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Podcast / conversationLe Média (sur YouTube)· 21 novembre 2024 86 minContradictoireActualité / polémiqueJusticeImmigration & asileTransportsSolidarités & famille

NETANYAHOU : UN MANDAT D'ARRÊT DE LA CPI / GRÈVE SNCF : LES CHEMINOTS POSENT UN "ULTIMATUM"

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 8 %Attaque 67 %Défensif 24 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 82 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 9:35OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous avez eu des nouvelles de ces étudiants ?

  • 10:39OuverteRéponse directe

    Comment est-ce que vous expliquez cette campagne de fake news ?

  • 20:39OuverteRéponse partielle

    Pourquoi est-ce que c'est un signe pour les victimes israéliennes qu'ils sont entendues ?

  • 22:04RelanceRéponse partielle

    Est-ce que c'est un crime de guerre ou un crime contre l'humanité ?

  • 25:17OuverteRéponse partielle

    Pouvez-vous nous apporter un éclairage très juridique ?

  • 30:47OuverteRéponse partielle

    Est-ce que ces mandats vont être simplement symboliques ou effectifs ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:40PrésentateurFait
    « Les militants du syndicat La Coquarde ont blessé deux personnes. »
  • 2:16PrésentateurFait
    « La Cour compte désormais sur les pays signataires du statut de Rome pour procéder aux arrestations. »
  • 3:30Locuteur non identifiéChiffre
    « L'instauration d'une contribution consistant à imposer aux salariés de travailler gratuitement 7 heures de plus par an. »
  • 4:49PrésentateurFait
    « Ces mandats ont été émis pour « crimes contre l'humanité » et « crimes de guerre » commis au moins du 8 octobre 2023 et au moins jusqu'au 20 mai 2024. »
  • 5:48PrésentateurFait
    « Le but de la COP29 est de fixer un nouvel objectif d'aide aux pays en développement jusqu'à 2030 ou 2035. »
  • 9:40Ariane AnemoyanisFait
    « L'étudiant blessé qui a été emmené à l'hôpital par les pompiers, il ne va pas pouvoir travailler pendant plusieurs semaines parce qu'il a eu l'épaule luxée par un militant d'extrême droite. »
  • 11:31Ariane AnemoyanisFait
    « Ils sont venus avec un service d'ordre équipé pour la baston. Donc les étudiants témoignent de gants coquets, on le voit sur les vidéos, de parapluies pour frapper, aussi de bagues pour faire mal avec des coups de poing. »
  • 23:11Locuteur non identifiéFait
    « Le leader du Hamas connu sous le nom de Mohamed Deif est aussi ciblé par la CPI pour des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre présumés commis sur le territoire de l'État d'Israël et de l'État de Palestine depuis au moins le 7 octobre 2023. »
  • 35:18Locuteur non identifiéFait
    « les massacres de civils en reprenant les justifications grotesques et grossières des Israéliens »
  • 36:45Locuteur non identifiéFait
    « il ne fallait pas désarmer Israël »
  • 38:11PrésentateurChiffre
    « 60% des victimes sont des femmes et des enfants »
  • 38:13Locuteur non identifiéFait
    « on sait que la famine est organisée »
  • 39:16PrésentateurFait
    « le bureau de Benjamin Netanyahou qualifie d'antisémite le mandat d'arrêt contre lui »
  • 39:32Locuteur non identifiéFait
    « c'est une nouvelle affaire de Réfus »
  • 44:45Locuteur non identifiéFait
    « un enfant mort palestinien c'est moins grave qu'un enfant mort israélien »
  • 45:55Locuteur non identifiéFait
    « le ministre de l'Intérieur Gérard d'Armanin a dit qu'il interdisait de facto toutes les manifestations pro-palestiniennes »
  • 48:23Locuteur non identifiéPromesse
    « ils continueront contre vents et marées à soutenir le comportement de l'État d'Israël »
  • 1:01:39Locuteur non identifiéChiffre
    « la SNCF est l'entreprise ferroviaire la plus rentable d'Europe »
  • 1:04:21Locuteur non identifiéFait
    « l'État allemand a choisi de se battre, les syndicats allemands ont choisi de se battre »
  • 1:04:09Locuteur non identifiéFait
    « c'est d'abord un choix idéologique du gouvernement qui se cache derrière la commission européenne et l'union européenne qui a la même idéologie »
  • 1:04:21Locuteur non identifiéFait
    « l'exemple de Deutsche Bank Cargo qui est visé par la même procédure que la SNCF, mais l'état allemand a choisi de se battre »
  • 1:04:44Locuteur non identifiéFait
    « c'est un choix idéologique du gouvernement de vouloir dépecer l'entreprise SNCF pour l'offrir au privé »
  • 1:07:24Locuteur non identifiéFait
    « dès l'instant que vous séparez par petit groupe la SNCF ça va être compliqué pour les régions de faire rouler des trains »
  • 1:07:46Locuteur non identifiéFait
    « c'est ce qui est arrivé en Angleterre et c'est là qu'on a vu qu'il y avait des accidents »
  • 1:07:57Locuteur non identifiéFait
    « on voit l'expérience d'autres pays ça va pas baisser spécialement le train c'est pas rentable »
  • 1:10:14Locuteur non identifiéFait
    « la formation des cheminots des collègues la SNCF il y a un savoir-faire il y a des vraies formations »
  • 1:12:05Locuteur non identifiéFait
    « ça n'amuse personne de faire grève moi j'ai pas cette culture nos collègues ça n'amuse personne de faire grève »
  • 1:14:07Locuteur non identifiéChiffre
    « le vrai chiffre est plutôt de 8 à 10% et encore sur les dits et encore à mettre en relation avec 15% d'inflation »
  • 1:14:17Locuteur non identifiéChiffre
    « le chiffre c'est à peine 1% avec une inflation qui est supérieure »
  • 1:16:10Locuteur non identifiéFait
    « les bénéfices de la SNCF ne sont pas du tout dans cet endroit-là »

Temps de parole

  • Locuteur non identifié36 %
  • Présentateur28 %
  • Locuteur non identifié 216 %
  • Locuteur non identifié 311 %
  • Locuteur non identifié 44 %

≈ 0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:14
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, vous regardez Le Média, nous sommes le jeudi 21 novembre, c'est l'heure de votre quasi quotidienne d'infos et de débats toujours debout, diffusés en direct sur le canal 165 de la Freebox, sur Youtube ou sur notre site internet. Et désormais, vous pouvez retrouver nos contenus sur l'application Molotov qui vous offre la possibilité de regarder Le Média comme sur votre télé et gratuitement. En attendant de pouvoir débarquer sur la TNT, Le Média continue d'élargir sa diffusion et sa visibilité pour permettre au plus grand nombre d'avoir accès à une information libre de toute influence.

Car oui, Le Média est bel et bien la première chaîne télé d'information indépendante au sein d'un écosystème médiatique largement contrôlé par les milliardaires. Notre indépendance, on la doit à votre soutien, vous nous donnez les moyens de grandir et de poursuivre la bataille de l'élargissement de la diffusion de notre chaîne de télévision aux autres box. Pour continuer de faire vivre votre média, rendez-vous sur lemédiatv.fr. Au sommaire de cette édition, en première partie, je serai avec Ariane Anemoyanis, étudiante et militante au point levé.

Nous reviendrons sur les violences survenues à l'université parien au campus Tolbia, qui est virée par une cinquantaine d'étudiants alors qu'ils tentaient de tracter mardi dernier les militants du syndicat La Coquarde ont blessé deux personnes. Valeurs actuelles, le JDD ou encore Éric Zemmour ont relayé une campagne mensongère contre les étudiants mobilisés contre les génocides à Gaza et la guerre au Liban. En seconde partie, nous reviendrons sur les mandats d'arrêt émis par la Cour pénale internationale contre Benyamin Netanyahou et son ancien ministre de la Défense, Yoav Galland.

Le 20 mai dernier, le procureur de la CPI a annoncé avoir demandé la délifrance de cinq mandats d'arrêt contre les plus hauts responsables israéliens et du Hamas pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Ce jeudi 21 novembre, la CPI a annoncé, après cinq mois, l'émission de ces mandats d'arrêt. La Cour compte désormais sur les pays signataires du statut de Rome pour procéder aux arrestations si ces derniers se rendent sur leur territoire et au transfert des suspects à la Cour. Nous y reviendrons dans le fond de l'info avec nos deux chroniqueurs.

Mathieu Slama, essayiste et auteur de Adieu la Liberté, Julien Théry, historien, ainsi que Benjamin Fiorelli, maître de conférence en droit pénal et secrétaire général de l'association des juristes pour le respect du droit international. Notre dernier plateau sera consacré à la grande grève à la SNCF. Est-elle en voie d'être privatisée ? Les cheminons ont donné le ton aujourd'hui pour une journée de grève avant une reconductible. À partir du 11 décembre prochain, cette journée était présentée comme un ultimatum avant un mouvement censé peser sur les négociations salariales. Pour en parler, je serai en compagnie des cheminots Brahim, syndiqués Sudrail et Laurent de la CGT cheminots.

Mais tout de suite, notre rendez-vous quotidien avec un récap de l'actualité du jour présenté ce soir par Lydia Menez. Dans la nuit d'hier à aujourd'hui, les sénateurs ont adopté une mesure choc. L'instauration d'une contribution consistant à imposer aux salariés de travailler gratuitement 7 heures de plus par an. Une contribution de solidarité censée rapporter 2,5 milliards d'euros au secteur de l'autonomie. L'amendement a été approuvé en première lecture au Sénat par 216 voix contre 119. Les sénateurs de gauche, une grande partie du groupe RDSE à majorité radicale et les trois sénateurs du Rassemblement national ont rejeté la proposition.

3:54
Locuteur non identifié

Un jour de plus par an, c'est-à-dire un jour férié de moins. Mais continuez à ce rythme-là, il n'y en aura plus beaucoup. Et donc, ils vont devoir continuer à travailler alors qu'on a supprimé. On a quand même perdu 500 milliards d'euros depuis 7 ans avec tous les cadeaux fiscaux que l'on a fait. Et là, par contre, on ne demande rien du tout.

4:17
Présentateur

La mesure n'est pas définitive à ce stade puisqu'elle sera débattue la semaine prochaine lors d'une émission mixte paritaire réunissant députés et sénateurs chargés de trouver un compromis sur ce texte. La Cour pénale internationale hausse le ton. Elle a émis aujourd'hui des mandats d'arrêt visant le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, et son ancien ministre de la Défense israélien, Yoav Gallant, limogé du gouvernement début novembre. Ces mandats ont été émis pour « crimes contre l'humanité » et « crimes de guerre » commis au moins du 8 octobre 2023 et au moins jusqu'au 20 mai 2024, explique la Cour dans un communiqué.

La Cour a par ailleurs lancé un mandat d'arrêt visant le chef de la branche armée du Hamas, Mohamed Def, dont l'armée israélienne a toutefois annoncé la mort en août. Le Premier ministre israélien a réagi en comparant les mandats d'arrêt de la CPI à un nouveau procès de réfus et a jugé la Cour antisémite, tandis que le Hamas a salué une étape importante vers la justice sans commenter le mandat d'arrêt contre l'un de ses leaders. La perspective d'un accord entre pays riches et pays en développement s'éloigne toujours un peu plus à moins de 24 heures de la clôture de la COP29 à Bakou, ce jeudi 21 novembre.

