophonie est aujourd'hui en Afrique parce que c'est une langue qui est très parlé sur le continent africain. Est-ce qu'on peut dire que c'est déjà le cœur vivant de cette langue ?

Est-ce que le centre de gravité de la francophonie est en train de changer ? Là encore, factuellement, le plus grand nombre de locuteurs est aujourd'hui sur le continent africain et c'est une bonne chose parce que comme je vous le disais, en plus, ce sont des locuteurs jeunes et donc euh on peut raisonnablement espérer que cette francophonie continue de croître et continue d'être dynamique. Maintenant, vous avez aussi la francophonie sur le continent asiatique.

D'ailleurs, c'est le Cambodge qui va assumer cette année la présidence de de l'OIF. Euh et puis vous avez aussi euh le continent américain notamment l'Amérique latine qui fait revivre aussi cette francophonie. À l'époque où ma mère faisait ses études, le français était obligatoire dans un certain nombre de de pays, notamment lorsqu'on faisait du droit.

Et c'est aussi une des raisons pour laquelle ma mère a fait ses études en France, a rencontré mon père. Donc vous voyez, moi je j'ai une histoire intime qui est très liée à l'apprentissage du français, à cette francophonie choisie et apprise, mais je pense qu'aujourd'hui ce qu'il faut c'est de manière globale faire comprendre que le français est une opportunité. Hm hm.

Le français est une opportunité. C'est le message qu'on va retenir. Pour rester toujours sur la francophonie avant de conclure, j'aimerais qu'on se concentre justement sur les actions, sur les mesures, les stratégies aujourd'hui mises en place pour justement ce rayonnement à l'international de la francophonie.

Alors, il y en a beaucoup. Le la France occupe jusqu'à jusqu'au mois de de novembre cette présidence de de la francophonie. Et donc dans ce cadre-là, elle a promu un certain nombre d'initiatives, notamment des échanges universitaires, du travail sur les universités francophones, du travail sur la découvrabilité des contenus.

Moi, j'adore ce ce mot. C'est qui nous vient en grande partie du Québec et du Canada. La découvrabilité, c'est que lorsque vous êtes un un chercheur, lorsque vous êtes un un scientifique, vos contenus rédigés en français et pas que hein, mais mais je donner ça comme exemple, ce que vous écrivez en français, ça ça apparaît sur les plateformes, ça apparaî sur les moteurs de recherche et que du vous ne soyez pas handicapé par le fait de publier en français plutôt qu'en anglais ou que dans d'autres langues.

Et et tout ça, c'est un travail pratique. promouvoir aussi l'intelligence artificielle en français, qu'elle soit générée en français. Tout ça sont des choses qui sont génératrices d'opportunités.

Et encore une fois, j'y reviens parce que c'est fondamental la mobilité que une fois qu'on a fait ce choix d'apprendre une langue qui pas la langue de votre pays ou en tout cas pas la seule langue de votre pays et bien vous puissiez justement trouver d'autres opportunités à l'étranger par des échanges universitaires, par la possibilité de rencontrer votre âme sœur, des amis parce que c'est tout ça finalement la francophonie. tout à fait cette ouverture toujours vers le monde et puis dans ce monde aujourd'hui fracturer cette langue ou la langue de manière générale qui peut aujourd'hui relier. Oui, et c'est très important de le dire ici au Maroc où le français occupe une place importante et où il y a justement cet apprentissage du français et cette coopération également entre nos deux pays.

Copération absolument qui est fondamental. En réalité, c'est une chance d'avoir deux trois langues et de pouvoir les parler au sein d'un pays. Moi je j'ai toujours trouvé que c'était une richesse incroyable pour les pays qui avaient comme ça plusieurs plusieurs langues officielles ou nationales ou en tout cas employé.

En tout cas, honneur Caroa, c'était un plaisir de vous avoir comme invité aujourd'hui. Plaisir partager. Merci d'avoir accepté cette invitation.

C'était un plaisir. Merci infiniment et à très bientôt, j'espère. À très bientôt.

C'est la fin de rencontre pour cette semaine. On se retrouve la semaine prochaine.