La faute à une absence de compromis après la publication d'un projet qui ne semble satisfaire personne. Ce texte provisoire de 10 pages a été publié par la présidence azerbaïdjanaise au petit matin, tentant de résumer les positions sur le nouvel objectif d'aide financière que la conférence est censée fixer. A ce stade, le texte indique que des X à la place des montants, même si ceux-ci s'expriment en milliers de milliards. Le but de la COP29 est de fixer un nouvel objectif d'aide aux pays en développement jusqu'à 2030 ou 2035 pour mieux faire face aux effets du changement climatique et entamer ou poursuivre le passage aux énergies bas carbone.

Le projet dévoilé aujourd'hui ne rencontre que critique et opposition pour le moment. L'absence de chiffrage pour les pays riches est une insulte aux millions de gens sur le front du changement climatique. A par exemple réagi Jasper Inventor, chef de la délégation de Greenpeace International à Bakou. Autre actualité, le Sénat veut instaurer dans le budget 2025 de la sécurité sociale une contribution de solidarité. Comme on en a parlé juste précédemment, cette nuit, les sages ont adopté 216 voix contre 119.

La mise en place de 7 heures de travail supplémentaire sans rémunération, cette nouvelle journée de solidarité, viserait à financer le mur du grantage, le virage domiciliaire et la transformation de nos EHPAD, explique la droite interrogée ce matin par mes collègues, Lise Alap et André Manivic, le sénateur PC de la Seine-Saint-Denis. Fabien Guay déplorait que d'autres moyens ne soient pas mis en place pour pallier à ses besoins.

7:00
Locuteur non identifié

Que tous les amendements que nous avons déployés, les groupes du nouveau Front populaire, les groupes communistes auxquels j'appartiens, socialistes et écologistes, au Sénat, pour taxer par exemple le capital, les revenus financiers, les super profits, pour bénéficier et abonder les caisses de la sécurité sociale, tout ceci a été refusé. Mais ils ont fait peser donc un nouvel impôt sur la vie, sur les gens, voilà, qui sont les mêmes, qui payent déjà beaucoup d'impôts, qui en plus ont du mal à boucler leur fin de mois et qui voient leur salaire bloqué.

Et donc hier on a voté, enfin les droites, nous nous y sommes au Paulier, les droites coalisaient main dans la main avec le gouvernement, ce nouveau jour férié ou supplémentaire, gratuit, pour financer les caisses de la sécurité sociale. C'est un absolu scandale, parce qu'il y a déjà des gens qui ont beaucoup et qui sont épargnés par ce nouveau budget, et ceux qui n'ont pas grand chose vont devoir payer beaucoup.

Donc il faut se mobiliser évidemment et refuser cela, et en plus quand on le met en cohérence avec tout le reste, toutes les mesures prises, notamment celles qui vont venir dès la semaine prochaine sur le budget de la France, avec des fonctionnaires en moins, les trois jours de carence pour les fonctionnaires, avec des enseignants en moins, avec des employés de France travaillant en moins, avec la réduction dans les budgets des collectivités territoriales, c'est-à-dire des services publics de proximité, qui vont être affectés, touchés, voire fermés, bon, la coupe est pleine.

8:31
Présentateur

Le sénateur a donc appelé à se mobiliser dans les prochains jours pour faire reculer le gouvernement sur cette idée qu'il qualifie de scandaleuse. Tout de suite, place à l'entretien d'actu avec Ariane Anémoyanis, étudiante et militante au Point Levé, qui m'a rejoint sur le plateau. Bonsoir Ariane. Depuis plusieurs semaines, les étudiants des universités de Tolbiac, la Sorbonne-Mer et le campus de Clignancourt enchaînent les blocages. Ils demandent à ce que Paris 1 cesse ses partenariats avec les universités israéliennes, complices du génocide, et expriment leur soutien au peuple palestinien.

Mardi 19 novembre, des militants du syndicat La Cocarde, tractés devant les locaux de la Sorbonne Université à Tolbiac, dans le 13e arrondissement, dans le cadre d'élections étudiantes, ils affirment avoir été agressés par une quarantaine d'individus, une mobilisation pour la Palestine et le Liban se tenait, mais les étudiants ont refusé leur présence contraint de partir. Les militants de La Cocarde ont donc commencé à être violents. Deux étudiants ont été blessés et un étudiant a fini à l'hôpital. Est-ce que vous avez eu des nouvelles de ces étudiants ? Oui, on en a eu aujourd'hui.

L'étudiant blessé qui a été emmené à l'hôpital par les pompiers, il ne va pas pouvoir travailler pendant plusieurs semaines parce qu'il a eu l'épaule luxée par un militant d'extrême droite. Donc ça va être compliqué pour lui. Il travaille parce que c'est un étudiant précaire, comme la majorité d'entre nous. Et ça, c'est déjà quelque chose d'assez grave. Ensuite, il nous épargne de ses angoisses. C'est difficile de pouvoir y compris passer des examens. C'est une semaine de devoirs sur table à Paris 1 pour beaucoup d'étudiants. Lui, en fait, il ne peut pas utiliser une de ses mains. Donc c'est compliqué aussi pour passer ses examens, continuer ses études après ce qui s'est passé.

Et effectivement, je trouve que c'est important, comme vous le faites, de rétablir la vérité, de rétablir les faits et de partir du fait que effectivement, c'est deux étudiants qui ont été blessés sérieusement et celui-ci qui a encore des séquelles à l'heure où on se parle. Et justement, comment est-ce que vous expliquez cette campagne ? Donc vous l'avez qualifiée de fake news, donc elle s'est propagée. Il y a eu aussi le relais qui s'est fait par des médias dont Valeurs Actuelles, le JDD, Éric Zemmour ou encore Alice Cordier qui ont dénoncé ces violences entre guillemets d'extrême gauche. Comment est-ce que ça s'est réellement passé ?

La réalité, c'est que pendant deux semaines, il y avait les élections étudiantes à Paris 1, que l'extrême droite s'est rendue compte qu'elle n'était pas la bienvenue dans cette université, que malgré en fait une progression certaine, sérieuse et dangereuse de ces idées-là au niveau plus général en fait, Paris 1, par une tradition historique de gauche, de combat militant contre les idées réactionnaires, elle avait du mal à faire campagne. Et donc en fait, elle a essayé de venir provoquer en sachant très bien que ça fait deux semaines qu'il y a une mobilisation pour la Palestine et Liban à Tolbiac et ils sont venus avec un service d'ordre équipé pour la baston.

Donc les étudiants témoignent de gants coquets, on le voit sur les vidéos, de parapluies pour frapper, aussi de bagues pour faire mal avec des coups de poing. Et donc ils se sont venus faire cette tentative de provocation dans un centre historiquement de gauche de Paris en pleine journée de mobilisation contre le génocide à Gaza. Et les étudiants tout simplement ont refusé leur présence. Et c'est à partir de là que, contraints en fait de reculer, ils ont commencé à être extrêmement violents. Et après, la fake news, ça c'est une...

On va dire que c'est une nouveauté, le niveau de rapidité à partir de laquelle un groupuscule étudiant de Paris 1 qui fait par ailleurs 300 voix aux élections étudiantes, donc c'est absolument rien, arrive en fait à avoir des relais dans les sphères comme celles de journaux de Bolloré qui leur donnent la soupe. Justement, j'ai l'idée à parler, pardon, je cite, de drame qui a été évité de peu et que ces turbulences et violences ont été causées par des militants pro-Palestine. Oui, en fait, ils parlent carrément de tentatives de meurtre dans certains articles et dans certains tweets.

Et en fait, les enquêtes, entre guillemets, de Bolloré, ça n'est que la parole des militants de la cocarde qui, en fait, essayent d'inverser la réalité. Donc on le sait, ils sont violents, ils ont l'habitude de tabasser des étudiants, ils ont l'habitude d'opérations punitives contre des militants de gauche. Là, en fait, ils ont été humiliés, on va le dire, par des étudiants qui leur rappellent que leurs idées, elles ne sont pas les bienvenues à Paris 1, encore moins, en fait, quand on se bat contre le génocide à Gaza depuis plus d'un an et en particulier à Tolbiac.

Et donc, en fait, ils essayent d'inverser la réalité et ils ont une latitude pour le faire grâce à des relais médiatiques comme ceux-là. qui est impressionnante et qui est très inquiétante. Et c'est notamment pour ça qu'au moment où on se parle, il y a un rassemblement à Tolbiac appelé par un certain nombre d'organisations politiques, syndicales, associatives, pour dire que leurs fake news et leurs mensonges, mais aussi leurs violences, ne sont pas les bienvenues à Paris 1. Et c'était important de le dire dans la rue aussi. Justement, comme vous le rappelez, il y a un rassemblement depuis 18 heures devant le centre PMF de Tolbiac. Quel est le but, justement, de ce rassemblement ?

Et est-ce que vous savez s'il a été suivi ou pas, justement, par certains médias ? Le but, c'est de dire que la fac, elle est à nous et qu'en fait, on continuera d'en faire des centres pour s'organiser, pour se mobiliser et que l'extrême droite, elle n'est pas la bienvenue.

Je pense que c'est important de voir qu'aujourd'hui, à Paris 1, malgré tout le bataille médiatique en faveur de l'extrême droite, de ses idées, les étudiants, ils sont sortis dans chaque centre, y compris dans des centres moins militants ou, on va dire, parfois moins engagés à gauche, comme le centre de droit, ils sont sortis de leurs cours pour dire à l'extrême droite qu'elle n'avait rien à faire là, qu'il fallait qu'elle dégage. Et ça, je pense que c'est extrêmement progressiste et nous, on le revendique.

Et je pense qu'effectivement, le fait que la mobilisation pour la Palestine à Tolbiac, c'est pas un hasard, on va dire, que les étudiants pour la Palestine réussissent aussi à faire reculer l'extrême droite à Paris 1. Je pense que c'est un symbole fort, en fait, que des mobilisations comme celle-ci pour la solidarité contre le génocide et contre toute forme de discrimination permettent aussi de faire reculer sur le terrain les idées d'extrême droite. Ça, c'est important. Et le rassemblement, il va dans ce sens-là. Il va dans le sens de dire le terrain, c'est aussi là où on se bat contre l'extrême droite.

Et on refuse toutes leurs fake news, tous leurs mensonges, dont ils ont l'habitude, évidemment. Enfin, ils font ça à chaque fois. En 2022, ils avaient fait ça à Montpellier. Il y a quelques semaines, quand ils ont tabassé un syndicaliste à Assas, ils ont fait ça à nouveau. Mais en fait, à l'heure où même le Figaro est obligé de dire dans les plaintes de la cocarde, effectivement, il n'y a même pas mention de couteau. Donc ça veut dire qu'on nous bassine depuis presque 48 heures avec agression à main armée, couteau, tentative de meurtre. En fait, tout se dégonfle. Même eux sont obligés de dire il n'y a aucun blessé parmi nous. Par contre, nous, on en a deux.

Donc c'est bien que la violence est de leur côté. Mais en même temps, c'est l'idée de dire on ne va pas se laisser intimider et on va rester sur le terrain pour leur faire face parce que c'est comme ça aussi qu'on lutte contre l'extrême droite. Justement, vous l'avez évoqué, le syndicat de la cocarde a expliqué que ces militants auraient subi des violences. Et ce n'est pas la première fois qu'ils utilisent ces méthodes ni que l'extrême droite étudiante utilise des méthodes violentes.

Donc vous l'avez évoqué, en septembre dernier, il y a aussi deux militants d'extrême droite qui ont passé à tabac un syndicaliste étudiant qui avait recouvert un sticker de la cocarde à l'université Assas qui avait eu, quant à lui, deux dents cassées et neuf jours d'ITT. Il y a aussi plein d'exemples comme ça. Alors pourquoi ils ne sont pas sanctionnés ? La réalité, c'est que l'extrême droite dans les facs, elle se fait aussi le relais et ils sont les bons petits soldats des politiques répressives et autoritaires du gouvernement.

parce qu'en réalité, on voit que la mobilisation palestine dont on parle, qui dure depuis plus d'un an dans les facs, elle se fait malgré une politique d'intimidation, une politique antidémocratique de la part du ministère. Le 10 novembre, il y a Patrick Hetzel qui est le ministre de l'Enseignement supérieur qui réitérait dans une tribune au JDD, encore une fois, qu'en fait, il fallait poursuivre toutes celles et ceux qui, dans les conseils centraux de la fac, oseraient voter des motions de rupture des partenariats avec Israël. C'est un niveau d'intimidation énorme et eux, en fait, c'est les bons petits soldats de ces politiques répressives, autoritaires, réactionnaires pour le gouvernement.

Et c'est aussi pour ça qui fait qu'il y a aucune... Enfin, il y a cette impunité et nous, on se réjouit aussi que les étudiants commencent à s'auto-organiser sur le terrain pour les faire reculer. Merci beaucoup, Ariane. Merci d'être venue sur notre plateau. Je vous le rappelle, Le Média n'existe que grâce à votre soutien. Rendez-vous sur lemédia.tv.fr pour faire un don défiscalisé. On se retrouve juste après ce clip d'autopromo pour le fond de l'info.

17:51
Locuteur non identifié

La situation politique est inédite, urgente.

17:54
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue sur Le Média.

17:57
Locuteur non identifié

Deux directs par jour. Une situation de crise alimentaire sans précédent. Du terrain, du reportage, mais aussi de l'enquête. Le Média est aujourd'hui la seule télévision résolument de gauche, engagée et indépendante des pouvoirs financiers et politiques. Le Média, c'est 25 travailleurs qui produisent de l'information au quotidien. Nous devons faire plus. Pour cela, nous devons nous développer. Développer la chaîne de télévision, développer nos programmes, notre présence sur le terrain, enquêter sur les puissants qui nous gouvernent. Le tout en libre accès. Développer cette chaîne unique dans le paysage audiovisuel français implique de faire grandir nos équipes, d'investir dans du matériel.

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19:25
Présentateur

Je suis en compagnie de Julien Théry, historien, Mathieu Slamay, séiste et auteur de Adieu la liberté et Benjamin Fiorini, maître de conférence en droit pénal et secrétaire général de l'association des juristes pour le respect du droit international. Nous reviendrons au cours de l'émission sur les mandats d'arrêt par la CPI contre le premier ministre israélien et son ancien ministre de la Défense. La CPI estime avoir des motifs raisonnables de croire que Benjamin Netanyahou et Yoav Galland portent la responsabilité pénale des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. On en parle tout de suite dans le fond de l'info. Bonsoir. Bonsoir.

Alors, cinq mois après les réquisitions du procureur de la CPI Karim Khan contre le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et son ancien ministre de la Défense Yoav Galland, la Cour pénale internationale a suivi ses recommandations en émettant officiellement des mandats d'arrêt contre eux. Mais pas uniquement. La CPI a également annoncé ce jeudi 21 novembre qu'elle émettait un mandat d'arrêt contre le chef de la branche armée du Hamas, Mohamed Def. Mais ce dernier est considéré comme mort par Israël depuis une frappe sur Téhéran le 13 juillet dernier.

Justement, avant de revenir sur les mandats d'arrêt contre les représentants des politiques israéliens, on va revenir sur celui qui concerne Mohamed Def. Donc, il y a eu une déclaration d'une des représentantes des familles des otages du 7 octobre qui a dit la voix des victimes est entendue même si celui-ci est présumé mort par Israël en juillet dernier. Donc, c'est une info qui n'a pas d'ailleurs été confirmée par le Hamas. Pourquoi est-ce que c'est un signe justement pour les victimes israéliennes qu'ils sont justement entendues ?

21:13
Locuteur non identifié

Je commence. Je pense que c'est sur ce point précis puisqu'on commence par la mise en cause de ce chef du Hamas qui soit vivant ou mort. C'est à mon sens symboliquement et politiquement très important parce que ça acte la qualification du 7 octobre comme non seulement crime de guerre mais comme crime contre l'humanité puisque c'est les deux si je ne dis pas de bêtises les deux qualifications qui ont été retenues.

Ce qui est très important dans un contexte on le sait où et on y reviendra sans doute sur les instrumentalisations de part et d'autres politiques de part et d'autres les minimisations de part et d'autres la déshumanisation de part et d'autres mais là en effet on a quand même le droit international qui dit très clairement par la voix de la Cour pénale internationale que le 7 octobre a été un crime contre l'humanité. Vous êtes sûr de ça ? Ça me paraît un peu étonnant. Il me semble qu'en tout cas c'est les deux qualificatifs. Est-ce que c'est pour crime de guerre ou est-ce que c'est pour crime contre l'humanité ? Il faudrait savoir. Ce n'est pas du tout la même chose.

22:14
Présentateur

Je pense que crime de guerre et crime contre l'humanité c'était plus pour le Premier ministre et son ancien ministre de la Défense et je crois que concernant le chef en tout cas de la branche armée du Hamas c'était sur la reconnaissance en fait des victimes du 7 octobre. Oui mais est-ce que c'est un crime de guerre ou est-ce que c'est un crime contre l'humanité ? Ce n'est pas la même chose. Ce sont deux chefs

22:34
Locuteur non identifié

d'acquisition très différents. Je n'ai compris crime contre l'humanité et crime de guerre mais en effet. Le principe du crime contre l'humanité c'est de tuer des individus pour ce qu'ils sont en particulier pour le groupe auquel ils appartiennent et pour cette seule raison. Donc il n'est pas du tout évident que l'attaque du 7 octobre puisse être interprétée comme ça. Il n'y a pas nécessairement d'équivalence entre la nature des crimes qui sont commis par l'État d'Israël depuis le 7 octobre et les crimes qui ont été commis par le Hamas et qui ont occasionné cette riposte. Il n'y a pas nécessairement d'équivalence. J'ai la précision de la CPI.

Donc le leader du Hamas connu sous le nom de Mohamed Deif est aussi ciblé par la CPI pour des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre présumés commis sur le territoire de l'État d'Israël et de l'État de Palestine depuis au moins le 7 octobre 2023. Donc selon un autre communiqué. Donc voilà. Il restera à avoir des précisions sur ce en quoi consistent ces crimes de guerre et les crimes contre l'humanité.

Donc ça me semble important notamment du point de vue des familles des victimes du 7 octobre que cette qualification à la fois de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité soit reconnue face en effet à un mouvement évidemment heureusement minoritaire mais qui a un petit peu peut-être minimisé ce qui s'est passé dans le 7 octobre. Et là Julien oui on est en désaccord profond sur ce qui est passé cet octobre. Il y a eu quand même une trentaine d'enfants qui ont été tués assassinés. Il y a eu des familles qui ont été assassinées. Il y a eu des civils qui ont été assassinés en tant que civils et ça a été quand même un massacre sans équivalent dans l'histoire d'Israël.

Donc c'était important il me semble au regard pour les familles. Il y a eu des massacres de bien plus grande ampleur dans l'histoire d'Israël mais ils ont été perpétués contre les Palestiniens.

Cela ne remet pas en cause encore une fois on y reviendra sur cette discussion mais cela ne remet absolument pas en cause la situation de déséquilibre total entre Israël et les Palestiniens et tout le contexte et tout le contexte ça ne remet pas en cause attendez je finis juste mon propos en trois phrases laissez-moi juste trois phrases c'est un contexte dissymétrique laissez-moi justement ça ne remet absolument pas en cause le contexte colonial le contexte d'oppression d'Israël vis-à-vis des Palestiniens ça ne remet absolument pas en cause cette histoire-là et il faut évidemment avoir en tête ce contexte-là dans toute l'histoire du Hamas toute l'histoire de ce qui se passe et pas depuis le 7 octobre je ne le remets pas du tout en cause mais en revanche encore une fois le 7 octobre c'est un crime contre l'humanité à mon sens il y a une dimension de pogrom dans ce qui s'est passé le 7 octobre je dis encore une fois à mon sens les histoires spécialistes des pogroms disent le contraire il y a un débat là-dessus il n'y a pas vraiment de débat

25:15
Présentateur

de façon distincte parce que ce n'est pas du tout sur la même chose et peut-être que vous pouvez nous apporter

25:20
Locuteur non identifié

un éclairage mais vraiment très juridique en fait on a reproché justement à la coopération internationale cette histoire d'équivalence qu'elle aurait faite entre les différents crimes de manière totalement abusive à mon sens en vérité la coopération internationale elle est saisie de faits c'est-à-dire que le procureur lui a soumis des faits qui ont été commis d'un côté et qui ont été commis de l'autre et le but des juges de la coopération internationale de cette chambre préliminaire numéro 1 ça a été de déterminer si ces faits pourraient correspondre à des qualifications qui sont dans le statut de Rome la coopération a considéré qu'on regarde des faits dont elle a eu connaissance il y a certains faits qui pouvaient être reprochés à Mohamed Déif et certains faits qui pouvaient être reprochés à Benjamin Netanyahou et à Yoav Galante c'est tout c'est-à-dire que la cour pénale elle n'est pas là pour faire d'analogie elle n'est pas là pour dire qu'il y a symétrie qu'il y a proportion entre les différents actes qui ont été commis elle dit simplement ça ça correspond à telle qualification ça ça correspond à telle qualification et de ce point de vue il me semble que l'élément quand même on va y venir mais l'élément quand même central c'est ces qualifications de crime contre l'humanité et de crime de guerre retenus contre Benjamin Netanyahou et Yoav Galante pour des faits d'une extrême gravité je rappelle que le crime contre l'humanité il se définit comme le fait de lancer une attaque systématique ou généralisée contre une population civile à travers un certain nombre d'actes qui sont listés par le statut notamment le fait de commettre des meurtres le fait de commettre une extermination le fait de commettre des persécutions ou autres actes inhumains et le fait de retenir cette qualification-là précise contre ces deux dirigeants ça a une importance capitale ça tend un miroir à Israël qui est extrêmement ravageur et je pense que c'est un précédent marquant aussi dans l'histoire de la CPI à laquelle on fait souvent le reproche justifié d'ailleurs d'être une juridiction qui va s'intéresser davantage à des affaires africaines à ne pas mettre son nez dans des affaires qui concernent les pays occidentaux et bien là elle met son nez dans une affaire qui implique Israël alors même qu'Israël est allié de beaucoup de pays occidentaux donc c'est un précédent qui me semble particulièrement important c'est pas seulement un miroir qu'elle tend à Israël c'est un miroir qu'elle nous tend à nous car je rappelle quand même que Benyamin Netanyahou est régulièrement reçu dans les pays qui sont censés être des pays de liberté de démocratie représentatif donc de cet Occident porteur des valeurs humanistes et notamment en France je rappelle que Benyamin Netanyahou a été reçu récemment par plusieurs médias français d'abord par TF1 ensuite par CNews je rappelle qu'il est soutenu par le président français qui a eu un petit moment où il a dit quand même c'est un peu difficile de prétendre qu'on défend la civilisation en semant la barbarie bon mais ça lui a valu tout de suite les accusations d'antisémitisme à Emmanuel Macron et puis ça n'était qu'un petit moment les autorités aujourd'hui criminalisent en France l'opposition à un crime contre l'humanité qui est en train de se dérouler et qui commence donc à être reconnu par les instances donc ce miroir

28:15
Présentateur

il y a aussi le Quai d'Orsay qui a expliqué enfin dans un communiqué qu'ils allaient en tout cas respecter justement ces mandats d'arrêt donc

28:23
Locuteur non identifié

et bien alors nous verrons mais ça implique un grand grand grand changement un retournement très spectaculaire de l'attitude des autorités françaises effectivement nous verrons bien alors il y a plusieurs questions qui se posent il y a la question à proprement parler du mandat d'arrêt il est vrai que les pays qui sont liés au statut de la CPI s'engagent par principe à mettre à exécution ces mandats d'arrêt

28:42
Présentateur

1924

28:43
Locuteur non identifié

donc très concrètement ça signifie que si Benjamin Netanyahou mettait le pied sur le sol français ou Yohef Galante d'ailleurs on devrait normalement l'interpeller donc il y a quand même une signification particulière mais c'est en fait encore plus large que ça c'est à dire qu'il y a plein de conventions internationales je pense par exemple à la convention sur la prévention du génocide qui oblige tous les états partis dont la France à agir pour faire en sorte que le génocide soit pas commis soit prévenu pour empêcher la commission de ce génocide et ça ça passe par des mesures qui ne sont pas seulement des mesures d'interpellation des responsables ça passe par des mesures qui sont des sanctions économiques qui sont la rupture de certaines coopérations scientifiques à l'équipe des universités ça passe par la prohibition des ventes d'armes et pas des armes en entier il faut peut-être commencer par là quand même parce qu'on sait qu'aujourd'hui si les Etats-Unis la France et l'Allemagne cessaient de livrer des armes à l'armée d'Israël et bien l'entreprise de nettoyage ethnique s'arrêterait au bout de quelques jours faute de munitions tout à fait et c'est pour ça que à mon sens ces mandats d'arrêt qui sont émis par la CPI peuvent avoir une influence là-dessus parce qu'on pouvait auparavant se prévaloir du fait qu'il n'y avait pas encore de mandat d'arrêt émis que par conséquent on n'était pas certain que les faits étaient qualifiés même si ça paraissait évident à tout le monde sauf peut-être à nos responsables politiques là ça y est là il y a une base raisonnable de penser que ce crime ces crimes contre l'humanité ont été commis des crimes de guerre ont été commis alors moi je regrette à titre personnel que le crime de génocide n'apparaisse pas dans les qualifications contenues par la CPI mais il faut savoir que ça c'est quelque chose d'évolutif c'est-à-dire que le procureur peut très bien demander une sorte de supplétif comme on dirait en droit français pour que ces faits soient requalifiés en crime de génocide donc on n'en a pas terminé avec cette histoire en tout cas je l'espère bref tout ça pour dire que l'obligation de l'état français et des états partis à la CPI va bien au-delà de l'arrestation de ces deux personnes et là je crois que c'est un signal fort et maintenant on va voir on peut dire dans un certain sens que c'est un grand jour pour la justice pénale internationale maintenant c'est un grand jour seulement si les états jouent le jeu et les états partis nous en tout cas du côté de notre association on va essayer de faire pression à notre échelle pour faire en sorte que à minima les responsables politiques français et européens prennent compte de ce qui vient de se passer

30:47
Présentateur

parce que justement la question elle se pose est-ce que ces mandats vont être simplement symboliques ou est-ce qu'ils vont être effectifs et peut-être est-ce qu'on se pose aussi la question de savoir est-ce qu'il y aura un réel impact ou au contraire est-ce que ça ne va pas on va dire compliquer les efforts aussi qui visent à cesser le feu en Palestine c'est compliqué

31:04
Locuteur non identifié

alors normalement je crois si je ne dis pas de bêtises tous les états signataires du traité de Rome sont contraints de respecter les décisions de la Cour pénale internationale donc normalement je crois que tous les pays de l'Union Européenne encore une fois je ne vais pas dire de bêtises mais je crois que tous les pays de l'Union Européenne sont signataires donc normalement tous les pays de l'Union Européenne doivent respecter cette décision la France donc le Quai d'Orsay a dit qu'il respecterait cette décision l'Union Européenne je crois par la voix de ses représentants a également fait un communiqué en disant qu'elle allait respecter cette décision donc d'un point de vue formel si on est très formaliste et d'un point de vue juridique la décision doit être respectée maintenant c'est vrai que depuis le début de ces massacres à Gaza on a l'impression que le droit international dit une chose et puis les états notamment occidentaux disent d'autre chose que finalement l'ONU n'a de cesse d'alerter sur la situation dramatique à Gaza je rappelle quand même que là j'ai lu le texte de le communiqué en détail de la Cour pénale internationale s'agissant de Netanyahou et de l'ancien ministre de la Défense la Cour pénale internationale dit quand même qu'il y a des raisons tout à fait objectives de croire que le gouvernement israélien Netanyahou a créé des situations de famine volontairement à Gaza c'est écrit noir sur blanc donc c'est des accusations qui évidemment devraient amener des conséquences voilà mais c'est vrai qu'on a le sentiment que ce soit l'ONU la justice internationale que ce soit les ONG parce qu'on a beaucoup de retours d'ONG du terrain qui racontent l'enfer qui est devenu Gaza etc mais c'est vrai qu'on a l'impression que du point de vue des états il ne se passe pas grand chose on voit qu'il se passe des choses au niveau des opinions publiques les manifestations pour Gaza pour les palestiniens sont toujours assez remplies il y a une émotion collective qui est toujours très présente il y a je crois dans les sondages une immense majorité en tout cas en France de français qui sont indignés par ce qui se passe à Gaza donc on voit bien qu'il y a quelque chose qui se passe et puis après toutes les images épouvantables qu'on voit sur les réseaux sociaux mais en revanche Emmanuel Macron là je l'avais dit plusieurs fois je leur dis on ne comprend pas sa ligne parce qu'après les attaques au Liban il a eu une position beaucoup plus forte beaucoup plus ferme etc mais à chaque fois c'est good cop bad cop et on ne comprend pas sa ligne politique voilà et ça vaut pour Macron mais ça vaut aussi pour les principaux états occidentaux et vous sous-entendez un peu ça et vous avez raison de le dire l'Occident et l'Europe les Etats-Unis qui se prévalent de la supériorité des droits de l'homme des droits humains etc Gaza c'est un peu le masque qui tombe en tout cas l'hypocrisie qui s'effondre puisque là il s'agit quand même d'une situation où les droits humains sont quand même mis à mal et c'est un euphémisme depuis un an et très très peu de voix s'expriment alors il y a en Espagne il y a le dirigeant espagnol qui a pris des positions courageuses mais globalement on n'en est même pas et je finis juste là-dessus pardon mais on n'en est même pas à reconnaître un Etat palestinien en France je veux dire c'est quand même incroyable qu'on en soit encore là j'ai vu qu'il y avait la création d'un groupe d'amitié franco-palestinien ça a créé une polémique qui a été oui qui a été si on en est là encore mais ça montre avec un tir de barrage mais ça montre voilà le droit international dit quelque chose et puis politiquement on est encore très très loin du compte il y a un cas en particulier me semble-t-il qui va justifier beaucoup d'attention c'est l'attitude de l'Allemagne puisque il y a une raison d'Etat en Allemagne à cause évidemment des crimes perpétrés par l'Allemagne en tout cas au nom de l'Allemagne contre les juifs il y a une raison d'Etat on le sait qui rend l'Etat allemand particulièrement répressif contre tout soutien aux palestiniens toute critique fondamentale du comportement de l'Etat d'Israël on a vu encore récemment la ministre des affaires étrangères allemande justifier les massacres de civils en reprenant les justifications grotesques et grossières des Israéliens selon lesquelles à chaque fois qu'un bâtiment avec des civils à l'intérieur est bombardé c'est parce qu'il sert de bouclier c'est parce que les civils qui sont à l'intérieur servent de bouclier aux terroristes du Hamas l'Etat allemand colle absolument en réalité au pire de la propagande israélienne donc comment vont-ils faire aujourd'hui confronter avec cette sentence d'une institution internationale qui est en contradiction complète avec leur comportement ça j'aimerais bien j'aimerais bien en savoir plus là dessus effectivement le problème va être très fort pour ce qui concerne l'Allemagne alors je reviens quand même un tout petit instant sur la situation française parce que c'est vrai que là on a le sentiment qu'on a tout fait à l'envers et on est encore en train de tout faire à l'envers c'est à dire que on a quand même des alertes sur les éléments les crimes qui sont commis à Yaza qui sont très anciennes je rappelle quand même que la première ordonnance de la CIJ la Cour internationale de justice qui a justement ce que vous disiez tout à l'heure indiqué qu'il y avait un risque plausible de génocide date du 26 janvier de cette année c'était en tout début d'année et pour autant au niveau des responsables politiques français nous n'avons pas eu de réaction à la hauteur des enjeux voire pas de réaction du tout même des réactions inverses à celles qui auraient dû avoir lieu je pense par exemple à Yael Brode-Pivet qui quand on lui a demandé s'il convenait de mettre fin à la livraison des armes à Israël a quand même répondu qu'il ne fallait pas désarmer Israël on n'a pas désarmé Israël voilà le résultat soutien inconditionnel a-t-elle dit depuis le départ elle n'est pas revenue dessus elle n'est pas revenue dessus même Yael Brode-Pivet qui s'est déplacé il y a quelques jours je crois à l'université Lyon 3 ce qui a suscité un émoi qui me semble légitime au regard des déclarations tenues et des qualifications qui viennent d'être retenues par la CPI et finalement ceux qu'on réprime qui sait ce sont les manifestants donc j'ai envie de dire qu'on fait tout à l'envers à partir du moment où on fait tout à l'envers c'est vrai que le chemin à parcourir pour renouer avec quelque chose qui ressemble à du courage et à la défense de valeurs fondamentales le chemin il est extrêmement rude mais il va falloir le parcourir très vite parce que là on n'a plus le temps ce que je trouve inquiétant enfin en tout cas ce qui va poser problème à mon sens c'est que cette décision si on la prend en compte alors qu'elle ne vient en réalité que corroborer des choses que tout le monde peut voir je veux dire le discours génocidaire il est dominant de la part des dirigeants en place dans l'état d'Israël ils le disent et ils le disent depuis longtemps qu'il faut éliminer les palestiniens c'est aussi une culture dans la société palestinienne que la conviction qu'ils vont être submergés démographiquement et qu'il faut éliminer en particulier éliminer les enfants et les témoignages des médecins qui reviennent et qui disent on voit que les enfants sont visés spécialement par les snipers ils sont légions donc on le sait tout ça on sait aussi que la famine est organisée

38:11
Présentateur

60% des victimes sont des femmes et des enfants

38:13
Locuteur non identifié

on sait que la famine est organisée et depuis longtemps il n'y avait pas besoin d'avoir cette corroboration pour en être informé et elle est caractéristique d'un génocide d'une tentative de génocide donc tous ces éléments qui en réalité étaient déjà là que tout le monde pouvait voir et dont la plus grande partie des médias et la plus grande partie de la classe politique française pour ne parler que de la France ne voulaient pas tenir compte ils vont être obligés tout à coup d'en tenir compte et ils vont être obligés autrement dit de perdre la face et c'est ça moi qui m'inquiète et je parlais d'inquiétude à ce sujet parce que ça serait bien la première fois qu'une classe politique presque dans son intégralité qu'une classe médiatique presque dans son intégralité retournerait complètement sa position et dernier point que je voudrais aborder il ne faut quand même pas oublier que l'accusation systématique d'antisémitisme contre les gens qui ont défendu les palestiniens qui ont remis en cause radicalement l'attitude de l'état d'Israël a été utilisée systématiquement et en particulier contre le principal parti d'opposition de gauche en France

39:14
Présentateur

ça a été le cas encore avec ces mandats d'arrêt où le bureau de Benjamin Netanyahou qualifie d'antisémite le mandat d'arrêt contre lui et il compare ces mandats à un nouveau procès de Réfus

39:25
Locuteur non identifié

c'est ça c'est une nouvelle affaire de Réfus c'était déjà l'argumentaire qu'il avait utilisé quand il était venu devant CNews en disant que c'était une nouvelle affaire de Réfus il raconte absolument n'importe quoi il falsifie l'histoire de la manière la plus éhontée et grotesque qui soit de toute façon on sait très bien c'est des témoignages même israéliens qui le disent que le mot d'ordre c'est de renvoyer à l'antisémitisme et à la culpabilité européenne au judéocide nazi et européen toute critique de l'état d'Israël c'est son faux de commerce très bien cela met en danger les juifs partout dans le monde c'est une manière de se revendiquer comme représentant des juifs en général quoi qu'on fasse et y compris ces crimes là donc c'est évidemment un scandale absolu qui est inacceptable mais moi ce dont je parle là c'est pas du comportement d'Israël qui évidemment va accuser d'antisémitisme quiconque remet en cause un peu sérieusement des crimes qui sont commis moi je parle de la situation en France de tous ceux qui ont passé leur temps à dire que ceux qui défendent donc les droits minimum des palestiniens à vivre ceux qui critiquent le comportement d'Israël et se nettoyer ethnique évident ont été qualifiés d'antisémites non-stop depuis octobre dernier on a utilisé cette accusation pour les diaboliser à des fins de politique intérieure de disqualification de la gauche

40:37
Présentateur

il y a même plusieurs conférences aussi sur la Palestine qui ont été annulées

40:40
Locuteur non identifié

on interdit des manifestations dans ce sens alors qu'on autorise à Paris et le préfet de police de Paris souligne qu'il va tout faire pour protéger ce gala un gala génocidaire organisé par une avocate génocidaire qui annonce

40:53
Présentateur

le génocide

40:54
Locuteur non identifié

qui le soutient tout simplement et qui dit que le grand Israël Israël a vocation à inclure le Liban à inclure une partie de la Jordanie et à débarrasser ses territoires des présences arabes qui ne sont pas compatibles donc avec l'identité de ce grand état juif on accueille ces gens là à Paris on les proteste le préfet de police de Paris dit qu'il va les protéger et on empêche donc les expressions toutes simples de soutien aux Palestiniens comment est-ce que du jour au lendemain cette attitude va pouvoir se retourner ça vraiment je dois dire que je suis très curieux et très inquiet parce que dans ces cas là quand on est contredit comme ça par les faits alors qu'on a le pouvoir c'est le cas des gens qui criminalisent le soutien aux Palestiniens en France aujourd'hui qui disent que LFI est antisémite on n'accepte pas de se dédire comme ça je partage cette inquiétude et je la partage peut-être aussi sur un terrain qu'on n'a pas encore abordé mais sur le terrain judiciaire parce qu'il faut savoir tout de même que cette situation à Gaza a déjà entraîné un certain nombre de poursuites sur le terrain judiciaire notamment d'ailleurs de militants ou de responsables LFI ou je pense aussi à ce responsable de la CGT qui a été condamné à Lille en tout moment en première instance pour apologie du terrorisme alors même que par ailleurs il y a déjà eu des tentatives de commencement d'enquête contre des soldats franco-israéliens qui auraient commis des exactions là-bas et jusqu'à présent ces tentatives d'enquête là donc quand la plainte a été déposée ça a été classé par le parquet considérant qu'il n'y avait pas suffisamment de preuves donc il va falloir aussi analyser avec beaucoup de minutie la réaction de l'autorité judiciaire et notamment des parquets qui comme on le sait sont liés hiérarchiquement au garde des Sceaux au pouvoir exécutif pour voir comment ils vont réagir il serait quand même intéressant qu'on ait une justice elle aussi en France à la hauteur de l'enjeu mais l'apologie de crime contre l'humanité c'est un délit

42:36
Présentateur

il y a réagir

42:37
Locuteur non identifié

il y a sans doute quand même beaucoup beaucoup de propos qui ont été tenus en permanence soit par des politiques soit par des journalistes qui sont certainement qualifiables d'apologie de crime contre l'humanité est-ce qu'ils vont être poursuivis ?

alors juste par rapport à ça et après j'aurais quand même revenir sur un des points que Julien a évoqué qui est important et avec lequel je suis quand même en désaccord mais la première chose à dire en effet et qui m'a beaucoup fasciné peut-être que le mot est un peu étrange mais c'est la manière dont le discours de Netanyahou a irrigué toute l'extrême droite française et qui s'est construit sur d'une part la déshumanisation totale des palestiniens avec un sous-entendu tous coupables tous responsables et avec un amalgame entre le Hamas et le reste des palestiniens bon mais ça ça finalement on l'a beaucoup entendu mais avec aussi quelque chose qui est peut-être plus profond et qui touche aussi à quelque chose qui se passe en France spécifiquement c'est ce discours sur la guerre des civilisations le choc des civilisations et finalement l'idée que ce qui se passe en Israël et à Gaza est le reflet d'un combat finalement entre la barbarie islamiste en quelque sorte je me fais le traducteur de l'extrême droite et la civilisation judéo-chrétienne qui est un terme qu'a utilisé Benjamin Netanyahou et qui utilise maintenant très régulièrement l'extrême droite et la droite dure française et ce qui m'intéresse c'est que ce cadrage là narratif s'est un peu installé encore une fois chez certains en France et a participé bon d'une part à une espèce de grande mythologie de notre civilisation contre les barbares je le redis mais aussi dans finalement cette déshumanisation totale d'un peuple considéré comme de facto dangereux et représentant une menace existentielle pour l'Occident et ça je pense que ça a été ça a eu un effet terrible parce qu'on a entendu je pense à certains plateaux de CNews par exemple des propos disant finalement j'exagère à peine un enfant mort palestinien c'est moins grave qu'un enfant mort israélien le 7 octobre voilà des propos ahurissants mais qui ont été tenus au nom de la défense de la civilisation etc.

et c'est un discours qui moi m'effraie parce que c'est encore une fois un discours qui légitime tout tout finalement finalement si on est face à des barbares tout est possible et le droit international n'existe plus et d'ailleurs on a entendu aussi beaucoup de remises en cause du droit international depuis le 7 octobre de gens disant que ce droit international finalement il faut le suspendre voilà il faut le suspendre etc.

donc avec des discours sur l'état d'exception finalement mais qui aussi reflètent un peu ce qui se passe en France et ça je suis à 100% d'accord avec ça et je suis aussi d'accord évidemment sur l'instrumentalisation chez certains de l'antisémitisme la manière dont on a tout qualifié d'antisémite jusqu'à des simples slogans pro-Palestine on se rappelle aussi de l'interdiction de toutes les manifestations pro-palestiniennes qui étaient je crois au mois d'octobre ou novembre si je ne dis pas de bêtises quand même le ministre de l'Intérieur Gérard d'Armanin a dit qu'il interdisait de facto toutes les manifestations pro-palestiniennes c'est à dire au nom des troubles potentiels à l'ordre public je ne sais pas si vous imaginez la gravité au regard des libertés publiques et au regard de la démocratie d'une telle décision c'est quand même très grave d'interdire de facto toutes les manifestations le droit de manifester c'est quand même un droit fondamental donc il y a eu cette instrumentalisation mais il y a eu aussi une montée de l'antisémitisme et il ne faut pas non plus ne pas regarder ça il faut aussi le regarder encore une fois sans tomber dans le piège de l'instrumentalisation et sans interdire sans se mettre à tout qualifier de l'antisémitisme ou quoi que ce soit c'est pas du tout mon propos mais il y a eu aussi une montée de l'antisémitisme à l'extrême droite évidemment beaucoup aussi à gauche je le dis je le dis et je le redis il y a eu aussi une montée de l'antisémitisme et d'ailleurs générale dans le pays et qui d'ailleurs à mon sens va avec aussi une montée de l'islamophobie une montée du racisme de manière générale dans la société qui est assez effrayant et ça aussi il faut le regarder en face il ne faut pas avoir peur de regarder en face la minorité antisémite qui aussi bien dans tous les dans tous les comment dire les sphères politiques ou quoi que ce soit c'est déchaîné aussi depuis notamment le 7 octobre et je pense pas que c'est tout et moi je suis de ceux qui pensent que c'est pas du tout contradictoire de regarder en face la montée de l'antisémitisme dans le pays et en même temps de regarder l'instrumentalisation et de regarder la manière dont les discours racistes ou xénophobes ou que sais-je encore se sont installés à l'aune de ce qui se passe à Gaza donc moi je pense qu'il faut regarder les deux ensemble et sans que ça discrédite quoi que ce soit voilà

47:32
Présentateur

vu qu'il nous reste très peu temps une dernière question je voulais qu'on revienne aussi sur la position des Etats-Unis donc ils n'ont pas reconnu la compétence de la CPI mais ils ont réagi donc Michael West qui est le prochain conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche a promis je cite une réponse forte au biais antisémite de la CPI et de l'ONU en janvier il a déclaré donc sur X que la CPI n'a aucune crédibilité est-ce que les Etats-Unis après donc cette décision est-ce qu'ils vont continuer à protéger Israël et faire pression comme ils l'ont fait d'ailleurs sur la CPI en menaçant donc les familles en menaçant la cour pénale internationale donc quelle va être la position des Etats-Unis selon vous

48:15
Locuteur non identifié

tu poses une question sur l'avenir évidemment on ne peut pas être prophète mais moi je prendrais quand même le risque de répondre à la question que tu viens de poser oui évidemment qu'ils continueront contre vents et marées à soutenir le comportement de l'Etat d'Israël d'autant plus que Trump a été élu mais enfin ça aurait été à peu près pareil avec Kamala Harris on le sait très bien ils considèrent que leurs intérêts stratégiques sont en jeu dans une logique qui est celle du choc des civilisations mais plus largement du contrôle de la situation au Moyen-Orient et pour eux pour cette raison là d'abord ensuite pour des raisons culturelles plus profondes et plus complexes d'affinité avec cet état colonial ils ne feront pas défaut c'est évident à l'état d'Israël juste peut-être pour en venir à un avis plus technique de toute façon les Etats-Unis ont toujours pris soin de ne pas reconnaître les institutions internationales qui risquaient de remettre en cause leur droit finalement à déclarer l'exception leur droit de souverain qui risquait notamment de traduire en justice des militaires des Etats-Unis pour leur comportement sur les divers théâtres et ils sont très très nombreux d'intervention des Etats-Unis dans le monde les Etats-Unis se sont toujours abstenus de reconnaître en prévision de situations de ce type ces institutions internationales donc c'est pas du tout étonnant qu'effectivement ils reprennent le discours comme tu le disais de l'état d'Israël carrément en accusant la CPI d'être antisémite il faut rappeler qu'avant que cette décision ne survienne alors qu'en fait elle correspond au constat d'éléments qui paraissent assez évidents il s'est passé une longue période parce qu'il y a eu des pressions absolument terribles y compris des menaces physiques contre des juges de la CPI dont une d'ailleurs je crois et leur famille dont une je crois s'est retirée à cause de cela il faut voir le degré de l'absence de scrupule totale et la manière dont se comportent Israël et ses alliés à l'égard de ce tribunal on pense notamment à une lettre qui a été envoyée par des sénateurs américains qui menaçaient justement le proclore Karim Khan et des membres de sa famille qui se concluait par on vous aura prévenu ce qui est digne en fait d'un scénario de vente d'état c'est totalement hallucinant mais c'est bien un courrier qui pourtant a été envoyé et effectivement c'est ce genre d'éléments qui explique le fait que l'émission de ces mandats d'arrêt a été si longue il n'y a pas que ça mais c'est quand même un élément assez fondateur c'est à dire qu'à un moment des menaces qui sont émises par des personnes aussi importantes qui ont un tel pouvoir de nuisance ça porte ses fruits hélas et on craignait même que ces mandats ne soient jamais émis en raison de ces menaces notamment donc finalement le fait qu'ils soient émis est un point positif les réactions qui ont été faites à l'émission de ces mandats du côté américain ne laissent pas espérer une évolution de la position américaine en faveur des palestiniens bien au contraire et ça s'inscrit effectivement dans cette négation des Etats-Unis de la compétence de la CPI dès l'origine les Etats-Unis ont toujours ont même fait adopter fuite intense ou George Bush me semble-t-il des lois qui prévaient que si un ressortissant américain était inquiété par la CPI il y avait un pouvoir donné au président américain pour faire en sorte de l'extraire des geôles de la CPI donc ça va jusque là l'illimitié des Etats-Unis vis-à-vis de la CPI c'est une attitude de souverain c'est eux qui décident de l'exception et ils ne sont soumis à aucune juridiction quelle qu'elle soit c'est absolument extraordinaire mais si on en revient à cette question de se dédire je rappelle quand même qu'il y a quelques mois Benjamin Netanyahou est venu non pas à la télé comme en France mais devant le Congrès devant les représentants du peuple américain il a fait un discours mensonger de bout en bout il a manipulé l'histoire il a raconté absolument n'importe quoi pour justifier le nettoyage ethnique en cours et à quelques exceptions près quelques sénateurs quelques représentants qui soit ne sont pas venus sans manifester leur désapprobation il a été applaudi il a fait l'objet d'une standing ovation ça veut dire qu'aujourd'hui si les Etats-Unis reconnaissent la CPI ils doivent reconnaître qu'à peu près 100% ou 95% de leurs représentants des représentants du peuple américain ont applaudi debout un génocidaire là encore je suis très curieux de voir la suite

52:16
Présentateur

une réaction Mathieu peut-être

52:19
Locuteur non identifié

oui non moi je ne vois pas du tout les Etats-Unis changer de ligne vis-à-vis de ce qui se passe sauf pression telle oui alors peut-être de l'opinion publique que c'est encore mais non oui non non malheureusement on a du mal non je suis d'accord on a du mal à voir un changement de ligne là-dessus donc c'est peut-être aussi justement à l'Europe à l'Union Européenne pour le coup d'être courageuse et d'essayer diplomatiquement d'entamer quelque chose qui soit quand même un peu plus comment dire un peu plus courageux je leur dis que ce qui s'est passé jusqu'à présent mais bon ça potentiellement ça c'est peut-être un petit espoir je ne sais pas s'il est partagé autour de la table mais avec cette décision en tout cas il est sûr qu'on change quand même un peu de nature dans tout ce dont on parle et on a enfin quand même une décision de droit international fondée sur le droit fondée uniquement sur les actes comme vous l'avez très bien rappelé et sur laquelle voilà une diplomatie doit normalement se reposer

53:24
Présentateur

et peut-être pour conclure très rapidement est-ce que Benyamin et Taniaou doivent s'inquiéter de ses mandats d'arrêt est-ce que ça va changer quelque chose ou il va continuer

53:33
Locuteur non identifié

concrètement en tout cas s'il reste sur le territoire israélien il n'y a pas de problème il se déplace dans des pays amis il n'y a aucun problème le problème pourrait naître à partir du moment où il se déplace dans un pays qui est parti à la CPI là oui effectivement ça a posé un problème à lui et ça a posé un problème au pays en question savoir comment il réagit par exemple c'est en Allemagne comme vous l'évoquiez précédemment là oui effectivement il pourrait s'inquiéter mais le fera-t-il que se passera-t-il comment réagiront les pays pour l'instant c'est une succession de points d'interrogation

54:01
Présentateur

Merci Vous vouliez ajouter quelque chose pour conclure ou

54:03
Locuteur non identifié

Je voulais moi juste peut-être dire je ne sais pas si un juriste sera d'accord il y a quand même quelque chose très positif dans cette décision qui vient finalement corroborer un sentiment général face à toute cette histoire que les masques tombent je crois que c'est l'expression que vous utilisez tout à l'heure Mathieu cet alibi perpétuel de l'Occident et des Etats-Unis notamment d'être les détenteurs d'être les promoteurs des valeurs humanistes franchement qu'est-ce qu'il faut avoir devant les yeux pour ne pas voir le contraire là et qu'une institution même si elle n'est pas reconnue par les Etats-Unis ait réussi finalement malgré les menaces à produire un verdict en tout cas c'est pas un verdict mais en tout cas c'est une inculpation si j'ai bien compris qu'il y ait pu y avoir un développement juridique officiel dans ce sens c'est pas rien c'est vraiment pas rien Et si je peux ajouter un point peut-être un peu plus pessimiste au fond quand même on voit bien l'impuissance du droit international autour de ce qui se passe et d'ailleurs à Gaza et pas seulement parce que dans les autres massacres dans le monde le droit international est bien faible et bien puissant je rappelle une chose c'est que Vladimir Poutine pour son attaque de l'Ukraine a fait l'objet aussi lui d'un mandat d'arrêt international de la CPI alors je crois pas que c'était pour crime contre Manitia c'était crime de guerre et j'ai pu en détail et voilà mais il a fait l'objet d'un mandat d'arrêt bon bah ça n'a rien changé on voit encore ces dernières semaines les attaques contre l'Ukraine se sont même intensifiées des morts civiles par centaines ont été faites par Vladimir Poutine et par son armée et au fond le droit international face à ce qui se passe aussi en Ukraine est totalement impuissant donc c'est quand même il y a quand même une dimension là très terrible quoi de cette incapacité du droit international à avoir une quelconque effectivité dans la réalité des massacres dans le monde et ça c'est quand même bien triste je pense d'ailleurs que si ces mandats d'arrêt n'avaient pas été émis on aurait pu dire que c'était la fin de la CPI concrètement ça aurait voulu dire que cette institution n'avait finalement aucune capacité pour mettre en oeuvre des investigations sérieuses y compris pour les personnes qui sont mises en cause alors même qu'elles reçoivent le pays d'état occidentaux donc le fait que ces mandats d'arrêt de ce point de vue là sauvent l'honneur d'une certaine façon mais ne fait pas tout ça sauve l'honneur dans le sens où ça vient quand même rappeler un truc c'est que le droit ça existe le droit international ça existe et ça a été fait pour des raisons bien précises et l'une des raisons précises pour lesquelles ça a été établi comme ça c'était pour maintenir la paix c'était pour prévenir justement ce genre d'actes ou pour les réprimer ça vient rappeler ça et c'est pas mal que ça vient de le faire dans un contexte notamment en France médiatique terrible où justement on entend n'importe quoi comme on le disait tout à l'heure avec des propos qui sont extrêmement graves qui reviennent finalement à l'apologie de génocide ou de l'apologie de crime contre l'humanité et le fait que cette décision là intervienne ça vient remettre un peu d'ordre ça vient dire il n'y a pas que la force en fait il y a le droit maintenant reste aux états de s'en emparer ou pas le droit reste quand même un instrument ne fait pas tout comme lui-même

57:09
Présentateur

merci messieurs merci Benjamin Mathieu merci Julien le média fait face à une puissante alliance dans son combat contre l'ARCOM non seulement pour une fréquence mais aussi pour dénoncer un processus de sélection opaque et un système verrouillé vendredi dernier lors de notre recours en conseil d'état contre l'ARCOM nous avons été confrontés aux grandes manœuvres du petit monde télévisuel unis pour nous barrer la route des poids lourds comme le groupe TF1 propriété de Martin Bouygues et détenteur de 5 chaînes TNT sont venus prêter main forte à l'ARCOM en exigeant le rejet de notre recours plus choquant encore le groupe Ouest France dirigé par la riche estime famille Hutin réclame 5000 euros aux médias dans une tentative flagrante de procédure voyons nous le savons ces attaques dépassent notre simple structure elle vise à étouffer toute une galaxie de médias indépendants qui soutiennent notre démarche et surtout à faire passer un message inquiétant il n'y a pas d'alternative possible mais grâce à vous et à votre soutien nous sommes déterminés à résister chaque don défiscalisé chaque soutien compte nous sommes déjà nous avons déjà atteint les 27 000 euros soutenez la première chaîne d'info indépendante de France

58:22
Locuteur non identifié

il y a un an le média réalisait l'impossible et franchissait une étape historique nous devenions une véritable chaîne de télé le média est désormais officiellement à la télé une chaîne d'info accessible sur le canal 165 des Freebox jamais un média indépendant et populaire n'avait été diffusé sur le petit écran chaque jour nous avons produit près de 4 heures de programmes originaux à coup d'enquête de direct de reportage de débat le média s'est petit à petit imposé comme une alternative à la dérive des chaînes télé détenues par les milliardaires en un an nous avons créé une télé d'info 100% libre des coups de pression des puissances industrielles et politiques mais en fait ça va pas un véritable refuge pour les nombreuses voix invisibilisées

59:06
Présentateur

les gens qui entendent ce témoignage ne peuvent plus se taire

59:10
Locuteur non identifié

cet été nous avons franchi une nouvelle étape nous nous sommes battus pour obtenir un canal TNT nous avons suscité l'espoir d'une autre télévision d'une autre information sur les fréquences publiques en écoutant vos envies et vos attentes nous avons convaincu des dizaines de médias indépendants de rejoindre cette bataille en s'alliant à notre candidature persuadés que l'union fait la force mais l'ARCOM le gendarme de l'audiovisuel a tout gâché préférant offrir 15 chaînes à 4 milliardaires nous n'étions ni Vincent Bolloré ni Daniel Kretinsky face à cette injustice nous n'avons pas baissé les bras nous avons décidé de riposter d'engager un bras de fer pour faire annuler cette décision une bataille juridique s'est engagée ce vendredi 15 novembre c'est au conseil d'état que nous porterons notre combat pour une autre information et pour davantage de pluralisme à la télévision pour autant notre détermination est intacte ces dernières semaines nous avons non seulement lancé une seconde chaîne YouTube pour développer de nouveaux contenus mais également convaincu l'application Molotov de nous diffuser sur leur bouquet grâce à votre soutien le média ne s'arrête pas à chaque bataille notre projet télé se renforce on ne lâche rien on ne renonce à rien le média lance sa grande campagne de don de fin d'année objectif grossir encore et encore envahissons le champ de bataille médiatique et soyons la première chaîne d'infos indépendante de France

1:00:39
Présentateur

bonsoir à toutes et à tous si vous nous rejoignez les cheminots annoncent reprendre la lutte le fret SNCF opérateur public de transport de marchandises disparaît au 1er janvier 2025 ce sont des filiales privées qui prennent le relais une marche de plus dans la privatisation de la SNCF pour les syndicats en grève aujourd'hui un peu comme une journée d'échauffement les cheminots annoncent une grève reconductible à partir du 11 décembre prochain pour en parler je suis en compagnie des cheminots Brahim syndiqués Sudrail bonsoir et Laurent de la CGT cheminots par Zoom c'est l'entretien d'actu bonsoir alors aujourd'hui des cheminots étaient réunis à la gare de Lyon à Paris pour s'échauffer avant la grève reconductible à partir du 11 décembre prochain le mot d'ordre était la détermination

1:01:32
Locuteur non identifié

aujourd'hui la SNCF est l'entreprise ferroviaire la plus rentable d'Europe j'ai regardé hier les chiffres si vous additionnez les bénéfices de la Deutsche Bank en Allemagne de Trenitalia en Italie et de la Renfe ils ne font même pas le début du quart de ce qu'on est capable de créer comme richesse et comme profit à la SNCF et nous on devrait se satisfaire de 1% d'augmentation de salaire mais c'est une blague c'est une blague qui moi et que beaucoup de collègues prennent au trip je vous le dis comme je le pense aujourd'hui ce qu'il y a sur la table c'est tout simplement d'ayons la privatisation de la SNCF la privatisation de l'activité fret parce que quand vous ouvrez au capital et bien oui vous privatisez la privatisation de l'activité TER Transilien alors Brahim

1:02:54
Présentateur

et Laurent comment est-ce que selon vous on en est arrivé justement à perdre un pendant du service du service de public enfin du service pardon public de transport

1:03:04
Locuteur non identifié

toutes les nouvelles lois toutes les réglementations les réglementations aussi de l'Europe et on arrive à un démantèlement du fret et qui va être repris par des sociétés privées et on va niveler vers le bas pour nos collègues on ne sait pas comment ils vont être mangés et on nous parle de développement durable on nous parle des questions climatiques et le fret c'est dommage pour moi ça doit être ça doit rester dans le giron de l'état du public et de le développer surtout on est en ce moment on est dans une saturation avec les transports routiers et le développement durable c'est aussi le fret c'est aussi de désengorger toutes ces routes et de travailler à long terme comme nos collègues ou suisses qui font le ferroutage où le fret est très développé voilà et c'est une inquiétude aussi pour le transfert du personnel voilà Laurent oui je dirais que c'est d'abord un choix idéologique du gouvernement qui se cache derrière la commission européenne et l'union européenne qui a la même idéologie mais il n'y a rien d'imposé donc le gouvernement pourrait faire d'autres choix je prends par exemple l'exemple de Deutsche Bank Cargo qui est visé par la même procédure que la SNCF mais l'état allemand a choisi de se battre les syndicats allemands ont choisi de se battre et aujourd'hui la procédure à un niveau Deutsche Bank Cargo ne part pas du tout dans la même direction que la France qui a décidé avant même l'ouverture de l'enquête de dire c'est bon on arrête on abandonne tout donc oui c'est un choix idéologique du gouvernement de vouloir dépecer l'entreprise SNCF pour l'offrir au privé et juste une anecdote le privé en question parfois et aussi les filiales de la SNCF c'est à dire que la SNCF aujourd'hui est le premier opérateur logistique de camions en France donc ce que la SNCF perd dans l'entreprise mère malheureusement tant que holding nos grands dirigeants eux ne le perdent pas puisque ça va revenir sous forme de camions et de dividendes pour l'entreprise mais effectivement en perte pour le ferroviaire avec tout ce que le Prémi a dit en termes de développement durable

1:05:15
Présentateur

Est-ce que vous n'avez pas peur que d'autres franges de la SNCF soient privatisés comme justement l'a dit votre caméra dans l'extrait qu'on a pu voir ?

1:05:23
Locuteur non identifié

Malheureusement la concurrence c'est demain la privatisation c'est demain mon collègue le sait plus que moi aussi c'est qu'on a des lots qui vont être proposés en appel d'offres sur des lignes transiliens dans deux ans dans trois ans on a déjà des collègues du sud-est qui vont connaître le privé c'est une filiale je ne vous rappelle plus c'est Transdev et voilà la concurrence c'est demain pour moi parce que ça va arriver très vite partout et on est en train de démanteler une belle entreprise avec plein de petits bouts et on va niveler vers le bas pour les cheminots mais aussi on va niveler vers le bas le service public pour les usagers et les clients voilà

1:06:07
Présentateur

Laurent ?

1:06:09
Locuteur non identifié

oui tout à fait donc aujourd'hui il y a déjà un certain nombre de lignes qui ont été attribuées en province à des opérateurs privés après et puis il va y avoir au niveau de l'île de France ça va arriver très rapidement également par contre là encore je veux redire c'est un choix idéologique il y a des régions je pense à la région Occitanie et à la région Bretagne qui ont fait le choix de renouveler avec l'opérateur historique et effectivement quand on le veut il y a des failles entre guillemets dans les directives européennes qui permettent à une région qui le souhaite de renouveler pour 10 ans avec l'opérateur historique donc là encore c'est un choix idéologique du gouvernement et des régions

1:06:45
Présentateur

vous avez ajouté quelque chose oui

1:06:46
Locuteur non identifié

moi je voulais rajouter je rejoins mon collègue et effectivement c'est une volonté parce qu'on a aussi l'expérience de pays qui ont privatisé comme en Angleterre et ils sont en train de revenir en arrière et ça prend du temps et il a tout à fait raison c'est qu'il y a des régions comme la région Bretagne et l'Occitanie eux ils ont ils veulent que ça soit la SNCF parce que voilà il y a un savoir-faire et c'est une entreprise voilà c'est une entreprise nationale

1:07:11
Présentateur

et justement quelles sont les conséquences concrètes d'une SNCF privatisée des cheminots s'inquiètent pour la sécurité des usagers

1:07:20
Locuteur non identifié

dès l'instant dès l'instant que vous séparez par petit groupe la SNCF ça va être compliqué pour les régions de faire rouler des trains par exemple vous prenez le TGV qui va traverser plusieurs régions il faut qu'on s'entende entre nous pour la sécurité des voyageurs dès l'instant que vous enlevez ça la sécurité on a une difficulté de la faire c'est ce qui est arrivé en Angleterre et c'est là qu'on a vu qu'il y avait des accidents

1:07:49
Présentateur

Donc comme on l'entend il y a ce problème qui est lié à l'insécurité à cause de la concurrence mais il y a aussi le prix

1:07:55
Locuteur non identifié

Alors le prix on voit l'expérience d'autres pays ça va pas baisser spécialement le train c'est pas rentable ça doit rester dans le gérant public parce que c'est un service public et on a l'expérience de certains concurrents qui sont arrivés en France les prix ne sont pas si bas que ça et en plus c'est pas si rentable que ça et c'est pour ça que beaucoup de gens parlent du prix mais non le prix ne baissera pas automatiquement on voit l'exemple des bus où ça a été libéralisé ça n'a pas baissé spécialement Voilà

1:08:32
Présentateur

Et donc ça veut dire que les usagers ne doivent pas s'attendre à ce que les prix baissent malgré tout Non

1:08:41
Locuteur non identifié

parce que les entreprises qui vont reprendre ces portions entre guillemets ils ne sont pas des philanthropes ils sont là aussi pour faire du chiffre d'affaires faire du bénéfice et le train ce n'est pas rentable il faut que ça reste dans le gérant service public parce que le service public c'est H24 ou ce ne sera pas le même service peut-être que ça baissera un petit peu mais ce ne sera pas le même service qu'on a Laurent Oui alors effectivement si certaines TGV peuvent être rentables les lignes TER ou RER elles structurellement ne peuvent pas l'être et donc on parle de privatisation mais en fait ça va être des délégations de services publics à des entreprises privées alors qu'on a une entreprise publique qui peut le faire c'est absurde mais ça veut dire que ces entreprises sont très lourdement subventionnées par les régions pour le faire donc effectivement c'est quelque chose d'assez absurde là-dessus et j'ajouterais une chose c'est que dans le monde capitaliste privé on n'arrête pas de nous expliquer qu'il faut fusionner les groupes pour devenir le plus grand le plus gros parce que ça fait des économies d'échelle et des synergies par contre là on a une entreprise publique qui est grande qui est grosse qui fonctionne à l'échelle de la France qui est parfaitement baillée qui a des services nationaux qui fonctionnent pour toutes les régions de France et là on va dire ben non il faut les découper en petits morceaux et là effectivement tous ces services-là il va falloir les reconstituer dans chaque région et on va faire des doublons des triplons et ça va en plus coûter beaucoup plus cher parce qu'il y a des économies d'échelle que fait la SNCF que ces entreprises privées ne pourront pas faire donc c'est un système qui est absurde Vous avez ajouté quelque chose ?

Je suis complètement d'accord par exemple la formation des cheminots des collègues la SNCF il y a un savoir-faire il y a des vraies formations il y a un voilà mais là effectivement quand on va recréer des petites entreprises il faudra reformer tous ces gens-là il faudra il faudra refaire on appelle ça des établissements pour moi ça ne sera pas rentable à long terme ça ne sera pas rentable

1:10:37
Présentateur

Et justement alors vous ne luttez pas que pour la privatisation mais aussi pour vos droits et vos salaires et c'est à ce moment et c'est en ce moment même que sur les plateaux télé on vous a aussi comparé aux agriculteurs ou aux fonctionnaires on vous a qualifié de privilégié Bruno Retailleau ministre de l'Intérieur a parlé de grévitude

1:10:54
Locuteur non identifié

Je ne crois pas qu'il y aura une convergence entre les cheminots et les agriculteurs parce que les cheminots c'est habituel c'est routinier c'est ce que j'appelle la gréviculture j'avais déposé lorsque j'étais président du groupe LR au Sénat un texte qui a été voté malheureusement pas à l'Assemblée nationale mais au Sénat pour faire en sorte qu'on articule mieux la continuité des services publics et puis justement le droit constitutionnel pour manifester qui interdisaient le droit de grève pendant des périodes pas pendant des périodes qui interdisaient aux heures de pointe le matin et le soir justement des grèves qui seraient intempestives les cheminots prennent en outage une partie pas tous j'en connais un certain nombre prennent régulièrement en outage des français qui travaillent assurer la liberté d'aller travailler pour des français qui bossent qui doivent faire une heure deux heures par jour pour aller au travail c'est la moindre des choses voilà on ne peut pas se draper en disant nous sommes les représentants et nous assumons une mission de service public dans les transports publics transports en commun c'est important pour l'environnement et en même temps entraver les françaises et les français qui veulent se rendre au travail il faut être ferme qu'est-ce que vous leur répondez je réponds que ça n'amuse personne de faire grève moi j'ai pas cette culture nos collègues ça n'amuse personne de faire grève parce que quand on fait grève les françaises et les françaises savent qu'on perd de l'argent et quand on fait grève c'est parce que il y a des fois il y a des choses qui vont pas par exemple je vous donne l'exemple des contrôleurs des chefs de bord quand ils ont fait grève massivement il y a 2-3 ans c'est parce que ils étaient pour moi ils manquaient une valorisation salariale parce que les gens oublient un petit peu les choses c'est que le cheminot dont les contrôleurs les conducteurs ou même beaucoup de collègues c'est beaucoup de primes c'est pas le salaire fixe et voilà et la gréviculture franchement moi on est plein de collègues ça nous amuse pas à faire grève si on fait grève c'est pour niveler vers le haut aussi sur nos conditions de travail sur nos salaires et beaucoup de collègues s'inquiètent aussi sur l'avenir de l'entreprise parce que quand on sépare plein d'activités quand on voit la concurrence qui arrive bientôt sur des lignes RER ou des lignes TER ça inquiète beaucoup de monde Et vous Laurent ?

Alors moi j'aurais envie de retourner l'argument dans l'autre sens c'est à dire qu'aujourd'hui le droit de grève n'est interdit qu'à certaines professions extrêmement réglementées qui sont la police les pompiers et les hospitaliers essentiellement si les transports publics entrent dans cette canécorerie alors déjà il faut commencer par ne pas les privatiser parce qu'on ne va pas non plus interdire le droit de grève aux entreprises privées qui vont prendre leur lait donc l'argument est absurde et se contredit de lui-même après effectivement quel que soit le métier les gens ont le droit de revendiquer c'est constitutionnel pour leurs conditions de travail je ne pense pas que ce soit le lieu de rentrer dans les détails des conditions de travail des conditions salariales des cheminots mais effectivement nos lieux sont légitimes et je dirais juste un mot quand on voit dans les médias que les cheminots étaient augmentés de 17% c'est totalement faux dans les deux dernières années le vrai chiffre est plutôt de 8 à 10% et encore sur les dits et encore à mettre en relation avec 15% d'inflation de l'autre côté et pareil aujourd'hui on annonce que les cheminots ont été augmentés de 2,2% là encore c'est faux le chiffre c'est à peine 1% avec une inflation qui est supérieure donc oui on a quand même nous avons raison de nous battre pour nos droits

1:14:25
Présentateur

mais justement on vous a proposé 15 euros par mois comment est-ce que vous recevez cette proposition ?

1:14:30
Locuteur non identifié

beaucoup de collègues c'est très bas c'est très peu mais voilà après il faut savoir que ce mouvement-là aussi c'était pas pour les salaires c'était surtout pour la privatisation et le démantement du fret voilà sauf qu'on a eu un bashing des médias pour parler que des salaires des salaires mais les tracts et en plus c'est une grève unitaire où il y a Sudra il y a la CGT l'UNSA et la CFDT sur la question du fret et sur la privatisation voilà alors les médias ont voulu certains médias pas tous pas le vôtre d'aller sur le côté salarial tout ça mais c'est pas le salaire c'est l'avenir de l'entreprise parce que voilà on l'aime cette entreprise ça fait 25 ans que je suis dans l'entreprise on a une partie de nous voilà on s'investit on aime cette entreprise mais on s'inquiète aussi des changements et c'est normal et les collègues aussi voilà ils voient que il y a des choses qui sont en train de se passer et le minimum c'est aussi de se battre un petit peu pour dire on n'est pas d'accord voilà

1:15:34
Présentateur

et vous Laurent qu'est-ce que vous pensez justement cette augmentation de 15 euros par mois ?

1:15:39
Locuteur non identifié

ben oui effectivement il y a un carambolage de calendrier puisque les négociations salariales annuelles étaient hier et nous appelions aujourd'hui à la grève sur la question du fret et de la privatisation maintenant effectivement comme ça a été dit c'était pas le sujet majeur de la grève d'aujourd'hui mais 15 euros par mois enfin je pense que tous ceux qui nous écoutent ont bien conscience que c'est rien c'est pas 15 euros par mois qui vont changer qui vont changer les choses et d'autant plus ça a été dit au début de votre reportage les bénéfices de la SNCF ne sont pas du tout dans cet endroit là donc l'entreprise a les moyens réalise des bénéfices il est normal qu'il y ait un partage de la richesse entre un retour aux salariés et des investissements et moi je vais même aller encore plus loin je veux dire le cheminot est devenu polyvalent il est devenu même plus que rentable moi je vois le métier de chef de bord d'ASCT ils font une multitude de tâches qui n'existaient pas spécialement il y a 10 ans il y a 15 ans et voilà les collègues le font et voilà parce que voilà on est fier d'être cheminot on est fier de travailler dans cette entreprise et c'est vrai que de fois on a des médias on a l'impression que voilà on est déprivilégié voilà moi par exemple j'habite à côté avant tiers je me suis réveillé à 4h du matin pour être à 5h30 au travail voilà et voilà il y a des collègues alors moi je ne suis pas le plus malheureux mais il y a des collègues qui font des 3-8 qui commencent à 22h et finissent à 6h du matin et de fois quand j'écoute certains médias qui se permettent de juger qui sont peut-être dans la semaine à deux jours de télétravail et qui viennent nous donner des leçons voilà moi il neige ou il neige pas 4h du matin je suis réveillé pour aller travailler et surtout

1:17:26
Présentateur

qu'il a été démontré que ce rythme là justement était très néfaste pour la santé

1:17:31
Locuteur non identifié

absolument on le voit on voit on voit beaucoup de collègues qui ont mal au dos voilà c'est pas parce qu'il y a un rythme et voilà et ceux qui travaillent dans les technicentres ils font des 3-8 et c'est pas facile voilà et quand on demande quand à l'époque on demandait des revalorisations salariales voilà beaucoup de gens comprenaient aussi voilà

1:17:53
Présentateur

et donc aujourd'hui il y a eu très peu perturbations sur le réseau surtout TGV est-ce que c'est une grève en demi-teinte ou une rampe de lancement justement pour prévoir le 11 décembre Laurent peut-être oui alors

1:18:10
Locuteur non identifié

je vais répondre en deux temps la première chose c'est que par exemple ça a été dit dans le reportage sur les sites les plus concernés par exemple à la gare de Lyon on était sur des taux de grévistes très importants avec pratiquement 90% de conducteurs du RERD qui étaient en grève 75% de contrôleurs donc sur les premiers concernés ils ont conscience des enjeux ils étaient fortement mobilisés après oui l'entreprise a depuis des années une stratégie du divisé pour mieux régner et donc on peut constater que les pans de l'entreprise qui sont moins directement concernés par l'ouverture à la concurrence la disparition de fret et puis la fidélisation des transports de voyageurs TRL et RER étaient moins mobilisés bon il nous reste trois semaines pour les convaincre que nous sommes tous concernés voilà on part avec une bonne base c'est à dire un noyau dur des plus concernés qui est mobilisé maintenant il faut élargir alors oui effectivement nous on est un petit îlot on a un peu le petit village gaulois qui résiste qui a des gros taux de grévistes alors c'est vrai que ça n'a pas été suivi nationalement partout voilà c'est aussi nous en tant que militants syndicales délégués de faire de la pédagogie de discuter avec les collègues de discuter aussi avec les françaises et les français l'opinion publique parce que c'est hyper important et voilà et après il y aura une interfédérale ou une intersyndicale où ils verront comment ça va se passer si le 11 c'est une reconductible si le 11 ce sera une journée je ne sais pas voilà mais après moi je pense qu'il y a une question aussi de discuter avec les gens pour pour les expliquer les enjeux aussi comme je disais de déploiement durable et aux collègues aussi leur expliquer que demain c'est la privatisation et ça va arriver très très vite de partout et on va voir les exemples de certains collègues dans le sud-est ou vers Amiens quelle région encore voilà on verra aussi ça aussi ça va permettre aussi aux collègues de voir la réalité aussi parce que malheureusement je ne pense pas à mon avis que ça va niveler vers le haut ça va niveler vers le bas malheureusement

1:20:27
Présentateur

ah vous pensez que vous n'avez pas réussi à motiver les autres non je parle

1:20:30
Locuteur non identifié

des collègues qui vont être transférés ça va niveler vers le bas après les collègues vous savez des mouvements on ne sait jamais moi j'ai connu des mouvements où ça ne devait pas prendre ça a pris d'autres mouvements voilà ça n'a pas pris et voilà et en plus il faut être objectif on n'est pas aidé par aussi par les chaînes de télévision continue mainstream qui font un boulot un bashing contre nous qui peut marcher deux fois aussi parce que les gens ne comprennent pas ils ont aussi leurs problématiques voilà on va faire de la pédagogie je voudrais juste ajouter une chose là donc aujourd'hui il y a les cheminots il y a les agriculteurs il y a les fonctionnaires il y a aussi un certain nombre d'entreprises privées qui connaissent des plans sociaux extrêmement importants donc la question qui peut se poser aussi c'est est-ce qu'à un moment on arrive à agréger toutes ces colères en quelque chose d'uni ou pas et ça je pense que ça va être l'enjeu des prochaines semaines

1:21:32
Présentateur

et justement est-ce que vous allez ça va je pense répondre à ce que vous vouliez dire vous allez appeler une union syndicale solide

1:21:38
Locuteur non identifié

alors ça dépendra de nos dirigeants syndicaux mais moi à titre personnel oui parce que franchement je le vois moi ça me fait mal au coeur de voir Michelin il va y avoir des suppressions de postes je vois vers Rochamp il va y avoir des suppressions de postes Jiffy il y a aussi Arcelor Mittal vers Reims qui vont fermer les sites et c'est vrai que ça touche tout le monde moi j'ai voilà et je pense qu'il faut qu'à un moment il faut qu'il y ait une convergence des luttes mais la convergence et les agriculteurs aussi parce que c'est pas normal qu'un agriculteur aussi n'arrive pas à vivre avec son travail voilà après c'est nos dirigeants et nous on sera là pour les soutenir sur la convergence des luttes mais ça aussi ça se travaille et je pense qu'il faut que tout le monde comprenne que c'est l'intérêt de tout le monde de s'unir au lieu de se diviser voilà surtout on va on va traverser des périodes très difficiles parce que c'est vrai que ces plans sociaux vont faire très mal partout dans le territoire national

1:22:38
Présentateur

Laurent pour conclure sur cette question

1:22:41
Locuteur non identifié

oui l'unité c'est un combat on l'a toujours dit donc on est au début il va falloir aujourd'hui essayer d'agréger ces colères d'agréger ces mouvements divers c'est pas toujours facile parce que les intérêts en termes de temps en termes de revendications il faut se mettre autour de la table pour voir comment on peut les faire se rencontrer voilà la CGT on a toujours essayé d'être au maximum possible dans l'union sans jamais renier sur nos valeurs donc je pense que ça va être la ligne qui sera la nôtre dans les prochaines semaines

1:23:14
Présentateur

merci vous voulez je vous ai quelque chose

1:23:17
Locuteur non identifié

la même chose Sudrail voilà nous c'est l'unité l'unité l'unité parce que c'est l'intérêt de tout le monde voilà et comme disait une illustre personne l'unité est un combat de tous les jours

1:23:29
Présentateur

merci beaucoup Brahim merci Laurent et merci à vous d'avoir suivi cette édition de Toujours Debout vous êtes déjà plus de 65 600 à avoir signé notre pétition pour une répartition plus équitable et démocratique des fréquences TNT continue à la signer et à la partager rendez-vous sur tnt.lemédiatv.fr en attendant nous avons une excellente nouvelle le média élargit sa diffusion et débarque sur la plateforme Molotov dès maintenant vous pouvez regarder le média comme sur votre télé directement et gratuitement via leur application merci à vous qui permettez une information libre et indépendante des forces politiques et de l'argent d'exister en soutenant notre antenne chaque don chaque abonnement compte quant à moi je vous remercie de votre attention et de votre fidélité je vous souhaite une excellente soirée sur le média